Les Cinq
Héros cubains
«L'Histoire que j'ai eu à vivre»
- Ricardo Alarcón de Quesada, 17
février 2011 -
Je
tiens à exprimer à Anne Margarita
González et à Rafael Hojas Martínez notre
reconnaissance au sujet de ce livre, différent, fruit d'un
engagement authentique et un
exemple de ce qui doit être le journalisme
révolutionnaire. Au moyen des interviews aux parents, des amis
et des personnes liées au cas, cette oeuvre s'éloigne de
la routine,
du schématisme et la superficialité pour nous montrer
Gerardo Hernández Nordelo, Ramó Labañino Salazar,
Antonio Guerrero Rodríguez, Fernado González Llort et
René
González Sehwerert dans leur exacte dimension humaine.
Cette approche à ceux-ci et à leurs
familles immédiates telles qu'elles sont, – des êtres
humains en chair et en os, de notre époque, qui ont
partagé avec nous les mêmes
songes, des difficultés, des joies et des frustrations – ne
dément absolument pas leur condition héroïque. Ce
fait les place où ils doivent être, entre nous, avec leur
peuple. Les vrais héros ne sont pas honorés par la
répétition mécanique de phrases et de consignes
fabriquées en série mais avec l'action
révolutionnaire consciente.
En lisant ce livre j'ai pensé à
l'Abracadabra, la belle pièce du groupe infantile La Colmenita
dont son directeur, le compagnon Carlos Alberto Cremata, la
définit comme
« une action de justice et de vie ». Abracadabra
signifie en ancien hébreu « donne ton feu
jusqu'à la fin ».
Nous tous, nous devrions voir cette oeuvre et pas une
fois mais beaucoup de fois jusqu'à ce que le feu nous
pénètre et nous brûle. Trouver ces enfants comment
ils
imaginent libérer les Cinq avec des jeux et des blagues
infantiles, voir leurs émotions et leurs larmes au moment
où ils posent une question simple et directe : qu'est-ce
que nous pouvons faire en plus ?
Qui que soit capable de sortir du théâtre
tel qu'il est entré, sans s'engager au sérieux à
trouver la réponse à cette question il sera n'importe
quoi mais non pas un
révolutionnaire conséquent.
Entendons-nous. Tu ne peux donner ton feu que si tu le
possèdes. Et le feu dont nous parlons est celui de l'amour et la
solidarité.
C'est l'énergie qui anime le livre que nous
présentons maintenant. Son titre « l'Histoire que
j'ai eu à vivre » est une phrase d'Adriana, la
femme de
Gerardo, en parlant avec une modestie naturelle de sa jeunesse vraiment
héroïque.
Assumer « l'Histoire que nous avons eu
à vivre », pour tous et pour chacun de nous, c'est un
défi personnel, un défi éthique incontournable.
Surtout pour
nous qui ne sommes pas prisonnier, qui n'avons pas connu des
années de confinement en solitaire sans voir la lumière
du soleil, loin de la femme aimée, de la mère
aimée,
de la fille adorée. Nous, ceux qui vivons libres parce que les
Cinq ont offert leur jeunesse pour que nous vivions en liberté,
si vraiment nous assumons notre histoire nous
ne pouvons pas nous contenter de la répétition de
routines cérémoniales et d'une rhétorique aussi
incessante que vide.
Je voudrais encore une fois, faire un appel, pour
méditer ensemble, à mes collègues journalistes et
aux militants pour la Patrie et la vérité.
Dans son texte introductif le compagnon Rafael Hojas
Martínez remarque : « Le chemin a
été long, orageux, avec des satisfactions et des coups
amers. Il
y a eu des moments dans lesquels le traitement médiatique du cas
des Cinq a pâli dans notre contexte. Le fait de chercher la
nouvelle devenait difficile ... »
On peut souscrire ces mots, ou dire différemment
quelque chose de pareil. Lui et Ana Margarita, cette
appréciation les a conduit à chercher d'autres chemins et
c'est
ainsi qu'ils sont arrivés cet excellent résultat.
Mais permettez-moi de vous inviter pour aller plus loin.
La bataille pour les Cinq se gagne par les masses populaires – ce Jury
de millions dont Gerardo parle – ou
simplement, elle ne se gagne pas. Ou sommes-nous capables de vaincre,
dans le domaine de l'information, là où ce qui s'appelle
l'opinion publique se trouve-t-elle, ou nous
ne récolterons que l'échec. René, Fernando, Tony,
Ramón, un jour, regagneront, la liberté mais seulement
après avoir accompli leur condamnation injustes et Gerardo
mourrait
dans la prison.
L'obstacle principal pour la solidarité avec les
Cinq c'est le silence médiatique qui entoure leur cas. Ce n'est
pas un silence accidentel mais le résultat de la décision
de l'Empire d'imposer une censure absolue à la quelle les grands
médias obéissent sans rien dire.
Cette réalité nous oblige à la
réflexion la plus profonde. Dans le monde contemporain les gens
ne s'informent pas normalement de ce qui se passe directement, par eux
mêmes, d'autant moins quand il s'agit des faits qui ont lieu
ailleurs leur pays. Entre l'individu qui veut s'informer et la
réalité doit exister un intermédiaire, que l'on
supposé,
c'est la route dans laquelle circule la nouvelle, pour cela on le nomme
« médias ». Le contrôle total que
les plus puissants exercent sur ces moyens c'est une
des forces principales qui soutiennent l'hégémonie
impérialiste.
La presse progressiste et révolutionnaire,
incluant celle de Cuba, elle agit aussi à l'intérieur du
même contexte. Sauf dans l'aire nationale et, où nous
avons des
correspondants, nous sommes également consommateurs du produit
que les grandes corporations médiatiques disséminent et
devons aussi agir dans les pénombres médiatiques
qu'elles imposent.
Je connais des efforts que nos journalistes font
quotidiennement pour brasser parmi les vagues du mensonge et de la
désinformation et pour donner l'interprétation exacte
aux nouvelles qui circulent dans les réseaux médiatiques
et les placer dans un contexte véridique.
Mais ne se diffuse que ce que les maîtres des
médias permettent diffuser. N'oublions pas que quand nous nous
assiérons chaque jour devant la table de la rédaction, le
menu, ils l'ont préparé et pas nous. Sauf, que nous
soyons capables de nous dédier à chercher plus loin,
à nous servir des alternatives qui existent, et surtout,
à garder un
esprit créateur, autrement, nous serons condamnés
à agir exclusivement à l'intérieur de l'espace
toléré par ceux qui se croient les maîtres de la
planète.
Le cas des Cinq est vraiment angoissant. Le plus long
procès de l'histoire des États-Unis, une bataille
d'appel qui continue toujours et une montagne de documents
qui enferment la vérité dont presque rien n'accède
au public. Il n'est pas rare que, trop fréquemment, le sujet
pâlisse entre nous et qu'aucune information ne nous arrive
à
ce sujet. Difficilement nous la trouverons, l'information, si nous ne
la cherchons pas ailleurs le menu que l'ennemi offre.

Montréal, 11
juin 2009
Un exemple concret et actuel, tel qu'on connaît,
nous nous engageons dans une lutte extraordinairement difficile pour
pouvoir rouvrir le cas de Gerardo Hernández
Nordelo. C'est sa dernière opportunité. Mais le temps en
finit pour nous aussi, qui éprouvons la nécessité
de faire quelque chose de décisif pour sauver celui qui a offert
sa vie pour nous.
Le Habeas Corpus s'appuie, entre autres choses, sur la
découverte que les médias de Miami, qui ont
fabriqué l'atmosphère pour le condamner, agissaient au
nom du
gouvernement et payés par le même gouvernement qui a
dressé, contre lui, l'accusation la plus infâme. Le Habeas
se soutient aussi sur la dissimulation et la manipulation
de la part de ce gouvernement des évidences en rapport à
une charge la plus injuste formulée contre Gerardo.
Les organisations de la société civile
étasunienne qui ont contribué à
découvrir les paiements du gouvernement aux "journalistes" de
Miami se sont dédiées, depuis
cinq ans, à un litige avec Washington pour l'obliger à
offrir toute l'information relative à cette manigance
scandaleuse. Ces organisations ont fréquemment
dénoncé la
résistance officielle à révéler ce que
cache le Gouvernement et essaient de divulguer leurs efforts avec les
ressources limitées dont elles disposent. Évidemment, de
cette lutte,
rien ne disent-ils, les grands médias. Et malheureusement son
écho est pauvre au-delà.
La charge la plus grave à laquelle Gerardo
fait-il face – conspiration pour commettre meurtre en premier
degré – est basée sur une vulgaire manipulation de
l'incident
lamentable du 24 février 1996 quand la force
aérienne a abattu sur territoire cubain deux avionnettes d'un
groupuscule terroriste dédié à violer
systématiquement
notre souveraineté. Gerardo n'a rien eu absolument à voir
avec ce fait et le propre gouvernement fédéral a reconnu
le manque des preuves pour l'impliquer, malgré ceci il
subit une condamnation injustifiable et barbare.
Indépendamment de l'innocence totale de Gerardo,
depuis cette date une contradiction existe entre les positions des deux
pays par rapport à l'endroit où les aéronefs
ont été abattus. Je réitère ce acte s'est
fait sur notre mer territoriale, tout près d'où nous nous
sommes réunis maintenant. Les États-Unis allèguent
que cela a eu lieu dans
des eaux internationales, mais en proximité avec notre
frontière.
Comme les radars étasuniens n'offraient pas,
cependant, de données concluantes pendant le jugement de Miami
un expert étasunien a proposé de demander
à la NASA et à d'autres agences qui opèrent les
systèmes sophistiqués de satellites de ce pays qui
fournissait les images pertinentes inscrites ce jour. La défense
s'est jointe
à l'idée et a présenté une motion pour que
les images fussent présentées. Le Ministère public
s'est opposé et la Magistrate a soutenu l'objection
gouvernementale. Cela a
été il y a dix ans.
Depuis lors la défense continue à insister
sur la présentation des images. Cette demande devient une partie
intégrale du Habeas Corpus en faveur de Gerardo.
Jusqu'à présent toutes les agences
étasuniennes se refusent à montrer les images. Ne
vous parait-il pas suspect, un tel refus aussi tenace ?
Cette dispute révélatrice et curieuse aura
déjà dix ans mais elle n'a jamais été
mentionnée par les grands médias. L'attitude de ce
gouvernement est une preuve
additionnelle, une de plus, de l'innocence de Gerardo. Il
résulte compréhensible, le silence des grands
médias. Mais il est difficile de comprendre la modération
que nous
trouvons plusieurs fois dans des moyens médiatiques d'une
filiation révolutionnaire déclarée.
La vérité du cas des Cinq est
écrite, elle est enregistrées dans de nombreux documents
qui ne sont pas secrets et qui peuvent être placés dans
l'endroit officiel de la Cour
Fédérale du District Sud de la Floride sous le cas
« les États-Unis contre Gerardo Hernández et
à ». Il y a toujours eu aussi des informations
actualisées dans
la web www.antiterroristas.cu et dans les web du comité
nord-américain (www.freethefive.org) et du comité
international (www.thecubanfive.org) pour la liberté des Cinq.
Il y a, en plus, des organisations, des groupes et les personnes qui
font ce qu'elles peuvent en utilisant des moyens traditionnels ou le
courrier électronique et d'autres
technologies modernes. L'Interaction avec celles-ci, les utiliser comme
ressources et en même temps les appuyer et déployer les
efforts est un devoir de la presse
révolutionnaire et à la fois une médecine
indispensable pour guérir la dépendance des instruments
de propagande de l'Empire.
Plus facile il serait, bien sûr, si les grandes
corporations médiatiques nous faisaient la faveur de
disséminer les informations nécessaires. Mais ce miracle
semble-t-il bien
lointain.
Alors : qu'est-ce que nous allons faire ? Nous
contenter de faire un rapport de la création d'un autre
comité de solidarité et l'émission d'une nouvelle
déclaration en faveur de leur cause ?
Il est certain que le mouvement solidaire a crû
sur toute la planète et que sa réclame de liberté
préoccupe Washington comme l'a reconnu la magistrature
publiquement
à l'occasion du procès d'une autre sentence de
Ramón, de Tony et de Fernando.
Il est admirable le travail de ceux qui luttent pour les
Cinq aux États-Unis. Ils ont le mérite principal de
découvrir que la campagne médiatique contre nos
compagnons
à Miami était payée par le budget
fédéral et ce sont eux qui mènent une bataille
solitaire pour obliger Washington à révéler tous
les détails que toujours Washington cache
sur cette manigance illégale et sale.
La bataille décisive est là-bas aux
États-Unis où, très peu, on se sait du cas des
Cinq malgré l'engagement dévoué de ceux qui
essaient de mobiliser un peuple qui est
la première victime de la dictature médiatique, auquel ne
lui est pas permis de connaître la vérité.
Pour arriver la victoire il faut gagner cette bataille
là-bas pour que ce soit le peuple étasunien qui
réclame de son Gouvernement
la mise en liberté, immédiatement et sans des conditions,
de Gerardo, Ramón, Antonio, Fernando et René. Tous, et
chacun
d'eux. Tous, sans l'exclusion d'aucun.
Elle est grande, la responsabilité que nous
tous, nous avons. Personne ne peut dire à nos enfants que tout
est déjà fait de ce qu'on pouvait.
Il nous manque beaucoup à faire pour être
à la hauteur de ce que cette heure exige. Assumons l'histoire
qui nous touche à vivre. Après tout, nous n'avons pas une
autre.

Bulletin du 28 février 2011 • Retour
à l'index • Écrivez à: redaction@cpcml.ca
|