Exercices militaires dans le Nord du Québec

Non à l'opération Guerrier nordique, partie
intégrante des préparatifs de guerre!
Non à la militarisation de nos espaces publics!

Du 24 février au 12 mars 2011, l'opération militaire canadienne « Guerrier nordique » aura lieu sur le territoire de la Baie James, dans le Nord du Québec. Celle-ci sera menée par le 5e Bataillon des services du Canada, incluant 1500 soldats canadiens et de trois pays étrangers, soit des États-Unis, de la France et de la Pologne.

L'opération Guerrier nordique a pour objectif d'entraîner les troupes des Forces canadiennes ainsi que les troupes américaines, françaises et polonaises à développer une expertise dans les opérations en milieu austère sous un climat arctique ou subarctique et de favoriser les relations avec les communautés et les agences civiles locales. Les militaires sont appelés à assurer la sécurité des participants à un sommet international fictif sur l'environnement, ce qui les mènera à effectuer des opérations de recherche et de sauvetage.

Cet exercice militaire fait partie d'une série d'opérations militaires en sol québécois pour préparer les troupes à intervenir au pays et à l'étranger en tout temps, en tout lieu et en toutes circonstances. Ainsi, l'opération Beau Causeur a eu lieu du 18 au 22 octobre 2010 dans la région de La Tuque, l'exercice LOKI 2 peu de temps après, puis l'opération Soldat Givré alors que 70 véhicules et 250 militaires ont été déployés pour un exercice hivernal du 30 janvier au 4 février 2011. Ces activités ont toutes fait partie des étapes « pour la montée en puissance du 5e Bataillon des services du Canada » en vue de l'opération Guerrier nordique. Cette dernière a aussi été organisée en 2010 dans le même secteur du Québec, soit dans la région de la Baie James.

Loin d'être des exercices anodins, ceux-ci constituent un autre geste de militarisation de nos espaces publics. Ces déploiements et exercices militaires ont lieu dans les communautés et les territoires habités afin d'habituer les gens et les communautés dont celles du Grand Nord aux activités des forces armées canadiennes. Les activités militaires au nord du Québec et dans l'Arctique avec les communautés sont de plus en plus fréquentes, répondant à la nécessité de se lier aux communautés du nord sans qui les soldats ne pourraient survivre. Elles préparent les troupes canadiennes pour qu'elles soient prêtes au pays et à l'étranger, suivant la stratégie de défense du gouvernement canadien Le Canada d'abord.

Ces exercices sont présentés comme étant des activités pour pratiquer les Forces canadiennes à porter assistance aux agences déjà en place en cas de feux de forêt, écrasement d'avion, états d'urgence, etc. Ainsi, dans ces scénarios, des relations interagences sont créées avec la Société de prévention des feux de forêt (SOPFEU), la Sûreté du Québec, la Croix-Rouge, les autorités municipales, etc. Cette désinformation vise à donner une facette humaine aux préparatifs de guerre, comme si tout à coup les activités militaires avaient un côté humain et d'assistance aux communautés, en dehors de la politique pro-guerre du gouvernement de Stephen Harper, en dehors du fait que le gouvernement fait partie de l'OTAN et de NORAD, en dehors de l'intensification de l'annexion militaire du Canada aux intérêts impérialistes américains, etc. Le prétexte d'aide et d'assistance devient la justification pour s'intégrer aux communautés, se pratiquer à intervenir parmi les populations, pour que les forces militaires canadiennes « soient prêtes au pays et à l'étranger ».

Les peuples du Québec et du Canada s'opposent à la militarisation de la vie au pays et aux préparatifs de guerre du Canada. Tout cela est source de grande inquiétude et fait ressortir l'urgence de s'organiser pour établir un gouvernement anti-guerre qui refusera la militarisation de la vie et l'utilisation des sols québécois et canadien pour les préparatifs de guerre et d'agression ici comme dans le reste du monde.

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À titre d'information

L'exercice militaire Guerrier nordique 2011


Carte du territoire de la Baie James où aura lieu l'opération Guerrier nordique, indiquant
où se trouve Radisson, Chisasibi et Wemindji.

Du 24 février au 12 mars 2011, l'exercice militaire canadien Guerrier nordique aura lieu sur le territoire de la Baie James. Un poste de contrôle sera établi à Radisson et sera maintenu pour la durée de l'exercice.

L'exercice se tiendra dans un rayon de 20 km de Wemindji et Chisasibi. Deux unités administratives au Québec, dans la région administrative du Nord-du-Québec portent le nom de Chisasibi. La première est le village cri de Chisasibi et la seconde est la terre réservée de Chisasibi. La terre réservée est un territoire amérindien de juridiction fédérale canadienne et le village est un territoire de juridiction provinciale. La totalité des terres est peuplée par plus de 4000 Chisasibiennes et Chisasibiens. Wemindji est une communauté située à l'embouchure de la rivière Maquatua le long de la rive est de la Baie James. Avec une population de 1 267 habitants, Wemindji est une des 9 communautés cries situées dans le nord du Québec. Ces populations devront supporter la présence de 1500 militaires pendant trois semaines.

Guerrier nordique 2011 consiste en un exercice militaire réalisé dans la région de la Baie James et qui vise à entraîner les soldats à la conduite d'opérations dans le Nord et à conduire des opérations par temps froid. Les militaires devront assurer la sécurité des participants à un sommet international fictif sur l'environnement, ce qui les mènera à effectuer des opérations de recherche et de sauvetage. Les 1500 militaires attendus seront répartis en trois groupes sur trois semaines en provenance des unités de la Force régulière et de la Force de réserve ainsi que 40 à 60 Rangers de la région de la Baie James. De 30 à 40 agents de la Gendarmerie royale du Canada, une cinquantaine de militaires de l'Armée américaine ainsi que des militaires polonais et français participeront également à cet exercice.

L'entraînement consiste en l'établissement par les militaires d'un campement, la construction d'abris et de fortifications de neige et de glace, les déplacements à pieds, en ski et par motoneige ainsi que le tir de pénétration sur une fortification de neige et de glace précédemment construite. À cet effet, un camp de tir non conventionnel sera établi. Durant la période de tir, différentes armes seront utilisées (C6 de calibre de 7.62 mm, C7 et C9, 5.56 mm et le Carl Gustave, 84 mm avec la munition de pratique TPT). Par la suite ces ouvrages seront démolis à l'aide d'explosifs de type C4.

L'armée a prévu des activités pour tenter de se lier à la population dans chaque municipalité. À cette fin, plusieurs activités impliquant la population locale seront organisées : partie de hockey, démonstration de pêche sur la glace par les Rangers, remise des certificats de participation et cérémonie de remerciement avec les maires des communautés hôtes.

Activités préparatoires pour l'opération Guerrier nordique 2011

Du 18 au 22 octobre, s'est tenu l'exercice de poste de commandement Beau Causeur. Sa mission : fournir le soutien rapproché et général à la Force opérationnelle domestique terrestre et à ses renforts pour combattre la mise en scène de feux de forêt qui font rage au nord de La Tuque, près de la réserve de Wemotaci. Tout au long du déploiement de 5 jours, le bataillon a coordonné l'approvisionnement des troupes et les mouvements routiers, fourni les services essentiels et réparé les véhicules et le matériel endommagés. Trois camps pouvant accueillir 1000 sinistrés ont été aussi installés. L'entreprise Calian Technology, qui compte des vétérans à la retraite, a aussi fourni des employés pour jouer les rôles secondaires. Ceux-ci étaient tantôt des policiers, tantôt des civils menant des manifestations pacifiques, ou même des journalistes de La Tuque.

Peu après, l'exercice LOKI 2 a eu lieu comme prochaine étape en vue de l'Opération Guerrier nordique. Les membres du bataillon se sont déployés sur le terrain pour appliquer en mode réel les apprentissages et méthodes acquis durant Beau Causeur.

Du 30 janvier au 4 févier, près de 70 véhicules militaires à roues ainsi que 250 militaires se sont déplacés de Valcartier, dans la région de Québec, vers différentes destinations au Québec dans le cadre d'un exercice militaire hivernal en préparation à Guerrier nordique. Il y a eu des « mouvements routiers militaires » entre Valcartier (Québec), Farnham (Estrie), l'aéroport de Mirabel (Basses-Laurentides) le Mont Saint-Bruno (Montérégie) et Saint-Jean-Sur-Le-Richelieu (Montérégie).

Ces déplacements routiers ont eu lieu dans le cadre de l'exercice « Soldat givré » pour exercer la capacité des membres du 5e Bataillon des services du Canada (5e Bn S du C) à transporter et supporter des éléments d'intervention dans le Nord du Québec. Le 5 Bn S du C fait partie de la force opérationnelle domestique en support au Groupe compagnie d'intervention arctique composé principalement de réservistes. Sources : ministère de la Défense nationale, Agence canadienne d'évaluation environnementale, le journal Adsum du 10 novembre 2010, Wikipedia et le site www.chisasibi.org.

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La stratégie de défense «Le Canada d'abord»

Le 12 mai 2008, le Premier ministre Stephen Harper et le ministre de la Défense nationale et ministre de l'Agence de promotion économique du Canada atlantique Peter MacKay ont présenté à Halifax la Stratégie de défense Le Canada d'abord. Ils ont alors annoncé que le plan détaillé du gouvernement vise à garantir que les Forces canadiennes (FC) ont l'effectif, l'équipement et le soutien nécessaires pour relever les défis à long terme du pays en matière de sécurité nationale et internationale.

D'abord sur le site du premier ministre Stephen Harper, sous la rubrique Stratégie de défense Le Canada d'abord, 12 mai 2008, il est écrit :

« L'avenir – Une présence accrue dans le Nord

«Dans le cadre de la Stratégie de défense Le Canada d'abord, le gouvernement a annoncé un certain nombre d'initiatives qui aideront les FC à augmenter leur présence dans la région et à mieux intervenir en cas d'incidents et de défis possibles ayant trait à notre souveraineté. Voici quelques exemples :

«- L'acquisition de six à huit navires de patrouille dans l'Arctique/extracôtiers pour patrouiller les voies navigables de l'Arctique et fournir une présence de la Marine canadienne dans le Haut-Arctique.

«- La mise en place d'un port en eau profonde et d'un point de ravitaillement à Nanisivik.

«- L'expansion de la taille et des capacités des Rangers canadiens afin de fournir une présence militaire plus forte et efficace dans le Nord.

«- La mise en place d'un centre d'entraînement dans l'Arctique afin d'offrir aux membres des FC la formation et les compétences nécessaires pour effectuer des opérations efficaces dans cette région.

«- La capacité des FC d'effectuer des missions de surveillance dans le Nord sera améliorée grâce à la modernisation et au remplacement de l'aéronef de patrouille Aurora, l'utilisation de la technologie changeante du véhicule aérien sans pilote et au projet Polar Epsilon.

«Ensemble, les initiatives hausseront la capacité des FC de répondre aux situations imprévues dans la région et de mener des missions de surveillance dans l'Arctique. »

Voici des extraits de la Stratégie de défense Le Canada d'abord, traitant de la place du Canada dans la défense du Grand Nord au nom de la souveraineté.

« Les régions arctiques du Canada sont touchées par des changements climatiques qui transforment l'environnement, facilitant la navigation maritime et favorisant ainsi l'activité économique. La calotte polaire rétrécit, offrant de nouvelles possibilités de transport, de tourisme et d'exploration des ressources. L'ouverture de nouvelles voies navigables est considérée, notamment l'ouverture du passage du Nord-Ouest. Bien que cette situation promette d'être très lucrative pour le Canada, elle est également porteuse de nouveaux problèmes sur d'autres fronts. Elle pourrait aussi ouvrir la voie à l'augmentation d'activités illégales lourdes de conséquences pour la souveraineté et la sécurité du Canada et pouvant entraîner la nécessité d'obtenir de nouveau le soutien des militaires. » (page 6)

« Les Forces canadiennes doivent aussi pouvoir exercer la souveraineté du Canada en Arctique et en assurer la défense. De nouvelles possibilités s'offrent partout dans cette région, mais elles s'accompagnent de problèmes nouveaux. Étant donné que le rythme des activités dans les terres et dans les eaux du Nord s'intensifie, les militaires joueront un rôle vital pour démontrer une présence canadienne visible dans cette région potentiellement riche en ressources ainsi que pour aider d'autres organismes gouvernementaux tels que la Garde côtière canadienne à réagir aux menaces qui peuvent s'y manifester. » (page 8)

« La Stratégie de défense Le Canada d'abord – Initiatives précédentes :

«Au cours des deux dernières années, le gouvernement a investi beaucoup de ressources pour rebâtir les Forces canadiennes et pris des décisions concernant les besoins les plus pressants en équipement tout en poursuivant l'analyse sous-tendant la Stratégie de défense Le Canada d'abord. Pendant cette période, le gouvernement a pris des engagements importants en vue d'acquérir de l'équipement pour lequel le besoin est urgent, dont des aéronefs de transport stratégique C-17 Globemaster et des aéronefs de transport tactique C-130J Hercules, des hélicoptères CH-47F Chinook, des navires de soutien interarmées et des camions pour accroître la capacité de déploiement des forces armées, des chars Leopard 2 modernes et des véhicules renforcés contre les mines pour accroître leur aptitude au combat, ainsi que des navires de patrouille extracôtiers de l'Arctique pour leurs opérations dans les eaux du Nord. » (page 16)

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