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Aujourd'hui
dans
l'histoire
Le 66e anniversaire du bombardement de Dresde
Un crime de guerre des alliés
anglo-américains, prélude à la guerre froide
- Dougal MacDonald, 14 février
2011 -

Le lendemain du
bombardement de Dresde
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Dans la nuit du 13 au 14 février 1945,
le commandement des forces de bombardement de la Royal Air Force a
effectué deux attaques dévastatrices sur la
ville allemande de Dresde. À l'approche de la défaite
allemande, l'afflux de réfugiés, environ 100 000 à
200 000, avait fortement augmenté la population de Dresde, qui
s'élevait auparavant à 640 000 habitants. Sept cent
vingt-deux avions ont largué 1478 tonnes de bombes
explosives et 1181 tonnes de bombes incendiaires sur
la ville. La tempête de feu dévasta plus de
18 kilomètres carrés, y compris la Alstadt et son
musée historique. Le 14 février, peu après
midi, une vague de
316 bombardiers de l'US Army Force a fait une troisième
attaque et lâché 488 tonnes de bombes explosives et
294 tonnes de bombes incendiaires. Le
15 février, 211 bombardiers américains font une
quatrième attaque et lâchent 466 tonnes de bombes
explosives.
Le bombardement de Dresde a été
considéré comme un crime gratuit des Britanniques, qui a
fait jusqu'à 300 000 morts [1]. Dresde était totalement
sans défense contre
les bombardements terroristes des anglo-américains, ainsi leurs
bombardiers ont pu descendre à une altitude plus basse,
maintenir leur altitude et leur cap, ce qui a rendu
les bombardements encore plus efficaces. Dresde n'avait pas
été bombardée depuis le début de la guerre.
La ville nétait pas considérée comme un objectif
séduisant parce
qu'elle ne contribuait pas de manière importante à
l'économie de guerre nazie et ne possédait pas de
raffineries de pétrole clés ou de grandes usines
d'armement.
Dans le guide du ministère britannique de
l'Économie de guerre de 1943, le « Baedeker des
bombardiers », Dresde figurait à la vingtième
place sur la liste
des 100 villes allemandes les plus importantes pour l'effort de guerre
allemand. Dresde était surtout connu à travers le monde
comme un lieu de trésors architecturaux et
était appelée la « Florence
allemande ». Malgré cela, le premier ministre
britannique Winston Churchill a ordonné les raids sur Dresde et
approuvé en août
1944 le plan présenté par Sir Charles Portal, Chef
d'État-Major aérien de la Grande-Bretagne. [2]
Appelé « Opération Thunderclap »,
ce plan prévoyait
concentrer d'énormes forces pour attaquer une seule grande
ville, autre que Berlin, et tenter ainsi d'infliger un coup important
à l'Allemagne en utilisant toute la puissance
disponible. Portal a choisi le « bombardement de
zone » d'une ville parce que les villes étaient des
cibles beaucoup plus grandes. En janvier 1945, Churchill a
approuvé le plan de Portal, en particulier celui concernant les
grandes villes d'Allemagne occidentale et exigé une action
immédiate. Quelques jours plus tard, il est informé
que Dresde, Berlin et deux autres villes seraient bombardées
dès que les conditions le permettraient.
Les bombes incendiaires, qui sont expressément
conçues pour déclencher des incendies, ont
été largement utilisées lors des trois premiers
bombardements de Dresde.
L'effet meurtrier des typhons de feu a été tel que
même les gens qui s'étaient réfugiés dans
les caves et le métro pour échapper aux bombes ont
péri brûlés par la chaleur
intense ou asphyxiés parce que les tornades de feu aspiraient
l'oxygène. Cette utilisation massive de bombes incendiaires
montre bien que le but du bombardement de Dresde
était de terroriser et de tuer. [3]. Cela est confirmé
par le fait que Churchill a spécifiquement ordonné que ce
bombardement terroriste soit concentré sur les quartiers
ouvriers
de Dresde. Ou, comme l'a déclaré ouvertement Arthur
Harris, le commandant du commandement des forces de bombardement de la
RAF : « Vous pouvez
détruire une usine, elle sera reconstruite. En six semaines,
elle sera à nouveau en opération. Je tue tous les
ouvriers et cela prend vingt-et-un ans pour en fournir
d'autres ».[4]
Le bombardement de Dresde a été un crime
de guerre anglo-américain qui n'a jamais été
jugé. [5] Par définition, un crime de guerre est un crime
qui transgresse les
lois de la guerre. Le bombardement de civils est interdit depuis
longtemps par le droit international. Les Règles de La Haye sur
la guerre aérienne (1923) stipulent :
« Le bombardement aérien, dans le but de terroriser
la population civile ou de détruire ou d'endommager la
propriété privée sans caractère militaire
ou de blesser
les non-combattants, est interdit ».
En 1938, le premier ministre britannique Neville
Chamberlain, un sympathisant de Hitler, a déclaré :
« Le bombardement des civils comme tel va à
l'encontre
du droit international ». La même année,
l'assemblée de la Société des Nations votait
à l'unanimité l'adoption des mêmes principes. [6]
Pourquoi la ville de Dredse a-t-elle été
choisie comme objectif des bombardements terroristes de février
1945 ? Dresde était directement sur la voie de
l'avancée
de l'Armée soviétique qui, en marche sur Berlin, a
occupé la ville peu de temps après les bombardements.
(Après la guerre, Dresde fera partie de la zone
soviétique). Il
s'agissait de faire une démonstration des capacités de
destructions des forces de bombardements britanniques et
américaines à Staline. L'importance des pertes humaines
et des destructions causées par les bombardements allait lui
être rapportée. Alors que la fin de la guerre approchait,
moins de trois mois, le but des bombardements de Dresde
était d'essayer d'intimider Staline et l'Union soviétique
afin qu'ils ne tiennent pas tête aux impérialistes
anglo-américains après la guerre.
Trois semaines après Dresde, un autre message
voilé de même nature était envoyé à
Staline et à l'Union soviétique avec le bombardement et
l'incendie de Tokyo par
les impérialistes américains, qui a fait de 80 000
à 200 000 victimes brûlées vives. En août
1945, les impérialistes américains envoyaient deux
nouveaux messages :
les bombardements atomiques d'Hiroshima et de Nagasaki pour
démontrer la force destructrice de leur nouvelle bombe atomique.
Tout comme Tokyo, Hiroshima et Nagasaki
n'avaient que peu ou rien à voir avec la guerre contre les
impérialistes japonais, Dresde n'avaient que peu ou rien
à voir avec la guerre contre les nazis. Ces bombardements
annonçaient un nouveau conflit dans lequel les alliés
anglo-américains allaient remplacer les nazis et les
impérialistes japonais et l'ennemi serait l'Union
soviétique. La guerre
froide est née au milieu des cendres des centaines de milliers
de non-combattants carbonisés dans les enfers mortelle de
Dresde, Tokyo, Hiroshima et Nagasaki.
Notes
1. En 2004, une commission de treize historiens
allemands a mystérieusement réduit ce chiffre à
l'estimation officielle actuelle de 25 000 morts.
Cette réduction délibérée, qui minimise le
nombre de morts, est analogue à la campagne impérialiste
pour réviser à la baisse le nombre des morts
attribué aux nazis. Par
exemple, il y a quelques années, le nombre officiel des morts au
camp de concentration et d'extermination d'Auschwitz-Birkenau a
été réduit de 4 millions à
1,4 millions ; 4 millions de morts est pourtant le
nombre accepté lors du procès de Nuremberg juste
après la guerre.
2. La théorie la plus grotesque de
l'origine des raids sur Dresde est que Winston Churchill, cet
anticommuniste virulent qui a participé à l'invasion de
la jeune Union
soviétique par 21 pays en 1918 et prononcé le
discours à la Goebbels sur le rideau de fer en 1946 qui
inaugurait officiellement la guerre froide, aurait
ordonné le bombardement de Dresde parce que Staline lui avait
ordonné ! Bien sûr, il n'existe aucune documentation
au sujet de ce soi-disant ordre.
3. Andrew Chandler, « The Church of
England and the Obliteration Bombing of Germany in the Second World
War », English Historical Review,
108 (1993), pp. 920-46 (p. 931).
4. Les impérialistes américains ont
utilisé des bombes au phosphore blanc et au napalm pour
terroriser et tuer des civils au cours des guerres de Corée et
du Viet Nam.
5. Voir également : Donald Bloxham,
« Dresden as a War Crime », Paul Addison &
Jeremy Crang (eds.), Firestorm : The Bombing of Dresden,
1945. Chicago : Ivan Dee (2006).
6. Adam Roberts & Richard Guelff, Documents
on the Laws of War. Third Edition. Oxford University Press (2000), p.
22 ; Geoffrey Best, War and Law Since
1945. Oxford University Press (1997), p. 200.

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