Mouvement ouvrier
Transport public

Les travailleurs du transport en commun
de Toronto défendent leur droit de grève

Nous devons tous nous opposer aux attaques orchestrées par le gouvernement ontarien, par la ville de Toronto et les médias monopolisés contre les travailleurs de la Commission de transport de Toronto (CTT). Les travailleurs de la CTT opèrent et entretiennent le service public de transport en commun, un service public vital pour la population de Toronto. Leur convention collective arrive à terme le 31 mars. Le Syndicat uni du transport (SUT) et la CTT n'avaient même pas encore présenté leurs demandes initiales que déjà des représentants du gouvernement et les médias monopolisés disaient que la CTT doit être déclarée service essentiel et que les droits des travailleurs doivent être niés.

En décembre dernier, la ville de Toronto, sous l'égide de son nouveau maire Monsieur privatisation et fieffé réactionnaire Rob Ford, a adopté une résolution demandant au gouvernement provincial de déclarer la CTT service essentiel. Le premier ministre Dalton McGuinty a pris cela en mains et dans la dernière semaine de janvier le ministre du Travail Charles Sousa a convié le président de la section 113 du SUT Bob Kinnear à une rencontre où il lui a dit que c'est l'intention du gouvernement provincial de déclarer la CTT service essentiel avant que le contrat ne se termine le 31 mars.

Ce sont-là des problèmes trés sérieux pour les travailleurs de la CTT dont les droits vont être criminalisés par les Mussolini modernes pour qui il faut que « les trains arrivent à l'heure » sans égard aux conditions de travail de ceux qui dispensent un service sécuritaire aux passagers. Le traitement qui est fait aux travailleurs de la CTT concerne tous les Ontariens et tous les Canadiens lesquels font face à la destruction morceau par morceau de leur société. Les gouvernements provinciaux et municipaux sont coupables tout d'abord de ne pas faire les investissements nécessaires dans le transport en commun selon les besoins de la société, et ils sont également coupables de s'attaquer aux travailleurs qui sont les dispensateurs du service comme si les travailleurs étaient les ennemis du droit public à un transport en commun de qualité.

Le maire Ford devrait utiliser les contacts personnels qu'il se vante d'avoir avec les membres du cabinet Harper pour garantir le soutien du gouvernement fédéral au transport en commun à Toronto au lieu d'attaquer les travailleurs. Visiblement, le maire Ford et le premier ministre McGuinty ont un autre ordre du jour : des baisses de taxes pour les riches, la vente d'avoirs sociaux à des profiteurs privés, des coupures dans les services publics et des attaques contre les conditions de travail et de vie des travailleurs. Nous devons appuyer fermement la lutte des travailleurs de la CTT contre ces attaques et exiger que les trois niveaux de gouvernements arrêtent de payer les riches et fassent les investissements nécessaires dans les services publics.

Le président de la section 113 du SUT Bob Kinnear a présenté la position du syndicat dans un point de presse le 3 février. « Le syndicat s'oppose à ce qu'une loi élimine notre droit à la négociation collective. » Bien que le syndicat les ait approchés, ni le maire de Toronto ni la présidente de la CTT n'ont accepté, avant que la ville de Toronto ne demande que la CTT soit déclarée service essentiel, l'offre du syndicat d'examiner comment améliorer le service de transport en commun.

Compte tenu que le parlement ontarien ne reprend ses activités que le 22 février, a ajouté le président du syndicat, l'objectif du gouvernement d'adopter la loi avant la fin de la convention collective le 31 mars « ne laisse pas beaucoup de temps pour permettre un examen rationnel et réfléchi d'une loi qui va toucher à plusieurs points importants qui affectent les droits fondamentaux de nos membres en vertu de la Charte des droits et libertés et peuvent même constituer une violation d'un traité international dont le Canada est signataire. Je tiens à vous rappeler que le conseil de ville a adopté sa résolution sur les services essentiels sans aucune consultation publique et aprés un débat très limité », a dit Kinnear.

Le même jour, soit le 3 février, le syndicat a informé par lettre le ministre du Travail que « la section 113 du SUT ne fera pas la grève et n'interrompra pas le transport en commun de quelque façon que ce soit pendant les prochaines négociations, bien que la loi actuelle nous permette de faire la grève. Nous allons négocier de bonne foi pour obtenir une entente librement négociée avec la CTT comme c'est notre habitude de le faire. Si cela s'avère impossible, nous acceptons à l'avance de soumettre les questions sur lesquelles il n'y a pas d'entente à l'arbitrage exécutoire en vertu de la section 40 de la Loi de 1995 sur les relations de travail. »

« Il n'y a donc pas de menace de grève ou d'interruption de service à la CTT cette année », a ajouté Kinnear. « Nous sommes donc en droit d'espérer que tout projet de loi sur les services essentiels sera traité de façon normale comme le sont les autres projets de loi en Ontario. Le projet de loi doit être pleinement débattu au parlement et dans des consultations publiques. Si la portée du projet de loi affecte aussi les autres systèmes de transport en commun en Ontario, les villes et les travailleurs concernés doivent être consultés également. » Rien ne justifie, a-t-il ajouté, de court-circuiter l'examen attentif de quelque législation que le gouvernement provincial s'apprête à déposer.

Ce ne sont clairement pas les travailleurs de la CTT et leur syndicat, la section 113 du SUT, qui posent une menace au service public de transport en commun de la population de Toronto. On ne peut pas en dire autant de l'ordre du jour réactionnaire des Libéraux de McGuinty ou de Rob Ford. C'est vrai que Toronto et les autres municipalités de l'Ontario sont en difficultés financières, mais il ne faut pas en blâmer les travailleurs qui dispensent nos services publics mais plutôt la politique néolibérale de payer les riches des gouvernements des riches et leur refus de faire les investissements qui s'imposent dans les services publics.

(Traduction : LML)

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