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Mouvement
ouvrier
Transport public
Les travailleurs du transport en commun
de Toronto défendent leur droit de grève
- Steve Rutchinski, 15 février
2011 -
Nous devons tous nous opposer aux attaques
orchestrées par le gouvernement ontarien, par la ville de
Toronto et les médias monopolisés contre les travailleurs
de la
Commission de transport de Toronto (CTT). Les travailleurs de la CTT
opèrent et entretiennent le service public de transport en
commun, un service public vital pour la
population de Toronto. Leur convention collective arrive à terme
le 31 mars. Le Syndicat uni du transport (SUT) et la CTT n'avaient
même pas encore présenté leurs
demandes initiales que déjà des représentants du
gouvernement et les médias monopolisés disaient que la
CTT doit être déclarée service essentiel et que les
droits des
travailleurs doivent être niés.
En décembre dernier, la ville de Toronto, sous
l'égide de son nouveau maire Monsieur privatisation et
fieffé réactionnaire Rob Ford, a adopté une
résolution demandant
au gouvernement provincial de déclarer la CTT service essentiel.
Le premier ministre Dalton McGuinty a pris cela en mains et dans la
dernière semaine de janvier le ministre
du Travail Charles Sousa a convié le président de la
section 113 du SUT Bob Kinnear à une rencontre où il
lui a dit que c'est l'intention du gouvernement provincial
de déclarer la CTT service essentiel avant que le contrat ne se
termine le 31 mars.
Ce sont-là des problèmes trés
sérieux pour les travailleurs de la CTT dont les droits vont
être criminalisés par les Mussolini modernes pour qui il
faut que « les
trains arrivent à l'heure » sans égard aux
conditions de travail de ceux qui dispensent un service
sécuritaire aux passagers. Le traitement qui est fait aux
travailleurs
de la CTT concerne tous les Ontariens et tous les Canadiens lesquels
font face à la destruction morceau par morceau de leur
société. Les gouvernements provinciaux et
municipaux sont coupables tout d'abord de ne pas faire les
investissements nécessaires dans le transport en commun selon
les besoins de la société, et ils sont également
coupables de s'attaquer aux travailleurs qui sont les dispensateurs du
service comme si les travailleurs étaient les ennemis du droit
public à un transport en commun de
qualité.
Le maire Ford devrait utiliser les contacts personnels
qu'il se vante d'avoir avec les membres du cabinet Harper pour garantir
le soutien du gouvernement fédéral au
transport en commun à Toronto au lieu d'attaquer les
travailleurs. Visiblement, le maire Ford et le premier ministre
McGuinty ont un autre ordre du jour : des baisses
de taxes pour les riches, la vente d'avoirs sociaux à des
profiteurs privés, des coupures dans les services publics et des
attaques contre les conditions de travail et de vie des
travailleurs. Nous devons appuyer fermement la lutte des travailleurs
de la CTT contre ces attaques et exiger que les trois niveaux de
gouvernements arrêtent de payer les
riches et fassent les investissements nécessaires dans les
services publics.
Le président de la section 113 du SUT Bob
Kinnear a présenté la position du syndicat dans un point
de presse le 3 février. « Le syndicat
s'oppose à ce qu'une loi élimine notre droit à la
négociation collective. » Bien que le syndicat les
ait approchés, ni le maire de Toronto ni la présidente de
la CTT
n'ont accepté, avant que la ville de Toronto ne demande que la
CTT soit déclarée service essentiel, l'offre du syndicat
d'examiner comment améliorer le service de transport
en commun.
Compte tenu que le parlement ontarien ne reprend ses
activités que le 22 février, a ajouté le
président du syndicat, l'objectif du gouvernement d'adopter la
loi avant
la fin de la convention collective le 31 mars « ne
laisse pas beaucoup de temps pour permettre un examen rationnel et
réfléchi d'une loi qui va toucher à plusieurs
points importants qui affectent les droits fondamentaux de nos membres
en vertu de la Charte des droits et libertés et
peuvent même constituer une violation
d'un traité international dont le Canada est signataire. Je
tiens à vous rappeler que le conseil de ville a adopté sa
résolution sur les services essentiels sans aucune consultation
publique et aprés un débat très
limité », a dit Kinnear.
Le même jour, soit le 3 février, le
syndicat a informé par lettre le ministre du Travail que
« la section 113 du SUT ne fera pas la grève et
n'interrompra
pas le transport en commun de quelque façon que ce soit pendant
les prochaines négociations, bien que la loi actuelle nous
permette de faire la grève. Nous allons négocier
de bonne foi pour obtenir une entente librement négociée
avec la CTT comme c'est notre habitude de le faire. Si cela
s'avère impossible, nous acceptons à l'avance de
soumettre les questions sur lesquelles il n'y a pas d'entente à
l'arbitrage exécutoire en vertu de la section 40 de la Loi
de 1995 sur les relations de
travail. »
« Il n'y a donc pas de menace de grève
ou d'interruption de service à la CTT cette
année », a ajouté Kinnear. « Nous
sommes donc en droit d'espérer
que tout projet de loi sur les services essentiels sera traité
de façon normale comme le sont les autres projets de loi en
Ontario. Le projet de loi doit être pleinement débattu
au parlement et dans des consultations publiques. Si la portée
du projet de loi affecte aussi les autres systèmes de transport
en commun en Ontario, les villes et les travailleurs
concernés doivent être consultés
également. » Rien ne justifie, a-t-il ajouté,
de court-circuiter l'examen attentif de quelque législation que
le gouvernement provincial
s'apprête à déposer.
Ce ne sont clairement pas les travailleurs de la CTT et
leur syndicat, la section 113 du SUT, qui posent une menace au
service public de transport en commun
de la population de Toronto. On ne peut pas en dire autant de l'ordre
du jour réactionnaire des Libéraux de McGuinty ou de Rob
Ford. C'est vrai que Toronto et les autres
municipalités de l'Ontario sont en difficultés
financières, mais il ne faut pas en blâmer les
travailleurs qui dispensent nos services publics mais plutôt la
politique néolibérale
de payer les riches des gouvernements des riches et leur refus de faire
les investissements qui s'imposent dans les services publics.

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