Mouvement ouvrier
Les métallos appellent à manifester
sur la Colline parlementaire le Premier Mai:

Les gouvernements doivent
être responsables devant le peuple!


Hamilton, le 29 janvier 2011

La section locale 1005 du Syndicat des Métallos est heureuse de vous informer que son appel à un rassemblement et à une manifestation sur la colline parlementaire le Premier Mai a reçu un accueil enthousiaste de ses membres et des autres travailleurs de Hamilton. L'accueil est également excellent de la part de syndicats nationaux et de conseils du travail qui représentent tous les secteurs de l'activité économique, que ce soient les ressources, le secteur manufacturier, le service postal, de santé et d' éducation, les services municipaux, l'énergie et les télécommunications.

En demandant que les gouvernements défendent le droit public et non le droit de monopole, la manifestation vise à forcer les gouvernements à être responsables devant le peuple. Le rassemblement et la manifestation vont être une occasion de présenter les demandes des travailleurs d'un bout à l'autre du pays et de tous les secteurs de l'économie dont les droits sont présentement bafoués. Le problème posé par les gouvernements qui mettent l'argent du trésor public dans les mains des riches puis déclarent qu'il faut couper les programmes sociaux par manque de fonds sera au coeur de cette action, de même que la privatisation des services publics et les efforts pour transformer les fonds de pension à prestations déterminées en régimes d'épargne sans garanties. Nous allons y dénoncer la prise de contrôle des secteurs clés de notre économie et la destruction des moyens de production par les monopoles manufacturiers et des ressources, un problème que nous vivons ici-même avec US Steel.

Les travailleurs canadiens ont besoin de gouvernements qui les défendent. Nous n'avons que faire de gouvernements qui signent des ententes secrètes puis nous disent par communiqués que c'est pour notre bien qu'ils l'ont fait et qu'il faut les croire sur parole.

Les gouvernements doivent rendre des comptes pour la détérioration des salaires, des conditions de travail, des avantages sociaux et des pensions.
Il faut soutenir le droit public et non le droit de monopole !

La pression qu'exerce le droit de monopole pour détruire le pays et notre mode de vie est intenable. Nous devons travailler tous ensemble à défendre les droits de tous ! Tous les aspects de la vie au Canada sont touchés par la pression des politiques néolibérales qui visent à détruire les programmes sociaux et les services publics, la base manufacturière et nos moyens de subsistance et à abaisser les salaires, les pensions et les avantages sociaux. C'est l'intégrité même du Canada en tant que pays indépendant qui est en jeu face aux efforts pour nous intégrer aux États-Unis des monopoles d'Amérique du Nord. Chaque jour amène l'annonce d'une nouvelle attaque contre les Canadiens qui ne demandent qu'à vivre et travailler en paix sans que leur sécurité, leur moyen de subsistance et leur existence ne soient menacés par le droit de monopole. Les biens et services que les Canadiens produisent sont vendus au plus offrant sur les marchés mondiaux pour grossir le profit privé des monopoles sans égard aux impacts naturels et sociaux. Cela s'applique à nous également, les êtres humains qui produisons les biens et dispensons les services. On nous considère comme de simples « coûts » et des entraves à la concurrence mondiale, comme des « marchandises » sans grande valeur à être vendues sur le marché du travail pas même au plus offrant mais au moins offrant, comme des « coûts » intolérables à être éliminés au bon vouloir des monopoles ou quand nous sommes trop vieux, estropiés ou malades pour travailler. Loin d'accepter d'être transformés en main- d'oeuvre esclave, nous affirmons les droits qui sont les nôtres en tant qu'êtres humains, en tant que producteurs de toute la richesse et dispensateurs de tous les services dont la société dépend pour son existence.

La section 1005 est très enthousiaste de l'accueil reçu jusqu'à maintenant et nous vous tiendrons au courant à mesure que des syndicats annonceront leur participation.

Une attaque contre un est une attaque contre tous !
Un pour tous et tous pour un !
Tous sur la colline parlementaire le Premier Mai !

Bulletin d'information numéro 4 - www.uswa1005.ca

(Traduction : LML)

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Opposition aux négociations secrètes

Qu'arrive-t-il lorsqu'une personne qui donne sa parole ne la tient plus ? Le chef de la direction de US Steel, John Surma, a accusé la section locale 1005 de ne pas agir en « gentleman ». Surma dit qu'un « gentleman » verrait à ce que la négociation d'une nouvelle convention collective reste « entre nous et eux » et que ce « n'est pas nécessairement toujours ce qu'ils (la section locale 1005) font ».


L'hélicoptère arrive à l'usine.

Il est peu probable que les membres du 1005 soient vraiment perturbés par les définitions à-plat-ventristes de Surma de ce qui constitue un comportement courtois. Après tout, c'est le même Surma qui voyage à l'étranger dans des avions et hélicoptères privés, avec des gardes armés privés en sol étranger, tels ceux qui se sont plantés à la porte de la salle où US Steel a tenu à deux occasions des « négociations » avec les membres du 1005. Surma aime braquer un fusil à la tempe des travailleurs et ensuite philosopher sur ce qu'est un « gentleman ».

La définition de « gentleman » a connu des changements considérables au fil du temps. Elle a débuté par un terme strictement d'appartenance de classe - dans l'histoire anglaise, un gentleman est un homme qui n'est pas noble de naissance mais un détenteur de propriétés qui a droit à un blason. En d'autres termes, il se classe bien au-dessus d'un simple tenancier dans l'ordre social et il n'a rien d'un bandit, c'est-à-dire rien d'ordinaire à son sujet. Au fil du temps et à mesure que s'est définie la condition nécessaire pour se qualifier comme une personne ayant le droit de citoyenneté, le terme a évolué vers ce qui fait couramment référence à une personne qui se comporte avec courtoisie et gentillesse.

Mis à part le fait que la section locale 1005 a des membres féminins dont ne tient pas compte Surma, le vrai problème semble être avec le « nous et eux ». C'est ce qui semble agacer Surma : il ne semble pas aimer la façon dont « eux » refusent de se soumettre à « nous ». Il ne semble pas non plus être trop heureux de la façon dont « eux » engagent l'ensemble des « eux » et la communauté dans une mobilisation et un débat publics contre « nous ».

La section locale 1005 sait que les travailleurs font face aux conditions actuelles engendrées par la domination néolibérale des monopoles mondiaux sur « eux », l'économie et les gouvernements. Devant cette réalité du droit de monopole et de la soumission des gouvernements aux monopoles, la sécurité d'« eux » (les travailleurs) se trouve dans une mobilisation publique très large des travailleurs et des couches intermédiaires à la défense des droits de tous. Pour « eux », à la section locale 1005, afin de conclure une convention collective juste avec le « nous » de Surma, il faut exercer le plein poids des membres, de la communauté et des alliés partout au Canada afin de mener la lutte au point où les gouvernements doivent être contraints de respecter le droit public à l'encontre de droit de monopole.

Pour « eux » de la section locale 1005, pour avoir une chance de défendre leurs droits ainsi qu'eux-mêmes, leur arme la plus importante -- leur unité et leur détermination basées sur une position de principe -- doit être mise à contribution. L'unité et la détermination d'« eux » consistent à discuter ouvertement et sans réserve de toutes les questions qui surgissent. Ils participent consciemment à la prise des décisions et leur mise en application. Des actes de participation consciente mènent à comprendre l'importance des pensions et d'autres questions pour la survie d' « eux » unis, capables de défendre les droits de tous. Le fait de participer consciemment mène à une compréhension de l'importance de la position de principe de la section locale 1005 pour la collectivité de Hamilton, ainsi que pour la classe ouvrière et les couches intermédiaires partout au pays.

Le fait de participer de plus en plus consciemment mène à la demande que les gouvernements doivent faire leur devoir et défendre le droit public et non le droit de monopole. La section 1005 du Syndicat des Métallos exige que US Steel négocie de bonne foi, abandonne son diktat pour des concessions sur les pensions, respecte ses propres engagements et reprenne la production d'acier à Hamilton.

Quant à la question d'être courtois au sens moderne, l'équipe de négociation de la section locale 1005 du Syndicat des Métallos ne saurait être accusée de ne pas agir comme en « « gentleman » avec les négociateurs de US Steel. Elle a toléré les gardes de sécurité et aucun incident n'a pu être cité où l'équipe de négociation de la section locale 1005 ne s'est pas comportée d'une manière cultivée, avec courtoisie et gentillesse malgré l'écart évident dans la position de classe sociale entre « nous et eux ». La section locale 1005 s'est comportée de manière cultivée et courtoise, même face au refus de la part du « nous » de US Steel de rencontrer « eux » et de négocier de bonne foi. Le « nous » de US Steel a d'abord cessé les activités de sidérurgie, puis a émis à « eux » un diktat final de « faire des concessions sur les pensions ou nous vous mettrons en lock-out ». Ce n'est pas ce qu'une personne honnête peut appeler un comportement courtois.

En revanche, le comportement cultivé de la section locale 1005 confirme en tant que question de principe le respect des opinions de tous ses membres actifs et retraités, de la communauté et du pays. Cela encourage leur participation active dans les décisions afin de parvenir à un règlement juste du conflit et devenir dans le cours du processus mieux organisés et unis pour défendre les droits de tous.

Le refus de Surma de négocier de bonne foi et sa demande du secret et des insinuations dans le dos des membres de la section locale 1005 et du public sont désuets. Pour la classe ouvrière, c'est décidément inculte et discourtois. Le diktat et les méthodes néolibérales de Surma sont une attaque contre la dignité des membres de la section locale 1005, de la communauté et du Canada. Le diktat discourtois de Surma et les accords secrets n'ont pas leur place au Canada. Les Canadiens en ont assez du rejet de ses engagements formels et du diktat pour des concessions antiouvrières et anticanadiennes, ainsi que des attaques contre la dignité des travailleurs et leur mode de vie. Ils exigent que les gouvernements fassent leur devoir de défendre les Canadiens, leur économie socialisée et l'intégrité nationale contre l'abus du droit de monopole.

(Traduction : LML)

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Manifestation à Toronto en appui aux métallos de Hamilton en lockout et contre le vol des pensions


Des travailleurs actifs et à la retraite de la section locale 1005 du Syndicat des Métallos à la
manifestation de Toronton en appui aux métallos de Hamilton en lockout.

Le 14 février, près de 200 travailleurs se sont rassemblés devant les bureaux de la Banque Scotia au centre-ville de Toronto pour appuyer les travailleurs de la section 1005 du Syndicat des Métallos en lockout depuis le 7 novembre et pour dénoncer le vol des pensions par les monopoles qui agissent avec le plein soutien des gouvernements. Les discours, les slogans, les pancartes et les bannières étaient tous animés du même esprit à l'effet que la lutte pour les pensions n'est pas le fait d'un travailleur ou d'un syndicat isolé mais la lutte de tous les travailleurs et du peuple canadien dans son ensemble.

En ce moment, 63 % des Canadiens n'ont aucun fonds de pension de compagnie et ils n'auront que le Régime de pensions du Canada ( ou la Régie des Rentes) et leurs épargnes personnelles sur lesquels s'appuyer à la retraite. Pire encore, le gouvernement Harper vient tout juste de renier son engagement à étendre le Régime de pensions du Canada et il a préféré recourir à un autre stratagème pour payer les riches sous la forme d'un régime d'épargnes géré par le gouvernement.

Un contingent de travailleurs actifs et à la retraite des métallos de la section 1005 s'est joint aux travailleurs d'autres syndicats et secteurs dont les Travailleurs canadiens de l'automobile, le Syndicat canadien des communications, de l'énergie et du papier, le Syndicat canadien de la fonction publique, la Fédération des enseignants de l'élémentaire de l'Ontario, la Société des professionnels de l'énergie et l'Alliance des artistes canadiens du cinéma, de la télévision et de la Radio (ACTRA).

L'action a été organisée par le Conseil du travail de Toronto et de la région de York. Son président John Cartwright a réitéré l'appui du Conseil aux 900 travailleurs actifs et aux 9000 retraités de la section 1005 qu'il a appelés les vrais bâtisseurs du pays. Il a dénoncé le rôle des banques comme la Banque Scotia et d'institutions financières comme Brookfield Asset Management qui sont liées à US Steel lequel cherche à voler les pensions des travailleurs.

Le président de la section 1005 Rolf Gerstenberger a dit qu'en effet les pensions sont au coeur du lockout décrété par US Steel. L'entreprise demande que les 900 travailleurs actifs acceptent de désindexer les pensions des retraités et d'exclure les nouveaux engagés du fonds de pension à prestations déterminées. Nous sommes ici, a-t-il dit, pour dénoncer le vol légalisé de ce qui appartient de droit aux travailleurs. Il a appelé tous les travailleurs à intensifier la lutte pour forcer les monopoles et les gouvernements à être responsables devant le peuple et à se joindre dans ce contexte à la section locale 1005 le Premier Mai prochain sur la colline parlementaire pour exiger que les gouvernements défendent le droit public et non le droit de monopole.

Mary Fiori, la veuve d'un des métallos qui a participé à la grève à Stelco en 1946 s'est adressée aux participants : « Nous avons vécu des moments très difficiles, a-t-elle dit, surtout la grève de 1946. Mais ça en valait la peine. J'ai eu le plaisir d'y participer et d'aider les grévistes. J'ai vécu une vie magnifique, mais je suis très choquée aujourd'hui par les attaques contre les pensions. »

Larry Perrins, un retraité qui a travaillé 37 ans à Stelco et est encore actif dans la lutte, a rappelé à la foule que la question des pensions a des ramifications multiples. « N'oublions jamais que nous ne combattons pas uniquement pour nos propres pensions mais pour celles de nos conjointes qui nous survivent. J'ai payé 5 % de ma pension pour soutenir ma femme une fois que je ne serai plus là et c'est à cela aussi qu'ils s'en prennent. »

Les manifestants se sont déplacés vers les bureaux de Brookfield Asset Management. La Banque de Nouvelle-Écosse et Brookfield sont tous deux représentés sur le Bureau des directeurs de US Steel Canada. Les participants ont dénoncé Brookfield en particulier pour le rôle criminel qu'il a joué pour pousser Fraser Paper à se placer sous la protection de la loi de la faillite en 2009. La réorganisation de l'entreprise qui a été faite sous la fraude de la faillite a entre autres choses coupé les pensions des retraités de près de 40 % . Brookfield a fermé une partie des usines et a redémarré l'entreprise sous un autre nom en imposant des concessions aux travailleurs qui ont conservé leur emploi. Tout cela est profondément illégal selon les travailleurs, mais les gouvernements et les tribunaux ont déclaré que c'était tout à fait légal.

Des représentants du Conseil des Métallos de la région de Toronto, de la Fédération des travailleurs de l'Ontario, de la Société des professionnels de l'énergie, de l'ACTRA et du NPD- Ontario ont aussi pris la parole. Les travailleurs se sont ensuite déplacés vers le Consulat du Mexique pour prendre part à la Journée mondiale d'action à la défense des droits syndicaux au Mexique.

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