Assemblée nationale

Les libéraux sont prêts à mettre de l'avant
n'importe quelle réforme pourvu qu'elle
ne mène pas à un changement fondamental

Le dépôt à l'Assemblée nationale de la pétition exigeant la démission de Jean Charest, ayant recueilli 247 379 signatures en trois mois, a encore une fois plongé les libéraux en crise. « Vous ne verrez plus ce genre de pétition-là », a assuré le nouveau ministre de la Réforme des institutions démocratiques, Pierre Moreau.

Selon le ministre, cette pétition mise de l'avant par Steve Brosseau, un préposé aux bénéficiaires de la région de Montréal, viole le règlement de l'Assemblée nationale puisqu'elle contrevient à certains critères de recevabilité. On se rappellera que la pétition demandait la démission du député de Sherbrooke en tant que chef du gouvernement et premier ministre du Québec. Toujours selon le ministre, « destituer un membre de l'exécutif » excède les compétences de l'Assemblée nationale. Selon le critère de recevabilité, « la pétition doit demander le redressement d'un grief qui relève de la compétence de l'État québécois ». M. Moreau s'en prend également aux fonctionnaires du secrétariat de l'Assemblée nationale à qui il reproche d'avoir « mal interprété » les critères du règlement.

La question a été abordée au Bureau de l'Assemblée nationale (BAN) qui joue le rôle de conseil d'administration de l'Assemblée législative et qui est composé de neuf membres provenant des trois partis reconnus. « J'ai pété les plombs parce que je trouve qu'on ne peut pas exposer comme ça un élu à une sorte de tribunal populaire ! [...] La démocratie au Québec s'exprime à travers les mandats qui sont donnés aux élus », dans le « cadre d'élections ».

Les propos du nouveau ministre de la Réforme des institutions démocratiques sont très édifiants. Ils démontrent bien l'attachement des libéraux aux vieilles institutions qui privent le peuple du pouvoir de décider. Ce que la pétition met en lumière est l'aspiration populaire à prendre part à toutes les prises de décisions, y compris le droit de destituer un élu. Les libéraux sont prêts à mettre de l'avant n'importe quelle réforme pourvu qu'elle ne mène pas à un changement fondamental qui donnera le pouvoir au peuple.

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