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Assemblée
nationale
Les libéraux sont prêts à mettre de
l'avant
n'importe quelle réforme pourvu qu'elle
ne mène pas à un changement fondamental
- Serge Lachapelle, 21 février
2011 -
Le dépôt à l'Assemblée
nationale de la pétition exigeant la démission de Jean
Charest, ayant recueilli 247 379 signatures
en trois mois, a encore une fois plongé les libéraux en
crise. « Vous ne verrez plus ce genre de
pétition-là », a assuré le
nouveau ministre de la Réforme des institutions
démocratiques, Pierre Moreau.
Selon le ministre, cette pétition mise de l'avant
par Steve Brosseau, un préposé aux
bénéficiaires de la région de Montréal,
viole
le règlement de l'Assemblée nationale puisqu'elle
contrevient à certains critères de recevabilité.
On se rappellera que la pétition
demandait la démission du député de Sherbrooke en
tant que chef du gouvernement et premier ministre du Québec.
Toujours selon le
ministre, « destituer un membre de
l'exécutif » excède les compétences de
l'Assemblée nationale. Selon le critère de
recevabilité, « la pétition doit
demander le redressement d'un grief qui relève de la
compétence de l'État
québécois ».
M. Moreau s'en prend également aux fonctionnaires du
secrétariat de l'Assemblée nationale à qui il
reproche d'avoir « mal
interprété » les critères du
règlement.
La question a été abordée au Bureau
de l'Assemblée nationale (BAN) qui joue le rôle de conseil
d'administration de l'Assemblée
législative et qui est composé de neuf membres provenant
des trois partis reconnus. « J'ai pété les
plombs parce que je trouve
qu'on ne peut pas exposer comme ça un élu à une
sorte de tribunal populaire ! [...] La démocratie
au Québec s'exprime à
travers les mandats qui sont donnés aux
élus », dans le « cadre
d'élections ».
Les propos du nouveau ministre de la Réforme des
institutions démocratiques sont très édifiants.
Ils démontrent bien l'attachement
des libéraux aux vieilles institutions qui privent le peuple du
pouvoir de décider. Ce que la pétition met en
lumière est l'aspiration
populaire à prendre part à toutes les prises de
décisions, y compris le droit de destituer un élu. Les
libéraux sont prêts à mettre de
l'avant n'importe quelle réforme pourvu qu'elle ne mène
pas à un changement fondamental qui donnera le pouvoir au peuple.

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