La caravane des locataires, organisée par le Front d'action populaire en réaménagement urbain a pris son départ le 14 février au matin à Gatineau. Elle a parcouru le Québec du 14 au 19 février pour réclamer que le prochain budget du ministre des Finances, Raymond Bachand, finance de nouveaux logements sociaux en nombre suffisant pour répondre plus adéquatement aux besoins. C'est par l'appropriation symbolique d'un terrain que le FRAPRU et son groupe-membre de l'Outaouais, Logem'en occupe et par l'installation d'un panneau géant, à l'image de ceux utilisés par le gouvernement québécois pour annoncer ses investissement que les activistes ont débuté la caravane. Sur le panneau, on pouvait lire 50 000 logements sociaux en 5 ans. Citant des chiffres de la Société canadienne d'hypothèques et de logement, le FRAPRU a révélé que, parmi les 260 700 ménages qui ont des besoins urgents de logement au Québec, 77 % vivent cette situation uniquement parce qu'ils sont incapables de faire face au coût des loyers sur le marché privé de l'habitation. Selon l'organisme, cette situation est appelée à s'aggraver, compte tenu de la hausse continuelle des loyers depuis le début des années 2000. Au Québec, le coût moyen d'un logement de deux chambres à coucher a augmenté de pas moins de 34,5 % entre l'automne 2000 et l'automne 2010.
Après le dîner, la caravane a pris la route de Montréal où une manifestation était prévue pour 15 h. Plus d'une centaine de personnes ont envahi le Carré Saint- Louis avant d'emprunter la rue Saint-Denis sous les approbations des passants. Devant l'îIôt Voyageur, les manifestants ont pris de cours les policiers pour envahir ce bâtiment hautement symbolique, propriété du gouvernement du Québec et qui pourrait servir à la construction de nombreux logements sociaux. Ils y ont déployé une immense bannière sur laquelle on pouvait lire 22 500 logements sociaux à Montréal. Le FRAPRU a rappellé que le dernier rapport sur le marché locatif de la Société canadienne d'hypothèques et de logement (SCHL) montre qu'il manque toujours de grands logements pour les familles sur l'île de Montréal. Le taux d'inoccupation qui devrait être de 3 % pour être considéré comme équilibré n'est en effet que de 1,8 % dans les logements de trois chambres à coucher et plus. Il descend à 1,5 % dans les logements se louant entre 500 $ et 699 $ par mois et à 1,3 % dans les logements dont le prix de location varie entre 700 $ et 899 $. Seuls les logements de plus de 900 $ affichent un taux d'inoccupation de 3 %. Entre 2000 et 2010, le loyer moyen des logements de trois chambres à coucher et plus est passé de 647 $ à 909 $ par mois sur l'île, pour une hausse de 40,5 %. De plus, des données publiées par la Communauté métropolitaine de Montréal (CMM) démontrent qu'une part considérable des familles locataires avec enfants éprouve des difficultés à se loger à Montréal. 37 265 ont des besoins urgents de logement parce que leur loyer est trop cher pour leurs moyens et/ou parce que leur logement est de qualité ou de taille inadéquate. Il s'agit de 27 % des familles locataires. À l'échelle du Québec, ces familles en difficulté se chiffrent à 70 600. Toujour selon le FRAPRU, les ménages issus de l'immigration sont encore plus à risque d'être mal-logés. Les données de la CMM permettent de constater que, sur les 111 505 ménages locataires ayant des besoins impérieux de logement à Montréal, 45 655 ont une personne immigrante comme principal soutien financier. Alors que 23 % des ménages locataires de Montréal sont aux prises avec des problèmes graves de logement, ce pourcentage monte à 30 % chez les ménages immigrants et à 32 % chez ceux qui ont immigré plus récemment. Comme l'a souligné la responsable des dossiers
montréalais au FRAPRU, Marie-Josée Corriveau, le prochain
budget sera très important. « Non seulement le budget
doit-il investir en logement social, mais il doit le faire sur
plusieurs années et à un niveau suffisant pour
répondre plus adéquatement à toute l'ampleur et
à toute l'urgence
des besoins. Il en va du respect du droit au logement ». ![]() ![]() ![]() ![]() La Caravane pour
le
logement social qui passe (de gauche à droite, de haut en bas)
en Montérégie,
à La Tuque, à Trois-Rivières et à Saguenay. (Photos: FRAPRU) (Source : Communiqués du
FRAPRU)
C'est à l'État en tant que garant du bien
commun
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