Mouvement ouvrier

Non à la «poste moderne» de Postes Canada!
Défendons les droits des travailleurs de la poste!

Manifestation à Montréal
Non aux demandes de concessions
de Postes Canada!
 

Les syndiqués du STTP de Montréal expriment leur appui au débrayage des travailleurs de Winnipeg
contre le plan de «poste moderne» dans le cadre de la journée d'action du 25 novembre 2010.

Mardi le 22 février - 8 h 15
Succursale D'Youville, 300 Crémazie Est (métro Crémazie)
Organisée par: Synditat des travailleurs et travailleuses des postes, local de Montréal
Information: 514-593-3953, sttp_localmtl@videotron.ca

Le projet de «poste moderne» de Postes Canada

Déjà de sérieuses conséquences à Montréal

Bien que l'implantation de la « poste moderne » à Winnipeg à la fin de 2010 ait été un désastre pour les conditions de travail des postiers, Postes Canada est maintenant en train d'essayer de l'implanter à Montréal. À Montréal comme à Winnipeg, cela cause de multiples problèmes aux postiers notamment avec la nouvelle méthode de livraison du courrier par liasses multiples, l'absence d'une méthode rationnelle pour déterminer les valeurs de temps pour la livraison des envois sans adresse et le manque de personnel de relève dans la livraison du courrier. En dépit de tous ces problèmes et du taux alarmant de blessures occasionnées aux facteurs et factrices, et en dépit de la demande du syndicat que la poste moderne soit négociée, Postes Canada procède à ces changements à toute vitesse faisant fi des objections des travailleurs. Les postiers de Montréal combattent ces attaques. Ils organisent à cette fin une manifestation le 22 février prochain à laquelle ils convient les travailleurs des autres syndicats.

Entrevue
Alain Duguay, président de la section de Montréal du Syndicat
des travailleurs et travailleuses des postes, 10 février 2011

LML : Postes Canada est en train d'appliquer la Poste moderne à Montréal en dépit du désastre que cela a causé à Winnipeg et de l'opposition des travailleurs des postes de tout le pays. Quelle est la situation à Montréal ?


Les travailleurs de la centrale de St. John's
lors de la Journée nationale d'action

Alain Duguay : La situation à Montréal est un peu différente de celle de Winnipeg au sens où le dépôt à Winnipeg était flambant neuf et tout équipé en nouvelle machinerie tandis qu'ici à Montréal, Postes Canada se débarasse progressivement de l'ancien équipement pour faire entrer la nouvelle machinerie. Ceci dit, après seulement quelques semaines d'implantation, nous pouvons déjà dire que ces changements sont un enfer pour nos travailleurs.

Je pense que la raison pour laquelle Postes Canada est tellement pressée d'implanter ces changements c'est qu'elle essaie de créer une situation de non retour, où la Poste moderne est imposée et devient un fait accompli. Nous venons de débuter nos négociations pour une nouvelle convention. L'application de la Poste moderne donne lieu à des tonnes de violations de la convention actuelle, alors Postes Canada essaie de mettre le nouveau système en place aussi rapidement et aussi complètement que possible avant que nous ayons une nouvelle convention. Dans un contexte de conflit de travail, Postes Canada estime probablement que s'il y a arrêt de travail et une loi spéciale de retour au travail, alors l'arbitre chargé de régler le différend n'osera pas prononcer un jugement qui remonte à la situation d'avant la Poste moderne parce que tellement d'argent aura déjà été dépensé dans le nouveau système.

LML : Quel est l'impact de ces changements sur les travailleurs internes et externes ?

AD : L'impact est énorme même si les changements sont récents. En ce qui concerne les travailleurs internes, les machines vont beaucoup plus vite et Postes Canada essaie de réduire le nombre des travailleurs qui y sont assignés. Mais le gros de l'impact en ce moment est sur les travailleurs externes. Ils travaillent 10-11-12 heures par jour. Il y a une partie du courrier qui ne sort pas et c'est certain qu'il y a des problèmes avec les machines. Récemment, une de nos membres m'a montré un chèque d'une compagnie d'assurance qu'elle vient juste de recevoir et le chèque était daté de trois semaines plus tôt. Postes Canada met de la pression sur les travailleurs et leur impose des mesures disciplinaires s'ils prennent plus de temps que leur quart de travail normal pour livrer le courrier, mais c'est simplement impossible de livrer tout le courrier qui leur est assigné à l'intérieur de leurs huit heures. L'employeur prétend qu'ils devraient être capables de livrer tout le courrier en dedans de huit heures mais c'est impossible.

Nous assistons déjà à une hausse dramatique du nombre de blessures. Rien qu'en une semaine, il y a eu 10 enquêtes pour blessures à l'ouvrage alors que pour toute l'année passée, il y en a eu environ 30. C'est complètement fou. Par ailleurs, les résidents ont commencé à se plaindre. Le courrier est livré en retard. Les gens ne sont pas habitués à voir des facteurs livrer le courrier à la noirceur. Les facteurs sonnent à leur porte, les gens ne croient pas que ça puisse être un facteur qui sonne à leur porte à 8 heures du soir, ils ont peur de répondre. La situation n'est pas sécuritaire du tout, surtout pour les factrices qui sont encore en train de livrer du courrier tard le soir.

En plus de la machinerie nouvelle et de la nouvelle méthode de livraison du courrier, il y a le fait que nous sommes privés de l'accès à l'information à laquelle nous avons droit pour la détermination des routes. On nous cache l'information. Nous ne sommes pas capables de voir exactement où est la violation dans la détermination des valeurs de temps. Les routes sont bâties à partir de micro-mouvements qui sont analysés et auxquels sont assignées des valeurs de temps. Une valeur de temps par exemple est assignée à chaque mouvement que le facteur effectue pendant sa route. L'information de base à partir de laquelle les valeurs de temps sont déterminées nous est cachée même si la convention nous donne le droit d'y avoir accès. C'est d'ailleurs un des problèmes que nous soulevons dans les négociations.

Nous voyons bien que nous perdons des routes, que ce soit l'ancienne méthode de livraison ou la nouvelle qui soit utilisée, et cela augmente la charge de travail des facteurs qui restent. Nous savons sur la base de notre expérience que nous ne devrions pas perdre tant de routes mais nous ne sommes pas capables de le prouver parce qu'on nous prive des outils nécessaires pour prouver que c'est nous qui avons raison.

Nous allons combattre tout cela de toutes nos forces. Nous avons tenu une journée d'action réussie en janvier pendant laquelle le directeur national et moi sommes allés parler aux travailleurs dans les stations.

Le 22 février, nous organisons une manifestation devant la succursale d'Youville à Montréal. Il y a beaucoup de problèmes dans cette succursale bien que la Poste moderne n'y ait pas encore été appliquée. Il y a notamment beaucoup de problèmes concernant l'organisation des routes. Nous appelons les autres syndicats à venir manifester avec nous.

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