Mouvement ouvrier

Colombie-Britannique
Les travailleurs de la mine Elkview de Teck Coal
en grève pour la sécurité de la retraite

Les travailleurs de la mine Elkview dans le sud-est de la Colombie-Britannique sont en grève depuis le 30 janvier contre Teck Coal, une filiale du monopole minier Teck Resources Ltd. qui est basé à Vancouver. Les mineurs extraient du charbon métallurgique destiné à l'industrie de l'acier. Leur convention collective s'est terminée à la fin d'octobre 2010 et Teck a rejeté les demandes des mineurs pour une augmentation de la contribution de l'entreprise dans le fonds de pension des travailleurs et pour une amélioration des avantages sociaux des retraités.

Voici une entrevue faite récemment avec Chris Nand le président de la section 9346 du Syndicat des Métallos.

Entrevue
Chris Nand, président de la section 9346
du Syndicat des Métallos, 10 février 2011

LML : Les travailleurs de la mine Elkview ont déclenché la grève le 30 janvier dernier. Combien de travailleurs sont impliqués et que produisent-ils habituellement ?

Chris Nand : Il y a environ 700 mineurs dans cette unité de négociation, membres de la section 9346 du Syndicat des Métallos. Nous produisons environ 6 millions de tonnes de charbon métallurgique par année, du charbon destiné à l'industrie de l'acier, dans une mine à ciel ouvert dans la vallée de l'Elk. Nos travailleurs sont des opérateurs de machinerie lourde, des gens de métier et d'entretien et des travailleurs sans spécialisation particulière.

La mine Elkview est située au sud-est de la Colombie-Britannique, dans les Rocheuses, près de la frontière avec l'Alberta. Il y a cinq mines de charbon dans un rayon d'environ 50 kilomètres, toutes propriétés de Tech. Notre mine est la deuxième plus grande des cinq. La mine est située près de Sparwood, une municipalité d'environ 4000 personnes. Nos membres vivent principalement à Sparwood et dans d'autres petites villes comme Fernie et Crowsnest Pass. La plupart de nos membres vivent dans un rayon d'environ 30 kilomètres autour de la mine.

Toute notre production à la mine est exportée hors du Canada. Elle est envoyée par train au port de Roberts Bank qui fait partie du port de Vancouver et de là elle est envoyée sur les marchés asiatiques et partout dans le monde. La Vallée de l'Elk à elle seule produit environ 25 millions de tonnes de charbon métallurgique par année. Il s'y produit un peu de charbon thermique dont une partie est utilisée au Canada mais essentiellement elles produisent du charbon métallurgique dont la majeure partie est exportée vers les secteurs de l'acier étrangers.

LML : Quels sont les principaux points en litige dans la grève ?

CN : Il y a deux points principaux. Le premier est notre fonds de pension. À la mine nous n'avons pas un fonds de pension à prestations déterminées mais à contributions déterminées. Le problème remonte au temps de Westar Mining qui a fait faillite en 1992. La mine appartenait à Westar jusqu'au moment de la faillite. Nous y étions près de 1100 travailleurs et nous avons perdu notre fonds de pension. Nous avons un fonds de pension à contributions déterminées depuis que Teck a acquis et redémarré les opérations suite à la faillite. À l'heure actuelle, nos membres fournissent une contribution de 4 % dans le fonds et la compagnie y met 5 %. Nous demandons que Teck, d'ici la fin de la convention, contribue un 9 % de plus mais la compagnie n'offre que 2 %.

Le deuxième point en litige ce sont les avantages sociaux à la retraite. Teck en ce moment n'assure qu'un minimum de paiement pour frais médicaux. Nous demandons à l'entreprise de payer non seulement des frais médicaux de base, mais l'assurance-vie et des bénéfices étendus en ce qui concerne les prescriptions pour médicaments par exemple. Notre travail à la mine est très dangeureux et nous considérons que nos retraités ont droit à ces bénéfices afin qu'ils puissent vivre une retraite en dignité.

Tech a donné une réponse très inadéquate à nos demandes et nos membres ont jugé que c'était loin d'être suffisant. Ils nous ont donné un mandat de grève de 98,2 %.

Les mesures disciplinaires sont aussi un problème sérieux. Lorsque les travailleurs reçoivent une sanction disciplinaire à leur dossier, même pour une infraction mineure, la mention y reste à jamais. Nous voulons que Teck efface cette mention au dossier des travailleurs dans les 18 mois ou deux ans suivant la sanction. Nos membres se voient imposer de plus en plus de sanctions disciplinaires, surtout en matière de santé et de sécurité. Teck a un programme béhavioriste en santé et sécurité qui comme on le sait blâme le comportement du travailleur pour tous les problèmes de santé et de sécurité.

Nous avons de bonnes lignes de piquetage. Plus de 500 travailleurs y participent et nous piquetons 24 heures par jour sept jours par semaine et notre bureau est lui aussi ouvert en tout temps. Nous avons 5 sites à couvrir et chacun est couvert par au moins 8 ou 10 travailleurs en tout temps. Notre esprit est très bon et nous recevons l'appui de la communauté.

Nos membres se sont prononcés très clairement et ils nous ont dit que le fonds de pension et les avantages sociaux des retraités doivent être sérieusement améliorés. Certains de nos travailleurs ont donné 25-30 ans de leur vie à l'industrie minière et ils ont le droit de vivre une retraite dans la dignité. Les travailleurs appuient leur comité de négociations et la section locale à 100 %. Nous luttons pour gagner et nous allons gagner. Teck ne peut certainement pas prétendre être pauvre. Ils ont affiché des profits de 1,5 milliard $ en 2010.

Nous savons aussi que ce sont tous les travailleurs du pays qui ont des demandes sur la question des retraites en ce moment. C'est un problème auquel tous les travailleurs font face.

(Traduction : LML)

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