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Aujourd'hui
dans
l'histoire
15 février 1839: Honorons la mémoire
des patriotes morts pour la liberté
La date du
15 février 1839 marque une page sombre de l'histoire
du Québec. Cinq patriotes montèrent sur l'échafaud
afin d'y être pendus. Il s'agit de
Chevalier De Lorimier, Charles Hindenlang, Pierre-Rémi Narbonne,
Amable Daunais et François Nicolas. Tous avaient
été reconnus coupables par le pouvoir colonial suite
aux Rébellions de 1837 et de 1838.
François-Marie-Thomas Chevalier De
Lorimier :
Notaire, il est l'un des chefs les plus actifs de la résistance
de 1838. Ayant participé à la bataille de Saint-Eustache
en 1837, il rejoint les chefs patriotes en exil aux États-Unis.
Arrêté le 12 novembre, il est condamné
à mort. Il avait 30 ans.
Charles Hindenlang : D'origine française,
Hindelang fut nommé général de l'armée de
la résistance. Jugé et condamné le même
jour, soit le 22 janvier 1839.
Il avait 29 ans.
Pierre-Rémi Narbonne : Huissier, il
participe notamment à la bataille d'Odelltown comme officier, et
fut fait prisonnier puis condamné à mort.
Amable Daunais : Cultivateur, il est membre du
Conseil de guerre qui prononça la condamnation à mort
d'un espion nommé Chartrand. Il participe également
aux engagements de 1838. Il avait 21 ans.
François Nicolas : Instituteur né
à Québec, il participe à la bataille de
Saint-Denis. Arrêté en juillet 1838, puis
libéré, il participe à la bataille d'Odelltown, et
il
fut arrêté le 18 janvier 1839. Il avait 41 ans.
La Rébellion de 1837-1838 fut
écrasée par la force des armes, avec la suspension des
libertés civiles, des arrestations massives, l'incendie de
demeures, la pendaison
de 12 patriotes et l'exil forcé de 64 autres. Plus de
1 700 personnes furent jetées en prison. Rien qu'à
Montréal, 816 personnes furent arrêtées en
1838, sur une population de 30 000 personnes. Par rapport à la
population de Montréal aujourd'hui, ce serait
l'équivalent de 40 000 personnes. De ce nombre,
108 furent traduits en cour martiale. C'est sans compter les
centaines qui durent fuir aux États-Unis pour éviter la
persécution, y compris dix accusés de
« meurtre » qui faisaient face à la peine
de mort s'ils revenaient au pays.
C'est également en février
1839 qu'est publié à Londres le rapport Durham. Ce
dernier perçoit la question des patriotes sous l'angle
suivant : un conflit
entre deux races s'est transposé dans un conflit entre la
Chambre d'Assemblée et le Conseil législatif. Voulant
empêcher que le peuple s'organise afin de défendre ses
droits,
les colonialistes britanniques ont choisi de diviser le corps politique
sur des bases ethnolinguistiques afin de mieux régner.
Ces événements marquèrent la
suppression de l'État-nation moderne du Québec dont
l'existence continue d'être niée à ce jour en la
privant de son droit à
l'autodétermination en tant qu'entité légale
indépendante, libre de former une union avec le reste du Canada
si tel est son propre désir.
Honorons la mémoire de nos
patriotes.

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