Assemblée nationale du Québec
La solution Charest: marginaliser le peuple

La semaine dernière le gouvernement du Québec a annoncé que « la crise est maintenant derrière nous » et qu'il est temps de « fixer de nouveaux objectifs de croissance et de développement ». Dans son communiqué du 4 février il ne fait aucune mention de la crise politique qui s'est accentuée ces dernières années en conséquence de son obstination à poursuivre les politiques antisociales et antinationales qui sont rejetées par le peuple. Jean Charest est convaincu qu'il suffit de présenter ces politiques sous un nouveau jour pour que tout rentre dans l'ordre. Mais en réalité ni le budget que le gouvernement prépare pour mars prochain, ni le « Plan Nord » ne prévoit un changement dans les politiques qui sont à l'origine du mécontentement populaire: braderie des ressources naturelles, attaques contre les programmes sociaux, soumission forcée des travailleurs aux volontés des monopoles, tarification et privatisation des services. Au contraire, ces deux exemples indiquent que le gouvernement libéral envisage d'intensifier ces politiques envers et contre tous.

Le document de consultation du ministère des Finances pour le budget de mars annonce un programme brutal pour transférer 5,2 milliards $ de la richesse collective aux monopoles au détriment des services publics et des programmes sociaux et par la tarification et la privatisation des services, tout cela sous prétexte de « rétablir l'équilibre budgétaire ». La « consultation » consiste à demander aux Québécois à quelle vitesse ils veulent réaliser cet objectif qu'ils n'ont pas fixé. On leur demande : « Le gouvernement devrait-il considérer des options additionnelles pour rétablir l'équilibre budgétaire sans alourdir davantage le fardeau fiscal ? » Autrement dit, ils sont invités à choisir entre l'intensification de l'offensive antisociale et l'augmentation des taxes et impôts, deux « solutions » qui consistent à transférer une plus grande partie de la richesse collective aux riches et qui appauvrissent la classe ouvrière et l'économie. Le prétexte donné est que si les ressources de la nation sont mises à la disposition des monopoles les plus prometteurs, il y aura quelque part dans l'avenir des « retombées économiques » qui permettront enfin au gouvernement de financer les programmes sociaux. Pourquoi les Québécois se contenteraient-ils des « retombées » des profits de la minorité riche ?

Le gouvernement Charest a beau qualifier son « Plan Nord » de « projet de bâtisseur », mais comme nous l'avons déjà vu [voir LML ci-dessous], il ne bâtira rien sauf la richesse des monopoles mondiaux au détriment d'un véritable projet d'édification nationale québécois. C'est un plan de destruction nationale, qui s'inscrit dans l'accélération de l'annexion économique, politique, sociale, culturelle et militaire du Canada à l'empire américain. Cela ne doit pas passer ! La ministre des Ressources naturelles Nathalie Normandeau a fait plusieurs tournées de promotion de la vente de l'hydro-électricité aux États de la Nouvelle-Angleterre. Elle a dit que « les investissements prévus pour assurer le développement énergétique du Nord se chiffrent à 50 milliards de dollars d'ici 2035» et que «ces investissements confirment notre ambition de devenir la première puissance mondiale en énergies propres. » Tout l'accent continue d'être sur la braderie des ressources naturelles au détriment d'un véritable développement économique.

Les gouvernements successifs au Québec refusent systématiquement l'idée d'une économie indépendante qui suffit à ses besoins et qui se développe dans tous les secteurs et toutes les régions, une économie qui pratique le commerce extérieur sur la base de l'avantage réciproque et renonce à commercer avec ceux qui utilisent le commerce pour soumettre leur pays et d'autres États. De plus, le gouvernement Charest veut créer dans le Nord « un espace économique » servant de table tournante entre l'Amérique latine et l'Europe, où règneront en maître des accords de libre échange qui donnent tous les droits aux monopoles mondiaux au détriment des droits des travailleurs et des peuples autochtones de tous les pays concernés. Ça ne passera pas !

Tout projet d'édification nationale au Québec doit commencer par résoudre la question de qui décide, qui est souverain au pays ? Les politiques du gouvernement Charest ont pour effet de marginaliser le peuple davantage et de consolider l'emprise du système de partis cartel. Les changements cosmétiques ne passeront pas. Le peuple réclame l'imputabilité des élus et le droit d'exercer un contrôle sur son économie et sur ses affaires.

À titre d'information

Le Plan Nord du gouvernement Charest
Un projet pour accroître la dépendance de l'économie québécoise - LML, 7 août 2009
Le choix du territoire - LML, 13 octobre 2009
Le budget Bachand 2010
Le budget du Québec expose un gouvernement en contradiction avec le peuple et la société - LML, 15 avril 2010

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Débuts des travaux à l'Assemblée nationale

Le mardi 8 février, à 11 h, Jean Marc Fournier, leader parlementaire du gouvernement Charest a fait un point de presse concernant la rentrée parlementaire. Il a débuté en disant : « Je vais vous donner quelques remarques concernant la rentrée que nous effectuons aujourd'hui, des remarques qui vont s'intéresser au ton de nos débats et au fond de nos débats, et, par la suite, bien sûr, je prendrai vos questions. Il est possible que vous vouliez me parler d'un autre sujet. Alors, j'y répondrai avec plaisir. »

Puis, brandissant le nouveau code d'éthique et de déontologie de l'Assemblée nationale, la loi 48, adoptée à l'unanimité le 3 décembre 2010, Jean-Marc Fournier a poursuivi. Il a menacé le parti d'opposition en disant de changer de ton durant les travaux afin de pouvoir aller au fond des débats. Il a réitéré l'article 6 du code d'éthique et de déontologie : « Le respect et la protection de l'Assemblée nationale et de ses institutions démocratiques, le respect envers les membres de l'Assemblée nationale, les fonctionnaires de l'État et les citoyens. La conduite du député est empreinte de bienveillance, de droiture, de convenance, de sagesse, d'honnêteté, de sincérité et de justice. » D'après cette logique, c'est le ton qui cause problème et, déclare Jean-Marc Fournier, nous avons les moyens de le changer avec le code de déontologie.

Tout cela est un leurre qui ne trompe personne. Cette histoire de bon ton, mauvais ton n'a pas empêché le gouvernement de poursuivre son agenda anti-social l'automne dernier, malgré la vive opposition du peuple.

Le problème de l'Assemblée nationale n'est pas une question de ton. Le problème réside dans ces vieilles institutions où le peuple et ses demandes sont absents et sur lesquelles il n'a aucun contrôle. Les remarques du leader du gouvernement Charest le confirment à nouveau, bon ton ou mauvais ton. Le renouveau des institutions démocratiques est nécessaire pour que cessent de tels discours et pour que le peuple soit souverain.


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