Assemblée
nationale
du
Québec
La solution Charest: marginaliser le peuple
- 14 février 2011-
La semaine dernière le gouvernement du
Québec a annoncé que « la crise est maintenant
derrière nous » et qu'il est temps de
« fixer de
nouveaux objectifs de croissance et de
développement ». Dans son communiqué du
4 février il ne fait aucune mention de la crise politique
qui s'est accentuée ces
dernières années en conséquence de son obstination
à poursuivre les politiques antisociales et antinationales qui
sont
rejetées par le peuple. Jean Charest est convaincu qu'il suffit
de présenter ces politiques sous un nouveau jour pour que tout
rentre dans l'ordre. Mais en réalité ni le budget que le
gouvernement prépare pour mars prochain, ni le
« Plan Nord » ne prévoit un changement
dans les politiques qui sont à l'origine du
mécontentement populaire: braderie des ressources naturelles,
attaques
contre les programmes sociaux, soumission forcée
des travailleurs aux volontés des monopoles, tarification et
privatisation des services. Au contraire, ces deux exemples
indiquent que le gouvernement libéral envisage d'intensifier ces
politiques envers et contre tous.
Le document de consultation du ministère des
Finances pour le budget de mars annonce un programme brutal pour
transférer 5,2 milliards $ de la richesse
collective aux monopoles au détriment des services publics et
des programmes sociaux et par la tarification et la privatisation des
services, tout cela sous prétexte de
« rétablir l'équilibre
budgétaire ». La
« consultation » consiste à demander aux
Québécois à quelle vitesse ils veulent
réaliser cet objectif qu'ils
n'ont pas fixé. On leur demande : « Le
gouvernement devrait-il considérer des options additionnelles
pour rétablir l'équilibre budgétaire sans alourdir
davantage
le fardeau fiscal ? » Autrement dit, ils sont
invités à choisir entre l'intensification de l'offensive
antisociale et l'augmentation des taxes et impôts, deux
« solutions » qui consistent à
transférer une plus grande partie de la richesse collective aux
riches et qui appauvrissent la classe ouvrière et
l'économie. Le
prétexte
donné est que
si les ressources de la nation sont mises à la disposition des
monopoles les plus prometteurs, il y aura quelque part dans l'avenir
des « retombées économiques »
qui permettront enfin au gouvernement de financer les programmes
sociaux. Pourquoi les Québécois se contenteraient-ils des
« retombées » des profits de la
minorité riche ?
Le gouvernement Charest a beau qualifier son
« Plan Nord » de « projet de
bâtisseur », mais comme nous l'avons
déjà vu
[voir LML ci-dessous], il ne bâtira rien sauf la richesse
des
monopoles mondiaux au détriment d'un véritable projet
d'édification nationale québécois. C'est un plan
de
destruction nationale, qui s'inscrit dans l'accélération
de l'annexion économique, politique, sociale, culturelle et
militaire du Canada à l'empire américain. Cela ne doit
pas
passer ! La ministre des Ressources naturelles Nathalie Normandeau
a fait plusieurs tournées de promotion de la
vente de l'hydro-électricité aux États de la
Nouvelle-Angleterre. Elle a dit que « les investissements
prévus pour assurer le développement
énergétique du Nord se chiffrent à 50 milliards de
dollars d'ici 2035» et que «ces investissements
confirment notre ambition de devenir la première puissance
mondiale en énergies propres. » Tout l'accent
continue d'être sur la braderie des ressources naturelles au
détriment d'un véritable développement
économique.
Les gouvernements successifs au Québec
refusent systématiquement l'idée d'une économie
indépendante qui suffit à ses besoins et qui se
développe
dans tous les secteurs et toutes les régions, une
économie qui pratique le commerce extérieur sur la base
de
l'avantage réciproque et renonce à commercer avec ceux
qui utilisent le commerce pour soumettre leur pays et d'autres
États. De plus, le gouvernement Charest veut créer dans
le Nord
« un espace économique » servant de
table tournante entre l'Amérique latine et l'Europe, où
règneront en maître des accords de libre échange
qui donnent tous les droits aux monopoles mondiaux au détriment
des droits des travailleurs et des peuples autochtones de tous les pays
concernés. Ça ne passera pas !
Tout projet d'édification nationale au
Québec doit commencer par résoudre la question de qui
décide, qui est souverain au pays ? Les politiques du
gouvernement
Charest ont pour effet de marginaliser le peuple davantage et de
consolider l'emprise du système de partis cartel. Les
changements cosmétiques ne passeront pas. Le peuple
réclame l'imputabilité des élus et le droit
d'exercer un contrôle sur son économie et sur ses affaires.
À
titre
d'information
Le Plan Nord du gouvernement Charest
• Un
projet pour accroître la
dépendance de l'économie québécoise
- LML, 7 août 2009
• Le
choix du territoire - LML, 13
octobre 2009
Le budget Bachand 2010
• Le
budget du Québec expose un gouvernement en contradiction avec le
peuple et la société
- LML, 15 avril 2010

Débuts des travaux à l'Assemblée
nationale
- Christine Dandenault, 10 février
2011 -
Le mardi 8 février, à 11 h, Jean
Marc Fournier, leader parlementaire du gouvernement Charest a fait un
point de presse
concernant la rentrée parlementaire. Il a débuté
en disant : « Je vais vous donner quelques remarques
concernant la rentrée
que nous effectuons aujourd'hui, des remarques qui vont
s'intéresser au ton de nos débats et au fond de nos
débats, et, par la suite,
bien sûr, je prendrai vos questions. Il est possible que vous
vouliez me parler d'un autre sujet. Alors, j'y répondrai avec
plaisir. »
Puis, brandissant le nouveau code d'éthique et de
déontologie de l'Assemblée nationale, la loi 48,
adoptée à l'unanimité le
3 décembre 2010, Jean-Marc Fournier a poursuivi. Il a
menacé le parti d'opposition en disant de changer de ton durant
les travaux
afin de pouvoir aller au fond des débats. Il a
réitéré l'article 6 du code d'éthique
et de déontologie : « Le respect et
la protection de l'Assemblée nationale et de ses institutions
démocratiques, le respect envers les membres de
l'Assemblée nationale,
les fonctionnaires de l'État et les citoyens. La conduite du
député est empreinte de bienveillance, de droiture, de
convenance, de
sagesse, d'honnêteté, de sincérité et de
justice. » D'après cette logique, c'est le ton qui
cause problème et, déclare Jean-Marc
Fournier, nous avons les moyens de le changer avec le code de
déontologie.
Tout cela est un leurre qui ne trompe personne. Cette
histoire de bon ton, mauvais ton n'a pas empêché le
gouvernement de poursuivre son
agenda anti-social l'automne dernier, malgré la vive opposition
du peuple.
Le problème de l'Assemblée nationale n'est
pas une question de ton. Le problème réside dans ces
vieilles institutions où le peuple
et ses demandes sont absents et sur lesquelles il n'a aucun
contrôle. Les remarques du leader du gouvernement Charest le
confirment
à nouveau, bon ton ou mauvais ton. Le renouveau des institutions
démocratiques est nécessaire pour que cessent de tels
discours et pour
que le peuple soit souverain.

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