Mouvement
ouvrier
Santé et sécurité
Non au scandaleux «Plan de gestion
de la chronicité» de la CSST
- 2 février 2011-

Source:
Journal de l'UTTAM, Hiver 2011
|
L'Union des travailleurs et travailleuses
accidentés-e-s de Montréal (UTTAM) a produit une
étude sérieuse de la politique qu'entend
suivre la CSST pour les années 2010 à 2014, le tout dans
la foulée du budget Bachand du printemps 2010. Cette politique a
un nom :
le Plan de gestion de la chronicité.
Ce plan a été fait par la firme SECOR pour
le compte de la CSST. Il est une initiative propre à la CSST. Le
mandat a été donné à la
fin de 2009 à SECOR. Cette firme est
spécialisée dans les processus de
réingénierie des entreprises. Elle ne possède
aucune
expertise en santé ou accident de travail.
Le plan a été présenté
à l'Assemblée nationale du Québec en novembre
2010. Il a comme objectif de réduire de 90 millions $ par
année les dépenses de la CSST. Pour atteindre cet
objectif, il propose cinq moyens :
1. Réduire la durée moyenne de la
période de
consolidation médicale
2. Réduire le nombre de dossiers de longue durée
3. Bonifier les contrôles de l'assistance médicale
4. Améliorer la cohérence, l'efficience et la
qualité des décisions
5. Réduire les délais d'appels à la Commission des
lésions professionnelles (CLP)
À chacun de ces moyens correspondent des mesures
à être prises par les représentants de la CSST. En
voici les grandes lignes.
1. Réduire la durée moyenne de la
période de consolidation médicale
- réduire la durée moyenne de
14 jours, qui représente une réduction de 8 %.
La durée moyenne de la période de
consolidation médicale était de 175 jours en 2008.
Celle de la période moyenne d'indemnisation était de
91 jours en 2008.
- avoir moins d'accidents mineurs par le camouflage des accidents par
les employeurs et par le recours à l'assignation temporaire
(l'assignation temporaire permet à l'employeur de couper le lien
d'emploi d'avec le travailleur)
- accélérer l'accès aux soins (vise la chirurgie)
- remettre en question le droit pour le travailleur de choisir son
médecin et le lieu de traitement
- systématiser le suivi des dossiers
- réviser des dossiers à des fréquences
préétablies
- détecter des risques de chronicité
La CSST fait du profilage des travailleurs
accidentés (les classes P1 à P7) depuis de
nombreuses années. Le plan propose de
promouvoir une approche de collaboration avec les mutuelles (mutuelles
de prévention) et d'accentuer le rôle des médecins
de papier
(médecins conseils de la CSST). La CSST désire
déterminer ou fixer les protocoles de traitement en lieu et
place du médecin traitant,
ce que la loi actuelle empêche la CSST de faire en ce moment.
2. Réduire le nombre de dossiers de longue
durée
La CSST vise une réduction de 5 % de
la durée moyenne d'indemnisation pour la période de 2010
à 2012 et de 2 %
par années en 2013 et 2014 et propose :
- d'augmenter le recours à la
vidéo-filature
- d'augmenter le harcèlement
- d'augmenter l'utilisation des médecins mercenaires de la CSST
pour augmenter les contestations systématiques au Bureau
d'évaluation médicale (BEM)
3. Bonifier les contrôles de l'assistance
médicale
La CSST veut atteindre une réduction de
4,6 millions $ par année des frais de
physiothérapie et d'ergothérapie.
4. Améliorer la cohérence, l'efficience
et la qualité des décisions.
Pour ce faire, la CSST doit procéder
à la modification de ses structures internes et de ses
infrastructures.
5. Réduire les délais d'appels
Cela concerne principalement la CLP et les
délais d'appels des décisions rendues par les agents au
dossier. Actuellement c'est
30 jours, la CSST vise 21 jours.
Dans ce plan de gestion de la chronicité
préparé par SECOR, une demande du patronat est reprise,
soit celle d'éliminer la période
d'indemnisation réduite, d'une année, à laquelle
les travailleurs accidentés du Québec ont droit
contrairement à ceux de l'Ontario, de
la Colombie- Britannique et de l'Alberta.
La CSST et le gouvernement Charest n'avaient pas
l'intention d'attirer l'attention sur ce plan de gestion qui est
véritablement
scandaleux. Les députés de l'Assemblée nationale
non plus. C'est une trahison des intérêts de tous les
travailleurs. Avec le rapport du
Conseil du patronat déposé en décembre dernier, la
réforme de la loi anti-scab, le dernier mémoire du
Conseil des dirigeants
d'entreprises, on assiste à une offensive en règle et
musclée des propriétaires du capital.
Cela se fait le contexte où il y a une prise de
conscience des travailleurs du Québec et dans l'ensemble du
Canada sur la
propriété des ressources naturelles, la source de la
richesse, les acquis sociaux qui sont détruits et sur
l'incapacité des autorités
en place d'apporter des solutions véritables aux
problèmes auxquels le peuple est confronté. Il y a une
volonté de prise en main chez
les travailleurs, et ceci malgré les grands efforts du
gouvernement et des médias monopolisés de les diviser et
de leur imposer une
situation de prise de décision individuelle dans les syndicats.

La situation des travailleurs accidentés
en
régions éloignées
- Correspondant du Bas-du-fleuve,
28 janvier 2011-
Un des aspects de l'offensive antisociale dans les
régions éloignées du Québec est la
disparition ou l'absence des organisations de
défense des droits des accidentés du travail. Dans ces
régions, seuls les travailleurs appartenant à un syndicat
peuvent espérer
obtenir de l'aide dans leurs démarches auprès de la
Commission de santé et sécurité au travail (CSST),
de l'Assurance emploi, de la
Société d'assurance automobile du Québec (SAAQ),
de l'Assurance médicale du Québec (AMQ), la Régie
des rentes du Québec (RRQ) et des
autres organismes gouvernementaux reliés à l'emploi ou la
santé.
La CSST a perdu plus de 3 milliards $ dans la
débâcle de la Caisse de dépôt de placement du
Québec en 2009. La commande a
été passée. Dans son dernier budget de mars 2010,
le ministre des Finances, Raymond Bachand, a demandé aux
sociétés d'État d'effectuer
des coupures dans leur budget d'opérations qui sont traduites
par conséquent dans des coupures drastiques de services aux
Québécois,
dont les travailleurs accidentés.
Pour vous donner une petite idée, sachez qu'il
n'y a aucune organisation de défense des victimes d'accidents et
de maladies du
travail à l'Est de la ville de Québec. Aucune
organisation de défense des travailleurs accidentés
n'existe dans le Bas-Saint-Laurent,
la Gaspésie et les Iles-de-la-Madeleine. Aucune dans la
région de la Côte-Nord. Ils doivent contacter des
organismes situés
majoritairement dans la région de Montréal, pour obtenir
des informations et du soutien pour leurs différentes
démarches auprès de la
CSST, la SAAQ, l'AMQ ou l'Assurance emploi. Ces organisations de
défense des victimes d'accidents et de maladies du travail ont
elles
aussi subi l'offensive antisociale. Des coupures de budget se sont
traduites par des diminutions de personnel, des heures d'ouverture
plus courtes, donc moins de services dispensés. Plusieurs ont
dû fermer leur porte, faute de financement.
Les travailleurs accidentés en régions
éloignées sont laissés à eux-mêmes,
vivent de l'isolement et parfois des périodes de détresse
en attendant la ou les décisions de la CSST. C'est sans compter
l'insécurité financière que génère
leur situation et la douleur parfois
chronique qui accompagne l'accident. Les cas de faillite personnelle
sont de plus en plus nombreux.
Les longs délais pour les décisions, les
contestations des employeurs, les mois d'attente pour rencontrer et
consulter un médecin
spécialiste s'ajoutent aux pressions du milieu social et parfois
familial. Les travailleurs accidentés se sentent démunis
face à la
CSST et le Bureau d'évaluation médicale (BEM). Ce bureau
a le mandat d'appliquer le mécanisme d'évaluation
médicale que prévoit la Loi sur les accidents du
travail et les maladies
professionnelles. Les cas de coupures arbitraires des prestations
de
remplacement du revenu pour les travailleurs accidentés sont de
plus en plus nombreux. Du jour au lendemain, sans préavis, les
prestations sont coupées et les travailleurs accidentés
doivent se débattre pour justifier leur situation.
Malgré la situation difficile, de nombreux
bénévoles poursuivent la mission des organisations de
défenses des accidentés du travail.
Les travailleurs accidentés du Québec doivent se
regrouper dans les organisations de défense des victimes
d'accidents et de maladies du
travail. Ils doivent les soutenir financièrement dans la mesure
de leurs moyens pour briser l'isolement et lutter contre la
détresse
qui peut les atteindre.

Une autre vague d'attaques pour payer les riches
en
détournant les fonds qui reviennent de droit
aux travailleurs
accidentés
- Pierre Chénier -
Le gouvernement de l'Ontario est en train de
préparer une réforme antisociale majeure du régime
de compensation des travailleurs
accidentés. Tous les travailleurs doivent s'assurer que cela ne
passera pas parce que cette réforme va pousser les travailleurs
accidentés dans une situation de pauvreté toujours plus
profonde et de désespoir en détournant une portion
toujours plus grande des
montants qui reviennent de droit à ces travailleurs dans les
coffres des riches. Ceci est la poursuite de l'offensive antisociale
qui a
été lancée dans les années 1980 par les
monopoles internationaux et leurs gouvernements au nom de
l'édification d'un « Ontario
propice aux affaires ».
L'argument frauduleux qui est avancé pour
justifier ces attaques c'est que l'Ontario va devenir non-concurrentiel
face aux autres
juridictions si l'on accorde une compensation adéquate aux
travailleurs accidentés comme une question de droit ; que
la province
ne sera plus capable d'attirer et de retenir l'investissement et que
les monopoles perdront leur capacité de créer de la
richesse et de
l'emploi. On propose comme « solution » de
détourner une portion encore plus grande de la richesse sociale
des mains des
travailleurs accidentés vers celles des riches. Les travailleurs
accidentés sont censés perdre leur statut d'êtres
humains et tomber
dans une situation intenable en même temps que le mensonge est
répandu à l'effet qu'ils sont finalement devenus
« employables » et ont un revenu.
La façon dont on s'y prend pour justifier cette
nouvelle ronde d'attaques c'est de créer un climat
d'hystérie au sujet de ce qui est
qualifié de « déficit à long
terme » du régime de compensation. On calcule ce
déficit à long terme en quantifiant d'un
côté
tous les montants qui devront être payés dans l'avenir
pour tous les travailleurs accidentés présentement
compensés, jusqu'à la fin de
leur période de prestations, et en y soustrayant tous les avoirs
que possède la commission de compensation, soit les cotisations
des
employeurs et le rendement sur leur investissement sur les
marchés financiers. C'est à partir de cela que le
gouvernement de l'Ontario,
la Commission de la sécurité professionnelle et de
l'assurance contre les accidents du travail (CSPAAT) et le
vérificateur général de
même que les médias monopolisés ont conclu que le
régime est déficitaire à long terme et qu'il faut
chercher les façons d'éliminer ce
déficit. Le fait même qu'on utilise une telle formule
à propos du financement d'un programme social montre que le
gouvernement de
l'Ontario refuse de mettre un montant suffisant de côté,
sur la base de la taxation au niveau de l'entreprise, pour garantir le
bien-
être des travailleurs accidentés. Plus encore, comment
peut-on invoquer un déficit à long terme et ne pas
soulever que les cotisations
des employeurs sont aujourd'hui au même niveau qu'elles
étaient dans les années 1980 et que des milliards de
dollars sont donnés en
soi-disant remboursements aux monopoles qui réduisent leur
nombre d'accidents déclarés, tout cela sous
prétexte de créer un climat
propice aux affaires et d'inciter les entreprises à veiller
à la santé et à la sécurité de leurs
travailleurs. Les travailleurs
accidentés savent trop bien que le résultat de cette
supposée incitation a été de créer un
climat de peur parmi les travailleurs face à
la déclaration d'accidents et d'édifier toute une
industrie de la contestation des réclamations des travailleurs
accidentés qui gruge
une partie énorme du budget de la CSPAAT.
Bien sûr, si l'on accepte que l'objectif de la
société est de créer un « Ontario
propice aux affaires », il y a une seule
façon de résoudre ce déficit. La propagande est
faite très ouvertement à l'effet qu'on ira chercher les
argents supposément manquants
en coupant le montant et la durée des prestations des
travailleurs accidentés afin de mettre ces montants à la
disposition des
monopoles. Le gouvernement de l'Ontario, la CSPAAT, qui s'enorgueillit
maintenant d'avoir un banquier international pour PDG et le
vérificateur général, travaillent d'arrache-pied
pour imposer cette vision antisociale en prétendant que c'est la
seule solution
possible aux problèmes du régime de compensation et que
les travailleurs accidentés en seront les
bénéficiaires puisqu'ils seront
libérés de leur vie de dépendance aux prestations
en retournant à la vie productive. Les organisations de
travailleurs accidentés
rapportent qu'une nouvelle vague d'attaques est déjà en
cours contre les travailleurs accidentés qui souffrent d'une
invalidité à long
terme. Pendant ce temps, la CSPAAT vient de mettre sur pied une
commission pour étudier son financement et dans son
préambule elle dit
ouvertement que les prestations de ces travailleurs sont en train de
ruiner le régime de compensation.
Le Marxiste-Léniniste dénonce
avec véhémence toute cette propagande antisociale et les
mesures qui sont prises pour nier
les droits des travailleurs accidentés et les abandonner
à leur sort. Les gouvernements qui agissent de cette
façon ne sont pas aptes à
gouverner. LML appuie de tout coeur le travail et la lutte
des organisations des travailleurs accidentés et lance l'appel
à
tous les travailleurs d'adopter leurs demandes comme les leurs.

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