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Crise politique au Québec
Que nous réserve la rentrée
parlementaire à Québec?
- 1er
février 2011 -
Le 8 février prochain marquera la
rentrée des députés à l'Assemblée
nationale du Québec. Ce printemps sera l'occasion pour les
députés de poursuivre l'étude
des projets de loi concernant le système électoral et
sera marqué par le dépôt et l'adoption du budget
2011-2012.
À cette fin, le gouvernement a lancé ses
consultations prébudgétaires. L'exercice en est davantage
un de relations publiques qu'une véritable discussion sur la
situation
financière du Québec. Le député
libéral et adjoint parlementaire Emmanuel Dubourg a
affirmé que moins d'intervenants allaient être
rencontrés puisque le ministre avait
déjà sa vision globale.
En date du 31 janvier, 247 582 citoyens
avaient signé la pétition demandant la démission
de Jean Charest à tire de premier ministre. Partout, les
citoyens et les organisations réclament une enquête
publique sur l'industrie de la construction et le financement des
partis politiques. Néanmoins, le gouvernement fait la
sourde oreille et agit comme si de rien n'était en
décrétant qu'il faut s'occuper de la gestion courante des
affaires de l'État. En réalité c'est plutôt
le portrait d'un
gouvernement en contradiction avec le peuple.
Les institutions politiques actuelles ne peuvent
répondre aux besoins de la société. Pris dans une
lutte pour le pouvoir, les vieux partis politiques sont les signes d'un
système devenu corrompu, puisqu'au lieu de servir une fonction
sociale, leur système est la chasse gardée du pouvoir des
riches qui pillent les ressources sociales afin de
maintenir leur position dominante.
Les travailleurs doivent trouver les moyens de s'assurer
que le débat ne soit pas récupéré par leurs
ennemis jurés. Ils doivent s'assurer que les corrompus et tous
ceux
qui mettent nos richesses naturelles au service de quelques monopoles,
qui détruisent le tissu social et national du Québec,
soient écartés et forcés de rendre les comptes.

Non au plan de Charest de policer
les affaires politiques! Seul le renouveau
des institutions démocratiques permettra
de surmonter la crise en faveur du peuple
- 16 janvier 2011
-
Le refus du pouvoir en place de moderniser le processus
politique pour placer le peuple souverain au coeur du processus
décisionnel est la raison fondamentale pour
laquelle la politique québécoise continue de s'enliser
dans la crise. Qui plus est, en l'absence d'une volonté de
s'attaquer au problème à la base, toutes les lois et
mesures
proposées par le gouvernement ne font que resserrer l'emprise de
la minorité et accroître la marginalisation des citoyens.
Après l'échec de la motion de censure de
l'opposition le 24 novembre, le premier ministre Jean Charest a
dit : « J'entends les
Québécois » et
« mon gouvernement prend les moyens pour aller au fond des
choses ». Il a rappelé que le gouvernement
libéral a créé l'escouade Marteau, qu'il est en
train
de resserrer les règles l'attribution des contrats dans le
transport et la construction et qu'il a déposé des
projets de loi pour améliorer les règles
d'éthique des élus provinciaux
et municipaux et le financement des partis politiques. « En
tout, a dit le premier ministre, dans la foulée de nos actions,
ce sont plus de 500 personnes qui sont
aujourd'hui mobilisées pour contrer la collusion et la
corruption dans la construction. »
Jean Charest a déterminé que la solution
à la crise de crédibilité n'est pas de revoir les
institutions démocratiques désuètes qui
n'expriment pas la volonté du peuple
souverain, ni même d'autoriser une enquête sur la
corruption dans le financement des partis, mais de traiter l'affaire
comme un problème de loi et ordre. Avant la clôture
des travaux le 10 décembre, le gouvernement a fait adopter
plusieurs projets de loi « qui touchent les questions
d'éthique et d'encadrement des partis politiques ».
Ces projets de loi sont les 48, 113, 114, 118, 119 et 120. Ils
consistent à policer l'Assemblée nationale, à
imposer des valeurs, à les légiférer, à
pourchasser quiconque
ne les respectera pas par un commissaire qui sera le gardien de ces
valeurs, à inciter les députés à la
délation de leurs pairs qui ne respecteraient pas ces valeurs,
sans compter
le projet de loi qui transforme le directeur général des
élections en un véritable chien de garde. C'est à
lui que sera remis toute contribution politique à un parti
politique,
avec le nom, adresse et coordonnées des contributeurs. Tous ces
noms seront publiés, etc. Face à la crise de
crédibilité du système de partis au pouvoir et
à la baisse des
revenus des gros partis, le gouvernement propose de compenser en
augmentant le financement public, les crédits d'impôt, une
« solution » corrompue, une
usurpation de pouvoir.
Le projet de loi 48, Code d'éthique et de
déontologie des membres de l'Assemblée nationale, a
été adopté à l'unanimité par les
107 députés présents
à l'Assemblée nationale le 3 décembre.
C'est une situation dangereuse pour le peuple quand ses
demandes et intérêts sont absents des débats. Le
resserrement du pouvoir des représentants de la minorité
riche
bloque plutôt que de donner une expression aux demandes que les
travailleurs, les étudiants, les défenseurs des plus
vulnérables et l'ensemble du peuple font valoir par des
manifestations, pétitions et de nombreuses autres actions. Le
peuple réclame le droit de décider de ses affaires, de
décider de la direction de l'économie, de l'utilisation
des
ressources naturelles, de l'avenir de l'éducation, de la
santé et des programmes sociaux.
Les mesures et lois du gouvernement Jean Charest pour
policer les affaires politiques doivent être rejetées.
C'est le renouveau des institutions démocratiques qui est
à
l'ordre du jour.

À titre d'information
Projet de loi 119: Loi concernant
le processus électoral
Présenté par Jean-Marc Fournier, ministre
responsable de la Réforme des institutions démocratiques
et de l'Accès à l'information
Ce projet de loi modifie le processus électoral
mis en place par la Loi électorale sous divers aspects. Entre
autres, le projet de loi établit à l'article 51.1, qu'un
parti
autorisé doit avoir en tout temps un nombre minimum de 100
membres possédant la qualité d'électeur et une
carte de membre valide. Au plus tard le 30 avril de chaque
année, indique le projet de loi, le parti doit transmettre au
directeur général des élections une liste
indiquant le nom et l'adresse de 100 membres respectant les conditions
prévues à l'article 51.1.
Le directeur général des élections
peut prendre toutes les mesures nécessaires pour vérifier
les informations fournies. Il peut en outre retirer son autorisation
à un parti
qui ne se conforme pas à l'article 51.1.
Concernant l'exercice du droit de vote, le projet de loi
vient modifier notamment les règles relatives à la
détermination des sections de vote ainsi que les dispositions
particulières au vote dans une installation d'hébergement
ou au domicile de l'électeur. Des précisions sont aussi
apportées quant à l'établissement et à
l'ouverture des bureaux
du directeur du scrutin, des bureaux de vote et des bureaux de vote
itinérants.
En ce qui a trait aux personnes oeuvrant dans le
processus électoral, le projet de loi revoit la composition de
la table de vérification de l'identité des
électeurs, supprime
la fonction de préposé à la liste
électorale et modifie les fonctions du préposé
à l'information et au maintien de l'ordre. De plus, la Loi
électorale et le Règlement sur les
conditions d'exercice des fonctions de directeur du scrutin sont
modifiés quant aux conditions applicables pour qu'une personne
puisse être nommée directeur du scrutin.
Le projet de loi reporte entre autres certains
délais pour la production de rapports financiers
d'entités autorisées dans des circonstances
précises. Par ailleurs, il modifie
la Loi électorale et
la Loi sur les élections et
les
référendums dans les municipalités afin
d'obliger
les partis autorisés à avoir en tout temps un nombre
minimal de membres.
Enfin, le projet de loi vient préciser certaines dispositions de
la Loi modifiant la Loi électorale concernant l'exercice du
droit de vote, notamment en matière de révision de
la liste électorale.

Projet de loi 120: Loi concernant les campagnes
à la direction des partis politiques
«Ce projet de loi répond à notre
engagement
d'encadrer les campagnes à la direction des partis politiques et
tient compte des discussions engagées entre les parlementaires
le printemps dernier », a déclaré le ministre
de la Réformes des institutions démocatiques Jean-Marc
Fournier.
Le projet de loi apporte des modifications à
l'encadrement des campagnes à la direction des partis par
rapport à celles qui étaient prévues au projet de
loi no 93. Parmi
ces mesures, on note :
Le représentant financier d'un candidat
remplacerait le représentant officiel du parti pour tout ce qui
concerne le financement de la campagne de ce candidat. Par exemple,
c'est le représentant financier du candidat qui
désignerait les solliciteurs, qui ouvrirait le compte bancaire
et qui assumerait la responsabilité exclusive de la
sollicitation des
contributions. De plus, lui seul serait autorisé à
contracter un emprunt pour le candidat qu'il représente.
Par ailleurs, le candidat deviendrait le seul
responsable du solde des dépenses impayées de sa campagne
à la direction.
* Toute contribution à la campagne d'un candidat
à la direction devrait être rendue publique par le DGE.
* Interdiction pour les personnes morales de contribuer
à la campagne d'un candidat.
* Toute contribution de plus de 100 $ pour la
campagne d'un candidat à la direction devrait être faite
par chèque, carte de crédit ou un autre ordre de
paiement.
* Le représentant officiel du parti devrait
joindre tous les rapports des revenus et des dépenses de
campagne produits par les représentants financiers des
candidats, à
son rapport des revenus et dépenses de campagne du parti qu'il
transmet au DGE.
* Aucun contrat public ne pourrait être conclu
avec une personne physique ou morale trouvée coupable d'une
infraction à certaines dispositions relatives aux contributions
pendant une période d'au maximum cinq ans à compter de la
date du jugement définitif de culpabilité et d'au maximum
dix ans à compter de cette date, en cas de récidive
dans les cinq ans.
Ce projet de loi édicte de nouvelles
règles visant à encadrer le financement des campagnes
à la direction d'un parti autorisé en vertu de la Loi
électorale ou de la Loi
sur
les
élections
et
les
référendums
dans
les
municipalités. Ces règles, qui s'inspirent de
celles
relatives au financement des partis politiques, ont trait à la
sollicitation et au
versement des contributions, aux prêts et aux cautionnements, aux
dépenses faites par les candidats et le parti, aux
réclamations des créanciers ainsi qu'aux rapports qui
doivent
être produits. Des dispositions pénales en application de
ces règles sont aussi introduites par le projet de loi.
Voici quelques extraits du projet de loi :
renseignements requis et registre
« 127.1. Lorsqu'un parti politique
autorisé décide de procéder à une campagne
à la direction afin de choisir son chef, le chef ou le chef
intérimaire, ou la personne
désignée par écrit par l'un ou l'autre, selon le
cas, produit au directeur général des élections
une déclaration mentionnant le nom de la personne
désignée pour présider le
scrutin, la date du début de la campagne à la direction
du parti, la date limite aux fins de se porter candidat, la date
fixée pour le scrutin ainsi que le montant maximum,
déterminé par le parti, des dépenses
autorisées par candidat.
« 127.2. Le chef ou le chef
intérimaire, ou la personne désignée par
écrit
par l'un ou l'autre, selon le cas, communique par
écrit au directeur général des élections
les prénom, nom et adresse du domicile de chaque candidat
à la direction du
parti et la date à laquelle il s'est porté candidat.
Il communique également par écrit au
directeur général des élections les prénom,
nom et adresse du domicile de chaque représentant financier de
candidat ainsi que le
nom du candidat pour lequel le représentant agit. Le
consentement écrit de chaque représentant financier de
candidat doit également être produit.
Le représentant officiel du parti ne peut
être le représentant financier d'un candidat, ni l'adjoint
de ce représentant financier. Aux fins du présent
chapitre, le candidat
et le représentant financier d'un candidat sont
présumés avoir été, respectivement,
candidat et représentant financier de ce candidat à
compter du moment où le candidat a
manifesté l'intention de devenir candidat, même avant le
début de la campagne à la direction.
« 127.3. Le directeur général
des élections tient un registre des candidats à la
direction du parti, de leurs représentants financiers, des
remplaçants de ces
représentants, le cas échéant, de la personne
désignée pour présider le scrutin ainsi que du
montant maximum des dépenses autorisées par candidat.Le
directeur général des
élections rend ce registre accessible au public sur son site Internet.

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