Mouvement ouvrier
Exaltante journée d'action à Hamilton, Ontario

Dix milles travailleurs et alliés exigent que les gouvernements prennent leurs responsabilités
- 31 janvier 2011 -

Le 29 janvier, la ville de Hamilton en Ontario a accueilli le plus grand rassemblement de travailleurs et alliés depuis 1996. Dix milliers personnes, un contingent de travailleurs après l'autre, sont venues exprimer leur appui à la section 1005 du Syndicat des Métallos dans sa lutte contre le diktat arrogant de US Steel et déclarer que leur cause est la même que celle des métallos de Hamilton : la sécurité pour tous. L'atmosphère était surchargée même deux heures avant le début du rassemblement avec l'arrivée des gens de tous les milieux venus prendre part à l'événement historique. Au moment du départ, la rue qui avait été fermée à la circulation pour l'occasion s'était transformée en une mer de drapeaux et de bannières.

Le rassemblement a commencé sur les paroles du poète attitré de la section locale 1005 des Métallos, Bill Mahoney, exprimant d'une voix forte et claire le mépris des travailleurs pour l'arrogance et l'intimidation de US Steel.

Le premier à prendre la parole fut le maire de Hamilton, Bob Bratina, qui a été fortement applaudi lorsqu'il a annoncé que le Conseil municipal a adopté à l'unanimité plusieurs motions en appui au local 1005. Le président du 1005, Rolf Gerstenberger, a souligné la grande signification de la Journée d'action : « Nous considérons que c'est un rassemblement historique parce que c'est une déclaration historique des travailleurs canadiens et des gens de tous les milieux qu'ils sont déterminés à résoudre la crise sur tous les fronts, avec la crise économique à la base, en faveur du peuple et non en faveur des riches. » La foule s'est jointe à lui pour scander : « Oui au droit public, non au droit de monopole ! » et « À qui l'économie ? Notre économie ! Qui décide ? Nous décidons ! » [Voir le discours au complet ci-dessous]




De gauche à droite: Bob Bartina, Rolf Gerstenberger, Sid Ryan, Leo Gerard, Ken Georgetti.

Sid Ryan est ensuite intervenu au nom de la Fédération des travailleurs de l'Ontario (FTO), la centrale qui a lancé l'appel à la Journée d'action en collaboration avec le Congrès du travail du Canada (CTC), le Syndicat des Métallos, le Conseil syndicat de Hamilton et district et le local 1005 des Métallos. Il a dénoncé le refus du gouvernement Harper de défendre les droits des travailleurs et de leurs communautés et sa soumission aux monopoles au détriment de l'intérêt général de la société. Les monopoles refusent la responsabilité de garantir que leurs opérations soient un avantage net pour le Canada, comme le prévoit la loi, a-t-il dit. Dans son discours et ses entrevues avec les médias, Sid Ryan a souligné que le gouvernement Harper doit être tenu responsable pour le rôle qu'il joue dans la destruction de notre base manufacturière, qui a entraîné des pertes d'emplois massives et l'affaiblissement de l'économie canadienne. Il a été suivi de Leo Gerard, président du Syndicat des Métallos, et de Ken Georgetti, président du CTC. Le député Chris Charlton (Hamilton Mountain) a été invité à parler de la Loi sur Investissement Canada qui est censée garantir que les acquisitions étrangères représentent « un avantage net » pour le Canada. Mary Long, présidente du Conseil syndical de Hamilton et district, et présidente d'assemblée pour l'occasion, a ensuite invité les chefs du NPD pour le Canada et l'Ontario, Jack Layton et Andrea Howarth, à prendre la parole.

La marche qui a suivi le rassemblement a complètement fermé le centre-ville : les rues étaient bondées de manifestants avec leurs drapeaux, pancartes et bannières multicolores.

Parmi les nombreux syndicats présents il y avait un contingent d'environ 50 métallos venus du Québec. Ils représentaient les travailleurs des usines d'ArcelorMittal à Contrecoeur (l'ancienne Sidbec-Dosco et l'ancienne Stelco), de la raffinerie de cuivre de Xstrata de Montréal, de l'usine de zinc d'Xstrata à Valleyfield et des industries du textile et de l'alimentation. Les dirigeants du district 5 du Syndicat des Métallos ont marché derrière une immense bannière « Métallo Solidarité ». Ils portaient les drapeaux de la lutte à Contrecoeur pour forcer ArcelorMittal à bâtir une usine de poutrelles, comme le monopole s'était engagé à le faire lorsqu'il a fermé deux laminoirs en 2007.

Les travailleurs de l'automobile étaient représentés par plusieurs militants contingents venus d'aussi loin qu'Oshawa et Windsor. Ils ont marché derrière la fameuse bannière : « Riposter fait une différence ». Ils ont salué l'esprit de 46, lorsque les travailleurs de l'automobile et de l'acier ont ensemble forcé les grandes compagnies à établir de nouvelles relations de travail au lendemain de la Deuxième Guerre mondiale, qui allaient permettre au mouvement syndical d'affirmer ses droits et les droits de tous contre l'offensive déchaînée du capital.

Le contingent du PCC(M-L) s'est rallié derrière la bannière des Jeunes pour le renouveau démocratique « Il est possible de bâtir un Canada populaire » et portait les bannières « Arrêtez de payer les riches ! Augmentez les investissements dans les programmes sociaux ! » et « Notre sécurité est dans la lutte pour les droits de tous ! » Deux milles copies du Forum ouvrier, supplément du Marxiste-Léniniste, ont été vendues et distribuées durant la journée.

Un contingent de quelque 40 jeunes s'est dispersé dans la foule pour recueillir des dons pour la campagne de panneaux-réclames de la section locale 1005 qui décorent la ville depuis quelque temps. Ils ont recueilli suffisamment d'argent pour payer le panneau- réclame du mois de février.

Il y avait de militants contingents de travailleurs de tous les secteurs de l'économie, comme les employés du transport public de Toronto qui avaient reçu l'appui de la section 1005 des métallos lors de leur lutte contre la loi de retour au travail en 2008, et de nombreux autres syndicats tant du secteur privé que public, comme le syndicat des travailleurs de Vale Inco à Sudbury, le Syndicat des travailleurs et travailleuses des postes (STTP), le Syndicat canadien des communications, de l'énergie et du papier (SCEP), les enseignant du primaire, du secondaire et du collégial et de nombreux autres, ainsi que des contingents d'étudiants et de familles ouvrières.

La marche s'est terminée au Centre des congrès de Hamilton où des centaines de personnes se sont entassées pour entendre les représentants des syndicats et autres organisations parler de l'unité des travailleurs et du peuple, de leurs luttes communes. Parmi les orateurs il y avait le président national du STTP Denis Lemin, le président de la section locale 6887 du Syndicat des Métallos (Xstrata cuivre) Gilles Bordeleau, le président de la section locale 113 du Syndicat du transport en commun (ATU) Bob Kinnear, Floyd Montour des Six Nations de Grande-Rivière et la critique libérale pour le travail Maria Minna. Les participants ont aussi chaleureusement accueilli Napoleon Gomez venu s'adresser à eux au nom de l'Union nationale des travailleurs des mines et de la sidérurgie du Mexique (Los Mineros).

À la fin de la journée, des représentants du 1005 ont dit au LML qu'ils étaient très satisfaits de la Journée d'action. Ils se sont dits convaincus que les travailleurs en lockout vont progresser dans leur lutte contre l'arrogance de US Steel. Ils ont parlé de la nécessité de travailler fort pour unir les Canadiens en une seule voix à la défense du droit public et de tenir les gouvernements responsables. Le local 1005 a appelé tous les Canadiens, toutes affiliations politiques confondues, à parler d'une seule voix pour le droit public et contre le droit de monopole et à exiger que les gouvernements s'acquittent de leur devoir de défendre le droit public. Toutes les délégations avec qui LML s'est entretenu durant le rassemblement et la marche étaient animées du même esprit. Il y avait un sentiment palpable d'exaltation, expression de la confiance créée par cette démonstration d'unité en appui au 1005 et à sa demande que les gouvernements défendent le droit public et arrêtent de servir les intérêts étroits des monopoles. Les pancartes et les slogans exprimaient tous la lutte commune des travailleurs et de leurs alliés, que ce que vivent les métallos de US Steel et la ville de Hamilton (les fermetures, les pertes d'emplois, la demandes de concessions des monopoles qui veulent que les travailleurs renoncent à leurs pensions, avantages sociaux et sécurité d'emploi) est vécu dans les communautés partout au Canada ainsi qu'aux États-Unis et ailleurs dans le monde. Les travailleurs ont exprimé maintes et maintes fois la confiance dans la position de principe du 1005 et dans la voie qu'il trace pour unir tout le monde dans une Opposition ouvrière qui créera les conditions nécessaires pour exiger des comptes des monopoles.

LML félicite les organisateurs de la Journée d'action et en particulier les simples syndicalistes et les jeunes qui ont été la voix de la nécessité historique qu'il faut tenir les gouvernements responsables.

Nous reproduisons le discours prononcé par le président de la section locale 1005 Rolf Gerstenberger et des photos du rassemblement, de la marche et de la réunion au Centre des congrès.

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Sortir des sentiers battus dans la lutte pour les droits de tous

Les gouvernements doivent s'acquitter
de leur devoir! Oui au droit public, non
au droit de monopole!

La section 1005 apprécie sincèrement la présence de tout le monde venu ici aujourd'hui. Nous considérons que c'est un rassemblement historique parce que c'est une déclaration historique des travailleurs canadiens et des gens de tous les milieux qu'ils sont déterminés à résoudre la crise sur tous les fronts, avec la crise économique à la base, en faveur du peuple et non en faveur des riches. Ensemble, donnons-nous un programme pour exiger que les gouvernements s'acquittent de leur devoir et défendent le droit public, pas le droit de monopole.

Nous sommes rassemblés ici aujourd'hui pour cette journée d'action pour défendre et affirmer nos droits. Dans le monde moderne, les humains ont des droits en vertu de leur existence en tant qu'humains. Les gouvernements et ceux qui emploient des êtres humains doivent reconnaître ces droits et les garantir. Nos droits aujourd'hui peuvent généralement être définis comme étant le droit public. Ils comprennent le droit à un moyen de subsistance et à la sécurité à la retraite parce que nous sommes les producteurs de toute la richesse dont dépend la société pour son existence. Nos droits comprennent le droit de contrôler les décisions qui affectent nos vies, nos moyens de subsistance, notre sécurité et nos pensions, mais ce droit de décider a été usurpé par les riches et leurs gouvernements.

Les monopoles, y compris les grandes banques et les autres entreprises financières privées, et les gouvernements à leur service ont leur propre conception des droits et, ce qui est plus important, ils ont aussi le pouvoir politique et économique d'imposer leurs intérêts et d'écraser le droit public. Pour eux il y a des limites dites raisonnables aux droits que nous avons tous du fait de notre existence et ils se donnent le droit de décider ce qui est raisonnable et ce qui ne l'est pas. Pour eux, les droits que doit faire respecter la société moderne sont des privilèges accordés selon ce qui sert les intérêts étroits des monopoles. C'est ce qu'on appelle généralement le droit de monopole.

En décembre dernier nous avons été témoins d'un exemple dégoûtant du droit de monopole qui foule le droit public, lors du sommet national sur les pensions à Kananaskis, en Alberta. Sans aucun avertissement, le gouvernement Harper est revenu sur sa promesse de renforcer le régime de pensions du Canada à prestations déterminées et indexées et dit qu'il veut lui substituer un autre de ces plans d'épargne enregistrés qu'aiment tant les entreprises financières. En faisant cela, il trahit la responsabilité sociale du gouvernement canadien de garantir les pensions à prestations déterminées et indexées pour tous les Canadiens.

La protection de faillite de Nortel et l'assaut généralisé contre les plans de retraite et d'incapacité et autres avantages sociaux de ses employés sont un triste exemple de méthode qu'utilise le droit de monopole pour supplanter le droit public. De nombreuses autres compagnies se sont servies et se servent de la protection de la faillite, y compris certains des monopoles les plus riches au monde, pour se soustraire à leurs obligations concernant les pensions et autres responsabilités sociales. AbitibiBowater vient de sortir de la protection de faillite et les travailleurs y perdent gros. C'est injuste et les gouvernements doivent faire leur devoir et défendre les Canadiens et le droit public en opposition à ces entreprises et au droit de monopole.

Il y en a maintenant qui suggère que les pensions à prestations déterminées des employés de la fonction publique aux niveaux fédéral, provincial et municipal soient la prochaine cible.

Les forces néolibérales les plus pro-monopolistes ont pris le pouvoir au niveau fédéral ainsi que dans plusieurs provinces et plusieurs des grandes villes, comme Toronto. Ces gens veulent privatiser les services publics comme les Postes et les services municipaux. Cette attaque comprend la négation du droit à la sécurité à la retraite pour tous et de la notion même d'une société moderne qui garantit les droits de tous, où les gouvernements ont le devoir et la responsabilité première de défendre le droit public contre le droit de monopole. La lutte du peuple contre US Steel s'apparente à la lutte du peuple contre Vale, le monopole mondial de l'industrie minière. Ces monopoles mondiaux, et d'autres comme Xstrata, se sont engagés à maintenir certains niveaux d'emploi et de production lorsqu'ils ont acquis Stelco, Inco et Falconbridge et ont aussitôt abandonné cet engagement. US Steel a conclu un accord avec le gouvernement de l'Ontario sur les pensions en vertu duquel il s'engageait à garantir les régimes de pensions à prestations déterminées et indexées des métallos. Il a déjà renié l'entente sur le maintien des niveaux d'emploi et de production et détruit le régime de retraite à l'aciérie Lake Erie et veut maintenant imposer la même chose aux métallos de la section 1005 à Hamilton. Ça ne doit pas passer et ça ne passera pas !

Ces monopoles poussent les travailleurs canadiens trop loin. Avec cette Journée d'action, les travailleurs avertissent les monopoles mondiaux et les politiciens à leur service que cet abus doit cesser ! Les travailleurs sont les producteurs de toute richesse et les fournisseurs de tous les services. Nous sommes la source de la richesse que les riches et les monopoles convoitent. Les travailleurs les avertissent qu'ils ne doivent pas mordre la main qui les nourrit, qu'ils feraient mieux de ne pas sous-estimer la classe ouvrière canadienne.

La conscience sociale des travailleurs comprend la conception que la sécurité ne réside pas dans l'annexion du Canada à l'empire américain, une fausse sécurité qui sert le droit de monopole et qui est hors du contrôle des Canadiens. Dans la conscience sociale des travailleurs, la sécurité de tous réside dans la lutte pour défendre les droits de tous, la lutte pour un Canada souverain muni d'une économie qui suffit à ses besoins et qui est basée sur un secteur manufacturier solide et la satisfaction des besoins de la population et de l'intérêt général de la société, un Canada qui participe au commerce extérieur sur la base de l'avantage réciproque et qui est un facteur de paix, pas de guerre. Nous souhaitons la même chose aux travailleurs et aux peuples des États-Unis, du Mexique et d'ailleurs.

Nous nous sommes rassemblés ici aujourd'hui parce que nous osons sortir des sentiers battus dans notre pensée, organisation et résistance aux monopoles et aux gouvernements à leur service. Nous sommes les héritiers de nos ancêtres qui sont sortis des sentiers battus après la Deuxième Guerre mondiale. Notre devoir est de faire la même chose dans les conditions nouvelles de la mondialisation néolibérale et du pouvoir sans précédent des riches et de leurs monopoles. Notre devoir est de sortir des sentiers battus surtout pour ce qui est de tenir les gouvernements responsables. Les gouvernements doivent s'acquitter de leur devoir ! Ils doivent défendre le droit public et non le droit de monopole !

Nous pouvons défendre nos pensions, nos salaires, nos moyens de subsistance, notre sécurité et notre mode de vie si nous nous appuyons sur nos propres efforts et sur le peuple, et si nous sortons des sentiers battus pour affirmer nos droits politiques en tant que producteurs de toute la richesse et fournisseurs de tous les services. Nous sommes la colonne vertébrale de l'économie socialisée. Nous devons le devenir aussi pour ce qui est des prises de décisions !

La section locale 1005 du Syndicat des Métallos se rendra sur la colline parlementaire le Premier Mai pour exiger que les gouvernements résolvent la crise en faveur des Canadiens, pas des riches. Nous vous invitons tous à vous joindre à nous pour que le message soit encore plus fort : Oui au droit public, non au droit de monopole !

Pour contacter la section locale 1005 du Syndicat des Métallos : 905-537-1417 ou info@uswa1005.ca. Site web : www.uswa1005.ca

(Traduction: Le Marxiste-Léniniste)





















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Militante participation des ouvriers québécois
à la journée d'action à Hamilton

Une forte délégation de Métallos du Québec est
allée appuyer les lock-outés de la SL 1005

Environ 10 000 personnes ont manifesté de façon très énergique le 29 janvier dernier dans les rues de Hamilton pour appuyer les 900 travailleurs en lockout de la section locale 1005, de US Steel.

Une forte délégation de métallos du Québec est venue appuyer les confrères de la SL 1005. Une cinquantaine de personnes se sont levées en pleine nuit, pour faire plus de 7 heures d'autobus afin de participer à la manifestation.

L'adjoint du directeur québécois, Guy Farrell, a pris la parole au cours du rassemblement, soulignant que la cause défendue par les travailleurs de Hamilton rejoint les préoccupations des Métallos du Québec, où les régimes de retraites sont aussi attaqués. Il a aussi fait le rapprochement entre la lutte des travailleurs de l'acier du Québec pour un laminoir à poutrelles et celle menée par les confrères du Canada anglais pour le maintien d'un secteur de l'acier.

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Ce que les travailleurs avaient à dire

Le Centre ouvrier du Parti communiste du Canada (marxiste-léniniste) a eu des discussions animées avec les travailleurs tout au long de la journée d'action. D'une seule voix, ceux-ci ont exprimé leur enthousiasme d'être là tous ensemble pour appuyer la lutte des Métallos de la section 1005 qui est la lutte de tous les travailleurs et ils ont aussi exprimé combien il est urgent de forcer les monopoles et leurs gouvernements à assumer leurs responsabilités. Voici ce qu'ils avaient à dire.

Un métallo de Contrecoeur (l'usine d'ArcelorMittal, anciennement Sidbec) : Nous sommes venus ici plus de 50 travailleurs du Québec organisés en un contingent de l'acier. Nous voulons tout d'abord appuyer les travailleurs du 1005 qui ont été mis en lock-out par US Steel. La section 1005 est venue nous appuyer en juin 2009 quand nous avons manifesté pour demander que ArcelorMittal construise un laminoir à poutrelles dans notre usine. Nous sommes ici également parce que nous travaillons dans le même secteur. Nos employeurs sont différents mais nos problèmes sont les mêmes. Nous sommes convaincus que ArcelorMittal, qui possède deux usines à Contrecoeur, regarde très attentivement ce qui se passe à Hamilton. Si US Steel est capable d'imposer ses concessions, ArcelorMittal va essayer de nous les imposer à nous aussi. Si US Steel est capable d'ouvrir le chemin, les autres vont s'y engouffrer eux aussi. Nous demandons toujours à ArcelorMittal de construire un laminoir à poutrelles pour compenser pour sa fermeture du laminoir à chaud et du laminoir à froid en 2007. Notre demande tient toujours mais ArcelorMittal ne se reconnaît aucune responsabilité envers les centaines d'emplois qu'il a éliminés en 2007 et les dommages que cela a causés à l'industrie sidérurgique au Québec.

Un représentant du Syndicat des Métallos : Il faut revoir les arrangements entre les gouvernements et les compagnies étrangères qui font affaire au Canada. Il ne reste plus aucune compagnie d'acier canadienne dans le pays. Elles ont toutes été vendues à des intérêts étrangers. Quand des compagnies étrangères opèrent au Canada, les gouvernements doivent se tenir debout et garantir les droits pour lesquels nous nous sommes battus depuis des décennies, notamment en ce qui concerne les pensions. La section 1005 a 9000 pensionnés et US Steel ne leur montre aucun respect. Envoyer les pensionnés à l'abattoir comme ils le font doit être déclaré illégal. Les gouvernements doivent établir des limites qu'on ne peut pas dépasser. Il y a des choses qui peuvent être négociées entre les compagnies étrangères et les travailleurs mais il y en a d'autres qui doivent être déclarées intouchables comme les pensions. Au lieu de cela, nous voyons les gouvernements agir en collusion avec les entreprises étrangères pour attaquer les travailleurs. Ces entreprises deviennent de plus en plus effrénées dans leurs demandes quand elles réalisent que les gouvernements en place, que ce soit au Québec ou au Canada, ne leur tiennent pas tête. Si ces gouvernements ne sont pas prêts à prendre leurs responsabilités, alors ils ne peuvent pas rester au pouvoir. Nous sommes venus ici aujourd'hui pour envoyer un message très clair. Nous les syndicats n'avons pas le pouvoir monétaire mais nous avons le pouvoir de la solidarité.

Un travailleur de Xstrata à Montréal : Je travaille à la raffinerie de cuivre autrefois Noranda/Falconbridge et maintenant membre de l'empire Xstrata. Nous sommes ici pour appuyer la section 1005 parce que peu importe d'où nous sommes et notre secteur de l'économie nous sommes tous des travailleurs et c'est notre lutte à tous. En plus, les travailleurs du 1005 sont venus appuyer les Métallos à Contrecoeur en juin 2009 lors de la manifestation pour demander un laminoir à poutrelles et nous mêmes de Xstrata nous y étions. Lors de notre dernière ronde de négociations pour une convention collective, les représentants de Xstrata nous ont dit que nos pensions ne correspondent plus à ce qui existe dans le secteur mais ils n'ont pas demandé de changer le fonds de pension, C'est bien possible qu'ils vont le faire aux prochaines négociations.

Un métallo de ArcelorMital à Contrecoeur (anciennement Stelco) : Notre usine a déjà été Stelco alors pour nous la section 1005 c'est un peu de la famille. La chose principale c'est que ces grandes multinationales nous attaquent et nous sommes certains que ArcelorMittal surveille très étroitement ce qui se passe ici à Hamilton. Si US Steel est capable d'arracher quelque chose aux travailleurs de Hamilton, ArcelorMittal va se servir de cela contre nous. Nous sommes tous unis et c'est particulièrement important pour les travailleurs du même secteur sinon on se fait attaquer un à la fois.

Un retraité de la section 1005 : J'ai travaillé à Stelco pendant 35 ans. Le rassemblement d'aujourd'hui est important parce que ces travailleurs méritent d'être traités avec respect au lieu d'être attaqués comme ils le sont. Stelco a été vendu à US Steel et celui-ci s'est engagé à faire toutes sortes de bonnes choses mais il a renié tout cela depuis. Dès le début, je me suis douté que c'est ce qui arriverait quand j'ai appris que Big Brother venait d'acheter Stelco. Je pense qu'ils l'ont acheté pour le fermer afin de desservir le marché qu'ils ont ici à partir des États-Unis. Je participe dans l'action d'aujourd'hui pour exprimer mon appréciation pour ce que font ces 900 travailleurs de la section locale. Ils ont toute mon admiration. Je sais très bien ce qu'ils vivent en ce moment parce que j'ai moi-même participé dans trois grèves contre Stelco. Je sais ce que c'est d'être dehors au lieu d'être en dedans à travailler. C'est très courageux ce qu'ils font. Ils se disent que nous les anciens nous nous sommes battus pour eux et que maintenant c'est à leur tour de se battre pour nous. Les plus jeunes veillent sur les plus anciens comme nous nous avons veillé sur les jeunes. Nous devons veiller l'un sur l'autre. C'est comme une famille qui défend tous ses membres.

Un travailleur de Vale de Sudbury : Nous sommes ici aujourd'hui pour exprimer notre solidarité. C'est une question de première importance pour tous les travailleurs du Canada. C'est pour cela que notre contingent est venu de Sudbury. La section 1005 a appuyé notre lutte et nous sommes venus appuyer la leur. C'est un combat commun contre les grandes multinationales. Nous devons tous nous appuyer et dire qu'assez c'est assez. C'est pour ça que nous sommes ici. C'est ça l'esprit de la journée.

Un travailleur de l'automobile de Windsor : Pour moi la question principale ce sont les pensions. Les pensions c'est quelque chose d'important pour tous les Canadiens. US Steel est en train d'essayer de voler les pensions des travailleurs. La lutte ici est menée par les Métallos, moi je suis TCA mais nous sommes tous des travailleurs et nous sommes tous ensemble unis dans cette bataille. C'est le temps maintenant d'être tous ensemble et je parle ici non seulement de tous les travailleurs mais de tous les Canadiens. Il y a plein de gens âgés aujourd'hui qui vivent dans la pauvreté. On ne peut pas accepter cela au Canada en 2011.

Un métallo de Pensylvanie : Je suis ici pour exprimer ma solidarité. Les syndicats ce sont les travailleurs, peu importe d'où ils viennent, du pays dans lequel ils vivent ; nous sommes tous des travailleurs et c'est de cela qu'il s'agit aujourd'hui, de ce qui arrive aux millions de gens ordinaires. C'est pour cela que je suis venu ici. Toute question qui concerne un syndicat affecte aussi tous les autres. Si nous ne nous appuyons pas mutuellement, alors ils nous divisent. Notre lutte est celle de tous les gens ordinaires, peu importe le pays où ils vivent. Nous faisons face ici à une grande multinationale. Si nous ne nous tenons pas ensemble, alors nous sommes attaqués l'un après l'autre.

Un employé municipal de Hamilton : Pour moi la question première ce sont les pensions. Cela vaut la peine de se battre pour elles. Je suis un jeune travailleur. J'ai 25 ans et je veux toucher une pension quand je prends ma retraite. On ne peut pas les laisser voler nos pensions. C'est une honte de voir nos aînés devoir retourner au travail et même devoir occuper deux emplois après avoir pris leur retraite parce qu'ils n'ont pas les moyens de se procurer les choses de base de la vie. Même les choses de première nécessité leur sont enlevées. Nous sommes tous unis, nous combattons tous ensemble et nous nous appuyons les uns les autres et nous luttons pour la même cause. Je suis fier d'être de la même ville que les Métallos de la section 1005 qui défendent leurs 9000 pensionnés. Je suis fier d'avoir ce syndicat dans notre ville.

Un électricien de Toronto : Nous sommes très contents d'être ici. Ma préoccupation aujourd'hui ce sont les pensions négociées. Une attaque contre les pensions de quiconque est quelque chose d'odieux, et mettre en lock-out des travailleurs pour les forcer à faire des concessions qui affectent les retraités c'est quelque chose d'inadmissible. On demande à 900 travailleurs actifs de voter pour priver 9000 pensionnés de l'indexation de leurs pensions, les mêmes 9000 travailleurs qui ont mis le fonds de pension en place avant même que ces 900 travailleurs soient engagés.

Il faut changer les politiques du gouvernement fédéral en ce qui concerne les investissements étrangers. La majorité des actions dans toute entreprise qui opère au Canada devrait être entre des mains canadiennes. Il ne faut pas permettre à des entreprises américaines de venir nous dire que nos pensions et nos salaires doivent être coupés et que nos conditions de travail doivent retourner cinquante ans en arrière. Il faut changer cela. Nous ne pouvons pas gagner cette bataille seulement avec nos conventions collectives. C'est au niveau du gouvernement que cela doit se jouer.

Une travailleuse des postes de Toronto : Nous sommes ici pour dire aux travailleurs de l'acier que nous les appuyons et pour combattre tous ensemble les attaques contre la classe ouvrière. Notre convention collective se termine le 31 janvier. Postes Canada veut nous imposer à nous aussi des pensions et des conditions de travail à deux vitesses. Nous faisons face au même genre de concessions que celles demandées aux travailleurs du 1005. Nous nous appuyons les uns les autres parce que notre combat est le même. C'est un combat contre les attaques contre la classe ouvrière toute entière.

Un acteur de Toronto : C'est important que le mouvement syndical dans son ensemble s'unisse contre ces attaques contre les pensions des travailleurs, lesquelles sont faites au nom de la relance suite au désastre financier qui a été créé par Wall Street mais dont on fait porter le fardeau aux travailleurs. On utilise la détresse économique comme prétexte pour exiger des concessions dans les conventions collectives et pour attaquer les veuves et les pensionnés ce qui est absolument odieux. La question qui se pose ici c'est quel genre de société nous voulons et les acteurs ont un rôle important à jouer pour aider à y répondre. Notre travail est d'exprimer ce que les Canadiens ressentent, ce qu'est leur vie et ce qu'elle est devenue suite aux attaques contre les travailleurs. Nous sommes très heureux de faire notre part.

Un enseignant du secondaire de Timmins : Si on veut apprécier l'importance de l'action d'aujourd'hui, on a juste à se rendre à Timmins pour voir comment les politiques des gouvernements sont en train de fermer le nord de l'Ontario. C'est incroyable. J'habite une petite ville forestière qui s'appelle Smooth Rock Falls. Tembec y a fermé l'usine de papier qui était de loin le plus gros employeur de la ville. Ça vous explique pourquoi je suis ici aujourd'hui. Nous n'avons plus aucun contrôle sur notre destinée. Nous avons de la forêt en abondance mais nous ne pouvons pas y toucher. Avant, au moins, les droits de coupe étaient liés à la communauté et à ses usines. Aujourd'hui, quand les gens de la communauté présentent des projets, ils se font dire que c'est bien joli mais qu'il n'y a pas de bois disponible parce qu'il appartient aux grandes multinationales. Les gouvernements refusent de révoquer leurs permis de coupe pour allouer du bois aux communautés. Nous avons des projets mais on nous empêche de les mettre en oeuvre.

Une travailleuse du transport public à Brantford en Ontario : Je participe à l'action aujourd'hui parce que nous devons nous appuyer les uns les autres. La chose la plus importante pour moi aujourd'hui ce sont les pensions et la protection des emplois. Combien y a-t-il d'entreprises privées qui offrent encore un fonds de pension à leurs travailleurs ? Nous devons nous assurer que les pensions seront là pour nous et nos enfants. C'est totalement honteux de la part de US Steel de demander à 900 travailleurs actifs de prendre un vote contre les pensions de 9000 retraités. Nous devons tous protéger ce pour quoi nous avons tant combattu dans le passé. Certains d'entre nous sont TCA, d'autres sont Métallos ou SCFP mais ça n'est pas cela qui compte aujourd'hui. Nous menons tous le même combat et nous avons les mêmes buts.

Un organisateur des travailleurs accidentés en Ontario : La présence des travailleurs accidentés aujourd'hui est très importante. Les gouvernements se doivent de protéger les pensions pour lesquelles les travailleurs de l'acier se sont battus toute leur vie. On ne doit pas permettre à des investisseurs étrangers de venir ici s'emparer de ce qui appartient aux travailleurs. Nous devons tous nous unir pour empêcher que des choses comme celles-là se produisent. Aujourd'hui, ce sont les Métallos qui sont montés au front pour nous tous. Nous apprécions beaucoup le travail qu'ils font. Leur combat c'est notre combat à tous. L'enjeu, c'est le Canada et le régime de pensions. Le gouvernement Harper veut démanteler et privatiser le régime de pensions. Selon lui, personne ne doit avoir de pension qui est garantie. La même chose s'applique aux travailleurs accidentés. Les gouvernements ont éliminé l'idée que la compensation des travailleurs accidentés est une forme de pension et qu'elle doit être garantie. Ils coupent les prestations des travailleurs accidentés sous n'importe quel prétexte. Nous sommes tous impliqués dans ce combat.

Un travailleur de la construction de Toronto : Je suis venu ici pour manifester pour les pensionnés et pour appuyer les travailleurs canadiens. Cette question dépasse le cadre de syndiqués versus non syndiqués ; c'est une lutte pour le respect et la dignité de nos aînés. Tous les Canadiens sont concernés. Le gouvernement fédéral doit prendre ses responsabilités. C'est lui qui permet à des multinationales étrangères de venir ici acheter les entreprises canadiennes mais il ne met en place aucune mesure pour protéger la population. Il ne prend aucune mesure pour sauvegarder ce qui nous appartient. L'exemple de US Steel nous le montre de manière frappante.

Une enseignante du secondaire à Toronto : C'est très important que tous les travailleurs s'unissent, en particulier contre les attaques contre les fonds de pension à travers le pays. Une victoire de US Steel contre les retraités et les travailleurs actifs nous rendrait très vulnérables. L'heure est à l'unité de tous les travailleurs de tous les secteurs dans la défense des droits des travailleurs et en particulier des pensions. Le dernier numéro du magazine The Economist parle ouvertement de la guerre à venir contre les syndicats du secteur public.

Une travailleuse de la santé de Toronto : Pour moi la première chose aujourd'hui c'est la solidarité avec les travailleurs de la section 1005. Nous devons les appuyer par tous les moyens possibles parce que US Steel viole les droits qui leur appartiennent en tant qu'êtres humains. Ils s'en prennent à leurs pensions. D'abord ils les ont mis à pied et maintenant ils les ont mis en lock-out. Je suis venue pour dire que nous sommes tous unis. Cela nous rend plus fort. Ce qui se passe ici a des ramifications pour tous les syndicats de travailleurs. Nous pouvons tous subir ce genre d'attaques. Ce que font les Métallos de Hamilton est très important.

Un travailleur de la santé de Kitchener : Nous participons aujourd'hui à la lutte la plus importante du moment, soit celle des travailleurs pour protéger les pensions contre les grandes corporations privées et les intérêts étrangers. Ces deux questions sont inter-reliées. Les métallos à la retraite ont besoin de leurs pensions aujourd'hui et les travailleurs plus jeunes vont en avoir besoin quand ils prendront leur retraite. C'est le même combat pour tous. C'est notre combat à tous et tous doivent affirmer leur solidarité. Nous devons tous faire nôtre la lutte des 9000 retraités et des 900 travailleurs actifs.

Un travailleur de Siemens de Hamilton : Ça va être toute une lutte. Nous avons besoin de tout le monde et pas seulement des travailleurs syndiqués. Les actions ne doivent pas se limiter à la ville de Hamilton, il faut en organiser partout au Canada. Les travailleurs devraient pouvoir jouir d'une retraite en dignité mais leurs pensions leur sont volées. Une fois que les pensions du secteur privé auront été éliminées alors ce sera le tour des pensions des syndicats du secteur public. On cherche à éliminer toute vie décente à la retraite. En ce qui concerne l'usine de Siemens à Hamilton, le plan est toujours de la fermer en juillet prochain. Le carnet de commandes est plein et nos travailleurs font beaucoup de temps supplémentaire mais l'entreprise va quand même fermer. Les gouvernements refusent de faire quoi que ce soit pour empêcher la fermeture. Ils disent qu'ils ne peuvent rien faire, que la décision de fermer est une décision d'affaires privée. Nous ne sommes pas d'accord. Les gouvernements ont mis des millions en deniers publics dans les coffres de Siemens au fil des années. Est-ce qu'ils sont en train de nous dire que toutes ces subventions ne leur donnent pas le droit d'intervenir ?

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