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Mouvement ouvrier
Sables bitumineux de l'Alberta
Les préoccupations des travailleurs
des sables bitumineux à Fort McMurray
- Roland Lefort, président de la
section 707 du Syndicat
canadien des communications, de l'énergie et du papier, janvier
2011 -
Notre préoccupation première pour
2011 est la viabilité de l'industrie dans tous ses aspects.
Cela comprend la question de la continuité de l'emploi pour nos
membres et pour les travailleurs de l'industrie en
général, la question de l'environnement et d'un
développement qui garantit de bons emplois manufacturiers et la
sécurité
énergétique de tous les Canadiens.
Notre situation est à deux volets. D'un
côté, l'industrie des sables bitumineux semble avoir
commencé à réagir à la demande de la
société concernant l'environnement.
En novembre et décembre derniers, l'industrie a pris
l'initiative de réunir des politiciens, des défenseurs de
l'environnement et d'autres parties intéressées pour
discuter de
la viabilité de l'industrie du point de vue de l'environnement
naturel. Des entreprises comme Suncor sont en train de mettre au point
de nouvelles technologies qui réduisent
les dommages à l'environnement en réduisant le nombre des
aires d'accumulation de résidus miniers, ces sites boueux de
stockages de déchets qui sont produits par
l'extraction du bitume. Cette nouvelle technologie contribue aussi
à accélérer la restauration des terrains sur
lesquels les déchets sont stockés. Il me semble que
l'industrie
commence à réagir à la demande de la
société au sujet de l'environnement et essaie de changer
la réputation mondiale des sables bitumineux comme quelque chose
de sale
et de visqueux.
De l'autre côté, en ce qui concerne le plan
d'extraire des milliards de barils de pétrole et de les envoyer
par pipeline du nord de l'Alberta vers les États-Unis, rien
n'est
fait pour satisfaire la demande de nos membres et de la population du
pays à l'effet que cette ressource devrait être
utilisée pour assurer la sécurité
énergétique des
Canadiens.
Il faut dire tout d'abord que les marchés sont
encore le facteur déterminant qui décide de la
quantité de pétrole qui sera extraite et
expédiée de Fort McMurray. Le
gouvernement n'intervient pas pour réglementer l'industrie afin
de la prémunir contre les secousses économiques et
surtout pour que tous les Canadiens bénéficient de
l'industrie. Le gouvernement fédéral et le gouvernement
provincial soutiennent tous deux que la seule façon de
développer l'industrie c'est d'exporter vers les
États-Unis
le bitume brut qui est extrait des sables bitumineux. Ils n'ont aucune
intention d'en détourner une partie pour alimenter les
raffineries de l'Alberta, de la Saskatchewan ou
du Québec. Ils ne font pas d'efforts pour mettre en place
quelque programme que ce soit pour développer le secteur
manufacturier du pays et satisfaire les besoins
énergétiques
des Canadiens dans l'avenir. Le modèle qui veut que quiconque
puisse venir ici, extraire le bitume et l'expédier hors du pays
est toujours en vigueur.
Quand la récession a frappé, nous avons
dit que le ralentissement économique devrait nous servir de
pause pour repenser l'industrie et la mettre au service des
travailleurs,
des communautés et du pays. On ne nous a pas
écoutés et nous ne voulons pas retourner maintenant
à l'atmosphère de ruée vers l'or que nous avons
connue en 2006-2007.
Cela n'est viable ni pour les travailleurs, ni pour l'environnement, ni
pour le Canada. Quand nous disons que cela n'est pas viable pour les
travailleurs, nous avons en tête
la nécessité de la continuité de l'emploi. Le
coût de la vie est extrêmement élevé ici. La
valeur de nos maisons par exemple est plus élevée que
dans les autres communautés
minières. Une maison familiale ici peut facilement coûter
plus de 600 000 dollars. L'insécurité que cause la
dépendance de l'industrie aux marchés mondiaux est source
d'un
très haut sens d'insécurité parmi nos travailleurs
du fait que le coût de la vie est si élevé dans
notre région. Nous ne pouvons pas nous permettre les hauts et
les bas de
l'industrie. La continuité de l'emploi est très
importante pour nous.
Nous devons examiner comment le pétrole qui sort
de Fort McMurray peut profiter à tous les Canadiens. Est-ce
qu'on ne pourrait pas en détourner une partie vers
Edmonton par exemple pour y soutenir l'industrie
manufacturière ?
Nous avons perdu tellement d'entreprises du secteur
secondaire. Je pense ici à la fermeture de la raffinerie de
Pétro-Canada à Oakville en Ontario ou à celle de
Shell
à Montréal. On devrait utiliser une partie de ce
pétrole pour garder les raffineries ouvertes et donner des
emplois aux travailleurs d'ici. Selon nous, c'est le rôle des
gouvernements de réglementer l'industrie afin que les Canadiens
d'un bout à l'autre du pays en profitent.

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