Mouvement ouvrier
Sables bitumineux de l'Alberta

Les préoccupations des travailleurs
des sables bitumineux à Fort McMurray

Notre préoccupation première pour 2011 est la viabilité de l'industrie dans tous ses aspects. Cela comprend la question de la continuité de l'emploi pour nos membres et pour les travailleurs de l'industrie en général, la question de l'environnement et d'un développement qui garantit de bons emplois manufacturiers et la sécurité énergétique de tous les Canadiens.

Notre situation est à deux volets. D'un côté, l'industrie des sables bitumineux semble avoir commencé à réagir à la demande de la société concernant l'environnement. En novembre et décembre derniers, l'industrie a pris l'initiative de réunir des politiciens, des défenseurs de l'environnement et d'autres parties intéressées pour discuter de la viabilité de l'industrie du point de vue de l'environnement naturel. Des entreprises comme Suncor sont en train de mettre au point de nouvelles technologies qui réduisent les dommages à l'environnement en réduisant le nombre des aires d'accumulation de résidus miniers, ces sites boueux de stockages de déchets qui sont produits par l'extraction du bitume. Cette nouvelle technologie contribue aussi à accélérer la restauration des terrains sur lesquels les déchets sont stockés. Il me semble que l'industrie commence à réagir à la demande de la société au sujet de l'environnement et essaie de changer la réputation mondiale des sables bitumineux comme quelque chose de sale et de visqueux.

De l'autre côté, en ce qui concerne le plan d'extraire des milliards de barils de pétrole et de les envoyer par pipeline du nord de l'Alberta vers les États-Unis, rien n'est fait pour satisfaire la demande de nos membres et de la population du pays à l'effet que cette ressource devrait être utilisée pour assurer la sécurité énergétique des Canadiens.

Il faut dire tout d'abord que les marchés sont encore le facteur déterminant qui décide de la quantité de pétrole qui sera extraite et expédiée de Fort McMurray. Le gouvernement n'intervient pas pour réglementer l'industrie afin de la prémunir contre les secousses économiques et surtout pour que tous les Canadiens bénéficient de l'industrie. Le gouvernement fédéral et le gouvernement provincial soutiennent tous deux que la seule façon de développer l'industrie c'est d'exporter vers les États-Unis le bitume brut qui est extrait des sables bitumineux. Ils n'ont aucune intention d'en détourner une partie pour alimenter les raffineries de l'Alberta, de la Saskatchewan ou du Québec. Ils ne font pas d'efforts pour mettre en place quelque programme que ce soit pour développer le secteur manufacturier du pays et satisfaire les besoins énergétiques des Canadiens dans l'avenir. Le modèle qui veut que quiconque puisse venir ici, extraire le bitume et l'expédier hors du pays est toujours en vigueur.

Quand la récession a frappé, nous avons dit que le ralentissement économique devrait nous servir de pause pour repenser l'industrie et la mettre au service des travailleurs, des communautés et du pays. On ne nous a pas écoutés et nous ne voulons pas retourner maintenant à l'atmosphère de ruée vers l'or que nous avons connue en 2006-2007. Cela n'est viable ni pour les travailleurs, ni pour l'environnement, ni pour le Canada. Quand nous disons que cela n'est pas viable pour les travailleurs, nous avons en tête la nécessité de la continuité de l'emploi. Le coût de la vie est extrêmement élevé ici. La valeur de nos maisons par exemple est plus élevée que dans les autres communautés minières. Une maison familiale ici peut facilement coûter plus de 600 000 dollars. L'insécurité que cause la dépendance de l'industrie aux marchés mondiaux est source d'un très haut sens d'insécurité parmi nos travailleurs du fait que le coût de la vie est si élevé dans notre région. Nous ne pouvons pas nous permettre les hauts et les bas de l'industrie. La continuité de l'emploi est très importante pour nous.

Nous devons examiner comment le pétrole qui sort de Fort McMurray peut profiter à tous les Canadiens. Est-ce qu'on ne pourrait pas en détourner une partie vers Edmonton par exemple pour y soutenir l'industrie manufacturière ?

Nous avons perdu tellement d'entreprises du secteur secondaire. Je pense ici à la fermeture de la raffinerie de Pétro-Canada à Oakville en Ontario ou à celle de Shell à Montréal. On devrait utiliser une partie de ce pétrole pour garder les raffineries ouvertes et donner des emplois aux travailleurs d'ici. Selon nous, c'est le rôle des gouvernements de réglementer l'industrie afin que les Canadiens d'un bout à l'autre du pays en profitent.

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