Mouvement ouvrier
Mines

Les travailleurs de la Iron Ore au Labrador
se battent pour leurs conditions de travail
- Janvier 2011 -

La section locale 5795 du Syndicat des Métallos qui représente les travailleurs de la Compagnie Iron Ore du Canada au Labrador rapporte que le monopole a des plans d'expansion pour 2011. Le syndicat avertit la compagnie qu'elle devra embaucher d'autres travailleurs et prendre les mesures nécessaires pour assurer leur santé et sécurité. Les travailleurs ont le droit et le devoir de refuser de travailler dans des conditions dangereuses et d'exiger les correctifs nécessaires avant de retourner travailler, souligne le syndicat. Ils ne peuvent pas être persécutés pour avoir exigé des conditions de travail sécuritaires.

D'autre part, le syndicat souligne que la Compagnie Iron Ore fait de la sous-traitance en violation de la convention collective.

Iron Ore est le plus grand producteur de minerai de fer au Canada et un fournisseur mondial de granulés et de concentrés de minerai de fer. Elle est la propriété conjointe de Rio Tinto (58,7 %), Mitsubishi Corporation (26,2 %) et Labrador Iron Ore Royalty Income Fund (15,1 %).

Nous avons parlé à George Kean, président de la section locale 5795 du Syndicat des métallos, des préoccupations des travailleurs pour l'année qui vient.

Entrevue
- George Kean, président de la section 5795 du Syndicat des Métallos -

LML : Quelles sont vos principales préoccupations pour 2011?

George Kean : IOC est en train d'augmenter la production en réponse à la hausse de la demande mondiale pour le minerai de fer. Nous sommes heureux de cette expansion mais aussi très préoccupés en ce qui concerne la santé et la sécurité de nos travailleurs. Si on ne prend pas les mesures nécessaires, l'expansion de la production peut signifier l'aggravation des conditions de santé et de sécurité des travailleurs. Nous avons perdu des travailleurs ces dernières années suite à des accidents et à des maladies professionnelles et il y a encore des travailleurs qui contractent ces maladies. Juste en mars dernier, un de nos membres est décédé en tombant d'une plateforme et un autre travailleur a été sérieusement blessé dans le même accident. Nous exigeons que tous les travailleurs jouissent de conditions qui leur permettent de sortir en santé et indemnes de leur quart de travail. Il faut sérieusement améliorer nos méthodes de contrôle de la poussière et nettoyer la place de travail avant d'augmenter la production. Il faut porter une attention particulière au contrôle de l'exposition à la silice et à l'amiante. À plusieurs endroits dans nos installations, les travailleurs sont exposés à des niveaux d'exposition qui dépassent les valeurs limites d'exposition ( les VLE sont des mesures-guides internationales qui indiquent les limites d'exposition à des substances toxiques avant que la santé ne soit affectée – Note du LML). Tout récemment, des inspecteurs du gouvernement ont refusé d'entrer dans certaines sections des installations de granules de fer pour des raisons de sécurité. Cela en dit long sur le manque de nettoyage de la place et sur l'environnement insalubre qui en résulte à l'intérieur comme à l'extérieur.

Face à l'augmentation de la production, notre premier souci demeure la santé et la sécurité de nos travailleurs. Le bien le plus précieux dans notre secteur ce n'est pas le minerai mais les travailleurs qui l'extraient, et nous devons nous assurer qu'ils ne sont pas exposés à la silice et à l'amiante et ne contractent pas d'ici quelques années des maladies professionnelles qui les tuent. On doit par exemple améliorer les systèmes de ventilation et faire tout ce qui est possible pour éliminer toutes les sources de maladies professionnelles. IOC a nommé une nouvelle direction à la mine et c'est notre devoir de travailler tous ensemble pour créer un environnement salubre à l'intérieur comme à l'extérieur. Nous formons nos travailleurs à travailler de façon sécuritaire en portant leurs masques et les autres équipements de sécurité mais, ceux-ci sont des instruments de dernier recours. La question c'est de nettoyer constamment la place de fond en comble. Nous devons tous être conscients que nous travaillons dans l'industrie du minerai de fer et que cela exige l'amélioration constante des conditions de salubrité dont les systèmes de ventilation.

La santé et la sécurité sont chose première en ce qui nous concerne. Notre main-d'oeuvre est presque entièrement nouvelle. Nous sommes environ 1200 et près de 800 d'entre eux ne sont avec nous que depuis 2005. Nous devons travailler tous ensemble pour prévenir les accidents et les maladies professionnelles lesquelles ne se déclarent souvent que plusieurs années après que les travailleurs les aient contractées.

(Traduit de l'anglais par Le Marxiste-Léniniste)

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