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La FTQ conclut son 29e congrès
Les travailleurs déterminés à intensifier la lutte contre l'offensive antisociale
C'est le 3 décembre que la Fédération des travailleurs et travailleuses du Québec a conclu son 29e congrès à Montréal qui avait débuté le 29 novembre. Le comité de la vérification des mandats, dans son dernier rapport au congrès, a rapporté que 1737 personnes y ont participé :
1314 membres délégués représentant 365 sections locales de 30 syndicats et 16 conseils régionaux ; 258 observateurs, 127 invités, et 38 représentants des médias.
Les deux dernières journées ont été marquées par l'adoption d'un grand nombre de résolutions, une manifestation devant les bureaux de la Caisse de dépôt et placement, l'élection aux postes de président et secrétaire général de la centrale et l'élection du bureau de la FTQ.
Jeudi midi, les congressistes sont allés manifester devant les bureaux de la Caisse de dépôt et placement qui gère entre autres choses les régimes de retraite des employés du gouvernement et des organismes publics et les fonds du Régime des rentes du Québec (RRQ), de même que certains fonds de pensions et
d'assurance privés. Ils ont dénoncé le fait que les retraités, qui ont bâti le Québec, vivent dans les conditions les plus précaires à cause des montants totalement insuffisants qu'ils reçoivent, d'autant plus que 38 % de la population n'a pour régime de retraite que ceux du gouvernement fédéral et de la Régie des
rentes.
Sous le thème général « Une retraite à l'abri des soucis », ils ont mis de l'avant trois revendications principales qui ont été au centre d'une résolution adoptée à l'unanimité plus tard dans l'après-midi : 1) le doublement des montants versés par la Régie des rentes de 25 % à 50 %
des revenus de travail par le biais de hausses de cotisations des employeurs et des travailleurs, la hausse immédiate de 15 % des barèmes du Supplément fédéral de revenu garanti qui est payé aux personnes à bas revenu qui en font la demande et l'inscription automatique de tous les gens à faible revenu au
supplément ; 2) l'arrêt des attaques des grandes entreprises contre les régimes de retraite à prestations déterminées et 3) la modification des lois de la faillite pour accorder un statut de créditeur prioritaire aux retraités.
Parmi les résolutions adoptées durant les deux dernières journées du Congrès, on retrouve celles contre les mesures prises par les grandes entreprises pour forcer les travailleurs à ne pas rapporter les accidents de travail en les dirigeant vers des assignations temporaires ou en contestant systématiquement l'admissibilité
des travailleurs accidentés aux paiements de compensation :1) une résolution demandant la mise en oeuvre intégrale de la Loi sur la santé et la sécurité du travail dans tous les secteurs de l'économie et cela après 30 ans de revendications dans ce sens alors que la loi ne s'applique toujours qu'à
un petit nombre de secteurs ; 2) une résolution appuyant une campagne visant à obliger Postes Canada à augmenter les services à la population et qui dénonce la déréglementation et la privatisation du service et les éliminations de postes ; 3) une résolution pour forcer le gouvernement fédéral à adopter
une loi proactive sur l'équité salariale.
Le 3 décembre était journée d'élections au congrès. Michel Arsenault a été réélu à l'unanimité président de la centrale et Daniel Boyer, le président du Syndicat des employées et employés de service, section locale 298, a été élu par acclamation le nouveau secrétaire-
général de la FTQ suite à la décision de René Roy de prendre sa retraite. Le bureau de la FTQ, qui est responsable du travail au jour le jour de la centrale et répond au Conseil général, a ensuite été élu. Le bureau comprend le président et le secrétaire général de la centrale, un vice-président ou une vice-présidente
pour chaque syndicat possédant plus de 8000 membres, un représentant des conseils régionaux et trois femmes élues par le caucus des femmes déléguées au congrès. Tous les membres du bureau ont été élus par acclamation.
Après l'assermentation des élus, le Congrès a été clôturé. Les délégués et les déléguées s'en sont retournés dans leurs régions et plusieurs dans leurs commentaires mentionnaient que le congrès est appelé à avoir une portée historique. La raison en est le contexte caractérisé par l'offensive antisociale des riches
et de leurs gouvernements qui, depuis ses débuts dans les années 70-80, n'a fait que s'intensifier en une guerre ouverte pour nier tout ce qui s'appelle une société responsable envers ses membres et pour bloquer la construction d'une société qui reconnaît les droits de tous. C'est pourquoi, disaient les délégués, l'adoption
dans les conditions actuelles de résolutions historiques de la FTQ sur l'appropriation collective des ressources naturelles ou la gratuité scolaire et de résolutions visant à déjouer les provocations des grands monopoles pour détruire les syndicats vise à donner un nouveau souffle à la FTQ pour en faire un acteur capable
de bloquer cette rétrogression et d'ouvrir la voie au progrès de la société.

Marche en appui aux lockoutés du Journal de Montréal
Le gouvernement du Québec doit prendre ses responsabilités et protéger les travailleurs
- Normand Chouinard -
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Plus de 10 000 travailleurs ont marché dans les rues de Montréal dimanche le 5 décembre pour exiger que le gouvernement du Québec prenne ses responsabilités et empêche les monopoles de faire comme bon leur semble. En appui aux 253 travailleurs du Journal de Montréal en lockout
depuis plus de deux ans, la marche, organisée par la Confédération des syndicats nationaux (CSN), est partie du parc Lafontaine pour se diriger vers les locaux du Journal de Montréal, rue Frontenac. Par les slogans et sur les pancartes, les travailleurs ont réclamé une modernisation du code du travail,
une loi anti-briseur de grève qui les protège réellement contre l'utilisation de scabs. Ils dénoncent le comportement de voyou de la part de monopoles comme Québécor (propriétaire du Journal de Montréal), Shell, AbitibiBowater et Olymel qui font la pluie et le beau temps au mépris du mépris du droit
public et aux dépens des droits de tous.
Des travailleurs ont exprimé au LML toute leur colère qui existe face au gouvernement du Québec qui refuse de les protéger et de bloquer les attaques des monopoles.
Une travailleuse des Centres d'appel de Bell a expliqué que le gouvernement Charest a modifié l'article 45 du code du travail pour faciliter le recours à la sous-traitance. Ainsi, les compagnies créent du « cheap labor » sans conditions de travail. En appauvrissant ainsi des milliers de personnes,
c'est l'ensemble de la société et l'économie en général qui s'appauvrissent, a-t-elle dit.
Un travailleur du Saguenay Lac-St-Jean a dit au LML qu'il est absolument nécessaire d'imposer des balises fermes aux monopoles pour assurer la protection de nos communautés et de nos régions. Le gouvernement du Québec doit prendre le leadership et voter de nouvelles lois qui vont dans ce sens.
Une infirmière a expliqué que la vaste offensive du gouvernement Charest pour protéger les grandes entreprises au détriment du peuple et du Québec se voit entre autres dans la loi 100 sur « l'équilibre budgétaire » et les nouvelles normes de tarification dans la santé et l'éducation. Un commis d'entretien
de la Société de transport de Montréal a conclu que ce que fait Québécor aux 253 lockoutés du Journal de Montréal est une cause pour toute la classe ouvrière. « Si nous n'empêchons pas la destruction de nos conditions de travail, dit-il, ce sera tous les travailleurs qui y passeront un jour
ou l'autre. C'est une bataille pour notre avenir. »
Plus la marche approchait des locaux du Journal de Montréal, plus on entendait haut et fort : « Voyou, Voyou », exprimant clairement que les travailleurs du Québec n'acceptent pas le voyoutisme et le diktat de monopoles comme Québécor, Shell et les autres sur le Québec.

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