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Hamilton, Ontario
Le monopole de l'acier abuse de sa position dominante:
US Steel est-il coupable d'extorsion?
La section locale 1005 du syndicat des
Métallos, dont les 900 membres ont été mis en
lockout par US Steel le 7 novembre, accuse la compagnie de ne pas
négocier de bonne foi. Une résolution adoptée par
le Conseil municipal de Hamilton parle aussi des « tactiques
d'intimidation »
qu'utilise US Steel pour forcer les travailleurs à se soumettre
à son diktat. En fait, au lieu de négocier de bonne foi
pour obtenir un résultat à l'avantage réciproque,
US Steel abuse de sa position dominante pour faire chanter les
travailleurs et les forcer à « accepter »
le changement de leur régime de pension.
Il veut que le syndicat abandonne l'indexation des pensions des
9 000 retraités, dont 3 000 gagnent entre 300 $
et 1000 $ par mois, dont 78 % sont des veuves, et renonce
à un régime de pension à prestations
déterminées pour les nouveaux employés. Bref, US
Steel dit aux travailleurs
que s'ils n'acceptent pas « volontairement » ces
modifications, il peut très bien continuer de se servir de sa
position dominante pour obtenir ce qu'il veut. N'est-ce pas une forme
évidente de chantage ? Et le chantage n'est-il pas une
forme d'extorsion criminelle ?
L'article 346 du Code criminel
définit l'extorsion comme suit : « (1) Commet
une extorsion quiconque, sans justification ou excuse raisonnable et
avec l'intention d'obtenir quelque chose, par menaces, accusations ou
violence, induit ou tente d'induire une personne, que ce soit ou
non la personne menacée ou accusée, ou celle contre qui
la violence est exercée, à accomplir ou à faire
accomplir quelque chose. »
Une entreprise est une personne aux termes du droit
commercial canadien. Si une personne comme US Steel tente d'induire
quelqu'un à faire quelque chose, et le fait « par
menaces, accusations ou violence », alors cette personne est
coupable d'extorsion.
En mai dernier, US Steel a menacé le 1005 de
priver ses membres de leur moyen de subsistance et de leurs avantages
sociaux s'il n'acceptait pas les changements demandés au
régime de pension. De la menace il est passé à
l'acte : le 7 novembre la compagnie a mis les travailleurs en
lockout
sans même qu'il n'y ait eu vote de grève et même si
les travailleurs disaient qu'ils voulaient continuer la production.
Depuis le 8 novembre, US Steel a également suspendu
l'assurance maladie, y compris pour les médicaments sur
ordonnance, les soins médicaux, dentaires et
optométristes, de même que les
prestations d'assurance-vie et d'invalidité.
Le gain matériel que US Steel cherche à
obtenir avec ces menaces et ces actions est l'exemption de ses
obligations envers les pensions, obligations qu'il a assumées
lorsqu'il a fait l'acquisition de Stelco en 2007. Ces obligations
existent sous l'autorité du gouvernement de l'Ontario et ne se
terminent pas avant
le 31 décembre 2015. US Steel et son
prédécesseur, Stelco, ont obtenu des gains
matériaux du gouvernement en échange de l'acceptation de
ces obligations : un prêt/subvention de 150 millions $
et un report de cinq à dix ans de l'échéance pour
s'assurer que le fonds est solvable selon les pratiques
comptables établies. US Steel veut maintenant revenir sur ses
engagements. Il a forcé le syndicat de l'aciérie Stelco
de Lake Erie, par un lockout de huit mois, à accepter les
modifications au régime de retraite qu'il voulait et a pris
cette « soumission » au gouvernement de l'Ontario
comme
« preuve » que même les métallos
veulent changer le régime.
Maintenant il veut faire chanter le 1005 et le
forcer à accepter la même chose. Et c'est
particulièrement sinistre puisqu'il veut que les 900
métallos actifs décident d'une affaire qui concerne
directement plus de 9 000 retraités et pas de
manière immédiate ceux qui sont appelés à
voter.
Le 1005 a dit depuis le début qu'il est
disposé à discuter de bonne foi des problèmes
relatifs au régime de retraite et d'en venir à une
solution en conjonction avec le gouvernement de l'Ontario. Il a entre
autres proposé de reporter jusqu'à la fin de
2015 l'échéance pour rétablir la
solvabilité du régime
sans pénalité. Il a également dit publiquement que
les pensions sont un problème social, un problème auquel
tout le pays doit s'adresser collectivement pour que tous les Canadiens
aient droit à une retraite dans la dignité selon le
niveau de vie établi durant leur période de travail. Si
les compagnies veulent réellement
contribuer à trouver une solution à ce problème
social, elles doivent travailler en conjonction avec les gouvernements
pour garantir une pension pour tous. C'est ce qui est exprimé
dans le slogan que l'on voit maintenant sur le panneau-réclame
à Hamilton : « Les métallos luttent pour
la sécurité de tous
à la retraite ! », ainsi que dans le mot
d'ordre : « Défendons les pensions que nous
avons, luttons pour des pensions pour tous ! »
Sur un grand
panneau-réclame à Hamilton et sur les cartes postales
utilisées pour recueillir des fonds pour
le 1005: «Les métallos luttent pour la
sécurité de tous à la retraite! Défendons
la dignité du travail!».
US Steel a refusé de prendre la voie de la
négociation de bonne foi avec le 1005. Pour sa part le
gouvernement de l'Ontario, qui a conclu une entente sur les pensions
avec US Steel, affirme n'avoir pas de raison d'intervenir parce que US
Steel n'a pas modifié l'entente. En d'autres mots, le
gouvernement pense
qu'il peut se croiser les bras devant les méthodes mafieuses de
US Steel et s'en sauver parce que son rôle serait d'intervenir
seulement si la compagnie ne respecte pas l'entente. Mais c'est
sûr que la compagnie ne violera pas l'entente, sa tactique est de
forcer le syndicat à le faire ! Et si jamais cette
extorsion
réussissait et que le syndicat
« acceptait » de modifier le régime, le
gouvernement pourrait prétendre qu'il n'a pas de raison
d'intervenir pour défendre l'accord puisque les deux parties
s'entendent pour le changer !
Quel principe de rapports de production et de
démocratie le gouvernement de l'Ontario défend-il lorsque
la méthode préférée des monopoles est
d'obtenir des gains matériels par l'extorsion des travailleurs
plutôt que de négocier de bonne foi avec les collectifs de
travailleurs, sur la base de l'avantage réciproque ?
Pour l'instant, l'entente conclue entre US Steel et le gouvernement de
l'Ontario reste en vigueur jusqu'au 31 décembre
2015 et elle doit être respectée !
Toute la population de Hamilton et tout le Canada, pas
seulement la section locale 1005 du syndicat des Métallos,
s'opposent au refus des monopoles de négocier de bonne foi avec
leurs employés. Il y a de plus en plus d'exemples où le
diktat de monopole devient une forme d'extorsion basée sur la
loi
du plus fort. Cela ne doit pas passer !

Contrecoeur, Québec
Le laminoir à poutrelles est
plus nécessaire que jamais
Les travailleurs de l'usine d'ArcelorMittal à
Contrecoeur, l'ancienne Sidbec-Dosco, demandent toujours au
géant de l'acier ArcelorMittal de construire un laminoir
à poutrelles dans l'usine, lequel est promis depuis la fin de
2007. En décembre 2007, ArcelorMittal a annoncé le
transfert de sa production en produits
plats vers Dofasco, en Ontario, qu'elle venait juste d'englober dans
son
empire mondial. Elle a fermé deux laminoirs, causant la perte de
500 emplois. ArcelorMittal avait alors immédiatement
annoncé à grand bruit la construction prochaine d'un
laminoir à poutrelles, avec l'appui financier du gouvernement du
Québec,
qui devait entrer en opération d'ici la fin de 2010. Rien n'a
été fait depuis et récemment la direction
d'ArcelorMittal a semé le doute que le projet ne se
réalise jamais. Elle ne se reconnaît aucune
responsabilité sociale face aux travailleurs de l'acier et
à leurs régions ou face à l'industrie de l'acier
au Québec ou au
Canada. Ses efforts pathétiques pour monter les travailleurs du
Québec contre ceux de l'Ontario et vice-versa ne
réussissent pas à cacher que les travailleurs ne comptent
pas pour ces empires privés monopolistes. Seuls comptent leurs
intérêts étroits qu'ils imposent partout où
ils déploient leurs tentacules.
Photo d'archive: Les
métallos de Contrecoeur manifestent pour un laminoir à
poutrelles le 14 juin 2009.
Le Marxiste-Léniniste
réitère son appui à la demande des travailleurs de
Contrecoeur. Les travailleurs n'acceptent pas l'argument
d'ArcelorMittal à l'effet que le laminoir ne peut être
construit en raison de la soi-disant faible demande pour des poutrelles
d'acier. Le marché était là en 2007 pour
les produits plats et ArcelorMittal a tout de même fermé
les deux laminoirs. La demande de poutrelles d'acier était
là en 2007 selon ArcelorMittal, mais l'entreprise n'a rien
fait.
C'est un argument pragmatique de la part du monopole
pour nier sa
responsabilité face aux travailleurs de Contrecoeur et bloquer
le développement d'une économie diversifiée
prosociale et souveraine dans laquelle le secteur de l'acier joue un
rôle clé, au service de tous et non
d'empires privés.

Les travailleurs exigent qu'ArcelorMittal
respecte son engagement
- Entrevue: Claude Langlois,
président de la section 6586
du Syndicat des métallos -
LML : Quels sont les
derniers développements dans la lutte que vous menez ?
Claude Langlois : Nous
demandons toujours la construction du laminoir à poutrelles.
Nous sommes en ce moment environ 600
travailleurs à l'usine. Nous produisons de la brame, de la
billette et du fil machine et nous avons aussi une aciérie. Nous
avons perdu environ 500 emplois en
2007 quand l'employeur ArcelorMittal a transféré sa
production de produits plats à Dofasco et fermé les deux
laminoirs. Nous avons tout fait à ce moment-là pour
éviter des mises à pied et les 500 pertes
d'emplois ont été couvertes par des bonifications
à la retraite et des primes de séparation.
C'est à ce moment-là que l'employeur s'est
engagé à construire un laminoir à poutrelles d'ici
la fin de 2010 qui aurait créé quelque 200 emplois
à temps
plein. ArcelorMittal est allé dans tous les journaux pour clamer
que le projet était quelque chose de certain, qu'il avait
l'appui du gouvernement du Québec,
etc. Nous on se demande si ce n'était pas plutôt une
question de sauver leur image après ce qu'ils venaient de faire.
Pour nous le projet était une façon de
compenser partiellement pour les pertes d'emplois et aussi pour sauver
la sidérurgie québécoise.
Comme je l'ai mentionné à plusieurs
reprises, en ne se reconnaissant aucun engagement envers nous,
ArcelorMittal va avoir tout simplement bénéficié
de
la privatisation effectuée sous le gouvernement de Robert
Bourassa et de son ministre de l'Industrie et du Commerce de
l'époque, Gérald Tremblay, sans avoir
à consolider la sidérurgie au Québec.
(L'entreprise publique québécoise Sidbec-Dosco a
été vendue pour une bouchée de pain par le
gouvernement du Québec
en 1994 à Ispat International, le monopole qui est plus
tard devenu ArcelorMittal – Note du LML), Les installations
de Contrecoeur
ont été profitables pour ArcelorMittal. Nous avons
été sa porte d'entrée pour le continent
nord-américain. Tout au long de notre histoire syndicale nous
avons
dû nous battre pour non seulement sauver des emplois mais aussi
notre sidérurgie québécoise. Nous y croyons et
nous allons continuer de nous battre.
C'est aussi une question pour nous de corriger la
situation où ArcelorMittal n'a pas investi un sou dans la place
même si, syndicalement, nous nous sommes
toujours battus pour que l'entreprise fasse des investissements.
ArcelorMittal nous dit que ça n'aurait pas de sens de ne pas
utiliser les équipements de Dofasco
qui sont beaucoup plus modernes et productifs, mais c'est la même
compagnie qui pendant des années a refusé d'investir
à Contrecoeur.
Nous avons mobilisé toute la communauté
avec nous. Il faut comprendre qu'en plus de ces pertes d'emplois, nous
avons été frappés durement par la crise
économique, notamment par des mises à pied alors ce
laminoir nous en avons besoin plus que jamais.
Nous avons récemment signé une nouvelle
convention collective. Au moment de signer, nous avons demandé
à l'employeur ce qu'il en est du projet de
laminoir à poutrelles. Ils nous ont dit qu'ils n'ont aucun
pouvoir de décider à ce sujet mais que c'est la
maison-mère qui déciderait. Nous avons réussi
à négocier
une lettre d'entente par laquelle l'employeur s'engageait à
faire une étude de marché. Durant la négociation,
ArcelorMittal nous disait que le marché nord-américain
des poutrelles était mauvais, mais nous ne
voulions pas qu'il se lave les mains du projet. En plus de ça,
le marché était là en 2007 et ils n'ont
rien fait. Ils nous ont présenté cette étude en
juillet 2010 et elle disait que le marché nord-américain
ne reprendrait pas avant 2014-2015. Le projet a été mis
sur la glace comme on dit. Nous, on ne lâche pas. C'est une
promesse qu'ils doivent remplir, pour les emplois, pour la
communauté et pour la sidérurgie
québécoise.

Thompson, Manitoba
On ne doit pas permettre à Vale de fermer
la fonderie et raffinerie de nickel
À Thompson au Manitoba se trouve un complexe
d'extraction, de fonderie et de raffinage de nickel qui est
situé sur un des grands dépôts de nickel du
monde. Ce sont les travailleurs miniers et non le monopole Vale qui ont
créé cette richesse productive par leur dur labeur sur la
couronne de nickel de
Thompson.
Les travailleurs canadiens et la société
canadienne ont payé et construit toute l'infrastructure qui a
rendu possible cette activité minière. On a construit
des installations hydroélectriques pour Inco, le
propriétaire avant Vale, et la compagnie s'est vue octroyer une
garantie d'approvisionnement hydroélectricité
à bas prix. Un service régional de
téléphone a même été bâti pour
Inco. Le Canadien National, qui était à l'époque
une entreprise publique, a construit une ligne
de chemin de fer qui se rend à la mine.
On a exempté Inco des taxes municipales. On l'a
exemptée de toute responsabilité pour dommages
causés à l'environnement ; on lui a octroyé
des
terrains à 1 dollar l'âcre et des droits sur la
rivière Thompson et le lac Mystery sans aucun frais.
Les ressources minérales dont Inco et Vale ont
tant profité sont elles aussi des ressources publiques et le
gouvernement doit les gérer dans l'intérêt public.
Selon des documents déposés en 2008 par
l'Autorité américaine de régulation des
marchés financiers, Vale possède 2974 ententes de
location par
le biais de sa filiale Mystery Lake Nickel Mines Limited. Les baux sont
accordés par décret par le gouvernement provincial,
lequel permet au locataire
« d'explorer et d'extraire tous les minerais du
sous-sol ». Les baux de Vale viennent à terme le
premier avril 2013. Leur renouvellement est à la
discrétion du gouvernement provincial.
Ces richesses appartiennent au Canada et Vale n'a pas le
droit de les détruire. Malgré cela, Vale a fait savoir
aux travailleurs et à la communauté de
Thompson de même qu'à la province du Manitoba et au pays
tout entier qu'elle va fermer la fonderie et la raffinerie en 2015. Il
ne faut pas permettre que Vale
détruise des installations productives de l'économie
canadienne.
Les opérations de nickel de Thompson ont une
énorme capacité productive. La société
canadienne a été empêchée d'en tirer un
plein avantage à cause des
intérêts étroits des capitalistes financiers qui
s'en sont historiquement appropriés. Cela doit cesser. On doit
interdire à Vale de détruire les opérations de
fonderie
et de raffinage de Thompson et de priver les travailleurs et
l'économie du Canada des bénéfices
réalisés et potentiels de ce complexe.
Le gouvernement fédéral et le gouvernement
du Manitoba doivent prendre leurs responsabilités et s'assurer
que l'intérêt public va prévaloir sur les
intérêts
étroits de Vale et sur le diktat monopoliste.

Chili: Le sauvetage des 33 mineurs de San
José
L'euphorie qui masque l'exploitation continue
par les gouvernements et entreprises
- Correspondant du
Marxiste-Léniniste -

Des mineurs secourus le 13 octobre 2010 (Xinhua)
|
Le 5 août, les Chiliens ont appris l'horrible
nouvelle que 33 mineurs étaient pris au piège
à 700 mètres sous la surface sous des tonnes de roche
suite à un éboulement à la mine d'or et de cuivre
de San José. Dix-sept jours plus tard, en grande partie
grâce à leur persistance, leur expérience et leur
force,
on a pu établir le contact avec les mineurs pris au
piège. Le gouvernement a rapidement exploité la grande
joie ressentie par les Chiliens à cette bonne nouvelle
et encore lors de leur éventuel sauvetage le 5 octobre pour
dissimuler la cause véritable de l'accident.
Plusieurs leçons peuvent être tirées
de cette quasi-tragédie. La première est que la classe
ouvrière incarne elle-même la solidarité. Unis par
des liens de
loyauté et d'honneur, ces travailleurs ont été
capables de surmonter les plus grands obstacles sans l'aide des
propriétaires, qui se sont enfuis comme des rats
quand ils ont appris l'effondrement de la mine. Au milieu de
l'adversité, la classe ouvrière est capable de trouver
ses repères et faire face collectivement aux
difficultés que la nature impose. Les mineurs pris au
piège se sont organisés, ont pris la
responsabilité de veiller l'un sur l'autre et ont assuré
leur propre survie,
malgré le manque de ressources et des températures
moyennes de plus de 30 degrés Celsius. Une autre leçon
est qu'il est clair que la principale préoccupation
des propriétaires de cette mine continue d'être les
profits, sans jamais hésiter à exploiter les
travailleurs et à piétiner leurs droits.
La San Estevan Mining Company est la propriétaire
de la mine de taille moyenne de San José. Il s'agit d'une
très vieille mine d'or et de cuivre, située dans
le désert d'Atacama, le désert le plus aride du monde.
Cette société fait des affaires depuis plus d'un
demi-siècle et a amassé une grande fortune.
Pendant de nombreuses années, cette mine a
été dénoncée comme étant dangereuse.
Entre 2000 et 2004, les travailleurs ont fait plus d'une douzaine de
réclamations auprès de différentes
autorités gouvernementales dans le pays. La majorité de
ces organismes publics n'ont pas agi pour protéger les
travailleurs.
Au lieu de cela, ils ont protégé les
intérêts du capital. Il y a eu trois accidents mortels au
cours des quatre dernières années et deux accidents qui
ont entraîné
l'amputation pour plusieurs travailleurs. L'éboulement du
5 août a été d'une telle ampleur qu'il a
pratiquement détruit les galeries et les conduits d'accès
de la mine.
Selon différents spécialistes, cette mine
n'aurait jamais dû être rouverte en mai 2008 (elle a
été fermée en 2007 en raison d'un
décès). Toutefois,
la compagnie minière a été en mesure de continuer
ses opérations en raison du mépris pour la vie des gens
par les autorités judiciaires et politiques. Il ressort
également que pour augmenter leurs profits, les
propriétaires ont agi de manière criminelle et
irresponsable. Par exemple, en dépit du fait que la mine est
creusée
dans du roc instable, les propriétaires de la mine ont
réduit le nombre de poutres de support. Cela a compris l'ordre
de retirer des poutres qui se trouvaient dans
le chemin des machines d'exploitation minière. À la suite
de l'éboulement, les mineurs ont immédiatement
essayé de s'échapper par les échelles dans le
puits
de ventilation qui est censé être la sortie de secours.
Ils ont découvert qu'il y avait des échelles en partie
seulement dans le puits, empêchant leur fuite. Plus
tard, le puits s'est complètement effondré sans espoir de
jamais pouvoir l'utiliser. Sans aucun doute, si la
société minière s'était assurée que
cette sortie de secours était en bon état, les mineurs
auraient été en
mesure de s'échapper en quelques heures.
Pourquoi ces travailleurs avec tant d'expérience
travaillent dans cette mine dangereuse ? Parce que pour la
plupart,
il n'y a que des emplois précaires.
Les gens sont souvent forcés de travailler dans des situations
où les droits fondamentaux sont bafoués et où le
droit constitutionnel à une journée de travail de
huit heures est mis de côté. Des milliers de travailleurs
doivent risquer leur vie dans de telles conditions dangereuses à
cause de l'absence d'une alternative.
Cet effondrement n'est pas un événement
imprévu et unique ; il est l'un des nombreux qui se
produisent quotidiennement dans le pays. Il y a de soi-
disant accidents dans presque tous les secteurs de l'économie et
les travailleurs meurent en raison des pratiques peu scrupuleuses des
propriétaires essayant de
sauver de l'argent au détriment de la santé et la
sécurité des travailleurs. À la suite de la
déréglementation du code du travail, plus de travailleurs
se blessent
dans les secteurs de la construction, le transport, la fabrication et
les services. Cela a commencé sous la dictature de Pinochet et
s'est accru sous les
gouvernements post-Pinochet qui ont facilité l'investissement
étranger et n'ont pas établi de normes pour
protéger les travailleurs.
L'activité minière occupe la place la plus
importante dans l'économie chilienne. La production de cuivre a
été nationalisée le 11 juillet 1971 sous
le gouvernement de Salvador Allende. À cette époque,
toutes les mines, qui comprennent certaines des plus grandes au monde,
ont généré plus de 45 %
du produit national brut. Pendant la dictature, le processus de
privatisation a été lancé et aujourd'hui plus de
74 % de l'extraction de cuivre est entre des
mains privées, avec des conditions généreuses
offertes aux investisseurs étrangers. Faciliter des
investissements étrangers exploiteurs a été la
politique de tous
les gouvernements post-dictature.
Durant l'euphorie suite au sauvetage de tous les mineurs
pris au piège, le gouvernement de droite du
président chilien José Piñera a cherché
à créer dans son message
une fausse impression quant à son
humanisme et sa contribution à l'unité nationale. Rien
n'est dit de la responsabilité criminelle des
propriétaires qui
ont déclaré faillite. Qui doit assumer la
responsabilité pour le bien-être et le moyen de
subsistance de tous les travailleurs et leurs familles qui ont
été deux mois
sans salaire ? Outre les 33 mineurs, rien n'est dit sur le
fait qu'il y en a des centaines d'autres en attente de solutions et de
rémunération. Rien n'est
dit non plus au sujet des accidents subis par les autres mineurs
chiliens en conséquence de ces politiques scandaleuses qui
servent les entreprises privées qui
tirent profit de l'exploitation la plus brutale.
Maintenant commence la campagne de désinformation
pour cacher les véritables causes de cet accident où les
antagonistes sont une fois de plus les
travailleurs et les entreprises : d'une part, les travailleurs
subissant les rigueurs d'un système fondé sur la
propriété privée et l'exploitation la plus
extrême
et, d'autre part, les entreprises s'enrichissant au détriment
des travailleurs et perpétuant un système politique qui
profite à un petit groupe d'exploiteurs.
Aujourd'hui, plus que jamais, les travailleurs chiliens
doivent être vigilants. Sous le couvert trompeur de nouvelles
législations sur la chesécurité au travail, le
gouvernement persiste à privatiser et
déréglementer les relations de travail en favorisant
toujours l'investissement privé, autant national
qu'étranger, comme une
attaque contre les travailleurs.

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