Le Marxiste-Léniniste

Numéro 185 - 7 décembre 2010

La FTQ conclut son 29e congrès

Les travailleurs déterminés à intensifier
la lutte contre l'offensive antisociale


Montréal le 2 décembre 2010: Manifestation en appui à la campagne «Une retraite à l'abri des soucis»
dans le cadre du 29e Congrès de la FTQ.

La FTQ conclut son 29e congrès

Les travailleurs déterminés à intensifier la lutte contre l'offensive antisociale

Marche en appui aux travailleurs en lockout du Journal de Montréal
Le gouvernement du Québec doit prendre ses responsabilités et protéger les travailleurs - Normand Chouinard

Nous ressources, nous décidons!
Pétition pour un moratoire sur le gaz de schiste 

Nouvelles en bref
Nouvelles fermetures et mises à pied dans la région de Montréal

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La FTQ conclut son 29e congrès

Les travailleurs déterminés à intensifier
la lutte contre l'offensive antisociale

C'est le 3 décembre que la Fédération des travailleurs et travailleuses du Québec a conclu son 29e congrès à Montréal qui avait débuté le 29 novembre. Le comité de la vérification des mandats, dans son dernier rapport au congrès, a rapporté que 1737 personnes y ont participé : 1314 membres délégués représentant 365 sections locales de 30 syndicats et 16 conseils régionaux ; 258 observateurs, 127 invités, et 38 représentants des médias.

Les deux dernières journées ont été marquées par l'adoption d'un grand nombre de résolutions, une manifestation devant les bureaux de la Caisse de dépôt et placement, l'élection aux postes de président et secrétaire général de la centrale et l'élection du bureau de la FTQ.

Jeudi midi, les congressistes sont allés manifester devant les bureaux de la Caisse de dépôt et placement qui gère entre autres choses les régimes de retraite des employés du gouvernement et des organismes publics et les fonds du Régime des rentes du Québec (RRQ), de même que certains fonds de pensions et d'assurance privés. Ils ont dénoncé le fait que les retraités, qui ont bâti le Québec, vivent dans les conditions les plus précaires à cause des montants totalement insuffisants qu'ils reçoivent, d'autant plus que 38 % de la population n'a pour régime de retraite que ceux du gouvernement fédéral et de la Régie des rentes.

Sous le thème général « Une retraite à l'abri des soucis », ils ont mis de l'avant trois revendications principales qui ont été au centre d'une résolution adoptée à l'unanimité plus tard dans l'après-midi : 1) le doublement des montants versés par la Régie des rentes de 25 % à 50 % des revenus de travail par le biais de hausses de cotisations des employeurs et des travailleurs, la hausse immédiate de 15 % des barèmes du Supplément fédéral de revenu garanti qui est payé aux personnes à bas revenu qui en font la demande et l'inscription automatique de tous les gens à faible revenu au supplément ; 2) l'arrêt des attaques des grandes entreprises contre les régimes de retraite à prestations déterminées et 3) la modification des lois de la faillite pour accorder un statut de créditeur prioritaire aux retraités.

Parmi les résolutions adoptées durant les deux dernières journées du Congrès, on retrouve celles contre les mesures prises par les grandes entreprises pour forcer les travailleurs à ne pas rapporter les accidents de travail en les dirigeant vers des assignations temporaires ou en contestant systématiquement l'admissibilité des travailleurs accidentés aux paiements de compensation :1) une résolution demandant la mise en oeuvre intégrale de la Loi sur la santé et la sécurité du travail dans tous les secteurs de l'économie et cela après 30 ans de revendications dans ce sens alors que la loi ne s'applique toujours qu'à un petit nombre de secteurs ; 2) une résolution appuyant une campagne visant à obliger Postes Canada à augmenter les services à la population et qui dénonce la déréglementation et la privatisation du service et les éliminations de postes ; 3) une résolution pour forcer le gouvernement fédéral à adopter une loi proactive sur l'équité salariale.

Le 3 décembre était journée d'élections au congrès. Michel Arsenault a été réélu à l'unanimité président de la centrale et Daniel Boyer, le président du Syndicat des employées et employés de service, section locale 298, a été élu par acclamation le nouveau secrétaire-général de la FTQ suite à la décision de René Roy de prendre sa retraite. Le bureau de la FTQ, qui est responsable du travail au jour le jour de la centrale et répond au Conseil général, a ensuite été élu. Le bureau comprend le président et le secrétaire général de la centrale, un vice-président ou une vice-présidente pour chaque syndicat possédant plus de 8000 membres, un représentant des conseils régionaux et trois femmes élues par le caucus des femmes déléguées au congrès. Tous les membres du bureau ont été élus par acclamation.

Après l'assermentation des élus, le Congrès a été clôturé. Les délégués et les déléguées s'en sont retournés dans leurs régions et plusieurs dans leurs commentaires mentionnaient que le congrès est appelé à avoir une portée historique. La raison en est le contexte caractérisé par l'offensive antisociale des riches et de leurs gouvernements qui, depuis ses débuts dans les années 70-80, n'a fait que s'intensifier en une guerre ouverte pour nier tout ce qui s'appelle une société responsable envers ses membres et pour bloquer la construction d'une société qui reconnaît les droits de tous. C'est pourquoi, disaient les délégués, l'adoption dans les conditions actuelles de résolutions historiques de la FTQ sur l'appropriation collective des ressources naturelles ou la gratuité scolaire et de résolutions visant à déjouer les provocations des grands monopoles pour détruire les syndicats vise à donner un nouveau souffle à la FTQ pour en faire un acteur capable de bloquer cette rétrogression et d'ouvrir la voie au progrès de la société.

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Marche en appui aux travailleurs en lockout du Journal de Montréal

Le gouvernement du Québec doit prendre ses responsabilités et protéger les travailleurs


Plus de 10 000 travailleurs ont marché dans les rues de Montréal dimanche le 5 décembre pour exiger que le gouvernement du Québec prenne ses responsabilités et empêche les monopoles de faire comme bon leur semble. En appui aux 253 travailleurs du Journal de Montréal en lockout depuis plus de deux ans, la marche, organisée par la Confédération des syndicats nationaux (CSN), est partie du parc Lafontaine pour se diriger vers les locaux du Journal de Montréal, rue Frontenac. Par les slogans et sur les pancartes, les travailleurs ont réclamé une modernisation du code du travail, une loi anti-briseur de grève qui les protège réellement contre l'utilisation de scabs. Ils dénoncent le comportement de voyou de la part de monopoles comme Québécor (propriétaire du Journal de Montréal), Shell, AbitibiBowater et Olymel qui font la pluie et le beau temps au mépris du droit public et aux dépens des droits de tous.

Des travailleurs ont exprimé au LML toute leur colère qui existe face au gouvernement du Québec qui refuse de les protéger et de bloquer les attaques des monopoles.

Une travailleuse des Centres d'appel de Bell a expliqué que le gouvernement Charest a modifié l'article 45 du code du travail pour faciliter le recours à la sous-traitance. Ainsi, les compagnies créent du « cheap labor » sans condition de travail. En appauvrissant ainsi des milliers de personnes, c'est l'ensemble de la société et l'économie en général qui s'appauvrissent, a-t-elle dit.

Un travailleur du Saguenay Lac-Saint-Jean a dit au LML qu'il est absolument nécessaire d'imposer des balises fermes aux monopoles pour assurer la protection de nos communautés et de nos régions. Le gouvernement du Québec doit prendre le leadership et voter de nouvelles lois qui vont dans ce sens.

Une infirmière a expliqué que la vaste offensive du gouvernement Charest pour protéger les grandes entreprises au détriment du peuple et du Québec se voit entre autres dans la loi 100 sur « l'équilibre budgétaire » et les nouvelles normes de tarification dans la santé et l'éducation. Un commis d'entretien de la Société de transport de Montréal a conclu que ce que fait Québécor aux 253 lockoutés du Journal de Montréal est une cause pour toute la classe ouvrière. « Si nous n'empêchons pas la destruction de nos conditions de travail, dit-il, ce sera tous les travailleurs qui y passeront un jour ou l'autre. C'est une bataille pour notre avenir. »

Plus la marche approchait des locaux du Journal de Montréal, plus on entendait haut et fort : « Voyou, Voyou », exprimant clairement que les travailleurs du Québec n'acceptent pas le voyoutisme et le diktat de monopoles comme Québécor, Shell et les autres sur le Québec.




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Nous ressources, nous décidons!

Pétition pour un moratoire sur le gaz de schiste

CONSIDÉRANT QUE des travaux d'exploration visant à exploiter le gaz de schiste se déroulent au Québec et qu'ils présentent des risques environnementaux importants, notamment pour l'eau en raison des produits chimiques utilisés pour la fracturation ainsi que l'augmentation des GES (gaz à effet de serre) ;

CONSIDÉRANT QUE des conséquences environnementales de cette exploitation ont eu des effets dévastateurs aux États-Unis et en Alberta ;

CONSIDÉRANT QUE ces travaux soulèvent une inquiétude légitime chez les citoyens et les citoyennes, des communautés ainsi que des élus municipaux qui n'ont pas les pouvoirs d'arrêter ces travaux ou n'ont pas les ressources pour gérer les conséquences de tels travaux ;

CONSIDÉRANT QUE le Bureau d'audiences publiques sur l'environnement a reçu un mandat qui se limite à proposer très rapidement un cadre de développement de la filière des gaz de schiste et que pendant ce temps les forages se poursuivent ;

CONSIDÉRANT QUE le Québec est actuellement apte à entreprendre un virage vers l'exploitation des énergies durables qui contribuerait à la diminution des GES tout en contribuant à l'emploi et à la richesse collective dans une optique nationale ;

CONSIDÉRANT QU'il est fondamental de décider collectivement de l'exploitation de nos ressources et que l'importance de cet enjeu nécessite une large consultation publique visant entre autres à décider de notre avenir énergétique ;

Nous, citoyens québécois, demandons que le gouvernement provincial du Québec ordonne un moratoire complet sur l'exploration et l'exploitation du gaz de schiste.

(Pour signer la pétition, cliquer ici)

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Nouvelles en bref

Nouvelles fermetures et mises à pied
dans la région de Montréal

Les médias monopolisés répètent que la crise économique est terminée et que nous sommes en période de relance, mais la réalité pour la classe ouvrière est tout autre. Les fermetures d'usines, les mises à pied et les demandes de concessions sont incessantes. En voici un bref aperçu :

- La haute direction de la compagnie Transcontinental a décidé de fermer son usine de Boucherville. Cette fermeture est effective dès le 17 décembre. Les 180 travailleurs de l'imprimerie ont appris la nouvelle par voie d'un communiqué les remerciant pour leur dévouement et leur travail pour la compagnie. Transcontinental a expliqué sa décision en affirmant que le marché de l'impression de livres, catalogues et magazines était en chute libre et que sa décision était nécessaire pour faire face à la concurrence. Transcontinental est le quatrième plus grand imprimeur en Amérique du Nord. Il possède deux autres usines dans la région de Montréal, soit une à Rivière-des-Prairies et une autre à Boucherville.

- Fermeture de L'imprimerie Quad/Graphics à Saint-Jean-sur-Richelieu. Cette fermeture entraîne la mise à pied de plus de 100 travailleurs. Quad/Graphics, le nouveau propriétaire américain de World Color Press (qui appartenait auparavant au monopole Québecor World de la famille Péladeau), a choisi d'investir 23 millions dans ses usines d'Edmonton en Alberta, où seront transférés les contrats de l'imprimerie de Saint-Jean et d'Aurora en Ontario. Cette fermeture sera effective d'ici la fin de l'année. Cette imprimerie comptait plus de 270 travailleurs au plus fort de sa production, il n'en restera plus qu'une centaine au moment de la fermeture. Quad/Graphics exploite trois imprimeries au Québec, soit à Montréal, Ville St-Laurent et LaSalle.

- La société Erickson située à Montréal a mis a pied une centaine d'employés, principalement des ingénieurs, des informaticiens et des techniciens. À la fin juin, 1 645 personnes travaillaient pour cette firme de recherche subventionnée en partie par l'État québécois. Ces subventions sont conditionnelles à un maintien du niveau de l'emploi à 1 600 personnes.

- La société Pharmaceutique MerckFrost a décidé de fermer son centre de Montréal. Cette fermeture effective le 29 octobre dernier touche 180 travailleurs.

- L'usine RHI de Bécancour ferme définitivement ses portes le 17 novembre prochain. RHI est un fabricant de pierre réfractaire pour les aciéries, les fonderies et les alumineries. C'est 115 personnes qui perdront leurs emplois.

- L'entreprise « les viandes Soucy » située à Saint-Jean-sur-Richelieu a définitivement fermé ses portes le mois dernier. Elle était spécialisée dans la transformation et la surtransformation d'aliments à base de viande. 120 personnes travaillaient à cette usine. Viandes Soucy a également fermé son usine de l'Acadie, également située sur la rive sud de Montréal. Les travailleurs de l'usine de Saint-Jean ont également reçu un message pour les remercier de leurs services, affiché à côté du cadenas qui barrait les portes de l'usine.

- Olymel a mis à pied 50 autres personnes à son usine d'Iberville, en Montérégie. Plutôt cette année, la haute direction d'Olymel avait procédé à une restructuration et avait mis à pied de façon permanente 183 personnes de cette usine de surtransformation des aliments. Ces 50 nouvelles mises à pied font en sorte que moins de 100 personnes travaillent dorénavant dans cette usine qui en a déjà comptées près de 400. Ils sont actuellement en période de renouvellement de leur convention collective.

- Les travailleurs de l'usine Kruger de Brompton ont rejeté à 71 % l'entente de principe intervenue entre leur syndicat et la direction de l'entreprise pour le renouvellement de la convention collective. Selon Radio-Canada, entre 240 et 345 personnes auraient pris part au vote. La proposition patronale prévoyait de nouvelles concessions de l'ordre de 20 % pour un contrat de 5 ans. Ces diminutions salariales s'ajouteraient aux 10 % accordés par les travailleurs l'an dernier.

- Les retraités de la mine Jeffrey, à Asbestos, viennent de subir un important revers. Le projet de loi C-290, qui visait à protéger les revenus de retraite des travailleurs d'une entreprise en faillite, a été défait par une centaine de voix à la Chambre des Communes. Le projet de loi avait été proposé par le Bloc Québécois. Les libéraux et les conservateurs ont voté contre. Le projet de loi prévoyait un crédit d'impôt remboursable de 22 % pour les pertes de revenus de retraite.

- Les 30 travailleurs de la compagnie Styrochem Canada ont rejeté la nouvelle offre patronale à plus de 90 %. Un lockout est en vigueur depuis le 6 août dernier lorsque la compagnie avait essayé de présenter une offre aux travailleurs en tentant d'outrepasser le syndicat. L'usine de Montréal-Ouest fabrique de la matière première de polystyrène en bille ou en poudre.

- Une manifestation des travailleurs de la compagnie de transport scolaire et urbain Veolia a eu lieu le 1er novembre dernier. Ce terminal en question de Veolia est situé à Saint-Jean-sur-Richelieu, en Montérégie. La manifestation avait pour but de dénoncer le comportement antisyndical de la direction de Veolia et du climat très lourd que fait régner la compagnie. Selon les dirigeants du local 9414-116 des Métallos, les décisions arbitraires se multiplient. Ils citent l'exemple d'une travailleuse qui est victime d'intimidation de la part de la direction depuis qu'elle siège à l'exécutif syndical. Le représentant Guy Gaudette affirme que le comportement de l'entreprise est aberrant et démesuré. Il espère que la manifestation saura faire corriger la situation pour améliorer le climat de travail.

- Finalement, les 200 travailleurs de Prysmian entament leur dix-neuvième mois de grève consécutif.


Les travailleurs en grève de Prysmian devant l'Assemblée nationale à Québec le 17 février 2010. (SCEP)

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