Le Marxiste-Léniniste

Numéro 184 - 6 décembre 2010

La «consultation des partenaires de l'éducation»

Non à la hausse des droits de scolarité!
C'est au gouvernement à rendre des comptes,
pas aux étudiants!

Lors de la rencontre des partenaires de l’éducation
Non à la hausse ! Nous ne négocierons
pas notre appauvrissement !

 
 
Le 6 décembre
à Québec
 
Manifestation à 13 h
devant l’Assemblée nationale
à l’appel de l’ASSÉ

Point de presse à 10 h 30
de la Table des partenaires universitaires (TPU)

devant le 1000, boul. René-Lévesque
(Centre des congrès de Québec)


Pour plus d’information: ASSÉ
http://www.asse-solidarite.qc.ca


La «consultation des partenaires de l'éducation»
Non à la hausse des droits de scolarité! C'est au gouvernement à rendre des comptes, pas aux étudiants!
Un consensus clair: préserver l'accessibilité aux études et stopper la hausse des droits de scolarité - Alliance sociale
Recherche de la CREPUQ: L'ASSÉ appelle à la prudence au sujet du sous-financement - ASSÉ
La malhonnêteté intellectuelle est l'invitée-mystère de la Rencontre des partenaires de l'éducation! - FECQ et FEUQ

À Montréal le 23 novembre
Vigoureuse manifestation contre les politiques antisociales des libéraux - Serge Lachapelle

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La « consultation des partenaires de l'éducation »

Non à la hausse des droits de scolarité!
C'est au gouvernement à rendre des comptes,
pas aux étudiants!

Le gouvernement libéral de Jean Charest, qui est allé plus loin que tout autre avant lui dans l'abandon des responsabilités sociales de l'État envers la société, l'économie et l'avenir du Québec, voudrait que les étudiants et enseignants se joignent à lui dans un « consensus » sur l'abandon des responsabilités de l'État en matière d'éducation. Il tient aujourd'hui à Québec sa « Rencontre des partenaires de l'éducation » pour « trouver des solutions au problème de financement des universités » mais avec pour précondition que les étudiants doivent payer. Le Marxiste-Léniniste salue les étudiants qui poursuivent leur tradition militante d'affirmer leurs droits et qui refusent de faire les frais des plans antisociaux et antinationaux du gouvernement.

Il y a quelque chose qui cloche quand on entend un appel à la consultation de la part d'un gouvernement qui se fait un honneur d'user de sa prérogative royale envers et contre tous. Nous y reviendrons sur ce prétendu « courage de faire ce qui n'est pas populaire » pour « le bien supérieur de la nation ». Pour l'instant il suffit de poser la question : qui décide de ce qui est « le bien supérieur de la nation » ? Pour ce qui est de la dilapidation de l'éducation, les étudiants et enseignants ne sont pas dupes et leur défense résolue de leurs droits et de la mission essentielle de l'éducation est mille fois plus courageuse. Ce sont eux qui ont le courage de « faire ce qui est impopulaire » (auprès des pouvoirs en place et des grands médias) et qui défendent ainsi le droit de tous les Québécois de décider ce qui est dans l'intérêt supérieur du Québec.


Montréal le 1er avril 2010 suite au dépôt du budget Charest.

Les étudiants refusent la démagogie à propos de la nécessité de hausser les droits de scolarité au Québec pour être « à parité avec les universités canadiennes », parce que les universités seraient à court de source de financement et qu'elles doivent « performer sur le marché international ». Ils font valoir que les hausses des droits auront un impact réel sur l'accès à l'éducation, surtout quand du même coup le gouvernement frappe dans le système d'aide financière. Les étudiants sont déjà endettés de dizaines de milliers de dollars durant les études, sans compter que cette pression financière se répercute sérieusement sur les conditions d'études. Non au dégel et non à la hausse des droits de scolarité ! L'éducation doit être accessible à tous !

La ministre de l'Éducation déclare que le point de départ de la « consultation sur le financement des universités » doit être la reconnaissance que « le gouvernement n'a pas d'argent ». « Pas d'argent » est le nouveau slogan des gouvernements qui considèrent que l'État n'a pas de responsabilité envers le niveau de culture général de la population, pas de responsabilité envers le niveau de santé général de la population, pas de responsabilité envers le bien-être des travailleurs à la retraite, pas de responsabilité envers le saccage de l'environnement et la destruction de notre secteur manufacturier, mais une responsabilité sacrée d'utiliser des dizaines de milliards de dollars des fonds publics pour aider les monopoles en vertu de leur rôle de « créateurs de richesse ». C'est le monde à l'envers. Ces « créateurs de richesse » prennent ce qu'ils veulent puis s'en vont ailleurs et dans l'économie mondialisée cela veut dire abandonner à la désintégration tout ce qui est le propre d'une nation. Non aux politiques antisociales et antinationales des libéraux !

Dans le seul document rendu disponible pour la « rencontre des partenaires », la ministre de l'Éducation dit qu'il faut laisser les universités ajuster les frais de scolarité selon leurs besoins et de son côté le gouvernement exigera d'elles « une reddition de compte et la performance ». Premièrement, c'est aberrant d'entendre un gouvernement, qui est depuis des mois au banc des accusés pour la corruption et le financement illégal et refuse d'y répondre, venir dire qu'il exigera des comptes des universités qui obéissent au même roi et maître que lui – la concurrence du marché.

Deuxièmement, et c'est ce qui est encore plus trompeur dans les prétentions de la ministre, le gouvernement exigera une « reddition de compte et la performance » envers quel objectif ? Comme Jean Charest qui dit prendre des décisions impopulaires pour « le bien supérieur » en se gardant bien de définir ce « bien supérieur », la ministre prend bien soin de ne pas définir cette « performance ». La logique du gouvernement Charest en matière de financement des universités est que les universités doivent « performer sur le plan national mais aussi sur le plan international ».

En fait, c'est la même logique que celle qui justifie la remise de milliards de dollars des fonds publics aux monopoles pour qu'ils performent sur le marché mondial. On prétend que c'est cela le moteur du développement économique du Québec, et dans le cas de l'éducation la ministre dit carrément que l'amélioration de la qualité et de l'accès à l'éducation passe par la performance des universités sur le marché. C'est carrément un mensonge. Ces politiques néolibérales ont démontré depuis trente ans qu'elles ne mènent qu'à la destruction des institutions nationales, du tissu national, et notamment du secteur manufacturier et de la capacité de l'économie québécoise de suffire à ses besoins.

Quand l'objectif, la direction essentielle de l'économie, est de tout mettre à la disposition des plus gros et des plus grands pour qu'ils réussissent sur les marchés mondiaux dans l'espoir de quelques retombées illusoires pour la population locale et la nation, le mot performance a un sens bien différent.

C'est au peuple d'appuyer les étudiants et enseignants et d'exiger une reddition de compte, non seulement des universités, mais aussi des gouvernements qui tournent le dos à leurs responsabilités sociales. Sa définition de la performance part de sa responsabilité envers ses propres intérêts et envers l'intérêt général de la société.

Non à la hausse des droits de scolarité !
Arrêtez de payer les riches, augmentez les investissements
dans les programmes sociaux !

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Un consensus clair: préserver l'accessibilité aux études et stopper la hausse des droits de scolarité

Lors de la Rencontre des partenaires en éducation, qui se tiendra demain à Québec, l'Alliance sociale souhaite un consensus clair quant à la nécessité de préserver l'accessibilité aux études universitaires et de stopper la hausse des droits de scolarité.

La rencontre propose entre autres aux participants de trouver des solutions pour renflouer les coffres des universités québécoises. Le gouvernement libéral évoque depuis le dernier budget la possibilité d'augmenter la contribution étudiante au-delà de son niveau de 2012 (2 168 $ par année). Pour l'Alliance sociale, il est clair que les étudiants collaborent déjà beaucoup. À titre d'exemple, ceux-ci ont triplé leur contribution au réseau universitaire depuis la fin des années 80 et la situation financière des étudiants s'est considérablement détériorée comme le démontre l'étude Sources et modes de financement des étudiants de premier cycle, menée pour le compte de la FEUQ.

Pour l'Alliance sociale, le financement adéquat des universités passe par une fiscalité progressive. En ce sens, il est déplorable que la ministre de l'Éducation, Line Beauchamp, accompagnée par le ministre des Finances, Raymond Bachand, refuse d'entrée de jeu de discuter de l'impôt sur le revenu des particuliers les mieux nantis et des entreprises. L'Alliance sociale fera bloc lors de cette rencontre et lors des consultations prébudgétaires pour revendiquer une fiscalité plus progressive.

Le mythe des prêts et bourses

Selon l'Alliance sociale, les prêts et bourses ne pourront pas combler le manque à gagner créé par une nouvelle hausse des droits de scolarité. En effet, une récente publication du Conseil supérieur de l'éducation (CSE) démontre que les enfants des ménages gagnant moins de 25 000 $ par année sont ceux qui fréquentent le moins l'université, deux fois moins que leurs homologues de ménages gagnant 100 000 $ et plus. Ce sont les enfants provenant de familles qui gagnent entre 25 000 $ et 50 000 $ qui ont le plus à perdre d'une hausse des droits de scolarité. La raison est fort simple : la classe moyenne est exclue du programme de prêts et bourses. Déjà en novembre 2008, le ministère de l'Éducation constatait qu'il manquait 238,9 M $ à ce programme pour qu'il corresponde au réel coût de la vie.

L'Alliance sociale continue de dénoncer le fait que les transferts fédéraux dédiés à l'éducation supérieure n'ont jamais été restaurés depuis la coupe drastique du milieu des années 90. On compte toujours à cet égard un manque à gagner de 800 millions $ pour le Québec seulement. Par ailleurs, en dépit de la création du Programme canadien de bourses aux étudiants (PCBE), les étudiants québécois n'ont toujours pas vu l'ombre d'une bonification de leur aide gouvernementale cette année, bien que le gouvernement du Québec ait reçu 235 M $ en 2009-2010 plutôt que les 205 M $ versés en 2008-2009.

Remettre l'éducation au sommet des priorités du gouvernement

Enfin, l'Alliance sociale souhaite démontrer l'importance de l'éducation postsecondaire pour le Québec. Des progrès hors du commun ont été réalisés au Québec depuis les années 60, mais l'accessibilité aux études demeure fragile et risque de diminuer si on augmente les droits de scolarité.

Une récente étude de la FEUQ démontrait que 45 % des jeunes universitaires sont des étudiants de première génération. Cette statistique passe à 70 % pour les régions. De plus, dans un contexte où 70 % des nouveaux emplois nécessiteront une formation postsecondaire, le gouvernement doit tout mettre en oeuvre pour favoriser l'accès aux études universitaires. L'Alliance sociale rappelle que cette idée avait d'ailleurs fait consensus au sommet économique de Lévis en février 2010.

L'Alliance sociale compte faire de ces questions d'accessibilité et de démocratisation l'axe majeur de ses interventions lors de cette rencontre.

Membres de l'Alliance sociale : FTQ, CSN, CSQ, CSD, SFPQ, APTS, SPGQ, FEUQ, FECQ

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Recherche de la CREPUQ: L'ASSÉ appelle à la prudence au sujet du sous-financement


(Photo: ASSÉ)

L'Association pour une solidarité syndicale étudiante (ASSÉ) s'insurge contre les propositions formulées aujourd'hui par la Conférence des recteurs et principaux d'universités (CREPUQ) pour remédier au sous-financement universitaire et appelle à la prudence à ce sujet. En effet, une récente étude de l'Institut de recherche et d'information socio-économique (IRIS) démontrait qu'entre 1997 et 2005, les revenus totaux des universités ont augmenté de 71 %, alors que, pendant la même période, l'augmentation de l'effectif étudiant n'a été que de 18 %. « Comme l'a récemment démontré l'IRIS, depuis la fin des années 1990, le financement des universités a augmenté beaucoup plus rapidement que la fréquentation étudiante. Peut-on vraiment parler de sous-financement dans ce contexte ? », s'interroge Gabriel Nadeau-Dubois, porte-parole de l'ASSÉ.

À quelques jours de la rencontre des partenaires de l'éducation sur l'avenir des universités, la CREPUQ tente manifestement d'installer un climat de panique au sujet du financement universitaire, afin de légitimer une nouvelle hausse des frais de scolarité. « La CREPUQ pose un faux dilemme entre un financement adéquat des universités et des frais de scolarité abordables. Nous devons absolument refuser de faire ce choix », poursuit M. Nadeau-Dubois.

L'ASSÉ s'indigne aussi du fait que la recherche de la CREPUQ reste silencieuse sur la finalité des universités. Pour l'ASSÉ, si les universités doivent être financées convenablement, elles doivent surtout être à la hauteur de leur idéal constitutif. « Encore une fois, on demande beaucoup d'argent, mais le silence est complet sur ce qu'on devrait faire avec cet argent : enseigner à des êtres humains ou faire de la recherche et développement pour les entreprises privées ? », poursuit M. Nadeau-Dubois.

Seule association étudiante nationale comprenant des membres de tous les cycles d'enseignement supérieur confondus, l'ASSÉ regroupe actuellement près de 45 000 membres dans les cégeps et les universités du Québec. Elle milite depuis sa création pour l'accessibilité à un système d'éducation gratuit, public et de qualité.

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La malhonnêteté intellectuelle est l'invitée-mystère
de la Rencontre des partenaires de l'éducation!

À la suite de la publication du cahier de consultation, à peine dix jours avant la Rencontre des partenaires de l'éducation (RPE) du 6 décembre, la Fédération étudiante collégiale du Québec (FECQ) et la Fédération étudiante universitaire du Québec (FEUQ) sont amèrement déçues de la qualité du document de consultation soumis par le ministère de l'Éducation, du Loisir et du Sport (MELS). « Il semble bien qu'il y ait un nouveau participant à cette rencontre, la malhonnêteté intellectuelle. À voir comment le gouvernement fait ses calculs, on comprend très bien pourquoi on est dans le pétrin financier ! », commente Louis-Philippe Savoie, président de la FEUQ.

En effet, d'entrée de jeu, on compare la participation aux études universitaires entre l'Ontario et le Québec. Pourtant, oubli magistral de la part du MELS, il n'inclut pas les cégeps dans son calcul. « On compare des pommes avec des oranges. Un des outils que s'est donné le Québec pour favoriser la participation aux études postsecondaires, ce sont les cégeps. Les oublier, c'est carrément être de mauvaise foi ! », rajoute Léo Bureau-Blouin, président de la FECQ.

La malhonnêteté frise le mensonge lorsque le document aborde la question des frais de scolarité et qu'il les compare avec ceux de la fin des années soixante. En 1968, avant même la fondation de l'Université du Québec, les frais institutionnels obligatoires (frais divers de gestion) n'existaient pas. Or en 2010-2011, ces frais qui sont inclus dans la facture étudiante atteignent, en moyenne, plus de 600 $. « Il est clair que la facture étudiante semble moins élevée lorsqu'on oublie sciemment près de 30 % de la facture des étudiants. Les étudiants payent ces sommes. Elles existent réellement et le ministère les fait disparaître derrière un tableau faussé », précise M. Savoie.

Le manque de rigueur intellectuelle atteint son comble lorsque le MELS renie même les propos du Conseil des ministres de l'Éducation du Canada en affirmant que les frais de scolarité n'ont aucun impact sur l'accessibilité aux études. Ce Conseil a récemment affirmé que toutes les études sérieuses démontraient un lien direct entre la hausse des frais de scolarité et la baisse de l'accessibilité aux études. « Quand on calcule l'effet des cégeps et la politique de gel des frais de scolarité qui a prévalu auparavant, on se rend bien compte que c'est au Québec que le taux de participation aux études est le plus élevé, et ce peu importe la provenance socioéconomique de l'étudiant », affirme M. Bureau-Blouin.

À regarder le document, il semble pour la FECQ et la FEUQ que le gouvernement tente de revenir 40 ans en arrière. « Il est de plus en plus clair que le gouvernement tente de transférer la dette de l'État sur le dos des étudiants. Au lieu de voir l'éducation comme un investissement qui va garantir l'avenir du Québec, il ne voit que la dépense à court terme. Ce gouvernement a décidément une très courte vue », concluent MM. Savoie et Bureau-Blouin.

La Fédération étudiante collégiale du Québec (FECQ) et la Fédération étudiante universitaire du Québec (FEUQ) représentent ensemble plus de 180 000 étudiants au Québec.

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À Montréal le 23 novembre

Vigoureuse manifestation contre les politiques antisociales des libéraux

Le 23 novembre à midi, plus d'un millier de personnes ont répondu à l'appel de la Coalition opposée à la tarification et à la privatisation des services publics pour manifester contre les politiques antisociales des libéraux. Parmi les manifestants, il y avait des travailleurs et travailleuses dont un fort contingent de la Fédération des infirmiers et infirmières du Québec (FIQ), des représentants des Travailleurs canadiens de l'automobile, des secteurs public et para-public et de l'éducation dont des membres de l'Association des retraités de l'éducation du Québec. Il y avait également de nombreux groupes de femmes ainsi que des activistes de groupes communautaires. Mais ce sont les étudiants dont plusieurs étaient en grève qui ont donné le ton avec leurs slogans, bannières et pancartes militants. On pouvait lire : « Charest, les Québécois veulent ton renvoi ! », « Un mouton à la tête de la nation ! », « Pour les droits, non la droite ! », « C'est encore le peuple qui paye ! De l'argent pour l'éducation par pour la corruption ! »



À Montréal le 23 novembre devant les bureaux d'Hydro-Québec. (Photo FFQ)

Tout au long du parcours, les appuis venaient de toute part. Arrivés devant les entrées de l'édifice d'Hydro-Québec, les manifestants ont déjoué la vigilance des policiers pour y bloquer les entrées pendant plus d'une heure. « En bloquant Hydro-Québec, nous démontrons notre volonté de tout mettre en oeuvre pour bloquer les mesures injustes du budget, dont la hausse brutale des tarifs d'électricité », a expliqué Marie-Êve Rancourt, porte-parole de la Coalition.

« Depuis la présentation de son budget, le 29 mars, le premier ministre Charest et son gouvernement ont fait la sourde oreille aux protestations de la population. Leur seule concession a été l'abandon du ticket modérateur sur la santé et encore là, ils nous ont avertis qu'ils allaient trouver l'argent ailleurs dans nos poches. Comme le gouvernement ne comprend pas nous devons monter le ton ».

Une autre porte-parole, Régine Laurent, présidente de la Fédération interprofessionnelle de la santé du Québec (FIQ), a qualifié de faux l'argument selon lequel le gouvernement n'a pas le choix : « Oui le gouvernement a le choix. Il a le choix d'aller chercher l'argent où il se trouve, en augmentant l'impôt des contribuables à plus haut revenu et des grandes entreprises. Il a le choix de revoir les privilèges fiscaux dont ils disposent, d'augmenter les redevances des compagnies minières, d'introduire des mesures de contrôle du prix des médicaments. Il a le choix de lutter plus agressivement contre l'évasion fiscale. Il a le choix de revoir son calendrier d'atteinte du déficit zéro. »

Des manifestations semblables ont également eu lieu dans d'autres villes.

Dans le secteur de Hull, à Gatineau, les manifestants ont bloqué l'entrée d'un centre de santé privé. Comme l'a souligné David Clément, du Réseau Vigilance Ouatouais, « nous en avons contre les mesures qui touchent à des services publics et qui, par conséquent briment les droits fondamentaux des citoyens ».

À Québec, les étudiants du cégep François-Xavier-Garneau ont bloqué symboliquement le boulevard Charest.

À Rivière-du-Loup, des membres de la Fédération de la santé et des services sociaux de la CSN ont manifesté devant l'Hôtel Universel. Ils ont bloqué symboliquement une partie du boulevard Hôtel-de-Ville.

À Sherbrooke, les manifestants ont peint avec de la gouache des slogans sur la chaussée et sur un édifice gouvernemental. Ils ont été intimidés par la police qui a procédé à l'arrestation de cinq d'entre eux et les a détenus une heure et demie et ce sans qu'aucune accusation ne soit portée.

Toutes les actions ont fait ressortir la détermination des manifestants à poursuivre la lutte jusqu'à la victoire, soit jusqu'au retrait de ce budget antisocial.

Comme l'a souligné Thérèse Rondeau, coresponsable du Collectif de lutte à la pauvreté Centre-du-Québec : « Il y a des mythes à déboulonner au sujet de la tarification des services publics. Le discours alarmiste du gouvernement Charest ne tient plus la route, la population n'est pas dupe. Il est possible de financer adéquatement les services publics et les programmes et ainsi préserver le bien commun. »

« Non seulement voulons-nous empêcher la présentation d'un autre budget des "lucides", mais l'objectif avoué de la Coalition est de forcer le gouvernement Charest à faire marche arrière sur les compressions budgétaires et l'ensemble des mesures régressives contenues dans son dernier budget », a précisé Marie-Êve Rancourt. « L'abandon du ticket modérateur en santé est la preuve même qu'il est possible de faire reculer le gouvernement Charest. C'est une invitation à redoubler d'efforts et de mobilisation pour obtenir des gains encore plus substantiels. »

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