C'est le sens notamment de la résolution
adoptée à l'initiative des gens du Saguenay-Lac-St-Jean
et de Chibougameau-Chapais contre la braderie des ressources naturelles
par les gouvernements, notamment la pratique des ententes
secrètes avec les grands monopoles
étrangers. Ils demandent une appropriation collective des
ressources avec au centre le droit des populations de décider de
leur utilisation. Puisque les
ressources sont à nous, c'est à nous de décider de
leur usage et développement. Les autres résolutions
contre la privatisation des soins de santé, pour la
gratuité scolaire ou contre les provocations des monopoles
à la Péladeau et autres tentatives d'humilier les
travailleurs et détruire les syndicats vont aussi dans ce sens.
Les travailleurs demandent que l'autorité
politique, représentée par les gouvernements Charest et
Harper, soit un instrument du droit public et non du droit de monopole.
Entre autres choses, c'est seulement ainsi qu'on pourra éliminer
la corruption politique.
Le Marxiste-Léniniste salue ces
développements et les considère comme très
importants pour l'avenir du Québec.
(Photos: FTQ)

Résolution du 29e congrès de la FTQ sur
la nationalisation des ressources naturelles
ATTENDU les agissements du gouvernement qui, en
catimini, vend à rabais nos richesses naturelles collectives,
sans que la population du Québec ait un véritable droit
de regard ;
ATTENDU QUE ce même gouvernement, par son manque
de perspective, son à plat-ventrisme, son manque de leadership
et ses médiocres manipulations, dilapide petit à petit
notre patrimoine en cédant nos droits à des
intérêts privés ;
ATTENDU QUE la FTQ a déposé en
février 2003 un mémoire sur la maximisation des
retombées économiques de l'exploitation des ressources
naturelles dans les régions et en mai 2010, sur le projet de loi
79 modifiant la Loi sur les mines ;
ATTENDU QU'Hydro-Québec-Pétrole
et Gaz a été forcé de se départir de ses
droits d'exploitation sans obtenir des redevances adéquates,
pour ne pas dire insignifiantes (nulles pendant 5 ans), au
détriment des générations futures ;
ATTENDU QUE la population du Québec n'a plus
aucun mot à dire sur l'exploitation forestière, car elle
appartient maintenant à des intérêts privés
et étrangers ;
ATTENDU QUE les décisions gouvernementales
peuvent avoir des conséquences graves pour l'environnement et la
santé publique ;
ATTENDU les travaux initiés par la FTQ à
la suite du dernier congrès qui visent à
développer notre position sur la politique
énergétique ;
QU'IL SOIT RÉSOLU QUE la FTQ organise un colloque
national sur les effets et conséquences de la gestion collective
ou privée des ressources naturelles qui prenne en
considération la problématique de l'emploi ;
QU'IL SOIT RÉSOLU QUE les grandes
problématiques abordées lors de ce colloque concernent,
notamment :
- la question de l'utilisation de nos ressources
naturelles et la nationalisation de nos ressources naturelles
- le développement d'une politique FTQ concernant
la politique énergétique de nos gouvernements.
Adoptée à
l'unanimité

Il n'y a pas de place au Québec pour le voyou
Shell!
La raffinerie Shell de Montréal-Est a
fermé ses portes le 30 novembre. Ce sont 350 travailleurs
syndiqués qui perdent leurs emplois, et 800 emplois et plus de
3 000 emplois indirects qui sont en jeu. Seuls une quarantaine de
membres du syndicat, la section 121 du SCEP, demeurent à
l'emploi de la raffinerie qui sera transformée
en terminal pour des produits pétroliers raffinés. Le
syndicat estime que c'est plus de 240 millions $ de
retombées qui seront perdus pour le Québec.
Le jour de la fermeture, un contingent de travailleurs
de la raffinerie s'est rendu au congrès de la FTQ pour
solliciter l'appui de la centrale et de ses affiliés. Les
travailleurs ont dénoncé le comportement voyou de Shell
qui non seulement ferme son installation de Montréal-Est et a
bloqué toute vente à des acheteurs potentiels mais se
livre à un
chantage éhonté contre les travailleurs et le syndicat.
Shell refuse de signer une convention collective qui offre quelque
sécurité aux travailleurs syndiqués restants et
elle offre des indemnités de départ dérisoires que
les travailleurs ne peuvent pas accepter. Les travailleurs se
retrouvent maintenant avec une période de trois mois sans
revenus parce
que Shell refuse de verser les indemnités qui leur reviennent et
que l'Assurance-Emploi assume qu'ils reçoivent des
indemnités et ne leur paie pas de prestations. Shell a
poussé l'injure jusqu'à refuser de reconnaître le
syndicat comme négociateur sous le prétexte que la
raffinerie est maintenant fermée. Une ordonnance de la
Commission des
relations de travail lui a signifié récemment que le
syndicat est toujours en place. Shell demande instamment au
gouvernement Charest de lui permettre de démanteler la
raffinerie et a signifié son refus de décontaminer ses
terrains.
Les travailleurs présents au congrès ont
exprimé leur appui total aux travailleurs de Shell, averti le
gouvernement Charest qu'il ne doit pas permettre le
démantèlement de la raffinerie et affirmé qu'il
n'y a pas de place pour le voyou Shell au Québec.

«Nous devons nous approprier nos ressources et
affirmer notre droit de décider de leur utilisation!»
- Entrevue: Alain Gagnon,
président du syndicat national des employés de
l'aluminium d'Arvida (SNEAA), Rio Tinto -
LML : Plusieurs
intervenants au congrès dénoncent le pillage des
ressources naturelles et humaines des régions. Qu'en-est-il chez
vous ?
Alain Gagnon : Ce que nous appelons le
vidage des régions est une réalité au
Québec qui est très grave. Peu à peu, nos
régions se vident de leurs ressources naturelles et de leurs
travailleurs et c'est certainement le cas du Saguenay-Lac-St-Jean. Ce
phénomène prend plusieurs formes comme par exemple
l'innovation
technologique, la modernisation, la sous-traitance, entre autres. Vous
savez, l'informatique
c'est quelque chose de positif mais dans les mains des grandes
entreprises cela a entraîné des conséquences
néfastes pour les régions. À Rio Tinto, nous avons
perdu des emplois de service de paie qui ont été
transférés au siège social de l'entreprise
à Montréal. Ce n'est qu'un parmi tant d'autres
exemples dans la région. Hydro-Québec fait la même
chose, Gaz Métropolitain, tous les grands donneurs d'ouvrage
industriel. Cela touche les services à la clientèle, les
plaintes, les commis de bureau, l'entretien, la voirie, etc., tout y
passe. Ces grandes compagnies semblent s'être toutes
engagées avec le gouvernement pour alimenter leur siège
social à Montréal et dans une moindre mesure dans la
ville de Québec. Il y a eu ce genre d'entente avec Rio Tinto en
2006 quand ils se sont engagés à maintenir leur
siège social à Montréal par exemple. Dans cette
situation, les lois du code du travail ne nous permettent pas de
contester ce genre de décisions. C'est facile pour eux de
déménager ce genre d'emplois, c'est de l'informatique,
ils n'ont qu'à transférer un logiciel et c'est tout. Nous
n'avons aucune emprise.
Prenons un autre exemple. Les comptes à payer de
Rio Tinto au Québec ont à un moment donné
été transférés à Montréal.
Maintenant, ils ont pris la décision de les transférer de
nouveau aux USA, dans l'État de l'Utah. Si nous, au complexe
Jonquière par exemple, avons besoin d'acheter 50 pelles rondes
pour notre usine, notre surintendant va
passer la commande, qui sera acheminée en Utah. Les gens en Utah
vont passer une seule commande de pelles rondes, disons 1 000
pelles rondes pour l'ensemble de la compagnie ; où
pensez-vous que se feront les pelles rondes et où vont-elles
être achetées ? Ce genre de chose a pour
conséquence que l'on perd également notre
pouvoir d'achat en plus de détruire notre secteur manufacturier.
Il faut saisir que les régions ont besoin des grands centres et
que les grands centres ont besoin des régions. Sinon les grands
centres comme Montréal et Québec vont subir le même
sort que les régions avec la mondialisation actuelle.
LML : Est ce que le
même phénomène se voit avec les emplois
industriels ?
AG : Oui. Tout est fait dans le cadre du
code du travail actuel et des normes régissant le droit de
gérance. D'ici 2012, notre complexe va passer de 3 200
travailleurs qu'il était en 2003 à 750. Bien
sûr, il y a la modernisation de la production qui élimine
des travailleurs, et il y a aussi les emplois que l'on perd à la
sous-traitance, surtout dans les services, l'entretien, la voirie. Pour
l'instant nous avons pu protéger ce qui touche directement la
production d'aluminium face à la sous-traitance mais la menace
de voir ces emplois nous échapper est toujours présente.
Les grandes entreprises utilisent toujours la clause de droit de
gérance dans les conventions
collectives pour effectuer ces changements sans que les conventions ne
nous protègent. Nous devons lutter pour nous donner des balises
qui soient rattachées aux conventions collectives qui
maintiennent des planchers d'emplois. Nous devons également
moderniser le code du travail pour protéger les travailleurs
face à la sous-traitance et à la
mondialisation.
Les gouvernements y sont pour beaucoup dans les pertes
d'emplois. En 2007, lorsque Rio Tinto a acheté Alcan, nous avons
tout fait pour que le gouvernement n'accepte la vente qu'à
condition que Rio Tinto respecte des conditions exigées par
nous. Nous aurions pu rattacher toute l'infrastructure
hydroélectrique d'Alcan et dire à Rio Tinto que
cela vaut tant d'emplois par exemple, de même que des conventions
décentes et des redevances décentes. Sinon pas de vente.
Il faut mettre son pied à terre.
Lors de la vente d'Alcan à Rio Tinto, le
gouvernement a signé une entente secrète qui stipulait
que Rio avait le droit de fermer quatre usines au Québec si le
prix de l'aluminium baissait en dessous de 1 800 $ la tonne
à condition que Rio investisse 1,2 milliard au
Québec peu importe combien d'emplois il reste au bout. Il
n'a donc pas demandé un plancher d'emplois et le
fédéral n'a rien fait également.
Nous sommes en train de nous regrouper avec les
travailleurs de la région qui subissent le même sort. La
question doit se jouer au niveau politique.
LML :Qu'est-ce que tu veux
dire quand tu dis que la question est politique ?
AG : Par politique, je veux dire que nous
devons mobiliser la population et les autres unités syndicales
pour soulever le problème sur la scène publique. On
laisse passer nos ressources naturelles de nos régions vers les
grands centres et vers les autres pays, et c'est la même chose
avec les employés. On peut essayer de tout faire
coté lutte juridique mais si la population ne nous aide pas, on
ne peut rien faire. Charest est en train de détruire tous nos
leviers économiques. Il nous donne à crédit.
Ça nous prend une politique énergétique, une
politique sur les ressources naturelles et une politique qui
défend nos travailleurs.
Ça nous prend des politiques qui défendent
nos travailleurs et nos ressources naturelles. Prenez le cas des gaz de
schiste. Hydro-Québec possédait les droits
d'exploitation; maintenant les droits ont été
cédés aux multinationales, surtout américaines.
André Caillé, un ancien président
d'Hydro-Québec, est maintenant porte-parole pour les
entreprises gazières. Le gouvernement a tellement
été loin là-dedans que les règles de
l'Organisation mondiale du commerce jouent contre nous. Les grosses
compagnies comme Exxon Mobil, Total, Irving, peuvent s'en servir pour
réclamer des droits d'exploitation. Une compagnie comme Irving,
si on lui enlève ses droits d'exploitation, peut se
tourner de bord et demander un dédommagement parce qu'elle
voulait opérer pendant 25 ans. En plus de perdre nos
ressources, on va payer une surcharge. Ça n'a aucun sens.
Pourquoi par exemple le gouvernement ne s'est-t-il pas
servi de la Caisse de dépôt pour acheter Alcan au lieu de
vendre au privé ? La caisse a perdu 40 milliards durant la
crise financière. Alcan s'est vendu à 38 milliards.
Imaginez le levier économique que l'on aurait. Plutôt,
nous avons perdu 40 milliards dans les limbes et l'on se
fait voler nos ressources par les grandes compagnies du monde. L'autre
demande que nous avons concerne la production de deuxième et
troisième transformation. Il nous faut développer notre
économie régionale.
Nous devons prendre contrôle de nos ressources et
établir une politique qui nous donne le plein droit de
décider ce que l'on va en faire. Ce sont des atouts pour notre
développement économique et ça nous appartient, on
doit en profiter au maximum. Le gouvernement libéral les donne
pour des peanuts. Il nous faut maximiser nos redevances et
fixer nos conditions aux multinationales. Il faut cesser d'être
une région et une province dans laquelle on vole nos ressources,
pour ensuite nous acheminer des produits fabriqués ailleurs avec
nos propres ressources.

«On donne nos ressources et
on obtient le moins d'emplois possible!»
- Entrevue: Michel Routhier,
président du Conseil régional de la FTQ,
haut du Lac-St-Jean-Chibougamau-Chapais -
LML : La question du
contrôle des ressources naturelles et humaines est au coeur du
congrès de la FTQ. Comment se présente la question dans
ta région ?
Michel Routhier : La région du
Saguenay-Lac-St-Jean est une des régions du Québec qui a
le plus gros potentiel en fait de ressources naturelles. Qu'on pense
par exemple à toute l'hydroélectricité que Rio
Tinto détient ou à AbitibiBowater dans le secteur
forestier qui détient la majorité des CAAF [Contrats
d'approvisionnement
et d'aménagement forestier] dans la région. Pourtant, au
Saguenay-Lac-St-Jean, les redevances payées par les grandes
minières ou forestières, c'est presque zéro. Nous
avons un très grand potentiel minier dans la région
notamment avec les monts Otish. Ce sont des richesses naturelles qui
vont probablement être exploitées par des compagnies
américaines.
Chez nous, on fait le minimum de transformation de la
richesse alors qu'on a un maximum de richesse. Selon nous ce n'est pas
normal. Il faut à tout le moins augmenter substantiellement les
redevances des grandes sociétés minières et
forestières. Nous disons également que le gouvernement du
Québec devrait exiger des garanties de planchers
d'emplois aux entreprises qui sont autorisées à exploiter
nos richesses naturelles. Il faut aussi sortir d'une production qui est
totalement axée sur le primaire. Si l'on regarde le secteur de
l'aluminium, chez Rio Tinto on fait essentiellement des blocs
d'aluminium, on les exporte et la transformation est faite ailleurs.
C'est la même chose au niveau du
bois. On fait un peu de deuxième et troisième
transformation mais le principal produit qu'on fait ici c'est du
2 x 3, du 2 x 4, du 2 x 6 ou du 2 x 8, dont
51 % est envoyé aux États-Unis. On a une richesse
énorme dans le bois. On pourrait varier les produits et
améliorer beaucoup de choses au Québec avec ces
produits-là, mais on est pris avec une entreprise,
AbitibiBowater, qui vient tout juste de se sortir de la protection de
la loi de la faillite et qui n'a pas d'argent pour aller dans de
nouveaux créneaux de production.
La politique de redevances devient très
importante pour qu'à tout le moins la région ne
s'appauvrisse pas encore davantage. On donne nos ressources et on
obtient le moins d'emplois possible. Les ressources sont là. Le
gouvernement devrait dire que si tu veux venir ici exploiter les
ressources naturelles, il faut qu'il y ait un plancher d'emplois.
On donne le libre choix aux entreprises d'exploiter nos ressources
naturelles, hydroélectriques, minières et
forestières au moindre coût. Il y a aussi dans les
régions-ressources la question des centres de recherche pour la
troisième transformation. On doit obliger les gouvernements
à mettre cela en place. Il y a beaucoup de choses à faire.
C'est dans cet esprit que nous avons
présenté notre résolution pour s'approprier nos
ressources naturelles. Nous avons tenu en septembre un congrès
conjoint du Conseil régional du Saguenay et de celui du haut du
Lac-St-Jean-Chibougamau-Chapais et c'est de là qu'est venue
notre résolution. On la présente à la FTQ, on va
la présenter dans la
région notamment dans les milieux politiques. Cela fait des
années qu'on en parle. C'est le temps d'agir. Il faut que tout
le monde mette l'épaule à la roue. Le gouvernement
Charest ne fait quasiment rien dans le sens de défendre nos
ressources naturelles. Il est plus temps que le Québec adopte
une politique face aux ressources naturelles qui soit
favorable aux régions et au Québec comme
société.
LML : Où en est-on
avec la crise forestière dans la région ?
MR : AbitibiBowater vient tout juste de
sortir de la protection de la loi de la faillite. Il a fallu consentir
à des concessions salariales pour protéger les pensions
des retraités. On parle ici d'une industrie qui a
été bâtie dans les années 60 avec au
départ un dollar canadien à 0,60 $ du dollar
américain. Tout a été basé sur
l'exportation vers les États-Unis d'un produit le moins
transformé possible. Dans ce contexte, Abitibi n'a jamais vu le
besoin de moderniser et de diversifier. Avec la mondialisation des
marchés, non seulement AbitibiBowater mais Tembec et d'autres ne
sont pas concurrentiels sur les marchés d'exportation. Il est
bien possible qu'Abitibi se remette
sous la protection de la loi de la faillite d'ici quelques
années et les autres entreprises du secteur ne sont pas à
l'abri elles non plus. En plus, quand la crise frappe, la politique des
grandes sociétés c'est de saigner les travailleurs, ce
qui aggrave les problèmes de la région. On vit une
inquiétude totale dans le secteur forestier dans la
région.
Voici une brève entrevue menée
récemment avec un groupe de travailleurs sur les lignes de
piquetage.
LML : Votre grève
s'est déclarée voilà 19 mois, pouvez-vous
nous
relater brièvement comment cela s'est
déroulé ?
Premier travailleur : La compagnie nous a
offert une
proposition que nous ne pouvions accepter. En fait, quatre propositions
ont été faites et nous les avons tous rejetées
à plus de 98 %. La
compagnie veut éliminer les trois quarts des emplois de l'usine.
On
passerait de 200 ouvriers à 60. Ils veulent apporter des
modifications à notre fonds de pension, baisser les salaires et
modifier nos horaires de travail, entre autres choses. Aucune personne
saine d'esprit ne peut accepter cela.
LML : Croyez-vous
à un lockout déguisé ?
Deuxième travailleur : Oui,
définitivement. Leur but est de
détruire notre syndicat et d'avoir les mains libres de faire ce
qu'ils
veulent. Nous étions très productifs et l'usine est
très rentable. On
doit vous avouer que ça fait quelques années qu'on les
voyait venir
avec leurs plans de nous attaquer, ils y avaient des choses dans
l'usine qui n'étaient pas normales. En plus, on voit ce qui se
passe
partout dans les autres grosses usines au Québec, on sait
très bien que
tout le monde est attaqué en ce moment.
Troisième travailleur : C'est vrai,
avec nous ils ont
commencé à déménager des petites machines.
Ils ont investi 50 millions
dans leurs usines ontariennes et investi également dans une
usine aux
États-Unis. Pour nous, il n'y a rien eu. Ils savaient ce qu'ils
faisaient et nous aussi, on savait ce qu'ils préparaient.
Deuxième travailleur :
Il y a même eu un
directeur d'usine qui voulait relancer la production comme il faut mais
la haute direction en a décidé autrement. Lorsqu'ils nous
ont imposé
les concessions, on étaient tous en furie, il n'était pas
question
d'accepter. Depuis ce temps là, ils nous isolent. La haute
direction de
la compagnie, les élues municipaux et provinciaux et les
médias nous
ont complètement oubliés. Ça fait 19 mois que
ça dure.
Premier travailleur : Les dirigeants des
Métallos ont visité
le siège social de la compagnie en Italie et aux
États-Unis, mais ils
se sont fait virés de bord sans aucune espèce de
considération. Nous
sommes allés manifester devant l'Assemblée nationale
à Québec. Les
politiciens ont voté une motion pour qu'Hydro-Québec
achète
plus de câbles du Québec mais maintenant il ne se passe
plus rien. Même
notre député local ne parle plus de nous.
Troisième travailleur : Les attaques
contre les travailleurs
sont devenues tellement une pratique courante de la part des compagnies
que c'en est devenu un fait divers dans les journaux, un fait divers
vite oublié. On a qu'à regarder ce qui se passe dans la
région ou
encore dans la seule ville de Saint-Jean-sur-Richelieu, qui
auparavant était une ville très industrielle. Des
compagnies comme
Crane, Quebecor World (Quad Graphics), Viandes Soucy, Olymel, Veolia et
j'en passe ont soit fermé ou font des mises à pied. Pour
les
travailleurs qui restent, ils subissent un sort difficile avec des
comportements anti-syndicaux de la part des directions de compagnies
comme chez
Veolia. Les conventions collectives et le système de griefs ne
sont
même plus respectés. La chauffeuse d'autobus chez Veolia
s'est fait
injustement mettre à la porte parce qu'elle refusait de
dévoiler sa
maladie à la compagnie. Elle a gagné son grief mais
Veolia ne la
respecte même pas. Chez Viandes Soucy, ils ont fermé les
portes et les
propriétaires n'ont fait que mettre un mot sur la porte à
coté du
cadenas qui les remerciait de leurs services.
Deuxième travailleur : La compagnie
Transcontinental a fait
la même chose à Boucherville la semaine dernière.
Elle a fermé son
usine d'imprimerie, mis à pied 200 travailleurs et ce qui les
attendait était un mot de remerciement pour leur bon
dévouement à la
compagnie. C'est une vraie blague. Pour nous autres, en ce
moment, c'est l'ensemble de l'industrie du câblage qui est en
danger.
Quatre usines situées au Québec ont déjà
fermé et nous nous sommes en
grève depuis 19 mois et on n'a aucune idée de ce qui
va se passer et
des plans que la direction mijote. Au Québec, nous avons une
grande
industrie hydroélectrique et un énorme potentiel
énergétique.
Comment le gouvernement peut-il laisser détruire le secteur de
la
fabrication du câblage haute tension ? Ça me
dépasse.
Premier travailleur : Moi aussi ça me
dépasse, ils détruisent
tout, mais je suis sur qu'un jour le vent va tourner, qu'il va y avoir
un retour d'ascenseur, on va se mettre ensemble pour se
défendre. On a
parlé de ce qui se passe chez Veolia et de la manifestation
organisée
par les Metallos pour les soutenir, il y a avait des
travailleurs de chez nous, de l'usine Thomas Bett, d'Olymel et
d'autres. Il faut que l'on se tienne. On ne peut pas accepter ce qui se
passe, il faut faire quelque chose.