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Un gouvernement en contradiction avec le
peuple et la société
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![]() (Photo: L'R des centres de femmes du Québe) |
À Montréal, elles ont manifesté devant les bureaux du premier ministre pour réitérer que la santé c'est un droit qui doit recevoir des garanties concrètes. Aux cris de « Politiques néo-libérales, politiques antisociales », elles se sont rendues au bureau du ministre de la Santé Yves Bolduc occupé par une trentaine de leurs camarades. Devant les bureaux, elles ont déployé une grande bannière sur laquelle on pouvait lire : « L'État a choisi pour nous. Nous payerons en 2010 , 250 $, en 2011, 100 $, en 2012-2013, 200 $. Jusqu'où ira-t-il ? » Pendant plus de deux heures elles ont scandé des slogans et chanté pour encourager celles qui étaient à l'intérieur. Celles-ci ont été expulsées par la police vers midi et sont sorties sous les applaudissements des manifestantes.
Dans la Capitale nationale, devant les hôpitaux, des femmes aux couleurs de l'R ont distribué des tracts dénonçant la « contribution santé » et se sont rendues au bureau du ministre de la Santé pour lui remettre des prescriptions de « pilules qu'on n'avale pas ! »
En Mauricie, 2 000 pots de pilules contenant autant de prescriptions de « pilules qu'on n'avale pas ! » rédigées par 2 000 femmes ont été déposées devant un hôpital. Dans les Laurentides, des femmes ont distribué des tracts informatifs à la population. En Gaspésie, des femmes se sont associées à une mobilisation du Regroupement des organismes communautaires (ROC) pour dénoncer la tarification et la privatisation des services publics. À Laval, des femmes ont occupé une instance du système de santé et des services sociaux pour se prononcer contre la privatisation du système de santé.
« Cette mesure est injuste car, même si certaines personnes à très faibles revenus en seront exemptées, les travailleuses et travailleurs à faible revenu et la classe moyenne en sentiront le poids de façon disproportionnée », a affirmé Valérie Létourneau, la porte-parole de l'événement. Cette taxe représente une charge 10 fois plus élevée pour une famille composée de deux adultes et deux enfants mineurs qui gagne 30 000 $ par année après impôt que pour une famille similaire qui gagne 300 000 $ par année. « Quel genre de gouvernement veut augmenter le fardeau fiscal de la classe moyenne et des plus pauvres des travailleurs et des travailleuses ? », s'indigne Mme Létourneau.
« Les femmes que nous recevons dans les centres sont inquiètes de ne pas pouvoir payer les soins dont elles et leurs proches ont besoin, inquiètes de ne pas avoir assez de temps ni de santé pour s'occuper de toutes les laisséEs-pour-compte du système de santé et de services sociaux. », ajoute-t-elle. Depuis deux ans, les centres de femmes ont multiplié les démarches auprès du gouvernement pour faire valoir l'importance d'un système de santé public, gratuit et de qualité, de même que l'urgence de cesser toute forme de tarification des soins et services de santé.
« Nous sommes conscientes que le système de santé public a besoin d'amélioration et d'un meilleur financement. C'est pourquoi nous proposons d'autres solutions que la tarification ou l'imposition de mesures fiscales inéquitables », a dit Lyse Cloutier, présidente du regroupement, en évoquant différentes propositions : contrôle du coût des médicaments, révision des mesures fiscales destinées aux entreprises, ajout de paliers d'imposition, révision des taux d'imposition à la baisse pour la classe moyenne inférieure et à la hausse pour les revenus de plus de 100 000 $. Selon la Coalition opposée à la tarification et à la privatisation des services publics, ces trois mesures rapporteraient à elles seules plus de 3 milliards $ à l'État québécois.
Les femmes poursuivront leurs actions. Elles ont promis d'être nombreuses à la manifestation du 23 novembre contre le budget Bachand.
(Source : Communiqué de l'R du centre des femmes du Québec)
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Les étudiants du cégep du Vieux-Montréal continuent de lutter contre la hausse des frais de scolarités et pour un réinvestissement pas n'importe comment ! Pour réagir au dernier budget du Parti libéral, l'association étudiante du cégep (AGECVM) a convoqué les étudiants à une assemblée générale spéciale pour voter sur une motion de grève de trois jours en vue de se mobiliser pour pouvoir bloquer le sommet de l'éducation qui se tiendra à Québec le 6 décembre 2010.
Les hausses de frais de scolarité sont justifiées, dit-on, parce qu'il y a un déficit et le gouvernement veut, d'ici 2012, arriver au déficit zéro. Il dit aussi que, puisque le Québec a l'éducation la moins coûteuse au Canada et que nous ne sommes pas les moins bien placés au monde, les étudiants doivent payer plus. Peut-on dire que puisque nous ne sommes pas à plaindre, il nous faut rejoindre ceux qui sont à plaindre ! Rejoignez ceux qui paient ! Faites comme tous les étudiants qui ne travaillent pas assez fort et qui sont gâtés par la société ! C'est ce que le gouvernement utilise pour mettre le blâme sur les étudiants.
C'est principalement contre ce sommet que les étudiants du Québec, comme ceux du cégep du Vieux-Montréal, sont en colère. Aillant déjà voté sans nous consulter une hausse des frais de scolarité, le gouvernement du Québec tiendra un sommet de l'éducation pour déterminer comment il augmentera les frais de scolarité. Évidemment, c'est le gouvernement qui décide qui peut être présent à ce sommet. Donc, vous comprendrez que les associations étudiantes des cégeps du Québec ne seront pas invitées, étant donné leur prise de position par rapport au fait que des grandes entreprises et des fonctionnaires aillent le droit de décider de quelle manière les étudiants vont remplir les poches de l'État. Par contre, il y aura des syndicats de professeurs pour espérer un peu de « lucidité ».
Voici les trois scénarios d'augmentation des frais de scolarité proposés par le ministre de l'Éducation :
1er scénario : 500 $ par année d'augmentation, jusqu'à ce que les frais atteignent 80 % de la moyenne canadienne
2e scénario : modulation des frais selon le programme d'étude
3e scénario : atteindre la moyenne canadienne des frais de scolarité (5 350 $) sur une période de quatre ans.
Avec cette hausse, plus de 1 étudiant sur 5 ne pourra aller à l'école et 50 000 des étudiants en cours d'obtention de diplôme devront quitter les études pour aller se trouver un travail. C'est un bâton dans les jambes des pauvres et de la classe moyenne qui nous rabaissera encore plus à vivre dans des conditions inconcevables et qui nous poussera à faire encore plus de concessions. Comment l'accès à l'éducation peut-il devenir une concession ?
Alors, en réponse à ce scandale qui touche et touchera toute la population, les étudiants du cégep du Vieux-Montréal iront en grève les 23-24 novembre pour faire du piquetage et le 6 décembre pour aller bloquer le Sommet de l'Éducation à Québec pour crier à quel point ils sont dégoûtés par ce que fait le gouvernement du Québec avec l'argent des étudiants et l'éducation qui, comme le scande le peuple, est UN DROIT ET NON UN PRIVILÈGE.
Contre le profit à même les poches des étudiants !
Les syndicats représentant l'ensemble du cégep du Vieux-Montréal ainsi que l'association étudiante poursuivent leur lutte contre les compressions budgétaires au CSSS Jeanne-Mance. Le 3 novembre, ils ont tenu conjointement un stand à l'entrée du cégep pour informer la communauté de l'impact de l'abolition de plusieurs services annoncés par ce CSSS.
On se souviendra qu'en plein coeur de l'été, la direction du CSSS Jeanne-Mance présentait au conseil d'administration de l'établissement un « plan de redressement » devant éponger un déficit de 7, 5 millions de dollars dans son budget de fonctionnement. Une ponction de 16, 5 millions de dollars effectuée par l'Agence de la santé et des services sociaux de Montréal à la suite de la fermeture du centre d'hébergement Jacques-Viger serait, en grande partie, à l'origine de ce déficit.
L'Agence et la direction du CSSS ont affirmé sans rire que ces compressions budgétaires sont légitimes, dans la mesure où les services offerts par le CSSS Jeanne-Mance sont supérieurs à ceux dispensés par les autres CSSS de l'île de Montréal. Ce qui a fait dire à l'urgentologue au CHUM Saint-Luc, Marie-Claude Goulet : « Il est assez désolant que l'Agence de Montréal veuille en quelque sorte punir un CSSS qui fonctionne bien. La parité sur le territoire montréalais ne devrait pas passer par un nivellement par le bas en terme de services offerts aux usagers, mais plutôt l'inverse ! »
Comme si ce n'était pas assez, la directrice du CSSS Jeanne-Mance vient de déclarer « qu'à terme, les compressions seront bénéfiques puisqu'elles permettront à l'établissement d'être plus efficace. »
Dans le cadre de ces compressions, on a congédié une infirmière qui était affectée à temps plein pour répondre aux besoins des étudiantes et étudiants du cégep. Ce congédiement avait mis en colère les étudiants qui l'ont appris à la rentrée. Ils ont tenu en septembre et ce conjointement avec les infirmières du CSSS Jeanne-Mance une manifestation pour exiger la réintégration immédiate de l'infirmière et un moratoire sur ces compressions.
Comme l'a souligné Dominique Bordeleau, de l'Association générale des étudiants et étudiantes du Cégep du Vieux-Montréal lors de l'action du 3 novembre : « Notre infirmière a développé au fil des années une relation de proximité, très appréciée les étudiants. Nous pouvions, presque en tout temps, la rencontrer pour une consultation d'ordre médical, à même les locaux du cégep. Ses programmes de promotion de saines habitudes avaient une très bonne résonnance auprès des étudiants. »
Quant à Jean-Marc Petit, président du syndicat des professeurs (FNEEQ-CSN) il s'inquiète des retombées de l'abolition de nombreux services offerts par les trois CLSC du CSSS Jeanne-Mance. « De nombreuses ressources du programme famille, enfance et jeunesse seront abolies. Ces travailleurs sociaux faisaient du repérage précoce auprès des enfants du quartier, que ce soit en matière de difficultés d'apprentissage, de santé mentale, de violence et d'intimidation... Dans quelques années, ces enfants seront nos étudiants. Nous vivons dans un quartier fortement défavorisé. On ne peut pas croire que l'ensemble de ces compressions n'auront aucun impact sur la réussite scolaire de nos jeunes . »
Les compressions budgétaires de la direction du CSSS Jeanne-Mance qui mènent à la destruction du système de santé partent d'une conception du monde antisocial qui considère que le droit à la santé est un privilège qui sera assuré quand l'argent sera disponible. Elle se heurte à la conception du monde prosocial auquelle aspire profondément la classe ouvrière et l'ensemble de la population. La tenue le 20 octobre d'une assemblée citoyenne sur ces compressions dans une salle bondée et l'adoption d'un plan d'action et de mobilisation illustrent on ne peut mieux cette préoccupation.
Luttons pour un programme prosocial !
Les résultats dévoilés par la Fédération étudiante universitaire du Québec (FEUQ) dans son étude Sources et modes de financement des étudiants de premier cycle 2009 révèlent une grande précarité financière au sein de la population étudiante de premier cycle. « 50 % des étudiants inscrits à temps plein vivent avec moins de 12 200 $ par année, 25 % avec moins de 7 400 $. Et ces données comprennent les montants reçus en prêts de l'Aide financière aux études. Imaginez l'effet désastreux qu'aurait la hausse des frais de scolarité du gouvernement Charest sur ceux-ci », indique Louis-Philippe Savoie, président de la FEUQ.
Plus vaste enquête jamais effectuée auprès des étudiants universitaires, l'étude analyse de manière distincte deux populations au profil différent : les étudiants inscrits à temps plein et les étudiants inscrits à temps partiel. L'âge des répondants est un facteur qui influence grandement les réponses. « Les problèmes sont différents, mais force est d'admettre que l'aide reçue est insuffisante pour permettre aux étudiants des conditions d'études décentes », rajoute M. Savoie.
Premier fait révélateur sur cette population étudiante, 40 % des étudiants utilisent les programmes de l'Aide financière aux études (AFE). De ceux-ci, près des deux tiers n'ont pas accès à un appui financier de leurs parents. Cette situation oblige les étudiants à travailler et à s'endetter. Plus de 80 % des étudiants ont occupé un emploi durant l'année 2009. « Le portrait de l'étudiant fainéant est totalement faux. Ce sont 25 % des étudiants qui travaillent au-delà de 20 h par semaine avec une moyenne de 18,8 heures pour l'ensemble des répondants. C'est parce que les étudiants peinent à joindre les deux bouts et que l'appui financier que le gouvernement leur donne est déficient qu'ils doivent travailler autant ! », commente le président de la FEUQ.
La faiblesse des revenus d'emploi les amène à s'endetter souvent dans le secteur privé (carte de crédit, prêt bancaire et marge de crédit) pour combler le manque à gagner. 63 % des étudiants éprouvent un manque à gagner pour avoir des conditions de vie décentes. La proportion augmente à près de 70 % lorsque les prêts de l'AFE sont considérés comme étant une source d'endettement et non un revenu. « La dette moyenne à la sortie du baccalauréat est de 14 000 $, et est le lot de 60 % des étudiants ! Ils ne peuvent pas absorber un endettement encore plus grand ! », juge le président de la FEUQ.
Cet endettement est aussi causé par des dépenses en hausse. En effet, la hausse présente des frais de scolarité combinée avec les frais afférents font grimper la facture moyenne des étudiants à 2 890 $. Il faut rajouter à cela 670 $ de matériel scolaire. « Le coût réel des études avoisine les 3 500 $ en moyenne. La moitié des étudiants utilisent plus de 20 % de leurs revenus pour payer leurs frais de scolarité ! C'est ça la réalité dans laquelle vivent les étudiants », précise M. Savoie. C'est sans parler des étudiants qui doivent défrayer un loyer. Dans plus de 65 % des cas, ils consacrent plus du tiers de leur financement total à leur loyer, ce qui est grandement déconseillé par la Société canadienne d'hypothèque et de logement (SCHL).
La situation financière des étudiants à temps partiel est précaire, bien que leur réalité socioéconomique soit très différente de celle des étudiants à temps plein. En effet, plus de la moitié des étudiants ont 27 ans et plus de 83 % ont quitté le nid familial. Dans 27 % des cas, ils ont au moins un enfant à charge. La majorité du financement des étudiants à temps partiel provient de leur travail (83 %) et seulement 23 % reçoivent une contribution parentale. « Dans le cas des étudiants à temps partiel, ce que dénote l'étude, c'est la difficulté de concilier la famille, le travail et les études. Plus de 84 % trouve la situation très difficile ou plutôt difficile. Le gouvernement doit appuyer financièrement les étudiants parents qui sont aux études », demande M. Savoie.
Ayant très rarement accès à l'Aide financière aux études, c'est la carte de crédit qui est la source d'endettement la plus utilisée. Ce sont 46,6 % des étudiants qui ont contracté un endettement, et ils s'attendent à sortir avec une dette moyenne de 11 500 $. « Les étudiants à temps partiel sont eux aussi dans le besoin : le principal motif de rallongement ou d'abandon des études de ceux-ci est financier ! Il ne faut pas les oublier dans les débats qui ont cours », rappelle Louis-Philippe Savoie.
C'est avec cette étude en main que la Fédération étudiante universitaire du Québec ira défendre la réalité vécue par les étudiants lors de la Rencontre du 6 décembre. « Le gouvernement Charest devra écouter les étudiants. Il ne peut pas ignorer la situation financière précaire dans laquelle il place les étudiants universitaires du Québec. Il en va de l'avenir économique et social du Québec ! », conclut M. Savoie
À la suite de l'étude, la FEUQ a formulé quatre recommandations pour améliorer concrètement la situation des étudiants.
Recommandation 1 : Que le gouvernement du Québec adapte ses programmes d'appui à l'accessibilité aux études universitaires en vue de préserver et améliorer l'accès aux études ;
Recommandation 2 : Que le gouvernement du Québec adapte ses programmes d'appui à l'accessibilité aux études universitaires en vue de reconnaître la diversité des cheminements scolaires possibles (traditionnels et non traditionnels) ;
Recommandation 3 : Que le gouvernement du Québec adapte ses programmes d'appui à l'accessibilité aux études universitaires en vue de faciliter la conciliation études-famille ;
Recommandation 4 : Que le gouvernement du Québec reconnaisse la situation financière précaire des étudiants en adoptant une loi sur l'accessibilité aux études.
Que dans cette loi, le gouvernement du Québec s'engage à faire de l'accessibilité aux études une priorité en limitant les barrières générationnelles, géographiques, internationales et financières à l'entrée et à la poursuite aux études postsecondaires et que pour arriver à cette fin, que le gouvernement du Québec :
* se dote d'objectifs concrets, déterminés en collaboration avec les acteurs du milieu et l'ensemble de la population québécoise, afin d'améliorer l'accessibilité aux études universitaires ;
* revienne à une politique de gel des frais de scolarité universitaires au-delà de 2012 ;
* améliore le programme d'aide financière aux études, notamment en ajustant les dépenses admises et la contribution parentale.
L'étude effectuée par la FEUQ est la plus vaste enquête jamais réalisée auprès d'une population étudiante au Canada. Il y a 12 619 répondants qui ont rempli le questionnaire, ce qui représente 8 % de la population étudiante inscrite à un programme au premier cycle universitaire. Elle couvre l'année 2009, soit les sessions de l'hiver 2009, de l'été 2009 et de l'automne 2009. Vous pouvez télécharger l'étude sur le site internet de la Fédération étudiante universitaire du Québec au www.feuq.qc.ca
Depuis plus de 20 ans, la FEUQ représente les étudiantes et les étudiants universitaires du Québec. Composée de 15 associations membres et forte de plus de 125 000 membres, la FEUQ est le plus important groupe jeunesse au Québec. www.feuq.qc.ca
Renseignements : Mathieu Le Blanc, attaché de presse FEUQ, bureau : (514) 396-3380, Cell. : (514) 609-3380 attpresse@feuq.qc.ca
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