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Le Sommet de Lisbonne de l'OTAN
L'OTAN n'est pas la bienvenue au Portugal
Les actions antiguerre s'intensifient au Portugal
à l'approche du Sommet de l'OTAN qui se tient à Lisbonne
du 19 au 21 novembre. Parallèlement au sommet, les
activistes organisent une fin de semaine d'action contre la guerre avec
comme slogans : « Non à la nouvelle
stratégie de
l'OTAN », « Démantelez l'OTAN »
et « Mobilisons-nous pour la paix mondiale ». Il
y aura également un contre-sommet à Lisbonne du
19 au 21 novembre, une grande manifestation samedi le 20
novembre et des actions de désobéissance civile à
différents endroits.
Le réseau Non à l'OTAN, créé
lors des actions contre le Sommet 2009 de l'OTAN à
Strasbourg-Kehl, France et Allemagne, présentera une
webdiffusion en direct des manifestations à compter de
11 heures (17 heures HNE) le 19 novembre à
l'adresse suivante : http://www.no-to-
nato.org/en/video-livestream-
anti-nato-summit-2010-in-portugal/
Pour des détails sur le programme et des
informations en français sur le contre-sommet, voir : http://www.otan-afghanistan.org/
Non à l'OTAN
fait remarquer que l'alliance militaire adoptera son nouveau concept
stratégique à Lisbonne, pour « mener l'OTAN
dans les temps troubles et dangereux du début du XXIe
siècle », telle qu'annoncé au sommet de 2009.
L'organisation rapporte que le groupe d'experts établi pour
formuler
la nouvelle stratégie, sous la direction de
l'ex-secrétaire d'État des États-Unis Madeleine
Albright, a fait ses recommandations en mai dernier dans un rapport
intitulé « OTAN 2010 ».
« L'Alliance doit être versatile et flexible dans
cette période d'incertitude du XXIe siècle »,
affirme Albright
dans un communiqué de presse annonçant le rapport. Non
à l'OTAN explique : « S'il faut tirer une
première conclusion de ce document, elle ne peut être que
ceci : pur militarisme, continuation des guerres, surtout en
Afghanistan, et, par dessus tout, poursuite de l'armement
nucléaire. Le texte
du document est plus prudent et moins direct, mais la
réalité est brutale et guerrière. Les
stratégies pour une plus grande coopération politique,
notamment avec la Russie, se heurtent à la politique d'armement
agressif (qui comprend le système anti-missile). La critique du
mouvement pour la paix, que nous avons
formulée en rapport avec le 60e anniversaire de l'OTAN, demeure
nécessaire et correcte : l'OTAN est un dinosaure qui doit
être éliminé. »
Au Portugal,
« Pour la paix, Non à l'OTAN ! » est
le groupe parapluie qui rassemble tous les opposants au sommet de
l'OTAN. Depuis avril, il a organisé plusieurs marches et
d'autres
actions de masse et a recueilli 13 000 noms sur une
pétition citoyenne adressée au parlement. En juillet
il y a eu un camp de la jeunesse à Aviz, dans le sud du
Portugal. Dans une déclaration publiée plus tôt
cette année, il explique que non seulement les Portugais
sont-ils contre le sommet, mais sa tenue en sol portugais est une
infraction à la constitution du pays.
Le Marxiste-Léniniste dénonce le
Sommet de l'OTAN et salue tous ceux qui condamnent cette alliance
agressive et qui s'organisent pour bloquer ses plans.

«Pour la paix, non à l'OTAN»
- Juillet 2010 -
« 1. Le Portugal observe, dans les
relations internationales, les principes de l'indépendance
nationale, des droits de l'homme, du droit des peuples à
disposer d'eux-mêmes, de l'égalité entre les
États, du règlement pacifique des conflits
internationaux, de la non-ingérence dans les affaires
intérieures
des autres États et de la coopération avec tous les
peuples, pour l'émancipation et le progrès de
l'humanité.
« 2. Le Portugal est en faveur de
l'abolition de l'impérialisme, du colonialisme et de toute autre
forme d'agression, de domination et d'exploitation dans les relations
entre les peuples, il prône le désarmement
général simultané et contrôlé, le
démantèlement des blocs politiques et militaires et la
mise en
place d'un système de sécurité collective afin de
créer un nouvel ordre international susceptible de garantir la
paix et la justice dans les relations entre les peuples. » –
Tiré
de la Constitution de la République du Portugal,
Article 7
À l'occasion de la visite au Portugal du
secrétaire général de l'OTAN dans le cadre des
préparatifs du sommet de l'OTAN qui se tient à Lisbonne
en novembre, la campagne « Pour la paix, non à
l'OTAN », qui comprend plus de 104 organisations,
réitère ses préoccupations et sa vigilance face
aux menaces et dangers réels que fait planer sur les peuples le
renforcement de l'OTAN en tant qu'instrument d'ingérence et
d'agression à l'échelle mondiale.
Confrontés à une grave crise, les
États-Unis essaient par le biais du sommet de Lisbonne de l'OTAN
de forcer leurs alliés à s'engager à escalader les
conflits afin d'assurer l'exploitation des ressources, le
contrôle des marchés et la domination politique, assurant
ainsi leur survie par l'usage de la force militaire.
Les États-Unis, qui font face à leur pire
crise économique et financière depuis 1929, voient dans
l'exploitation, la violence et la guerre leur réponse au marasme
dans lequel ils sont plongés. Le budget militaire
américain pour 2010 est le plus élevé de leur
histoire et est égal à lui seul à la somme des
budgets militaires
de tous les autres pays. Le budget militaire des pays membres de l'OTAN
représente les 2/3 de tous les budgets militaires dans le
monde.
Ceux qui encouragent la course aux armements, la
militarisation des affaires internationales, le mépris de la
souveraineté des peuples et la guerre sont aussi les premiers
responsables de la détérioration économique et de
la situation sociale partout dans le monde.
La campagne « Pour la paix, non à
l'OTAN » dénonce aussi le gouvernement portugais qui,
tout en prenant part aux négociations de l'OTAN, cache au peuple
portugais quelle position il y défendra et refuse de promouvoir
un débat national large, sérieux et ouvert aux positions
divergentes sur les
conséquences sérieuses qu'il y a à attacher le
Portugal à l'escalade actuelle du militarisme et de la guerre,
une escalade qui est en contradiction flagrante avec le texte de la
Constitution de la République portugaise.
Le Portugal sera bientôt l'hôte du Sommet de
l'OTAN à un moment où son budget militaire pour les
agressions contre les autres peuples est en pleine croissance. Ces
agressions vont contre l'intérêt national et sont en
violation de la Constitution de la République.
Au Portugal comme dans les pays européens en
général, ce sont ceux qui vivent de leur travail de
même que les pensionnés, les démunis et les plus
vulnérables qui sont forcés de faire des
« sacrifices » en même temps que croissent
les profits et les subsides immoraux. L'argent ne manque jamais
quand il s'agit du chantage, de l'ingérence et de la guerre.
À l'occasion de la visite du secrétaire
général de l'OTAN au Portugal, dans le contexte des
préparatifs du sommet de l'organisation, qui cherche entre
autres à reformuler son concept stratégique, la campagne
« Pour la paix, non à l'OTAN » trouve
important de dénoncer que :
1. Le contenu révélé
récemment de la soi-disant « analyse et des
recommandations du groupe d'experts sur le nouveau concept
stratégique de l'OTAN » ( un groupe
présidé, ce qui en dit long, par Madeleine Albright,
l'ex-secrétaire d'État de Clinton pendant l'agression
illégale contre la Yougoslavie
en 1999), même s'il ne comprend pas de changements fondamentaux,
ne peut qu'alimenter les craintes au sujet des dangers et des menaces
que le sommet représente pour les peuples et le changement
qualitatif qui est en train d'être préparé pour le
sommet de l'OTAN au Portugal.
2. Le document propose que l'OTAN
« normalise » et fomente ses actes agressifs
d'ingérence en utilisant n'importe quel prétexte ;
qu'il appelle à l'augmentation des budgets militaires et en
particulier de ses membres européens , à la course aux
armements, à l'établissement de bases militaires
étrangères et au déploiement de troupes
au-delà des frontières de ses pays membres ;
à la transformation des forces armées nationales en
forces mercenaires expéditionnaires au service de l'OTAN,
c'est-à-dire aux intérêts et ambitions de
domination des États-Unis et des grandes puissances de
l'UE ; et
qu'il appelle à l'ingérence et à la militarisation
des relations internationales et de la guerre.
3. Le document réaffirme et va encore plus loin
dans la position que l'OTAN est un instrument d'ingérence et
d'agression à l'échelle mondiale, qui donne
priorité à ses activités menées
au-delà des frontières des pays membres , ce qui veut
dire à l'intérieur des frontières des États
non- membres.
4. L'objectif visé est d'étendre les
actions de l'OTAN à toutes les régions de la
planète (l'Europe, la Méditerranée, l'Afrique, le
Moyen-Orient, l'Asie centrale et le reste de l'Asie, en
« oubliant » bien sûr l'Amérique du
Nord et l'Amérique latine qui est l'arrière-cour des
États-Unis).
5. On cherche à justifier les actions de l'OTAN
sous tous les (faux) prétextes possibles, en agitant les
soi-disant « nouvelles menaces » qui sont
inventées pour tenter de justifier l'existence de l'OTAN de
même que sa doctrine, ses objectifs et ses activités
criminelles illégales.
6. En d'autres mots, l'OTAN provoque et va provoquer des
situations qu'il utilisera par la suite pour commettre des agressions
et tenter de les justifier face à une opinion publique qui est
délibérément manipulée par des campagnes de
désinformation.
7. Le droit international est encore une fois
instrumentalisé, partout où c'est possible, pour
« légitimer » les actions illégales
de l'OTAN ou, lorsque ce n'est pas possible, il est ouvertement
violé sous prétexte que toute
« menace » est une raison suffisante pour
l'ingérence et la guerre.
8. Sur la base des expériences dans les Balkans
et en Afghanistan, il est réaffirmé que l'OTAN cherche
à élargir sa sphère d'action par
l'établissement de « partenariats » avec
des pays, des organisations régionales et internationales (y
compris l'ONU) avec des raisons, des formes et des durées
différentes,
pour préparer la voix à la présence et à
l'action directes ou pour lier les autres au service de ses objectifs
et stratégies de domination de toutes les régions du
monde. L'OTAN est appelée à jouer, selon les besoins ou
les possibilités, le rôle de directeur ou d'acteur
principal, ou de directeur d'autres acteurs, comme
l'illustrent les exemples des Balkans (Bosnie-Herzégovine,
Kosovo) et de l'Afghanistan.
9. L'analyse du groupe d'experts réaffirme et
énumère tous les foyers de tension et de
« menaces », tels que définis par les
États-Unis, notamment l'Iran, et propose qu'une agression de
l'OTAN contre ce pays est justifiée.
10. Il réitère la proximité entre
les sphères militaires et civiles (aide humanitaire, protection
civile), subordonnant le second au premier, au service d'une
stratégie d'ingérence et de domination.
11. Il réaffirme l'Union européenne en
tant que pilier européen de l'OTAN et un allié
stratégique, soulignant le contenu et la signification du
Traité de Lisbonne pour cet objectif militariste.
12. Il défend la préservation et
l'utilisation des armes nucléaires dans la doctrine et la
stratégie de l'OTAN et défend le déploiement de ce
type d'armes, notamment les armes nucléaires des
États-Unis, dans les autres pays membres.
13. Il propose que l'OTAN considère comme siens
les nouveaux systèmes de missile offensifs, y compris le
bouclier anti-missile en Europe.
14. Il prétend préconiser une
réduction et une rationalisation des dépenses
(administratives) de l'OTAN, mais seulement pour canaliser plus de
ressources vers la guerre et l'agression contre les peuples, comme en
Afghanistan, où l'alliance se heurte à de plus en plus de
difficultés.
15. En somme, le document est une déclaration de
guerre contre les peuples du monde.
Face aux objectifs de plus en plus ouverts et
inacceptables du sommet de l'OTAN, les demandes et les aspirations de
la campagne « Pour la paix, Non à
l'OTAN ! » deviennent de plus en plus pertinentes et
légitimes.
Pour exprimer l'opposition du peuple portugais à
la tenue du Sommet de l'OTAN et à ses objectifs guerriers ;
Pour exiger que le gouvernement retire les soldats
portugais engagés dans les missions militaires de l'OTAN ;
Pour exiger la dissolution de l'OTAN ;
Pour exiger le désarmement et l'abolition des
armes nucléaires et des armes de destruction massive ;
Pour exiger que les autorités portugaises
respectent les dispositions de la Charte de l'ONU et de la Constitution
de la République portugaise, le droit international dans son
intégralité et la souveraineté et
l'égalité des peuples,
La campagne « Pour la paix, Non à la
guerre ! » considère qu'il n'est pas possible de
réformer ou d'améliorer le nouveau concept
stratégique de l'OTAN en voie de préparation. Ce qu'il
faut, c'est le rejeter totalement et résolument.
La lutte pour la paix et contre la guerre est une partie
intégrante et une condition nécessaire pour le
progrès et la justice sociale. [...]

Abandon du calendrier de retrait
Pas de fin à la guerre des États-Unis
et de l'OTAN en Afghanistan
- Rick Rozoff, Stop NATO, le 2 novembre
2010 -
Les grands médias et les médias
alternatifs ont reproduit une révélation récente,
qui n'a surpris personne, provenant de la chaîne de journaux
McClatchy : « L'administration Obama a
décidé de renoncer publiquement à ce qu'elle avait
auparavant appelé ses dates-clé en ce qui concerne la
guerre en
Afghanistan pour minimiser la promesse de Barack Obama de commencer le
retrait des troupes américaines en juillet 2011. »[1]
Un article publié il y a un mois par cette
chaîne, « Les États-Unis et l'OTAN en
guerre : Une guerre de 15 ans en Afghanistan et au
Pakistan »[2], le révélait et quiconque a
suivi les nouvelles sur Internet pendant les semaines qui ont
précédé la parution de l'article n'a pas
été surpris
des révélations de McClatchy.
Le 25 octobre, le secrétaire du Conseil du
Traité de l'Atlantique Nord, Edmund Whiteside, a fait un
discours à l'Université Concordia à
Montréal dans lequel il aurait dit selon la presse :
« Vous pouvez vous attendre à ce que la guerre en
Afghanistan, le plus long engagement militaire de l'histoire
des États-Unis et du Canada, continue encore très
longtemps. » « L'Afghanistan est une entreprise
militaire de très longue durée », aurait-il
dit.
Son opinion sera confirmée par le Sommet de
l'OTAN à Lisbonne au Portugal la semaine prochaine, qui adoptera
le nouveau Concept stratégique de l'alliance que dominent
militairement les États-Unis : le maintien de l'arsenal
nucléaire de l'OTAN et le stationnement de bombes
nucléaires américaines
en Europe. « Le Canada dit ne pas avoir besoin de missiles
balistiques, a dit Whiteside. Le Canada, ne l'oublions pas, fait partie
d'une alliance qui a une politique nucléaire. Cela n'est pas
sans conséquence... »[3]
Le 8 novembre, un jour avant la parution de
l'article de la chaîne McClatchy, le
brigadier-général allemand Josef Blotz, porte-parole
de la Force d'assistance à la sécurité de
l'Afghanistan qui est dirigée par l'OTAN et qui comprend
152 000 soldats provenant de 50 pays, a dit :
« Nous n'avons pas établi de calendrier de retrait
des troupes de la coalition de l'Afghanistan. »
Blotz a ensuite confirmé : « Il
n'y a pas encore de calendrier. »
Au sujet du transfert du contrôle de la
sécurité aux forces afghanes, il a ajouté :
« Nous n'allons pas agir selon un calendrier rigide mais
selon les conditions telles qu'elles se développeront dans les
années qui viennent. »[4]
Le premier ministre du Canada Stephen Harper a dit le
11 novembre dernier, en marge du Sommet du G20 à
Séoul, en Corée du Sud, qu'il avait décidé
« de garder des soldats en Afghanistan dans un rôle
non combattant d'entraînement une fois la mission de combat
terminée en 2011 ».
L'Associated Press a cité un
représentant du gouvernement canadien disant que le Canada
« maintiendra 750 entraîneurs militaires et 250
membres de personnel de soutien en Afghanistan jusqu'en
2014... »[5]
Les médias ont rapporté que le jour
précédent, le commandant en chef des forces britanniques
dans le sud de l'Afghanistan, le major-général Nick
Carter avait « présenté un tableau
désastreux de l'effort de guerre en Afghanistan »
pour rendre improbable un retrait ou même un début de
retrait des
troupes l'an prochain.
Carter a admis que « sous mon commandement
j'ai perdu 302 soldats, la plupart américains. Le
coût en vies et en argent est énorme. » Il a
ajouté que l'OTAN ne serait pas en mesure de savoir s'il
était en train de remporter la victoire (un mot qui ne signifie
pas grand chose dans une guerre
qui s'étire depuis dix ans et s'escalade à chaque jour)
avant juin 2011 « quand la saison des combats va
reprendre » et que l'Alliance atlantique et le Pentagone
seront en mesure de « comparer les attaques des Talibans
avec celles de cette année ».[6]
Les États-Unis et l'OTAN (la distinction est
mince quand on sait que 140 000 des 150 000 soldats étrangers en
Afghanistan servent maintenant sous le commandement de l'OTAN), ont
perdu 633 soldats cette année en date du 11 novembre.
Ils en ont perdu 521 l'an dernier et 295 en
2008. Sur le total de 2 203 morts parmi les soldats
occidentaux dans le pays, 1 184 se sont produites dans les
derniers 22 mois.
Citant des statistiques de la US Air Force, un reportage
de ABC News du 10 novembre intitulé
« Nombre record de frappes aériennes en
Afghanistan » révélait que le nombre de
frappes aériennes effectuées en Afghanistan en octobre –
près de 1 000 – était le nombre mensuel
le plus élevé depuis que la guerre a débuté
en 2001, alors qu'il était de 700 le mois
précédent, une hausse de 172 % par rapport à
septembre 2009.
L'article mentionnait également que les sorties
de combat américaines et de l'OTAN cette année, soit
26 948, dépassent déjà le nombre record de
26 474 établi l'année dernière.[7]
Ne serait-ce que depuis le début du mois dernier,
les États-Unis ont lancé 20 attaques de drones de combat
au Pakistan, qui ont tué plus de 130 personnes.
Une violation de l'espace aérien du Pakistan par
un hélicoptère armé de l'OTAN a eu lieu dans les
régions tribales fédérales du Pakistan le
2 novembre dernier ; c'était au moins la
cinquième violation du genre depuis septembre et l'attaque au
drone du 31 octobre avait causé la mort de trois
soldats pakistanais.
Des députés de l'opposition ont
exprimé plus tôt en novembre « leur
sérieuse préoccupation face à la violation de
l'espace aérien du Pakistan par les forces de
l'OTAN » et ils « ont quitté une session
du sénat en signe de protestation et condamné avec force
les violations de l'espace aérien par
les forces de l'OTAN ».[8]
Le magazine indien Frontline rapporte que
« le président Obama a accru substantiellement ses
dépenses pour la défense et étendu la guerre en
Afghanistan » et que « l'administration Obama a
complètement endossé la politique de l'administration
Bush de tuer les personnes soupçonnées
de terrorisme au moyen de drones aériens de combat sans
pilote. ».
« Plutôt que de capturer les
supposés terroristes dans leurs cachettes dans les villes
densément peuplées ou les villages
éloignés, ce qui est plus laborieux, les drones
bombardent la maison ou le village où les suspects se cachent.
Cela
cause beaucoup de dommages collatéraux. Le nombre de civils
innocents
qui sont tués par cette méthode dépasse de
beaucoup le nombre des gens qui sont tués dans la lutte contre
l'occupation. »
« Depuis qu'il est arrivé au pouvoir
il y a deux ans, Obama a fait des drones meurtriers un
élément clé de sa lutte contre les militants en
Afghanistan et au Pakistan. Les drones sont aussi utilisés de
façon indiscriminée pour cibler des militants au Yemen et
en Somalie. »[9]
En cette dixième année de la guerre en
Afghanistan, le conflit est maintenant beaucoup plus étendu,
devenant plus important et mortel avec chaque semaine qui passe. Il va
s'accroître encore davantage avant qu'il ne commence à
diminuer, si jamais cela arrive.
La promesse de l'an dernier du président Obama de
« repositionner » l'an prochain les forces de
combat américaines et de l'OTAN de l'Asie centrale et du Sud –
elles sont également en poste au Kirghizistan, au Tadjikistan et
en Ouzbékistan – se révèle maintenant être
une manipulation ouvertement
politique, comme ce le fut depuis le début.
Un texte signé par Stephen M. Walt a
été publié le 11 novembre sur le site du National
Public
Radio sous le titre : « La politique
étrangère en Afghanistan : un
attrape-nigaud ».
Walt est professeur de relations internationales au John
F. Kennedy School of Government à l'Université de
Harvard, siège au comité de rédaction de la
politique étrangère, des études de
sécurité, des relations internationales et du
périodique d'études sur la guerre froide, et est le
co-auteur avec John Mearsheimer
du livre intitulé The Israel Lobby and US Foreign Policy.
Il se demande pourquoi tout ce brouhaha réel ou
feint au sujet de l'article de McClatchy, indiquant :
« Je ne connais personne qui pense que les
États-Unis pourraient changer les choses en l'espace de
18 mois, et ce délai n'est notamment pas plus qu'une
manoeuvre politique conçue pour rendre l'escalade comparable
à une étape provisoire. Les gens raisonnables peuvent
être en désaccord avec la
décision d'Obama d'escalader le conflit en Afghanistan (je pense
qu'elle n'est pas la bonne), mais la tergiversation d'Obama sur cette
question est l'une des raisons pour lesquelles certains de ses
partisans les plus enthousiastes sont devenus
désenchantés. »
Énumérant des précédents
historiques et faisant allusion à la crédulité
maladive du public, Walt ajoute : « Il y a une longue
tradition de présidents qui disent au peuple américain
que certaines nouvelles missions militaires ne dureront pas longtemps
et ne coûteront pas tant que ça. Nixon nous a dit
qu'il avait un "plan secret" pour mettre fin à la guerre du
Vietnam (il n'en n'avait pas) et Bill Clinton a déclaré
que les troupes américaines ne seront en Bosnie que pour
12 mois (cela a plutôt duré neuf ans). Le
président George W. Bush et ses conseillers ont
déclaré que l'occupation de l'Irak sera brève et
s'autofinancera mais aujourd'hui nous sommes toujours là et
maintenant Obama a fait essentiellement la même chose :
vendre un plus grand engagement en suggérant que ce n'est que
temporaire, puis renier la date limite qu'il s'était
lui-même imposée ».[10]
D'autres promesses de désamorcer un conflit qui
s'avère non seulement la plus longue guerre de l'histoire
américaine mais aussi en Afghanistan, vont visiblement suivre
leur cours selon le cycle politique aux États-Unis, en
particulier l'élection présidentielle de 2012 et la
quête présumée d'Obama pour sa
réélection, mais vont s'avérer aussi fausses que
celles de l'an passée.
Le Pentagone et ce qui sera officiellement
dévoilé les 19 et 20 novembre comme étant une
OTAN mondiale ont tiré des avantages considérables de la
guerre en Afghanistan, et ils ne sont pas prêts à y
renoncer. Leurs forces armées se sont installées à
long terme au centre de l'Eurasie. Et ils ont construit
un réseau international d'installations et de partenariats
militaires au service de la guerre, allant de la première base
d'opération de transport aérien multinational
stratégique en Hongrie jusqu'à une base de transit au
Kirghizistan à travers laquelle au moins 50 000 soldats passent
chaque mois vers et hors de l'Afghanistan
et la subordination des forces armées d'un grand nombre de
nations en Europe et en Asie.
Ces derniers jours, par exemple, la guerre en
Afghanistan a offert aux États-Unis et à l'OTAN des
possibilités sans précédent d'étendre leur
portée militaire au monde entier :
Le président Nursultan Nazarbayev du Kazakhstan
qui possède la plus grande réserve de pétrole et
de gaz naturel dans le bassin de la mer Caspienne et qui a des
frontières communes avec la Russie et la Chine, a visité
le siège de l'OTAN à Bruxelles pour rencontrer le
secrétaire général, Anders Fogh Rasmussen.
Rasmussen « a remercié le président
Nazarbayev pour le soutien de son pays à la Force
internationale d'assistance à la sécurité (FIAS)
de l'OTAN en Afghanistan ».[11] et Nazarbayev a
annoncé que « plusieurs soldats kazakhs serviront au
siège de la coalition internationale en
Afghanistan ».[12]
L'amiral Giampaolo di Paola, président du
Comité militaire de l'OTAN, s'est rendu en Géorgie pour
rencontrer les ministres de la Défense et des Affaires
étrangères du pays et le chef de l'état-major des
Forces armées de la Géorgie et pour inspecter le Centre
national de formation Krtsanisi soutenu par l'OTAN,
le Bureau de liaison de l'OTAN nouvellement établi dans la
capitale nationale et « le 33e bataillon de la 3e Brigade
d'infanterie qui va remplacer [le] contingent du 32e bataillon
actuellement déployé en Afghanistan ».[13] En
août 2008, la Géorgie a mené une guerre de cinq
jours contre la Russie, et l'OTAN
est en train de former ses forces armées pour autre chose que
simplement la guerre en Afghanistan.
Le commandement des opérations spéciales
des États-Unis a récemment conclu en Allemagne des
exercices d'entraînement pour les troupes de la République
tchèque, de la Lituanie et de la Pologne. Le Pentagone a
décrit leur objectif comme suit :
« La coordination et la synchronisation entre
les forces d'opérations classiques et spéciales (FOS)
sont cruciales sur le champ de bataille moderne, puisque les deux
jouent un rôle complémentaire au sein d'une
responsabilité commune – qu'il s'agisse de la collecte de
renseignements ou de mener des opérations
de combat ... L'activité de formation fait partie de la mission
de la brigade dont un exercice annuel d'entraînement ... afin de
préparer des unités de forces conventionnelles
attribuées à la zone du Commandement étasunien des
opérations européennes pour le déploiement en
Afghanistan ».[14]
La Lituanie et la Pologne ont des frontières avec
la Russie et les deux accueillent des forces de l'OTAN, le premier pays
à une base aérienne et le second à un centre de
formation. Plus tôt ce mois-ci le parlement tchèque a
approuvé le déploiement en Afghanistan l'année
prochaine de troupes supplémentaires,
y compris des forces spéciales, ce qui accroît le
contingent de ce pays pour l'OTAN à 720 soldats.
Également ce mois-ci, des troupes polonaises se
sont entraînées à une base de la Garde nationale de
l'Illinois, à une heure de route de Chicago, et un officier
polonais impliqué dans la formation, a
déclaré : « Nous nous entraînons
ensemble parce que nous luttons ensemble. Si nous nous entraînons
ensemble nous nous battons et travaillons mieux en Afghanistan. C'est
une bonne idée de s'entraîner ensemble avant de se
déployer. Nous sommes de bons soldats et de notre brigade a
été déployée deux fois en Irak et en
Afghanistan et nous travaillons à un niveau élevé.
Nous sommes prêts. »[15]
Le lien entre les pays qui contribuent des troupes
à la guerre en Afghanistan et l'engagement des États-Unis
à intervenir en leur faveur dans des conflits avec des pays
voisins a été mis en lumière récemment par
Philip H. Gordon, secrétaire d'État adjoint pour les
Affaires européennes et eurasiennes.
Lors d'une réunion de stratégie en Pologne
le mois dernier il a dit : « Je crois qu'il y a
beaucoup d'appui parmi les alliés pour un équilibre entre
les missions traditionnelles de l'OTAN menées en vertu de
l'Article 5, sur la défense collective, et le besoin d'affronter
de nouveaux défis de sécurité dans
le monde, et nous sommes très confortables avec cet
équilibre. »[16]
Le parlement suédois a prolongé le
déploiement de soldats en Afghanistan, où la Suède
participe à des opérations de combat et a perdu des
soldats pour la première fois en deux siècles, plusieurs
mois après que le gouvernement ait éliminé le
dernier élément de conscription pour satisfaire les
demandes de
« professionnalisation » de l'OTAN et
après l'annonce d'un déploiement obligatoire pour tous
les soldats.
La semaine dernière le ministre de la
Défense de l'Allemagne Karl-Theodor zu Guttenberg était
en Mongolie, qui a des frontières communes avec la Chine et la
Russie, où il a rencontré « des soldats du
premier contingent de la mission mongolienne, qui avait
été déployé dans le secteur allemand en
Afghanistan. »[17]
Dans le contexte de la visite du président Obama
à Mumbai et New Delhi, on a appris que l'Inde pourrait
être appelée à contribuer des soldats à la
Force internationale d'assistance à la sécurité en
Afghanistan. L'analyste des affaires de la défense Bharat Singh
affirmait récemment que « les près de
9 000
soldats indiens déployés dans des missions de maintien de
la paix de l'ONU pourraient facilement être
redéployés en Afghanistan. »[18]
En Bulgarie, où le Pentagone a fait l'acquisition
de quatre nouvelles bases militaires, dont deux bases aériennes
depuis 2006, le ministre de la Défense Anyu Angelov a
récemment déclaré que 7 % du budget de la
défense (si on peut l'appeler ainsi) de la Bulgarie est
consacré à la guerre en Afghanistan.
Le nombre de soldats bulgares déployés en Afghanistan
passera de 536 à plus de 600. Il a également dit que
la Bulgarie « ne fixera pas d'échéance pour le
retrait de ses troupes d'Afghanistan ».[19]
Néanmoins, James Warlick, ambassadeur des
États-Unis en Bulgarie, qui intervenait à une
conférence intitulée « L'Europe en
Afghanistan : de la compréhension à
l'appui » tenue au Club militaire de la capitale bulgare, a
dit que « la Bulgarie pourrait accroître ses efforts
en Afghanistan
et faire plus ».[20]
La consolidation d'un partenariat militaire de longue
portée pour la guerre en Afghanistan ne se limite pas à
l'Europe de l'Est. Le mois dernier « un petit coin de
Cornwall est devenu l'Afghanistan ». À la base de la
Royal Air Force de St-Mawgan, 1 000 soldats du Corps de
réaction rapide
des forces alliées de l'OTAN ont pris part à
« un important exercice d'entraînement, le premier en
son genre au Royaume-Uni »[21] en préparation pour le
déploiement en Afghanistan en janvier.
« Les soldats du Corps de réaction
rapide étaient au pays pour préparer leur formation
finale avant d'être déployés pour le service
opérationnel en Afghanistan l'année prochaine.
« Les exercices du Corps de réaction
rapide vise la formation des recrues en vue de leur participation
à la Force internationale d'assistance à la
sécurité de l'OTAN. »[22]
De Cornwall à la Mongolie, du Kazakhstan à
l'Illinois, de la Suède au pays de Galles, de la Pologne
à
la Géorgie, de la Lituanie à l'Inde et au-delà,
l'OTAN et le Pentagone renforcent les partenariats et les
réseaux militaires autour de la guerre en Afghanistan. Ni
Washington ni Bruxelles n'est pressé d'abandonner
un conflit qui leur a permis de mondialiser leurs rôles
militaires.
Notes
1. Nancy A. Youssef, »Obama officials
moving away from 2011 Afghan date », McClatchy
Newspapers, 6 novembre 2010
2. « U.S. And NATO To Wage War 15-Year War In Afghanistan
And Pakistan », Stop NATO, 6 octobre 2010
3. The Link, 2 novembre 2010,
4. Xinhua News Agency, 8 novembre 2010
5. Associated Press, 11 novembre 2010
6. Daily Mirror, 11 novembre 2010
7. Luis Martinez, « Number of Afghan Air Strikes Highest
Ever », ABC News, 10 novermbre 2010
8. Daily Times, 4 novembre 2010
9. John Cherian, « Hellfire from the sky », Frontline,
6-19 novembre
2010
10. Stephen M. Walt, « Foreign Policy : Bait And Switch
in Afghanistan », National Public Radio, 11 novembre
2010
11. North Atlantic Treaty Organization, 26 octobre 2010
« .... Kazakhstan : U.S., NATO Seek Military Outpost
Between Russia And China », Stop NATO, 14 avril 2010
12. Central Asia Online, 27 novembre 2010
13. Ministère de la Défense de la Géorgie,
29 octobre 2010
14. U.S. European Command, 26 octobre 2010
15. Belleville News Democrat, 1er novembre 2010
16. Polish Radio, 29 octobre 2010
17. Ulaanbaatar Post, 5 novembre 2010 « ....
Mongolia : Pentagon Trojan Horse Wedged Between China And
Russia« , Stop NATO, 31 mars 2010
18. Daily Times, 7 novembre 2010
19. Sofia News Agency, 26 octobre 2010
20. Sofia News Agency, 26 octobre 2010
21. Pirate FM, 14 octobre 2010
22. This Is Cornwall, 14 octobre 2010
23. The Star, 1er novembre 2010

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