Le Marxiste-Léniniste

Numéro 179 - 17 novembre 2010

Non au prolongement de la mission canadienne en Afghanistan! Canada, hors d'Afghanistan! L'occupation doit cesser tout de suite!

Non au prolongement de la mission canadienne en Afghanistan! Canada, hors d'Afghanistan! - PCC(M-L)
Le Canada doit se retirer de l'Afghanistan maintenant! - PMLQ
19-21 novembre, Montréal: Sommet populaire contre la guerre et le militarisme
Le mini «commandant-en-chef» Harper au service des États-Unis et de l'OTAN - Pierre Soublière
Manoeuvres pour prolonger l'occupation - Philip Fernandez

À titre d'information - Elaine Baetz
Rapport du Comité spécial sur la mission canadienne en Afghanistan
Le Canada et la violation du droit international

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Non au prolongement de la mission canadienne
en Afghanistan! Canada, hors d'Afghanistan!
L'occupation doit cesser tout de suite!

Le Parti communiste du Canada (marxiste-léniniste) condamne la décision du premier ministre Stephen Harper de prolonger la mission canadienne en Afghanistan jusqu'en 2014.

L'annonce de cette décision vient une semaine avant le sommet de l'OTAN à Lisbonne où cette alliance agressive adoptera son nouveau concept stratégique qui comprend la possibilité d'introduire les armes nucléaires en Asie centrale.

Le PCC(M-L) condamne également la désinformation qui sert à justifier le prolongement de la participation canadienne aux différentes facettes de cette occupation en disant que c'est pour des fins humanitaires ou que le prolongement de la mission doit passer par un débat ou un vote au parlement. C'est précisément la prétention de souci humanitaire des impérialistes qui devient aujourd'hui la justification pour violer la souveraineté des pays et s'ingérer dans leurs affaires au point de les envahir et des les occuper.

L'occupation de l'Afghanistan est une agression ouverte, un crime contre l'humanité et un crime contre la paix, le plus haineux des crimes de guerre. Il n'y a rien à débattre : les peuples du monde ont déjà rejeté sans équivoque le diktat des impérialistes que « la force fait le droit ». Les Canadiens se sont opposés à la participation du Canada à la guerre en Afghanistan depuis le tout début et n'ont cessé d'exiger que le Canada ramène ses troupes au pays tout de suite !

Non à la participation du Canada à la guerre et à l'agression en Afghanistan !
Ramenez les troupes maintenant !
Organisons-nous pour nous donner un gouvernement anti-guerre !

Référence
Conférence de presse sur l'extension de la mission canadienne en Afghanistan

Le ministre des Affaires étrangères Lawrence Cannon, le ministre de la Défense nationale Peter MacKay et la ministre de la Coopération internationale Beverley Oda ont tenu une conférence de presse hier, le 16 novembre, pour donner des détails sur l'extension de la mission canadienne en Afghanistan.

Les trois ministres ont dit que l'extension de la mission canadienne en Afghanistan au-delà de 2011 sera d'environ 3 ans, soit jusqu'en 2014 et comprendra l'envoie d'environ 950 membres des Forces canadiennes, qui sont environ 3 000 en ce moment dans le cadre de l'occupation de l'Afghanistan. Les troupes et autres membres du personnel qui vont demeurer en Afghanistan vont se déplacer de la base de Kandahar vers Kaboul d'ici juillet 2011. Les principales dépenses prévues pour le prolongement de la mission iront à la formation des soldats afghans dans une base près de Kaboul, au coût de 500 millions $ par année, et au travail de développement qui coûtera 100 millions $ par année. Le total des dépenses atteindra 700 millions $ annuellement. Les ministres ont laissé la porte ouverte à d'autres dépenses en disant que leur montant total ne sera pas connu avant 2014.

Le ministre Cannon a dit que le pays était en ruines quand la mission a débuté. Il a dit que le taux des naissances a augmenté et le taux de mortalité diminué, négligeant de mentionner que l'occupation a fait grimper le nombre des morts de civils en grande partie à cause des frappes aériennes de l'OTAN contre des civils. Cannon a dit qu'en dépit des pressions exercées par ses alliés de l'OTAN, le Canada se retire de sa mission de combat dans la province de Kandahar afin de poursuivre le travail de développement et de renforcer la démocratie.

Le ministre de la Défense nationale Peter MacKay a fait l'éloge des militaires et dit que l'aide au développement n'aurait jamais été possible sans l'occupation militaire. Il a prétendu que les forces d'occupation canadiennes ont contribué à construire un pays plus stable. Il a aussi tenté de perpétuer le mythe qui a servi de justification à l'invasion de l'Afghanistan, à savoir que l'occupation étrangère de l'Afghanistan va garantir que le pays « ne sera plus jamais un incubateur du terrorisme ». Le rôle des forces militaires canadiennes, a-t-il ajouté, sera de former l'armée afghane pour « assumer la responsabilité de la sécurité et de la souveraineté des Afghans ».

En guise de conclusion, la ministre Oda a repris plusieurs des allégations de ses deux collègues pour justifier le maintien de la présence canadienne en Afghanistan, soit que l'occupation a amélioré les services de santé et la scolarisation des femmes, a fourni des programmes de crédits, permis la construction d'écoles, etc., et elle a ajouté que le Canada « va accorder une importance particulière aux femmes dans son travail en Afghanistan ».

À une question d'un journaliste au sujet du grand nombre de désertions et de défections dans les rangs de ceux qui sont en train d'être formés pour faire partie de l'armée afghane et des problèmes que cela pose à l'OTAN, Peter MacKay a répondu que les défections sont dues au fait que les Afghans sont « illettrés et sans instruction ».

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Le Canada doit se retirer
de l'Afghanistan maintenant!

Le PMLQ condamne résolument le gouvernement Harper et les libéraux de Michael Ignatieff pour la décision de prolonger en toute impunité et au mépris de l'opinion populaire la mission canadienne en Afghanistan jusqu'en 2014. Le PMLQ dénonce aussi les prétentions de « non-combat » qui accompagnent cette annonce, car elles ne servent qu'à masquer le fait que le gouvernement de Stephen Harper est un gouvernement pro-guerre au service de la stratégie d'ensemble de l'impérialisme américain, de ses plans de guerre et d'agression contre les peuples du monde.

Que ce soit soit au combat ou en mission de formation, au nom de la sécurité, de l'aide ou autre, les troupes canadiennes n'ont pas d'affaires en Afghanistan et cette guerre d'agression et d'occupation est illégale, illégitime et une atteinte aux principes modernes régissant les rapports entre nations.

Stephen Harper déclare qu'il ne veut pas mettre en péril « les gains pour lesquels les Canadiens se sont battus ». Mais à quels gains fait-il référence ? Il ne s'agit sûrement pas des gains réalisés par les peuples du monde au fil des siècles dans leurs efforts pour établir des rapports modernes entre nations. Il ne parle sûrement pas des gains réalisés par la grande lutte antifasciste durant la Deuxième Guerre mondiale pour dire Plus Jamais ! à l'agression et aux crimes contre la paix, qui ont été déclarés les plus grands crimes contre l'humanité. Non, là-dessus Stephen Harper, les libéraux et toute l'agression contre l'Afghanistan défendent non pas un gain mais un retour en arrière dans les rapports entre nations et une attaque contre la paix.

La classe ouvrière et le peuple du Québec ne considèrent pas les « gains » dont parle Harper comme des gains à leur avantage ou à l'avantage de la paix. C'est pourquoi ils ont condamné l'agression de l'Afghanistan dès le premier jour, le 17 octobre 2001, et n'ont cessé d'exiger la fin de l'occupation et le retrait des troupes depuis.

Cette récente décision et les justifications qui l'accompagnent doivent être dénoncées avec tout le mépris qu'elles méritent. Elles sont source de grande inquiétude pour les Québécois et les Canadiens et montrent l'urgence de s'organiser pour changer la direction très dangereuse que prend ce gouvernement pro-guerre. La lutte pour un gouvernement anti-guerre qui jouera un rôle en faveur de la souveraineté des peuples du monde et qui refusera de mettre les ressources matérielles, humaines et financières du pays à la disposition des bâtisseurs d'empire est plus que jamais à l'ordre du jour.

Le Canada doit se retirer de l'Afghanistan maintenant !
Troupes canadiennes, hors d'Afghanistan ! Luttons pour un gouvernement anti-guerre !
Appuyons la lutte des peuples du monde pour leur souveraineté !

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19-21novembre, Montréal

Sommet populaire contre la guerre et le militarisme

Au moment même où l'OTAN tiendra à Lisbonne un sommet pour débattre d'un nouveau « concept stratégique » pour cette alliance militaire, se tiendra à Montréal, du 19 au 21 novembre prochain, un Sommet populaire contre la guerre et le militarisme. Pour plus de détails voir : www.echecalaguerre.org


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Le mini «commandant-en-chef»
Harper au service des États-Unis et de l'OTAN


Photo d'archive: Manifestation contre la guerre à
Ottawa le 18 mars 2006.

Pendant la « Semaine du Souvenir », Harper a annoncé qu'il ne respecterait pas sa promesse de retirer les troupes canadiennes de l'Afghanistan en 2011. Il serait sans doute intéressant de se rappeler pourquoi Harper avait choisi cette date. Quel était le plan du Grand Architecte ?

L'idée de retirer les troupes en 2011 a été initialement mise de l'avant par Obama dans un discours qu'il avait livré à l'Académie militaire de West Point en 2009. À ce moment-là, il s'était engagé à envoyer 30 000 autres soldats américaines en Afghanistan. Le but de cette escalade, selon Obama, était de « cibler l'insurrection et renforcer les centres peuplés importants » et renverser le momentum des insurgés talibans. Toujours selon Obama, ces troupes allaient « accroître notre capacité de former des Forces de sécurité afghanes compétentes, et d'en devenir les partenaires pour que davantage d'Afghans puissent se joindre à la bataille ». Ceci, en conséquence, permettrait de « créer les conditions par lesquelles les États-Unis pourraient transférer leur responsabilité aux Afghans ». Ceci amènerait aussi le nombre de soldats des États-Unis et de l'OTAN en Afghanistan à 150 000, sans parler d'une armée afghane d'un demi-million ou plus.

Ces estimations de retrait de troupes en 2011 n'avaient pas sitôt été énoncées qu'elles furent contredites par le conseiller à la Sécurité nationale, James Jones, qui avait déclaré à l'émission « State of the Union » de CNN : « Nous avons des intérêts stratégiques en Asie du Sud qui ne devraient pas être mesurés en termes de temps précis. Nous serons dans la région pour un bon bout de temps. » Ce point de vue a été réitéré par le chef du Pentagone, le général David Petraeus, qui avait reconnu publiquement qu'il n'existait aucun plan pour des « sorties précipitées » et qu'il pouvait y avoir « des dizaines de milliers de soldats américains en Afghanistan pour encore de nombreuses années ».

Ainsi, il semblerait que la seule chose de laquelle Harper se retire, c'est de son engagement de se retirer. Cela n'a rien d'une surprise à la lumière des faits ci-haut mentionnés. Une lutte ardue a éclaté sur le rôle actuel de l'OTAN en tant que force mondiale pour la sécurité. Cette lutte, en fait, a commencé au lendemain de la Deuxième Guerre mondiale sur la question de la vraie nature de l'impérialisme américain. Le fameux prix Nobel de la Paix accordé à Obama en 2009 est partie intégrante de cette tentative globale de donner au rôle agressif, belliciste et dangereux de l'OTAN un caractère positif, voire même le rôle d'un réel facteur favorisant la paix et la sécurité dans le monde. Ceci était manifeste dans l'une des déclarations du comité responsable du prix Nobel de la Paix à l'effet que « sous le leadership d'Obama, le Conseil de Sécurité de l'ONU a accordé son appui unanime à la vision d'un monde sans armes nucléaires ». Or, ceci s'avère une fraude puisqu'il ne fait que prêter légitimité au chantage, à la pression et aux menaces d'agression militaire de la part des États-Unis contre la République populaire démocratique de Corée et l'Iran. Pendant ce temps, les États-Unis sont à développer un « Système mondial de défense antimissile de première frappe » – c'est-à-dire, une première frappe utilisant des armes nucléaires – ainsi que des projets tels un laser aéroporté qui ferait la gloire de Ronald Reagan.

L'acte de foi dans l'impérialisme étasunien et dans l'OTAN a aussi été répété tout au long de la « Semaine du Souvenir », alors que la pub et les émissions du gouvernement et des médias ont volontairement réduit la grande guerre anti-fasciste que fut la Deuxième Guerre mondiale en un acte de « mégalomane » tout en répétant ad nauseam que toutes les guerres menées depuis la Première Guerre mondiale – y inclus, bien sûr, la Deuxième Guerre mondiale ainsi que l'agression contre la Corée, le Viet Nam et l'Afghanistan, pour ne nommer que celles-là – étaient partie intégrante de la défense des droits et des libertés telles que nous les connaissons aujourd'hui.

Au-delà du fait que Harper ne faisait que répéter la position étasunienne « officielle » telle qu'exprimée par Obama en 2009, cette question fait ressortir le besoin d'en finir avec l'abandon de la souveraineté par l'État canadien en matières internationales, qui marche au pas des commandants des États-Unis et de l'OTAN, et de mettre fin à la participation du Canada à ces guerres d'agression qui créent le réel danger d'une autre guerre mondiale.

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Manoeuvres pour prolonger l'occupation
canadienne de l'Afghanistan

Dans sa chronique du 4 juin 2010, le journaliste du Toronto Star Thomas Walkom note :

« Juste au moment où nous avons pensé que le Canada va sortir de la guerre en Afghanistan, les libéraux veulent nous y entraîner de nouveau. Depuis plusieurs mois, des membres influents du parti de Michael Ignatieff font valoir qu'ils sont insatisfaits avec le plan – que les libéraux ont d'abord appuyé – de mettre fin à la présence militaire canadienne à Kandahar d'ici la fin de l'année prochaine. Mais cette semaine, le porte-parole libéral en matière des Affaires étrangères, Bob Rae, a été plus explicite à propos de la nouvelle position de son parti. Parlant aux journalistes après une visite entourée de mystère à Kandahar par les membres d'un comité spécial de la Chambre des communes, Rae a indiqué que son parti est favorable au maintien de soldats canadiens en Afghanistan en tant que soi-disant instructeurs militaires, même après l'échéance de 2011. »

Rae avait dit à ce moment-là que le Parti libéral était « ouvert à des discussions sérieuses » avec le gouvernement Harper en ce qui concerne le prolongement au-delà de 2011 du rôle militaire des troupes canadiennes en qualité de non-combattants.

Walkom note que « la formation militaire » dans une zone de guerre « comprend presque toujours des combats » et que « les soldats canadiens qui forment des soldats afghans ne les entraînent pas seulement en paradant dans des défilés. Ils les accompagnent au combat. » Il cite Stephen Harper qui a reçu « avec intérêt » les commentaires de Rae.

Le Parti libéral a donc joué un rôle clé pour permettre au gouvernement Harper de prolonger la mission militaire en Afghanistan. C'est le même Parti libéral qui a été catégorique en 2007 que les troupes doivent se retirer de l'Afghanistan en 2009, puis a marchandé un compromis avec Harper pour faire adopter une résolution au Parlement que les troupes canadiennes se retirent en 2011.

Quelles sont les conclusions à tirer de cela ?

La première, à savoir doit-il y avoir un débat parlementaire sur le prolongement du rôle militaire du Canada en Afghanistan, détourne l'attention du fait que la guerre et l'occupation de l'Afghanistan menées par les États-Unis et l'OTAN, auxquelles le Canada prend part, étaient illégales et injustes et le demeurent encore aujourd'hui. C'est encore une guerre d'agression, un crime contre l'humanité et un crime contre la paix – que le droit international considère comme le plus grand crime contre l'humanité. Cela exige la fin immédiate de l'occupation, des réparations au peuple afghan et la traduction en justice des responsables de ces crimes.

La présence permanente du Canada en Afghanistan souligne la nécessité d'intensifier la lutte pour ramener les troupes canadiennes et mettre fin au rôle du Canada dans l'occupation de l'Afghanistan.

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À titre d'information

Rapport du Comité spécial sur
la mission canadienne en Afghanistan

Le Comité spécial de la Chambre des communes sur la mission canadienne en Afghanistan a présenté son premier rapport au Parlement le 17 juin, recommandant que le Canada demeure en Afghanistan au-delà de juillet 2011. Basé sur sa visite en Afghanistan du 28 mai au 3 juin, le comité déclare : « La fin de la mission de combat du Canada en 2011 ne devrait en aucun cas marquer la fin d'un engagement du Canada et des Canadiens. Nous sommes allés trop loin et avons consenti des sacrifices trop lourds pour abandonner le peuple afghan. Il faudrait prendre une décision définitive sur la question avant la fin de 2010. »

Selon le rapport, le but de la visite était de consulter les Afghans, ainsi que des hauts fonctionnaires et diplomates canadiens, onusiens, alliés et de l'OTAN « au sujet de l'état de la mission canadienne et pour étudier des idées quant à son avenir ». Le Comité spécial a lui-même vu le jour le 13 mars 2008, lors de la discussion sur la motion qui prolongeait jusqu'en juillet 2011 la participation du Canada à la guerre en Afghanistan.

Les membres actuels du Comité spécial sont : le président Garry Breitkreuz (conservateur), vice-président Bryon Wilfert (libéral), Jim Abbott (conservateur), Claude Bachand (Bloc québécois), Bob Dechert (conservateur), Stéphane Dion (libéral), Jean Dorion (Bloc québécois), Jack Harris (NPD), Laurie Hawn (conservateur), Greg Kerr (conservateur), Deepak Obhrai (conservateur) et Bob Rae (libéral).

Le rapport indique :

« Le 13 mars 2008, le Parlement a adopté une motion prolongeant la présence militaire canadienne à Kandahar, dans le cadre de la Force internationale d'assistance à la sécurité (FIAS), au-delà de février 2009 et jusqu'en juillet 2011, pour former des forces de sécurité nationale afghanes, assurer la sécurité de la reconstruction et des efforts de développement dans la province Kandahar et maintenir la responsabilité du Canada envers l'Équipe provinciale de reconstruction à Kandahar. La motion prévoyait l'augmentation de l'effort canadien sur les plans de la diplomatie et du développement, ce qui a été fait. Le prolongement de la mission militaire a été assorti d'un certain nombre de conditions qui ont toutes été respectées. D'abord, le Comité a été établi en 2008. Puis, comme il avait été demandé, un autre groupe de combat a été déployé dans la province de Kandahar. Le gouvernement du Canada a fourni des hélicoptères de transport moyen-lourd et de manoeuvre, et des véhicules aériens sans pilote à haute performance. Une nouvelle Mission de formation de l'OTAN en Afghanistan a été établie et s'efforce d'atteindre des objectifs fermes dans la formation et l'équipement des Forces de sécurité nationale afghanes. Enfin, l'OTAN a été prévenue que l'engagement militaire du Canada à Kandahar prendrait fin en juillet 2011 et que toutes les troupes canadiennes devaient se retirer au plus tard en décembre 2011. »

Le nombre de troupes étrangères en Afghanistan a augmenté de près de 250 % depuis 2008. Les États-Unis et l'OTAN ont maintenant plus de 150 000 soldats là-bas. En 2008, il y avait environ 34 000 soldats américains et 28 000 soldats de pays de l'OTAN en Afghanistan. Les chiffres actuels comprennent des troupes dont c'est le premier engagement provenant de l'Arménie, la Géorgie, la Colombie, la Mongolie, la Malaisie, le Monténégro et Tonga. Trente-neuf pays européens ont maintenant des troupes affectées à l'OTAN, selon le commandant sortant de la US Air Forces en Europe, le général Brady Roger. L'escalade récente des troupes signifie que le nombre de pays fournissant des contingents militaires pour la guerre en Afghanistan et ceux qui ont perdu des soldats sont sans précédent. Depuis le 18 avril 2002, 150 soldats canadiens ont été tués en Afghanistan. Depuis le 1er octobre 2009, vingt et un soldats ont été tués.

Le 7 octobre a marqué le début de la dixième année de la guerre illégale menée par les États-Unis en Afghanistan. L'OTAN s'est jointe à la guerre et en août 2003 a officiellement pris le commandement de la Force internationale d'assistance à la sécurité (FIAS). Le 12 septembre 2001, les États-Unis ont invoqué l'article 5 de l'OTAN, la clause d'assistance militaire collective. Autant l'invasion que l'implication de l'OTAN ont été faites sur la base que les États-Unis ont été attaqués par l'Afghanistan le 11 septembre 2001 pour dissimuler le fait que les États-Unis ont des desseins impérialistes de longue date dans la région.

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Le Canada et la violation du droit international

La participation du Canada à l'occupation de l'Afghanistan remonte à sa participation à l'invasion illégale de ce pays le 7 octobre 2001. Depuis le début de cette complicité dans ce crime international, les militaires canadiens ont aussi été complices de la torture de détenus afghans.

Le 4 octobre, une audience publique de la Commission des plaintes de la Police militaire a entendu qu'environ 21 % des prisonniers afghans mis en détention par l'armée canadienne fin 2007 et début 2008 disent avoir été maltraités. Huit des 38 prisonniers afghans interrogés par des diplomates canadiens pendant une période de neuf mois ont rapporté des formes d'abus de la part des autorités afghanes. Cette nouvelle information a été présentée lors d'un témoignage du général de division Guy Laroche, à l'audience de la CPPM, qui commandait les militaires à Kandahar pendant cette période.

À la Chambre des communes le lendemain, le député du Bloc québécois Claude Bachand s'est dit inquiet que ce témoignage signifie que le Canada a enfreint le droit international. « Malgré ces allégations, les transferts de prisonniers ont continué. Selon le général Laroche, il avait besoin de preuve d'abus avant qu'il puisse arrêter les transferts. » Le député Bachand a dit : « Mais selon la Convention de Genève, les transferts doivent cesser s'il y a des soupçons de torture. Est-ce que le témoignage du général ne prouve pas que le Canada a failli à son devoir en ce qui a trait à la torture et qu'il a violé la Convention de Genève ? », a-t-il demandé.

Le ministre de la Défense du gouvernement Harper, Peter McKay, a répondu qu'une fois que des allégations crédibles leur sont parvenues, les transferts ont cessé. Depuis ce temps, ils prétendent être au-dessus de tout reproche.

Mais le député Bachand a répondu : « Contrairement aux déclarations du général et la réponse que le ministre vient de nous donner, la Convention (de Genève) ne demande pas de preuve de torture. Même un simple soupçon signifie que les transferts doivent cesser. » Il a demandé : « Est-ce que le gouvernement admet qu'en appliquant ce principe de précaution aux détenus afghans, il a failli à ses obligations sous la Convention de Genève ? »

Le député du NPD Jack Harris a ajouté : « Le général Laroche a déclaré sous serment qu'il avait besoin de preuves solides d'abus avant de cesser les transferts. Selon le droit international, c'est le contraire. Nous avons besoin d'être sûrs que les détenus transférés ne risqueront pas la torture ou des abus.

« Est-ce que le ministre peut nous dire quelles recommandations sur la torture ont été données au général Laroche et pourquoi son gouvernement a continué d'autoriser le transferts de détenus ? », a-t-il demandé.

Le ministre McKay n'a pas répondu à la question, se contentant de réaffirmer que les actions du gouvernement Harper sont conformes à son interprétation de la convention et qu'il a « amélioré l'arrangement concernant les transferts qui remontent à 2007 ». Il a mis de côté les allégations de la complicité du gouvernement Harper dans la torture. « Je souhaite que l'honorable député ait une vision plus large et mette de côté pour un moment sa fixation sur la santé et le bien-être des prisonniers talibans. » Au lieu de cela, il a brossé un tableau de conte de fée d'aide humanitaire amenée par les occupants impérialistes au peuple d'Afghanistan : « Jour après jour, année après année, des progrès se font, que ce soit en éducation, dans l'infrastructure, ou dans n'importe quel des autres efforts que nous déployons pour améliorer ce pays. »

Le député Jack Harris, se référant à un rapport DFAIT de juin 2007, a noté que « trois des quatre détenus interrogés ont dit qu'ils avaient été fouettés avec des câbles, avaient reçu des chocs électriques, ou avaient été maltraités d'autres façons pendant la détention NDS (National Directorate of Security). Toute personne raisonnable considérerait cela comme des abus. Cependant le Canada a transféré 96 détenus cette année-là et n'a pas cessé avant novembre, lorsqu'ils ont vu les câbles de leurs yeux. »

Le député Harris a déclaré : « Les Canadiens ont le droit de connaître la vérité. Pourquoi le gouvernement ne demande-t-il pas une enquête publique ? »

Le ministre de la Défense nationale McKay s'en est remis au commandant sur le terrain comme étant « la personne la mieux placée pour prendre les décisions concernant les transferts ». Il a déclaré : « Et c'est exactement ce qui s'est passé à ce sujet. La décision était basée sur les faits présentés au commandant, qui avait des informations de divers ministères et agences avec lesquels il travaillait étroitement, comme les Affaires étrangères et les Services correctionnels du Canada. »

Malgré le droit international et les différentes conventions auxquelles l'humanité a élaboré, le ministre McKay a suggéré que le député Harris aille au-delà de cette question de torture : « Je suggérerais à l'honorable député d'avoir une vue plus large. Je l'invite à regarder toutes les situations auxquelles nous faisons face sur le terrain en Afghanistan, à voir les progrès qui se font avec les enfants et dans les soins de santé. »

Le Rapport de mi-année 2010 sur la Protection des civils dans un conflit armée, un rapport de la section des droit humains de la Mission d'aide en Afghanistan de l'ONU (UNAMA) publié le 10 août, rapporte une augmentation de 31 % du nombre de civils tués en Afghanistan dans les six premiers mois de 2010, comparé à la même période en 2009. Selon le rapport, le nombre total de victimes civiles dans les six premiers mois de cette année est de 3 268, ce qui comprend 1 271 morts et 1 997 blessés. Le rapport affirme que les enfants et les femmes afghans portent de plus en plus le plus lourd de ce conflit. Ils sont tués et blessés dans leurs maisons et leurs communautés en plus grand nombre que jamais.

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