Le 10 novembre, les métallos de Hamilton ont
reçu la visite sur les lignes de piquetage de retraités,
membres de la communauté et autres supporters, y compris la chef
du NPD de l'Ontario et députée de Hamilton, Andrea
Horwath,
et le député Paul Miller (centre, droite).
« Vous
menez une bataille qui est juste, pas seulement pour vous, mais pour
des milliers de retraités, a dit Andrea Horwath aux piqueteurs.
US Steel fait ce que les sociétés multinationales font
partout en Amérique du Nord. La protection des retraités
est une des valeurs qu'a toujours défendue le 1005. C'est une
bataille qui
vaut d'être menée. »
Deux vidéos ont été
réalisées sur les lignes de piquetage par Voice of Steel
Productions, un collectif multimédia de jeunes et de
travailleurs qui ont entrepris de documenter le point de vue des
travailleurs. Les vidéos sont en anglais. La première a
été réalisée lors du rassemblement le jour
du lockout (cliquer
ici
pour télécharger), le
7 novembre, et la deuxième sur les lignes de piquetage par
la suite (cliquer
ici
pour télécharger). Il faut QuickTime Payer
ou VLC Media Player pour
les jouer.

Foresterie
Les travailleurs de l'usine Papier Masson entre
les griffes des vautours de la finance
- Gabriel Girard-Bernier -
Les 150 travailleurs de l'usine Papier Masson,
située à Gatineau en Outaouais, sont sous la menace d'un
ultimatum pour renégocier leur convention collective au plus
tard le 19 novembre par un consortium dirigé par Black
Diamond Capital Management. Le 29 septembre dernier, le consortium
composé
d'une filiale du Crédit suisse, de Black Diamond Capital
Management, une société d'investissement
américaine spécialisée dans la restructuration et
créancier de Papiers White Birch à la hauteur de
157 millions $, ainsi que Caspian Capital Advisors, ont
acquis aux enchères quatre papetières du monopole
forestier Papiers White Birch en plus d'une scierie, notamment une
usine à Stadacona près de Québec, et une autre
à Rivière-du-Loup.
La vente aux enchères des actifs de Papiers White
Birch s'est faite dans un climat complètement antiouvrier. La
firme Ernst & Young, le contrôleur des actifs de la
compagnie, dans un document déposé en Cour
supérieure, affirme qu'il est nécessaire que
« les bénéfices offerts aux employés,
anciens employés
et retraités soient réduits » et que la
renégociation des conventions collectives « devient
une condition clé » d'une future transaction. La
vente aux enchères des usines s'est soldée par la vente
des actifs de Papiers White Birch à moins du quart de leur
valeur. Depuis, le consortium de vautours financiers
mène une attaque de front contre les travailleurs pour
renégocier leur convention collective et leur régime de
retraite.
La tendance actuelle des ventes aux enchères
d'actifs des monopoles forestiers qui sont sous la Loi sur les
arrangements avec les créanciers des compagnies (LACC) ne
fait qu'accroître l'anarchie dans l'industrie forestière
et la multiplication des attaques contre les travailleurs. Loin
d'être un remède
contre la destruction, les gouvernements et les tribunaux contribuent
à la crise permanente en appuyant la liquidation à prix
dérisoires des usines et des scieries pour financer d'autres
restructurations antiouvrières. Soulignant la fraude et les
attaques antiouvrières dans le cas de la vente des actifs de
Papiers White Birch,
Renaud Gagné, vice-président du Syndicat canadien de
l'énergie et du papier (SCEP), déclarait :
« C'est scandaleux qu'on veuille profiter de la situation
pour acheter des usines pour une chanson tout en menaçant les
travailleurs. »
Le cas de l'usine de Papier Masson et des autres usines
de Papiers White Birch n'est pas unique. La longue saga du monopole
AbitibiBowater sous la LACC et le vol légalisé de
milliards de dollars du produit social par l'oligarchie
financière avec la complicité du gouvernement Charest
démontrent que les vautours
financiers font partie du problème et non de la solution. Les
solutions à la crise de l'industrie ne peuvent venir que des
travailleurs et de leurs alliés.
Depuis
le
début
de la crise de l'industrie forestière, les
gouvernements de Harper au Canada et de Charest au Québec ont
appuyé les monopoles forestiers dans leur oeuvre de destruction
et de saccage qui a privé des dizaines de milliers de
travailleurs et leurs communautés de moyen de subsistance. Les
différents
consortiums qui se spécialisent dans les restructurations tirent
des bénéfices immenses des transactions qui se
multiplient, tout en extorquant une part du produit social
transférée le plus souvent aux États-Unis. Les
vautours de la finance ne sont pas la solution à la crise de
l'industrie forestière et doivent être exclus
de toute transaction dans le monde forestier. Défendons le moyen
de subsistance des travailleurs et les retraités de l'usine de
Papier Masson ! Pas de remèdes des dieux de la peste !

Mines
Résultats du troisième trimestre de Vale:
l'opposition ouvrière doit trancher sur la question
de la propriété, du contrôle et de l'utilisation
des ressources naturelles
- Steve Rutchinski -
Vale a publié le
27 octobre son rapport du troisième trimestre 2010. Le
rapport est signé par le Département des relations avec
les investisseurs de Vale, mais il aurait pu être sorti de la
plume de l'avare de La Fontaine qui a été assez fou pour
tuer la poule qui lui pondait des oeufs d'or. Tout comme l'avare,
Vale est imbu de lui-même et se vante de sa performance
« éclatante »,
« remarquable », « la meilleure de
l'histoire », un « record ». etc.
Selon le rapport, « les revenus records
d'opérations de 14,5 milliards $US du troisième
trimestre 2010 représentent une augmentation de 46 % par
rapport aux revenus de 9,9 milliards $US du deuxième
trimestre de 2010. » Chaque dollar de revenu, en plus du
reste
qui va au service de la dette, à la prise de contrôle des
ressources en potasse, etc. provient de la sueur et du sang des
travailleurs qui produisent la richesse de Vale dans ses installations
partout dans le monde et il provient également des prix de
cartel imposés à la vente des ressources naturelles que
Vale pille à l'échelle
mondiale.
Les travailleurs doivent construire une opposition
ouvrière qui limite le pouvoir des monopoles internationaux
comme Vale et prend contrôle de nos ressources naturelles en tant
que biens de la nation qui doivent être utilisés de
manière durable au bénéfice des travailleurs
actifs et à la retraite, des générations à
venir et de la société dans son ensemble. Le
contrôle de nos ressources est vital au projet
d'édification nationale de la classe ouvrière canadienne
et à notre solidarité internationale avec les
travailleurs et les nations du monde.
Vale se regarde dans
le miroir et applaudit sa brillante
stratégie d'affaires : « Dans la phase
d'expansion du cycle d'affaires, la demande pour nos produits fait
augmenter les volumes de ventes et les prix... Dans cet environnement,
la variable critique qu'il faut surveiller est l'effet net des ventes
et
des prix sur la profitabilité et les liquidités, ce qui
requiert une évaluation constante des revenus marginaux par
rapport aux coûts marginaux. »
Félicitations ! Ça doit être
épuisant d'être si brillant ! C'est probablement ce
que le PDG Pollesel avait en tête quand il a dit devant la
Chambre de commerce il y a de ça quelques semaines, que les
liquidités provenant des opérations de Sudbury ne
suffisent pas à financer les investissements de modernisation
et de maintien des opérations. Selon lui, Sudbury ne pourrait
pas survivre sans Vale !
Le « miracle économique »
de Vale est une question de prix de cartels
Le succès de Vale tient au fait qu'une
poignée de monopoles se sont emparés des ressources
naturelles à l'échelle du globe et qu'ils agissent en
cartels pour fixer les prix tout en se faisant mutuellement
concurrence.
La brillante stratégie d'affaires et
« l'évaluation constante des revenus
marginaux » n'est pour rien là-dedans. Vale a
amassé son butin en exerçant un diktat de monopole brutal.
Le rapport du troisième trimestre 2010 le dit
lui-même : « Les revenus d'opérations du
trimestre ont atteint 14,528 milliards $ US, une hausse de
193 % par rapport aux revenus de 4,954 milliards $US du
même trimestre en 2009. » La cause principale de ce
miracle
économique est une « hausse des prix »,
surtout des métaux ferreux (minerai de fer et granules de
minerai de fer) que Vale, Rio Tinto et BHP Billiton ont imposée
à l'échelle du globe cette année en vertu de leur
contrôle global des ressources de minerai de fer.
Vale, Rio Tinto et BHP Billiton contrôlent
conjointement 35 % de la production mondiale du minerai de fer et
61 % du commerce international de ce minerai. Companhia Vale do
Rio Doce est le plus gros producteur de minerai de fer du monde. Ils
ont augmenté de concert le prix du minerai de
fer sur les marchés mondiaux de plus de 90 %. EUROFER, la
Confédération européenne des industries du fer et
de l'acier, qui consomme régulièrement 24 % de la
production des métaux ferreux de Vale, a dit
récemment : « La faible différence entre
les augmentations de prix qui sont demandées
par les plus gros producteurs qui dominent l'industrie du fer est
quelque chose de remarquable. » (Tiré du
numéro du 13 mars 2010 du journal The Australian).
La performance
« éclatante » de Vale à son
troisième trimestre est due essentiellement à la fixation
des prix. Les produits de métaux ferreux comptent pour 76 %
des revenus totaux d'opérations de 14,496 milliards $
US au troisième trimestre soit 11,04 milliards $US.
Les ventes de produits de métaux ferreux ont augmenté de
13 % pendant le troisième trimestre 2010 par rapport au
trimestre précédent tandis que les revenus ont
augmenté de 52 %, passant de 7,321 milliards $ US
à 11,040 milliards $ US.
Le diktat brutal de Vale dans ses opérations de
nickel
La nécessité pour les travailleurs de
faire échec au diktat brutal de monopoles géants comme
Vale et de prendre contrôle de nos ressources n'est nulle part
plus évidente que dans l'expérience amère des
travailleurs de Sudbury, de Port Colborne,
de Voisey's Bay au Labrador et de Thompson au Manitoba depuis plus d'un
an.
Les ressources en nickel tout comme le minerai de fer
sont contrôlées à l'échelle mondiale par une
poignée de monopoles. Lorsque la récession mondiale a
frappé, les monopoles internationaux ont réduit la
production mondiale de nickel de 24 %.
À Sudbury, Xstrata a fermé des
installations parfaitement productives et s'est concentré sur le
développement du site de South Rim. Les travailleurs ont perdu
leurs emplois et Sudbury une quantité substantielle
d'activité économique tandis que Xstrata, selon les
mineurs, empochait jusqu'à un million de dollars
à chaque explosion qui extrayait des concentrations
particulièrement riches en métaux précieux, avant
même qu'on touche au nickel.
Vale a utilisé la récession et son
contrôle des ressources en nickel au Canada et dans le monde,
particulièrement en Indonésie, pour attaquer les
travailleurs actifs et à la retraite, leurs pensions et les
primes sur la production de nickel. Vale a imposé une
grève longue, brutale et vicieuse aux travailleurs de Sudbury
et de Port Colborne. Les travailleurs de Voisey's Bay sont toujours en
grève contre des demandes de concessions encore plus
coûteuses tandis que Vale continue d'essayer de pousser la
production avec des scabs.
C'est certain que la grève a coûté
de l'argent à Vale. Les opérations de Sudbury produisent
à elles seules environ 25 % de la production de nickel
totale de Vale à l'échelle mondiale. Le rapport du
troisième trimestre indique que Vale a été
obligé d'acheter pour 69 millions $ de produits de
nickel au second semestre de 2010 et un autre 63 millions $
au troisième semestre (environ 3 millions de tonnes
métriques à chaque trimestre) afin de respecter son
livret de commandes. Le nickel n'en a pas moins
généré des revenus de 891 millions $ US
(soit un revenu net de
828 millions $ US) au troisième trimestre de 2010 et
820 millions $ US (un revenu net de 751 millions $US) au
deuxième trimestre.
Les revenus des métaux de base ont
généré 1,9 milliard $ des revenus
d'opérations de Vale au troisième trimestre 2010. Le
nickel et le cuivre ont généré près de
70 % des revenus des métaux de base, rapportant
respectivement 891 millions $ US et 395 millions $
US.
Si Vale a été capable de réaliser ces revenus en
dépit de la grève qu'il a imposée aux travailleurs
de Sudbury, Port Colborne et Voisey's Bay, c'est qu'il a
augmenté la production ailleurs, surtout en Indonésie.
La « performance remarquable » de
Vale au troisième trimestre 2010 fait l'envie des gangsters et
des voleurs qui rêvent de faire la même chose aux
travailleurs et aux peuples du Canada et du monde. En ce qui concerne
les travailleurs, la performance de Vale est un exemple du diktat
monopoliste.
C'est un enfer sur terre qui ne disparaîtra pas de
lui-même. Nous devons limiter le pouvoir des monopoles
internationaux en construisant une opposition ouvrière effective
qui entre autres choses prend contrôle de nos ressources
naturelles et les fait servir les travailleurs, leurs familles et leurs
régions et la société dans
son ensemble.

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Marxiste-Léniniste
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