Le 9 novembre, il y a eu une autre
grande manifestation devant l'ambassade étasunienne pour
protester
contre la rencontre au sommet entre la République de
Corée et les
États-Unis. Les manifestants ont scandé :
« Non à l'accord de
libre-échange ! Non aux missiles de défense !
Non à l'alliance États-Unis-RDC ! Oui à un
traité de paix avec la
République populaire démocratique de
Corée ! » Ils ont dit Non ! à la
servitude coréenne face aux intérêts des
États-Unis, surtout en ce qui
concerne leurs préparatifs de guerre dans la région.
LML salue les travailleurs et le peuple
coréens et tous ceux qui se sont joints à eux pour
demander des arrangements prosociaux et s'opposer aux politiques
néolibérales du G20 et à la répression de
masse qui accompagne ses sommets tramés contre les
intérêts des peuples.

La sécurité au G20 comme prétexte
à l'agression contre la RDPC
Au nom de la
sécurité du Sommet du G20, le haut commandement militaire
unifié de Corée du sud (JCS), les États-Unis et le
Japon créent un prétexte à une agression contre la
République démocratique populaire de Corée (RDPC).
Les forces
militaires sud-coréennes ont été placées en
état d'alerte avant même le début du Sommet du G20.
Le Korea Times cite des porte-parole des forces de l'air
disant que des avions de combat sont en état d'alerte au sol
prêts à mener des opérations de surveillance au
moindre signe d'un danger
d'attentat terroriste. Le Times mentionne aussi que
« des unités de missiles de défense sol-air
sont prêtes à abattre des cibles ennemies. Chaque fois
qu'un véhicule officiel du Sommet prendra la route, la
circulation sur les routes adjacentes va être bloquée
pendant que des hélicoptères armés survolent
la route et que des navires armés patrouillent la rivière
Han. »
Les forces armées sud-coréennes
prétendent que le haut niveau de présence militaire est
une mesure de dissuasion face à une attaque terroriste de la
RDPC alors que c'est le sud qui, conjointement avec les
États-Unis, commet des actes de terrorisme contre la RDPC. En
fait, les soi-disant mesures de sécurité qui
sont appliquées ressemblent en tous points à un exercice
militaire typique contre la souveraineté de la RDPC.
« À l'approche du sommet, écrit le JCS, nous
allons déployer nos forces dans les endroits stratégiques
du pays et dans les régions montagneuses près du lieu du
sommet ; nous allons faire des
fouilles, de l'interception, des patrouilles sous-marines, de la
surveillance conjointe avec la police maritime près de
l'aéroport ; nous allons renforcer l'état de
préparation aux urgences de nos forces de l'air et de
l'artillerie de défense antiaérienne. » Voice
of
the People écrit que « (le
JCS) se prépare à renforcer le système de
coopération États-Unis-RDC, à partager
l'information sur l'ennemi, les activités de renseignements sur
le terrorisme et à étendre l'utilisation de ressources
conjointes telles les U-2 ».
C'est dans ce contexte que
s'est tenue la 13e rencontre annuelle des attachés de la
défense de l'Asie-Pacifique à Séoul le
22 octobre, qui s'est déroulée en Corée du
sud pour la première fois de son histoire. Ce n'est pas par
hasard que Séoul a été choisie comme hôte de
la rencontre ; c'était une façon
de mettre l'accent sur le rôle militaire de la Corée du
sud dans la région en prévision du sommet.
Lors de la conférence de presse qui a conclu la
rencontre, le général sud-coréen Han Min Koo a
dit : « Les participants ont accepté d'assumer
chacun la responsabilité de maintenir la paix et la
stabilité dans la région (de l'Asie-Pacifique). Ils ont
aussi accepté de créer des structures d'assistance
mutuelle
et de renforcer les liens militaires afin de contribuer au maintien de
la stabilité régionale et de la paix dans le
monde. »
Le général Han a également
déclaré que les participants ont discuté de
questions de sécurité maritime dans la région et
du besoin de « renforcer les exercices militaires
anti-terroristes, les exercices de fouilles, de sauvetage et d'escortes
de navires ». Un porte-parole du JCS a mentionné
à cet égard
que « lors des pourparlers à trois entre la
Corée du sud, les États-Unis et le Japon, chaque
représentant a réaffirmé notre position commune
sur la question nucléaire en Corée du Nord et la menace
représentée par ses missiles et sur son implication dans
le naufrage du Cheonan. Ils se sont entendus
sur la nécessité de se prodiguer une assistance mutuelle
étroite face à la menace provenant de la Corée du
Nord et de renforcer les liens militaires entre les trois
pays. »
Ainsi, au nom de la « sécurité
maritime » dans la région de l'Asie-Pacifique et en
utilisant le faux prétexte du de l'« incident du
Cheonan », les exercices militaires entre le Japon, les
États-Unis et la Corée du sud et les préparatifs
de guerre contre la République démocratique populaire
de Corée vont être intensifiés. Cela ne va
qu'augmenter les tensions politiques dans la péninsule
coréenne, entraver davantage le processus de paix et de
réconciliation entre le nord et le sud et préparer les
conditions pour une autre Guerre de Corée.

Le mouvement populaire n'est pas intimidé par
les mesures de répression extraordinaires
Pour étouffer le droit de conscience et
l'opposition au G20, le régime de Lee Myung-Bak a lancé
une grande campagne de violence et de répression
accompagnée d'une campagne de désinformation pour la
faire accepter. Plus de 50 000 policiers ont été
mobilisés, en plus de 20 000 policiers antiémeute,
soutenus
par un déploiement militaire et des agences de
sécurité privée, pour un total de 400 000
policiers, soldats et agents. Une loi spéciale est entrée
en vigueur un mois avant le sommet. Elle permet entre autres la
mobilisation de l'armée pour restreindre les droits civils afin
de maintenir « la sécurité
publique ».
Selon le Korea Times, dans le centre-ville de
Séoul on a érigé une clôture de deux
mètres de haut autour du Centre des congrès et de
l'exposition (Coex) où se tient le sommet du G20. Selon la
nouvelle loi, les rassemblements et les manifestations sont interdits
à moins de 2 km du sommet,
à titre de troisième périmètre de
sécurité. Ceux qui sont pris à manifester dans ce
secteur seront arrêtés Les escouades tactiques de la
police utilisent des transporteurs blindés stationnés
près du sommet.
Le quotidien poursuit : « Les 11 et
12 novembre, la circulation sera interdite dans certaines rues
près du Coex, dans le quartier Samseong, écrit le
quotidien Hankyoreh. L'horaire du réseau de transport
public sera altéré considérablement.
« Les assemblées et manifestations
seront interdites dans le secteur du Coex à partir du
8 novembre. L'interdiction s'applique à un secteur
déclaré zone de sécurité du G20, qui
s'étend sur un rayon de 2,2 km autour du Coex. [...]
« Le ministère de la Terre, du
Transport et des Affaires maritimes a haussé le niveau de
sécurité aux aéroports par où passeront les
dignitaires à 'alerte rouge'. C'est la première fois que
le ministère décrète l'alerte 'rouge', le plus
haut de cinq niveaux. »
Le Korean Times rapportait en octobre que
« quelques 200 étrangers ont été
interdits de séjour en Corée à l'approche du
sommet du G20 [...].
« Le commissaire de l'Agence de la police
nationale a dit que 204 expatriés se verront interdits de
séjour. Cela comprend 184 manifestants arrêtés
durant le Sommet du G40 à Pittsburgh en septembre
2009. »
Dans un appel à la solidarité lancé
le 9 novembre, les activistes coréens
déclaraient : « La police a soudainement
commencé à faire preuve de zèle pour montrer aux
dirigeants du G20 combien sereine est cette capitale capitaliste de 10
millions d'habitants. Les déportations et les décentes
contre
les travailleurs migrants sans papier, parmi lesquels les
autorités croient que des 'terroristes' se cachent, sont plus
brutales que jamais. La situation ressemble de plus en plus à ce
que nous avons vécu durant le régime autocratique soutenu
par les États-Unis que nous avons renversé en 1987. C'est
tout le pays qui est
en état d'alerte. C'est la guerre, mais au lieu des bombes, des
blindés et des avions de combat, il y a les spéculations
à la bourse et la montée et la chute des
actions. »
En dépit de la répression d'État et
de l'intimidation, le mouvement ne perd pas de vue la cible des
mobilisations de masse qui commencent aujourd'hui, première
journée du sommet.

Des lendemains du Sommet du G20 à
Toronto
L'ACLC et SNEGSP organisent des audiences publiques
pour étudier l'imputabilité de la police et du
gouvernement pendant le G20
Cette semaine, l'Association canadienne des
libertés civiles (ACLC) et le Syndicat national des
employés généraux (SNEGSP), fort de 340 000
membres, co-organisent trois journées d'audiences publiques pour
examiner les activités illégales de la police durant le
Sommet du G20 et les violations des droits fondamentaux
et libertés civiles des Canadiens.
Les audiences auront lieu le mercredi 10 et jeudi
11 novembre à l'Hôtel Westin Harbour Castle de
Toronto, et le vendredi 12 novembre à l'hôtel
Fairmont Le Reine Elizabeth à Montréal.
Les principaux objectifs des audiences sont
d'accroître la sensibilisation du public sur les graves
violations des droits constitutionnels des Canadiens durant le Sommet
du G20, et de tenir tous les niveaux de gouvernement responsables.
L'avocate générale de l'ACLC, Nathalie
Desrosiers, et le président national de SNEGSP, James Clancy,
co-présideront les audiences de Toronto. Les personnes ou
organisations affectées par ou qui ont observé des
activités illégales de la police pendant le sommet du G20
présenteront leur perspective brièvement.
Chaque présentation sera suivie d'une session de
questions-réponses. Des avocats, journalistes et autres seront
également présents pour partager leurs perspectives sur
ce qui s'est passé lors du G20, et apporter un éclairage
sur certains aspects juridiques, politiques et sociaux clés. Les
audiences de Montréal seront présidées
par Nathalie Desrosiers et Pamela Boulay, une avocate de SNEGSP du
Nouveau-Brunswick.
L'ACLC et SNEGSP publieront un rapport sur ces audiences
publiques en janvier 2011.
Les audiences sont ouvertes aux médias.
Horaires
Toronto – Mercredi 10 novembre :
09 h 15 – Brève présentation
aux médias (Nathalie Desrosiers, James Clancy)
9 h 30 – 12 h 30 – séance d'audience I
12 h 30-14 h 00 – Pause
14 h 00-17 h 00 – séance d'audience II
19 h 00-21 h 00 – séance d'audience III
Toronto – Jeudi 11 novembre
09 h 30-11 h 00 – séance d'audience I
11 h 00-13 h 30 – Pause
13 h 30-17 h 00 – séance d'audience II
Montréal – Vendredi 12 novembre
09 h 15 – Brève présentation aux médias
(Nathalie Desrosiers, Pamela Boulay)
09 h 30 – 12 h 30 – séance d'audience I
14 h 00 – 17 h 00 – séance d'audience II

Opposons-nous à la criminalisation
de la résistance au G20
Tandis que le deuxième Sommet du G20 se tient
à Séoul, la résistance se poursuit contre la
répression lors du Sommet du G20 de Toronto. Malgré la
documentation étoffée sur les incidents de
brutalité policière et de violation des droits du peuple,
justice n'a toujours pas été faite pour les 1 100
victimes
de la violence organisée par l'État qui s'est abattue
pour bloquer l'expression collective de la demande de démanteler
le G8/G20 et son ordre du jour inhumain.
La chasse aux sorcières contre les soi-disant
instigateurs des actions du G20 se poursuit. L'activiste Alex Hundert a
été arrêté trois fois et tout
récemment le 23 octobre pour une soi-disant infraction
à
ses conditions de libération sous caution et il est
présentement en prison. Les conditions de libération sous
caution qui ont été imposées à tous ceux
qui sont toujours sous le coup d'accusations et particulièrement
à Hundert sont si sévères et arbitraires que les
autorités peuvent les arrêter à volonté
pour « violation » des conditions et en tirer des
reportages à sensation dans les médias monopolisés
et créer le maximum d'insécurité pour les autres
qui ont été libérés sous caution. Chose
encore plus importante, tout cela sert de menace constante pour forcer
les gens à « se tenir tranquilles »,
non seulement ceux qui font face à des accusations mais tous
ceux qui s'opposent aux politiques antinationales des gouvernements.
Ryan Rainville, un jeune activiste autochtone de
22 ans, a été libéré sous caution le
9 novembre. On lui avait d'abord refusé une
libération sous caution lors de sa parution en cour le
26 octobre. Le juge avait alors tenu des propositions très
incendiaires et empreints de préjugés pour justifier
sa décision, disant par exemple que le remettre en
liberté aux bons soins d'une organisation communautaire ne
l'empêcherait pas « d'aller détruire des
voitures de police ».
L'ami de Rainville Luke Stewart a a expliqué les
motifs de sa participation à la convergence contre le G20
à Toronto ; « Les protestations contre le G20
font partie d'un vaste mouvement à l'échelle mondiale
contre l'imposition de mesures d'austérité et du diktat
du capital mondial aux immenses
majorités de par le monde. Nous osons rêver d'un monde de
liberté, de justice et d'égalité, sans chars
d'assaut ni prisons ni frontières ni autres institutions
oppressives qui volent leur subsistance à ces immenses
majorités. En solidarité avec les résidants de
Séoul qui descendent dans la rue cette semaine, nous allons
continuer à organiser des actions contre les dirigeants du
G8 et du G20 et leurs bandits corporatifs qui pillent la terre
avec leurs projets industriels et vivent de la guerre. »
Une semaine avant que Rainville ne soit
relâché, il a reçu la visite d'enquêteurs du
Groupe intégré de la sécurité du G20
à la prison de Maplehurst. Les enquêteurs ont garanti
à Rainville sa libération sous caution et une sentence
réduite s'il acceptait de coopérer en identifiant des
individus sur des photos. En présence
de son avocat, Rainville a refusé de coopérer en disant
qu'il préférait rester en prison jusqu'à son
procès plutôt que de trahir ses amis et ses alliés
du mouvement social.
Rainville a dit ce qui suit une fois
relâché : « Bien que j'aie passé
près de trois mois en prison, mon esprit n'a pas
été brisé par ce système. Je vais continuer
à dénoncer les injustices quotidiennes qui sont
perpétrées par l'exploitation capitaliste et
l'assimilation coloniale. En tant qu'autochtone, j'ai
le devoir de continuer d'élever la voix pour dire la
vérité et contribuer à la cause de la justice et
de la liberté de tous les peuples. »
D'autres activistes autochtones se sont aussi
exprimés : « En tant qu'autochtones, nous sommes
constamment attaqués physiquement et spirituellement par
l'État. Son pouvoir repose sur la dégradation. Son
exploitation violente de la terre et de l'eau alimente et profite
à la colonisation de toute personne
pauvre et opprimée. Nous dénonçons la
répression constante par l'État de tous ceux qui
résistent aux mesures d'austérité qui visent
à forcer nos connaissances, nos amis et nos alliés
à l'asservissement à un système qui a
échoué, à nous assimiler par la soumission et
à exterminer ceux d'entre nous qui refusent de plier
sous les conditions des colonialistes. »
Le fait que la majorité des personnes
arrêtées et détenues aient été
libérées sans faire l'objet d'accusations n'oblige pas la
police à rendre des comptes ou à faire justice pour les
conditions de détentions inhumaines des détenus, pour les
nombreuses violations de droits qui se sont produites au centre de
détention
temporaire et pour les autres abus commis contre eux sans parler du
fait qu'ils ont été pris dans les mailles du
système légal sur la base d'accusations frauduleuses
portées en toute impunité.
Les appels répétés à une
enquête publique sur la violence et la brutalité
policière pendant le sommet sont restés lettre morte. Les
gouvernements Harper et McGuinty de même que le Conseil municipal
de Toronto ont écarté du revers de la main les demandes
d'enquête publique. En fait, le Conseil municipal de
Toronto a même passé une résolution qui
félicite la police de Toronto pour « un travail bien
fait » et Rob Ford, le nouveau maire de Toronto, a
suggéré que la police aurait eu raison de faire encore
plus de répression.
La police de Toronto, le Bureau des services de polices
de Toronto ( l'organisme civil qui répond de la police de
Toronto), le Bureau de l'Ombudsman de l'Ontario, le Bureau du directeur
indépendant de l'examen de la police, de même qu'un
comité de la Chambre des Communes sont en train
« d'examiner » divers aspects des
activités policières pendant le sommet, mais aucun de ces
« examens » n'est muni de l'autorité
légale de faire une enquête en bonne et due forme et de
porter des accusations contre les responsables de la violence
policière et des actes de terreur commis sur
une vaste échelle contre les Canadiens, que ce soit le premier
ministre Harper et son ministre de la Sécurité publique
Vic Toews, les dirigeants de la GRC et du SCRS et d'autres qui
étaient directement responsables des opérations de
sécurité pendant le Sommet du G20 à Toronto.
Comparons cette situation avec celle du Sommet de l'APEC
qui s'est tenu en 1997 sur le campus de l'Université de
Colombie-Britannique et l'utilisation du poivre de cayenne contre les
jeunes qui manifestaient contre le sommet. La Commission
d'enquête sur les plaintes du public contre la GRC
présidée
par le juge Ted Hughes en 2001 a entendu 52 plaintes de
mauvaise conduite de la police contre les protestataires, et le juge a
maintes fois dénoncé le comportement de la police comme
« contrevenant à la Charte et non approprié
dans les circonstances ». En dépit de cette
conclusion, l'avocat
de la Couronne n'a recommandé aucune accusation contre quiconque
de la GRC. Parmi les personnes impliquées dans les attaques au
poivre de cayenne figurait le caporal Bud Mercer qui est maintenant
assistant commissaire à la GRC et qui a récemment
dirigé le Groupe intégré de la
sécurité des Jeux olympiques
de Vancouver, un autre événement qui a été
marqué par la répression policière de masse et
l'hystérie non fondée au sujet des
« manifestants violents ».
Ces enquêtes sont organisées pour dissiper
la colère populaire, pour reconnaître que certains
« excès » ont pu se produire mais pour
bloquer en dernière analyse la demande populaire que justice
soit faite et que ceux qui ont commis ces méfaits soient punis.
Ces enquêtes, loin de mettre fin à la violence
et l'impunité policières, pavent la voie à encore
plus d'impunité et à la création de nouvelles
normes pour attaquer violemment ceux qui expriment leur droit de
conscience en menant des actions politiques contre l'ordre du jour de
l'État canadien des riches.

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