Le Marxiste-Léniniste

Numéro 176 - 11 novembre 2010

Sommet du G20 à Séoul

Le G20 illégitime et non représentatif accueilli
par des manifestations de masse


Séoul, Corée, le 7 novembre 2010: Grande manifestation des travailleurs contre le Sommet du G20  (SPARK)

Sommet du G20 à Séoul
Le G20 illégitime et non représentatif accueilli par des manifestations de masse
La sécurité au G20 comme prétexte à l'agression contre la RDPC
Le mouvement populaire n'est pas intimidé par les mesures de répression extraordinaires

Des lendemains du Sommet du G20 à Toronto
L'ACLC et SNEGSP organisent des audiences publiques pour étudier l'imputabilité de la police et du gouvernement pendant le G20
Opposons-nous à la criminalisation de la résistance au G20

Accueil | Archives | English

Sommet du G20 à Séoul

Le G20 illégitime et non représentatif accueilli
par des manifestations de masse

Le deuxième Sommet du G20 à se tenir en 2010 a lieu à Séoul, en Corée du sud les 11 et 12 novembre. Les forces progressistes de Corée du sud refusent que le pays soit l'hôte du sommet sous l'égide du gouvernement réactionnaire de Lee Myung Bak. Le régime de Lee facilite l'imposition des politiques néolibérales et anti-humaines du G20 au peuple coréen et aux peuples du monde et se sert du sommet comme une démonstration de servilité envers États-Unis et comme un exercice de répression du peuple.

Les tactiques répressives du régime de Lee n'ont cependant pas réussi à faire taire l'opposition populaire. De vastes alliances ont été formées qui comprennent plus de 80 organisations populaires. La Confédération coréenne des syndicats (la KCTU), la Solidarité populaire pour le progrès social (la PSSP) et plusieurs autres ont joint leurs forces sous la bannière « Le peuple d'abord ». Elles ont dénoncé les attaques de l'administration Lee contre les droits civils et démocratiques et la PSSP a accusé l'administration « d'utiliser le G20 comme prétexte pour réprimer sur une vaste échelle les travailleurs migrants, les vendeurs de rues et les sans-abri ». « Nous déclarons solennellement, ajoute l'organisation, que nous n'allons pas tolérer la violation des droits civils et démocratiques et que nous allons mettre un terme à la violence de Myung Bak. »

La KCTU a émis une déclaration pour la semaine d'actions du 6 au 11 novembre dans laquelle elle dit que les travailleurs et le peuple vont prendre toutes les mesures nécessaires pour défendre leurs droits. La KCTU dénonce dans sa déclaration les politiques antiouvrières du régime de Lee qui « plutôt que de placer le travail au centre de la relance et de la croissance, favorise la précarisation des emplois et l'insécurité d'emploi. En plus, le gouvernement mobilise tout ce qu'il peut contre les droits fondamentaux du travail et pour réprimer les syndicalistes. »

La semaine d'actions a débuté le 6 novembre par une manifestation de plus de 40 000 personnes dans le centre-ville de Séoul.


Le 6 novembre 2010 (NewsCham)

Le 7 novembre, la KCTU a tenu un autre rassemblement de masse à Séoul à l'occasion du 40e anniversaire de la Loi sur les normes du travail pour exiger que le gouvernement de Lee fasse respecter la loi. Le rassemblement a été l'occasion de mettre l'accent sur la nécessité de vigilance des travailleurs sur la question des droits du travail. La police anti-émeute déployée pour le sommet a tenté de contenir les manifestants avec des canons à eau, du poivre de cayenne et des véhicules militaires. Les manifestants ont tenu bon. Ils ont persisté à dénoncer le G20, l'accord de libre-échange États-Unis-Corée du sud qui est proposé et les mesures d'austérité prises par le G20.

Le 9 novembre, il y a eu une autre grande manifestation devant l'ambassade étasunienne pour protester contre la rencontre au sommet entre la République de Corée et les États-Unis. Les manifestants ont scandé : « Non à l'accord de libre-échange ! Non aux missiles de défense ! Non à l'alliance États-Unis-RDC ! Oui à un traité de paix avec la République populaire démocratique de Corée ! » Ils ont dit Non ! à la servitude coréenne face aux intérêts des États-Unis, surtout en ce qui concerne leurs préparatifs de guerre dans la région.





Le 7 novembre 2010 (SPARK, NewsCham, PressTV)


Manifestation contre le Sommet Corée-É-U le 9 novembre 2010. (Xinhua, SPARK)

LML salue les travailleurs et le peuple coréens et tous ceux qui se sont joints à eux pour demander des arrangements prosociaux et s'opposer aux politiques néolibérales du G20 et à la répression de masse qui accompagne ses sommets tramés contre les intérêts des peuples.

(People First, KCTU, SPARK, Indymedia)

Haut de page


La sécurité au G20 comme prétexte à l'agression contre la RDPC

Au nom de la sécurité du Sommet du G20, le haut commandement militaire unifié de Corée du sud (JCS), les États-Unis et le Japon créent un prétexte à une agression contre la République démocratique populaire de Corée (RDPC).

Les forces militaires sud-coréennes ont été placées en état d'alerte avant même le début du Sommet du G20. Le Korea Times cite des porte-parole des forces de l'air disant que des avions de combat sont en état d'alerte au sol prêts à mener des opérations de surveillance au moindre signe d'un danger d'attentat terroriste. Le Times mentionne aussi que « des unités de missiles de défense sol-air sont prêtes à abattre des cibles ennemies. Chaque fois qu'un véhicule officiel du Sommet prendra la route, la circulation sur les routes adjacentes va être bloquée pendant que des hélicoptères armés survolent la route et que des navires armés patrouillent la rivière Han. »

Les forces armées sud-coréennes prétendent que le haut niveau de présence militaire est une mesure de dissuasion face à une attaque terroriste de la RDPC alors que c'est le sud qui, conjointement avec les États-Unis, commet des actes de terrorisme contre la RDPC. En fait, les soi-disant mesures de sécurité qui sont appliquées ressemblent en tous points à un exercice militaire typique contre la souveraineté de la RDPC. « À l'approche du sommet, écrit le JCS, nous allons déployer nos forces dans les endroits stratégiques du pays et dans les régions montagneuses près du lieu du sommet ; nous allons faire des fouilles, de l'interception, des patrouilles sous-marines, de la surveillance conjointe avec la police maritime près de l'aéroport ; nous allons renforcer l'état de préparation aux urgences de nos forces de l'air et de l'artillerie de défense antiaérienne. » Voice of the People écrit que « (le JCS) se prépare à renforcer le système de coopération États-Unis-RDC, à partager l'information sur l'ennemi, les activités de renseignements sur le terrorisme et à étendre l'utilisation de ressources conjointes telles les U-2 ».

C'est dans ce contexte que s'est tenue la 13e rencontre annuelle des attachés de la défense de l'Asie-Pacifique à Séoul le 22 octobre, qui s'est déroulée en Corée du sud pour la première fois de son histoire. Ce n'est pas par hasard que Séoul a été choisie comme hôte de la rencontre ; c'était une façon de mettre l'accent sur le rôle militaire de la Corée du sud dans la région en prévision du sommet.

Lors de la conférence de presse qui a conclu la rencontre, le général sud-coréen Han Min Koo a dit : « Les participants ont accepté d'assumer chacun la responsabilité de maintenir la paix et la stabilité dans la région (de l'Asie-Pacifique). Ils ont aussi accepté de créer des structures d'assistance mutuelle et de renforcer les liens militaires afin de contribuer au maintien de la stabilité régionale et de la paix dans le monde. »

Le général Han a également déclaré que les participants ont discuté de questions de sécurité maritime dans la région et du besoin de « renforcer les exercices militaires anti-terroristes, les exercices de fouilles, de sauvetage et d'escortes de navires ». Un porte-parole du JCS a mentionné à cet égard que « lors des pourparlers à trois entre la Corée du sud, les États-Unis et le Japon, chaque représentant a réaffirmé notre position commune sur la question nucléaire en Corée du Nord et la menace représentée par ses missiles et sur son implication dans le naufrage du Cheonan. Ils se sont entendus sur la nécessité de se prodiguer une assistance mutuelle étroite face à la menace provenant de la Corée du Nord et de renforcer les liens militaires entre les trois pays. »

Ainsi, au nom de la « sécurité maritime » dans la région de l'Asie-Pacifique et en utilisant le faux prétexte du de l'« incident du Cheonan », les exercices militaires entre le Japon, les États-Unis et la Corée du sud et les préparatifs de guerre contre la République démocratique populaire de Corée vont être intensifiés. Cela ne va qu'augmenter les tensions politiques dans la péninsule coréenne, entraver davantage le processus de paix et de réconciliation entre le nord et le sud et préparer les conditions pour une autre Guerre de Corée.

Haut de page


Le mouvement populaire n'est pas intimidé par les mesures de répression extraordinaires

Pour étouffer le droit de conscience et l'opposition au G20, le régime de Lee Myung-Bak a lancé une grande campagne de violence et de répression accompagnée d'une campagne de désinformation pour la faire accepter. Plus de 50 000 policiers ont été mobilisés, en plus de 20 000 policiers antiémeute, soutenus par un déploiement militaire et des agences de sécurité privée, pour un total de 400 000 policiers, soldats et agents. Une loi spéciale est entrée en vigueur un mois avant le sommet. Elle permet entre autres la mobilisation de l'armée pour restreindre les droits civils afin de maintenir « la sécurité publique ».

Selon le Korea Times, dans le centre-ville de Séoul on a érigé une clôture de deux mètres de haut autour du Centre des congrès et de l'exposition (Coex) où se tient le sommet du G20. Selon la nouvelle loi, les rassemblements et les manifestations sont interdits à moins de 2 km du sommet, à titre de troisième périmètre de sécurité. Ceux qui sont pris à manifester dans ce secteur seront arrêtés Les escouades tactiques de la police utilisent des transporteurs blindés stationnés près du sommet.

Le quotidien poursuit : « Les 11 et 12 novembre, la circulation sera interdite dans certaines rues près du Coex, dans le quartier Samseong, écrit le quotidien Hankyoreh. L'horaire du réseau de transport public sera altéré considérablement.

« Les assemblées et manifestations seront interdites dans le secteur du Coex à partir du 8 novembre. L'interdiction s'applique à un secteur déclaré zone de sécurité du G20, qui s'étend sur un rayon de 2,2 km autour du Coex. [...]

« Le ministère de la Terre, du Transport et des Affaires maritimes a haussé le niveau de sécurité aux aéroports par où passeront les dignitaires à 'alerte rouge'. C'est la première fois que le ministère décrète l'alerte 'rouge', le plus haut de cinq niveaux. »

Le Korean Times rapportait en octobre que « quelques 200 étrangers ont été interdits de séjour en Corée à l'approche du sommet du G20 [...].

« Le commissaire de l'Agence de la police nationale a dit que 204 expatriés se verront interdits de séjour. Cela comprend 184 manifestants arrêtés durant le Sommet du G40 à Pittsburgh en septembre 2009. »

Dans un appel à la solidarité lancé le 9 novembre, les activistes coréens déclaraient : « La police a soudainement commencé à faire preuve de zèle pour montrer aux dirigeants du G20 combien sereine est cette capitale capitaliste de 10 millions d'habitants. Les déportations et les décentes contre les travailleurs migrants sans papier, parmi lesquels les autorités croient que des 'terroristes' se cachent, sont plus brutales que jamais. La situation ressemble de plus en plus à ce que nous avons vécu durant le régime autocratique soutenu par les États-Unis que nous avons renversé en 1987. C'est tout le pays qui est en état d'alerte. C'est la guerre, mais au lieu des bombes, des blindés et des avions de combat, il y a les spéculations à la bourse et la montée et la chute des actions. »

En dépit de la répression d'État et de l'intimidation, le mouvement ne perd pas de vue la cible des mobilisations de masse qui commencent aujourd'hui, première journée du sommet.

Haut de page


Des lendemains du Sommet du G20 à Toronto

L'ACLC et SNEGSP organisent des audiences publiques pour étudier l'imputabilité de la police et du gouvernement pendant le G20

Cette semaine, l'Association canadienne des libertés civiles (ACLC) et le Syndicat national des employés généraux (SNEGSP), fort de 340 000 membres, co-organisent trois journées d'audiences publiques pour examiner les activités illégales de la police durant le Sommet du G20 et les violations des droits fondamentaux et libertés civiles des Canadiens.

Les audiences auront lieu le mercredi 10 et jeudi 11 novembre à l'Hôtel Westin Harbour Castle de Toronto, et le vendredi 12 novembre à l'hôtel Fairmont Le Reine Elizabeth à Montréal.

Les principaux objectifs des audiences sont d'accroître la sensibilisation du public sur les graves violations des droits constitutionnels des Canadiens durant le Sommet du G20, et de tenir tous les niveaux de gouvernement responsables.

L'avocate générale de l'ACLC, Nathalie Desrosiers, et le président national de SNEGSP, James Clancy, co-présideront les audiences de Toronto. Les personnes ou organisations affectées par ou qui ont observé des activités illégales de la police pendant le sommet du G20 présenteront leur perspective brièvement. Chaque présentation sera suivie d'une session de questions-réponses. Des avocats, journalistes et autres seront également présents pour partager leurs perspectives sur ce qui s'est passé lors du G20, et apporter un éclairage sur certains aspects juridiques, politiques et sociaux clés. Les audiences de Montréal seront présidées par Nathalie Desrosiers et Pamela Boulay, une avocate de SNEGSP du Nouveau-Brunswick.

L'ACLC et SNEGSP publieront un rapport sur ces audiences publiques en janvier 2011.

Les audiences sont ouvertes aux médias.

Horaires

Toronto – Mercredi 10 novembre :
09 h 15 – Brève présentation aux médias (Nathalie Desrosiers, James Clancy)
9 h 30 – 12 h 30 – séance d'audience I
12 h 30-14 h 00 – Pause
14 h 00-17 h 00 – séance d'audience II
19 h 00-21 h 00 – séance d'audience III

Toronto – Jeudi 11 novembre
09 h 30-11 h 00 – séance d'audience I
11 h 00-13 h 30 – Pause
13 h 30-17 h 00 – séance d'audience II

Montréal – Vendredi 12 novembre
09 h 15 – Brève présentation aux médias (Nathalie Desrosiers, Pamela Boulay)
09 h 30 – 12 h 30 – séance d'audience I
14 h 00 – 17 h 00 – séance d'audience II

Haut de page


Opposons-nous à la criminalisation
de la résistance au G20

Tandis que le deuxième Sommet du G20 se tient à Séoul, la résistance se poursuit contre la répression lors du Sommet du G20 de Toronto. Malgré la documentation étoffée sur les incidents de brutalité policière et de violation des droits du peuple, justice n'a toujours pas été faite pour les 1 100 victimes de la violence organisée par l'État qui s'est abattue pour bloquer l'expression collective de la demande de démanteler le G8/G20 et son ordre du jour inhumain.

La chasse aux sorcières contre les soi-disant instigateurs des actions du G20 se poursuit. L'activiste Alex Hundert a été arrêté trois fois et tout récemment le 23 octobre pour une soi-disant infraction à ses conditions de libération sous caution et il est présentement en prison. Les conditions de libération sous caution qui ont été imposées à tous ceux qui sont toujours sous le coup d'accusations et particulièrement à Hundert sont si sévères et arbitraires que les autorités peuvent les arrêter à volonté pour « violation » des conditions et en tirer des reportages à sensation dans les médias monopolisés et créer le maximum d'insécurité pour les autres qui ont été libérés sous caution. Chose encore plus importante, tout cela sert de menace constante pour forcer les gens à « se tenir tranquilles », non seulement ceux qui font face à des accusations mais tous ceux qui s'opposent aux politiques antinationales des gouvernements.

Ryan Rainville, un jeune activiste autochtone de 22 ans, a été libéré sous caution le 9 novembre. On lui avait d'abord refusé une libération sous caution lors de sa parution en cour le 26 octobre. Le juge avait alors tenu des propositions très incendiaires et empreints de préjugés pour justifier sa décision, disant par exemple que le remettre en liberté aux bons soins d'une organisation communautaire ne l'empêcherait pas « d'aller détruire des voitures de police ».

L'ami de Rainville Luke Stewart a a expliqué les motifs de sa participation à la convergence contre le G20 à Toronto ; « Les protestations contre le G20 font partie d'un vaste mouvement à l'échelle mondiale contre l'imposition de mesures d'austérité et du diktat du capital mondial aux immenses majorités de par le monde. Nous osons rêver d'un monde de liberté, de justice et d'égalité, sans chars d'assaut ni prisons ni frontières ni autres institutions oppressives qui volent leur subsistance à ces immenses majorités. En solidarité avec les résidants de Séoul qui descendent dans la rue cette semaine, nous allons continuer à organiser des actions contre les dirigeants du G8 et du G20 et leurs bandits corporatifs qui pillent la terre avec leurs projets industriels et vivent de la guerre. »

Une semaine avant que Rainville ne soit relâché, il a reçu la visite d'enquêteurs du Groupe intégré de la sécurité du G20 à la prison de Maplehurst. Les enquêteurs ont garanti à Rainville sa libération sous caution et une sentence réduite s'il acceptait de coopérer en identifiant des individus sur des photos. En présence de son avocat, Rainville a refusé de coopérer en disant qu'il préférait rester en prison jusqu'à son procès plutôt que de trahir ses amis et ses alliés du mouvement social.

Rainville a dit ce qui suit une fois relâché : « Bien que j'aie passé près de trois mois en prison, mon esprit n'a pas été brisé par ce système. Je vais continuer à dénoncer les injustices quotidiennes qui sont perpétrées par l'exploitation capitaliste et l'assimilation coloniale. En tant qu'autochtone, j'ai le devoir de continuer d'élever la voix pour dire la vérité et contribuer à la cause de la justice et de la liberté de tous les peuples. »

D'autres activistes autochtones se sont aussi exprimés : « En tant qu'autochtones, nous sommes constamment attaqués physiquement et spirituellement par l'État. Son pouvoir repose sur la dégradation. Son exploitation violente de la terre et de l'eau alimente et profite à la colonisation de toute personne pauvre et opprimée. Nous dénonçons la répression constante par l'État de tous ceux qui résistent aux mesures d'austérité qui visent à forcer nos connaissances, nos amis et nos alliés à l'asservissement à un système qui a échoué, à nous assimiler par la soumission et à exterminer ceux d'entre nous qui refusent de plier sous les conditions des colonialistes. »

Le fait que la majorité des personnes arrêtées et détenues aient été libérées sans faire l'objet d'accusations n'oblige pas la police à rendre des comptes ou à faire justice pour les conditions de détentions inhumaines des détenus, pour les nombreuses violations de droits qui se sont produites au centre de détention temporaire et pour les autres abus commis contre eux sans parler du fait qu'ils ont été pris dans les mailles du système légal sur la base d'accusations frauduleuses portées en toute impunité.

Les appels répétés à une enquête publique sur la violence et la brutalité policière pendant le sommet sont restés lettre morte. Les gouvernements Harper et McGuinty de même que le Conseil municipal de Toronto ont écarté du revers de la main les demandes d'enquête publique. En fait, le Conseil municipal de Toronto a même passé une résolution qui félicite la police de Toronto pour « un travail bien fait » et Rob Ford, le nouveau maire de Toronto, a suggéré que la police aurait eu raison de faire encore plus de répression.

La police de Toronto, le Bureau des services de polices de Toronto ( l'organisme civil qui répond de la police de Toronto), le Bureau de l'Ombudsman de l'Ontario, le Bureau du directeur indépendant de l'examen de la police, de même qu'un comité de la Chambre des Communes sont en train « d'examiner » divers aspects des activités policières pendant le sommet, mais aucun de ces « examens » n'est muni de l'autorité légale de faire une enquête en bonne et due forme et de porter des accusations contre les responsables de la violence policière et des actes de terreur commis sur une vaste échelle contre les Canadiens, que ce soit le premier ministre Harper et son ministre de la Sécurité publique Vic Toews, les dirigeants de la GRC et du SCRS et d'autres qui étaient directement responsables des opérations de sécurité pendant le Sommet du G20 à Toronto.

Comparons cette situation avec celle du Sommet de l'APEC qui s'est tenu en 1997 sur le campus de l'Université de Colombie-Britannique et l'utilisation du poivre de cayenne contre les jeunes qui manifestaient contre le sommet. La Commission d'enquête sur les plaintes du public contre la GRC présidée par le juge Ted Hughes en 2001 a entendu 52 plaintes de mauvaise conduite de la police contre les protestataires, et le juge a maintes fois dénoncé le comportement de la police comme « contrevenant à la Charte et non approprié dans les circonstances ». En dépit de cette conclusion, l'avocat de la Couronne n'a recommandé aucune accusation contre quiconque de la GRC. Parmi les personnes impliquées dans les attaques au poivre de cayenne figurait le caporal Bud Mercer qui est maintenant assistant commissaire à la GRC et qui a récemment dirigé le Groupe intégré de la sécurité des Jeux olympiques de Vancouver, un autre événement qui a été marqué par la répression policière de masse et l'hystérie non fondée au sujet des « manifestants violents ».

Ces enquêtes sont organisées pour dissiper la colère populaire, pour reconnaître que certains « excès » ont pu se produire mais pour bloquer en dernière analyse la demande populaire que justice soit faite et que ceux qui ont commis ces méfaits soient punis. Ces enquêtes, loin de mettre fin à la violence et l'impunité policières, pavent la voie à encore plus d'impunité et à la création de nouvelles normes pour attaquer violemment ceux qui expriment leur droit de conscience en menant des actions politiques contre l'ordre du jour de l'État canadien des riches.

(Réseau de mobilisation communautaire de Toronto, The Tyee)

Haut de page


Lisez Le Marxiste-Léniniste
Site web:  www.pccml.ca   Courriel: redaction@cpcml.ca