Le Marxiste-Léniniste

Numéro 174 - 8 novembre 2010

US Steel décrète un lockout

Rassemblement en appui aux métallos de Hamilton



US Steel décrète un lockout
Rassemblement en appui aux métallos de Hamilton
Les métallos de Stelco disent Non! au diktat arrogant de la compagnie - Section locale 1005 du syndicat des Métallos

Brésil: Dilma Rousseff élue présidente
Les Brésiliens votent pour la consolidation des réformes pro-sociales et contre le néolibéralisme
Le Brésil élit Dilma pour faire avancer les réformes - Vermelho

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US Steel décrète un lockout

Rassemblement en appui aux métallos de Hamilton

Plus de 600 métallos et supporters se sont rassemblés aux portes de l'aciérie de Hamilton dimanche le 7 novembre au moment où US Steel fermait ses portes après avoir mis les syndiqués du Local 1005 en lockout. Ils étaient venus dire Non ! à l'arrogance du monopole américain qui exige des concessions inacceptables, refuse de négocier de bonne foi et décrète maintenant un lockout. US Steel a deux objectifs : briser le syndicat en abandonnant les nouveaux employés à un régime de pension à contributions déterminées et éliminer la clause d'indexation pour les retraités. Les intervenants au rassemblement ont dénoncé l'intransigeance de la compagnie et exprimé leur appui à la position prise par la section local 1005 du syndicat des Métallos, qui refuse d'abandonner les nouveaux employés et les retraités.

La compagnie a fait entrer le personnel cadre par autobus à 15 heures. Elle aurait l'intention de faire une rotation du personnel aux deux semaines, comme durant le lockout contre les métallos des ateliers Lake Erie. Elle a embauché la firme AFI Security, le même groupe de briseurs de grève qui a servi contre les mineurs de Vale Inco à Sudbury. Les travailleurs et les retraités ont commencé à arriver vers 18 heures. À 22 h 30, il y avait tellement de monde que les agents étaient incapables de fermer la clôture !





Ce qu'ils ont dit

Gary Howe, Local 1005 des Métallos, vice-président et maître de cérémonie

[En parlant de ce qui s'est produit il y a trois ans, quand Stelco a été acheté par US Steel] : « Je pense que les gens de Hamilton, et de partout au Canada, peuvent voir clairement l'objetif de cette grande société américaine. Honte à US Steel ! Notre ville mérite mieux. Nos retraités méritent mieux. »

Mary Long, présidente du Conseil syndical de Hamilton

« Je suis venue vous dire que nous du Conseil syndical de Hamilton, nous sommes avec vous et nous serons avec vous jusqu'au bout, quand vous obtiendrez ce que vous réclamez. »


De gauche à droite: GaryHowe, vice-président, section locale 1005 du syndicat des Métallos; Mary Long,
présidente du Conseil syndical de Hamilton; Darren Green, président du Conseil régional des métallos de Hamilton.

Darren Green, président du Conseil régional des métallos de Hamilton

« J'étais avec vous durant la grève de 1981, quand l'usine où je travaille, Parkdale Works, faisait partie de Stelco, et je suis encore avec vous aujourd'hui. Je veux que vous sachiez que le Conseil régional est avec vous, que tous les anciens travailleurs de Stelco sont avec vous. Si vous avez besoin de nous, nous sommes là. »

Dave Christopherson, député de Hamilton Centre, NPD

« Demandez-le aux gens d'ici ce qu'a été l'"avantage net" de l'acquisition de Stelco par US Steel. Où est-il cet avantage net ? Le ministre fédéral de l'Industrie est venu il n'y a pas très longtemps faire son Ponce Pilate. Il s'est lavé les mains de tout cela en disant que US Steel n'était tenue de respecter ses engagements envers le gouvernement canadien que jusqu'au 31 octobre. Il a dit qu'après le 31 octobre, la compagnie peut faire ce qu'elle veut. Moi je dis à Tony Clement et à Stephen Harper : vous ne pouvez pas faire ce que vous voulez aux travailleurs de ce pays parce que nous n'allons pas nous laisser faire. » [...]

« Je n'ai pas mêlé aux négociations, mais on ne peut pas être un résident de Hamilton et ne pas être en colère devant ce qui se passe. Comment peut-on dire à nos retraités qu'après toutes ces années de travail, vous ne serez pas protégés contre l'inflation ? Que va valoir cette pension sans indexation ? Qu'est-ce que cela fait pour la qualité de vie à la retraite ? Ils méritent cette pension. »

Paul Miller, député provincial de Hamilton Est, NPD, et ancien travailleur de Stelco pendant 32 ans

« Nous envoyons un message clair à US Steel : quand vous venez au Canada, vous devez respecter nos lois et les lois du travail et vous devez traiter les travailleurs avec respect, sinon vous n'êtes pas les bienvenus. En Amérique du Nord, il y a une campagne pour briser les syndicats et obliger tout le monde à travailler pour 12 $ l'heure. Nous n'allons pas rester les bras croisés à attendre que cela nous arrive. »


De gauche à droite: Le député David Christopherson; le député Paul Miller; le maire de Hamilton Bob Bratina.

Bob Bratina, maire de Hamilton, ancien métallos, fils et petit-fils de métallos

« Je vous parle en tant que citoyen de Hamilton qui s'inquiète pour vous et vos familles, qui s'inquiète de voir le Canada perdre sa capacité de produire de l'acier et d'être forcé de compter sur les pays étrangers pour notre acier stratégique. Nous pouvons produire cet acier ici. Nous devons vous remettre au travail et nous allons faire tout ce qui est possible pour vous remettre au travail. J'ai honte que nous soyons ici ce soir derrière des clôtures fermées, quand nous savons que nous pouvons produire un très bon acier à un prix compétitif. Les propriétaires de l'usine n'agissent pas équitablement, et sans doute pas légalement non plus. »

Rolf Gerstenberger, président de la section 1005 du syndicat des Métallos

« Je veux que tout le monde sache ce qui se passe et ce qu'on nous demande de faire. La première demande de la compagnie est que le syndicat abandonne ses 9 000 retraités. La deuxième est de priver la nouvelle génération de métallos d'un véritable régime de retraite. En même temps, les propriétaires veulent se placer en position de pouvoir fermer l'usine et éliminer les pensions complètement. Ils savent que la loi sur les relations de travail de l'Ontario leur permet d'obliger la tenue d'un vote [sur leur offre]. Le gouvernement viendrait tenir le vote à notre place et le vote serait final. Mais la compagnie ne veut pas faire cela, elle veut que nous, le syndicat, demandions à nos membres de voter pour pouvoir dire plus tard que c'est le syndicat qui a abandonné les retraités et les nouveaux employés.

[...]

« US Steel cherche délibérément à créer la division dans nos rangs. Il dit que nous devons être démocratiques et faire voter nos membres. Comment est-ce démocratique que 900 travailleurs votent d'abandonner 9 000 retraités qui n'ont pas droit de vote ? Si vous décidez de voter contre vos propres conditions de travail, c'est une chose, mais comment pouvez-vous voter contre les conditions de vie de 9 000 personnes qui ont travaillé toute leur vie et qui n'auront pas voix au chapitre ? Et comment peut-on voter d'obliger ceux qui ne sont même pas encore embauchés d'avoir un plan d'épargne plutôt qu'un vrai régime de pension ? C'est cela le diktat que la compagnie nous impose... Nous lui répondons que nous avons le devoir de veiller au bien de la nouvelle génération et de veiller à ce que nos retraités puissent vivre dans la dignité et ne pas être obligés de s'inquiéter de ce qui va advenir de leurs pensions. Nous sommes tous ensemble là-dedans.

[...]

« Alors nous demandons à tous les élus du Canada de s'unir et d'arrêter ces gens, pas seulement US Steel, mais tous les autres comme Vale Inco, Xstrata, BPH Billiton, qui viennent ici et veulent imposer leur volonté aux Canadiens, décider de l'avenir de nos industries et de nos ressources. »

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Les métallos de Stelco disent Non!
au diktat arrogant de la compagnie

Hier soir [dimanche], à l'entrée de la rue Wilcox, les métallos et les retraités de Stelco et beaucoup de personnes concernées, des jeunes et des étudiants, des représentants d'autres syndicats et des élus de Hamilton, ont participé à un rassemblement pour dire un Non ! sans équivoque au diktat arrogant de US Steel. Selon les estimés des services de police, il y avait entre 600 et 800 personnes. L'atmosphère était très positive. Les retraités ont parlé des grèves passées et de leurs nombreuses expériences et les travailleurs actuels, les jeunes surtout, ont discuté de ce qu'il faut faire pour défendre leurs intérêts et ceux des retraités, et en fait de tous les travailleurs canadiens. Beaucoup reconnaissent que ce n'est pas comme durant les conflits passés, quand les lignes de piquetage étaient le front de bataille. Les travailleurs vont défendre les lignes et ils ont besoin de l'appui de la communauté, mais ils ont aussi besoin que les gouvernements du Canada et de l'Ontario assument leur responsabilité et défendent les intérêts des Canadiens.

La section locale 1005 apprécie l'esprit formidable des métallos actifs et à la retraite et de la communauté. Nous apprécions beaucoup le grand appui que nous recevons du maire Bob Bratina et des conseillers, des députés Paul Miller (NDP) Dave Christopherson (NPD), qui a parlé au nom de tous les députés de la région présents, des jeunes et des étudiants et des représentants de nombreux syndicats. Comme l'a expliqué le président du 1005, Rolf Gerstenberger, il ne s'agit pas seulement d'exprimer la solidarité avec nous, bien que cette solidarité soit inestimable. C'est une cause qui appartient à tout Hamilton mais aussi à tous les Canadiens. C'est dans notre intérêt à tous d'établir des relations de travail qui ne traitent pas les travailleurs comme des esclaves, nos ressources comme des possessions privées à voter et nos communautés comme des masses passives qui doivent obéir aux quatre volontés des monopoles étrangers.


L'arrogance d'un vice-roi étranger

Quand on vient dans un pays étranger, la moindre des choses est de respecter ses règles. Un monopole étranger appelé US Steel arrive chez nous et déclare avec la plus belle arrogance que les Canadiens doivent être « réalistes ». Pour prouver qu'il n'est pas « complètement irréaliste », le syndicat est censé reconnaître « les intérêts et politiques manufacturiers et commerciaux des États-Unis ». Il est censé adopter la culture du « chacun pour soi » et accepter la descente en spirale des conditions de vie et de travail.

Pour atteindre ses visées commerciales au détriment du Canada, US Steel décide de fermer le dernier fourneau de Stelco à Hamilton et d'exiger des concessions sur les pensions, qu'il avait pourtant juré de protéger quand il a acheté l'aciérie il y a trois ans. Il dicte ensuite de nouvelles normes de relations de travail en passant par dessus le syndicat et en présentant son offre directement aux travailleurs. Il affirme que le refus du syndicat de soumettre cette offre unilatérale à un vote est « complètement irréaliste ».

Lorsque le 1005 refuse de soumettre l'offre au vote, la compagnie met les travailleurs en lockout et déclare, comme le font les idéologues de droite, que la position du syndicat est « idéologique ». Et évidemment, son interprétation de ce qui est réaliste n'est pas, elle, « idéologique » ! On nous dit que ce qui est « réaliste », c'est de croire que la compagnie se soucie des travailleurs et qu'il faut se méfier du « méchant syndicat » parce qu'il serait « idéologique ». Comme l'a dit Rolf au rassemblent, c'est un discours absurde.

Accepter ce diktat nous rabaisserait au niveau d'esclaves et ouvrirait la porte à un traitement encore pire. Hier soir, Rolf a dit que le 1005 est convaincu que les travailleurs canadiens ont la force et la volonté d'exercer leur droit de dire non et de ne pas accepter ces balivernes qui sortent de la bouche des représentants d'un conglomérat étranger qui agit comme un vice-roi.

Au nom du 1005, Rolf a dit : « US Steel cherche délibérément à créer la division dans nos rangs. Il dit que nous devons être démocratiques et faire voter nos membres. Comment est-ce démocratique que 900 travailleurs votent d'abandonner 9 000 retraités qui n'ont pas droit de vote ? Si vous décidez de voter contre vos propres conditions de travail, c'est une chose, mais comment pouvez-vous voter contre les conditions de vie de 9 000 personnes qui ont travaillé toute leur vie et qui n'auront pas voix au chapitre ? Et comment peut-on voter d'obliger ceux qui ne sont même pas encore embauchés d'avoir un plan d'épargne plutôt qu'un vrai régime de pension ? C'est cela le diktat que la compagnie nous impose... Nous lui répondons que nous avons le devoir de veiller au bien de la nouvelle génération et de veiller à ce que nos retraités puissent vivre dans la dignité et ne pas être obligés de s'inquiéter de ce qui va advenir de leurs pensions. Nous sommes tous ensemble là-dedans. »

www.uswa1005.ca

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Brésil: Dilma Rousseff élue présidente

Les Brésiliens votent pour la consolidation des réformes pro-sociales et contre le néolibéralisme

Le 31 octobre, les Brésiliens sont allés aux urnes pour le second tour de l'élection présidentielle du pays. Comme prévu, Dilma Rousseff, candidate du Parti des travailleurs du Brésil (PT) et ancienne chef de cabinet pour le président sortant, Luis « Lula » da Silva, a battu le conservateur José Serra soutenu par le Parti social-démocrate(PSDB). Rousseff a reçu 56,05 % des voix, contre 43,94 % pour Serra. Elle et son vice-président Michel Temer, le président du Parti pour le mouvement démocratique brésilien, occuperont leurs fonctions le 1er janvier 2011.

Le Marxiste-léniniste félicite la présidente élue, Dilma Rousseff, le président da Silva, le PT, la large coalition de partis soutenant le PT, en particulier au Parti communiste du Brésil (PCdoB), qui est à la tête de la consolidation de l'unité du peuple, et le peuple brésilien pour cette victoire. L'élection de Rousseff en tant que première femme présidente du Brésil est une victoire en soi et permettra aux forces sociales progressistes de consolider et de faire progresser les changements exigés par les masses du peuple, qui réclament des solutions aux problèmes de la société et qui veulent prendre le contrôle sur leurs affaires.

Depuis l'élection présidentielle de 2002, l'élite des riches soutenant Serra a utilisé son droit de propriété des médias monopolisés pour abaisser le niveau du discours politique dans l'espoir que cela serve ses intérêts étroits. Le premier tour de l'élection a été l'occasion d'une campagne de calomnies et d'autres attaques sans scrupules par ces forces. Ce voyoutisme a continué au second tour mais a été désavoué une fois de plus avec la défaite de Serra.


À gauche: Les Brésiliens célèbrent la victoire de Dilma Rousseff dans la capitale, Brazilia, le 31 octobre 2010.
À droite: La nouvelle présidente félicitée par ses supporters lors du rassemblement de la victoire.(Agencia Brasil)

Dans Vermelho, journal du PCdoB, Umberto Martins note que « Serra s'est allié aux secteurs et aux comportements les plus réactionnaires [de l'Église catholique], mobilisant les prêtres, pasteurs et évêques pour une campagne de salissage contre Dilma ». Même le pape s'en est mêlé durant les derniers jours de la campagne, prêchant contre ce qu'il appelle « la candidate de l'avortement », dit Martins. Cependant, les résultats des élections montrent que cet obscurantisme religieux a été rejeté, écrit-il.

Martins décrit le rôle de deux des porte-voix de l'impérialisme anglo-américain – The Economist et le Financial Times – durant la campagne. « Dans les derniers moments de la campagne, The Economist et le Financial Times, qui s'étaient maintenus prudemment à l'écart du scrutin lors du premier tour, avec la résurrection de la possibilité d'une victoire au second tour, ont décidé de s'en mêler et ont déclaré leur appui à Serra. » Il note que les deux publications « reflètent le choix des capitaux étrangers et ont tenté d'influer sur la situation dans l'espoir que le programme de privatisation sera repris par le PSDB. [...] Ils ont échoué. »

Le second tour du 31 octobre met un terme aux élections générales de 2010 au Brésil, qui ont permis d'élire 54 des 81 sièges du Sénat, les 513 membres de la Chambre des députés et les 1035 députés des 27 législatures des États.

Lors des élections sénatoriales, la coalition au pouvoir (composée d'un bloc de gauche et du bloc des partis centristes) a gagné sept sièges, tandis que la coalition de l'opposition a en perdu 11 et les trois partis indépendants ont remporté quatre sièges de plus.

À la Chambre des députés, la coalition au pouvoir a également augmenté ses sièges de 14, tandis que l'opposition en a perdu 20. Entre eux, les partis indépendants ont gagné six sièges.

Aux législatures des États, la coalition au pouvoir a réalisé un gain net de 73 sièges, tandis que l'opposition en a perdu 96, les partis indépendants gagnant beaucoup de leurs sièges au détriment de cette dernière.

Les résultats montrent que l'élection de Dilma Rousseff en tant que présidente du Brésil incarne la volonté de poursuivre les progrès et le changement et le rejet de la réaction et du néolibéralisme.

(Vermelho, Prensa Latina, Xinhua, Daily Kos)

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Le Brésil élit Dilma pour faire avancer les réformes

L'âme brésilienne s'est éveillée et est alerte. Voilà une des conclusions de la victoire de Dilma Rousseff à la présidence à l'élection d'aujourd'hui. En lui accordant plus de 55,5 millions de voix (plus de 56 % du total), le peuple brésilien a réaffirmé aux urnes l'option du changement et du progrès qu'il avait choisie en 2002 et en 2006 en élisant Lula à la magistrature suprême de la nation.

Dilma représente la continuation du projet que l'électorat a approuvé et confirmé aux deux élections précédentes tout en rejetant le conservatisme néolibéral des Toucans [le surnom du Parti social-démocrate du Brésil – ndlr]. C'est une nouvelle étape dans la consolidation du changement et du progrès. Si en 2002 la victoire de Lula a été le choix de l'espoir contre la peur, l'élection de Dilma est l'affirmation de la vérité contre le mensonge, la fraude et la brutalité. C'est la défaite de l'obscurantisme, de ce qui est rétrograde, de l'arrogance antidémocratique, une campagne incapable d'admettre que le programme antipeuple et antinational de la droite néolibérale se fonde sur des calomnies.

Si l'élection de Lula en 2002 avait permis de tourner la page et d'ouvrir un nouveau chapitre dans l'histoire du Brésil, l'élection de Rousseff confirme la validité d'une ère de consolidation de la démocratie. Nous devons aller de l'avant et la défaite de la droite dans tous les organes du pouvoir politique élu – au Sénat, à la Chambre des représentants et aujourd'hui la présidence – est un nouveau fondement pour l'avancement rapide et la consolidation des changements qui ne peuvent plus attendre.

La démocratie brésilienne incarne sous une forme active un grand nombre de personnes qui, jusqu'à récemment, ont été maintenues à la périphérie des décisions nationales et à qui on a accordé le rôle politique de répondre passivement aux appels de l'élite intéressée, constituée des soi-disant leaders d'opinion. Cela a changé, malgré les efforts impitoyables de la droite et des médias conservateurs et néolibéraux, dont la folle prédication a recueilli un auditoire limité parmi l'électorat brésilien.

Il y a des acquis démocratiques qui doivent être consolidés et renforcés. Ce dimanche 31 octobre 2010, l'électorat a confié à Dilma Rousseff la responsabilité historique de faire avancer les réformes qui donnent plus de consistance à la démocratie et à la modernité de notre pays.

Parmi les progrès que la nouvelle présidente du Brésil souhaite, il y a la réforme politique démocratique pour renforcer la participation populaire à la vie politique ; la réforme des terres contre les grandes propriétés improductives ; la réforme urbaine afin d'assurer un logement décent, la sécurité et l'assainissement ; la réforme de l'éducation pour éradiquer l'analphabétisme et d'autres projets conçus pour faire avancer la société brésilienne ; l'universalité du SUS [système de santé publique] garantissant la santé pour tous, la réforme fiscale afin d'exempter le revenu des travailleurs, les investissements et la production, et de faire payer plus d'impôts aux riches. À l'étranger, ses priorités sont de continuer à renforcer l'intégration continentale, la solidarité entre les peuples, la souveraineté nationale et les relations multilatérales du Brésil avec toutes les nations. Enfin, surtout après la campagne électorale où les médias privés ont profité de leur position de monopole, les Brésiliens s'attendent à ce que Dilma fasse face à la puissance des familles qui contrôlent les journaux et la télévision et veille à la démocratisation des médias que le pays réclame.

Maintenant, avec une femme présidente, la lutte pendant toute la période républicaine allant jusqu'à l'élection de Lula en 2002 va aller plus loin contre tout ce qui est rétrograde : l'oligarchie et la soumission aux puissances étrangères. C'est ce que tous attendent de la présidente Dilma !

(Traduit du portugais par Le Marxiste-Léniniste)

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