Le Marxiste-Léniniste

Numéro 170 - 2 novembre 2010

Les négociations à Postes Canada

Non au régime de salaires et
avantages à deux vitesses!

Les négociations à Postes Canada
Non au régime de salaires et avantages à deux vitesses! Ce n'est pas vrai que le succès de l'entreprise est garant de la sécurité des travailleurs! - Louis Lang

Aluminium
Attaques brutales contre les travailleurs de Bécancour avec la crise économique comme prétexte - Entrevue: Clément Masse, président du Syndicat des employés de l'aluminerie de Bécancour

Stephen Harper en Ukraine
Les objectifs sinistres de la visite du premier ministre canadien - Dougal MacDonald

France
Les actions militantes des travailleurs continuent malgré l'adoption de la réforme des régimes de retraite

Accueil | Archives | English

Les négociations à Postes Canada

Non au régime de salaires et avantages
à deux vitesses ! Ce n'est pas vrai que le succès de l'entreprise est garant de la sécurité des travailleurs !

Postes Canada a présenté ses propositions de départ à la première session de négociation avec les représentants du Syndicat des travailleurs et travailleuses des Postes (STTP). Comme prévu, il s'agit d'une longue liste de concessions qu'elle demande aux travailleurs de faire, mais ce qui est surtout frappant c'est le niveau d'arrogance de l'employeur face à la négociation.

La liste des demandes de concessions de Postes Canada couvre toutes les parties de la convention collective. Dans la section sur les « salaires et avantages sociaux », la société propose des réductions importantes pour les nouveaux employés :

1) une échelle salariale de départ inférieure
2) fonds de pension à contributions déterminées
3) réduction des avantages sociaux au moment de la retraite
4) réduction du droit à des congés annuels et à des congés pour les travailleurs des quarts de nuit
5) sécurité d'emploi révisée

Et bien d'autres réductions des droits acquis.

Le document de la société est avare de détails mais il est clair que dans cette ronde de négociations, Postes Canada tente de créer une échelle salariale et un système de prestations à deux vitesses afin de monter les travailleurs âgés contre les travailleurs plus jeunes.

Les demandes de concessions suivantes auront une incidence sur tous les postiers :

1) Élimination des prestations de congé de maladie qui doivent être remplacées par un régime d'invalidité à court terme
2) Réduction salariale pour congé lié à un accident de travail. Le congé est présentement payé à 100 % du salaire régulier mais, selon Postes Canada, il doit être revu afin « d'assurer l'harmonisation et l'équité ».
3) Les travailleurs ayant moins de 28 ans d'ancienneté ne seront plus en mesure d'obtenir une septième semaine de congé annuel.
4) Demande de révision des critères d'admissibilité pour les congés de récupération des travailleurs de nuit. À mesure que les emplois sur les quarts de jour sont éliminés, plus de travailleurs sont obligés de travailler la nuit et le soir. Cette concession ne fera qu'empirer les choses car il sera plus difficile pour ces travailleurs d'obtenir un congé de récupération pour le travail de nuit.

Pour les facteurs, la Société exige :

1) Une plus grande flexibilité dans la livraison pour les envois publicitaires sans adresse. Cela signifie des dépliants plus gros et plus lourds avec plus de restrictions sur les délais de livraison.

2) Plus de choix quant à la préparation des envois publicitaires sans adresse

3) Changements dans les méthodes de travail et d'évaluation du temps. Cela permettrait à la Société d'allonger les routes des facteurs et d'augmenter la charge de travail, ce qui élimine des emplois, moins de facteurs effectuant plus de travail.

Pour les comptoirs postaux de vente au détail, la Société exige une plus grande souplesse dans l'affectation du personnel au comptoir. Cela signifie que plus d'emplois à temps plein sont transformés en emplois à temps partiel et que les bureaux de postes emploient plus de travailleurs temporaires.

Il y a des demandes générales de concessions pour les travailleurs intérieurs qui réduiraient le seuil des exigences concernant le personnel et le remplacement. La Société veut avoir le droit de ne pas combler les postes vacants dans certaines conditions et veut éliminer « les restrictions à l'efficacité que l'on retrouve dans la convention collective ».

Elle veut aussi le droit d'obliger les travailleurs à effectuer des tâches qui dépassent leur classification pour pouvoir éliminer encore plus de postes à temps plein.

Sur la question des droits syndicaux, Postes Canada propose de passer outre à la procédure de grief et de restreindre davantage le droit des représentants syndicaux sur le plancher. Le thème central des propositions demeure le même : la Société veut retourner à l'époque où la direction avait le droit exclusif de décider des règles et des normes de travail et où les travailleurs étaient à la merci des superviseurs en toute chose.

C'est déjà assez troublant, mais le pire dans les « propositions de départ » de Postes Canada, c'est l'arrogance et le mépris envers les droits des travailleurs. Selon elle, le thème des négociations est : « Certaines choses doivent changer pour que le reste ne change pas. » Cela veut dire que le syndicat doit accepter un régime de salaires et d'avantages sociaux à deux vitesses et l'affaiblissement de la convention, sinon ce sera pire encore.

Le document déposé contient des menaces à peine voilées. En voici un extrait :

« ...Nous devons nous assurer que les intérêts de la Société soient protégés dans l'éventualité d'un impact négatif des tactiques de pression et de perturbation des opérations sur les possibilités d'affaires. Ce qui serait acceptable pour nous dans l'environnement d'aujourd'hui pourrait ne pas être suffisant demain si notre fragile position d'affaires est menacée par une perturbation. Nous voulons être clairs que nous nous réservons le droit de recourir à différentes solutions aux problèmes que nous apportons à la table dans ces conditions. »

Pour Postes Canada, l'époque de la négociation collective est résolue. La sécurité et le plan d'affaires de la Société ont priorité sur le moyen de subsistance des travailleurs et « différentes solutions » seront utilisées si le syndicat ne renonce pas volontairement à tous ses droits. C'est ni plus ni moins une menace d'intervention gouvernementale. Une belle façon de commencer la négociation !

La logique de la Société est la suivante : « Nous croyons fermement que la protection de la viabilité financière de la Société dans l'environnement d'aujourd'hui est non seulement la chose à faire, c'est aussi une responsabilité que nous partageons face aux employés et face à la population canadienne. »

Rien ne saurait être plus loin de la vérité. Postes Canada réalise des profits à chaque année depuis plus de dix ans et il n'a pas été question de responsabilité envers les employés et la population canadienne jusqu'à date. Au contraire, les attaques ne cessent de pleuvoir contre les salaires, les avantages sociaux et les conditions de travail. Si la Société a versé des centaines de millions de dollars au gouvernement en dividendes, elle a néanmoins fermé des bureaux de postes et réduit plusieurs services importants à la population.

Ce n'est pas vrai que « la sécurité individuelle de chacun de nos employés est intimement liée au succès de l'entreprise ». Les objectifs de la Société sont de rationaliser et de réduire les opérations pour poursuivre la privatisation des composantes les plus profitables au grand plaisir des monopoles internationaux. Cela ne peut qu'entraîner d'autres attaques contre les travailleurs pour s'emparer d'une plus grande part des profits qu'ils ont créés. Les objectifs de la Société vont également dans le sens de saper la capacité de Postes Canada à offrir un service postal universel, auquel les Canadiens sont en droit de s'attendre.

Les travailleurs et travailleuses des postes savent de leur expérience que la seule garantie de sécurité est dans leur capacité de s'organiser pour défendre leurs intérêts. Ils n'acceptent pas la logique perverse qui dit que l'insécurité et l'appauvrissement des travailleurs est la solution à tous les problèmes. La seule solution est de rejeter les menaces et l'hypocrisie de la Société et de nous battre pour nos revendications.

Haut de page


Aluminium

Attaques brutales contre les travailleurs de Bécancour avec la crise économique comme prétexte


L'aluminerie Bécancour sur les bords du Saint-Laurent.

Les monopoles internationaux utilisent la crise économique comme prétexte pour attaquer férocement les travailleurs du Québec. C'est ce qui se passe notamment à l'aluminerie de Bécancour, dans la région du Centre-du-Québec, qui est la propriété conjointe d'Alcoa et de Rio Tinto Alcan. Les conditions de travail et de la retraite de même que le syndicat sont attaqués par ces mêmes monopoles que les gouvernements présentent comme les sauveurs de l'économie et des régions du Québec. Voici une entrevue avec Clément Masse, le président du Syndicat des employés de l'aluminerie de Bécancour, sur la situation des travailleurs de l'aluminerie et de la région.

LML : Quels sont les derniers développements à l'aluminerie ?

Clément Masse : Nous avons renouvelé notre convention collective en 2009, en plein coeur de la crise financière qui a bouleversé notre industrie et l'économie en général. La direction d'Alcoa a saisi l'occasion pour exiger des concessions de notre part, dont une réduction des heures travaillées de 15 %, c'est-à-dire que la semaine de travail est passée de 40 heures par semaine à 36 heures, ce qui cause une perte de revenus considérable pour les travailleurs. Nous avons été forcés d'accepter cette concession sous la menace d'Alcoa d'abolir des postes de travail et de faire beaucoup de mises à pied. Nous avons mené une grosse bataille là-dessus à ce moment-là mais nous n'avons pas été capables de faire échec à toutes les concessions qui étaient demandées.

Ils ont également profité de la crise pour apporter des changements dans l'indexation de nos régimes de retraite. Pour nous, c'est totalement inacceptable qu'une compagnie se serve d'une crise pour attaquer les droits des travailleurs, en particulier la question des retraites. Pour les travailleurs qui produisent de l'aluminium toute leur vie en espérant qu'un jour ils pourront vivre décemment le jour de la retraite et qui se font nier ce droit à cause d'une crise, c'est inacceptable et honteux. Un ouvrier ne vivra qu'une seule retraite et se faire nier ce droit sous le prétexte d'une crise qui est « passagère » est vraiment malhonnête. C'est clair pour nous que pour des compagnies comme Alcoa, toutes les occasions sont bonnes pour extirper des concessions aux travailleurs, nous ne sommes pas dupes et on les regarde aller.

En ce moment au Québec, certaines compagnies essaient de créer la division entre les travailleurs plus jeunes et les travailleurs ayant plus d'ancienneté. Ils continuent d'indexer les régimes de retraite pour les travailleurs plus anciens tout en offrant un moins bon régime pour les nouveaux embauchés. Ils veulent créer deux classes de travailleurs. Nous devons empêcher cela. Selon nous, les pensions sont un droit inaliénable et le gouvernement doit donner une protection adéquate aux travailleurs retraités. Le gouvernement a l'obligation de garantir que les droits des retraités ne soient pas soumis aux aléas des crises économiques et le mouvement ouvrier doit encourager tous ceux qui se battent pour leurs droits à une retraite décente, tout comme nous appuyons les travailleurs français qui luttent contre la réforme des retraites de Sarkozy.

Ici à l'aluminerie nous faisons face à une nouvelle direction encore plus anti-syndicale que la précédente, comme si c'était possible. Les relations de travail sont toujours tendues, la direction continue de nous attaquer malgré les concessions que nous avons faites en 2009.

Alcoa a émis un communiqué récemment dans lequel elle affirme que le syndicat utilise en ce moment des moyens de pression pour nuire à la production. Le communiqué ne donne pas de détails sur ces allégations et il ne peut pas en donner parce que le syndicat ne fait pas de moyens de pression en ce moment. Les problèmes dans la production sont causés par la mauvaise gestion de l'entreprise et non par nous. Si l'entreprise veut soulever des problèmes avec nous au sujet de la production, elle peut s'asseoir avec nous et nous en parler. Sinon c'est juste du harcèlement. La prochaine négociation se tiendra en 2012 ; on verra ce qui va se passer.

LML : Votre syndicat a toujours été préoccupé par le développement de votre région. Quelle est la situation dans le Centre-du-Québec ?

Clément Masse : Ça ne va pas tellement bien. Le secteur forestier est toujours en crise et l'industrie des pâtes et papiers de Trois-Rivières tourne au ralenti ; il n'y a pas de signes de reprise à l'horizon. Cette industrie est un gros générateur d'emplois pour notre région et pour l'instant il n'y a pas de création d'emplois. De notre coté du fleuve, à Bécancour, il y a la fermeture de RHI qui va fermer définitivement ses portes le 19 novembre prochain. Cette usine fabriquait des briques réfractaires utilisées dans les alumineries, les aciéries et les fonderies. Environ une centaine d'emplois vont disparaître avec cette fermeture. L'usine de fabrication de plaques solaires de Timincko située près de notre usine n'a jamais pu se remettre de la crise, elle aussi tourne au ralenti malgré que cette industrie est supposée être en essor. Comme vous le savez, l'usine de magnésium que Norsk Hydro a fermée est maintenant complément démembrée, il ne reste plus rien. Il y a également la décision d'Hydro-Québec de ne pas rénover immédiatement sa centrale nucléaire de Gentilly.

Haut de page


Stephen Harper en Ukraine

Les objectifs sinistres de la visite
du premier ministre canadien

Le premier ministre du Canada, Stephen Harper, est arrivé en Ukraine pour une visite de trois jours le dimanche 24 octobre. Cette visite a eu lieu au lendemain du Sommet de la Francophonie, dont l'Ukraine est un pays membre. Le Canada et l'Ukraine négocient actuellement un accord de libre-échange et le gouvernement considère que les 1,2 million de Canadiens d'origine ukrainienne sont un groupe important d'électeurs potentiels pour les conservateurs de Stephen Harper. Le lundi 25 octobre, Harper s'est rendu dans la capitale du pays, Kiev, et a déposé une gerbe au monument de l'« Holodomor », la « famine et le génocide ukrainiens » de 1932-33. Il a ensuite été déposé une gerbe au mémorial de Babi Yar, le ravin près de Kiev où les troupes nazies ont massacré plus de 150 000 personnes de 1941 à 1943, la plupart des juifs, des tziganes et des prisonniers de guerre soviétiques. L'un des massacres les plus abominables a été celui de 33 000 juifs en deux jours en septembre 1941. La politique nazie d'extermination de masse a fait plus de trois millions de morts en Ukraine.

Au cours de sa visite en Ukraine, Harper a beaucoup parlé de voir l'Ukraine devenir plus démocratique, sous-entendant que, sous son gouvernement, le Canada est un brillant exemple. Cela est ridicule, car au Canada existe seulement la « démocratie » pour les monopoles. Les monopoles mondiaux comme US Steel, Vale et d'autres exercent une dictature totale sur la classe ouvrière et le peuple du Canada. Les travailleurs sont tenus d'accepter leur situation d'esclaves et de taire leur réclamation légitime sur ce qu'ils produisent et leurs revendications sur leurs conditions de travail. Ils sont tenus d'accepter sans protester la destruction de leurs moyens de subsistance et de leurs collectivités. Ils sont tenus d'accepter la destruction de l'industrie manufacturière du Canada afin que les monopoles réalisent de gros profits ailleurs. En même temps, les détenteurs du pouvoir d'État, le gouvernement Harper, déclarent qu'ils ne peuvent rien faire pour défendre le peuple canadien contre le pillage des monopoles. Le gouvernement fédéral représente les monopoles et non le peuple, il défend par tous les moyens la dictature des monopoles. Quand la domination des monopoles est contestée, comme au Sommet du G8 et du G20, l'État canadien recourt à des méthodes style Gestapo pour attaquer la dissidence et criminaliser le droit de conscience.

À l'échelle internationale, la véritable position de Harper envers la démocratie est montrée par ses agissements, que les peuples du monde connaissent bien et auxquels il faut attribuer l'échec cuisant du gouvernement Harper à faire élire le Canada au Conseil de sécurité des Nations unies. Les activités infâmes du gouvernement Harper en appui à l'impérialisme américain comprennent la participation du Canada à la guerre impérialiste en Afghanistan, le soutien inconditionnel au terrorisme d'État israélien et le plan d'annexion anti-peuple d'Haïti sous couvert d'aide humanitaire. Partout dans le monde, il ignore les crimes commis par les sociétés minières canadiennes dans des pays comme le Mexique, le Salvador, le Guatemala, la Colombie, le Chili et sur le continent africain. En République démocratique du Congo (RDC), il est intervenu récemment pour retarder l'allégement de la dette de plus de 12 milliards $ afin de faire pression sur le gouvernement de la RDC dans un conflit sur des droits miniers impliquant une entreprise minière canadienne.

Il y a aussi la participation du Canada aux intrigues impérialistes contre la République populaire démocratique de Corée et son soutien aux sanctions des États-Unis contre l'Iran. Son refus de rapatrier Omar Khadr et son implication dans les « transferts » vers la torture illustrent ses violations du droit international humanitaire qu'il est pourtant tenu de défendre en tant que signataire des conventions et traités internationaux. Lorsque Harper déclare que l'Ukraine « devrait se rapprocher de la démocratie », il veut dire que l'Ukraine devrait s'aligner davantage sur le camp impérialiste des États-Unis, dont Harper est un membre empressé, et réduire au minimum ses relations avec la Russie, le principal ennemi de l'impérialisme américain.

Les médias monopolisés ont joué leur sale rôle habituel de désinformation au sujet de la visite de Harper. Ils ont présenté leurs « analyses » de la démocratie en Ukraine en accréditant des rapports d'organisations louches comme Freedom House et Reporters sans frontières, comme si ces agences étaient des autorités universellement reconnues dans ce domaine. Leur véritable nature est volontairement passée sous silence. Ces noms ronflants cachent que Freedom House et Reporters sans frontières sont des organisations bidon des impérialistes américains. Freedom House est financé à 66 % par le gouvernement américain et son ancien président, James Woolsey, a été directeur de la CIA. L'ancien secrétaire de Reporters sans frontières, Robert Ménard, est un agent de la CIA financé par la Fondation nationale américaine pour la démocratie (NED) et l'Agence américaine pour le développement international (USAID), et le rôle principal de ces deux organisations est de renverser les gouvernements qui sont « hostiles » aux États-Unis. La raison d'être d'agences comme Freedom House et Reporters sans frontières est de répandre la désinformation et d'organiser des contre-révolutions pour faire pression sur les pays qui ne se soumettent pas complètement à l'impérialisme américain.

Le mythe de la famine et la réhabilitation des criminels de guerre nazis

Harper a également utilisé sa visite en Ukraine pour promouvoir son projet de réhabilitation des criminels de guerre nazis en répétant les falsifications sur l'histoire de la Deuxième Guerre mondiale. Les remarques de Harper à Kiev, lors de la cérémonie de dépôt de gerbe au monument de la « famine et du génocide ukrainiens », contenaient des propos haineux visant à ressusciter le vieux mythe selon lequel l'Union soviétique a été « aussi mauvaise que les nazis » et niant totalement que, en réalité, ce sont l'Union soviétique et Staline qui ont dirigé la lutte des peuples du monde contre le fascisme et joué un rôle de premier plan dans la défaite des nazis.

En fait, ce sont les nazis qui les premiers ont créé le mythe de la famine ukrainienne en 1933 pour discréditer l'Union soviétique, l'ennemi qu'ils redoutaient le plus. Les nazis ont publié des pages entières de « nouvelles » dans les journaux allemands, qui ont ensuite été reprises par la presse réactionnaire britannique. En septembre 1934, le milliardaire William Randolph Hearst, l'éditeur américain de premier plan de la « presse à sensation » et un partisan du nazisme, a rencontré Hitler et son ministre de la propagande nazie, Joseph Goebbels, et reçu des fonds pour promouvoir une image positive des nazis aux États-Unis. Encouragés par les hitlériens, les journaux de Hearst sont aussitôt devenus les plus grands propagandistes du mythe de la famine ukrainienne, en utilisant de fausses photographies et publiant toutes sortes de mensonges qui depuis ont été réfutées, preuves à l'appui, à maintes et maintes reprises.

Dans ses remarques sur la « famine », Harper fait spécifiquement référence à la résolution adoptée en juin 2003 par le Sénat du Canada « reconnaissant la famine et le génocide ukrainiens », qui a été suivie par la Loi C-459, Loi sur le Jour commémoratif de la famine et du génocide ukrainiens (« l'Holodomor ») (Canada) du 29 mai 2008. Ce n'est pas une coïncidence que les mêmes personnes qui ont proposé la résolution du Sénat du Canada et la Loi C-459 se sont maintenant jointes à la campagne de Harper pour ériger un monument à la mémoire des nazis et des collaborateurs nazis, les « victimes du communisme totalitaire ». Ce n'est pas non plus une coïncidence que la visite de Harper à Babi Yar, lieu de nombreux massacres épouvantables nazis, ne soit mentionnée que brièvement, tant par Harper que par les médias monopolisés. La raison principale pour laquelle Stephen Harper a déposé des couronnes au monument de la famine et à Babi Yar est qu'il voulait ainsi que l'on tire la fausse conclusion que les nazis et l'Union soviétique sont « pareils ».

En outre, est omis de la discussion au sujet des massacres de Babi Yar le fait que ces massacres n'ont pas été commis par les nazis seuls, mais avec leurs collaborateurs ukrainiens qui servaient dans la Police auxiliaire ukrainienne, dans la Waffen SS et les bataillons Nachtigall et Roland. Il n'est pas étonnant que parmi les plus ardents défenseurs du mythe famine et des monuments anticommunistes on retrouve des héritiers de membres de ces organisations.

Haut de page


France

Les actions militantes des travailleurs continuent malgré l'adoption de la réforme des régimes de retraite

Le 28 octobre, les travailleurs français ont tenu leur septième grève nationale depuis le 7 septembre pour s'opposer à la réforme antisociale des régimes de retraite par le gouvernement Sarkozy. Le Sénat a adopté le 22 octobre le projet de loi de réforme des retraites avec 177 voix pour et 151 contre après que le gouvernement eut utilisé un manoeuvre connue sous le nom de la guillotine pour couper court au débat. Le projet de loi a depuis reçu l'approbation finale par l'Assemblée nationale et doit maintenant recevoir l'assentiment du président.





De haut en bas, de gauche à  droite: Marseille, Nice, Rouen, Toulon et Dijon le 28 octobre et
une manifestation étudiante devant le Sénat à Paris le 26 octobre. (CFDT, PCF)

Malgré l'adoption du projet de loi, environ deux millions de travailleurs ont participé le 28 octobre à quelque 270 actions à travers le pays. Les travailleurs des secteurs public et privé ont pris part à la grève qui a affecté le transport aérien : 50 % des vols ont été annulés à l'aéroport d'Orly et 30 % l'ont été dans les autres aéroports de la région métropolitaine. Dans le secteur du transport public, les travailleurs de la compagnie ferroviaire nationale (SNCF) et de la Régie autonome des transports parisiens (RATP) ont débrayé. La société rapporte que le transport ferroviaire régional a été réduit de 40 %.

Dans le secteur de l'énergie, les travailleurs du monopole de l'électricité de l'État, l'EDF, ont réduit la production d'énergie d'environ 6 250 mégawatts. Bien que les travailleurs des raffineries de pétrole, qui ont été en grève pendant deux semaines, soient de retour au travail, la Confédération générale du travail (CGT) a indiqué qu' « il ne fait aucun doute que, sous n'importe quelle forme ils décident, les travailleurs continueront à se mobiliser contre le projet de loi des régimes de retraite. Sur de nombreux sites, des plans pour poursuivre l'action sont déjà organisés. »

Les travailleurs responsables de la collecte des ordures dans les villes du sud comme Marseille, Nantes, Pau et Agen ont voté pour le retour au travail, tandis que les éboueurs de la région parisienne et de Toulouse sont toujours en grève. Quelque 15 % des 7 000 éboueurs municipaux ainsi que des travailleurs des entreprises privées des ordures sont en grève.

Dans un communiqué publié le 28 octobre, la CGT a exhorté le gouvernement Sarkozy à « tenir compte du message envoyé par une grande majorité de la population : il doit surseoir à la promulgation de la loi et ouvrir de véritables négociations avec les syndicats.

« Pour la CGT, il n'y a pas d'ambiguïté, la mobilisation peut et doit continuer. » Une autre journée d'action est prévue pour le 6 novembre.

(CGT, Xinhua, BBC)

Haut de page


Lisez Le Marxiste-Léniniste
Site web:  www.pccml.ca   Courriel: redaction@cpcml.ca