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Les négociations à Postes
Canada
Non au régime de salaires et avantages
à deux vitesses ! Ce n'est pas vrai que le succès de
l'entreprise est garant de la sécurité des travailleurs !
- Louis Lang -
Postes Canada a présenté ses propositions
de départ à la première session de
négociation avec les représentants du Syndicat des
travailleurs et travailleuses des Postes (STTP). Comme prévu, il
s'agit d'une longue liste de concessions qu'elle demande aux
travailleurs de faire, mais ce qui est surtout frappant c'est le niveau
d'arrogance de
l'employeur face à la négociation.
La liste des demandes de concessions de Postes Canada
couvre toutes les parties de la convention collective. Dans la section
sur les « salaires et avantages sociaux », la
société propose des réductions importantes pour
les nouveaux employés :
1) une échelle salariale de départ
inférieure
2) fonds de pension à contributions déterminées
3) réduction des avantages sociaux au moment de la retraite
4) réduction du droit à des congés annuels et
à des congés pour les travailleurs des quarts de nuit
5) sécurité d'emploi révisée
Et bien d'autres réductions des droits acquis.
Le document de la société est avare de
détails mais il est clair que dans cette ronde de
négociations, Postes Canada tente de créer une
échelle salariale et un système de prestations à
deux vitesses afin de monter les travailleurs âgés contre
les travailleurs plus jeunes.
Les demandes de concessions suivantes auront une
incidence sur tous les postiers :
1)
Élimination des prestations de congé de maladie qui
doivent être remplacées par un régime
d'invalidité à court terme
2) Réduction salariale pour congé lié à un
accident de travail. Le congé est présentement
payé à 100 % du salaire régulier mais, selon
Postes Canada, il doit être revu afin « d'assurer
l'harmonisation et l'équité ».
3) Les travailleurs ayant moins de 28 ans d'ancienneté ne
seront plus en mesure d'obtenir une septième semaine de
congé annuel.
4) Demande de révision des critères
d'admissibilité
pour les congés de récupération des travailleurs
de nuit. À mesure que les emplois sur les quarts de jour sont
éliminés, plus de travailleurs sont obligés de
travailler la nuit et le soir. Cette concession ne fera qu'empirer les
choses car il sera plus difficile pour ces travailleurs d'obtenir un
congé de
récupération pour le travail de nuit.
Pour les facteurs, la Société exige :
1) Une plus grande flexibilité dans la livraison
pour les envois publicitaires sans adresse. Cela signifie des
dépliants plus gros et plus lourds avec plus de restrictions sur
les délais de livraison.
2) Plus de choix quant à la préparation
des envois publicitaires sans adresse
3) Changements dans les méthodes de travail et
d'évaluation du temps. Cela permettrait à la
Société d'allonger les routes des facteurs et d'augmenter
la charge de travail, ce qui élimine des emplois, moins de
facteurs effectuant plus de travail.
Pour les comptoirs postaux de vente au détail, la
Société exige une plus grande souplesse dans
l'affectation du personnel au comptoir. Cela signifie que plus
d'emplois à temps plein sont transformés en emplois
à temps partiel et que les bureaux de postes emploient plus de
travailleurs temporaires.
Il y a des demandes générales de
concessions pour les travailleurs intérieurs qui
réduiraient le seuil des exigences concernant le personnel et le
remplacement. La Société veut avoir le droit de ne pas
combler les postes vacants dans certaines conditions et veut
éliminer « les restrictions à
l'efficacité que l'on retrouve dans la convention
collective ».
Elle veut aussi le droit d'obliger les travailleurs
à effectuer des tâches qui dépassent leur
classification pour pouvoir éliminer encore plus de postes
à temps plein.
Sur la question des droits syndicaux, Postes Canada
propose de passer outre à la procédure de grief et de
restreindre davantage le droit des représentants syndicaux sur
le plancher. Le thème central des propositions demeure le
même : la Société veut retourner à
l'époque où la direction avait le droit exclusif de
décider des règles et des
normes de travail et où les travailleurs étaient à
la merci des superviseurs en toute chose.
C'est déjà assez troublant, mais le pire
dans les « propositions de départ » de
Postes Canada, c'est l'arrogance et le mépris envers les droits
des travailleurs. Selon elle, le thème des négociations
est : « Certaines choses doivent changer pour que le
reste ne change pas. » Cela veut dire que le syndicat doit
accepter
un régime de salaires et d'avantages sociaux à deux
vitesses et l'affaiblissement de la convention, sinon ce sera pire
encore.
Le document déposé contient des menaces
à peine voilées. En voici un extrait :
« ...Nous devons nous assurer que les
intérêts de la Société soient
protégés dans l'éventualité d'un impact
négatif des tactiques de pression et de perturbation des
opérations sur les possibilités d'affaires. Ce qui serait
acceptable pour nous dans l'environnement d'aujourd'hui pourrait ne pas
être suffisant demain si notre fragile position
d'affaires est menacée par une perturbation. Nous voulons
être clairs que nous nous réservons le droit de recourir
à différentes solutions aux problèmes que nous
apportons à la table dans ces conditions. »
Pour Postes Canada, l'époque de la
négociation collective est résolue. La
sécurité et le plan d'affaires de la
Société ont priorité sur le moyen de subsistance
des travailleurs et « différentes
solutions » seront utilisées si le syndicat ne
renonce pas volontairement à tous ses droits. C'est ni plus ni
moins une menace d'intervention
gouvernementale. Une belle façon de commencer la
négociation !
La logique de la Société est la
suivante : « Nous croyons fermement que la protection
de la viabilité financière de la Société
dans l'environnement d'aujourd'hui est non seulement la chose à
faire, c'est aussi une responsabilité que nous partageons face
aux employés et face à la population
canadienne. »
Rien ne saurait être plus loin de la
vérité. Postes Canada réalise des profits à
chaque année depuis plus de dix ans et il n'a pas
été question de responsabilité envers les
employés et la population canadienne jusqu'à date. Au
contraire, les attaques ne cessent de pleuvoir contre les salaires, les
avantages sociaux et les conditions de travail. Si la
Société a versé des centaines de millions de
dollars au gouvernement en dividendes, elle a néanmoins
fermé des bureaux de postes et réduit plusieurs services
importants à la population.
Ce n'est pas vrai que « la
sécurité individuelle de chacun de nos employés
est intimement liée au succès de
l'entreprise ». Les objectifs de la Société
sont de rationaliser et de réduire les opérations pour
poursuivre la privatisation des composantes les plus profitables au
grand plaisir des monopoles internationaux. Cela ne peut
qu'entraîner d'autres attaques contre les travailleurs pour
s'emparer d'une plus grande part des profits qu'ils ont
créés. Les objectifs de la Société vont
également dans le sens de saper la capacité de Postes
Canada à offrir un service postal universel, auquel les
Canadiens sont en droit de s'attendre.
Les travailleurs et travailleuses des postes savent de
leur expérience que la seule garantie de sécurité
est dans leur capacité de s'organiser pour défendre leurs
intérêts. Ils n'acceptent pas la logique perverse qui dit
que l'insécurité et l'appauvrissement des travailleurs
est la solution à tous les problèmes. La seule solution
est de rejeter les menaces
et l'hypocrisie de la Société et de nous battre pour nos
revendications.

Aluminium
Attaques brutales contre les travailleurs de
Bécancour avec la crise économique comme prétexte
- Entrevue: Clément Masse,
président du Syndicat des
employés de l'aluminerie de Bécancour -
Les monopoles internationaux utilisent la crise
économique comme prétexte pour attaquer férocement
les travailleurs du Québec. C'est ce qui se passe notamment
à l'aluminerie de Bécancour, dans la région du
Centre-du-Québec, qui est la propriété conjointe
d'Alcoa et de Rio Tinto Alcan. Les conditions de travail et de la
retraite de même que
le syndicat sont attaqués par ces mêmes monopoles que les
gouvernements présentent comme les sauveurs de l'économie
et des régions du Québec. Voici une entrevue avec
Clément Masse, le président du Syndicat des
employés de l'aluminerie de Bécancour, sur la situation
des travailleurs de l'aluminerie et de la région.
LML : Quels sont les
derniers développements à l'aluminerie ?
Clément Masse : Nous avons
renouvelé notre convention collective en 2009, en plein coeur de
la crise financière qui a bouleversé notre industrie et
l'économie en général. La direction d'Alcoa a
saisi l'occasion pour exiger des concessions de notre part, dont une
réduction des heures travaillées de 15 %,
c'est-à-dire que la
semaine de travail est passée de 40 heures par semaine à
36 heures, ce qui cause une perte de revenus considérable
pour les travailleurs. Nous avons été forcés
d'accepter cette concession sous la menace d'Alcoa d'abolir des postes
de travail et de faire beaucoup de mises à pied. Nous avons
mené une grosse bataille là-dessus à ce
moment-là
mais nous n'avons pas été capables de faire échec
à toutes les concessions qui étaient demandées.
Ils ont également profité de la crise pour
apporter des changements dans l'indexation de nos régimes de
retraite. Pour nous, c'est totalement inacceptable qu'une compagnie se
serve d'une crise pour attaquer les droits des travailleurs, en
particulier la question des retraites. Pour les travailleurs qui
produisent de l'aluminium toute leur vie en
espérant qu'un jour ils pourront vivre décemment le jour
de la retraite et qui se font nier ce droit à cause d'une crise,
c'est inacceptable et honteux. Un ouvrier ne vivra qu'une seule
retraite et se faire nier ce droit sous le prétexte d'une crise
qui est « passagère » est vraiment
malhonnête. C'est clair pour nous que pour des compagnies
comme Alcoa, toutes les occasions sont bonnes pour extirper des
concessions aux travailleurs, nous ne sommes pas dupes et on les
regarde aller.
En ce moment au Québec, certaines compagnies
essaient de créer la division entre les travailleurs plus jeunes
et les travailleurs ayant plus d'ancienneté. Ils continuent
d'indexer les régimes de retraite pour les travailleurs plus
anciens tout en offrant un moins bon régime pour les nouveaux
embauchés. Ils veulent créer deux classes de
travailleurs. Nous devons empêcher cela. Selon nous, les pensions
sont un droit inaliénable et le gouvernement doit donner une
protection adéquate aux travailleurs retraités. Le
gouvernement a l'obligation de garantir que les droits des
retraités ne soient pas soumis aux aléas des crises
économiques et le mouvement ouvrier doit encourager tous ceux
qui se battent pour leurs droits à une retraite décente,
tout comme nous appuyons les travailleurs français qui luttent
contre la réforme des retraites de Sarkozy.
Ici à l'aluminerie nous faisons face à une
nouvelle direction encore plus anti-syndicale que la
précédente, comme si c'était possible. Les
relations de travail sont toujours tendues, la direction continue de
nous attaquer malgré les concessions que nous avons faites en
2009.
Alcoa a émis un communiqué
récemment dans lequel elle affirme que le syndicat utilise en ce
moment des moyens de pression pour nuire à la production. Le
communiqué ne donne pas de détails sur ces
allégations et il ne peut pas en donner parce que le syndicat ne
fait pas de moyens de pression en ce moment. Les problèmes dans
la
production sont causés par la mauvaise gestion de l'entreprise
et non par nous. Si l'entreprise veut soulever des problèmes
avec nous au sujet de la production, elle peut s'asseoir avec nous et
nous en parler. Sinon c'est juste du harcèlement. La prochaine
négociation se tiendra en 2012 ; on verra ce qui va se
passer.
LML : Votre syndicat a
toujours été préoccupé par le
développement de votre région. Quelle est la situation
dans le Centre-du-Québec ?
Clément Masse : Ça ne va pas
tellement bien. Le secteur forestier est toujours en crise et
l'industrie des pâtes et papiers de Trois-Rivières tourne
au ralenti ; il n'y a pas de signes de reprise à l'horizon.
Cette industrie est un gros générateur d'emplois pour
notre région et pour l'instant il n'y a pas de création
d'emplois.
De notre coté du fleuve, à Bécancour, il y a la
fermeture de RHI qui va fermer définitivement ses portes le
19 novembre prochain. Cette usine fabriquait des briques
réfractaires utilisées dans les alumineries, les
aciéries et les fonderies. Environ une centaine d'emplois vont
disparaître avec cette fermeture. L'usine de fabrication de
plaques
solaires de Timincko située près de notre usine n'a
jamais pu se remettre de la crise, elle aussi tourne au ralenti
malgré que cette industrie est supposée être en
essor. Comme vous le savez, l'usine de magnésium que Norsk Hydro
a fermée est maintenant complément
démembrée, il ne reste plus rien. Il y a également
la décision d'Hydro-Québec de
ne pas rénover immédiatement sa centrale nucléaire
de Gentilly.

Stephen Harper en Ukraine
Les objectifs sinistres de la visite
du premier ministre canadien
- Dougal MacDonald -
Le premier ministre du Canada, Stephen Harper, est
arrivé en Ukraine pour une visite de trois jours le dimanche
24 octobre. Cette visite a eu lieu au lendemain du Sommet de la
Francophonie, dont l'Ukraine est un pays membre. Le Canada et l'Ukraine
négocient actuellement un accord de libre-échange et le
gouvernement considère que
les 1,2 million de Canadiens d'origine ukrainienne sont un groupe
important d'électeurs potentiels pour les conservateurs de
Stephen Harper. Le lundi 25 octobre, Harper s'est rendu dans la
capitale du pays, Kiev, et a déposé une gerbe au monument
de l'« Holodomor », la « famine et le
génocide ukrainiens »
de 1932-33. Il a ensuite été déposé une
gerbe au
mémorial de Babi Yar, le ravin près de Kiev où les
troupes nazies ont massacré plus de 150 000 personnes de
1941 à 1943, la plupart des juifs, des tziganes et des
prisonniers de guerre soviétiques. L'un des massacres les plus
abominables a été celui de 33 000 juifs en deux
jours en
septembre 1941. La politique nazie d'extermination de masse a fait plus
de trois millions de morts en Ukraine.
Au cours de sa visite en Ukraine, Harper a beaucoup
parlé de voir l'Ukraine devenir plus démocratique,
sous-entendant que, sous son gouvernement, le Canada est un brillant
exemple. Cela est ridicule, car au Canada existe seulement la
« démocratie » pour les monopoles. Les
monopoles mondiaux comme US Steel, Vale et d'autres
exercent une dictature totale sur la classe ouvrière et le
peuple du Canada. Les travailleurs sont tenus d'accepter leur situation
d'esclaves et de taire leur réclamation légitime sur ce
qu'ils produisent et leurs revendications sur leurs conditions de
travail. Ils sont tenus d'accepter sans protester la destruction de
leurs moyens de subsistance et de leurs
collectivités. Ils sont tenus d'accepter la destruction de
l'industrie manufacturière du Canada afin que les monopoles
réalisent de gros profits ailleurs. En même temps, les
détenteurs du pouvoir d'État, le gouvernement Harper,
déclarent qu'ils ne peuvent rien faire pour défendre le
peuple canadien contre le pillage des monopoles. Le gouvernement
fédéral représente les monopoles et non le peuple,
il défend par tous les moyens la dictature des monopoles. Quand
la domination des monopoles est contestée, comme au Sommet du
G8 et du G20, l'État canadien recourt à des
méthodes style Gestapo pour attaquer la dissidence et
criminaliser le droit de conscience.
À l'échelle internationale, la
véritable position de Harper envers la démocratie est
montrée par ses agissements, que les peuples du monde
connaissent bien et auxquels il faut attribuer l'échec cuisant
du gouvernement Harper à faire élire le Canada au Conseil
de sécurité des Nations unies. Les activités
infâmes du gouvernement Harper en appui
à l'impérialisme américain comprennent la
participation du Canada à la guerre impérialiste en
Afghanistan, le soutien inconditionnel au terrorisme d'État
israélien et le plan d'annexion anti-peuple d'Haïti sous
couvert d'aide humanitaire. Partout dans le monde, il ignore les crimes
commis par les sociétés minières canadiennes dans
des pays comme
le Mexique, le Salvador, le Guatemala, la Colombie, le Chili et sur le
continent africain. En République démocratique du Congo
(RDC), il est intervenu récemment pour retarder
l'allégement de la dette de plus de 12 milliards $
afin de faire pression sur le gouvernement de la RDC dans un conflit
sur des droits miniers impliquant une
entreprise minière canadienne.
Il y a aussi la participation du Canada aux intrigues
impérialistes contre la République populaire
démocratique de Corée et son soutien aux sanctions des
États-Unis contre l'Iran. Son refus de rapatrier Omar Khadr et
son implication dans les « transferts » vers la
torture illustrent ses violations du droit international humanitaire
qu'il
est pourtant tenu de défendre en tant que signataire des
conventions et traités internationaux. Lorsque Harper
déclare que l'Ukraine « devrait se rapprocher de la
démocratie », il veut dire que l'Ukraine devrait
s'aligner davantage sur le camp impérialiste des
États-Unis, dont Harper est un membre empressé, et
réduire au minimum ses
relations avec la Russie, le principal ennemi de l'impérialisme
américain.
Les médias monopolisés ont joué
leur sale rôle habituel de désinformation au sujet de la
visite de Harper. Ils ont présenté leurs
« analyses » de la démocratie en Ukraine
en accréditant des rapports d'organisations louches comme
Freedom House et Reporters sans frontières, comme si ces agences
étaient des autorités universellement
reconnues dans ce domaine. Leur véritable nature est
volontairement passée sous silence. Ces noms ronflants cachent
que Freedom House et Reporters sans frontières sont des
organisations bidon des impérialistes américains. Freedom
House est financé à 66 % par le gouvernement
américain et son ancien président, James Woolsey, a
été
directeur de la CIA. L'ancien secrétaire de Reporters sans
frontières, Robert Ménard, est un agent de la CIA
financé par la Fondation nationale américaine pour la
démocratie (NED) et l'Agence américaine pour le
développement international (USAID), et le rôle principal
de ces deux organisations est de renverser les gouvernements qui sont
« hostiles » aux États-Unis. La raison
d'être d'agences comme Freedom House et Reporters sans
frontières est de répandre la désinformation et
d'organiser des contre-révolutions pour faire pression sur les
pays qui ne se soumettent pas complètement à
l'impérialisme américain.
Le mythe de la famine et la réhabilitation des
criminels de guerre nazis
Harper a également utilisé sa visite en
Ukraine pour promouvoir son projet de réhabilitation des
criminels de guerre nazis en répétant les falsifications
sur l'histoire de la Deuxième Guerre mondiale. Les remarques de
Harper à Kiev, lors de la cérémonie de
dépôt de gerbe au monument de la « famine et du
génocide ukrainiens », contenaient des propos haineux
visant à ressusciter le vieux mythe selon lequel l'Union
soviétique a été « aussi mauvaise que
les nazis » et niant totalement que, en
réalité, ce sont l'Union soviétique et Staline qui
ont dirigé la lutte des peuples du
monde contre le fascisme et joué un rôle de premier plan
dans la défaite des nazis.
En fait, ce sont les nazis qui les premiers ont
créé le mythe de la famine ukrainienne en 1933 pour
discréditer l'Union soviétique, l'ennemi qu'ils
redoutaient le plus. Les nazis ont publié des pages
entières de « nouvelles » dans les
journaux allemands, qui ont ensuite été reprises par la
presse réactionnaire britannique. En
septembre 1934, le milliardaire William Randolph Hearst,
l'éditeur américain de premier plan de la
« presse à sensation » et un partisan du
nazisme, a rencontré Hitler et son ministre de la propagande
nazie, Joseph Goebbels, et reçu des fonds pour promouvoir une
image positive des nazis aux États-Unis. Encouragés par
les hitlériens,
les journaux de Hearst sont aussitôt devenus les plus grands
propagandistes du mythe de la famine ukrainienne, en utilisant de
fausses photographies et publiant toutes sortes de mensonges qui depuis
ont été réfutées, preuves à l'appui,
à maintes et maintes reprises.
Dans ses remarques sur la
« famine », Harper fait spécifiquement
référence à la résolution adoptée en
juin 2003 par le Sénat du Canada « reconnaissant
la famine et le génocide ukrainiens », qui a
été suivie par la Loi C-459, Loi sur le Jour
commémoratif de la famine et du génocide ukrainiens
(« l'Holodomor ») (Canada) du 29 mai
2008. Ce n'est pas une coïncidence que les mêmes personnes
qui ont proposé la résolution du Sénat du Canada
et la Loi C-459 se sont maintenant jointes à la campagne de
Harper pour ériger un monument à la mémoire des
nazis et des collaborateurs nazis, les « victimes du
communisme totalitaire ». Ce n'est pas non plus une
coïncidence que la visite de Harper à Babi Yar, lieu de
nombreux massacres épouvantables nazis, ne soit
mentionnée que
brièvement, tant par Harper que par les médias
monopolisés. La raison principale pour laquelle Stephen Harper a
déposé des couronnes au monument de la famine et à
Babi Yar est qu'il voulait ainsi que l'on tire la fausse conclusion que
les
nazis et l'Union soviétique sont
« pareils ».
En outre, est omis de la discussion au sujet des
massacres de Babi Yar le fait que ces massacres n'ont pas
été
commis par les nazis seuls, mais avec leurs collaborateurs ukrainiens
qui servaient dans la Police auxiliaire ukrainienne, dans la Waffen SS
et les bataillons Nachtigall et Roland. Il n'est pas étonnant
que parmi les plus ardents défenseurs du
mythe famine et des monuments anticommunistes on retrouve des
héritiers de membres de ces organisations.

France
Les actions militantes des travailleurs continuent
malgré l'adoption de la réforme des régimes de
retraite
Le 28 octobre, les travailleurs français ont
tenu leur septième grève nationale depuis le
7 septembre pour s'opposer à la réforme antisociale
des régimes de retraite par le gouvernement Sarkozy. Le
Sénat a adopté le 22 octobre le projet de loi de
réforme des retraites avec 177 voix pour et 151 contre
après que le
gouvernement eut utilisé un manoeuvre connue sous le nom de la
guillotine pour couper court au débat. Le projet de loi a depuis
reçu l'approbation finale par l'Assemblée nationale et
doit maintenant recevoir l'assentiment du président.
Malgré l'adoption du projet de loi, environ deux
millions de travailleurs ont participé le 28 octobre
à quelque 270 actions à travers le pays. Les travailleurs
des secteurs public et privé ont pris part à la
grève qui a affecté le transport aérien :
50 % des vols ont été annulés à
l'aéroport d'Orly et
30 % l'ont été dans les autres
aéroports de la région métropolitaine. Dans le
secteur du transport public, les travailleurs de la compagnie
ferroviaire nationale (SNCF) et de la Régie autonome des
transports parisiens (RATP) ont débrayé. La
société rapporte que le transport ferroviaire
régional a été réduit de 40 %.
Dans le secteur de l'énergie, les travailleurs du
monopole de l'électricité de l'État, l'EDF, ont
réduit la production d'énergie d'environ 6 250
mégawatts. Bien que les travailleurs des raffineries de
pétrole, qui ont été en grève pendant deux
semaines, soient de retour au travail, la Confédération
générale du travail (CGT) a indiqué qu'
« il ne fait aucun doute que, sous n'importe quelle forme
ils décident, les travailleurs continueront à se
mobiliser contre le projet de loi des régimes de retraite. Sur
de nombreux sites, des plans pour poursuivre l'action sont
déjà organisés. »
Les travailleurs responsables de la collecte des ordures
dans les villes du sud comme Marseille, Nantes, Pau et Agen ont
voté pour le retour au travail, tandis que les éboueurs
de la région parisienne et de Toulouse sont toujours en
grève. Quelque 15 % des 7 000 éboueurs
municipaux ainsi que des travailleurs des entreprises privées
des ordures sont en grève.
Dans un communiqué publié le
28 octobre, la CGT a exhorté le gouvernement Sarkozy
à « tenir compte du message envoyé par une
grande majorité de la population : il doit surseoir
à la promulgation de la loi et ouvrir de véritables
négociations avec les syndicats.
« Pour la CGT, il n'y a pas
d'ambiguïté, la mobilisation peut et doit
continuer. » Une autre journée d'action est
prévue pour le 6 novembre.

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