Accueil |
Archives | English
Ce sont nos ressources !
Encore des menaces et des abus de Vale
Vale ne rate jamais sa chance d'attaquer les
travailleurs de la section 6500 du Syndicat des métallos
à Sudbury, même s'ils ont rempli l'objectif fixé
par l'entreprise après la grève d'atteindre 70 % de
la capacité productive. Loin d'être satisfait de cette
performance, John Pollesel, un membre de la direction
de Vale, a averti les travailleurs et les fournisseurs locaux que la
viabilité future des opérations minières de
Sudbury dépend de l'augmentation de la productivité et de
la réduction des « coûts » pour
l'entreprise. Pollesel veut abaisser les conditions de vie et de
travail des travailleurs. Il demande que les
fournisseurs locaux acceptent des prix pour leurs produits qui sont en
dessous de leur prix de production sans quoi il fera appel à des
fournisseurs internationaux.
Pollesel, qui a récemment été
nommé directeur général de la nouvelle Division
des métaux de base de l'Atlantique Nord de Vale, était
l'orateur invité à l'assemblée annuelle de la
Chambre de commerce de Sudbury le 13 octobre. Il y a
annoncé que le monopole envisage dépenser
2,5 milliards $
à Sudbury à condition que « nous »
le méritions.
« Attirer des investissements, a dit
Pollesel, requiert que nous fassions la preuve que nous sommes capables
de changer, que nous sommes capables d'augmenter notre
productivité et d'améliorer notre échelle de
coûts. Nous devons démontrer que nous avons la
volonté et la capacité de devenir une entreprise
plus productive et plus efficace. »
Pollesel ne semble pas savoir d'où vient le
capital qu'il s'apprête à investir. La richesse de Vale
provient de ses travailleurs, de leur temps de travail et de leur
expertise, des ressources naturelles du bassin de nickel de Sudbury,
des moyens de production et des fournisseurs dans la communauté,
et elle provient
également des autres travailleurs de Vale ailleurs dans le
monde. On peut dire dans ce sens que ce sont ces facteurs humains et
matériels qui constituent le « nous » qui
représente la richesse de Vale et notamment de son capital
d'investissement. Ces 2,5 milliards $ de revenus qui
pourraient
être investis ne représentent qu'une petite portion de la
réclamation de Vale à la valeur ajoutée produite
par les travailleurs canadiens à même les ressources
naturelles du pays.
Pollesel soutient que les critiques ont cherché
à « prendre avantage » de la dure
grève que Vale a imposée aux travailleurs et à la
communauté de Sudbury en « mettant en doute
l'engagement de Vale envers le Canada ».
Pollesel agit comme un de ces petits dictateurs qui
n'admettent pas la critique et remplacent la discussion rationnelle par
des insultes contre ceux qui ne partagent pas la vision du monde des
propriétaires du capital et des monopoles internationaux.
Pollesel et Vale savent très bien que les
travailleurs de Sudbury comptent parmi les travailleurs les plus
productifs du monde. Ce qu'ils ont en tête et présentent
de manière menaçante c'est le plan du monopole de
réorganiser les activités minières, renouveler les
équipements et les infrastructures, développer les
dépôts de nickel et de cuivre les plus riches et
intensifier l'extraction de l'or, de l'argent, du cuivre, du platine et
du cobalt, tous des métaux précieux qui sont devenus des
sous-produits extrêmement profitables de l'extraction du nickel
à Sudbury.
Vale dans ce sens ne fait que poursuivre dans la voie
qu'Inco avait déjà tracée avant d'être
avalé par ce monopole beaucoup plus grand basé au
Brésil. Cela fait d'ailleurs plus d'un an que Vale a
annoncé ses plans d'investissements dans ses opérations
de la région de Sudbury et de Terre-Neuve. Pourquoi alors
ce langage condescendant et abusif alors que les travailleurs et
fournisseurs de Sudbury ont déjà démontré
qu'ils veulent et sont capables de devenir plus productifs ? Il
semble que Vale s'apprête à s'engager plus avant dans la
voie de la répression et des concessions. Pollesel et les autres
dirigeants de Vale sont
comme les requins quand ils flairent le sang. Ils pensent que la
blessure qu'ils ont infligée aux travailleurs de Vale, à
leur communauté et à la société canadienne
les ont humiliés au point d'en faire des cibles faciles qui vont
abandonner sous la menace leurs réclamations à la valeur
qu'ils produisent et leur droit de
décider du sort des ressources naturelles qui leur appartiennent
en tant que peuple souverain.
Monsieur Pollesel, vous vous attaquez à une
population endurcie faite de pionniers, de colons et de peuples
autochtones qui se sont bâtis une vie dans cette terre nordique.
Les travailleurs et la communauté, qui ont bâti Sudbury de
leur sueur et de leur sang, ne sont pas le problème. Ils n'ont
rien à apprendre de
vous en fait de labeur et de productivité. La vraie menace
à la viabilité des opérations minières de
Sudbury, elle vient des monopoles internationaux et de leur recherche
effrénée de profits les plus élevés,
amassés le plus rapidement possible, sans égard aux
conséquences naturelles
et sociales.

Vale tente de dépeindre Sudbury
comme un cas d'assistance sociale
- Steve Rutchinski -
Dans son discours à la Chambre de commerce de
Sudbury le 13 octobre dernier, John Pollesel, qui est à
Vale seulement depuis l'été 2008, verse dans le ridicule
dans sa volonté de faire de la désinformation. Il a dit
notamment : « Vale a investi 1,73 milliard $
en dépenses en capital
au Canada depuis trois ans suite à son acquisition d'Inco Ltd.
Plusieurs de nos installations sont maintenant vétustes et
près de la fin de leur vie productive et les liquidités
provenant de nos opérations ne suffisent pas à financer
l'investissement requis pour les moderniser et les
maintenir. »
C'est une affirmation plutôt étonnante. Il
présente Sudbury comme un cas d'assistance sociale puisque que
Vale a payé des milliards pour acquérir Inco et que
plusieurs à l'époque ont présenté Sudbury
comme une vache à lait qui allait faire la fortune de Vale et
des intérêts financiers impliqués. Pollesel ne dit
pas la vérité, à savoir que le monopole
basé au Brésil a touché 4,2 milliards $
en profits d'entreprise de ses opérations canadiennes de nickel
dans les deux ans et demi qui ont suivi sa prise de contrôle
d'Inco, sans parler des millions de dollars en intérêts,
rentes et réclamations des dirigeants. Juste en
2008, les travailleurs de Vale ont extrait 166 000 onces de
platine en tant que sous-produit de ses opérations de nickel de
Sudbury, ce qui a généré des revenus de 260
millions $. Ce revenu provenant des seuls métaux
précieux représente plus que l'ensemble des
réclamations en salaires des syndiqués
de la section 6500 des métallos pendant cette année.
En plus de masquer le fait que le renouvellement des
instruments de production est une activité normale et
nécessaire de toute entreprise de production, Pollesel et Vale
se rendent ridicules en présentant leurs chiffres de
dépenses en capital comme une « preuve »
que leur prise de contrôle de nos ressources
naturelles et de nos moyens de production a été un
« avantage net » pour le Canada, ce qui au mieux
est une affirmation subjective et vague. Mis à part le
« 1,73 milliard $ en dépenses en
capital », il a dit dans son discours que « notre
budget normal d'opérations à Sudbury
est d'environ 30 millions $ par mois en biens et 30
millions $ en services ».
Ces chiffres ne veulent rien dire privés de leur
contexte et de leurs relations avec l'entreprise dans son ensemble. En
plus de suggérer que ces dépenses constituent un
« avantage net » pour le Canada alors qu'Inco
faisait les mêmes dépenses comme quelque chose de normal,
ces mots contiennent un
message implicite de menaces aux fournisseurs locaux à l'effet
que Vale a une politique stratégique « de faire ses
achats à l'échelle internationale ».
« Bien que nous ayons adopté la
politique de faire nos achats à l'échelle internationale
afin d'obtenir nos services et matériaux le plus
rapidement possible, a-t-il dit, nous encourageons nos acheteurs
à contacter en premier lieu les fournisseurs locaux. »
« Nous encourageons nos acheteurs à
contacter en premier lieu les fournisseurs locaux » veut
dire les pousser à baisser leurs prix sinon l'entreprise fera
affaire avec des fournisseurs ailleurs dans le monde. Tout un
« avantage net ».
Le renouvellement des équipements et des
infrastructures qui sont consommés dans le processus de
production est une partie intégrante de l'économie
moderne. C'est en utilisant ces moyens de production et ces biens et
services dans la transformation de la roche terrestre en minerais
utilisables que les travailleurs
ont généré 4,2 milliards $ de profits
d'entreprise pour Vale dans ses deux premières années au
Canada. Les coûts ou la valeur de ces biens et services qui sont
consommés dans le processus de production sont
transférés spontanément dans les minerais et
représentent une portion de leur valeur totale. La
valeur transférée de ces biens et services, que la
comptabilité centrée sur le capital appelle des
« coûts », est
récupérée par Vale lorsque les minerais sont
vendus.
Que ce soit le renouvellement des infrastructures et
équipements miniers ou la modernisation des processus de
production à l'usine Clarabelle pour récupérer les
métaux précieux, ce sont toutes des mesures qui
produisent un avantage net pour Vale. Tous ces coûts, qui
deviennent de la valeur transférée lorsque
les travailleurs transforment la roche en minerais utilisables, sont
récupérés par le monopole lorsqu'il vend le
produit social. La communauté retire un avantage net du
processus si la valeur transférée des biens, services et
autres coûts de production provient de la région parce que
cette valeur transférée a d'abord été
de la valeur ajoutée produite par les travailleurs. Aucun
avantage n'est retiré d'une valeur transférée qui
est réalisée hors du Canada, sauf dans le transport de
ces biens à travers le pays, lequel a un impact sur
l'environnement dont on doit aussi tenir compte.
Pollesel a également oublié de mentionner
que le prêt à un taux très bas que le gouvernement
canadien a consenti à Vale ne peut certainement pas être
appelé un avantage net pour le Canada. Les Canadiens financent
les activités de Vale au pays et à l'étranger via
un prêt de 1 milliard $ à faible taux
d'intérêts par Exportation et développement
Canada, une agence du gouvernement fédéral, consenti
alors que les travailleurs de Vale à Voisey's Bay sont toujours
en grève. Tout un avantage net !
L'année de résistance des travailleurs de
Sudbury et de Port Colborne, la grève qui dure depuis maintenant
plus d'un an à Voisey's Bay, au Labrador, de même que les
luttes des travailleurs chez d'autres monopoles internationaux ont
convaincu les Canadiens que la prise de contrôle de nos
ressources et de nos
industries par des monopoles internationaux tels Vale, Xtrata et US
Steel ne représente pas un « avantage
net » pour le Canada et cela n'a jamais été
leur but de le faire. Ce sont les monopoles internationaux qui en
retirent un avantage net et si ça n'était pas le cas ils
ne seraient pas ici à nous causer des
problèmes. Leur activité ne vise pas du tout à
avantager les Canadiens. La mondialisation néolibérale
aliène toujours plus les Canadiens de leur propre
économie et nie leur droit de décider comment les
ressources naturelles vont être utilisées et dans
l'intérêt de qui. Les monopoles internationaux comme Vale
n'ont
aucun intérêt à utiliser les ressources naturelles
abondantes du Canada pour développer la base
manufacturière et construire une économie
diversifiée qui subvient à ses besoins, est au service
des Canadiens et garantit leur bien-être et leur
sécurité. Vale et les autres monopoles internationaux
sont des bâtisseurs d'empires,
ce qui est nécessairement une négation de
l'édification nationale. Quand Pollesel parle de la
stratégie de Vale « de faire ses achats à
l'échelle internationale », il admet que Vale est un
bâtisseur d'empires qui ne s'intéresse pas à
l'édification nationale.
Base manufacturière, Oui !
Destruction nationale, Non !
Souveraineté, Oui ! Annexion aux empires mondiaux,
Non !

Le logement est un droit!
Le FRAPRU bloque un édifice des
Forces aériennes du Canada à Ottawa:
du logement social au lieu des F-35!
- FRAPRU, 27 octobre 2010 -
À Ottawa
le 27 octobre (Photo: Vania
Wright-Larin)
Plus de 450 mal-logés et sans-abri ont
exprimé leur colère contre les choix budgétaires
du gouvernement conservateur de Stephen Harper, en bloquant des bureaux
de la Force aérienne du Canada, au 400, rue Cumberland, à
Ottawa, le 27 octobre. Le Front d'action populaire en
réaménagement urbain (FRAPRU),
un regroupement québécois pour le droit au logement,
voulait ainsi protester contre la décision de réduire
d'un milliard $ par an, à compter du 1er avril 2011, les
fonds consacrés à la construction et à la
rénovation de logements sociaux au Canada. Le FRAPRU ne
digère pas que ces réductions surviennent au
moment où le gouvernement vient d'accorder, sans appel d'offres,
9 milliards $ à la compagnie américaine
Lockheed Martin pour l'achat de 65 avions chasseurs F-35, de
même que des sommes pouvant s'élever jusqu'à
7 milliards $ pour leur entretien.
Le
coordonnateur de l'organisme, François Saillant, est
scandalisé : « Avec le coût d'achat et
d'entretien d'un seul F-35, le gouvernement aurait pu subventionner
jusqu'à 3500 logements sociaux. Ça en dit long sur les
priorités du gouvernement Harper qui est prêt à
engraisser l'industrie de la mort, tout en réduisant à
des miettes son aide au logement pour les sans-abri, les
mal-logés, les communautés autochtones et nordiques,
ainsi que pour les locataires à faible revenu demeurant dans les
logements sociaux existants ». Il rappelle qu'en 2011-2012,
le budget du ministère de la Défense nationale approchera
les 22 milliards $ par an, soit onze fois plus que ce qui
restera dans le budget de la Société canadienne
d'hypothèques
et de logement.
Le ministre des Finances, Jim Flaherty, a
confirmé, à plusieurs reprises au cours des
dernières semaines, sa décision de mettre fin, à
partir de ce moment, à ses mesures de relance économique
amorcées en 2009, dont celles pour le logement. En raison de la
fin des investissements prévus dans le plan de relance
économique, les provinces recevront annuellement 250
millions $ de moins pour la construction de logements sociaux et
500 millions $ de moins pour la rénovation de logements
sociaux existants. Les Premières Nations seront quant à
elles privées de 200 millions d'investissements par an et les
communautés
nordiques de 100 millions $.
Le FRAPRU lui demande de revenir sur cette
décision, en maintenant ses investissements des deux
dernières années dans la rénovation et
l'amélioration des logements sociaux existants et en portant
à 2 milliards $ par an ses investissements pour la
construction de nouvelles habitations. Pour François
Saillant, « il n'est pas aussi clair que le prétend
le gouvernement Harper que la crise économique est vraiment
derrière nous ; ce qui est clair en revanche, c'est que la
crise du logement, elle, continue à frapper très durement
partout au Canada, y compris au Québec ».
Selon les chiffres mêmes du gouvernement
fédéral, en 2006, avant même le
déclenchement de la crise, 1 494 400 ménages
avaient des besoins urgents de logement au Canada. De plus, on
évalue entre 150 000 et le 300 000 le nombre de sans-abri.

Haïti
Les Haïtiens exigent du logement
et la fin de l'occupation militaire

À gauche:
Manifestation des résidents d'un camp de personnes
déplacées le 3 septembre 2010. (Haiti Liberté)
À droite: Sans provocation, un «gardien de la paix»
de l'ONU et un officier d'une agence privée de
sécurité
braquent leurs fusils sur les manifestants à la base de
logistique de l'ONU le 15 octobre 2010. (WIP/Federico Matais)
La situation des Haïtiens sans abri à cause
du tremblement de terre du 12 janvier s'est aggravée avec
la récente épidémie de choléra. Le peuple
haïtien se retrouve dans cette situation en dépit de
diverses promesses d'aide et des nombreux avertissements à
l'effet que sans
répondre en priorité au besoin humain fondamental
de logement, la population serait en proie à la maladie.
Des manifestations contre l'inaction du gouvernement et
l'occupation militaire d'Haïti par la MINUSTAH et autres forces
armées ont constamment lieu. Le 12 octobre, la
troisième manifestation en trois mois a eu lieu pour exiger une
réponse à l'absence massive de logement.
« Chaque rassemblement
est plus grand que le précédent », a dit
Reyneld Sanon, un dirigeant de Force de réflexion et d'action
sur la problématique du logement (FRAKKA). « Les gens
commencent à se lever pour leur droit au logement qui est,
après tout, garanti par la constitution ». Les
manifestations sont organisées
par une coalition dont un groupe pour le droit au logement, un groupe
pour les droits humains et des comités de résidents des
camps.
Beverly Bell, écrivant pour Common Dreams,
rapporte :
« Au moins trois manifestations
récentes, dirigées par des groupes de travailleurs et des
organisation populaires ont appelé à l'augmentation du
salaire minimum quotidien de 3,20 $ (125gourdes) pour le travail
d'assemblage
pour l'exportation à 12,82 $ (500 gourdes). L'année
dernière, après que le Parlement eut adopté une
loi augmentant le salaire minimum pour tous les travailleurs, les
propriétaires d'usines se sont plaints au président
René Préval. Il a refusé d'entériner la
loi. Au lieu de cela, un compromis a donné lieu à une
entente selon laquelle le salaire des travailleurs produisant pour
l'exportation a augmenté à seulement 3,20 $ par
jour. « Avant le tremblement de terre, on ne pouvait pas
vivre avec cela. Mais les prix ont tellement augmenté depuis que
c'est maintenant vraiment impossible », a dit Gérome
Dupervil,
un défenseur des droits des travailleurs.
« D'autres rassemblements ont lieu les 1er,
14 et 15 octobre devant le ministère des Affaires
étrangères et la base de logistique de l'ONU. Les
manifestants ont dénoncé le renouvellement annuel de la
Mission des Nations unies pour la stabilisation en Haïti
(MINUSTAH), qui est présente depuis
le renversement du président Jean-Bertrand Aristide en 2004. La
force est composée de presque 12 000 soldats armés.
Son budget annuel est de 380 millions $. « Les troupes
de la MINUSTAH ont été accusées de meurtres,
d'arrestations arbitraires et de violations des droits humains. Elles
sont
soupçonnées de la mort par pendaison d'un jeune homme,
Gérald Jean Gilles, dans la cour d'une base de la MINUSTAH
à Cap-Haïtien le 17 août. Le personnel de la
MINUSTAH prétend que le jeune s'est tué lui-même,
un fait contesté par sa famille et ses amis.
« Les militants interrogés disent que
leur appel pour le départ de la MINUSTAH est basé sur la
violence utilisée par cette force armée, son
inefficacité dans l'accomplissement de sa mission, le gaspillage
d'argent et la nature non démocratique et coloniale de
l'opération dans un pays souverain. »
Le 24 octobre, l'Office des Nations unies pour la
coordination des affaires humanitaires (OCHA) a signalé qu'en ce
qui a trait au développement de l'épidémie de
choléra, il y eu 254 morts et 3 015 cas de
choléra déclarés. Le choléra est
causé par une infection aiguë de l'intestin grêle
par la bactérie du choléra, donnant lieu à des
vomissements et la diarrhée, pouvant entraîner une
déshydratation grave et la mort si le traitement
nécessaire n'est pas administré. Le choléra
survient dans des situations où il n'y a pas d'eau potable ou
d'installations sanitaires de base, une situation imposée
à quelque
1,5 millions d'Haïtiens qui sont toujours sans abri et ont
été contraints de vivre dans des camps de
réfugiés de fortune pour plus de 9 mois. Le rapport
de l'OCHA indique que divers efforts sont en cours afin
d'atténuer et de contenir la crise :
« - Le président René
Préval et de plusieurs ministres se sont rendus à
St-Marc, où une table ronde a eu lieu avec les autorités
locales pour discuter de la meilleure façon de répondre
à la crise.
« - Aujourd'hui, le nombre de morts a
augmenté de 45 tandis que le nombre de cas est passé
de 369 dans l'Artibonite et les départements du Centre et
de l'Ouest.
« - Le Programme alimentaire mondial (PAM) a
commencé la distribution de 9 000 repas
prêts-à-manger ainsi que des biscuits
énergétiques à l'hôpital Saint-Nicolas
à Saint-Marc.
« - L'augmentation des cas a tendance
à ralentir néanmoins l'Organisation des Nations unies en
Haïti se prépare à répondre à un plus
grand nombre de cas à travers le pays afin d'appuyer le
gouvernement.
« - Les efforts de secours continuent en
même temps que le gouvernement, la MINUSTAH, les agences
onusiennes et les ONG continuent de fournir de l'aide dans un nombre
croissant de sites.
« - Les Nations unies en Haïti à
l'appui du gouvernement se prépare à répondre
à un plus grand nombre de cas à travers le pays. Le taux
selon lequel le nombre de cas confirmés est signalé,
demeure inférieur à celui qui s'est produit dans les
premiers jours de l'épidémie.
« - Le gouvernement d'Haïti, les Nations
unies, les partenaires humanitaires font tout ce qu'ils peuvent pour
ralentir la propagation de cette maladie mortelle, alors même
qu'ils se préparent pour le pire scénario qui est un
épidémie à l'échelle nationale. »
Le 19 octobre, Walter Kaelin, représentant
du secrétaire général de l'ONU sur les droits de
l'homme des personnes déplacées, a dit de la situation en
Haïti : « Neuf mois après le tremblement de
terre, Haïti vit toujours une profonde crise humanitaire qui
touche les droits humains des personnes
déplacées par la catastrophe.
« Selon les estimations, 1,3 million de
personnes – soit des personnes qui ont perdu leur logement lors du
séisme, rejoints par d'autres qui ont fui l'extrême
pauvreté aggravée par le séisme du 12 janvier
– vivent dans des "camps" de fortune à et autour de
Port-au-Prince . En visitant quelques-unes
des zones de la capitale abritant les pires taudis, j'en ai aussi
rencontré beaucoup d'autres en dehors des camps dont le sort a
été moins visible, mais non moins grave. »
« Les gens dans les camps ont des besoins
spécifiques, notamment en ce qui a trait au logement, qui
doivent être résolus au niveau de chaque
camp », a déclaré Kaelin, qui demande un
changement d'orientation des opérations humanitaires.
« Cependant, d'autres besoins urgents tels que
l'accès
aux services de santé, l'eau, l'assainissement et
l'éducation qui sont absents non seulement parmi la population
des camps mais aussi parmi les pauvres d'Haïti, doivent être
satisfaits par une approche de quartier. De cette façon, toute
la population touchée a l'égalité d'accès
en conformité avec les besoins et les gens
ne sont pas forcés de se retrouver dans des camps de
fortune. » Il a appelé à une plus grande
urgence dans le processus de reconstruction.
Selon une nouvelle étude préparée
par le professeur Mark Schuller de la City University de New-York,
40 % des camps n'ont pas d'eau, 30 % n'ont pas de toilettes
et seulement 20 % ont accès à l'éducation,
les soins médicaux ou un soutien psychologique. Il y a aussi le
chômage quasi-total
et l'aide alimentaire qui a été suspendue depuis avril.
Alors que l'aide inconditionnelle de pays tels que Cuba
a été immédiate et se poursuit, Bill Quigley, dans
un article récemment paru dans le Huffington Post, a
noté : « Pas un seul centime de l'aide promise par
les
États-Unis pour la reconstruction est arrivé en
Haïti. Dans les derniers
jours, les États-Unis se sont engagés à avancer
10 % des milliards $ promis en aide à la
reconstruction. Seulement 15 % de l'aide promise par les pays et
les organisations du monde entier a atteint le pays jusqu'à
présent. »
Pendant ce temps, le Bureau des avocats internationaux
(BAI), un cabinet d'avocats dévoués à la
défense des droits humains en Haïti, a exprimé sa
« consternation face à l'indifférence et la
passivité des autorités haïtiennes, malgré
l'aggravation de la situation des personnes déplacées ou
sans abri, neuf mois
après le séisme du 12 janvier 2010.
« Les quelque 1,5 million d'habitants
déplacés depuis le tremblement de terre – plus d'un
cinquième de la population – continueront d'être
exposés à des risques, des incertitudes, des menaces
d'expulsion, d'extorsion, de crimes divers, y compris la violence
sexuelle et les épidémies, les empêchant
de pouvoir mener une vie sociale normale. »

Lisez Le
Marxiste-Léniniste
Site web: www.pccml.ca
Courriel: redaction@cpcml.ca