Le Marxiste-Léniniste

Numéro 169 - 29 octobre 2010

Ce sont nos ressources !

Encore des menaces et des abus de Vale


Ce sont nos ressources !
Encore des menaces et des abus de Vale
Vale tente de dépeindre Sudbury comme un cas d'assistance sociale - Steve Rutchinski

Le logement est un droit!
Le FRAPRU bloque un édifice des Forces aériennes du Canada à Ottawa: du logement social au lieu des F-35! - FRAPRU

Haïti
Les Haïtiens exigent du logement et la fin de l'occupation militaire

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Ce sont nos ressources !

Encore des menaces et des abus de Vale

Vale ne rate jamais sa chance d'attaquer les travailleurs de la section 6500 du Syndicat des métallos à Sudbury, même s'ils ont rempli l'objectif fixé par l'entreprise après la grève d'atteindre 70 % de la capacité productive. Loin d'être satisfait de cette performance, John Pollesel, un membre de la direction de Vale, a averti les travailleurs et les fournisseurs locaux que la viabilité future des opérations minières de Sudbury dépend de l'augmentation de la productivité et de la réduction des « coûts » pour l'entreprise. Pollesel veut abaisser les conditions de vie et de travail des travailleurs. Il demande que les fournisseurs locaux acceptent des prix pour leurs produits qui sont en dessous de leur prix de production sans quoi il fera appel à des fournisseurs internationaux.

Pollesel, qui a récemment été nommé directeur général de la nouvelle Division des métaux de base de l'Atlantique Nord de Vale, était l'orateur invité à l'assemblée annuelle de la Chambre de commerce de Sudbury le 13 octobre. Il y a annoncé que le monopole envisage dépenser 2,5 milliards $ à Sudbury à condition que « nous » le méritions.

« Attirer des investissements, a dit Pollesel, requiert que nous fassions la preuve que nous sommes capables de changer, que nous sommes capables d'augmenter notre productivité et d'améliorer notre échelle de coûts. Nous devons démontrer que nous avons la volonté et la capacité de devenir une entreprise plus productive et plus efficace. »

Pollesel ne semble pas savoir d'où vient le capital qu'il s'apprête à investir. La richesse de Vale provient de ses travailleurs, de leur temps de travail et de leur expertise, des ressources naturelles du bassin de nickel de Sudbury, des moyens de production et des fournisseurs dans la communauté, et elle provient également des autres travailleurs de Vale ailleurs dans le monde. On peut dire dans ce sens que ce sont ces facteurs humains et matériels qui constituent le « nous » qui représente la richesse de Vale et notamment de son capital d'investissement. Ces 2,5 milliards $ de revenus qui pourraient être investis ne représentent qu'une petite portion de la réclamation de Vale à la valeur ajoutée produite par les travailleurs canadiens à même les ressources naturelles du pays.

Pollesel soutient que les critiques ont cherché à « prendre avantage » de la dure grève que Vale a imposée aux travailleurs et à la communauté de Sudbury en « mettant en doute l'engagement de Vale envers le Canada ».

Pollesel agit comme un de ces petits dictateurs qui n'admettent pas la critique et remplacent la discussion rationnelle par des insultes contre ceux qui ne partagent pas la vision du monde des propriétaires du capital et des monopoles internationaux.

Pollesel et Vale savent très bien que les travailleurs de Sudbury comptent parmi les travailleurs les plus productifs du monde. Ce qu'ils ont en tête et présentent de manière menaçante c'est le plan du monopole de réorganiser les activités minières, renouveler les équipements et les infrastructures, développer les dépôts de nickel et de cuivre les plus riches et intensifier l'extraction de l'or, de l'argent, du cuivre, du platine et du cobalt, tous des métaux précieux qui sont devenus des sous-produits extrêmement profitables de l'extraction du nickel à Sudbury.

Vale dans ce sens ne fait que poursuivre dans la voie qu'Inco avait déjà tracée avant d'être avalé par ce monopole beaucoup plus grand basé au Brésil. Cela fait d'ailleurs plus d'un an que Vale a annoncé ses plans d'investissements dans ses opérations de la région de Sudbury et de Terre-Neuve. Pourquoi alors ce langage condescendant et abusif alors que les travailleurs et fournisseurs de Sudbury ont déjà démontré qu'ils veulent et sont capables de devenir plus productifs ? Il semble que Vale s'apprête à s'engager plus avant dans la voie de la répression et des concessions. Pollesel et les autres dirigeants de Vale sont comme les requins quand ils flairent le sang. Ils pensent que la blessure qu'ils ont infligée aux travailleurs de Vale, à leur communauté et à la société canadienne les ont humiliés au point d'en faire des cibles faciles qui vont abandonner sous la menace leurs réclamations à la valeur qu'ils produisent et leur droit de décider du sort des ressources naturelles qui leur appartiennent en tant que peuple souverain.

Monsieur Pollesel, vous vous attaquez à une population endurcie faite de pionniers, de colons et de peuples autochtones qui se sont bâtis une vie dans cette terre nordique. Les travailleurs et la communauté, qui ont bâti Sudbury de leur sueur et de leur sang, ne sont pas le problème. Ils n'ont rien à apprendre de vous en fait de labeur et de productivité. La vraie menace à la viabilité des opérations minières de Sudbury, elle vient des monopoles internationaux et de leur recherche effrénée de profits les plus élevés, amassés le plus rapidement possible, sans égard aux conséquences naturelles et sociales.

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Vale tente de dépeindre Sudbury
comme un cas d'assistance sociale

Dans son discours à la Chambre de commerce de Sudbury le 13 octobre dernier, John Pollesel, qui est à Vale seulement depuis l'été 2008, verse dans le ridicule dans sa volonté de faire de la désinformation. Il a dit notamment : « Vale a investi 1,73 milliard $ en dépenses en capital au Canada depuis trois ans suite à son acquisition d'Inco Ltd. Plusieurs de nos installations sont maintenant vétustes et près de la fin de leur vie productive et les liquidités provenant de nos opérations ne suffisent pas à financer l'investissement requis pour les moderniser et les maintenir. »

C'est une affirmation plutôt étonnante. Il présente Sudbury comme un cas d'assistance sociale puisque que Vale a payé des milliards pour acquérir Inco et que plusieurs à l'époque ont présenté Sudbury comme une vache à lait qui allait faire la fortune de Vale et des intérêts financiers impliqués. Pollesel ne dit pas la vérité, à savoir que le monopole basé au Brésil a touché 4,2 milliards $ en profits d'entreprise de ses opérations canadiennes de nickel dans les deux ans et demi qui ont suivi sa prise de contrôle d'Inco, sans parler des millions de dollars en intérêts, rentes et réclamations des dirigeants. Juste en 2008, les travailleurs de Vale ont extrait 166 000 onces de platine en tant que sous-produit de ses opérations de nickel de Sudbury, ce qui a généré des revenus de 260 millions $. Ce revenu provenant des seuls métaux précieux représente plus que l'ensemble des réclamations en salaires des syndiqués de la section 6500 des métallos pendant cette année.

En plus de masquer le fait que le renouvellement des instruments de production est une activité normale et nécessaire de toute entreprise de production, Pollesel et Vale se rendent ridicules en présentant leurs chiffres de dépenses en capital comme une « preuve » que leur prise de contrôle de nos ressources naturelles et de nos moyens de production a été un « avantage net » pour le Canada, ce qui au mieux est une affirmation subjective et vague. Mis à part le « 1,73 milliard $ en dépenses en capital », il a dit dans son discours que « notre budget normal d'opérations à Sudbury est d'environ 30 millions $ par mois en biens et 30 millions $ en services ».

Ces chiffres ne veulent rien dire privés de leur contexte et de leurs relations avec l'entreprise dans son ensemble. En plus de suggérer que ces dépenses constituent un « avantage net » pour le Canada alors qu'Inco faisait les mêmes dépenses comme quelque chose de normal, ces mots contiennent un message implicite de menaces aux fournisseurs locaux à l'effet que Vale a une politique stratégique « de faire ses achats à l'échelle internationale ».

« Bien que nous ayons adopté la politique de faire nos achats à l'échelle internationale afin d'obtenir nos services et matériaux le plus rapidement possible, a-t-il dit, nous encourageons nos acheteurs à contacter en premier lieu les fournisseurs locaux. »

« Nous encourageons nos acheteurs à contacter en premier lieu les fournisseurs locaux » veut dire les pousser à baisser leurs prix sinon l'entreprise fera affaire avec des fournisseurs ailleurs dans le monde. Tout un « avantage net ».

Le renouvellement des équipements et des infrastructures qui sont consommés dans le processus de production est une partie intégrante de l'économie moderne. C'est en utilisant ces moyens de production et ces biens et services dans la transformation de la roche terrestre en minerais utilisables que les travailleurs ont généré 4,2 milliards $ de profits d'entreprise pour Vale dans ses deux premières années au Canada. Les coûts ou la valeur de ces biens et services qui sont consommés dans le processus de production sont transférés spontanément dans les minerais et représentent une portion de leur valeur totale. La valeur transférée de ces biens et services, que la comptabilité centrée sur le capital appelle des « coûts », est récupérée par Vale lorsque les minerais sont vendus.

Que ce soit le renouvellement des infrastructures et équipements miniers ou la modernisation des processus de production à l'usine Clarabelle pour récupérer les métaux précieux, ce sont toutes des mesures qui produisent un avantage net pour Vale. Tous ces coûts, qui deviennent de la valeur transférée lorsque les travailleurs transforment la roche en minerais utilisables, sont récupérés par le monopole lorsqu'il vend le produit social. La communauté retire un avantage net du processus si la valeur transférée des biens, services et autres coûts de production provient de la région parce que cette valeur transférée a d'abord été de la valeur ajoutée produite par les travailleurs. Aucun avantage n'est retiré d'une valeur transférée qui est réalisée hors du Canada, sauf dans le transport de ces biens à travers le pays, lequel a un impact sur l'environnement dont on doit aussi tenir compte.

Pollesel a également oublié de mentionner que le prêt à un taux très bas que le gouvernement canadien a consenti à Vale ne peut certainement pas être appelé un avantage net pour le Canada. Les Canadiens financent les activités de Vale au pays et à l'étranger via un prêt de 1 milliard $ à faible taux d'intérêts par Exportation et développement Canada, une agence du gouvernement fédéral, consenti alors que les travailleurs de Vale à Voisey's Bay sont toujours en grève. Tout un avantage net !

L'année de résistance des travailleurs de Sudbury et de Port Colborne, la grève qui dure depuis maintenant plus d'un an à Voisey's Bay, au Labrador, de même que les luttes des travailleurs chez d'autres monopoles internationaux ont convaincu les Canadiens que la prise de contrôle de nos ressources et de nos industries par des monopoles internationaux tels Vale, Xtrata et US Steel ne représente pas un « avantage net » pour le Canada et cela n'a jamais été leur but de le faire. Ce sont les monopoles internationaux qui en retirent un avantage net et si ça n'était pas le cas ils ne seraient pas ici à nous causer des problèmes. Leur activité ne vise pas du tout à avantager les Canadiens. La mondialisation néolibérale aliène toujours plus les Canadiens de leur propre économie et nie leur droit de décider comment les ressources naturelles vont être utilisées et dans l'intérêt de qui. Les monopoles internationaux comme Vale n'ont aucun intérêt à utiliser les ressources naturelles abondantes du Canada pour développer la base manufacturière et construire une économie diversifiée qui subvient à ses besoins, est au service des Canadiens et garantit leur bien-être et leur sécurité. Vale et les autres monopoles internationaux sont des bâtisseurs d'empires, ce qui est nécessairement une négation de l'édification nationale. Quand Pollesel parle de la stratégie de Vale « de faire ses achats à l'échelle internationale », il admet que Vale est un bâtisseur d'empires qui ne s'intéresse pas à l'édification nationale.

Base manufacturière, Oui ! Destruction nationale, Non !
Souveraineté, Oui ! Annexion aux empires mondiaux, Non !

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Le logement est un droit!

Le FRAPRU bloque un édifice des
Forces aériennes du Canada à Ottawa:
du logement social au lieu des F-35!


À Ottawa le 27 octobre (Photo: Vania Wright-Larin)

Plus de 450 mal-logés et sans-abri ont exprimé leur colère contre les choix budgétaires du gouvernement conservateur de Stephen Harper, en bloquant des bureaux de la Force aérienne du Canada, au 400, rue Cumberland, à Ottawa, le 27 octobre. Le Front d'action populaire en réaménagement urbain (FRAPRU), un regroupement québécois pour le droit au logement, voulait ainsi protester contre la décision de réduire d'un milliard $ par an, à compter du 1er avril 2011, les fonds consacrés à la construction et à la rénovation de logements sociaux au Canada. Le FRAPRU ne digère pas que ces réductions surviennent au moment où le gouvernement vient d'accorder, sans appel d'offres, 9 milliards $ à la compagnie américaine Lockheed Martin pour l'achat de 65 avions chasseurs F-35, de même que des sommes pouvant s'élever jusqu'à 7 milliards $ pour leur entretien.

Le coordonnateur de l'organisme, François Saillant, est scandalisé : « Avec le coût d'achat et d'entretien d'un seul F-35, le gouvernement aurait pu subventionner jusqu'à 3500 logements sociaux. Ça en dit long sur les priorités du gouvernement Harper qui est prêt à engraisser l'industrie de la mort, tout en réduisant à des miettes son aide au logement pour les sans-abri, les mal-logés, les communautés autochtones et nordiques, ainsi que pour les locataires à faible revenu demeurant dans les logements sociaux existants ». Il rappelle qu'en 2011-2012, le budget du ministère de la Défense nationale approchera les 22 milliards $ par an, soit onze fois plus que ce qui restera dans le budget de la Société canadienne d'hypothèques et de logement.

Le ministre des Finances, Jim Flaherty, a confirmé, à plusieurs reprises au cours des dernières semaines, sa décision de mettre fin, à partir de ce moment, à ses mesures de relance économique amorcées en 2009, dont celles pour le logement. En raison de la fin des investissements prévus dans le plan de relance économique, les provinces recevront annuellement 250 millions $ de moins pour la construction de logements sociaux et 500 millions $ de moins pour la rénovation de logements sociaux existants. Les Premières Nations seront quant à elles privées de 200 millions d'investissements par an et les communautés nordiques de 100 millions $.

Le FRAPRU lui demande de revenir sur cette décision, en maintenant ses investissements des deux dernières années dans la rénovation et l'amélioration des logements sociaux existants et en portant à 2 milliards $ par an ses investissements pour la construction de nouvelles habitations. Pour François Saillant, « il n'est pas aussi clair que le prétend le gouvernement Harper que la crise économique est vraiment derrière nous ; ce qui est clair en revanche, c'est que la crise du logement, elle, continue à frapper très durement partout au Canada, y compris au Québec ».

Selon les chiffres mêmes du gouvernement fédéral, en 2006, avant même le déclenchement de la crise, 1 494 400 ménages avaient des besoins urgents de logement au Canada. De plus, on évalue entre 150 000 et le 300 000 le nombre de sans-abri.

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Haïti

Les Haïtiens exigent du logement
et la fin de l'occupation militaire


À gauche: Manifestation des résidents d'un camp de personnes déplacées le 3 septembre 2010.  (Haiti Liberté)
À droite: Sans provocation, un «gardien de la paix» de l'ONU et un officier d'une agence privée de sécurité
braquent leurs fusils sur les manifestants à la base de logistique de l'ONU le 15 octobre 2010. (WIP/Federico Matais)

La situation des Haïtiens sans abri à cause du tremblement de terre du 12 janvier s'est aggravée avec la récente épidémie de choléra. Le peuple haïtien se retrouve dans cette situation en dépit de diverses promesses d'aide et des nombreux avertissements à l'effet que sans répondre en priorité au besoin humain fondamental de logement, la population serait en proie à la maladie.

Des manifestations contre l'inaction du gouvernement et l'occupation militaire d'Haïti par la MINUSTAH et autres forces armées ont constamment lieu. Le 12 octobre, la troisième manifestation en trois mois a eu lieu pour exiger une réponse à l'absence massive de logement. « Chaque rassemblement est plus grand que le précédent », a dit Reyneld Sanon, un dirigeant de Force de réflexion et d'action sur la problématique du logement (FRAKKA). « Les gens commencent à se lever pour leur droit au logement qui est, après tout, garanti par la constitution ». Les manifestations sont organisées par une coalition dont un groupe pour le droit au logement, un groupe pour les droits humains et des comités de résidents des camps.

Beverly Bell, écrivant pour Common Dreams, rapporte : « Au moins trois manifestations récentes, dirigées par des groupes de travailleurs et des organisation populaires ont appelé à l'augmentation du salaire minimum quotidien de 3,20 $ (125gourdes) pour le travail d'assemblage pour l'exportation à 12,82 $ (500 gourdes). L'année dernière, après que le Parlement eut adopté une loi augmentant le salaire minimum pour tous les travailleurs, les propriétaires d'usines se sont plaints au président René Préval. Il a refusé d'entériner la loi. Au lieu de cela, un compromis a donné lieu à une entente selon laquelle le salaire des travailleurs produisant pour l'exportation a augmenté à seulement 3,20 $ par jour. « Avant le tremblement de terre, on ne pouvait pas vivre avec cela. Mais les prix ont tellement augmenté depuis que c'est maintenant vraiment impossible », a dit Gérome Dupervil, un défenseur des droits des travailleurs.

« D'autres rassemblements ont lieu les 1er, 14 et 15 octobre devant le ministère des Affaires étrangères et la base de logistique de l'ONU. Les manifestants ont dénoncé le renouvellement annuel de la Mission des Nations unies pour la stabilisation en Haïti (MINUSTAH), qui est présente depuis le renversement du président Jean-Bertrand Aristide en 2004. La force est composée de presque 12 000 soldats armés. Son budget annuel est de 380 millions $. « Les troupes de la MINUSTAH ont été accusées de meurtres, d'arrestations arbitraires et de violations des droits humains. Elles sont soupçonnées de la mort par pendaison d'un jeune homme, Gérald Jean Gilles, dans la cour d'une base de la MINUSTAH à Cap-Haïtien le 17 août. Le personnel de la MINUSTAH prétend que le jeune s'est tué lui-même, un fait contesté par sa famille et ses amis.

« Les militants interrogés disent que leur appel pour le départ de la MINUSTAH est basé sur la violence utilisée par cette force armée, son inefficacité dans l'accomplissement de sa mission, le gaspillage d'argent et la nature non démocratique et coloniale de l'opération dans un pays souverain. »

Le 24 octobre, l'Office des Nations unies pour la coordination des affaires humanitaires (OCHA) a signalé qu'en ce qui a trait au développement de l'épidémie de choléra, il y eu 254 morts et 3 015 cas de choléra déclarés. Le choléra est causé par une infection aiguë de l'intestin grêle par la bactérie du choléra, donnant lieu à des vomissements et la diarrhée, pouvant entraîner une déshydratation grave et la mort si le traitement nécessaire n'est pas administré. Le choléra survient dans des situations où il n'y a pas d'eau potable ou d'installations sanitaires de base, une situation imposée à quelque 1,5 millions d'Haïtiens qui sont toujours sans abri et ont été contraints de vivre dans des camps de réfugiés de fortune pour plus de 9 mois. Le rapport de l'OCHA indique que divers efforts sont en cours afin d'atténuer et de contenir la crise :

« - Le président René Préval et de plusieurs ministres se sont rendus à St-Marc, où une table ronde a eu lieu avec les autorités locales pour discuter de la meilleure façon de répondre à la crise.

« - Aujourd'hui, le nombre de morts a augmenté de 45 tandis que le nombre de cas est passé de 369 dans l'Artibonite et les départements du Centre et de l'Ouest.

« - Le Programme alimentaire mondial (PAM) a commencé la distribution de 9 000 repas prêts-à-manger ainsi que des biscuits énergétiques à l'hôpital Saint-Nicolas à Saint-Marc.

« - L'augmentation des cas a tendance à ralentir néanmoins l'Organisation des Nations unies en Haïti se prépare à répondre à un plus grand nombre de cas à travers le pays afin d'appuyer le gouvernement.

« - Les efforts de secours continuent en même temps que le gouvernement, la MINUSTAH, les agences onusiennes et les ONG continuent de fournir de l'aide dans un nombre croissant de sites.

« - Les Nations unies en Haïti à l'appui du gouvernement se prépare à répondre à un plus grand nombre de cas à travers le pays. Le taux selon lequel le nombre de cas confirmés est signalé, demeure inférieur à celui qui s'est produit dans les premiers jours de l'épidémie.

« - Le gouvernement d'Haïti, les Nations unies, les partenaires humanitaires font tout ce qu'ils peuvent pour ralentir la propagation de cette maladie mortelle, alors même qu'ils se préparent pour le pire scénario qui est un épidémie à l'échelle nationale. »

Le 19 octobre, Walter Kaelin, représentant du secrétaire général de l'ONU sur les droits de l'homme des personnes déplacées, a dit de la situation en Haïti : « Neuf mois après le tremblement de terre, Haïti vit toujours une profonde crise humanitaire qui touche les droits humains des personnes déplacées par la catastrophe.

« Selon les estimations, 1,3 million de personnes – soit des personnes qui ont perdu leur logement lors du séisme, rejoints par d'autres qui ont fui l'extrême pauvreté aggravée par le séisme du 12 janvier – vivent dans des "camps" de fortune à et autour de Port-au-Prince . En visitant quelques-unes des zones de la capitale abritant les pires taudis, j'en ai aussi rencontré beaucoup d'autres en dehors des camps dont le sort a été moins visible, mais non moins grave. »

« Les gens dans les camps ont des besoins spécifiques, notamment en ce qui a trait au logement, qui doivent être résolus au niveau de chaque camp », a déclaré Kaelin, qui demande un changement d'orientation des opérations humanitaires. « Cependant, d'autres besoins urgents tels que l'accès aux services de santé, l'eau, l'assainissement et l'éducation qui sont absents non seulement parmi la population des camps mais aussi parmi les pauvres d'Haïti, doivent être satisfaits par une approche de quartier. De cette façon, toute la population touchée a l'égalité d'accès en conformité avec les besoins et les gens ne sont pas forcés de se retrouver dans des camps de fortune. » Il a appelé à une plus grande urgence dans le processus de reconstruction.

Selon une nouvelle étude préparée par le professeur Mark Schuller de la City University de New-York, 40 % des camps n'ont pas d'eau, 30 % n'ont pas de toilettes et seulement 20 % ont accès à l'éducation, les soins médicaux ou un soutien psychologique. Il y a aussi le chômage quasi-total et l'aide alimentaire qui a été suspendue depuis avril.

Alors que l'aide inconditionnelle de pays tels que Cuba a été immédiate et se poursuit, Bill Quigley, dans un article récemment paru dans le Huffington Post, a noté : « Pas un seul centime de l'aide promise par les États-Unis pour la reconstruction est arrivé en Haïti. Dans les derniers jours, les États-Unis se sont engagés à avancer 10 % des milliards $ promis en aide à la reconstruction. Seulement 15 % de l'aide promise par les pays et les organisations du monde entier a atteint le pays jusqu'à présent. »

Pendant ce temps, le Bureau des avocats internationaux (BAI), un cabinet d'avocats dévoués à la défense des droits humains en Haïti, a exprimé sa « consternation face à l'indifférence et la passivité des autorités haïtiennes, malgré l'aggravation de la situation des personnes déplacées ou sans abri, neuf mois après le séisme du 12 janvier 2010.

« Les quelque 1,5 million d'habitants déplacés depuis le tremblement de terre – plus d'un cinquième de la population – continueront d'être exposés à des risques, des incertitudes, des menaces d'expulsion, d'extorsion, de crimes divers, y compris la violence sexuelle et les épidémies, les empêchant de pouvoir mener une vie sociale normale. »

(OHCA, UNHCR, Huffington Post, Common Dreams)

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