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Non aux pensions et conditions
de travail à deux vitesses!
- Entrevue: Dominic Lemieux,
président du Comité des jeunes de la FTQ -
Le comité des jeunes de la FTQ s'est réuni
pendant la semaine du 19 septembre pour se préparer pour le
Congrès de la FTQ qui aura lieu du 29 novembre au
3 décembre à Montréal. Le comité a
décidé entre autres choses d'intensifier son travail
contre l'imposition de régimes à deux vitesses dans les
conditions de travail,
pensions et avantages sociaux à la retraite qui sont introduits
sous toutes sortes de prétextes arbitraires et notamment sur la
base de l'âge. C'est une des contributions que les jeunes
travailleurs comptent faire au Congrès de la FTQ afin que les
syndicats mettent tout leur poids dans la solution de ce
problème.
LML : Comment le
Comité des jeunes voit-il cette question de l'opposition aux
régimes à deux vitesse dans les conditions de travail,
pensions et avantages sociaux à la retraite ?
Dominic Lemieux : Cela fait des
années que nous nous battons là-dessus et nous voulons
utiliser l'occasion du
Congrès de la FTQ pour développer ce combat. Des
conditions de travail à deux vitesses sur la base de l'âge
ou sur toute autre base sont quelque chose d'injuste. C'est hypocrite
aussi parce qu'on prend des décisions sur les conditions de
travail de gens qui ne sont pas encore dans les places de
travail et n'y ont donc aucune voix. Ils sont les futurs
engagés. Ils n'ont pas de voix dans les décisions qui
sont prises et qui les excluent des fonds de pension à
prestations
déterminées et les placent sur les fonds de pension
à cotisations déterminées, qui sont bien
inférieurs, ou encore réduisent ou même
éliminent leurs avantages sociaux à la retraite.
On décide à leur place que leur salaire au moment de
l'engagement sera inférieur à ce qu'il est actuellement
pour les nouveaux engagés.
Cela
nuit
beaucoup à la solidarité syndicale que d'avoir des
travailleurs qui font le même travail,
côte-à-côte, et ont des conditions de travail
différentes. Cela se produit surtout dans le secteur
manufacturier traditionnel, chez de gros employeurs comme Vale ou dans
le secteur automobile. Dans le secteur des services, les fonds de
pension à
prestations déterminées sont déjà rares
alors la question ne se pose pas de la même manière. Je
pense que la société fait face à deux
options : ou bien nous nous battons pour conserver ce que nous
avons et pour protéger les générations futures ou
nous jetons la serviette.
Nous menons notre travail à divers niveaux. Au
niveau des lois du travail, par exemple. Nous demandons un resserrement
des clauses anti-discrimination de la Loi sur les normes du
travail. La loi s'oppose à la discrimination sur des choses
de base comme les congés payés et les paies de vacances
et aussi dans une certaine mesure
sur les salaires en interdisant notamment à un employeur de
payer un employé à un salaire moindre pour le même
travail dans une même place de travail sous prétexte qu'il
fait moins d'heures par semaine. Nous voulons renforcer et
étendre l'application des clauses anti-discrimination aux
pensions à deux vitesses et à d'autres questions
également.
Nous voulons accentuer la pression sur tous les politiciens pour que la
loi soit renforcée dans son opposition aux conditions à
deux vitesses.
Nous menons aussi un travail pour renforcer les clauses
de la Commission des droits de la personne et des droits de la jeunesse
qui interdisent la discrimination sur la base de l'âge ou sur
toute autre base.
Notre travail inclut aussi toute la question de la
précarité de l'emploi, qui constitue aussi de la
discrimination. À Hydro-Québec, par exemple, vous pouvez
avoir travaillé là pendant près de 15 ans et
être toujours à contrat, lequel doit être
renouvelé à chaque année, ce qui fait que vous ne
savez jamais si vous allez travailler d'une année à
l'autre. Pourquoi ne pas créer des emplois permanents ?
Nous devons développer ce combat dans les places
de travail elles-mêmes et surtout dans les endroits
syndiqués. Le contexte économique est très
difficile et il y a beaucoup de pression sur les travailleurs pour
qu'ils fassent des concessions. Nous avons besoin de toute la
solidarité possible entre les travailleurs pour passer à
travers cette période
difficile et défendre notre unité. Il y a tellement de
temps qui est perdu à la table de négociations à
discuter de ces questions, à chercher à défaire
ces tentatives de diviser les travailleurs avec des conditions de
travail à deux vitesses. Les jeunes travailleurs disent
déjà à leurs collègues et à leur
syndicat que ça n'a pas de sens d'avoir des conditions
de travail inférieures pour un même travail. Cela va
créer une situation où dans 10-15 ans ces jeunes
travailleurs, qui seront alors la majorité dans les places de
travail, vont se demander pourquoi ils devraient se battre pour
maintenir l'indexation des pensions des retraités si ces
retraités ont accepté des conditions de travail
inférieures pour les
nouveaux engagés quand ils travaillaient.
C'est notre solidarité qui est en jeu. Si un
président de syndicat a de meilleures conditions de travail que
ses membres, est-ce qu'ils vont aller en grève tous ensemble
côte-à-côte ?
Je suis heureux de dire que la direction de la FTQ se
montre très sympathique à notre travail et j'ai bien
hâte au Congrès.

Secteur minier
Les travailleurs de Voisey's
Bay rejettent le diktat arrogant de Vale
- Steve Rutchinski -
Les 133 membres de la section 9508 du Syndicat
des métallos à Voisey's Bay en sont maintenant à
leur 15e mois de grève contre les demandes scandaleuses de Vale.
L'entreprise leur demande encore plus de concessions qu'elle n'en a
demandées à ses travailleurs de Sudbury et Port Colborne.
Vale a rompu pour une nouvelle fois
les négociations avec les travailleurs de Voisey's Bay le jour
même où Exportation et développement Canada a
annoncé un prêt d'un milliard de dollars à Vale
dont un montant de 250 millions $ pour la construction d'une usine
de haute technologie de traitement du nickel dans le sud de
Terre-Neuve. Vale a quitté la table de négociations avec
arrogance, escomptant bien que les travailleurs allaient accepter de
voter sur une autre offre humiliante.
Comme les travailleurs sont amenés aux
installations de Voisey's Bay par avion, le syndicat a
décidé de tenir des assemblées dans diverses
localités de la province pour informer ses membres de l'offre
que Vale avait sur la table lorsqu'elle a rompu les
négociations. Il n'a pas fallu plus d'une ou deux
assemblées pour réaliser que les travailleurs
allaient fermement rejeter l'offre de Vale et ses demandes de
concessions.
Mises à part les concessions sur les primes sur
le nickel qui sont encore plus coûteuses que celles
arrachées à ses autres travailleurs, il y aussi des
questions en litige concernant la durée de la convention
collective, les primes reliées aux quarts de travail, le temps
supplémentaire et le paiement des heures de libération
syndicale.
Le représentant des métallos Boyd Bussey a
expliqué « que dans le but de conclure une entente
nous avons accepté la même prime sur le nickel que Vale a
obtenue à Sudbury » mais Vale a refusé. Bussey
a également expliqué que les travailleurs qui sont
amenés par avion à la mine de Voisey's Bay y restent deux
semaines et ont
deux semaines de congé. Ils travaillent 14 quarts de
travail de 12 heures en ligne soit 168 heures. Ils ne sont
pas payés en temps supplémentaire et ne reçoivent
aucune prime relative à leur type de quart de travail.
En ce qui concerne les montants payés pour
libération syndicale, dans la plupart des mines au Canada des
travailleurs sont dégagés à temps plein comme
représentants en santé-sécurité et sont
payés par l'entreprise. Ça n'est pas le cas à
Voisey's Bay. Les représentants et officiers syndicaux y font
leurs quarts de travail de 12 heures et
ils sont censés faire leur travail syndical après leur
quart de travail ou pendant leurs deux semaines de congé.
Le président de la section 9508 Dave Cove a
dit que la seule nouvelle proposition que Vale a déposée
lors de la dernière ronde de négociations concernait un
protocole de retour au travail étalé sur sept semaines.
« Si nous avions accepté cela aujourd'hui, a-t-il
dit, il y a des travailleurs qui auraient reçu leur premier
chèque de paie
à la mi-janvier. » Ce protocole prévoit
également que les travailleurs devraient travailler
côte-à-côte avec les scabs une fois la grève
terminée. « Nous forcer de travailler
côte-à-côte avec les scabs, a dit Cove, va
créer une situation volatile et dangereuse. »
Les conditions à Voisey's Bay sont telles qu'au
mois d'août, 117 travailleurs syndiqués à
l'emploi de sous-traitants qui s'y occupent de sécurité
et d'entretien et fournissent des services de traiteur ont fait un
refus de travail à cause de conditions non sécuritaires
et nocives pour la santé à la mine. Avec l'arrogance qui
est devenue sa marque
de commerce, Vale a intenté une autre poursuite en dommages au
civil contre la section 9508 du Syndicat des métallos,
l'accusant « de s'ingérer » dans ses
contrats de sous-traitance et d'inciter à la grève
illégale.

Secteur automobile
Les TCA intensifient leur lutte
contre les concessions
- Entrevue: Gerry Farnham,
président de la section 195 des Travailleurs canadiens de
l'automobile (TCA), secteur des pièces,
Windsor-Essex
Hier le
27 octobre, les TCA organisaient une journée d'action
devant leurs endroits de travail à l'heure du dîner dans
le sud de l'Ontario. Ils visent par là à
intensifier leur lutte contre les demandes de concessions de la part
des monopoles de l'automobile et à renforcer leur
résistance collective face à ces demandes. Ils ont mis
de l'avant les revendications suivantes pour la journée :
pas de coupures de salaires ; pas de coupures dans les
pensions ; pas de conditions de travail à
deux vitesses ; défendons nos emplois et résistons
aux demandes de concessions des employeurs.
Nous reproduisons une entrevue avec Gerry Farnham qui
est le président de la section 195 des TCA dans la
région de Windsor-Essex.
LML : Les travailleurs
tiennent leur journée d'action du 27 octobre pour
intensifier la lutte contre les demandes de
concessions des monopoles de l'automobile dans le secteur des
pièces. Pouvez-nous en dire plus au sujet de ces
concessions ?
Gerry Farnham : Les concessions
appartiennent à trois catégories : les salaires, les
pensions et avantages sociaux et les conditions de
travail à deux vitesses.
Les demandes de coupures de salaires sont
énormes, de 27 $ à 14 $ de l'heure dans
certains cas ou encore de 26 $ à 20 $. C'est une
descente en spirale qui n'a pas de fin. On nous demande d'abaisser
drastiquement les salaires dans les usines de pièces alors qu'au
même moment les travailleurs du secteur
qui ont été mis à pied en 2008-2009 se
trouvent principalement des emplois à temps partiel et parfois
au salaire minimum qui est de 10,25 $ en Ontario. Les
TCA estiment qu'entre l'automne 2008 et le printemps 2009, plus de
21 000 travailleurs du secteur des pièces automobiles
à travers le Canada ont perdu leur
emploi soit un travailleur sur quatre. Ne nous méprenons pas non
plus. Les demandes de coupures de salaires ne sont pas faites
uniquement à notre secteur ou uniquement à
des secteurs spécifiques. On m'a même demandé
récemment à une émission de radio ce que
j'entendais faire pour convaincre Dalton McGuinty, le premier ministre
de
l'Ontario, de réduire le salaire minimum pour le rendre plus
concurrentiel avec celui des États-Unis ! ! ! On
est en train de pousser les travailleurs vers
une situation où ils vont gagner juste un peu plus que ce qu'on
reçoit sur l'aide sociale. Nous avons maintenant des
travailleurs qui doivent faire un choix entre mettre de la
nourriture sur la table et inscrire leurs jeunes dans des
activités sportives !
Les concessions sont également énormes en
ce qui concerne les pensions et avantages sociaux. Une des concessions
par exemple c'est de transformer les fonds de
pension à prestations déterminées en fonds
à cotisations déterminées. Dans certains cas ce
sont tous les travailleurs qui sont visés et doivent changer de
fonds de pension et
dans d'autres cas les travailleurs actuels restent sur le fonds
à prestations déterminées et ce sont les nouveaux
engagés qui doivent se placer sous un fonds à cotisations
déterminées. Les concessions sur les avantages sociaux,
qui concernent autant les travailleurs actifs que les retraités,
comprennent des choses comme les prestations pour
maladies causées par des accidents et les régimes
dentaires.
Les demandes de conditions de travail à deux
vitesses sont aussi très vastes et touchent entre autres les
pensions, les avantages sociaux et les salaires. Comme je viens
de le dire, les employeurs nous demandent de placer les nouveaux
engagés sur les fonds de pension à cotisations
déterminées. Sur la question des salaires, on veut nous
faire accepter un salaire à l'engagement des nouveaux
travailleurs qui est très inférieur à ce qu'il est
actuellement, et des niveaux de salaires à chaque niveau pour
les
nouveaux engagés qui sont inférieurs aux niveaux
correspondants actuels ; si cela passe, les nouveaux travailleurs
ne rejoindront jamais les autres du point de vue
salaires peu importe le nombre d'années qu'ils travaillent.
C'est une attaque contre les salaires évidemment. mais
également contre les syndicats car on ne peut pas justifier
dans un même syndicat d'avoir des travailleurs qui travaillent
côte-à-côte et font le même travail tout en
ayant des conditions de travail différentes.
Nous voyons bien que les entreprises utilisent le
contexte économique pour demander un abaissement permanent de
toutes les conditions de travail et du niveau de vie
au sein du secteur et dans la société en
général et nous n'allons pas accepter cela. Vous pouvez
vous imaginer l'impact que cela produit dans l'économie locale
quand les
travailleurs s'appauvrissent, ce qui est déjà le cas en
ce moment. En tant que syndicat nous avons accepté d'aider les
employeurs au moment fort de la récession tant dans
l'assemblage que dans le secteur des pièces mais ils nous en
demandent encore plus alors que le secteur automobile vit une lente
reprise. Il y a des entreprises qui ont fait
des centaines de millions en profits l'an dernier et elles nous
demandent quand même d'énormes concessions. C'est pourquoi
un de nos slogans est : « Assez,
c'est assez ! ».
Le 27 octobre nous tenons des rassemblements devant
les usines de pièces automobiles pour faire entendre notre
message et appuyer les travailleurs du secteur
et surtout leur faire savoir que nous n'allons pas les laisser à
eux-mêmes face à ces attaques. Nous avons également
distribué des tracts aux travailleurs d'usines non
syndiqués pour leur expliquer le sens de notre action. Le
27 octobre, nous allons également présenter les
demandes des TCA pour un commerce équitable et non le
libre-échange et pour un nouveau Pacte de l'automobile qui soit
un avantage pour le Canada parce que c'est évident que les
concessions salariales et autres n'ont rien à voir
avec la solution des problèmes de l'industrie.

Navistar fait du chantage contre
les travailleurs et la communauté
- Pierre Chénier -
Manifestation des
travailleurs de Navistar devant le conseil municipal de Chatham-Kent le
28 juin 2010 (TCA)
Les travailleurs de l'usine de camions de Navistar
International à Chatham ont maintenant été mis
à pied depuis le 30 juin dernier, soit le jour même
où leur
convention collective a pris fin. Les travailleurs ont proposé
de reporter l'échéance de la fin du contrat afin de se
donner la possibilité de négocier une convention sans
grève ou lockout mais Navistar a tout de suite mis à
pied tous les travailleurs de la production et les employés de
bureaux. Les travailleurs et la population de la
municipalité de Chatham-Kent demandent au monopole
américain de réouvrir immédiatement l'usine de
camions de Chatham et de retirer ses demandes de concessions.
La fermeture de l'usine de camions a causé une
situation des plus difficiles non seulement pour les travailleurs de
Navistar mais pour ceux de la municipalité toute
entière car la fermeture de l'usine a entraîné la
fermeture ou la faillite d'usines de pièces. Le syndicat
rapporte qu'un certain nombre de travailleurs de Navistar doivent
maintenant avoir recours aux banques alimentaires et la
municipalité rapporte que le nombre de gens sur l'aide sociale a
augmenté. Chatham-Kent fait partie de la région
économique de Windsor-Sarnia laquelle a le taux de chômage
le plus élevé des 11 régions
économiques de l'Ontario. Le taux de chômage officiel de
la région est de
plus de 11 % tandis qu'il est d'environ 9 % en moyenne dans
les régions mais bien sûr le taux de chômage
réel est bien plus élevé que cela dans les deux
cas.
La région est en train de perdre rapidement son secteur
manufacturier ce qui cause une sérieuse
détérioration des niveaux de vie de la population et
beaucoup d'insécurité.
Voilà plus de 15 mois que les travailleurs
de Navistar s'opposent courageusement aux concessions. L'étendue
de ces concessions est sans précédent et celles-ci
menacent l'existence même du syndicat et de l'usine d'assemblage
de camions. Navistar employait plus de 2 000 travailleurs dans les
années 1990 et ce nombre est
tombé à environ 1 000 en 2007. Lorsque la convention
collective est arrivée à échéance à
la fin-juin 2009, il ne restait plus qu'environ 350 travailleurs dans
l'usine et tous
les autres avaient été mis à pied. Navistar a
tout de même demandé des concessions qui auraient
réduit le nombre de travailleurs de l'unité de
négociations à juste un peu
plus de 100, qui déménageraient une large part de la
production vers les États-Unis et le Mexique et permettraient
à des travailleurs à contrat de faire le travail des
travailleurs de l'unité syndicale. Selon les travailleurs,
accepter ces concessions
signerait vraisemblablement l'arrêt de mort de l'usine à
plus ou moins long terme. La direction de Navistar affirme vouloir
négocier mais ce sont en réalité les conditions de
la fermeture qu'elle demande aux travailleurs de
« négocier » tout en les laissant à
la rue.
Les travailleurs demandent aux gouvernements
fédéral et ontarien de faire pression sur Navistar pour
qu'elle redémarre l'usine et ils leur demandent aussi de
défendre
le secteur manufacturier qui perd un très grand nombre
d'emplois. Ils mentionnent que Navistar a reçu plus de 60
millions $ en subventions des deux paliers de
gouvernement en 2005 et plus de 40 millions $ en concessions
de la part des travailleurs au fil des années. Les travailleurs
demandent avec raison qu'on ne
permette pas à Navistar de s'enfuir avec l'argent que
l'entreprise a reçu du trésor public.
Navistar ne se reconnaît aucune
responsabilité sociale envers les travailleurs et la
municipalité tandis que les gouvernements refusent d'aller
au-delà de leur rengaine
impuissante à l'effet qu'ils ne peuvent pas s'ingérer
dans les négociations et qu'ils regrettent que
« Navistar ait eu à prendre cette
décision ». Cela fait
maintenant plus de 15 mois que les travailleurs et la
communauté sont privés d'un énorme montant de
richesse sociale et que l'économie locale se fait attaquer mais
les gouvernements persistent à prétendre que tout cela
relève d'une « affaire commerciale du domaine
privé ».
Tous les travailleurs doivent se prononcer et exiger que
Navistar cesse son chantage immédiatement et que ce monopole
américain retire tout de suite ses demandes de
concessions anti-ouvrières.

Au sujet de la situation à Navistar à
Chattam
- Entrevue: Cathy Wiebenga,
déléguée des TCA
à Navistar, membre de la section locale 127-
LML : Quels sont
les derniers développements à Navistar ?
Cathy Wiebenga : L'usine est maintenant
fermée depuis le 30 juin 2009. C'est une très longue
période d'attente pour les quelque 900 travailleurs
de la production et 90 employés de bureau qui ont
été mis à pied sans date de rappel. Nous avons
deux sections locales des Travailleurs canadiens de l'automobile (TCA)
dans la place. La section 127 représente les travailleurs
de la production et la section 35 représente les
employés de bureau.
Le 19 août, nous avons rencontré la
compagnie pour explorer les avenues possibles et voir ce qui pouvait
être fait pour l'usine d'assemblage de Chatham.
Depuis que nous avons été mis à pied à la
fin de juin 2009, il n'y a eu que très peu de progrès en
ce qui concerne la signature d'une convention collective qui soit
viable.
Notre convention collective s'est terminée le jour même
où nous avons tous été mis à pied. Cette
mise à pied en soi représente une violation des ententes
que l'entreprise
a signées dans le passé avec les gouvernements
fédéral et ontarien. Ces ententes comprenaient un niveau
donné de sécurité d'emploi pour nos travailleurs
jusqu'en 2013.
Comme aucun de nous ne travaille en ce moment, il est clair que
Navistar ne respecte pas les ententes.
Notre lutte fait partie de la lutte pour défendre
les emplois manufacturiers. Nous demandons aux gouvernements d'adopter
une politique d'achats selon laquelle si vous
voulez vendre un produit en Ontario ou au Canada vous devez
également produire quelque chose en Ontario ou au Canada. Cela
ne vaut pas seulement pour la production
de camions mais pour tout le secteur manufacturier.
Nous avons organisé plusieurs actions et
notamment des présentations aux politiciens. Nous sommes
allés au Conseil de Ville cet été pour y demander
de l'appui pour
garder ouverte l'usine de Chatham. Nous avons contacté
l'entreprise pour explorer les avenues possibles. Navistar est au
courant que nous attendons une réponse de sa
part.
Navistar produit des camions à Chatham depuis
près de 60 ans. Mis à part les emplois directs, il y a un
grand nombre d'emplois indirects qui sont en jeu. Il y a
plusieurs usines de pièces et de services de logistique qui sont
fermées depuis que nous avons été mis à
pied comme Penske, Southwest Warehousing et WPP qui nos
fournissait des châssis et l'usine de pièces Findlay a
fait banqueroute. Tout cela est directement relié à la
fermeture de l'usine de camions. Cette fermeture an un impact
énorme sur toute la municipalité.
Les emplois manufacturiers, ceux qui sont
syndiqués comme ceux qui ne le sont pas, sont très
importants pour la communauté. Une grande partie des gens de la
communauté sont impliqués dans ce genre de travail. Nous
demandons à nos gouvernements d'adopter des politiques qui
protègent ces emplois. La situation que nous vivons
affecte toutes les entreprises dans notre communauté. Tout le
monde est affecté.
Nous ne pouvons pas accepter les demandes de concessions
de l'employeur. Il nous demande par exemple de céder une partie
de nos emplois à des travailleurs de
l'extérieur de l'usine. C'est une attaque contre notre syndicat.
Mais ce ne sont pas seulement les travailleurs syndiqués qui
sont visés. Tous les travailleurs le sont. Les
attaques contre les travailleurs qui sont organisés atteignent
aussi ceux qui ne le sont pas. C'est une attaque générale
contre les travailleurs du secteur manufacturier et tous
sont affectés.

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