Le Marxiste-Léniniste

Numéro 167 - 27 octobre 2010

Secteur de l'acier

L'aciérie de Hamilton doit continuer de produire!

L'aciérie de Hamilton doit continuer de produire!
Qui en position d'autorité va défendre les travailleurs et le Canada?
Les criminels reviennent sur les lieux du crime

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Secteur de l'acier

L'aciérie de Hamilton doit continuer de produire !

Le 20 octobre, le ministre du Travail de l'Ontario a émis un rapport « no-board » dans les négociations entre US Steel et la section locale 1005 du syndicat des Métallos. Le dépôt d'un rapport « no-board » signifie que dans 14 jours les parties sont en position légale de déclencher la grève ou de décréter un lockout. Le blocage est dû au refus de US Steel de négocier de bonne foi avec le syndicat mais le jugement du ministère signifie que la compagnie est maintenant « libre » de mettre les travailleurs en lockout le 6 novembre.

Deux conventions collectives se sont terminées depuis que US Steel a acquis Stelco : la convention de Lake Erie Works qui s'est échue le 31 juillet 2009 et celle de Hamilton Works, où les travailleurs sont représentés par la section locale 1005, échue le 31 juillet 2010. Les événements qui ont entouré l'échéance de ces deux conventions sont identiques à une chose près.

US Steel a demandé des concessions dans les deux cas pour réduire les réclamations des travailleurs à ce qu'ils produisent et créer une atmosphère d'intimidation et de dictature suivant le principe de la loi du plus fort. Avec son arrogance de superpuissance américaine, le monopole a stoppé la production pour accroître la pression sur les travailleurs de l'aciérie et sur le Canada en général. Refusant de négocier de bonne foi ou même d'aborder le sujet avec les représentants des métallos, US Steel exige l'acceptation pure et simple de sa liste de concessions sinon l'arrêt de production deviendra un lockout. Pour tenter de créer une atmosphère de panique parmi les travailleurs actifs et à la retraite, le monopole américain a poussé le conciliateur à présenter ce rapport « no board » pour initier un compte à rebours à la George Bush menant à l'agression par le lockout. Les travailleurs de la section 8782 à Lake Erie Works ont tenu bon pendant huit mois de lockout avant d'accepter les concessions.

À Hamilton Works, US Steel a présenté sa liste de concessions, cessé la production pour la deuxième fois en deux ans et demandé un rapport « no board » afin de commencer le compte à rebours menant à un lockout pour forcer l'acceptation des concessions, mais dans ce cas-ci sans aucune garantie que la production va reprendre. Il est clair maintenant que US Steel a l'intention de détruire le fonds de pension dont dépendent près de 10 000 retraités et 900 travailleurs actifs de Hamilton Works.

En refusant de négocier, US Steel a inventé de toutes pièces un « conflit de travail ». Il crée ainsi les conditions pour fermer l'usine de Hamilton et abandonner le fonds de pension qui est en ce moment financé à seulement 60 cents sur le dollar. Tout indique que c'est le cas : l'usine n'est pas utilisée à capacité, c'est la deuxième fermeture en deux ans, la compagnie refuse de négocier de bonne foi, un « conflit de travail » est inventé pour justifier un lockout et les représentants du monopole parlent constamment de l'aciérie de Hamilton comme d'un simple producteur de tranches d'acier alors qu'en réalité elle est équipée pour produire davantage de valeur avec notamment une ligne de laminage à froid et une ligne Z. La production de tranches d'acier est elle-même très profitable si elle est faite à un rythme normal, ce qui ne s'est pas produit depuis que US Steel s'est emparé de Stelco. Les agissements du monopole américain montrent qu'il veut détruire la capacité productive de Hamilton Works afin de concentrer la production aux États-Unis et abdiquer ses responsabilités envers les moyens de subsistance, les pensions et les avantages sociaux des métallos de Hamilton et le bien-être de la population locale. Cela ne doit pas passer ! Le bien-être et la dignité des travailleurs canadiens de même que la survie du pays en tant que nation souveraine indépendante sont en jeu !

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Qui en position d'autorité va défendre
les travailleurs et le Canada?

En fermant les hauts fourneaux de Hamilton Works, US Steel s'est attaquée à la communauté de Hamilton, à l'économie canadienne et aux travailleurs de Stelco. Selon ce que les médias de Hamilton rapportent, le ministre canadien de l'Industrie Tony Clement aurait dit : « Le gouvernement canadien ne peut rien faire... Le producteur d'acier de Pittsburgh est libre de faire ce qu'il veut... Il peut prendre ses décisions, bonnes, mauvaises ou sans conséquences, quand il le veut et selon son propre sens de ses responsabilités. »

Nous vivons dans un État souverain appelé Canada. La première responsabilité de cet État est de défendre sa population et il en a l'autorité. Le gouvernement fédéral est une institution importante au sein de l'État canadien. Que faut-il penser quand les gens en position d'autorité au sein de l'État, comme un ministre dans le gouvernement fédéral, disent qu'ils ne peuvent rien faire pour défendre les Canadiens qui sont attaqués par un monopole étranger ? Plusieurs diront que le gouvernement manque à sa responsabilité première qui est de protéger les citoyens et a abdiqué son autorité souveraine.

Le ministre de l'Industrie se moque du devoir premier d'un État et nie l'autorité souveraine de cet État à l'intérieur des frontières du Canada. Selon Clement, cette puissance étrangère appelée US Steel est libre de faire ce qu'elle veut aux Canadiens et il ajoute même avec un haussement d'épaules que cela pourrait bien être « bon, mauvais ou sans conséquences ». Il semble que selon le ministre, la responsabilité première de l'État n'est pas de défendre les Canadiens mais les actions et les intérêts étroits d'un monopole étranger, lesquels vont manifestement à l'encontre de nos intérêts.

La position et les actions du gouvernement Harper montrent non seulement qu'il n'est pas apte à gouverner mais aussi qu'une institution importante de l'État canadien agit au nom d'une puissance étrangère et refuse d'utiliser son autorité souveraine pour défendre son peuple.

Les attaques incessantes de US Steel contre l'industrie canadienne de l'acier depuis qu'il s'est emparé de Stelco en 2007 sont un des exemples d'assauts des monopoles internationaux contre la base manufacturière, la souveraineté et le tissu social du Canada. Aucune institution de l'État, à part certains conseils municipaux, n'a encore eu le courage d'utiliser son autorité pour défendre le Canada, son peuple, son économie et son mode de vie face à la mondialisation néolibérale. Presque toutes les institutions politiques, de même que les tribunaux, la police, les forces armées et les experts académiques sont demeurés indifférents ou passifs face à l'assaut de ces monopoles internationaux ou ont utilisé leur autorité pour appuyer ces attaques contre les Canadiens.

L'État a laissé les collectifs et les individus du Canada à eux-mêmes pour se défendre du mieux qu'ils peuvent dans un conflit inégal. Non seulement l'État canadien n'est-il pas intervenu du côté du peuple et de l'économie du Canada mais il a pris activement partie en faveur des agresseurs par des jugements en cour et des lois comme l'ALENA qui, selon Tony Clement, défendent la liberté des monopoles de faire ce qu'ils veulent selon leurs intérêts étroits. Les monopoles internationaux comme US Steel, Vale, Xstrata. Nortel, AbitibiBowater, Shell et d'autres se sont montrés totalement indifférents au sort des Canadiens. Ce ministre du cabinet Harper a cru bon d'ajouter l'injure à l'outrage en applaudissant les attaques de US Steel contre les Canadiens comme un exemple positif de la liberté des monopoles d'agir comme ils le veulent.

C'est en s'unissant et en défendant leurs intérêts et leurs droits contre les attaques des monopoles internationaux et les gouvernements à leur service et en développant de nouvelles formes de résistance que les travailleurs pourront répondre à la question : Qui en position d'autorité va défendre les travailleurs ?

Unissons-nous pour faire échec à l'affirmation traîtresse de Clement selon laquelle « le producteur d'acier de Pittsburgh est libre de faire ce qu'il veut  ».

Unissons-nous pour priver US Steel de la « liberté » de s'attaquer au bien-être et aux droits des Canadiens et pour faire échec à l'acceptation de ces attaques par le gouvernement quisling de Harper !

Appuyons la lutte de la section 1005 du syndicat des Métallos à la défense de son droit et du droit de tous les Canadiens de se défendre contre la destruction causée par les monopoles internationaux et les gouvernements à leur service et de rebâtir leur économie et leur nation sur des bases nouvelles !

L'aciérie de Hamilton doit continuer de produire !

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Les criminels reviennent sur les lieux du crime

La poursuite du gouvernement contre US Steel reprend en Cour fédérale.

Dans le contexte de sa défense contre l'accusation de ne pas avoir apporté d'avantage net au Canada, US Steel a recruté des membres de la bande de criminels qui ont placé Stelco sous la protection de la faillite, l'ont dépouillée de plusieurs de ses composantes essentielles, ont exproprié les détenteurs d'actions et ont préparé la vente de l'entreprise à un monopole international pour un gros coup d'argent. US Steel paie divers éléments de la vieille bande de Stelco pour venir jurer en cour que la prise de contrôle étrangère a apporté un avantage net au Canada même si les faits le démentent.

Deux de ces éléments recrutés par US Steel sont le monopole spécialisé en insolvabilité des entreprises Ernst & Young et l'ex-PDG vendu et quisling de Stelco Courtney Pratt.

Ernst & Young (E&Y) a écrit un rapport intéressé sur sa participation dans le vol légalisé à Stelco sous la Loi sur les arrangements avec les créanciers des compagnies (LACC ) et dans la vente qui a suivi. E&Y a soumis ce document en cour fédérale au nom de US Steel. E&Y est un monopole financier international actif dans 140 pays qui se spécialise dans la réalisation de profits à même les procédures de faillite. Le magazine Forbes estime que E&Y est la quatrième plus grande entreprise privée aux États-Unis.

Courtney Pratt a signé un affidavit qui en essence appuie le rapport de E&Y. Pratt y écrit : « Je connais bien les auteurs du rapport de E&Y. Ernst & Young a été engagé comme moniteur de Stelco pendant les procédures menées selon la LACC. Deux partenaires à la firme, Alex Morrison et Tom Welsh, co-signataires du rapport de E&Y, ont fait une analyse en profondeur de la situation à Stelco afin d'aider Stelco et ses partenaires à conclure les ententes nécessaires au succès de la mise en oeuvre du Plan d'arrangements établi en vertu de la LACC. J' ai travaillé étroitement avec ces deux personnes. »

Des commentateurs indépendants diraient que ce rapport de E&Y, lui-même partie impliquée, rapport qui est recommandé par une autre partie impliquée ayant « travaillé étroitement » avec les auteurs, devrait être rejeté par la cour comme étant intéressé et biaisé ou tout au moins considéré avec un énorme grain de sel. Un rapport signé par ceux qui étaient dans le coup ne manquera pas de cacher que E&Y et les autres parasites ont soutiré à Stelco des centaines de millions de dollars en intérêts et en frais au moment même où tout aurait dû être mis en oeuvre pour renforcer et consolider Stelco de manière soutenue, y réinvestir et pour effectuer d'autres changements dans l'industrie de l'acier afin de la protéger des agresseurs et prédateurs mondiaux. Plusieurs ont été choqués et renversés par les montants incroyables dont se sont emparés pendant les procédures de la LACC les firmes et experts en faillite, les avocats, comptables et soi-disant débiteurs-exploitants. Les métallos n'ont pas mis longtemps avant de qualifier tout ça de vol légalisé.

C'était une conclusion tirée d'avance que le rapport en cour de E&Y allait déclarer que l'arrangement conclu en vertu de la LACC et la vente de Stelco à US Steel étaient la bonne et seule option. E&Y est réputé comme un maître dans le monde quand il s'agit de vider jusqu'à l'os les entreprises et les travailleurs actifs et à la retraite qui sont placés sous la protection de la faillite aux États-Unis et dans le monde et d'effacer ensuite toute trace de crime. Il semble que E&Y et Pratt soient maintenant devenus des informateurs payés prêts à tout pour cacher que la LACC est du vol légalisé et que tous les parasites impliqués dans les procédures de faillite et la vente subséquente de Stelco ont grassement profité de ces procédures et ne veulent pas que la vérité soit dite. La LACC est une arme puissante de l'offensive antisociale, de la destruction de la base manufacturière et de la mondialisation néolibérale. E&Y en particulier s'est enrichi en promouvant le point de vue qu'il n'y a pas d'alternative à la mondialisation néolibérale et Pratt n'est que trop heureux de tremper dans le crime lui aussi. Il écrit ouvertement dans son affidavit qu'en tant que partie impliquée il n'a vu aucune alternative possible au dépouillement et au drainage de la valeur de Stelco pendant la procédure de la faillite de même qu'au nouvel arrangement conclu en vertu de la LACC et à la vente subséquente de Stelco qui a valu à une petite bande de gros riches de Toronto, New York et de Caroline du Nord un coup d'argent de 1 milliard de dollars. Ce coup d'argent n'était possible que par la vente de Stelco à US Steel ou à un autre monopole international et qu'en écartant du revers de la main toute alternative qui aurait servi les Canadiens comme celle présentée par la section locale 1005.

Une alternative prosociale et pro-canadienne est possible !

La ligne politique qui affirme « qu'il n'y a pas d'alternative à la mondialisation néolibérale » est la seule défense réelle qui existe face au chef d'accusation selon lequel la prise de contrôle de Stelco par US Steel et les autres prises de contrôle étrangères des industries canadiennes de base n'apportent ni ne peuvent apporter un avantage net au pays. Selon E&Y et Pratt, la question ne se pose même pas à savoir si ce qui s'est produit après la vente de Stelco a apporté un avantage net ou non au Canada parce qu'il n'y a pas d'alternative. En d'autres mots, les Canadiens ne devraient même pas soulever cette question d'avantage net ou non à moins d'avoir en tête un avantage net pour les monopoles internationaux.

Le seul argument et la seule méthode d'attaque pour défendre US Steel de l'accusation que sa prise de contrôle de Stelco n'a pas apporté d'avantage net au Canada sont « qu'il n'y a pas d'alternative ». En criant « qu'il n'y a pas d'alternative », on nie qu'il existait un arrangement alternatif pour Stelco qui exigeait du gouvernement qu'il représente la volonté politique des Canadiens. Un arrangement alternatif aurait garanti un plancher d'emplois et de production, un niveau d'investissement dans les usines et le respect des obligations sociales de Stelco envers ses employés dans le contexte général de l'édification d'un secteur de l'acier et d'une économie qui subviennent à leurs besoins et jouissent d'un secteur manufacturier vibrant.

Avec le dépouillement de Stelco ramené à deux usines et sa vente à un monopole étranger, un Stelco démuni est devenu une partie d'un monopole international et a joué depuis un rôle d'accessoire à l'intérieur de ce scénario, essentiellement un rôle d'instrument dans les mains de US Steel pour passer à travers la crise économique en fermant ses usines canadiennes et en concentrant la production dans certaines usines aux États-Unis. C'est ce rôle d'accessoire qui selon Pratt a permis aux deux usines de Stelco d'apporter un avantage net à US Steel en permettant d'éliminer des millions de tonnes de production d'acier du marché pendant la crise. C'est aussi une façon pour les monopoles de manipuler les prix, ce qui échappe à peu près complètement au contrôle des Canadiens même dans leur propre pays.

Selon Pratt et Ernst & Young, la sécurité et la survie des travailleurs de l'acier du Canada et du secteur canadien de l'acier, la perte de production au Canada de richesse sociale si nécessaire, perte qui affaiblit l'économie canadienne et le financement des programmes sociaux, tout cela ne compte pas ; seules comptent la sécurité et la survie de US Steel. Pratt et E&Y ne reconnaissent rien d'autre que l'avantage net pour le monopole international parce que selon eux il n'y a pas d'alternative à la mondialisation néolibérale. Le seul avantage net qui soit concevable en est un pour le monopole international puisque selon cette conception, les Canadiens, leurs ressources et leur économie sont des instruments au service des monopoles internationaux. Dans la perspective de l'impérialisme, un avantage net pour le Canada, ça n'existe pas et ça ne peut pas exister.

Pratt écrit que « les entreprises qui ont des branches multiples et peuvent ainsi consolider la production dans certaines de ces branches en période de ralentissement sont plus à même de survivre à long terme. Les usines qui demeurent en opération continuent de générer les liquidités qui permettent de combler les pertes des usines qui sont fermées pendant la période de ralentissement. La capacité de fermer toute ou une partie des usines canadiennes, pendant que les ressources de l'enteprise dans son ensemble sont mobilisées pour assurer leur survie à long terme, est un avantage significatif pour tous les partenaires qui dépendent de l'entreprise canadienne qui opérait dans le passé sous le nom de Stelco ».

C'est vraiment scandaleux comme affirmation ! Comment les parties impliquées au Canada bénéficient-elles de la fermeture de Lake Erie et de Hamilton Works ? Les travailleurs perdent leurs salaires ; les fournisseurs perdent des affaires ; les gouvernements perdent des taxes et doivent verser plus d'argent en assistance au revenu notamment en Assurance-Emploi ; l'économie perd de la valeur ajoutée ; on doit payer un fournisseur étranger pour de l'acier importé ce qui affecte négativement l'équilibre international des paiements du Canada. Qui sont-ils ces Canadiens qui sont avantagés ? Où est-elle cette « survie à long terme qui a été assurée » ? Même si la crise de 2008-2009 est derrière nous, US Steel vient de fermer les hauts fourneaux indéfiniment à Hamilton Works à cause de ce qu'il appelle de « mauvaises conditions sur les marchés ». Les fonds de pension sont toujours menacés et US Steel a même cessé d'assumer son obligation légale d'indexer les pensions au coût de la vie. De 2008 à 2010, US Steel n'a pas manqué une seule seule fois ses paiements en intérêts aux propriétaires de la dette et il a payé des dividendes à chaque trimestre sans parler des millions de dollars qu'il a versés à ses dirigeants exécutifs comme son PDG Surma.

Dans une autre affirmation tout aussi méprisable, Pratt suggère que US Steel a agi par générosité en s'emparant de Stelco : « Je suis persuadé, écrit-il, que sans la vente à US Steel, ces obligations (en pensions et avantages sociaux) » n'auraient pas pu être assumées pleinement parce que l'entreprise n'aurait pas généré suffisamment de liquidités pour les assumer. »

Pratt suggère que US Steel achète des usines et d'autres propriétés par philanthropie et non dans la perspective d'affaires de renforcer son empire. C'est absurde évidemment parce que US Steel n'agit pas par charité pour les autres, surtout les étrangers ; son but est d'édifier son empire et de s'emparer d'autant de valeur que possible produite par les travailleurs partout dans le monde et de l'acheminer vers les États-Unis à titre de tribut. Si pour édifier son empire il faut acquérir des compétiteurs et possiblement détruire leur production, il n'hésitera pas à le faire.

Surma le PDG de US Steel est membre de l'équipe de l'administration Obama chargée d'accroître les exportations américaines; une partie des plans de cette équipe vise à éliminer le secteur manufacturier canadien qui leur fait concurrence, à concentrer cette production aux États-Unis, à utiliser le Canada comme arrière-cour pour y envoyer ses produits manufacturiers et à en tirer des matières premières. Ils viennent de le faire juste sous nos yeux dans la région de Hamilton en fermant John Deere et Siemens et ils s'apprêtent à faire la même chose avec National Steel Car et nombre d'autres.

US Steel n'a pas acheté Stelco sans avoir au préalable étudié en détails ce qu'il s'apprêtait à acheter et il était très au fait de ses obligations en ce qui concerne les pensions à prestations déterminées. US Steel contrôle et administre ses propres fonds de pension à prestations déterminées auxquels souscrivent un grand nombre de ses employés américains et il sait très bien ce que ces fonds de pension impliquent. L'arrangement conclu en vertu de la LACC prévoyait très précisément les montants annuels requis par ces fonds et les chiffres étaient valables en toutes circonstances. Lors du début de ses négociations avec la section 1005 au printemps dernier, le négociateur en chef de US Steel a dit que les obligations envers les pensions « ne causeraient aucun problème » à condition qu'on en arrive à une entente de comptabilité similaire à celle qui existe aux États-Unis. La section 1005 a répondu que dans un esprit de négociations de bonne foi elle était prête à considérer une proposition de comptabilité conjointe qui serait acceptable pour US Steel et à la faire approuver par le gouvernement ontarien. US Steel n'a jamais même daigné répondre à cette offre qui visait pourtant à assurer des paiements « sans problèmes » dans les pensions et il refuse depuis le 7 juillet de parler avec la section locale sans parler de négocier de bonne foi.

La classe ouvrière a bien gravée dans sa mémoire le vol légalisé qui a été perpétré lors de la fraude de la faillite de Stelco et sa vente subséquente à US Steel. E&Y de même que Pratt ont fait partie du problème en bloquant toute alternative au gros coup d'argent et à la capitulation à la mondialisation néolibérale. C'est le comble de l'effronterie de la part de US Steel de ramener ces criminels sur les lieux du crime pur leur faire dire qu'il n'y a pas d'alternative possible à la vente à des monopoles internationaux. La prise de contrôle de Stelco par US Steel n'a pas apporté d'avantage net et il ne pouvait en être autrement parce que tel n'était pas son but, comme l'admet Pratt lui-même de façon scandaleuse.

Combattons pour une alternative !
Bâtissons l'Opposition ouvrière afin de défaire la mondialisation néolibérale !

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