Archives | English
Secteur de l'acier
L'aciérie de Hamilton doit continuer de produire
!
Le 20 octobre, le ministre du Travail de l'Ontario a
émis un rapport « no-board » dans les
négociations entre US Steel et la section locale 1005 du
syndicat des Métallos. Le dépôt d'un rapport
« no-board » signifie que dans 14 jours les
parties sont en position légale de déclencher la
grève ou de décréter un lockout. Le blocage est
dû au refus de
US Steel de négocier de bonne foi avec le syndicat mais le
jugement du ministère signifie que la compagnie est maintenant
« libre » de mettre les travailleurs en lockout
le 6 novembre.
Deux conventions collectives se sont terminées
depuis que US Steel a acquis Stelco : la convention de Lake
Erie Works qui s'est échue le 31 juillet 2009 et celle
de Hamilton Works, où les travailleurs sont
représentés par la section locale 1005, échue le
31 juillet 2010. Les événements qui ont
entouré l'échéance de
ces deux conventions sont identiques à une chose près.
US Steel a demandé des concessions dans les deux
cas pour réduire les réclamations des travailleurs
à ce qu'ils produisent et créer une atmosphère
d'intimidation et de dictature suivant le principe de la loi du plus
fort. Avec son arrogance de superpuissance américaine, le
monopole a stoppé la production pour accroître la pression
sur les
travailleurs de l'aciérie et sur le Canada en
général. Refusant de négocier de bonne foi ou
même d'aborder le sujet avec les représentants des
métallos, US Steel exige l'acceptation pure et simple de sa
liste de concessions sinon l'arrêt de production deviendra un
lockout. Pour tenter de créer une atmosphère de panique
parmi les travailleurs actifs et
à la retraite, le monopole américain a poussé le
conciliateur à présenter ce rapport « no
board » pour initier un compte à rebours à la
George Bush menant à l'agression par le lockout. Les
travailleurs de la section 8782 à Lake Erie Works ont tenu
bon pendant huit mois de lockout avant d'accepter les concessions.
À Hamilton Works, US
Steel a présenté sa liste de concessions, cessé la
production pour la deuxième fois en deux ans et demandé
un rapport « no board » afin de commencer le
compte à rebours menant à un lockout pour forcer
l'acceptation des concessions, mais dans ce cas-ci sans aucune garantie
que la production va reprendre.
Il est clair maintenant que US Steel a l'intention de détruire
le fonds de pension dont dépendent près de 10 000
retraités et 900 travailleurs actifs de Hamilton Works.
En refusant de
négocier, US Steel a inventé de toutes pièces un
« conflit de travail ». Il crée ainsi les
conditions pour fermer l'usine de Hamilton et abandonner le fonds de
pension qui est en ce moment financé à seulement 60
cents sur le dollar. Tout indique que c'est le cas : l'usine n'est
pas utilisée à capacité, c'est la
deuxième fermeture en deux ans, la compagnie refuse de
négocier de bonne foi, un « conflit de
travail » est inventé pour justifier un lockout et
les représentants du monopole parlent constamment de
l'aciérie de Hamilton comme d'un simple producteur de tranches
d'acier alors qu'en réalité elle est
équipée pour produire davantage de
valeur avec notamment une ligne de laminage à froid et une ligne
Z. La production de tranches d'acier est elle-même très
profitable si elle est faite à un rythme normal, ce qui ne s'est
pas produit depuis que US Steel s'est emparé de Stelco. Les
agissements du monopole américain montrent qu'il veut
détruire la capacité productive de Hamilton
Works afin de concentrer la production aux États-Unis et
abdiquer ses responsabilités envers les moyens de subsistance,
les pensions et les avantages sociaux des métallos de Hamilton
et le bien-être de la population locale. Cela ne doit pas
passer ! Le bien-être et la dignité des travailleurs
canadiens de même que la survie du pays en tant que
nation souveraine indépendante sont en jeu !

Qui en position d'autorité va défendre
les travailleurs et le Canada?
En fermant les hauts fourneaux de Hamilton Works, US
Steel s'est attaquée à la communauté de Hamilton,
à l'économie canadienne et aux travailleurs de Stelco.
Selon ce que les médias de Hamilton rapportent, le ministre
canadien de
l'Industrie Tony Clement aurait dit : « Le gouvernement
canadien ne peut rien faire... Le producteur
d'acier de Pittsburgh est libre de faire ce qu'il veut... Il peut
prendre ses décisions, bonnes, mauvaises ou sans
conséquences, quand il le veut et selon son propre sens de ses
responsabilités. »
Nous vivons dans un État souverain appelé
Canada. La première responsabilité de cet État est
de défendre sa population et il en a l'autorité. Le
gouvernement fédéral est une institution importante au
sein de l'État canadien. Que faut-il penser quand les gens en
position d'autorité au sein de l'État, comme un ministre
dans le gouvernement
fédéral, disent qu'ils ne peuvent rien faire pour
défendre les Canadiens qui sont attaqués par un monopole
étranger ? Plusieurs diront que le gouvernement manque
à sa responsabilité première qui est de
protéger les citoyens et a abdiqué son autorité
souveraine.
Le ministre de
l'Industrie se moque du devoir premier d'un État et nie
l'autorité souveraine de cet État à
l'intérieur des frontières du Canada. Selon Clement,
cette puissance étrangère appelée US Steel est
libre de faire ce qu'elle veut aux Canadiens et il ajoute même
avec un haussement d'épaules que cela pourrait bien être
« bon,
mauvais ou sans conséquences ». Il semble que selon
le ministre, la responsabilité première de l'État
n'est pas de défendre les Canadiens mais les actions et les
intérêts étroits d'un monopole étranger,
lesquels vont manifestement à l'encontre de nos
intérêts.
La position et les actions du gouvernement Harper
montrent non seulement qu'il n'est pas apte à gouverner mais
aussi qu'une institution importante de l'État canadien agit au
nom d'une puissance étrangère et refuse d'utiliser son
autorité souveraine pour défendre son peuple.
Les attaques incessantes de US Steel contre l'industrie
canadienne de l'acier depuis qu'il s'est emparé de Stelco en
2007 sont un des exemples d'assauts des monopoles internationaux
contre la base manufacturière, la souveraineté et le
tissu social du Canada. Aucune institution de l'État, à
part certains conseils municipaux, n'a encore eu le
courage d'utiliser son autorité pour défendre le Canada,
son peuple, son économie et son mode de vie face à la
mondialisation néolibérale. Presque toutes les
institutions politiques, de même que les tribunaux, la police,
les forces armées et les experts académiques sont
demeurés indifférents ou passifs face à l'assaut
de ces monopoles internationaux
ou ont utilisé leur autorité pour appuyer ces attaques
contre les Canadiens.
L'État a laissé les collectifs et les
individus du Canada à eux-mêmes pour se défendre du
mieux qu'ils peuvent dans un conflit inégal. Non seulement
l'État canadien n'est-il pas intervenu du côté du
peuple et de l'économie du Canada mais il a pris activement
partie en faveur des agresseurs par des jugements en cour et des lois
comme l'ALENA qui, selon Tony Clement, défendent la
liberté des
monopoles de faire ce qu'ils veulent selon leurs intérêts
étroits. Les monopoles internationaux comme US Steel, Vale,
Xstrata. Nortel, AbitibiBowater, Shell et d'autres se sont
montrés totalement indifférents au sort des Canadiens. Ce
ministre du cabinet Harper a cru bon d'ajouter l'injure à
l'outrage en applaudissant les attaques de US Steel contre
les Canadiens comme un exemple positif de la liberté des
monopoles d'agir comme ils le veulent.
C'est en s'unissant et en défendant leurs
intérêts et leurs droits contre les attaques des monopoles
internationaux et les gouvernements à leur service et en
développant de nouvelles formes de résistance que les
travailleurs pourront répondre à la question : Qui
en position d'autorité va défendre les
travailleurs ?
Unissons-nous pour faire échec à
l'affirmation traîtresse de Clement selon laquelle
« le producteur d'acier de Pittsburgh est libre de faire ce
qu'il veut ».
Unissons-nous pour priver US Steel de la
« liberté » de s'attaquer au
bien-être et aux droits des Canadiens et pour faire échec
à l'acceptation de ces attaques par le gouvernement quisling de
Harper !
Appuyons la lutte de la section 1005 du syndicat
des Métallos à la défense de son droit et du droit
de tous les Canadiens de se défendre contre la destruction
causée par les monopoles internationaux et les gouvernements
à leur service et de rebâtir leur économie et leur
nation sur des bases nouvelles !
L'aciérie de Hamilton doit
continuer de produire !

Les criminels reviennent sur les lieux du crime
La poursuite du gouvernement contre US Steel reprend en
Cour fédérale.
Dans le contexte de sa défense contre
l'accusation de ne pas avoir apporté d'avantage net au Canada,
US Steel a recruté des membres de la bande de criminels qui ont
placé Stelco sous la protection de la faillite, l'ont
dépouillée de plusieurs de ses composantes essentielles,
ont exproprié les détenteurs d'actions et ont
préparé la vente de
l'entreprise à un monopole international pour un gros coup
d'argent. US Steel paie divers éléments de la vieille
bande de Stelco pour venir jurer en cour que la prise de contrôle
étrangère a apporté un avantage net au Canada
même si les faits le démentent.
Deux de ces éléments recrutés par
US Steel sont le monopole spécialisé en
insolvabilité des entreprises Ernst & Young et l'ex-PDG
vendu et quisling de Stelco Courtney Pratt.
Ernst & Young (E&Y) a écrit un rapport
intéressé sur sa participation dans le vol
légalisé à Stelco sous la Loi sur les
arrangements avec les créanciers des compagnies (LACC )
et dans la vente qui a suivi. E&Y a soumis ce
document en cour fédérale au nom de US Steel. E&Y est
un monopole financier international
actif dans 140 pays qui se spécialise dans la réalisation
de profits à même les procédures de faillite. Le
magazine Forbes estime que E&Y est la quatrième
plus grande entreprise privée aux États-Unis.
Courtney Pratt a signé un affidavit qui en
essence appuie le rapport de E&Y. Pratt y écrit :
« Je connais bien les auteurs du rapport de E&Y. Ernst
& Young a été engagé comme moniteur de Stelco
pendant les procédures menées selon la LACC. Deux
partenaires
à
la firme, Alex Morrison et Tom Welsh, co-signataires du
rapport de E&Y, ont fait une analyse
en profondeur de la situation à Stelco afin d'aider Stelco et
ses partenaires à conclure les ententes nécessaires au
succès de la mise en oeuvre du Plan d'arrangements établi
en vertu de la LACC. J' ai travaillé
étroitement avec ces deux personnes. »
Des commentateurs indépendants diraient que ce
rapport de E&Y, lui-même partie impliquée, rapport qui
est recommandé par une autre partie impliquée ayant
« travaillé étroitement » avec les
auteurs, devrait être rejeté par la cour comme
étant
intéressé et biaisé ou tout au moins
considéré avec un énorme grain de sel. Un rapport
signé par ceux qui étaient dans le coup ne manquera pas
de cacher que E&Y et les autres parasites ont soutiré
à Stelco des centaines de millions de dollars en
intérêts et en frais au moment même où tout
aurait dû être mis en oeuvre pour renforcer et consolider
Stelco de manière soutenue, y réinvestir et pour
effectuer d'autres changements dans
l'industrie de l'acier afin de la protéger des agresseurs et
prédateurs mondiaux. Plusieurs ont été
choqués et renversés par les montants incroyables dont se
sont emparés pendant les procédures de la LACC
les firmes et experts en faillite, les avocats, comptables et
soi-disant débiteurs-exploitants. Les métallos n'ont pas
mis longtemps
avant de qualifier tout ça de vol légalisé.
C'était une conclusion tirée d'avance que
le rapport en cour de E&Y allait déclarer que l'arrangement
conclu en vertu de la LACC et la vente de Stelco à US
Steel étaient la bonne et seule option. E&Y est
réputé comme un maître dans le monde quand il
s'agit de vider jusqu'à l'os les entreprises et les travailleurs
actifs et à la retraite
qui sont placés sous la protection de la faillite aux
États-Unis et dans le monde et d'effacer ensuite toute trace de
crime. Il semble que E&Y et Pratt soient maintenant devenus des
informateurs payés prêts à tout pour cacher que la LACC
est du vol légalisé et que tous les
parasites impliqués dans les procédures de faillite et la
vente
subséquente de Stelco ont grassement profité de ces
procédures et ne veulent pas que la vérité soit
dite. La LACC est une arme puissante de l'offensive
antisociale, de la destruction de la base manufacturière et de
la mondialisation néolibérale. E&Y en particulier
s'est enrichi en promouvant le point de vue qu'il n'y a pas
d'alternative à
la mondialisation néolibérale et Pratt n'est que trop
heureux de tremper dans le crime lui aussi. Il écrit ouvertement
dans son affidavit qu'en tant que partie impliquée il n'a vu
aucune alternative possible au dépouillement et au drainage de
la valeur de Stelco pendant la procédure de la faillite de
même qu'au nouvel arrangement conclu en vertu de
la LACC et à la vente subséquente de Stelco
qui a valu à une petite bande de gros riches de Toronto, New
York et de Caroline du Nord un coup d'argent de 1 milliard de
dollars. Ce coup d'argent n'était possible que par la vente de
Stelco à US Steel ou à un autre monopole international et
qu'en écartant du revers de la main
toute alternative qui aurait servi les Canadiens comme celle
présentée par la section locale 1005.
Une
alternative
prosociale
et pro-canadienne est possible !
La ligne politique qui affirme « qu'il n'y a
pas d'alternative à la mondialisation
néolibérale » est la seule défense
réelle qui existe face au chef d'accusation selon lequel la
prise de contrôle de Stelco par US Steel et les autres prises de
contrôle étrangères des industries canadiennes de
base n'apportent ni ne peuvent
apporter un avantage net au pays. Selon E&Y et Pratt, la question
ne se pose même pas à savoir si ce qui s'est produit
après la vente de Stelco a apporté un avantage net ou non
au Canada parce qu'il n'y a pas d'alternative. En d'autres mots, les
Canadiens ne devraient même pas soulever cette question
d'avantage net ou non à moins d'avoir en tête
un avantage net pour les monopoles internationaux.
Le seul argument et la seule méthode d'attaque
pour défendre US Steel de l'accusation que sa prise de
contrôle de Stelco n'a pas apporté d'avantage net au
Canada sont « qu'il n'y a pas d'alternative ».
En criant « qu'il n'y a pas d'alternative », on
nie qu'il existait un arrangement alternatif pour Stelco qui exigeait
du
gouvernement qu'il représente la volonté politique des
Canadiens. Un arrangement alternatif aurait garanti un plancher
d'emplois et de production, un niveau d'investissement dans les usines
et le respect des obligations sociales de Stelco envers ses
employés dans le contexte général de
l'édification d'un secteur de l'acier et d'une économie
qui
subviennent à leurs besoins et jouissent d'un secteur
manufacturier vibrant.
Avec le dépouillement de Stelco ramené
à deux usines et sa vente à un monopole étranger,
un Stelco démuni est devenu une partie d'un monopole
international et a joué depuis un rôle d'accessoire
à l'intérieur de ce scénario, essentiellement un
rôle d'instrument dans les mains de US Steel pour passer à
travers la crise économique en fermant
ses usines canadiennes et en concentrant la production dans certaines
usines aux États-Unis. C'est ce rôle d'accessoire qui
selon Pratt a permis aux deux usines de Stelco d'apporter un avantage
net à US Steel en permettant d'éliminer des millions de
tonnes de production d'acier du marché pendant la crise. C'est
aussi une façon pour les monopoles
de manipuler les prix, ce qui échappe à peu près
complètement au contrôle des Canadiens même dans
leur propre pays.
Selon Pratt et Ernst & Young, la
sécurité et la survie des travailleurs de l'acier du
Canada et du secteur canadien de l'acier, la perte de production au
Canada de richesse sociale si nécessaire, perte qui affaiblit
l'économie canadienne et le financement des programmes sociaux,
tout cela ne compte pas ; seules comptent la
sécurité et la
survie de US Steel. Pratt et E&Y ne reconnaissent rien d'autre que
l'avantage net pour le monopole international parce que selon eux il
n'y a pas d'alternative à la mondialisation
néolibérale. Le seul avantage net qui soit concevable en
est un pour le monopole international puisque selon cette conception,
les Canadiens, leurs ressources et leur
économie sont des instruments au service des monopoles
internationaux. Dans la perspective de l'impérialisme, un
avantage net pour le Canada, ça n'existe pas et ça ne
peut pas exister.
Pratt écrit que « les entreprises qui
ont des branches multiples et peuvent ainsi consolider la production
dans certaines de ces branches en période de ralentissement sont
plus à même de survivre à long terme. Les usines
qui demeurent en opération continuent de générer
les liquidités qui permettent de combler les pertes des usines
qui sont
fermées pendant la période de ralentissement. La
capacité de fermer toute ou une partie des usines canadiennes,
pendant que les ressources de l'enteprise dans son ensemble sont
mobilisées pour assurer leur survie à long terme, est un
avantage significatif pour tous les partenaires qui dépendent de
l'entreprise canadienne qui opérait dans le passé
sous le nom de Stelco ».
C'est vraiment scandaleux comme affirmation !
Comment les parties impliquées au Canada
bénéficient-elles de la fermeture de Lake Erie et de
Hamilton Works ? Les travailleurs perdent leurs salaires ;
les fournisseurs perdent des affaires ; les gouvernements perdent
des taxes et doivent verser plus d'argent en
assistance au revenu notamment en Assurance-Emploi ;
l'économie perd de la valeur ajoutée ; on doit payer
un fournisseur étranger pour de l'acier importé ce qui
affecte négativement l'équilibre international des
paiements du Canada. Qui sont-ils ces Canadiens qui sont
avantagés ? Où est-elle cette « survie
à long terme
qui a été assurée » ? Même
si la crise de 2008-2009 est derrière nous, US Steel vient
de fermer les hauts fourneaux indéfiniment à Hamilton
Works à cause de ce qu'il appelle de « mauvaises
conditions sur les marchés ». Les fonds de pension
sont toujours menacés et US Steel a même cessé
d'assumer son
obligation légale d'indexer les pensions au coût de la
vie. De 2008 à 2010, US Steel n'a pas manqué une
seule seule fois ses paiements en intérêts aux
propriétaires de la dette et il a payé des dividendes
à chaque trimestre sans parler des millions de dollars qu'il a
versés à ses dirigeants exécutifs comme son PDG
Surma.
Dans une autre affirmation tout aussi méprisable,
Pratt suggère que US Steel a agi par
générosité en s'emparant de Stelco :
« Je suis persuadé, écrit-il, que sans la
vente à US Steel, ces obligations (en pensions et avantages
sociaux) » n'auraient pas pu être assumées
pleinement parce que l'entreprise n'aurait pas
généré
suffisamment de liquidités pour les assumer. »
Pratt suggère que US Steel achète des
usines et d'autres propriétés par philanthropie et non
dans la perspective d'affaires de renforcer son empire. C'est absurde
évidemment parce que US Steel n'agit pas par charité pour
les autres, surtout les étrangers ; son but est
d'édifier son empire et de s'emparer d'autant de valeur que
possible
produite par les travailleurs partout dans le monde et de l'acheminer
vers les États-Unis à titre de tribut. Si pour
édifier son empire il faut acquérir des
compétiteurs et possiblement détruire leur production, il
n'hésitera pas à le faire.
Surma le PDG de US Steel est membre de l'équipe
de l'administration Obama chargée d'accroître les
exportations américaines; une partie des plans de cette
équipe vise à éliminer le secteur manufacturier
canadien qui leur fait concurrence, à concentrer cette
production aux
États-Unis, à utiliser le Canada comme
arrière-cour pour
y envoyer
ses produits manufacturiers et à en tirer des matières
premières. Ils viennent de le faire juste sous nos yeux dans la
région de Hamilton en fermant John Deere et Siemens et ils
s'apprêtent à faire la même chose avec National
Steel Car et nombre d'autres.
US Steel n'a pas acheté Stelco sans avoir au
préalable étudié en détails ce qu'il
s'apprêtait à acheter et il était très au
fait de ses obligations en ce qui concerne les pensions à
prestations déterminées. US Steel contrôle et
administre ses propres fonds de pension à prestations
déterminées auxquels souscrivent un grand nombre de ses
employés
américains et il sait très bien ce que ces fonds de
pension impliquent. L'arrangement conclu en vertu de la LACC
prévoyait très précisément les montants
annuels requis par ces fonds et les chiffres étaient valables en
toutes circonstances. Lors du début de ses négociations
avec la section 1005 au printemps dernier, le négociateur
en chef de US Steel a dit que les obligations envers les pensions
« ne causeraient aucun problème » à
condition qu'on en arrive à une entente de comptabilité
similaire à celle qui existe aux États-Unis. La section
1005 a répondu que dans un esprit de négociations de
bonne foi elle était prête à considérer une
proposition de
comptabilité conjointe qui serait acceptable pour US Steel et
à la faire approuver par le gouvernement ontarien. US Steel n'a
jamais même daigné répondre à cette offre
qui visait pourtant à assurer des paiements « sans
problèmes » dans les pensions et il refuse depuis le
7 juillet de parler avec la section locale sans parler de
négocier de bonne foi.
La classe ouvrière a bien gravée dans sa
mémoire le vol légalisé qui a été
perpétré lors de la fraude de la faillite de Stelco et sa
vente subséquente à US Steel. E&Y de même que
Pratt ont fait partie du problème en bloquant toute alternative
au gros coup d'argent et à la capitulation à la
mondialisation néolibérale. C'est le comble de
l'effronterie de
la part de US Steel de ramener ces criminels sur les lieux du crime pur
leur faire dire qu'il n'y a pas d'alternative possible à la
vente à des monopoles internationaux. La prise de contrôle
de Stelco par US Steel n'a pas apporté d'avantage net et il ne
pouvait en être autrement parce que tel n'était pas son
but, comme l'admet Pratt lui-même de façon
scandaleuse.
Combattons pour une alternative !
Bâtissons l'Opposition ouvrière afin de défaire la
mondialisation néolibérale !

Lisez Le
Marxiste-Léniniste
Site web: www.pccml.ca
Courriel: redaction@cpcml.ca