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Numéro 162 - 19
octobre 2010
64e anniversaire des procès de
Nuremberg
Opposons-nous à la campagne pour
réhabiliter des criminels de guerre nazis!
64e anniversaire des procès de
Nuremberg
• Opposons-nous à la campagne pour
réhabiliter des criminels de guerre nazis!
• Walkyrie: Quand des criminels de guerre nazis
deviennent de nobles et vaillants chevaliers - Dougal
MacDonald
• Comment les impérialistes
américains ont sauvé les industriels nazis
À titre d'information
• Les plans des industriels allemands pour une
action souterraine après la défaite de l'Allemagne
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64e anniversaire des procès de
Nuremberg
Opposons-nous à la campagne pour
réhabiliter des criminels de guerre nazis!

Monument aux
victimes des atrocités nazies sur le site où
se trouvait le camp de concentration de Dachau arborant
la proclamation des peuples du monde à la victoire
contre le fascisme.
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Cette année est le 64e anniversaire de la
conclusion du Tribunal militaire international, le premier des
procès de Nuremberg. Le Tribunal militaire international a
jugé 21 dirigeants nazis. Les condamnations ont
été prononcées le 1er octobre 1946 et les
condamnés à mort ont été
exécutés le 16 octobre
1946.
La défaite du fascisme en 1945 fut un point
marquant de la bataille pour la démocratie. À la
défaite de l'Allemagne nazie, de l'Italie fasciste et du Japon
par les puissances alliées et le front uni de la
résistance antifasciste mené par l'Union
soviétique, c'est un monde uni qui sortait de la lutte des
peuples
pour stopper le fascisme. Une nouvelle forme de démocratie vit
le jour, une démocratie qui, pour être fidèle
à elle-même, ne devait plus permettre le fascisme.
Les chefs des puissances alliées avaient conclu
aux conférences de Moscou et de Yalta que les criminels de
guerre nazis devaient être tenus responsables de leurs crimes et
châtiés en conséquence. À la
Conférence de Yalta, en février 1945, Churchill,
Roosevelt et Staline convinrent que le militarisme et le nazisme
allemands devaient être détruits et qu'on ne devait plus
leur permettre de ressurgir.
Les principes de Nuremberg affirmaient que les chefs
d'État et les autres dirigeants politiques, comme les dirigeants
militaires, devaient être imputables pour les crimes d'agression,
les crimes contre la paix et les crimes contre l'humanité. Le
procès de Nuremberg établit que « suivre les
ordres » n'était
pas une défense acceptable contre les accusations de crimes de
guerre.

Un soldat soviétique brandit le drapeau rouge le 7 février
1943 à Stalingrad en signe de victoire des forces
soviétiques
sur les nazis à la bataille de Stalingrad, une bataille
décisive
où les immenses sacrifices des peuples de l'Union
soviétique
permirent de briser le dos de l'armée hitlérienne
et de renverser le courant la guerre.
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De la victoire des peuples du monde contre le fascisme
sortit la devise : « Plus jamais » – plus
jamais le fascisme ne devait surgir ! L'agression fut
déclarée crime international suprême et
l'opposition sans réserve à l'agression fut
proclamée le moyen de réaliser la paix. Le droit des
nations à l'autodétermination fut reconnu par les Nations
unies qui reconnaissaient l'égalité des nations, grandes
et petites, et qui interdisait l'usage de la force ou la menace de
l'usage de la force contre tout État. Ces principes ont
été violés par les États-Unis et les autres
grandes puissances sous leur influence à commencer
par l'agression contre la Corée sous le drapeau de l'ONU. Ce
sont néanmoins les procès de Nuremberg à la
conclusion de la Deuxième Guerre mondiale qui inscrivirent dans
le droit international les principes contenus dans la Charte de l'ONU.
Aujourd'hui, 64 ans après la conclusion du
principal procès de Nuremberg, les États-Unis et leurs
alliés, dont le Canada, font activement campagne pour renverser
les verdicts de la victoire contre le fascisme. En Europe, aux
États-Unis et au Canada on assiste à une campagne pour
réhabiliter des criminels
de guerre nazis et pour minimiser et même discréditer et
criminaliser la résistance héroïque à
l'invasion et à l'occupation qui infligèrent des
souffrances horribles aux peuples du monde et entraînèrent
la mort de millions de personnes. On prétend aujourd'hui que les
nazis et leurs collaborateurs étaient des « victimes
du communisme totalitaire » à la mémoire de
qui il faut ériger des monuments. On affirme qu'il faut excuser
ceux qui ont commis ces crimes haineux contre les peuples parce qu'ils
« combattaient le communisme » et que la lutte
contre le communisme est une cause sacrée.
Entre-temps, au nom de la sécurité
nationale les États-Unis et leurs alliés de l'OTAN, dont
le Canada, se livrent impunément à des guerres
d'agression et commettent impunément des crimes contre la paix
et des crimes contre l'humanité. Les pratiques nazies consistant
à utiliser des civils comme boucliers humains,
à justifier la torture et la déportation vers la torture,
à utiliser des agents provocateurs pour justifier de fausses
accusations de conspiration contre des « ennemis de
l'État », à cibler les minorités et
à criminaliser l'opinion publique et la conscience au nom de la
sécurité nationale et des valeurs sont la nouvelle
normale. Les États-Unis, le Canada et les grandes puissances du
camp de l'OTAN ont renversé le verdict de l'histoire. L'objectif
immédiat des États-Unis est de sauvegarder le pouvoir de
leurs monopoles et de dominer l'Europe pour ensuite dominer l'Asie. Le
Canada s'associe à cet objectif de guerre pour que l'oligarchie
financière canadienne puisse en profiter. Pour ce faire, il doit
criminaliser la résistance et le droit à la
légitime défense.
Le gouvernement Harper participe activement aux
côtés des États-Unis à la campagne pour
réhabiliter des criminels de guerre et poursuit des plans de
fascisme, de militarisme et de guerre. La protestation politique et la
dissidence sont criminalisées et seuls ceux qui se soumettent
à la vision harpérienne des « valeurs
canadiennes » sont considérés comme dignes
d'une vie de paix.
La résistance à ce glissement vers le
fascisme et la guerre peut et doit donner naissance à une
démocratie moderne et nouvelle. Riche de l'expérience de
la Deuxième Guerre mondiale, cette démocratie doit non
seulement reconnaître le droit de résister mais le
garantir dans la loi. C'est seulement ainsi que le peuple
peut avoir voix au chapitre sur les questions cruciales qui se posent
aujourd'hui, en particulier sur les questions de la guerre et de la
paix.
Au Canada, nous sommes placés devant la
tâche historique de remplacer un gouvernement de la guerre, du
militarisme et du fascisme par un gouvernement anti-guerre. Ce
gouvernement doit défendre le droit à l'existence de tous
les peuples et défendre leur droit de bâtir des
sociétés selon leurs propres décisions
et suivant leur propre mode de vie et matériel de pensée.
Cela ferait du Canada une force pour la paix dans le monde.
Notes
Le Tribunal de Nuremberg a conclu que la guerre
d'agression est « le crime international suprême, ne
se différant des autres crimes de guerre que du fait qu'il les
contient tous ». Les principaux dirigeants nazis ont
été reconnus des crimes suivants :
1. Conspiration pour commettre la guerre
d'agression, avant le début de la guerre
2. Guerre d'agression (« crimes contre la paix »)
3. Crimes de guerre (exécuter ou maltraiter des prisonniers de
guerre et utiliser des armes illégales)
4. Crimes contre l'humanité (crimes commis contre les Juifs, les
Roms, les minorités nationales, les handicapés physiques
et intellectuels, les civils de pays occupés)

Walkyrie: Quand des criminels de guerre nazis
deviennent de nobles et vaillants chevaliers
- Dougal MacDonald -
Walkyrie est un film hollywoodien de
2008 réalisé par Bryan Singer et mettant en vedette
Tom Cruise. Il part d'un fait réel : la tentative
d'assassiner Adolf Hitler par l'aristocrate et officier militaire Claus
von Stauffenberg le 20 juillet 1944. Le film commence en Afrique du
Nord, où
Stauffenberg (joué par Tom Cruise) remet en question le
leadership de Hitler, convaincu qu'il mène l'Allemagne à
sa perte. Blessé lors d'un raid aérien par les forces
britanniques, des suites de quoi il perd un oeil et une main, et ne
pouvant plus combattre au front, Stauffenberg est envoyé chez
lui et affecté à des
tâches administratives.
La « résistance allemande »
le contacte pour l'aider à éliminer Hitler. Stauffenberg
propose d'exploiter le plan d'urgence des nazis appelé
« Opération Walkyrie » qui donne à
l'armée de réserve le mandat de maintenir l'ordre en
Allemagne en cas d'interruption des communications venant
de Hitler ou si Hitler est tué. Il cache une bombe dans la salle
de conférence de Hitler, mais lorsque la bombe explose, Hitler
n'est que légèrement blessé. Les conspirateurs
croient que Hitler est mort et déclenchent l'Opération
Walkyrie, mais ils sont arrêtés. À la fin du film,
Stauffenberg est fusillé par un peloton
d'exécution et avant de s'écrouler il crie :
« Vive la sainte Allemagne ».

Une carte des camps de
concentration nazis et une photo de l'exécution de prisonniers
juifs soumises comme preuve
de crimes de guerre aux Procès de Nuremberg en 1945-1946.
Walkyrie fait partie de la campagne
commencée il y a 65 ans, dès la fin de la guerre,
pour réhabiliter les criminels de guerre nazis d'hier, pour
rétablir « l'honneur » de l'état
major général et du haut commandement allemands de la
Deuxième Guerre mondiale. Les puissances anglo-
américaines cherchaient à rebâtir la Wehrmacht
aussi rapidement que possible pour la mobiliser dans leur campagne
contre l'Union soviétique et le communisme. Même durant
les procès de Nuremberg, les cercles militaires
anglo-américains ont réclamé l'acquittement de
l'État-major général et du haut commandement
allemands comme organisations criminelles, malgré la forte
opposition du juge soviétique, Nikitchenko. Des articles
défendant les officiers nazis et les membres des SS, qui avaient
survécu à la guerre, sont aussitôt parus dans
des publications militaires américaines. À l'annonce des
condamnations de Nuremberg, des voix officielles chez les
Anglo-Américains ont exigé un sursis pour les
condamnés. Dès 1951, John J. McCloy, haut-commissaire
américain pour l'Allemagne et ancien président de la
Rockefeller Chase Manhattan Bank, a commencé
une campagne pour une amnistie générale et la commutation
de sentences pour des milliers de criminels nazis, notamment les grands
industriels comme Krupp, Flick et les directeurs de IG Farben. En 1958,
tous les criminels de guerre condamnés lors des douze
« procès successeurs » du procès
des principaux
criminels de guerre étaient libres.
Au centre de la campagne de réhabilitation se
trouve le mythe de « l'opposition militaire à
Hitler ». Bien que tout confirme que l'État-major
général et le haut commandement de l'armée
allemande ont aidé sans hésitation Hitler à se
hisser au pouvoir en toute connaissance de cause et à
exécuter ses
mesures barbares, le mythe est créé que des officiers se
sont « héroïquement
révoltés » contre la tyrannie du Führer
parce qu'ils avaient un « code d'honneur ». Ce
premier mythe s'accompagne d'un deuxième selon lequel la
défaite militaire de l'Allemagne serait attribuable à
l'inaptitude
de Hitler et que si les plans des généraux avaient
été suivis, les nazis auraient été
victorieux. Le troisième mythe veut que tous les services de
renseignement de l'armée allemande aient collaboré avec
les Alliés pour saboter les plans de Hitler.
Toute une littérature révisionniste a
été créée pour appuyer ces mythes :
des livres, des mémoires et des essais produits après le
Procès de Nuremberg, dont plusieurs par des non-Allemands comme
le futur directeur de la CIA, Allen Dulles, et le
« penseur » militaire britannique H. Liddell
Hart.
Plusieurs nazis, notamment les généraux Rommel et
Guderian, ont été glorifiés. La participation de
Hollywood à la glorification des nazis commence bien avant 2008,
notamment avec des films comme Le Renard du désert (1951)
et Torpilles sous l'Atlantique (1957).
Le film de 2008, Walkyrie, est une tentative
de renforcer la légende de la « ferme
résistance » à Hitler par des officiers nazis
« honorables ». L'attentat du 20 juillet
1944 devient un acte d'héroïsme, un autre exemple de
falsifications historiques répétées sans cesse. On
tente d'absoudre l'état-major général et le haut
commandement allemands de toute responsabilité pour les crimes
de guerre et d'en faire d'importants alliés dans les guerres
impérialistes des États-Unis contre les peuples du monde
et contre le communisme.
La tentative d'assassinat contre Hitler n'était
pas un geste d'honneur mais un acte de désespoir de la part
d'une clique militaire qui, consciente de la défaite imminente,
a voulu au dernier moment s'emparer du pouvoir pour être en
position de marchander de meilleures conditions de capitulation avec
les Anglo-
américains, ou pour s'unir à eux dans un campagne
anticommuniste. Les dirigeants nazis comme Hermann Göring et
Heinrich Himmler ont espéré jusqu'à la fin
l'effondrement de la coalition antifasciste, rêvant de pouvoir
marcher vers l'Est avec l'impérialisme anglo-américain
pour détruire l'Union soviétique.
[Note : Les cercles dirigeants allemands ont
toujours appuyé la campagne de réhabilitation nazie, par
exemple en commençant à rétablir d'anciens nazis
à des postes de pouvoir dès la fin de la Deuxième
Guerre mondiale. En 1980, le gouvernement allemand a
érigé un monument au « mouvement
de résistance anti-nazi » dans le Benderblock,
l'édifice abritant le bureaux berlinois du ministère de
la Défense. La rue a été rebaptisée Stauffenbergstrasse,
et
l'édifice
Benderblock
abrite maintenant une exposition
permanente de plus de 5 000 photographies et documents. La cour
où Stauffenberg
et d'autres ont été fusillés le 21 juillet
1944 est maintenant un site commémoratif, avec une plaque
et une statue.]

Comment les impérialistes américains
ont sauvé les industriels nazis
Quand, à la fin de la Deuxième Guerre
mondiale, il a été décidé de poursuivre en
justice les principaux criminels de guerre nazis devant le Tribunal
international, l'opinion publique internationale s'attendait à
ce que les industriels allemands figurent aux rangs des accusés,
puisque leurs responsabilités étaient
incontestables. Ils avaient financé la prise du pouvoir de
Hitler, financé le parti nazi, armé la Wehrmacht,
pillé les pays occupés, exploité le travail
forcé de millions de prisonniers, étendu leurs empires et
réalisé d'énormes profits. Les industriels
allemands sont sortis de la guerre non seulement avec leur fortune
pratiquement
intacte mais aussi impunis malgré leurs agissements odieux. Avec
l'aide des Américains et du Vatican, ils ont rapidement
regagné leur influence et, en peu de temps, rebâti leur
empire pour redevenir les hommes les plus riches au monde. Comment cela
a-t-il été possible ? La raison principale a
été que les Américains,
qui sont sortis pratiquement indemnes de la guerre et dont les
industriels constituaient en fait une section des industriels et des
financiers nazis, n'ont ménagé aucun effort pour absoudre
les industriels allemands de la responsabilité d'avoir
provoqué la guerre, et empêché qu'ils soient
jugés par le Tribunal international.
Le fascisme est la forme que prend le pouvoir bourgeois
quand le pouvoir économique est concentré dans le pouvoir
politique. Le parti nazi représentait la concentration du
pouvoir économique des plus grands industriels allemands, sous
une forme politique. Le Parti nazi d'Hitler n'aurait jamais pu
s'emparer
du pouvoir ni mener sa guerre longue et barbare contre les peuples du
monde s'il n'avait pas représenté l'industrie allemande
et n'avait pas a été soutenu par elle. Les industriels
ont été les organisateurs, les bâilleurs de fonds
et les bénéficiaires de la guerre, mais en sont sortis
impunis. Le but de la guerre des industriels
était d'éliminer par la force tous leurs concurrents en
Europe, que ce soit en les éliminant ou en s'emparant de leurs
entreprises. Alfried Krupp, les directeurs d'IG Farben, Friedrich Flick
et autres industriels se sont emparés des ressources et des
usines dans les territoires nouvellement occupés militairement
par les
nazis et ont pillé les installations industrielles des pays
occupés pour étendre leurs empires, tant à
l'intérieur qu'à l'extérieur de l'Allemagne nazie.
Les industriels conseillaient même aux Nazis sur
quelles régions attaquer et qui tuer pour servir leurs
intérêts. Alfried Krupp a été ministre de
l'armement et de la production de guerre de Hitler. Il était
membre du gouvernement responsable de la planification du pillage en
règle des pays qui allaient bientôt être
attaqués. Le biographe de Krupp, William Manchester, (The
Arms of Krupp/1587-1968), rapporte un témoignage de Rumann,
un marchand d'arts présent à une soirée le 10 mai
1940 lors de l'invasion par Hitler de la Belgique, de la Hollande et du
Luxembourg. Krupp et cinq hommes d'affaires examinent
une carte de l'Europe. « Les quatre messieurs pointaient du
doigt certains endroits en Hollande, il les entendait s'exclamer avec
enthousiasme : « Voici le village de ... Il y a Muller
là, il est à vous » et « Voici Herr
Schmidt, ou Huber ... il possède deux usines, nous allons le
faire
arrêter. » À un moment donné, Alfried
dit à l'un d'eux : « Cette usine, c'est la
vôtre. » (p. 465) En mai 1941, un mois avant
l'invasion de l'Union soviétique, il fut décidé
que l'infrastructure et les ressources naturelles de l'Ukraine
reviendraient à la Minière et Fonderie orientale
incorporée
(MFCE) ; Alfried Krupp était à la tête du
conseil d'administration de la MFCE.
Les quelques industriels jugés et
emprisonnés après la guerre furent libérés
le 1er février 1951 (pendant la guerre de Corée),
leur courte peine ayant été réduite à trois
ans par le Haut-commissaire des États-Unis en Allemagne, John J.
McCloy, qui fut longtemps associé aux Rockfeller et qui
était surnommé « président de
l'establishment américain ». Les décisions de
McCloy confirment le peu d'importance que les impérialistes
américains attachaient aux crimes de guerre nazis et
qu'ils avaient en fait remplacé les nazis en tant
qu'état-major des crimes contre les peuples au nom de
l'anti-communisme. Très vite, les immenses fortunes des
industriels allemands réapparurent, beaucoup avaient de l'argent
caché à l'étranger dans des pays comme l'Argentine
ou ailleurs en Europe. En 1985, sur
la liste des cent personnes les plus riches au monde de la revue Fortune
figuraient, presque en tête, des milliardaires qui avaient
été des membres importants de l'entourage de Hitler.
La rapidité avec laquelle les bâilleurs de
fonds du nazisme ont reconstruit leurs empires industriels montre bien
que pour les impérialistes anglo-américains, toutes les
décisions sur la dénazification prises par les puissances
alliées étaient devenues de la rhétorique et de la
poudre au yeux pour couvrir leur programme
de réhabilitation des nazis. Par exemple, parmi les mesures de
dénazification des puissances alliées figuraient le
procès des industriels allemands qui avaient commis des crimes
de guerre. Après le procès des 24 principaux
criminels de guerre à Nuremberg, trois des douze autres
procès de Nuremberg tenus par
les autorités américaines dans leur zone d'occupation de
l'Allemagne visaient certains des grands industriels nazis : les
industries Flick, IG Farben et Krupp AG. Mais, bien que certains
accusés furent reconnus coupables de certaines accusations, les
procès ont été grotesques et les peines
dérisoires. Par exemple,
le banquier nazi Kurt von Schroeder, qui avait transféré
des fonds des États-Unis aux organisations nazies, a
été condamné à trois mois de prison pour
crimes contre l'humanité.
Les industriels allemands accusés avaient des
liens intimes mais secrets avec les monopoles anglo-américains.
Chaque année, de nouvelles révélations confirment
l'étroitesse de ces liens. En voici quelques exemples : les
liens politiques et économiques étroits et de longue date
entre les nazis et Henry Ford
(Hitler a donné un prix à Ford et avait une photo de lui
sur son bureau) ; la production de matériel militaire
allemand par la filiale de General Motors, Opel, et la filiale de ITT,
Focke-Wulf ; les accords secrets entre la Standard Oil de
Rockfeller, Dupont et IG Farben, qui ont permis à Farben de
produire
de l'essence synthétique pour l'armée allemande, la
collaboration des frères Dulles avec la Banque Schroeder pour
cacher des actifs nazis et l'appui aux nazis de Henri Deterding, le
fondateur de la Shell Oil, financée par Rothschild (Hitler et
Goering ont assisté à ses funérailles).
Le grand-père de George W. Bush, feu le
sénateur américain Prescott Bush, était
administrateur et actionnaire de sociétés
étroitement liées aux bâilleurs de fonds de
l'Allemagne nazie, notamment Thyssen et IG Farben. Ces relations se
sont poursuivies après l'entrée en guerre des
États-Unis jusqu'à ce que les
actifs de plusieurs sociétés soient confisqués en
1942 en raison du Trading with the Enemy Act (Loi sur
le commerce avec l'ennemi). Bush a été également
un directeur de l'Union Banking Corporation qui représentait les
intérêts de Thyssen aux États-Unis. Il a
été également membre du conseil
d'administration d'au moins une entreprise qui faisait partie du
réseau international de sociétés de façade
de Thyssen, ce qui lui permettait de transférer des actifs
à travers le monde. Prescott Bush était également
lié à la Consolidated Silesian Steel Company (CSSC), qui
utilisait la main-d'oeuvre esclave des camps
de concentration nazis, celui d'Auschwitz, entre autres.
Beaucoup d'autres monopoles américains
entretenaient des liens étroits avec l'Allemagne nazie. Torkid
Rieber, le président de Texaco, a d'abord fourni un soutien
matériel à Franco, puis à Hitler. Il a servi
d'intermédiaire entre Goering et Roosevelt et a financé
des activités pro-nazies aux États-Unis. Il a
continué
à livrer du pétrole à l'Allemagne après le
début de la Deuxième Guerre mondiale, défiant
l'embargo britannique et le blocus de l'Atlantique. Les
activités de Rieber furent finalement arrêtées par
l'agence de renseignement britannique, le MI6.
Un groupe dirigé par James D. Mooney de General
Motors a fait pression sur Roosevelt pour qu'il suspende les livraisons
d'armes à la Grande-Bretagne et
« améliore » les relations des
États-Unis avec l'Allemagne nazie. Ce groupe comprenait IT &
T, Ford et Eastman Kodak.
Les banques de Wall Street ont appuyé et
financé l'Allemagne nazie ; ces opérations leur ont
rapporté gros. Parmi ces banques on trouve : la Banque JP
Morgan, Guaranty Trust, Chase Manhattan Bank et au moins trois autres
établissements bancaires de Wall Street (Dillon, Read ;
Harris,
Forbes ; et National City Company).
Les partenaires américains et britanniques des
financiers et industriels allemands ne pouvaient se permettre
d'être démasqués et de voir leurs machinations
à l'origine de la guerre révélées au grand
jour. Ils savaient très bien que tenir la « grande
entreprise » responsable de la guerre allait créer un
précédent
dangereux pour l'avenir parce c'était un coup à la
propriété privée, le coeur même du
système capitaliste. Cela devait être évité
à tout prix. En même temps, il fallait satisfaire
l'opinion publique mondiale.
Pour masquer les véritables raisons de la
disculpation des industriels, les Américains ont utilisé
des arguments fallacieux. On les trouve dans une lettre du 13 mai
1946 du procureur en chef pour les États-Unis au
procès de Nuremberg, Robert Jackson, au président Truman.
Jackson écrit que les procès
seraient trop coûteux et que les industriels pourraient
être acquittés. Il ajoute que ces procès
risqueraient de donner l'impression que les industriels sont traduits
en justice uniquement parce que ce sont des industriels et cela
d'autant plus que les États-Unis seraient associés
« aux communistes soviétiques et aux
gauchistes français ». Il affirme qu'une attaque
publique contre l'industrie pourrait décourager une
coopération future avec le gouvernement américain en
matière de production d'armement. Il est sous-entendu que ces
armements seraient utilisés contre l'Union soviétique et
tout autre pays qui constituerait une menace à la domination de
la propriété privée et un obstacle aux
visées de domination mondiale des États-Unis. Jackson
propose la tenue d'un seul procès des industriels sous
contrôle international et que
les autres, s'il y a lieu, se déroulent devant des tribunaux des
autres pays alliés sans contrôle international. Ce n'est
pas une coïncidence que la plupart des industriels aient
été détenus en zone américaine.
Malgré une forte opposition venant d'en haut, le
procureur américain Telford Taylor a réussi à
instruire des procès contre Flick, IG Farben et Krupp. Quels ont
été les résultats ? Pour n'en donner qu'un
exemple, lors du procès Krupp, les Anglo-Américains ont
d'abord manoeuvré pour retirer pour des
« raisons de santé » Gustav Krupp (Krupp
père) de la liste des accusés devant le Tribunal
international de Nuremberg, où il devait être jugé
avec Bormann, Goering et les autres criminels de guerre. Au lieu de
cela, son fils, Alfried, a été jugé avec onze de
ses directeurs dans un procès séparé par un
tribunal
militaire américain, ce qui donnait aux Américains le
contrôle total des résultats. Dans le procès
séparé, tous les accusés ont été
acquittés de l'accusation d'avoir planifié,
préparé et déclenché des guerres
d'agression. Pour les crimes de guerre, le pillage et les crimes
impliquant des esclaves – aucune mention
n'est faite des activités de l'accusé sur le territoire
de l'Union soviétique – les onze ont été
condamnés à des peines d'emprisonnement de seulement
trois à douze ans, puis libérés au bout de deux
ans par McCloy. Les tribunaux américains ont conclu que les
pauvres industriels nazis méritaient une clémence
particulière parce qu'ils avaient agi dans une situation de
« nécessité supérieure ».
Sous la forte pression de l'opinion publique de leur
propre pays, les impérialistes anglo-américains ont
été forcés d'accepter de transférer les
politiciens et les généraux nazis au Tribunal
international, mais ils ont soustrait les industriels à la
juridiction du tribunal et les ont gardés en
« détention préventive »,
attendant l'occasion de développer une coopération plus
étroite et plus ouverte avec eux. Dans son « Rapport
final au Secrétaire de l'Armée sur le procès pour
crimes de guerre de Nuremberg » (1949), Telford Taylor
décrit les efforts incessants déployés pour
absoudre les industriels nazis, les véritables
organisateurs de l'agression nazie, de la responsabilité d'avoir
provoqué la guerre et pour empêcher qu'ils soient
jugés par le Tribunal international. Comme le montrent
clairement le rapport de Taylor et d'autres documents, ces machinations
pour soustraire les industriels nazis à la justice qu'exigeaient
les peuples
étaient en fait l'application d'un plan décidé
à l'avance par les impérialistes anglo-américains.
Quant aux industriels des États-Unis, dont
beaucoup étaient des partisans des nazis, qui ont fourni un
soutien matériel aux nazis et tiré d'énormes
profits de ces relations d'affaires, aucun n'a été
traduit en justice.
Les trois procès des industriels
1) Le Groupe Flick était un des principaux
producteurs d'armements de Hitler et un grand exploiteur de la
main-d'oeuvre esclave des camps. Au Procès Flick
(19 avril-22 décembre1947), Freidrich Flick et cinq
administrateurs seront inculpés de crimes
de guerre, de crimes contre l'humanité et d'appartenance
à trois organisations criminelles : le parti nazi, le
Cercle des amis de Himmler et la SS. Flick sera condamné
à sept ans de prison, deux de ses administrateurs seront
condamnés à cinq ans et deux ans respectivement, et les
trois autres seront acquittés.
Après sa libération anticipée par McCloy en 1951,
Friedrich Flick a reconstruit son empire industriel, acheté une
participation dans Daimler-Benz, et est devenu l'un des hommes les plus
riches du monde. Forbes classe son fils et héritier,
Friedrich Flick Jr., parmi les 100 plus riches milliardaires.
2) IG Farben a été le fabricant du Zyklon
B, le pesticide au cyanure utilisé dans les chambres à
gaz des camps d'extermination, et a été le principal
exploiteur de la main-d'oeuvre esclave des camps. IG Farben avait
construit des usines à proximité du camp de concentration
d'Auschwitz. Au Procès IG Farben
(27 août 1947-30 juillet 1948), 24 chefs d'entreprise
ont été inculpés de préparation,
déclenchement et poursuite d'une guerre d'agression, d'invasion
d'autres pays, de crimes de guerre et crimes contre l'humanité
et d'appartenance à une organisation criminelle, la SS. Treize
ont été condamnés à des peines
de prison allant jusqu'à huit ans, dix ont été
acquittés et un n'a pas été jugé. IG Farben
a été scindé en Bayer, BASF, Hoechst et Agfa, ce
fut la seule entreprise à être démantelée en
zone américaine. Les quatre nouvelles entreprises ont
prospéré rapidement et, après leur
libération anticipée par McCloy en 1951, certains
dirigeants d'IG Farben en ont pris la direction. Plusieurs anciens
directeurs d'IG Farben siègeront au conseil d'administration
d'autres monopoles allemands comme Telefunken.
3) Krupp a été le plus grand groupe
industriel et fabricant d'armes d'Allemagne. En 1943, Hitler nomme
Alfried Krupp, membre des SS depuis en 1931, ministre de l'armement et
la production de guerre. Pendant la guerre, les entreprises Krupp
utilisent près de 100 000 travailleurs forcés des camps
en Allemagne
et dans les usines saisies dans les territoires occupés. Au
Procès Krupp (du 8 décembre 1947 au
31 juillet 1948), Alfried Krupp, propriétaire, et onze
directeurs ont été inculpés de crimes contre la
paix et crimes contre l'humanité et de participation à un
plan concerté ou un complot en vue de commettre
des crimes contre la paix. Alfried Krupp a été
condamné à douze ans de prison et dix directeurs ont
été condamnés à des peines allant de trois
à douze ans. Alfried Krupp a été
libéré en 1951 par McCloy et une grande partie de sa
propriété lui a été rendue. En deux ans,
Krupp revenait au premier rang des
entreprises allemandes et, en 1963, Alfried Krupp était de
nouveau l'industriel le plus riche et le plus puissant d'Europe. Il est
mort en 1967, son exemplaire personnel de Mein Kampf sur sa
table de chevet.

À titre d'information
Les plans des industriels allemands pour une action
souterraine après la défaite de l'Allemagne
Rapport référence EW-Pa
128 du Renseignement militaire américain
Pièce jointe n °
1 à la
dépêche n ° 19.489 du 27 novembre 1944, de
l'ambassade à Londres, Angleterre
État-major
suprême des Forces
expéditionnaires alliées
Bureau du chef d'état-major, G-2
7 novembre 1944.
RAPPORT DE RENSEIGNEMENT NO. EW-Pa 128.
Objet : Les plans des industriels allemands pour
mettre en place une action souterraine, après la défaite
de l'Allemagne, par des flux de capitaux venant de pays neutres.
SOURCE : Agent du Deuxième Bureau
français, recommandé par le commandant Zindel. Cet agent
est considéré comme fiable et a travaillé pour les
Français sur les problèmes de l'Allemagne depuis 1916. Il
a été en contact étroit avec les Allemands, en
particulier les industriels, pendant l'occupation de
la France et il a visité l'Allemagne aussi récemment que
la fin août 1944.
1. Une réunion des principaux industriels
allemands ayant des intérêts en France a eu lieu le 10
août 1944 à l'Hôtel Rotes Haus à
Strasbourg, en France, et en présence de l'informateur
indiqué ci-dessus comme étant la source. Parmi les
personnes présentes étaient les suivantes :
Dr. Scheid, qui présidait, ayant le grade de SS
Obergruppenführer et directeur de la Société Heche
(Hermandorff & Schönburg) ; Dr. Kaspar,
représentant de la Krupp ; Dr. Tolle, représentant
de Röchling, le Dr Sinderen, représentant de
Messerschmitt ; les Drs. Kopp, Vier, et Beerwanger,
représentant Rheinmetall ; le capitaine Haberkorn et le Dr
Ruhe représentant la Bussing ; les Drs. Ellenmayer et
Kardos, représentant Volkswagenwerk ; les ingénieurs
Drose, Yanchew et Koppshem, représentant différentes
usines de Posen, Pologne (Drose, Yanchew et Cie, Brown-Boveri,
Herkuleswerke,
Buschwerke, et Stadtwerke), le capitaine Dornbuach, chef de la section
d'inspection industrielle de Posen ; le Dr Meyer, fonctionnaire du
ministère allemand de la Marine à Paris ; le Dr
Strossner, du ministère de l'Armement, Paris.
2.Le Dr. Scheid a déclaré que tous les
matériaux industriels en France devaient être
évacués immédiatement en Allemagne. La bataille de
France était perdue pour l'Allemagne et maintenant la
défense de la ligne Siegfried était le principal
problème. À partir de maintenant, l'industrie allemande
doit aussi se rendre
compte que la guerre ne peut être gagnée et qu'il faut
prendre des mesures en vue de la campagne commerciale de
l'après-guerre. Chaque industriel doit établir des
contacts et des alliances avec des entreprises
étrangères, mais cela doit être fait
individuellement et sans attirer les soupçons. En outre, des
préparatifs
doivent être faits sur le plan financier pour emprunter des
sommes considérables en provenance de pays étrangers
après la guerre. Comme exemples de ce genre de
pénétration qui a été le plus utile dans le
passé, Dr. Scheid a cité le fait que les brevets pour
l'acier inoxydable appartenait à la Fondation Chemical Inc,
New York, et la société Krupp d'Allemagne conjointement
et que U.S. Steel Corporation, Carnegie Illinois, American Steel and
Wire et National Tube, etc. sont ainsi dans l'obligation de travailler
avec Krupp. Il a également cité la Société
Zeiss, la Société Leisa et la ligne
Hambourg-Amérique, des entreprises qui avaient
été particulièrement efficace dans la protection
des intérêts allemands à l'étranger et a
donné leur adresse à New York les industriels lors de
cette réunion.
3. Suite à cette réunion, une autre plus
restreinte a eu lieu présidée par Dr. Bosse du
ministère allemand de l'Armement à laquelle ont
assisté seulement les représentants de Hecho, Krupp et
Röchling. Lors de cette deuxième réunion, il a
été indiqué que le parti nazi avait informé
les industriels que la guerre était
pratiquement perdue mais qu'il continuerait jusqu'à ce qu'une
garantie sur l'unité de l'Allemagne puisse être obtenue.
Les industriels allemands doivent, a-t-il été dit, par
leurs exportations augmenter la puissance de l'Allemagne. Ils doivent
également se préparer à financer le parti nazi,
qui sera contraint à la clandestinité
comme Maquis. Dès maintenant, le gouvernement va fournir des
sommes importantes aux industriels afin que chacun puisse
établir une base solide d'après-guerre dans les pays
étrangers. Les réserves financières existantes
dans les pays étrangers doivent être mises à la
disposition du parti de façon à ce qu'un Empire
allemand fort puisse être créé après la
défaite. Il est également exigé
qu'immédiatement les grandes usines en Allemagne créent
de petits bureaux techniques ou des bureaux d'études
complètement indépendants et n'aient pas de liens connus
avec l'usine. Ces bureaux recevront les plans et les dessins de
nouvelles armes
ainsi que les documents dont ils ont besoin pour poursuivre leurs
recherches, car on ne peut se permettre qu'ils tombent dans les mains
de l'ennemi. Ces bureaux doivent être établis dans les
grandes villes où ils peuvent être plus facilement
cachés ainsi que dans les petits villages à
proximité de sources d'énergie hydro-
électrique où ils peuvent passer pour des bureaux de
faire développement des ressources d'eau. L'existence de ces
bureaux ne doit être connue que par très peu de gens dans
chaque industrie et que par les chefs du parti nazi. Chaque bureau aura
un agent de liaison avec le parti. Dès que le parti redeviendra
assez fort
pour rétablir son contrôle sur l'Allemagne, les
industriels seront payés pour leurs efforts et leur
coopération avec des concessions et des commandes.
4. Ces réunions semblent indiquer que
l'interdiction d'exporter des capitaux qui a été
rigoureusement appliquée jusqu'à présent a
été complètement retirée et
remplacée par une nouvelle politique nazie selon laquelle les
industriels avec l'aide du gouvernement doivent exporter autant de
capitaux que possible. Auparavant,
les exportations de capitaux des industriels allemands vers des pays
neutres ont été faites plutôt subrepticement et en
utilisant leurs relations particulières. Maintenant, le parti
nazi soutient les industriels et les exhorte à se
protéger par l'obtention de fonds à l'étranger et,
en même temps, à renforcer les préparatifs pour
les plans d'après-guerre du parti. Cette liberté
accordée aux industriels cimente davantage leurs relations avec
le Parti en leur donnant une protection.
5. Les industriels allemands en plus d'acheter des
domaines agricoles en Allemagne placent leurs fonds à
l'étranger, en particulier dans les pays neutres. Deux des
principales banques qui servent d'intermédiaire pour ces
exportations de capitaux sont la Handelsbank Basler et la Kreditanstalt
Schweizerische de
Zurich. Il existe aussi un certain nombre d'agences en Suisse qui, pour
une commission de 5 pour cent, vont acheter une
propriété en Suisse, sous une couverture suisse.
6. Après la défaite de l'Allemagne, le
parti nazi admet que certains de ses chefs les plus connus seront
condamnés comme criminels de guerre. Toutefois, en
coopération avec les industriels, il prend des mesures pour
placer ses membres moins visibles, mais le plus important à
divers postes dans les usines allemandes
comme experts techniques ou membres de leurs bureaux d'études et
de recherche.
Pour le A.C. de S., G-2
WALTER K. SCHWINN
G-2, Section économique
Préparé par MELVIN M. FAGEN
Distribution : même que EW-Pa 1
Conseiller politique U.S. Political Adviser, ESFEA
Conseiller politique britannique, ESFEA .

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