Pour une
troisième fois, de l'Afrique du
Sud, en passant par l'Angleterre, le Bangladesh, le Cameroun, El
Salvador et la Turquie, des milliers de femmes, aux souliers
usés par l'histoire, marcheront pour affirmer une vision
féministe du monde.
En 2000, dans les suites de la fameuse marche Du pain et
des roses, les femmes du monde entier se sont solidarisées
contre la pauvreté et la violence envers les femmes. Des
milliers de groupes de femmes sur tous les continents ont mis au monde
un réseau féministe international incontournable :
la Marche mondiale des femmes. Une
belle contribution du mouvement féministe
québécois à l'histoire.
En 2005, nous avons offert au monde une Charte mondiale
des femmes pour l'humanité, jetant les bases d'un projet
féministe de liberté, d'égalité, de paix,
de justice et de solidarité.
En 2010, nous marcherons tant que toutes les femmes ne
seront pas libres ! Notre marche veut ébranler les
idées de droite et les adversaires des droits des femmes qui
cherchent constamment à couper dans les programmes et les
services qui favorisent la solidarité et
l'égalité. Dans un contexte où les gouvernements
introduisent, parfois
directement, souvent insidieusement, une façon de voir le monde
qui nous paraît foncièrement sexiste, raciste et
inégalitaire, l'heure est venue pour une grande mobilisation de
la population afin de signifier que nous en avons assez.
Au Québec, 6 jours d'actions et de marches
locales, régionales et nationales en octobre 2010, joignez-vous
à nous !
12 octobre : le travail, l'autonomie
économique et la lutte contre la pauvreté
13 octobre : le bien commun et l'accès
aux ressources
14 octobre : la violence envers les femmes
15 octobre : la paix et la
démilitarisation
16 octobre : les droits des femmes autochtones
17 octobre : grand Rassemblement national
à Rimouski
Faites la différence, impliquez-vous :
* Participez aux marches et actions locales,
régionales et interrégionales partout au Québec du
12 au 16 octobre
* Soyez de la partie le 17 octobre au grand
Rassemblement national à Rimouski
* Impliquez-vous auprès d'un groupe de femmes de
votre localité
* Faites connaître les revendications de la Marche
autour de vous
* Rejoignez la Fédération des femmes du
Québec sur Facebook ou Twitter
* Participez à la campagne de financement de la
Marche mondiale des femmes au Québec en achetant des
kilomètre de marche (bientôt disponible sur ce site)
Ne laissez pas passer la marche sans y prendre
part ! Votre implication pourrait être celle qui fait qu'En
2010, ça va marcher !
Pour trouver l'information sur les actions
organisées au Québec :
http://www.ffq.qc.ca/luttes/marche-mondiale-des-femmes/champs-daction/calendrier/

10e anniversaire de l'invasion de
l'Afghanistan
L'OTAN élargit la guerre
de l'Afghanistan au
Pakistan
- Rick Rozoff, Stop NATO, 28 septembre
2010 -
Le 7 octobre, les États-Unis et leurs
alliés de l'Organisation du Traité de l'Atlantique Nord
entameront leur dixième année de guerre en Afghanistan,
situé à plus de 3 000 milles des quartiers
généraux de l'OTAN à Bruxelles.
Le mois suivant, des élections de mi-mandat
auront lieu aux États-Unis et l'OTAN tiendra un sommet de deux
jours au Portugal. L'administration américaine cherche
désespérément un triomphe – ou du moins, un
semblant de triomphe – en politique étrangère, afin de
conserver le contrôle du Parti démocrate au
Congrès, et l'OTAN cherche à
justifier une mission militaire qui s'avère la plus longue et la
plus étendue de ses 61 années d'existence.
Le président Barack Obama a triplé le
nombre de soldats de combat américains en Afghanistan, le
portant à 100 000. Lorsqu'on inclut les forces provenant des
autres pays membres de l'OTAN et des pays partenaires, cela fait plus
de
150 000 soldats étrangers en Afghanistan, du jamais vu dans ce
pays décimé par la guerre. De ce nombre, 120
000 sont maintenant sous la commande de la Force internationale
d'assistance et de sécurité (ISAF), un nombre sans
précédent pour une opération militaire
dirigée par l'Alliance atlantique nord. La Force kosovienne de
l'OTAN à son apogée comprenait 50 000 soldats, mais ils
ne furent envoyés dans la province serbe qu'à la fin
d'une guerre
aérienne qui a duré près de trois mois.
Les 120 000 soldats de l'OTAN présentement actifs
– provenant de 50 pays, alors que d'autres s'apprêtent à
envoyer des troupes en surcroît – sont au coeur d'une guerre
ouverte des plus longues et des plus meurtrières. C'est la
première guerre terrestre de l'OTAN, ses premières
opérations de combat en Asie.
L'année dernière a été la
plus meurtrière pour les États-Unis et pour l'OTAN dans
ce conflit qui perdure depuis neuf ans. Cette année s'est
avérée aussi des plus coûteuses en termes de
soldats tombés au combat. Et il reste encore trois mois.
Washington et Bruxelles pourraient décider de sauver la face et
de mettre un terme aux hostilités au
moyen d'un stratagème incluant un règlement politique
interne et des mesures fondées sur un véritable maintien
de la paix international – plutôt que de compter sur les
activités subversives menées par la ISAF, établie
sur la base d'un mandat des Nations unies en décembre
2001 mais qui, aujourd'hui, est devenue l'instrument par
lequel l'OTAN mène la guerre en Afghanistan ainsi que chez son
voisin, le Pakistan.
Cette perspective est peu probable, puisque la
métaphysique militaire prédominante à Washington
depuis les dernières 65 années ne peut accepter
qu'une victoire ou, du moins, un semblant de victoire. Un
héritage de défaite en Afghanistan ne pourrait que ternir
l'image d'un président qui n'aura pas réussi à
assurer la victoire ainsi que de
son parti qui serait alors accusé de manquer de coeur au ventre
et de défaitisme.
En ce qui concerne l'OTAN, le concept stratégique
qui sera adopté en novembre est fondé sur un concept
d'expansion du bloc en une force expéditionnaire mondiale du
XXIe siècle, et l'Afghanistan en est le banc d'essai. Si l'OTAN
perd l'Afghanistan, si elle perd en Afghanistan, elle sera sujette aux
critiques de ses pays membres et leurs
citoyens qui auront sacrifié leurs fils et filles dans
l'intérêt des ambitions internationales de l'OTAN. Comme
le déclarait l'ancien secrétaire général,
Jaap de Hoop Scheffer, il y a six ans : « Que fait
l'OTAN en Afghanistan ? Elle défend des valeurs au Hindou
Kouch dans un climat international bien connu de tous. Nous devons
combattre le terrorisme partout. Si nous ne le combattons pas au Hindou
Kouch, ce terrorisme se retrouvera chez nous. En d'autres mots, cette
perception fragile [face aux agissements de l'alliance militaire de
l'Atlantique nord en Asie du sud] doit être solidifiée et
consolidée une fois pour toutes – pour l'avenir de l'OTAN, cette
démarche
est primordiale. »[1]
Non satisfaite du Vietnam qu'est devenu l'Afghanistan,
l'OTAN a maintenant entrepris son incursion cambodgienne. Les
implications de cette nouvelle incursion, par contre, sont beaucoup
plus lourdes que pour le Vietnam des années soixante et
soixante-dix, puisqu'elle se passe cette fois au Pakistan, un pays avec
une population de presque
170 millions d'habitants et qui possède des armes
nucléaires.
Au même moment où les États-Unis
menaient leur vingtième attaque meurtrière à base
de lancement de drones sur le sol Pakistanais, le 27 septembre,
des attaques cinq fois plus importantes qu'au mois d'août, l'OTAN
pour sa part menait une série d'attaques à base
d'hélicoptères dans le nord-ouest du Pakistan. Invoquant
le « droit
à la légitime défense » et la
« poursuite immédiate » des
insurgés soupçonnés d'avoir attaqué un camp
de l'OTAN, l'avant-poste de combat de Narizah dans la province afghane
de
Khost, près de la frontière pakistanaise, des
hélicoptères d'attaque de l'OTAN ont mené en fin
de semaine deux raids dans les régions tribales où les
frappes de drones ont tué un nombre record de personnes en un
mois.
Le nombre de personnes tuées, qu'on nomme
machinalement dans la presse occidentale insurgés, militants ou
terroristes, était d'abord de 30, ensuite de 50, puis 60, 70, et
plus tard « 82 et plus ».[2]
Nous ne connaîtrons jamais de façon
définitive ni le nombre ni l'identité des victimes.
Selon les journaux, les cibles visées
étaient des membres du réseau Haqqani, fondé par
le dirigeant vétéran des moudjahidines, Jalaluddin
Haqqani, un héros américain du temps qu'il menait des
attaques à partir du territoire pakistanais contre des cibles
afghanes, il y a quelques années. C'était un des
« combattants de la liberté » de
Ronald Reagan. Il y a deux ans, le New York Times
écrivait : « Dans les années 80,
Jalaluddin Haqqani était entretenu en tant qu'actif de la CIA et
recevait des dizaines de milliers de dollars comptant pour son travail
qui consistait à combattre l'armée soviétique en
Afghanistan, selon un compte-rendu paru dans
The Bin Ladens, le dernier livre de Steve
Coll. À ce moment-là, Haqqani aidait et protégeait
Osama bin Laden, qui mettait sur pied sa propre milice pour combattre
les forces soviétiques, écrit Coll. »[3]
En ce qui concerne le regret exprimé par certains
à l'effet que l'admirable Haqqani ait récemment fait des
Talibans ses alliés – un de ceux-là étant feu
Charlie Wilson, qui disait de Haqqani qu'il était
« la bonté incarnée » – à
l'occasion de émission de NBC, Meet the Press,
l'année
dernière,
le
président
pakistanais Asif Ali Zardari avait déclaré aux
téléspectateurs américains que le Taliban
« faisait partie de votre passé et du nôtre, et
le Renseignement inter-services pakistanais et la CIA les ont
créés ensemble. Et je peux vous citer 10 livres, 10
philosophes et 10 articles qui confirmeront mes dires... »[4]
Le 27 septembre, deux hélicoptères de
l'OTAN ont attaqué l'agence Kurram située dans les
régions tribales pakistanaises, tuant six personnes et en
blessant huit. Un porte-parole du gouvernement pakistanais local a dit
que toutes les victimes étaient des civils. Selon le Dawn
News, « ce n'est pas la première
fois que l'OTAN bombarde la région. »[5] Donc trois
attaques en trois jours causant 100 décès.
Le même jour, une frappe de missiles drone tuait
quatre personnes à l'agence du Waziristan du nord.
« L'identité des quatre personnes tuées lors
de l'attaque n'est pas connue... »[6]
Ces incidents ont eu lieu alors que le nouveau livre de
Bob Woodward, Obama's Wars, révélait
qu'« une armée secrète de 3 000 soldats
paramilitaires afghans dirigés par la Central Intelligence
Agency avait mené des raids outre-frontière au
Pakistan ».[7]
Après une montée en intensité
échelonnée sur deux ans et consistant en des
opérations secrètes – des attaques par
hélicoptères de combat et des raids menés par des
équipes spéciales d'assassins – les États Unis et
l'OTAN sont impliqués à l'heure qu'il est dans une guerre
dans le nord du Pakistan qui bat son plein et qui ne peut
être niée.
Le Pentagone – les hélicoptères
utilisés lors des attaques des 25 et 26 septembre
étaient des Apaches américains et des Kiowas – a
défendu les frappes de la fin de semaine en prétendant
qu'elles respectaient leurs règles d'engagement et le
porte-parole du département de la Défense, le colonel
Dave Lapan, a dit que
les États-Unis suivaient le « protocole
approprié » à la lettre et que
« nos soldats ont le droit de se
défendre. »[8]
Un porte-parole de l'ISAF avait d'abord nié que
les forces de l'Alliance avait mené des attaques à
l'intérieur des frontières pakistanaises, bien que les
porte-parole de la police afghane aient confirmé le contraire.
Le 27 septembre, par contre, l'ISAF a confirmé que les
forces de l'OTAN avaient mené des frappes meurtrières.
Alors que la
troisième attaque par hélicoptères de l'OTAN avait
lieu le jour même, « les porte-parole de la Coalition
ont dit que les attaques outre-frontières étaient
conformes à ses règles d'engagement puisque les
insurgés les avaient attaqués au delà de leurs
frontières ».[9]
Un porte-parole de l'OTAN a informé la presse que
« les forces de l'ISAF ont le devoir et la volonté de
défendre l'autorité, selon leur mandat, de se
défendre lors de l'accomplissement de leur
mission ».[10]
Mehmood Shah, un ancien porte-parole de la
sécurité du gouvernement pakistanais dans la
région où les hélicoptères de combat et les
frappes de drones ont tué plus de 200 personnes dans moins d'un
mois, a dit au sujet de ces dernières attaques de l'OTAN :
« Ces incidents sont vraiment un point tournant. Ils
[l'OTAN] doivent
comprendre que la prochaine fois pourrait mener à la guerre. Il
faut déployer nos unités de combat pour faire feu sur
eux. Cette frontière est sacrée. L'OTAN doit
réaliser qu'elle a un mandat pour opérer en Afghanistan
et non au Pakistan. »[11]
Le 27 septembre, le ministre de la
Sécurité, Rehman Malik, a dénoncé les raids
de l'OTAN en tant que violations de l'intégrité
territoriale et de la souveraineté nationale du Pakistan et a
annoncé au sénat du pays que l'ambassadeur afghan
à Islamabad serait convoqué afin d'expliquer ces
attaques. Malik et le gouvernement pakistanais
savent, somme toute, que l'administration de Hamid Karzaï à
Kaboul ne contrôle aucunement les agissements des États
Unis et de l'OTAN dans son propre pays, encore moins au Pakistan. Le
commentaire du ministre de la Sécurité était pour
consommation interne seulement, visant à calmer l'indignation
populaire, mais comme le Pakistan lui-
même est maintenant un partenaire de l'OTAN et un auxiliaire des
États-Unis[12], ses représentants, comme ceux de
l'Afghanistan, ne seront aucunement prévenus en cas de futures
attaques.
Malgré tout, la pression interne a poussé
Malik à dénoncer les attaques contre son pays et à
affirmer : « Je considère que les attaques en
territoire pakistanais sont une atteinte à la
souveraineté du Pakistan. » Un sénateur de la
Ligue musulmane pakistanaise de Nawaz « a demandé au
gouvernement d'informer le
parlement de l'existence de tout accord conclu avec les
États-Unis qui autoriserait les attaques par
drones ».[13]
De même, le porte-parole de l'Office des affaires
étrangères du Pakistan, Abdul Basit, est allé
encore plus loin et a contesté de façon officielle et
sans équivoque auprès des quartiers
généraux de l'OTAN à Bruxelles les frappes
aériennes menées au cours de la fin de semaine,
émettant une déclaration qui dit en partie :
« Ces
incidents représentent une nette violation et un non-respect du
mandat de l'ONU qui autorise l'ISAF à agir », et que
ce mandat « se termine/prend fin » à la
frontière afghane.
« Il n'existe pas de règlement ou
d'entente au sujet des poursuites.... Toute suggestion du contraire
n'est pas basée sur les faits. De telles violations sont
inacceptables. »[14]
Le soir du 27 septembre, suite aux plaintes
soulevées par les Pakistanais, l'ISAF de l'OTAN a tenté
de limiter les dégâts en revenant à la prise de
position originale défendue par le bloc militaire à
l'effet qu'elle n'avait pas mené d'attaques au Pakistan. Le jour
même, elle avait envoyé deux autres
hélicoptères de combat dans le but de
mener un troisième raid dans les régions tribales.
L'OTAN poursuivra ses attaques meurtrières en sol
pakistanais peu importe la cible et ne donnera ni avertissement ni
excuse. Les États Unis continueront d'intensifier leurs attaques
de missiles Hellfire contre quiconque, en se contentant de rapports
inexacts, anecdotiques et intéressés.
Le nombre de morts au Pakistan pour le mois de septembre
est bien au-delà de 200 et pour l'année il se situe
à plus de 2 000. La justification donnée par les
États-Unis et l'OTAN pour expliquer ce carnage est que celui-ci
vise à prolonger la politique de Barack Obama visant à
« désorganiser, démanteler et
vaincre » les
réseaux d'insurgés en Afghanistan jusqu'au Pakistan,
prétendant ainsi mettre un terme plus rapidement à la
guerre.
Il y a quarante ans, le prédécesseur
d'Obama, Richard Nixon, commençait ainsi son discours
annonçant l'expansion de la guerre du Vietnam au Cambodge :
« Bonsoir, mes compatriotes américains. Il y a dix
jours, dans mon rapport à la nation sur la question du Vietnam,
j'ai annoncé la décision de retirer un autre 150 000
Américains du Vietnam dans l'année qui vient. J'avais dit
à ce moment-là que je prenais cette décision
malgré nos inquiétudes concernant les agissements de
l'ennemi au Laos, au Cambodge et au Sud-Vietnam. Et à ce
moment-là j'avais expliqué que si je devais constater que
les agissements ennemis s'intensifiaient dans l'ensemble de ces
régions
et qu'ils mettaient en danger la vie des Américains qui devaient
rester au Vietnam, je n'hésiterais pas à prendre des
mesures fortes et efficaces pour régler la
situation. »[15]
Il prétendait que des « sanctuaires
ennemis » au Cambodge « mettaient en danger la
vie des Américains qui étaient au Vietnam »,
et que « si cet effort de la part de l'ennemi
s'avérait un succès, le Cambodge deviendrait une vaste
région organisationnelle ennemie et un tremplin pour attaquer le
Sud-Vietnam tout
le long de sa frontière de 600 milles : un refuge vers
lequel des troupes ennemies pourraient retourner pour fuir le combat
sans craindre les représailles ».
Il avait commandé un déploiement pour
« aller au coeur du problème, ce qui veut dire
nettoyer les grands territoires vietnamiens et vietcong occupés,
ces sanctuaires qui servent de bases pour mener des attaques contre les
forces, tant cambodgiennes, américaines que sud-vietnamiennes,
au Sud-Vietnam ».
L'application pratique de cette politique se
résumait ainsi : « Nous avons mené des
attaques cette semaine pour en finir avec les principaux sanctuaires
ennemis sur la frontière du Cambodge et du Vietnam. »
Dans un langage très familier entendu
récemment à Washington et à Bruxelles – seuls les
pays ont changé de nom – Nixon avait
déclaré : « Nous entreprenons cette
action, non pas dans le but d'étendre la guerre jusqu'au
Cambodge, mais dans le but de mettre un terme à la guerre au
Vietnam... »
Washington étendit en effet la guerre du Vietnam
jusqu'au Cambodge, avec les conséquences désastreuses que
les peuples ne connaissent que trop bien, pour peu après
déguerpir, vaincu, de l'Asie du sud-est, laissant
derrière lui des régions entières du Vietnam et du
Cambodge en ruines.
Le sort de l'Afghanistan et du Pakistan ne sera pas plus
reluisant.
Notes
1. Radio Free Europe/Radio Liberty, le 12 novembre 2004
2.Le New York Times, le 27 Septembre 2010
3. Le New York Times, le 9 septembre 2008
4. Meet the Press, le 10 mai 2010, http ://msnbc.msn.com/id/30658135
5. Le Dawn News, le 28 septembre 2010
6. Le Daily Times, le 28 septembre 2010
7. Le Financial Times, le 27 septembre 2010
8. Associated Press, le 27 septembre 2010
9. Le New York Times, le 27 septembre 2010
10. Le Dawn News, le 27 septembre 2010
11. The Guardian, le 27 septembre 2010
12. « L'OTAN entraîne le Pakistan dans son réseau
mondial », Stop NATO, le 23 juillet 2010
13. Le Dawn News, le 28 septembre 2010
14. Le Dawn News, le 27 septembre 2010
15. Richard M. Nixon, Discours sur l'incursion cambodgienne,
http ://www.americanrhetoric.com/speeches/richardnixoncambodia.htm
http ://www.
(Traduit de
l'anglais par Le Marxiste-Léniniste)

Irak
La fin des combats et la nécessité de
justice
- Jamilé Ghaddar -
Le 31 août,
Obama a annoncé
« la fin de la mission de combat » en Irak, ce
qui amène à se demander ce que cela augure pour l'Irak et
son peuple. Le retrait des forces militaires sous commandement
étasunien se fait sous les auspices d'une Convention sur le
statut des forces (SOFA) de
2008 entre les États-Unis et le gouvernement irakien. La
SOFA spécifiait que les forces dirigées par les
États-Unis se retireraient des régions urbaines à
la fin de juin 2009 et se retireraient complètement du pays
à la fin de 2011. Avec la SOFA, l'armée
étasunienne a aussi relâché ou
transféré tous les
détenus sous sa garde aux autorités irakiennes et leur a
aussi rendu le contrôle des prisons. Ces prisons comprennent le
camp Cropper, près de l'aéroport international de Bagdad,
le camp Taji, au nord de Bagdad, et le camp Bucca, près de
Bassorah.
Actuellement, les États-Unis ont 50 000 soldats
en Irak et les opérations militaires se poursuivent, mais pas un
mot encore sur les dédommagements pour les pertes humaines et
matérielles massives qu'ils ont causées. Que les
États-Unis retirent ou non tous les soldats d'ici la fin de
2011, ou qu'ils transfèrent ou
non certains pouvoirs aux autorités irakiennes, il est
absolument crucial pour eux de maintenir leur contrôle sur le
pays. C'est là le épineux problème : comment
se dépêtrer d'une guerre coûteuse, prolongée
et impopulaire tout en s'arrangeant pour sauvegarder leurs
intérêts impérialistes en Irak et dans la
région.
Cette situation où l'envahisseur se positionne avec une nouvelle
stratégie pour protéger ses intérêts en Irak
appelle à la vigilance.
Tous ceux et celles qui se soucient des droits humains
en Irak et de l'avenir de l'Irak en tant que pays indépendant
servant les intérêts de son peuple doivent se
méfier de cette prétention de fin de la mission de
combat. La responsabilité des forces d'occupation
dirigées par les Américains pour ce qui se passe en
Irak va bien au-delà du retrait des troupes. Après avoir
ravagé le pays et son peuple durant sept ans d'occupation
brutale, précédée par des décennies
d'ingérence impérialiste, ces pays impérialistes
sont responsables des difficultés et des défis que
confronte l'Irak, et cela dans n'importe lequel scénario
post-occupation. Il est ridicule de laisser entendre que les
États-Unis et leurs alliés puissent envahir un pays,
détruire l'ensemble de son infrastructure, empoisonner son
environnement naturel et infliger des dommages indicibles à son
peuple, puis simplement s'en aller en déclarant que tout va pour
le mieux dans le
meilleur des mondes.
Tout au long de l'occupation, les forces
anglo-américaines ont semé la violence et
encouragé les divisions sectaires et les éléments
criminels et corrompus. Dans ce contexte de violence, d'orchestration
de l'indigence et de la corruption, on a imposé un gouvernement
irakien sans égard aux conditions, à la pensée
ou à l'histoire du peuple irakien. Il était naturel qu'un
système imposé de la sorte fonctionne mal et soit
instable. C'est le résultat final de cette prétention des
États-Unis à vouloir apporter la démocratie et la
liberté à l'Irak. C'est dans ce contexte qu'il faut voir
les prétentions d'Obama d'en être arrivé à
« la
fin des combats » : c'est de la désinformation.
En présentant le retrait des troupes comme étant l'enjeu,
Obama fait de la désinformation en s'éloignant de la
question centrale pour le peuple irakien et les peuples du monde :
tenir responsables les États-Unis et leurs alliés pour
leurs crimes.
Le Canada, même s'il a officiellement
refusé de participer à l'invasion et ensuite à
l'occupation, est un de ces alliés. Il joue depuis le
début un rôle vital au sein de la soi-disant
« Opération liberté » en Irak. Les
généraux canadiens ont notamment assumé le
rôle d'assistants commandants dans des
opérations des militaires américains et la Marine
canadienne sert dans le golfe Persique de plate-forme de lancement pour
les raids de bombardements en Irak.
Les États-Unis et d'autres pays qui ont
participé à cette agression, comme la Grande-Bretagne et
le Canada, ont la responsabilité de verser les
dédommagements au peuple irakien pour les crimes qu'ils ont
commis. Sans réparations et sans justice pour les crimes commis,
il est impensable que le peuple irakien
puisse rebâtir son pays dans un proche avenir et les Irakiens
seront évidemment blâmés pour ce qui suit. On leur
reprochera leur incapacité à surmonter les
problèmes causés par ces forces étrangères.
Il faut briser la culture de l'impunité créée par
l'occupation pour que le peuple irakien puisse recommencer à
neuf.
La situation appelle à la vigilance face à
cette désinformation et aux tentatives d'inscrire les crimes des
forces d'occupation des autorités irakiennes à qui elles
ont donné naissance dans les aspirations futures du peuple
irakien qui, avec sa résistance, est à la recherche d'une
Irak vraiment sécuritaire, indépendante
et juste.
Réparations et justice pour
l'Irak ! Non à l'impunité !

Abus systématiques des détenus
Le 13 septembre,
Amnesty International a
publié son rapport intitulé New Order, Same
Abuse : Unlawful Detentions and Torture in Iraq
(« Le nouvel ordre et les mêmes abus : les
détentions illégales et la torture en Irak »).
Dans ce rapport, Amnesty souligne les graves
et systématiques violations des droits humains subies par des
milliers de détenus aux mains des forces d'occupation sous
commandement américain et des autorités irakiennes
soutenues et formées par l'armée américaine. Les
violations incluent la torture, la détention illégale et
le refus des procédures prévues par la
loi et sont infligées principalement aux Irakiens
résistant à l'occupation.
Dans l'ensemble, le rapport dépeint une situation
d'impunité totale pour ces crimes. En dépit de la loi
irakienne et du droit international applicable, comme le Pacte
international relatif aux droits civils et politiques et la Convention
contre
la
torture
et autres peines ou traitements cruels, inhumains
ou dégradants, les violations documentées des droits
fondamentaux des détenus se poursuivent sans que les
responsables soient poursuivis. Le rapport d'Amnesty International
révèle que même si des enquêtes de certains
abus ont été annoncées, à cause d'un
tollé général, aucune action significative en a
résulté.
« Dans tous les cas, les responsables de violations n'ont
pas été traduits en justice. » Le rapport
conclut en ajoutant que « l'échec à traiter
sérieusement et efficacement de la torture et des autres
violations des droits humains [...] a créé une culture de
l'impunité. »
Selon le rapport :
- Environ 30 000 prisonniers irakiens sont actuellement
détenus, la grande majorité pour avoir exercé leur
droit de résister à l'occupation. Une telle
résistance est indifféremment appelée
« terrorisme » par les forces sous commandement
américain et les autorités irakiennes. Par
conséquent, la majorité
sont détenus en vertu d'une loi datant de 2005 contre le
terrorisme, qui prévoit la peine de mort pour quiconque
« provoque, planifie, finance et facilite l'activité
des terroristes ». Cette même prévoit la prison
à vie pour toute personne cachant ou donnant refuge aux
terroristes.
- La plupart des prisonniers sont détenus
illégalement, sans mandat d'arrêt, inculpation ni
procès, et ont été torturés, soumis
à des conditions de détention inhumaines et se sont vus
refuser les visites par des membres de leur famille.
- Certains sont détenus depuis l'invasion en
2003 tandis que d'autres restent en prison même si les
tribunaux ou les juges d'instruction ont ordonné leur
libération pour manque de preuves ou de motifs suffisants pour
les emprisonner.
- De nombreux détenus ont
« disparu » après leur arrestation et les
familles continuent à les chercher. Certains ont
été détenus dans des centres de détention
secrets, l'un des plus notoires est à l'ancien aéroport
Muthanna au centre de Bagdad. Cette installation secrète a
été révélée au grand jour en
avril 2010 lorsqu'il fut découvert que plus de 400 personnes y
étaient détenues. Ces disparitions forcées
« constituent en soi un mauvais traitement ou de la torture
à cause des souffrances considérables à lesquelles
font face les personnes détenues sans contact avec le monde
extérieur, et sans savoir quand ou
même si elles ne seront jamais libérées ou auront
le droit de revoir leur famille ».
- De nombreux détenus ont été
arrêtés sur la base d'informations fournies par des
informateurs payés ou capturés dans un coup de filet
à l'occasion d'une descente, lors d'arrestations de masse ou
enlevés de force d'une voiture par des individus masqués
ou habillés en civil.
- Les quelques détenus amenés en cour
l'ont été presqu'exclusivement sur la base d'aveux
obtenus sous la torture, incluant des centaines de personnes
condamnées plus tard à mort.
- La torture inclut le viol ou la menace de viol, les
coups subis avec des câbles et des tuyaux, des chocs
électriques sur les parties sensibles du corps, la suspension
prolongée par les membres, le prélèvement des
ongles des pieds à l'aide de pinces, l'asphyxie à l'aide
d'un sac de plastique sur la tête, la perforation
du corps à l'aide d'une perceuse et être forcé
à s'asseoir sur des objets pointus tels que des bouteilles
brisées. Ces actes de torture ont été
appliqués sans distinction aux femmes, enfants et hommes,
certains ayant de graves problèmes de santé. Le rapport
souligne l'usage considérable de la torture, en précisant
que
« le ministère irakien des Droits de l'homme a
documenté 574 allégations de torture au cours de
2009 [...] mais cela représente presque certainement rien
d'autre que la pointe d'un gigantesque iceberg. »
- Un nombre important de personnes sont mortes en
détention, y compris lors de leur transfert, au cours de
l'interrogatoire ou peu de temps après l'interrogatoire.
Le rapport fait également valoir que même
si ces violations des droits humains ont été faites au
nom de la sécurité, la situation sécuritaire en
Irak n'a jamais été aussi pire que maintenant alors
même que l'occupation illégale de l'Irak a
échoué à réaliser son but
déclaré d'améliorer la qualité de vie des
Irakiens
ou la situation des droits humains dans le pays.
Le rapport souligne que :
- Des centaines de milliers de personnes ont
été tuées. On estime à au moins
151 000 morts entre 2003 et 2006 mais le chiffre exact
est inconnu.
- Les services de base n'existent plus ou fonctionnent
à peine, y compris la santé et l'éducation.
- La fourniture en eau et électricité est,
au mieux, intermittente ; 70 % des Irakiens n'ont pas
accès à l'eau potable et 80 % n'ont pas accès
à des installations sanitaires fonctionnelles.
- Le chômage se situe officiellement à
50 %, mais en réalité, il est beaucoup plus
élevé.
- Environ quatre millions de personnes ont fui à
l'étranger ou sont déplacées dans le pays.
- Malgré la richesse pétrolière du
pays, des millions d'Irakiens sont aux prises avec la pauvreté
et la malnutrition grandissantes, dont les femmes souffrent
particulièrement.
Il y a violation des droits fondamentaux des prisonniers
irakiens et l'impunité parce que cela sert les forces sous
commandement américain comme moyen d'atteindre leur but de
contrôler la région, ses ressources et les peuples.
Grâce à de tels crimes, ils visent à
éliminer la résistance du peuple irakien à
l'occupation
et bloquer sa lutte pour affirmer son droit à
l'autodétermination. Dans l'ensemble, l'impérialisme a
détruit l'infrastructure de l'Irak et donné naissance
à une culture de l'impunité, créant des
défis gigantesques pour le peuple irakien qui n'en continue pas
moins de lutter courageusement pour l'indépendance et la justice.

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