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Industrie forestière
Les travailleurs affrontent la crise et le refus des
gouvernements de prendre leurs responsabilités
On estime que plus de 100 000 emplois ont
été perdus en cinq ans dans le secteur forestier à
l'échelle du Canada. Les travailleurs forestiers en ont plus
qu'assez de l'indifférence du gouvernement Harper face à
leur situation et face à l'industrie elle-même. Ce refus
d'assumer ses responsabilités face à l'industrie est tel
que des ministres de
Stephen Harper sont allés jusqu'à dire que l'industrie
forestière en est « à son
déclin ». Nous reproduisons deux entrevues avec des
travailleurs forestiers du Québec, membres du Syndicat canadien
des communications, de l'énergie et du papier (SCEP).
Entrevue
Lucien Côté, président de la section locale
3057 du SCEP et maire
de la municipalité de Taschereau en Abitibi-Témiscamingue
Nous étions 1 650 membres dans notre section
locale et maintenant nous sommes environ 800. Nous avons perdu
50 % de nos membres dans les derniers 4 ou 5 ans.
Plusieurs usines ont fermé pour des périodes de temps
indéterminées. Nous ne sommes même pas capables
d'avoir l'heure juste de la part des entreprises
pour savoir si elles ont l'intention de réouvrir ou non. Cela
crée beaucoup de difficultés et d'incertitude pour nos
travailleurs. Notre section locale est une section composée qui
a des membres dans plusieurs coins de l'Abitibi-Témiscamingue.
Plusieurs de nos membres travaillent pour AbitibiBowater qui est sous
la loi de la protection de la faillite et
nous ne savons pas vraiment ce qui va leur arriver. La crise dans notre
secteur ne montre aucun signe qu'elle va se résorber.
Certains de nos travailleurs mis à pied vont plus
au nord pour essayer de se trouver de l'emploi dans notre secteur et il
y en a d'autres qui essaient de se recycler dans d'autres secteurs.
Certains ont trouvé du travail au salaire minimum tandis que
d'autres n'ont toujours rien trouvé. On entend dire parfois que
le secteur minier absorbe la main-d'oeuvre qui est mise à pied
dans le secteur forestier mais
c'est très marginal. Vous avez besoin de formation et de
contacts pour entrer dans le secteur. Ça n'est pas vrai que vous
avez juste à vous présenter et que vous allez être
engagé. De plus, les entreprises minières ne sont pas
intéressées aux travailleurs forestiers qui sont dans la
quarantaine
ou la cinquantaine.
Il y a quelques années, quand il était
ministre des Ressources naturelles dans le gouvernement Charest, Pierre
Corbeil nous a dit que les travailleurs forestiers ont juste à
aller se recycler dans les mines ou même l'agriculture et tout va
s'arranger. Ça n'est pas comme ça que ça
fonctionne et lui-même n'est certainement pas un exemple de
succès.
C'est un dentiste qui s'est recyclé en ministre et voyez ce que
ça a donné. Ça n'est pas si facile pour un
travailleur forestier de la région de se recycler.
En plus d'être président de ma section
locale, je suis le maire de Taschereau et je peux vous dire que la
situation n'est pas facile pour la municipalité non plus. Nous
sommes une municipalité mono-industrielle et la crise
forestière affecte
beaucoup notre revenu en taxes. Un des combats que nous menons, les
travailleurs et la municipalité, c'est de nous assurer que nos
CAAF (Contrats d'approvisionnement et d'aménagement forestier -
ndlr) ne seront pas transférés dans d'autres
municipalités à cause des fermetures. Nous devons garder
nos
CAAF attachés à nos usines parce que sinon nous perdons
un levier pour les garder en vie et les repartir.
On ne peut pas dire que les gouvernements
fédéral et provincial aient fait grand-chose pour nous.
On voit bien qu'ils se fichent de ce que vivent les travailleurs.
Entrevue
Patrick Bouchard, vice-président de la section locale 3000-Q du
SCEP
Notre section locale représente 1 700
travailleurs de la forêt qui font de l'abattage et de la
sylviculture. Nous avons été durement frappés par
la récession et notre insécurité est encore plus
grande du fait que notre employeur AbitibiBowater s'est placé
sous la loi de la protection de la faillite.
Un des problèmes que nous avons c'est que nous
nous faisons constamment couper des heures avec peu ou pas
d'avertissement. Par exemple, nous ne travaillerons pas pour une
période de deux semaines à partir du 25 septembre.
Nous avons un emploi mais nous sommes constamment en arrêt de
production et nous l'apprenons à la
dernière minute. Imaginez les difficultés pour les
propriétaires de camions et d'abatteuses. Ils ne peuvent rien
planifier. De plus, avec AbitibiBowater sous la protection de la loi de
la faillite, les scieries ne gardent pas d'excès d'inventaire,
ce qui coupe nos heures parce que les scieries ne prennent pas notre
bois. Il faut comprendre qu'en plus de
cela, nous ne travaillons en forêt que 9-10 mois par
année. Quand c'est le temps de la fonte des neiges, par exemple,
nous n'avons pas accès à la forêt. C'est tout le
système qui est en crise. Ce qui me préoccupe le plus
c'est la relève parce que les jeunes ne vont plus vouloir aller
travailler en forêt. Pourquoi iraient-ils travailler là
avec les
conditions comme elles sont maintenant ? C'est très
difficile de recruter des jeunes pour travailler en forêt et les
classes de foresterie dans les écoles sont vides. Il y a trop
d'incertitude. Moi j'ai 58 ans. Cela fait plus de 30 ans que je
travaille en forêt et il me reste seulement quelques
années avant que je prenne ma retraite mais il y a
de moins en moins de jeunes pour prendre notre place. Nos forestiers
sont épuisés.
C'est triste à dire mais ce qui compense pour les
heures perdues ce sont les feux de forêt. Quand il y a des feux
de forêt nous devons aller bûcher le bois rapidement avant
qu'il pourrisse. C'est comme ça qu'on gagne un peu d'heures.
Les gouvernements ne nous aident pas. Le gouvernement
Charest par exemple a passé la loi 57 et il veut qu'elle
s'applique pleinement d'ici la fin de 2013. Une des choses que la loi
va faire c'est de permettre aux entreprises de vendre leur CAAF au plus
offrant. Cela veut dire encore plus de pertes d'emplois pour nous.
Notre bois et nos
emplois vont nous passer juste sous le nez pour aller ailleurs.
On peut voir que les gouvernements ne se soucient pas
des travailleurs forestiers.

Travailleurs migrants
Des inspections à l'improviste, une
enquête
du coroner et une enquête criminelle sont
nécessaires pour démontrer une tolérance
zéro
face au décès des travailleurs migrants
- Justicia for Migrant Workers, le
13 septembre 2010 -
Le vendredi 10 septembre 2010, Justicia for Migrant
Workers (J4MW), un groupe de défense des droits des travailleurs
migrants, a appris que deux travailleurs agricoles migrants
jamaïcains sont morts des suites de blessures subies sur les lieux
de travail à la ferme Filsinger près d'Owen Sound, en
Ontario. « Nous
sommes attristés par cette tragédie, déclare
Tzazna Miranda Leal, une organisatrice de Justicia pour les
travailleurs migrants, Nous déplorons cette perte et nous
faisons part de nos condoléances aux familles de ces
travailleurs. »
Bien que les détails des accidents mortels ne
sont pas divulgués en raison d'une enquête menée
par le ministère du Travail, le gouvernement jamaïcain
rapporte que Ralston White et Paul Roach peuvent avoir succombé
à l'inhalation de fumées toxiques. Les violations de la
santé et la sécurité sont monnaie courante
pour les travailleurs migrants. Que ce soit l'exposition aux pesticides
et aux produits chimiques, à l'équipement
défectueux, à l'intimidation et au harcèlement,
les travailleurs migrants de tous les coins de la province ont
décrit de nombreux exemples de dangers au travail.
Il est essentiel d'examiner si de l'équipement de
sécurité a été fourni à ces hommes,
quelle formation ils ont reçue ou si de l'information leur a
été fournie en ce qui a trait à leurs droits en
vertu de la Loi sur la santé et la sécurité.
J4MW
fait
valoir
en
outre que la structure du Programme des
travailleurs
agricoles saisonniers (PTAS) et du Programme des travailleurs
étrangers temporaires (PTET), qui emploient au Canada environ 30
000 travailleurs agricoles migrants, nie aux travailleurs migrants
agricoles la mobilité au travail et la capacité d'exercer
certains droits. La crainte d'une réprimande - que ce soit le
licenciement,
le rapatriement /déportation et la radiation permanente du
Canada - est une préoccupation constante pour de nombreux
travailleurs, dont l'emploi et la capacité à travailler
au Canada dépendent en grande partie de l'approbation de leur
employeur.
J4MW exhorte le ministre du Travail à examiner
les options suivantes dans le but de contrer à l'avenir cette
tragédie : inspections à l'improviste pour tous les
lieux de travail et d'hébergement où les travailleurs
migrants vivent et travaillent, une enquête du coroner sur les
détails relatifs à ces décès en milieu
de travail ; un mécanisme d'appel inscrit dans le PTAS et
le PTET afin que les travailleurs migrants ne puissent pas être
arbitrairement et unilatéralement rapatriés dans leur
pays d'origine (protection anti-représailles) ; une
amélioration des droits du travail et la protection de tous les
travailleurs migrants ;
et une enquête criminelle sur ces mortalités au travail
conformément au mandat de l'article 217.1 du Code criminel
du Canada. Le code stipule que :
« Il incombe à quiconque dirige
l'accomplissement d'un travail ou l'exécution d'une tâche
ou est habilité à le faire, de prendre les mesures
voulues
pour éviter qu'il n'en résulte de blessure corporelle
pour autrui. »
Chaque année, plus de 300 travailleurs meurent en
Ontario dans des décès liés au travail. De
nombreux autres sont mutilés ou blessés. L'agriculture
demeure l'une des professions les plus dangereuses dans l'ensemble du
Canada. Depuis 1999, il y a eu 33 décès
déclarés de travailleurs migrants employés
en Ontario sous les auspices du Programme des travailleurs agricoles
saisonniers et 1 129 rapatriements pour des fins
médicales des migrants du PTAS (les travailleurs qui ont
quitté le Canada pour cause de maladie ou de blessures subies en
Ontario). Le nombre d'accidents et de décès de
travailleurs
migrants ne sont pas tous signalés en raison du rapatriement
prématuré et du fait que les travailleurs meurent dans
leur pays d'origine à la suite de blessures subies pendant
qu'ils travaillaient au Canada.
Pour plus d'informations s'il vous plaît contacter
Chris Ramsaroop au 647-834-4932, à ramsaroopchris@gmail.com ou
Shane Martinez : 416-971-8832, à martines@lao.on.ca.

Europe
Manifestations de masse contre les «mesures
d'austérité» anti- sociales

Le 29 septembre 2010, Bruxelles, Belgique: Les métallos
français participent à une marche
sur le parlement de l'Union européenne. (Xinhua)
Le 29 septembre dernier, toute l'Union
européenne (UE) a été marquée par des
manifestations de masse des travailleurs contre l'offensive
néo-libérale anti-sociale des gouvernements et contre
leurs mesures d'austérité qui attaquent les moyens de
subsistance et les programmes sociaux qui sont nécessaires pour
assurer le bien-être de la population.
À l'appel de la Confédération
européenne des syndicats, une série de manifestations
coordonnées ont eu lieu dans 13 des 27 capitales de
l'UE , notamment à Bruxelles, Dublin, Lisbonne, Rome, Paris,
Riga, Varsovie, Nicosie, Bucarest, Prague,Vilnius, Belgrade et
Athènes. La Confédération générale
du travail a rapporté 230 actions ne serait-ce qu'en France.

Madrid le 29
septembre 2010: Plus de 500 000 personnes disent «Non» aux
mesures d'austérité du gouvernement
Zapatero sous la dictature de l'UE et du FMI. Sur la pancarte à
droite: «Certains, seulement avec des pistolets;
d'autres, avec les lois du vol».
À Bruxelles, qui est également le
siège du parlement de l'UE, il y a eu convergence de quelque 100
000 travailleurs de 50 syndicats et pratiquement de tous les
États-membres de l'UE. Ils ont paralysé Bruxelles,
agitant des drapeaux syndicaux et portant des banderoles disant :
« Non à l'austérité »
et « Priorité à la croissance et
l'emploi ». Les travailleurs ont exprimé sans
équivoque qu'ils ne seront pas punis pour une crise
économique qu'ils n'ont pas provoquée. Au contraire, ce
sont les travailleurs qui ont déjà fait les frais de la
crise et qui ont besoin de l'aide sociale et des pensions provenant
de la richesse sociale qu'ils produisent de manière à
surmonter la crise. Le taux de chômage de l'UE est
déjà de 9,6 % et près du double en Espagne,
Lettonie et Estonie.
En Espagne, les événements de la
journée ont pris la forme d'une grève
générale, la première au pays depuis 2002. Les
syndicats espagnols ont déclaré que 10 millions de
personnes, soit environ 70 % de la population active, y ont
participé. Beaucoup de petites entreprises ont fermé
leurs portes en solidarité,
les vols aériens ont été suspendus et la
programmation de la télévision a été
annulée.
En Grèce, les travailleurs ont
défilé durant la soirée devant le parlement pour
protester contre les mesures d'austérité qui leur sont
imposées par l'UE et le FMI en échange de renflouer le
pays. Depuis le début de l'année, la Grèce a
été témoin de grèves
générales de plus en plus grandes, comme celle contre les
coupures de pensions et de la sécurité sociale.
Jusqu'à 3 millions de personnes sont descendues dans la
rue. Une quatrième journée d'action a eu lieu le
2 octobre, s'étendant à tout le pays.



En haut à droite:
Les syndicats britanniques participent à l'action à
Bruxelles. En haut à gauche: Dublin, Irlande.
Centre à gauche: Madrid. Centre à droite: Barcelone,
Espagne. En bas à gauche: Riga, en Lettonie.
En bas à gauche: Athènes, Grèce. (Xinhua, Indymedia, Alicia Garcia / CNT)
En Grande-Bretagne, des actions ont ciblé
l'offensive du gouvernement contre les services publics. Ces services
essentiels ne doivent pas être coupés, ont dit les
manifestants; il existe des alternatives. En Irlande, une des
entrées du Dail, le parlement irlandais, a été
bloquée par un camion de ciment portant le slogan
« Banque anglo-toxique » pour protester contre
les énormes plans de sauvetage accordés aux institutions
financières du pays, tandis que les gens sont soumis, au nom
d'idéaux élevés, à des mesures
d'austérité anti-sociales.
Workers' Daily, publié par le Parti
communiste révolutionnaire de Grande-Bretagne
(marxiste-léniniste) souligne :
« Les syndicats et les centrales syndicales
européennes affirment la détermination des travailleurs
dans toute l'Europe qu'il y a une alternative aux coupures et aux
mesures d'austérité, qu'il y a moyen de se sortir de la
crise et que c'est exactement le contraire de ce que les gouvernements
ont proposé.
Ces gouvernements cherchent à détruire la notion d'une
société en imposant les programmes des monopoles,
centrés autour des coupures pour réduire les
déficits budgétaires. La crise financière et
économique n'a pas été causée par des
investissements dans les programmes sociaux et en veillant à ce
que l'économie
serve les besoins des peuples de l'Europe. Elle a été
causée par l'irresponsabilité et la grossière
insouciance des monopoles et de l'oligarchie financière. Cela a
été l'ordre du jour de l'UE, ainsi que des gouvernements
britanniques successifs. »
LML salue les actions militantes des
travailleurs européens et leur souhaite tout le succès
possible à contrer l'offensive anti-sociale des cercles
dirigeants.

Élections générales
au Brésil
Un deuxième tour pour les présidentielles

Dilma Rousseff (gauche) fait campagne avec
le président
sortant Luis «Lula» da Silva (centre) à Sao Bernado,
le 2 octobre 2010. (BNA) |
Le dimanche 3 octobre, des élections
générales ont eu lieu au Brésil pour la
présidence, les gouverneurs des 26 États, les
513 sièges au Congrès national et les deux tiers des
sièges au Sénat fédéral, soit 54 sur
81.
Neuf candidats étaient en lice pour le poste de
président. Dilma Rousseff du Parti des travailleurs du
Brésil (PT), le parti du président sortant Luis
« Lula » da Silva, a remporté 47 %
des 111 millions de votes recueillis (le nombre total des
électeurs admissibles était de
135 894 433), se classant première au premier tour. La
loi électorale du Brésil force un second tour si aucun
des candidats n'atteint la majorité simple, soit 50 % plus
un. Il y aura donc un second tour le 31 octobre entre Rousseff et
José Serra du Parti social-démocrate du Brésil
(PSDB) qui
est arrivé second avec environ 32,6 % des votes.
Rousseff a dit à la presse lundi qu'elle est en
pleine forme pour le second tour : « Le second tour me
donnera l'occasion de présenter mes propositions de façon
plus détaillée, mes projets pour l'élimination de
la pauvreté et pour le développement et pour assurer des
taux de croissance élevés au
Brésil. » Elle a réitéré que son
objectif est de faire bénéficier 190 millions de
Brésiliens de la richesse du pays.
Rousseff, ex-chef de cabinet de Lula et ministre des
Mines et de l'Énergie, jouit de l'appui des mouvements
démocratiques, populaires, progressistes et de gauche et
notamment du Parti communiste du Brésil (PCdoB). Son principal
adversaire, Serra, du PSDB, a été gouverneur de
l'État de Sao Paulo. Il est appuyé
par une coalition d'opposition conservatrice formée
essentiellement du PSDB et du Parti démocratique. Il a
été défait de façon décisive par
Lula lors de l'élection présidentielle de 2002.
Dans le numéro du 3 octobre de son journal Vermelho,
le
PCdoB
écrit
que
le choix entre les deux candidats est le
choix entre un Brésil qui continue de se construire comme une
nation progressiste et indépendante et un Brésil qui
recule et redevient le jouet des représentants de
l'impérialisme,
des monopoles, du capital financier, des riches propriétaires
fonciers et des propriétaires des médias conservateurs.
Le président national du PCdoB, Renato Rabelo, a
expliqué que le résultat du premier tour n'est pas
surprenant et ne change en rien le fait que Rousseff demeure la
candidate favorite. Il a dit que la baisse de la position de Rousseff
dans les sondages vers la fin du premier tour est attribuable à
la campagne réactionnaire
contre elle menée par l'opposition en collusion avec les
médias. « Un second tour est devenu probable dans les
deux dernières semaines, a-t-il dit, quand les sondages en ont
fait ouvertement mention. » Il a dit que la candidate qui
s'est placée troisième, Marina Silva, du Parti vert, en a
bénéficié. Silva
a remporté 19 % des votes.
Umberto Martins a écrit dans Vermelho
que les forces de droite, face à la possibilité de la
défaite définitive de leur candidat au premier tour, ont
mis à profit le contrôle qu'ils exercent sur les
médias pour s'attaquer au discours politique et à la
pensée indépendante du peuple. Elles ont en effet
dépeint
le gouvernement Lula comme un ennemi de la liberté de presse et
ont étouffé le débat des idées et des
programmes en lui substituant des rumeurs de scandales et le
sensationnalisme.
Rabelo a dit ne pas craindre le second tour car celui-ci
donnera l'occasion à Rousseff de mieux présenter ses
propositions et son programme final, ce qu'elle n'a pas pu faire au
premier tour. « Toutes les conditions sont là, a-t-il
dit, pour une victoire au second tour qui confirmera Dilma comme
favorite,
comme ce fut le cas avec Lula en 2006. »
LML félicite Dilma Rousseff, le PT et
le PCdoB pour leur forte performance dans cette élection.

Équateur
Derrière le coup d'État:
l'assaut de la droite contre l'ALBA
- Eva Golinger, 1er octobre 2010 –
La tentative de coup d'État contre un pays de
l'Alliance bolivarienne pour les peuples de notre Amérique
(ALBA) fait partie de l'effort pour freiner les processus
d'intégration et de démocratisation
révolutionnaire en Amérique latine. La droite est
à l'offensive en Amérique latine. Le succès
qu'elle a remporté
au Honduras en 2009, contre le gouvernement de Manuel Zelaya, lui a
donné de nouvelles forces et la confiance nécessaire pour
frapper encore.
Si les élections du 26 septembre au
Venezuela ont donné la victoire au Parti socialiste uni (PSUV),
elles ont aussi cédé un peu d'espace aux forces les plus
réactionnaires et les plus dangereuses qui cherchent à
créer la déstabilisation au service
d'intérêts impériaux. Les États-Unis ont
réussi à installer des
éléments clés à l'Assemblée
nationale et à leur donner un espace de manoeuvre pour saper la
démocratie vénézuélienne.


Quito, Équateur,
le 30 septembre 2010: Le peuple se porte à la défense du
président Rafael Correa
contre le coup d’État échoué des policiers. (Indymedia)
Le lendemain des élections, la principale
défenseuse du processus de paix en Colombie, Piedad Cordoba, a
été démise de ses fonctions de sénateur de
la République par le Contrôleur général sur
la base de preuves falsifiées. Le renvoi de la sénatrice
Cordoba est la manifestation d'une offensive contre les forces
progressistes
de Colombie qui cherchent des solutions véritables et pacifiques
à la guerre que vivent les Colombiens depuis plus de 60 ans.
Puis hier, le 30 septembre, il y a eu une tentative de
coup d'État en Équateur. Des officiers de police
insubordonnés se sont emparés de plusieurs institutions
dans la capitale, Quito, et ont provoqué le chaos et la panique.
Selon la version rapportée, ils protestaient
contre une nouvelle loi adoptée par l'Assemblée nationale
la veille qui les prive de certaines primes de travail.
Le président Rafael Correa est allé
à la rencontre des policiers pour essayer de résoudre le
conflit mais ceux-ci l'ont attaqué. Il a été
blessé à la jambe et incommodé par des gaz
lacrymogènes. Il a été transporté à
un hôpital militaire de Quito, d'où il a ensuite
été détenu contre sa
volonté.


Le président
équatorien Rafael Correa après avoir été
attaqué par les policiers le 30 septembre 2010. (Indymedia)
Les mouvements populaires se sont emparés des
rues et ont exigé la libération de leur président,
démocratiquement élu l'année
précédente avec une écrasante majorité. Des
milliers d'Équatoriens se sont portés à la
défense du président Correa pour secourir leur
démocratie des mains de comploteurs. Ces derniers
cherchaient à provoquer la démission du gouvernement
national.
Le président a finalement été
secouru par les Forces spéciales de l'armée
équatorienne en fin de soirée. Il a dénoncé
les comploteurs et il a attribué la responsabilité
directe de la tentative de coup à l'ancien président
Lucio Gutierrez. Ce dernier a subi une défaite lamentable aux
élections de 2009, plus de 55 %
des électeurs ayant préféré Correa.
Aujourd'hui il a dit à la presse : « La fin de
la tyrannie Correa est proche » et il a demandé
« la dissolution du parlement et la convocation
d'élections présidentielles ».
Mais au-delà de Gutierrez, il y a des facteurs
extérieurs à l'oeuvre dans cette affaire.
Infiltration de la police
Selon le journaliste Jean-Guy Allard, un rapport
officiel du ministre de la Défense de l'Équateur, Javier
Ponce, publié en octobre 2008, révélait que
« des diplomates étasuniens s'affairent à
corrompre la police et les forces armées ».
Le rapport confirme que des unités de police
« entretiennent une dépendance économique
informelle des États-Unis, notamment pour le financement de
dénonciateurs, la formation, l'équipement et les
opérations ».
Réagissant à ce rapport, l'ambassadrice
des États-Unis en Équateur, Heather Hodges, a dit :
« Nous travaillons en collaboration avec le gouvernement,
avec l'armée et avec la police pour la réalisation
d'objectifs qui sont très importants pour la
sécurité. » Selon elle, le travail avec les
forces
de sécurité équatoriennes porte sur
« la lutte contre le trafic de la drogue ».

À
gauche:
Les
policiers
en
mutinerie tiennent le président Correa
en otage à l’hôpital où il a été
amené
après l’attaque. À droite: D’autres policiers se livrent
à des méfaits dans les rues de Quito. (Indymedia)
L'ambassadrice
Hodges a été envoyée en
Équateur en 2008 par le président George W. Bush.
Elle avait fait ses preuves à la direction de l'ambassade des
États-Unis en Moldavie, un pays socialiste qui faisait jadis
partie de l'Union soviétique. Elle y a semé les graines
de la « révolution
colorée » qui a échoué en
2009 contre le parti communiste élu à la
majorité.
Avant cela, en 1991, elle était directrice
adjointe de l'Office des affaires cubaines du département
d'État. Celui-ci avait comme mission de provoquer la
déstabilisation à Cuba. Deux ans plus tard elle est
allée au Nicaragua pour consolider l'administration de Violeta
Chamorro, la présidente choisie par les États-Unis
aux termes de la sale guerre qui avait mené à la
défaite du gouvernement sandiniste en 1989.
Lorsque Bush l'a envoyée en Équateur,
c'était dans l'intention de provoquer la déstabilisation
contre Correa au cas où ce dernier refuserait de se soumettre
aux objectifs de Washington. Hodges a obtenu l'augmentation du budget
de la USAID et du National Endowment for Democracy (NED) pour le
financement
d'organisations sociales et de groupes politiques représentant
les intérêts des États-Unis, notamment
auprès des populations autochtones.
Suite à la réélection de Correa en
2009, conformément à une nouvelle constitution
approuvée par l'écrasante majorité des hommes et
femmes du pays en 2008, l'ambassadrice s'est mise à l'oeuvre.
USAID
Certains groupes sociaux progressistes ont
exprimé leur mécontentement face aux politiques du
gouvernement Correa. Il ne fait pas de doute que son gouvernement fait
l'objet de plaintes légitimes.
Mais les groupes et organisations qui s'opposent aux
politiques de Correa ne sont pas tous des agents impériaux.
Plusieurs reçoivent une aide financière et des directives
de l'étranger et leur rôle est de créer la
déstabilisation au-delà de l'expression naturelle de la
critique et de l'opposition au gouvernement.
En 2010, le département d'État a
haussé le budget de la USAID pour l'Équateur à
plus de 38 millions $. Au total, 5 640 000 $ ont
été investis dans l'oeuvre de
« décentralisation » ces dernières
années. Un des principaux artisans des programmes de la USAID en
Équateur
agit aussi au sein de la droite en Bolivie : la Chemonics Inc. Par
ailleurs, le NED a accordé une subvention de 125 806 $
au Centre pour l'entreprise privée (CIPE) pour la promotion de
traités de libre-échange, de la mondialisation et de
l'autonomie régionale en Équateur par la radio, la
télévision
et les journaux, de concert avec l'Institut équatorienne de la
politique économique.
Certaines organisations, comme Participación
Ciudadana et Pro-Justicia, et des sections du Conseil pour le
développement des peuples d'Équateur (CODEMPE), de
Pachakutik, de la Confédération des nationalités
autochtones d'Équateur (CONAIE), de la Indigenous Enterprise
Corporation et de la Fundación Quellkaj ont reçu un
financement de la USAID et du NED.
Durant les événements du 30 septembre, un
de ces groupes, le Pachakutik, a émis un communiqué en
appui aux policiers et demandant la démission du
président Correa, le tenant responsable de ce qui s'est produit.
Le groupe lui a même reproché une « attitude
dictatoriale ».
Le Pachakutik a conclu une alliance politique avec Lucio
Gutierrez en 2002 et ses liens avec l'ancien président sont
bien connus. Voici le texte du communiqué :
LE PACHAKUTIK DEMANDE AU PRÉSIDENT CORREA DE
DÉMISSIONNER ET APPELLE À LA FORMATION D'UN FRONT
NATIONAL UNIQUE
Communiqué 141
Face à la grave agitation politique et
à la crise interne provoquées par l'attitude dictatoriale
du président Rafael Correa, qui a attaqué les droits des
employés de la fonction publique et de la société,
le chef du mouvement Pachakutik, Cléver Jiménez, invite
le mouvement autochtone, les mouvements sociaux
et les organisations politiques démocratiques à former un
front national unique pour exiger la démission du
président Correa suivant les dispositions de l'Article
130-2 de la Constitution qui stipulent : "L'Assemblée
nationale renverra le président de la République dans les
cas suivants : [...] 2)
Grave crise politique et agitation intérieure."
Jiménez a soutenu la lutte des
employés de l'État, notamment celles des policiers qui se
sont mobilisés contre les politiques autoritaires du
régime qui visent à éliminer les droits acquis des
employés. Il faut voir l'action des policiers et des membres des
Forces armées comme une action juste de la part de
fonctionnaires
dont les droits sont attaqués.
Cet après-midi, le Pachakutik lance l'appel
à toutes les organisations du mouvement autochtone, aux
travailleurs et aux démocrates à bâtir
l'unité et à préparer de nouvelles actions contre
l'autoritarisme de Correa, à la défense des droits et des
garanties de tous les Équatoriens.
Secrétaire de presse
PACHAKUTIK BLOQUE
Le scénario utilisé au Venezuela et au
Honduras se répète. On tente de tenir le président
et le gouvernement responsables du « coup » pour
ensuite l'obliger à démissionner. Le coup d'État
en Équateur est la prochaine phase de l'agression permanente
contre l'ALBA et les mouvements révolutionnaires
de la région.
Le peuple demeure mobilisé dans son rejet de la
tentative de coup et les forces progressistes de la région
s'unissent pour exprimer leur solidarité et leur appui au
président Correa et à son gouvernement.

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Courriel: redaction@cpcml.ca