Le Marxiste-Léniniste

Numéro 150 - 28 septembre 2010

Xstrata à Rouyn-Noranda

Chantage odieux contre les travailleurs
par des menaces de fermeture

Xstrata à Rouyn-Noranda
Chantage odieux contre les travailleurs par des menaces de fermeture - Pierre Chénier

US Steel à Hamilton
L'aciérie de Hamilton doit continuer de produire! - Rolf Gerstenberger, président, syndicat des Métallos, section 1005

9e Congrès du Syndicat canadien des communications, de l'énergie et du papier
Les travailleurs terminent leur congrès sur une note militante - Pierre Chénier

Venezuela
Victoire décisive de l'Alliance révolutionnaire aux élections législatives

France
Des millions de personnes manifestent contre la réforme des retraites

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Xstrata à Rouyn-Noranda

Chantage odieux contre les travailleurs
par des menaces de fermeture

À la mi-août, le géant minier Xstrata a organisé une fuite délibérée de son plan de fermeture de la fonderie Horne à Rouyn-Noranda. Le document en question est une étude commandée en novembre 2009 sur les coûts projetés du démantèlement de la fonderie, des équipements et de l'infrastructure (les rails par exemple qui amènent le concentré à la fonderie) et dans l'enlèvement des matériaux contaminés. L'étude évalue à 47 millions $ le coût total de cet aspect de la fermeture.

À la mi-août, soit près de dix mois après que l'étude ait été faite, les travailleurs ont été surpris de pouvoir la lire sur le réseau de communications internes de l'entreprise. Les travailleurs ont accès à un certain nombre de documents sur ce réseau tandis que d'autres documents sont bloqués et portent l'inscription « accès interdit ». Les travailleurs ont eu accès au document pendant deux jours, le temps de l'imprimer et de le distribuer entre eux et aux médias locaux. Suite à cela, l'accès au document a été bloqué à nouveau.

Le directeur de la production à la Horne a dit aux médias que c'est une politique interne chez Xstrata de demander à toutes ses unités dans le monde de commander des études sur les coûts de fermeture.

« Un tel exercice nous permet de mieux prévoir nos investissements (sic), a-t-il dit. Plus le calcul final du plan est dispendieux, plus ça nous nuit. Si, par exemple, il y a un problème d'amiante dans une section de l'usine, il est avantageux pour nous de le régler rapidement pour diminuer d'éventuels coûts. »

Le directeur de la production a nié que l'existence du plan de fermeture signifie que Xstrata songe à fermer la fonderie. « Une chose est certaine, l'avenir de l'usine n'est pas remis en question. C'est une fausse alerte tout ça. Il faut reconnaître que le nom du document peut faire peur. Pourtant, nous sommes en train de travailler avec nos employés à assurer la rentabilité de l'usine, a-t-il ajouté. Depuis un peu plus d'un an et demi, nous sommes en train de suivre un programme de contrôle des coûts. C'est quelque chose qui mobilise beaucoup de personnel, mais à chaque mois, nous voyons une différence. »

En mai 2010, Xstrata a fermé le complexe métallurgique de Kidd Creek près de Timmins et il envoie maintenant son concentré à Rouyn. Le directeur de la production a eu des mots éloquents à ce sujet : « De plus, la fermeture de Kid Creek nous a permis de sauver sur les coûts de transport, car nous avons moins loin à faire pour nous approvisionner à présent. » Les travailleurs et la communauté de Timmins seront certainement soulagés d'apprendre que la fermeture de Kidd Creek a été un bon investissement pour Xstrata !


L'usine de cuivre Horne à Rouyn-Noranda

Avec son plan de fermeture, Xstrata exprime toute son arrogance et son attitude dictatoriale envers les travailleurs de la Horne et de la région qui sont supposés accepter n'être rien d'autre qu'un coût de production et se préparer à laisser Xstrata fermer ses portes et ficher le camp n'importe quand, laissant la région en péril. Selon Xstrata, si cela devait se produire, les travailleurs n'auront qu'eux-mêmes à blâmer parce qu'ils auront été incapables ou auront refusé de couper les coûts suffisamment par le biais de concessions, de subventions gouvernementales ou de l'abaissement des normes environnementales. Les dirigeants Xstrata, qui prétendent avoir droit de vie et de mort sur les travailleurs, les ressources et la région, pourraient bien se lever un bon matin et dire : « Désolés. Un grand merci à tout le monde. Nous partons ! »

Les travailleurs, la région et les politiciens de tous les paliers de gouvernement doivent mettre Xstrata à sa place et l'avertir qu'il ferait mieux d'arrêter son chantage. Xstrata est un visiteur étranger et il doit se comporter en tant que tel. Il opère dans la région à partir des ressources naturelles qui appartiennent au peuple et sont la source de ses moyens de subsistance. Xstrata emploie une force de travail très expérimentée qui a créé une quantité énorme de richesse sociale, laquelle est essentielle au niveau de vie de la population de la région. Ces ressources humaines, matérielles et naturelles ne sont pas des coûts qui encombrent Xstrata mais des composantes de l'édification nationale que la population de l'Abitibi-Témiscamingue et du Québec chérit et dont elle a besoin. C'est déjà une perte énorme que de voir une grande partie de cette richesse quitter la région et aboutir on ne sait où dans l'empire mondial Xstrata.

La dernière chose dont les travailleurs et la population des régions-ressources ont besoin, c'est de se faire humilier et de subir du chantage. Il faut rappeler ces vérités à Xstrata constamment et restreindre par la lutte des travailleurs et légalement sa capacité à prendre des décisions qui dévastent des vies.

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US Steel à Hamilton

L'aciérie de Hamilton doit continuer de produire!

US Steel se lance dans une autre provocation imprudente en nous annonçant qu'il a déposé une demande de conciliation auprès du ministère du Travail de l'Ontario. La section locale 1005 du syndicat des Métallos voit cela comme un signal que la compagnie s'apprête à réduire progressivement la production à l'usine de Hamilton. La stratégie vise deux objectifs : 1) soutirer des concessions aux métallos actifs et à la retraite pour que US Steel puisse retirer encore plus de valeur de l'économie canadienne et 2) transférer le fardeau de la crise économique qui se poursuit aux États-Unis sur le dos des Canadiens.

US Steel demande l'abolition du régime de pension à prestations déterminées pour les nouveaux employés, l'arrêt de l'indexation des pensions, la réduction des vacances, l'affaiblissement de la cause d'indexation des salaires au coût de la vie et d'autres concessions, comme celles qui touchent les travailleurs qui sont malades ou blessés. Il a déjà arrêté unilatéralement l'indexation des pensions, avant même que ne soit renouvelée la convention collective, ce qu'interdit la loi au Canada. Ces concessions, si nous les laissons passer, vont avoir pour effet qu'une partie encore plus grande de la richesse que nous produisons quittera la région et le pays.

Il est évident maintenant qu'avec ces demandes inacceptables et le refus de négocier US Steel cherche à provoquer une réaction de notre part pour nous imposer un lock-out et fermer l'aciérie et encore une fois remplir les commandes à partir des aciéries situées aux États-Unis. C'est pour accroître la pression et nous faire accepter les concessions et ça ne doit pas passer. Et ça ne passera pas !

US Steel a utilisé ces mêmes tactiques pour soutirer des concessions aux métallos de l'aciérie du Lac Érié sous couvert d'un faux « conflit de travail ». Les ateliers du lac Érié ont été fermés pendant neuf mois et la compagnie a importé de l'acier à partir des excédents produits dans ses usines aux États-Unis. Elle peut ainsi clamer l'innocence quand on lui reproche de ne pas respecter ses engagements à maintenir un certain niveau d'emploi et de production au Canada, comme l'exige la Loi sur Investissement Canada.

La crise économique continue, surtout aux États-Unis. US Steel a déjà fermé l'aciérie de Stelco à plusieurs reprises en faveur des aciéries situées aux États-Unis comme moyen de transférer les conséquences de la crise sur le dos du Canada.

Les Canadiens doivent s'unir pour faire cesser ces pratiques. Il ne faut pas permettre à US Steel d'utiliser un faux « conflit de travail » comme prétexte pour fermer l'aciérie de Hamilton, soutirer des concessions aux métallos, retirer encore plus de valeur de la région et de l'économie canadienne.

Il est à noter que le pdg de US Steel, John Surma, est en conflit d'intérêt à cause de ses fonctions officielles au sein de l'administration Obama. Le président Obama l'a nommé au comité consultatif sur la politique commerciale chargé de « guider la résolution des problèmes commerciaux affectant les États- Unis ». Le bureau du représentant du commerce affirme que « le Congrès américain a établi le système de comités consultatifs dans le secteur privé en 1974 pour s'assurer que les objectifs commerciaux des États-Unis reflètent correctement les intérêts commerciaux et économiques des États-Unis... Le comité [dont Surma est membre] aborde les problèmes commerciaux dans le contexte de l'intérêt national d'ensemble des États-Unis. »

Le président Obama, la présidente de la Chambre des représentants Nancy Pelosi et les principaux chefs d'entreprise des États-Unis parlent constamment du besoin d'augmenter les exportations et de s'emparer des matières premières de pays étrangers, surtout du Canada. John Surma fait partie de cette cabale qui cherche à détruire le secteur manufacturier au Canada, à accroître les exportations étasuniennes au Canada et à s'emparer de nos matières premières, comme les billots de bois et le bitume, et pourtant il est l'administrateur en chef de deux de nos plus importantes aciéries et il les a déjà fermées à plusieurs reprises. Il y a un conflit d'intérêt et nos gouvernements doivent intervenir. Ils ont le devoir de défendre le Canada contre l'annexion.

Le Canada a besoin d'acier. Les métallos de Hamilton peuvent et veulent produire de l'acier. Joignez-vous à nous pour défendre le droit souverain du Canada de produire de l'acier pour l'économie canadienne à des salaires et avantages sociaux de standard canadien. Dites aux voleurs étrangers de cesser de s'ingérer dans notre économie. Dites aux gouvernements du Canada et de l'Ontario de défendre les Canadiens et leur économie et d'empêcher les monopoles mondiaux de s'emparer de nos ressources et de détruire notre industrie. Nous avons tout ce qu'il faut pour surmonter nos difficultés économiques. Il faut commencer par défendre notre droit souverain de contrôler notre économie et de refuser de faire les frais des difficultés économiques des États-Unis.

À qui l'économie ? À nous !
Qui décide ? Nous décidons !
L'aciérie de Hamilton doit continuer de produire !
Soyez avec le 1005 dans cette bataille pour défendre
les droits économiques et souverains du Canada !
Base manufacturière, oui ! Destruction nationale, non !

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9e Congrès du Syndicat canadien
des communications, de l'énergie et du papier

Les travailleurs terminent
leur congrès sur une note militante


(CEP)

Les 22 et 23 septembre étaient les deux dernières journées du 9e Congrès du Syndicat canadien des communications, de l'énergie et du papier (CEP).

La journée du 22 septembre a été marquée par une cérémonie en l'honneur des retraités du SCEP et des membres du syndicat qui sont décédés depuis le dernier Congrès et qui continuent d'inspirer les travailleurs dans leurs luttes actuelles. Le Prix Femme de distinction a été décerné à titre posthume à Joy Langan et reçu par sa fille. Le Comité de la condition féminine du syndicat a informé les participants que ce prix portera dorénavant le nom de Prix Femme de distinction Joy Langan pour commémorer les contributions de la syndicaliste à la vie du syndicat et en particulier aux luttes des femmes. Langan était du secteur des médias et elle a participé à nombre de luttes et de grèves, dont la grève de 8 mois en 2000 au Calgary Herald qui appartenait alors au groupe de Conrad Black. Elle est devenue vice-présidente de la Fédération des travailleurs de Colombie-Britannique et a été députée fédérale du NPD de 1988 à 1993 dans le comté de Mission-Coquitlam en Colombie-Britannique. Elle est décédée du cancer du sein le 30 juillet 2009.

Le Congrès a été ajourné tôt dans la journée pour permettre la tenue des élections des officiers régionaux, des membres du Comité de la condition féminine et des membres de la base et suppléants du Conseil exécutif national.

La cinquième et dernière journée du Congrès a été consacrée à l'adoption de résolutions importantes et à l'assermentation du nouveau Conseil exécutif national.

Les délégués ont voté à l'unanimité une résolution sur les pensions. La résolution appelle à des modifications à la Loi sur la faillite et l'insolvabilité (LFI) et à la Loi sur les arrangements avec les créanciers des compagnies (LACC) de façon à accorder un statut de créancier garanti en priorité absolue à tous les fonds de retraite ainsi qu'aux salaires, aux indemnités de départ et aux autres réclamations liées à l'emploi des travailleurs ; la résolution exige aussi l'élimination des dispositions de ces lois qui entravent la libre négociation collective et les droits collectifs des travailleurs. notamment le droit de grève. La résolution appelle à la poursuite de la lutte pour protéger les régimes de retraite des des membres du SCEP contre les demandes des employeurs. Elle engage le SCEP à appuyer la campagne du CTC visant à doubler les prestations du RPC et du RRQ et à augmenter le Supplément de revenu garanti de 15 % afin qu'aucune personne âgée n'ait à vivre dans la pauvreté et elle appuie la création du Fonds national d'investissement et de rentes pour les régimes de retraite orphelins. Les travailleurs de Papiers Fraser et de Canwest Global Communications, tous deux présentement sous la protection de la loi sur les faillites, ont fait des interventions passionnées en appui à la résolution.

Le Congrès a adopté deux résolutions sur l'action politique. La première appelle le SCEP à contribuer à la défaite du gouvernement Harper aux prochaines élections fédérales, à cause de toutes ses attaques contre les travailleurs et sa destruction du pays, en élisant le plus de candidats possible du Bloc et du NPD et en demandant aux partis de l'opposition de coopérer afin de présenter une alternative progressiste aux Canadiens. La seconde appelle les sections locales du SCEP à créer des comités d'action politique pour impliquer les membres du SCEP dans cette campagne.

Le Congrès a également adopté en cette dernière journée une résolution qui dénonce les compressions imposées dans les services de nouvelles locales télévisées à travers le pays et demande au gouvernement et au CRTC d'assurer la diffusion d'une programmation de haute qualité de nouvelles locales aux stations locales de télévision à travers le Canada.

Suite à l'adoption des résolutions, les membres du nouveau Conseil exécutif du SCEP ont été assermentés. Dave Coles a été proclamé président du SCEP, Gaétan Ménard, secrétaire-trésorier et Peter Murdoch, vice-président, Médias. Les délégués ont élu Chuck Shewfelt au poste de Vice-président de la Région de l'Atlantique, Michel Ouimet et Renaud Gagné respectivement vice-

président exécutif et vice-président de la Région du Québec, Kim Ginter, vice-président de la Région de l'Ontario, Jim Britton, vice-président de la Région de l'Ouest de même que les autres vice-présidents des régions, les membres de la base et suppléants du Conseil exécutif national et les membres du Comité de la condition féminine et du Comité sur l'équité.

En guise de brèves remarques de clôture, Dave Coles a exprimé sa satisfaction face au déroulement du Congrès et a mis l'accent sur la nécessité de défendre les travailleurs et de faire obstacle aux forces qui travaillent à la destruction du pays.

LML félicite les travailleurs du SCEP pour le succès du Congrès et leur contribution importante à la lutte des travailleurs de tout le pays contre la destruction nationale et pour prendre contrôle de l'économie et des ressources afin qu'elles servent à la satisfaction des besoins du peuple et notamment à assurer une retraite digne et en sécurité.

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Venezuela

Victoire décisive de l'Alliance
révolutionnaire aux élections législatives


À gauche: Rassemblement du Parti de l'unité socialiste à Caracas le 23 septembre. À droite: Le président
vénézuélien Hugo Chavez après avoir déposé son vote le 26 septembre 
2010. (Xinhua)

Selon le premier bulletin officiel émis par la présidente du Conseil national électoral (CNE), Tibisay Lucena, les forces de l'Alliance révolutionnaire regroupant le Parti socialiste unifié du Venezuela (PSUV) et le parti communiste du Venezuela (PCV) ont remporté 95 des 165 sièges de l'Assemblée nationale.

À partir de ce premier bulletin du CNE, les résultats non réversibles annoncés à 2 h 20 le 27 septembre donnaient : 95 élus pour l'alliance PSUV/PCV (incluant le siège d'un allié autochtone), 60 élus pour la Mesa de la Unidad Democrática (MUD), 2 pour le parti Patria para todos (PPT), 2 élus de groupes autochtones et 6 sièges à déterminer. D'autre part, les électeurs vénézuéliens ont élu 12 représentants au parlement latino-américain se divisant en 6 représentants de l'alliance PSUV/PCV, 5 de la MUD et un autre à déterminer.

La présidente du CNE a souligné que le taux de participation avait atteint le niveau historique de 66,45 % des inscrits sur la liste électorale.

Le président Hugo Chavez, a félicité le peuple vénézuélien en qualifiant les résultats de « nouvelle victoire du peuple. Il a déclaré : « Le triomphe des candidats bolivariens représente politiquement la continuité et la consolidation de la révolution et du socialisme, de même que l'approfondissement du rôle participatif du pouvoir populaire . » Pour sa part le chef de la campagne électorale du PSUV, Aristóbulo Istúriz, a déclaré : « Avec cette victoire décisive, nous appelons à nous unir, à nous fortifier parce que c'est une longue lutte, une bataille qui ne finit pas, une force importante pour continuer la lutte dans la construction du socialisme au Venezuela. »

LML félicite le président Chavez, les membres de l'alliance PSUV/PCV et le peuple vénézuélien pour cette victoire électorale. Celle-ci est d'autant plus significative qu'elle a été le résultat d'un effort colossal de toutes le forces de l'Alliance révolutionnaire pour mobiliser la majorité du peuple dans la défense de la révolution bolivarienne. Elle constitue également une victoire décisive contre la mafia médiatique qui contrôle toujours la majorité des télévisions, radios et journaux privés du pays et qui a consacré 75 % de l'espace électoral de leurs médias à appeler le peuple à voter pour les candidats de l'opposition et à calomnier le président Chavez et les progrès de la révolution bolivarienne.

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France

Des millions de personnes manifestent
contre la réforme des retraites

Le 23 septembre, plus de trois millions de personnes ont participé à des grèves et autres actions de protestation partout en France pour exiger le retrait du projet de loi sur les retraites qui s'en prend au droit des travailleurs de vivre la retraite dans la dignité.

Des manifestations de la même envergure ont eu lieu le 7 septembre, lorsque le projet de loi était débattu à l'Assemblée nationale française. Tous les grands syndicats de la France s'étaient unis pour les actions des 7 et 23 septembre pour assurer la participation de tous les grands secteurs de l'économie.

L'adoption de la loi par l'Assemblée nationale le 15 septembre, un autre jour marqué par de grandes manifestations partout en France, n'a fait qu'accroître la détermination des travailleurs et de l'ensemble du peuple à repousser ces mesures antisociales, comme en atteste la participation aux actions du 23 septembre. Selon une communiqué de la Confédération générale du travail (CGT), du 7 au 23 septembre il y a eu une augmentation de la participation des travailleurs du secteur privé, en particulier des petites et moyennes entreprises, et de la participation des femmes et des jeunes.

Le projet de loi, qui doit maintenant être adopté par le Sénat, relève l'âge légal de départ à la retraite de 60 à 62 ans, hausse le taux de cotisation à la retraite dans la fonction publique de 7,85 % à 10,55 % et allonge la durée de cotisation pour une pleine pension de 41 ans à 41 ans et demi, parmi d'autres mesures.

La crise économique mondiale sert de justification à cette importante régression que la classe dominante de France cherche à imposer aux travailleurs. Le président Nicolas Sarkozy invoque les grands idéaux, disant que la réforme est nécessaire pour réduire le déficit et assurer la viabilité du système de retraite d'État pour les générations futures. Le premier ministre François Fillon a déclaré sur le même ton arrogant : « Gouverner la France c'est aussi parfois savoir dire non. [...] Nous ne retirerons pas ce projet de réforme parce qu'il est nécessaire et raisonnable. »


À Paris le 7 septembre: Journée nationale de grève avec la participation de plus de 2,5 millions
de personnes cotnre la réforme antisociale du système de retraite.  (Xinhua)

Les travailleurs français ont répondu que la classe ouvrière française n'a pas causé la crise économique mondiale et ne doit pas être forcée d'en porter le fardeau, que l'assaut contre les retraites ne fera qu'empirer les choses. Ils réclament que les employeurs soient appelés à payer davantage pour les retraites. Avec le régime actuel, 84 % des 30 milliards d'euros investis dans le système de retraite en 2010 proviendra des travailleurs et seulement 7 % des employeurs.

La coalition des syndicats qui coordonne les actions lance l'appel à d'autres manifestations les 2 et 12 octobre. Certains syndicats vont également prendre part à la mobilisation européenne du 29 septembre appelée par la Confédération européenne des syndicats contre les mesures d'austérité et pour exiger des plans de relance en faveur de la qualité des emplois et de la croissance.


À Paris le 15 septembre  (Xinhua)

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