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Numéro 149 - 25
septembre 2010
La 6e Journée montréalaise
d'amitié
avec Cuba: un franc succès!

À gauche: Le
groupe Los Quebecos Del Son.
À droite: Son Excellence Teresita de Jesus Vicente Sotolongo,
ambassadrice de la République de Cuba au Canada, et Pierre
Richard Casimir,
consul général d'Haïti à Montréal,
s'adressant à l'auditoire à la 6e Journée
montréalaise d'amitié avec
Cuba le 18 septembre 2010. (Photos:
Serge Grenier)
ACTIVITÉS PROCHAINES
• La 6e
Journée montréalaise d'amitié avec Cuba: un franc
succès!
• Les réformes et la
désinformation concernant les mises à pied -
Enver Villamizar
• Réplique à l'éditorial
du Globe and Mail «Une nouvelle révolution cubaine
risquée» - Isaac Saney
• Le Réseau canadien pour Cuba tient son
congrès biannuel - Communiqué
À titre d'information
• Discours du président cubain Raoul
Castro Ruz à la 5e Session de la VIIe Législature de
l'Assemblée nationale du pouvoir populaire (extraits)
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La 6e Journée montréalaise
d'amitié
avec Cuba: un franc succès !
« Saluons la solidarité de Cuba avec
les peuples du monde » est le thème sous lequel s'est
tenue la 6e Journée montréalaise d'amitié avec
Cuba le samedi 18 septembre dernier à Montréal.
L'aide indéfectible qu'apporte le peuple cubain aux peuples du
monde, et en particulier au peuple haïtien, était au coeur
des activités
organisées pour la journée qui a eu lieu au Chapiteau du
CCSE près du marché Maisonneuve. Concrètement, la
Table de concertation de solidarité Québec-Cuba,
organisatrice de la journée, avait annoncé que la
moitié des surplus accumulés serait remise aux brigades
cubaines oeuvrant en Haïti, dont la brigade médicale Henry
Reeves.
Dès 13 h 30, à l'extérieur du
chapiteau, les activistes de la communauté cubaine du Canada
accueillaient les gens de leur roulotte aux couleurs de Cuba, avec
musique et drapeaux. À l'intérieur du chapiteau, les
membres de la Table ont tenu des kiosques traitant des énergies
renouvelables à Cuba, la jeunesse et l'éducation, la
lutte pour
libérer les Cinq Héros cubains, la chanson populaire
cubaine, la démocratie, la base de Guantanamo, le blocus et
plusieurs autres thèmes. Tout l'après-midi, il y a eu un
va-et-vient de gens du quartier et d'ailleurs qui sont venus apprendre
sur Cuba, en particulier l'esprit internationaliste du peuple cubain et
sa conception du monde qui place l'être
humain au premier plan de toute intervention. Durant cette
période, Réal Ménard, le maire de l'arrondissement
Mercier-Hochelaga-Maisonneuve, est venu visiter les kiosques et saluer
les participants. Dans un message envoyé à la Table pour
la journée, il a expliqué « C'est la
première année, à titre de maire de
l'arrondissement, que je suis appelé à féliciter
votre organisation d'avoir choisi notre arrondissement comme port
d'attache de ces journées d'amitié... »
Il a dit apprécier l'initiative d'appuyer le peuple
haïtien, « un pays avec lequel nous partageons une
amitié profonde et une solidarité commune ».

À gauche:
L'atelier de danse folklorique québécoise de Les Pieds
Légers de Laval. À droite: L'atelier
de danse salsa de l'école Ritmo Picante. (Photos:
Serge Grenier)


Rangée du
haut: Réal Ménard, maire de l'arrondissement
Mercier-Hochelaga-Maisonneuve, discute avec des activistes. À
droite: Échange au kiosque sur la jeunesse et
l'éducation.
Rangée du bas: Vic Vogel, musicien, et Armand Vaillancourt,
sculpteur, deux amis de Cuba. À droite: Le groupe Los Quebecos
Del Son en action. (Photos: Serge Grenier)
De 16 h à 18 h, un cocktail
d'amitié a été offert pour accompagner les
ateliers de danse de l'école Ritmo Picante et de la troupe les
Pieds Légers de Laval. Le soleil était de la partie et
beaucoup de gens de tout âge ont participé activement en
dansant des sets carrés et la salsa cubaine.
Puis dès 18 h, des gens d'Hochelaga, des
amis de Cuba, des familles, des gens des communautés
haïtienne, cubaine et latino-américaine, ont
commencé à entrer dans le chapiteau et la salle s'est
vite remplie. Le programme officiel de la soirée a
commencé à 19 h. L'animatrice Maguy Métellus,
bien connue de la communauté
haïtienne, a donné le ton en expliquant le décor de
la scène : une immense toile créée par
l'artiste Armand Vaillancourt sur laquelle sont dessinés les
Cinq Héros cubains injustement emprisonnés aux
États-Unis. Elle a rappelé que cela faisait 12 ans,
le 12 septembre, que les Cinq ont été
arrêtés en toute impunité et injustice. La
libération des Cinq a été un des thèmes
majeurs de la soirée.

Maguy
Métellus, l'animatrice
de la soirée. (Photos:
Serge Grenier) |
Avec des prises de parole vigoureuses,
intercalées de prestations musicales et de poésie, la
soirée a été tout aussi vivante et animée
que la journée. Les discours étaient brefs mais
l'amitié qui unit les peuples cubain, haïtien et
québécois et la défense de la souveraineté
des peuples étaient au coeur des interventions. Plusieurs
dignitaires et
personnalités politiques étaient présents et
plusieurs ont pris la parole : le consul cubain Laureano Cardoso,
le consul de Bolivie Walter Estenssoro Borda et la consule
générale de la République bolivarienne du
Venezuela, Lesbia Margarita Morales Castillo, le député
fédéral d'Hochelaga Daniel Paillé, Mary Deros de
la Ville de Montréal et
plusieurs autres, sans oublier le consul général
d'Haïti à Montréal, Pierre Richard Casimir, et
l'ambassadrice de la République de Cuba au Canada, Teresita de
Jesus Vicente Sotolongo, qui ont souligné les liens de lutte et
d'assistance mutuelle qui les unissent, sous un tonnerre
d'applaudissements. La députée provinciale
d'Hochelaga-Maisonneuve,
Carole Poirier, était heureuse d'informer l'assemblée
qu'elle avait eu l'honneur de faire visiter la circonscription au
consul cubain plus tôt durant la semaine.
Il y a eu aussi le grand conteur haïtien
Jean-Claude Martineau, Gaétan Chateauneuf, président du
conseil central du Montréal métropolitain de la CSN, et
Armand Vaillancourt qui ont souligné leur amour pour les peuples
cubain et haïtien et salué les luttes des peuples des
Amériques contre l'empire étasunien. Puis le pianiste Vic
Vogel et son
orchestre, l'ensemble Acalanto, Jules Cousineau et cie, le groupe Los
Québécos Del Son, avec leurs chansons, leur rythme et
leur musique, ont fait chanter, applaudir et danser la salle
jusqu'à la fin de la soirée. Ce fut une journée
bien remplie qui a fait honneur à l'amitié qui unit les
peuples et qui a mis en relief le mot d'ordre : Ensemble, un
monde meilleur est possible !

Cuba
Les réformes et la désinformation
concernant les mises à pied
- Enver Villamizar –
Les médias monopolisés du Canada racontent
depuis quelque temps que le gouvernement de Cuba se prépare
à mettre à pied 500 000 employés de la fonction
publique. On laisse entendre que ce serait un pas vers le
rétablissement du capitalisme à Cuba. Dans un
éditorial du 9 septembre, le Globe
and Mail écrivait : « L'annonce surprise
du gouvernement cubain cette semaine qu'il licenciait 500 000
employés de l'État pourrait provoquer un mouvement
d'opposition, mais les réformes sont un premier pas dans la
bonne direction. »
La classe ouvrière et les peuples opprimés
du monde seraient effectivement inquiets si le capitalisme était
restauré à Cuba, mais c'est la préoccupation
morbide de la défaite qui hante les riches qui s'exprime ainsi
dans les médias. Cela n'a rien à voir avec ce qui se
passe là-bas. Un retour au capitalisme est ce
que les impérialistes cherchent à provoquer depuis la
révolution, sans relâche, usant d'agressions
économiques, politiques et militaires. Mais ils auraient tort de
prendre leurs rêves pour la réalité.
Les médias monopolisés voient dans les
développements à Cuba ce qu'ils veulent bien voir. Ils ne
se soucient pas du bien-être du peuple cubain, surtout pas des
travailleurs cubains, pas plus qu'ils ne se soucient du bien-être
de la classe ouvrière ici au Canada. Ils partent d'une
perspective antiouvrière, dans laquelle
les intérêts des monopoles mondiaux sont synonymes des
intérêts de la nation tandis que les travailleurs ne sont
qu'un coût de production.
Les mesures annoncées par Raoul Castro,
président du Conseil d'État et du Conseil des ministres,
à la Cinquième Session de la VIIe Législature de
l'Assemblée nationale du Pouvoir populaire le 1er août
sont décidément des changements significatifs. Mais dans
quel sens ? Selon le Globe and Mail,
elles vont dans le sens de rétablir le capitalisme et d'imposer
à la classe ouvrière cubaine un modèle de
marché du travail capitaliste. Selon le président cubain,
elles visent à « préserver et
développer notre système social et de le rendre durable
dans l'avenir ».
Raoul Castro résume ainsi l'essence des
réformes : « Durant la première phase,
que nous avons l'intention de conclure au premier trimestre de
l'année prochaine, nous allons changer le traitement de l'emploi
et les salaires offerts aux travailleurs disponibles et non
intégrés à un groupe d'organismes
de l'administration centrale dans le sens d'éliminer l'approche
paternaliste qui ne met pas en valeur la nécessité de
travailler pour vivre et ainsi réduire les dépenses
improductives que constituent le salaire égal pour tous sans
égard au nombre d'années travaillées et une
garantie salariale durant de longues périodes
aux personnes qui ne travaillent pas. »
Il a également réitéré que
personne ne sera abandonné à son sort :
« Avec ces mesures, nous partons du principe que personne ne
sera abandonné à son sort et que, grâce au
système de sécurité sociale, l'État
socialiste offrira aux personnes qui ne sont réellement pas en
mesure de travailler, et qui
sont le seul soutien pour la famille, le soutien nécessaire pour
vivre dans la dignité. Nous devons effacer à jamais
l'idée que Cuba est le seul pays au monde où on n'est pas
obligé de travailler pour vivre. »
Il a expliqué que « le Conseil des
ministres a convenu d'étendre la pratique du travail autonome et
de l'utiliser comme alternative d'emploi pour les personnes sans
travail en levant certaines interdictions en vigueur dans l'octroi de
nouveaux permis et la mise en marché de certains produits, de
manière à
rendre les contrats de travail plus flexibles. »
Le gouvernement cubain s'attaque ainsi au besoin
d'accroître la productivité et l'efficacité de la
classe ouvrière pour défendre la capacité du pays
à suffire à ses besoins. Sans ces mesures, explique Raoul
Castro, le gouvernement ne sera pas en mesure « d'augmenter
les salaires, d'accroître les exportations
et de réduire les importations, d'accroître la production
alimentaire et d'assurer de façon définitive les
énormes coûts sociaux inhérents à notre
système socialiste, un secteur où nous avons aussi le
devoir d'être rationnels et d'épargner beaucoup plus sans
sacrifier la qualité. »
Ce qu'on peut tirer de ces déclarations, c'est
que le gouvernement cubain ne considère pas la classe
ouvrière comme un coût de production qu'il faut
réduire et attaquer pour augmenter les profits d'une minuscule
élite. Bien au contraire, les Cubains affirment que la classe
ouvrière est une force productive qui
crée la valeur ajoutée dont a besoin la
société pour maintenir et accroître son niveau de
vie, au présent et à l'avenir. Il faut constamment
élever cette capacité productive pour que la
société progresse et ne stagne pas.
Le Globe and Mail et les intérêts
qu'il représente ne veulent pas admettre que le modèle
économique néolibéral est une catastrophe pour
toute la planète et qu'il y a d'autres façons de
s'attaquer aux problèmes de l'économie, des solutions qui
vont dans le sens des intérêts du peuple. Tout le
vécu de
Cuba s'insurge contre le bavardage oiseux sur les modèles
économiques pendant que les impérialistes imposent leur
diktat au monde sans égard aux conditions et exigences des
différents pays et des différents peuples. Les Cubains
ont réussi à maintenir le socialisme
précisément parce qu'ils défendent
l'intérêt révolutionnaire
dans toutes les conditions et circonstances. Bien loin de vouloir
s'imposer des modèles étrangers, ils s'attaquent aux
problèmes réels qui surgissent.
Le Globe and Mail ne s'intéresse pas
aux efforts du gouvernement cubain pour s'attaquer à ce
problème social réel qu'est le besoin de renforcer, par
des moyens juridiques, l'éthique du travail, que c'est par le
travail et les sacrifices qu'on bâtit une société
socialiste, pas en s'endettant, en gaspillant
les ressources humaines et naturelles ou en entretenant des
éléments devenus complaisants qui ne reconnaissent plus
le besoin de travailler pour vivre. En d'autres mots, ces mesures
visent à éliminer les aspects négatifs surgis dans
le développement économique, dans la lutte pour garantir
les droits du peuple durant
la Période spéciale et depuis. Et elles nous donnent
toutes les raisons de croire que ces droits seront garantis à
l'avenir également.
Jeunes Cubains aux
célébrations du Premier Mai 2009 à La Havane:
«Tout pour la révolution».
(annaberta -- Flickr)

Réplique à l'éditorial du Globe
and Mail
«Une nouvelle révolution cubaine risquée»
- Isaac Saney -
À : la rédaction, The Globe and
Mail
Objet : Votre éditorial « Une nouvelle
révolution cubaine risquée » (20 septembre)
L'annonce des nouvelles mesures économiques
à Cuba n'a surpris aucun journaliste ou observateur
sérieux. En juillet 2007, une consultation et un débat
à l'échelle nationale (une pratique courante à
Cuba) ont commencé à propos de l'économie cubaine.
La restructuration prévue du secteur étatique a
été discutée
dans tous les syndicats et toutes les organisations de masse, dans les
journaux, à la radio et à la télévision.
Les travailleurs ont eux-mêmes décidé que les
mesures sont nécessaires pour renforcer l'économie
cubaine, dont ils dépendent pour vivre, et de la façon
dont elles seront appliquées. Un nombre substantiel des
500 000 travailleurs affectés seront absorbés dans le
secteur non étatique pendant qu'un nombre considérable
d'entre eux se verront offrir des possibilités d'emplois
alternatifs dans le secteur d'État. De nombreux travailleurs
continueront le même travail, soit comme travailleurs autonomes
ou dans des coopératives.
Ce n'est pas là la thérapie de choc
utilisée en Europe de l'Est ou exigée par la Banque
mondiale et le FMI dans les pays en développement. Les nouveaux
arrangements sont introduits graduellement et personne n'est
abandonné ou amené à devoir se débrouiller
seul. Toutes les garanties sociales demeurent en
vigueur. Le but visé par la restructuration est de renforcer les
programmes sociaux, non de les privatiser ou de les démanteler.
Cela comprend les services de santé et l'éducation
gratuits et universels, des services subventionnés, une ration
alimentaire subventionnée et des prix
contrôlés ; les paiements hypothécaires
sont stabilisés à 10 % du plus haut revenu des
ménages (plus de 80 % des Cubains sont propriétaires
de leur maison).
Dans n'importe quel pays, surmonter la crise
économique mondiale de façon à favoriser le
peuple, et non les monopoles, relève de l'exploit. C'est encore
plus vrai pour un pays comme Cuba, qui est soumis à un brutal
embargo commercial, financier et d'échange de la part des
États-Unis, avec des conséquences
extra-territoriales qui affectent même les entreprises
canadiennes qui font du commerce ou qui aimeraient commercer avec Cuba.
De nombreux Canadiens admirent le peuple cubain pour sa
défense sans relâche de sa souveraineté face
à d'énormes obstacles. Les changements que votre
éditorial rapporte, en déformant les faits, sont
peut-être nouveaux, mais ils ne sont pas risqués. Les
Cubains ne sont pas des parieurs. Ils ont fermé tous les
casinos opérés par la mafia il y a plus de cinquante ans
et ont mis fin au régime qui permettait l'appauvrissement de la
majorité du peuple et la corruption de tous les aspects de la
vie à Cuba.
Si des mesures qui défendent cela sont un risque,
nous pouvons dire avec confiance que pendant cinquante ans les Cubains
se sont montrés capables de relever les défis qu'ils se
sont donnés.
Isaac Saney
Porte-parole, Réseau canadien pour Cuba
Enseignant, College of Continuing Education, Université
Dalhousie
et département d'histoire, Université Saint Mary's
Courriel : isaney@hotmail.com
Tél. : (902) 494-1531 (bureau)

Le Réseau canadien pour Cuba
tient son congrès biannuel
- Communiqué, 20 septembre 2010 -
Le Réseau canadien pour Cuba (RCPC) a tenu du
4 au 6 septembre 2010 à Toronto son 5e congrès
biannuel qui a été couronné de succès. Y
ont participé des délégués et observateurs
de 18 organisations membres auxquels se sont joints des
observateurs et des invités dont Teresita Vicente,
l'ambassadrice extraordinaire et plénipotentiaire de la
République de Cuba au Canada, le Consul général de
Cuba au Canada, Jorge Soberón, et d'autres invités
cubains.
L'Institut cubain d'amitié avec les peuples (ICAP) était
représenté par son vice-président, Basilio
Gutiérrez, et Alison Bodine représentait l'organisation
Pasteurs pour la Paix, qui organise les Caravanes de l'amitié
dont le but est de briser le blocus étasunien contre Cuba
auxquelles participent des organisations de solidarité du
Canada. Des messages de bienvenue ont été reçus de
la Table de Concertation de Solidarité Québec-Cuba et du
National Network On Cuba
des États-Unis.
L'ambassadrice et le vice-président de l'ICAP ont
tous deux souligné le besoin de continuer à construire et
approfondir les relations d'amitié et de coopération
entre le Canada et Cuba. La docteure Carolyn Bennett,
députée libérale de St. Paul à Toronto, est
aussi intervenue dans la discussion sur les leçons que
le système canadien de santé peut tirer de
l'expérience de Cuba. Dennis Lemelin, président national
du Syndicat des travailleurs et travailleuses des postes, Sid Ryan,
président de la Fédération des travailleurs de
l'Ontario, et Jorge Garcia-Orgales, permanent au service des affaires
mondiales et des enjeux liés au lieu
de travail du syndicat des Métallos, se sont joints à une
session animée sur les syndicats et la solidarité
Canada-Cuba. Ils ont parlé de la collaboration et de l'appui
mutuel entre le mouvement syndical canadien et leurs contreparties
cubaines.
De gauche à
droite: Isaac Saney, coprésident et porte-parole national du
Réseau canadien pour Cuba; Keith Ellis, coordinateur de la
campagne «Cuba pour Haïti»; Jorge Garcia,
responsable aux affaires mondiales du syndicat canadien des
Métallos; Son Excellence Teresita Vicente, ambassadrice de Cuba
au Canada; Denis Lemelin, président du Syndicat des travailleurs
et travailleuses des postes; Sid Ryan,
président de la Fédération du travail de
l'Ontario; Heide Trampus, coordonatrice du programme «Worker to
Worker».
Le RCPC établit son programme
Les rapports sur le travail du RCPC et ses organisations
membres au cours des deux années précédentes
soulignaient l'étendue et la diversité des
activités au pays, englobant les sphères politiques,
sociales et culturelles.
Ayant pour thème « L'année de
la campagne canadienne pour libérer les Cinq
Cubains », le congrès a porté une attention
spécifique au travail pour briser le mur de silence et de
désinformation qui entoure l'emprisonnement injuste des cinq
prisonniers politiques cubains dans des prisons aux États-Unis
et a résolu de faire un effort concerté pour demander que
le président des États-Unis mette fin
immédiatement et inconditionnellement à leur
incarcération. Des résolutions issues des rapports,
discussions et ateliers ont été adoptées pour
renforcer le travail du Réseau, dont la décision de
renforcer et rendre permanente
la campagne de financement réussi « Cuba pour
Haïti ».
Un nouvel exécutif a été élu
pour appliquer les décisions du congrès : Laura
Chesnik, Rolf Gerstenberger, Vincent Guihan, Elizabeth Hill, Dave
Thomas, Isaac Saney et Ray Viaud. L'exécutif a par la suite
nommé Elizabeth Hill et Isaac Saney co-présidents. Isaac
Saney a aussi été nommé porte-parole national,
Laura Chesnik assume le poste de secrétaire et Elizabeth Hill
celui de trésorière.
Le programme de trois jours comprenait aussi des
programmes culturels, incluant le deuxième acte de la
pièce Hemingway's Hot Havana par un nouveau membre du
RCPC, « Hemingway on Stage ». Samedi soir, le
célèbre documentaire Moments with Fidel a
été présenté à la
librairie A Different Booklist, dans une salle comble. Les participants
au congrès ont aussi assisté à la parade de la
Fête du travail à Toronto, portant la bannière du
RCPC et des pancartes en appui aux Cinq Héros cubains et contre
le blocus étasunien. Nous lançons l'appel aux Canadiens
de tout horizon à joindre
le travail pour bâtir l'amitié entre les peuples canadien
et cubain, à appuyer le droit de Cuba à
l'autodétermination et à encourager les organisations qui
appuient Cuba à joindre le Réseau canadien. Le
succès du programme politique, social et culturel du
congrès est un reflet du désir des Canadiens de renforcer
les
relations Canada-Cuba à tous les niveaux suivant les principes
de l'égalité et du respect mutuel.
Pour information, contactez :
Isaac Saney
porte-parole national du RCP
Tél. : 902-449-4967
Courriel : isaney@hotmail.com

À titre d'information
Discours du président cubain Raoul Castro Ruz
à la 5e Session de la VIIe Législature de
l'Assemblée
nationale du pouvoir populaire (extraits)
- 1er août 2010 -
Nous reproduisons des extraits du discours
prononcé le 1er août par Raoul Castro Ruz,
président du Conseil d'État et du Conseil des ministres,
à l'Assemblée nationale du pouvoir populaire de Cuba. Ils
portent sur les mesures importantes adoptées par
l'Assemblée nationale « qui constituent un changement
structurel et conceptuel dans l'intérêt de la
préservation et du développement de notre système
social, et pour le rendre viable pour l'avenir ».
* * *

Le président
cubain Raoul Castro livre son allocution à la 5e Session de la
VIIe Législature de l'Assemblée
nationale du pouvoir populaire de Cuba au Palais des Congrès
à La Havane le 1er août 2010. (CubaDebate)
[...]
Durant les jours qui ont précédé et
suivi l'événement du 26 juillet, plusieurs agences
de nouvelles et des « experts »
auto-proclamés des affaires cubaines ont écrit des
dépêches et articles avec lesquels, en déformant la
réalité, ils ont cherché à créer un
moment de grande anticipation à l'annonce
choc de prétendues réformes de notre système
économique et social et de l'application de formules
capitalistes dans l'économie. Certains ont même osé
parler de l'existence d'une lutte de tendances au sein de la direction
de la Révolution et tous s'entendaient pour exiger de nous des
changements plus rapides et en
profondeur allant dans le sens de démanteler le socialisme.
Lorsqu'on examine objectivement ces campagnes
médiatiques, il est évident que presque toutes les
agences de presse sont guidées par le même fil conducteur.
Je ne parle pas des journalistes qui sont obligés de se
soumettre à la ligne éditoriale sur Cuba établie
par les consortiums médiatiques, même s'ils utilisent
parfois les mêmes phrases et descriptions
préfabriquées. Souvent des paragraphes
complètement identiques sont publiés dans des
dépêches provenant de régions différentes.
Avec l'expérience accumulée de plus de
55 années de lutte révolutionnaire, il semble que
nous nous débrouillons pas trop mal et ni le désespoir ni
la frustration ne sont nos compagnons de route.
Comme le camarade Machado a confirmé le
26 juillet dernier et je cite : « Nous allons
procéder avec un sens de responsabilité, étape par
étape, au rythme que nous déciderons nous-mêmes,
sans improvisation ou précipitation, afin de ne pas commettre
d'erreur et de laisser définitivement derrière
nous les erreurs ou les mesures qui ne sont pas applicables aux
conditions actuelles. »
L'unité entre les révolutionnaires, les
dirigeants de la Révolution et la majorité de notre
peuple est notre arme stratégique la plus importante, celle qui
a rendu possible pour nous d'atteindre ce point et de continuer
à
perfectionner notre socialisme.
Même si cela embête nos ennemis, notre
unité est aujourd'hui plus solide que jamais ; elle n'est
pas le fruit d'une fausse unanimité ou d'une simulation
opportuniste. L'unité n'exclut pas d'honnêtes divergences,
mais présuppose l'échange d'idées
différentes, avec les mêmes objectifs finaux de justice
sociale
et de souveraineté nationale, ce qui nous permettra de toujours
en arriver aux meilleures décisions.
L'unité se forme et se récolte dans la
démocratie socialiste la plus large et dans la discussion
ouverte de toutes les questions, aussi délicates soient-elles,
avec le peuple.
Nous
devons
éliminer
une fois pour toutes la notion que Cuba
est le seul pays au monde où les gens peuvent vivre sans
travailler.
En parlant de questions délicates, je dois
vous informer qu'après des mois d'étude dans le cadre de
la mise à jour du modèle économique cubain, lors
de ses rencontres les 16 et 17 juillet, le Conseil des
ministres, avec la participation des vice-présidents du Conseil
d'État, d'autres membres du
Bureau politique et du secrétariat du Comité central, des
premiers secrétaires des comités provinciaux du Parti et
des présidents des Conseils provinciaux de l'administration,
ainsi que des cadres supérieurs de l'Union centrale des
travailleurs de Cuba, d'autres organisations de masse et de l'Union des
jeunes communistes,
en plus de représentants de haut niveau de différents
autres organismes, a donné son aval à un ensemble de
mesures pour entreprendre, par étapes, la réduction de
droits exagérés dans le secteur d'État.
Durant la première phase, que nous avons
l'intention de conclure au premier trimestre de l'année
prochaine, nous allons changer le traitement de l'emploi et les
salaires offerts aux travailleurs disponibles et non
intégrés à un groupe d'organismes de
l'administration centrale dans le sens d'éliminer l'approche
paternaliste
qui ne met pas en valeur la nécessité de travailler pour
vivre, de sorte à pouvoir réduire les dépenses
improductives que constituent le salaire égal pour tous sans
égard au nombre d'années travaillées et une
garantie salariale durant de longues périodes aux personnes qui
ne travaillent pas.
Le succès de ce processus dépendra dans
une grande mesure de l'assurance politique avec laquelle nous devons
l'entreprendre, sous la direction du Parti et avec la participation
active de l'Union centrale des travailleurs de Cuba et les
organisations syndicales. Il est nécessaire de créer un
climat de transparence et de dialogue,
dans lequel une information claire et opportune pour les travailleurs
est capitale, dans lequel les décisions sont acheminées
de façon appropriée et les conditions organisationnelles
nécessaires sont créées.
La stricte observance du principe de la pertinence,
démontrée au moment de déterminer qui
mérite le droit d'occuper un poste, doit contribuer à
empêcher toute manifestation de favoritisme, ainsi que de
discrimination basée sur le sexe ou autres sortes de
discrimination, auxquelles nous devons faire face avec
une détermination totale.
Le Conseil des ministres a convenu d'étendre la
pratique du travail autonome et de l'utiliser comme alternative
d'emploi pour les personnes sans travail en levant certaines
interdictions en vigueur dans l'octroi de nouveaux permis et la mise en
marché de certains produits, de manière à rendre
les contrats de travail
plus flexibles.
En même temps, la rencontre du 16-17 juillet
a approuvé l'application d'un système d'imposition pour
le secteur du travail autonome, qui correspond au nouveau
scénario économique et garantit ainsi que les
travailleurs incorporés à ce secteur feront leurs
contributions sociales, paient l'impôt sur les revenus
et les ventes, et que ceux qui embauchent du personnel paient des taxes
sur l'utilisation de main-d'oeuvre.
Le Conseil national de l'Union centrale des travailleurs
de Cuba doit se réunir sous peu, et lors de cette réunion
nous aurons des discussions détaillées avec les
principaux dirigeants syndicaux sur ces questions importantes, qui
constituent un changement structurel et conceptuel dans
l'intérêt de la préservation et
du développement de notre système social, et pour le
rendre viable pour l'avenir. Nous nous acquittons du mandat du peuple,
tel qu'établi dans la Constitution de la
République : la nature socialiste de la Constitution et le
système politique et social qu'elle établit sont
irrévocables. [Applaudissements]
Pour matérialiser ces mesures, nous
sommes pleinement convaincus que nous pouvons compter sur l'appui
décisif de la classe ouvrière qui, avec le mouvement des
campesinos et d'autres secteurs de la société, comprend
que sans une plus grande efficacité et productivité, il
est impossible d'augmenter les
salaires, d'accroître les exportations et de réduire les
importations, d'accroître la production alimentaire et d'assurer
de façon définitive les énormes coûts
sociaux inhérents à notre système socialiste, un
secteur où nous avons aussi le devoir d'être rationnels et
d'épargner beaucoup plus sans sacrifier la qualité.
D'un autre côté, je pense que tous sont
conscients de la grande contribution que l'application de ces mesures
apportera à l'amélioration de la discipline sociale et de
la discipline du travail.
Avec ces mesures, nous partons du principe que personne
ne sera abandonné à son sort et que, grâce au
système de sécurité sociale, l'État
socialiste offrira aux personnes qui ne sont réellement pas en
mesure de travailler, et qui sont le seul soutien pour la famille, le
soutien nécessaire pour vivre dans la dignité.
Nous devons effacer à jamais l'idée que Cuba est le seul
pays au monde où on n'est pas obligé de travailler pour
vivre.
[...]

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