Le Marxiste-Léniniste

Numéro 148 - 24 septembre 2010

Deuxième «séance d'information» sur les gaz de schiste au Québec

La population refuse de se taire


Deuxième «séance d'information» sur les gaz de schiste au Québec
La population refuse de se taire

Projet de pipeline Keystone en Alberta
Non à l'envoi de nos emplois et de notre valeur ajoutée à l'étranger!

Plan d'action gouvernemental du Québec pour la solidarité sociale
Oui à une société de droits! Non à une société de privilèges! - Serge Lachapelle

Manifestation le 30 septembre: Un F35 vaut... 3500 logements sociaux
Ottawa a les moyens de consacrer 2 milliards $ par année à de nouveaux logements sociaux - FRAPRU

États-Unis
Un taux de chômage très préoccupant
Rapport publié en août sur le marché du travail capitaliste

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Deuxième «séance d'information» sur les gaz de schiste au Québec

La population refuse de se taire

Le 21 septembre en soirée s'est tenue à Saint-Édouard de Lotbinière la deuxième « séance d'information » sur les gaz de schiste. Le président de l'Association pétrolière et gazière du Québec (APGQ), André Caillé, était accompagné cette fois-ci des membres de son association, soit Jean-Yves Lavoie, le président de Junex, Jean-Sébastien Marcil, ingénieur pour la même entreprise, Vincent Perron, de Talisman Énergie et Christine Sauvageau, ingénieure chimiste chez Roche. Comme lors de la première séance, plus de 350 personnes se sont entassées dans une salle trop petite. On n'avait pas prévu d'alternative et plus de la moitié des gens ont dû se tenir debout tout au long de la séance et plusieurs ont dû assister à la séance à l'extérieur.

Dans le but de « discipliner » les échanges, on a fait appel à une firme de relations publiques. Celle-ci a imposé une limite de deux minutes pour chacune des interventions et placé deux micros : un pour les résidents de la région et l'autre pour les écologistes et les gens de l'extérieur. Depuis le début des séances d'information, les organisateurs, avec la complicité des médias monopolisés, tentent de démoniser les écologistes en les présentant comme des trouble-fête qui « s'opposent au développement du Québec », tandis que la population serait « plus sage et ouverte ». Il est clair que cette politique des deux micros va en droite ligne dans ce sens. Mais il semble que cette tentative de division ne fonctionne pas.

« Vous ne pouvez pas nous dire qu'il n'y a pas de risques. Ne nous prenez pas pour des cons. Il y a trop de questions, il y a trop d'incertitude », a lancé sous les applaudissements de la foule le metteur en scène Dominic Champagne. « On vous voit venir et on n'a pas confiance en vous. Je vous en passe un papier, vous ne passerez pas. » Quand le modérateur a tenté de le faire taire en invoquant le dépassement du temps alloué, l'assistance a vivement réagi : « Laissez-le parler ! »

« Ce sont des gens du BAPE (Bureau d'audiences publiques sur l'environnement) qui devraient être là. Pas des "financeux" de la caisse électorale du Parti libéral », a lancé un autre citoyen.

Malgré les explications des experts, la population est inquiète. « Les gaz de schiste sont au gaz naturel ce que les sables bitumineux sont au pétrole », a souligné Serge Fortier, un membre du Comité de vigilance sur les gaz de schiste. « Qu'est-ce qui est arrivé en Pennsylvanie ? », a-t-il ajouté.

La profonde crise de crédibilité dans laquelle s'enfoncent les libéraux et leurs supporters démontre encore une fois le caractère anachronique de ce système dont les consultations ne visent qu'à légitimer des décisions déjà prises. La ministre des Ressources naturelles, Nathalie Normandeau a été on ne peut plus claire à ce propos: « Le débat a eu lieu et celui-ci est clos. » À ceux qui demandent un moratoire, elle affirme que cela va faire fuir les compagnies. Le premier ministre vient d'annoncer qu'il ira de l'avant avec l'exploration des gaz de schiste.

L'utilisation des ressources naturelles et la protection de l'environnement sont des éléments importants de tout projet d'édification nationale. Tous ceux qui envisagent l'avenir d'un Québec qui a le contrôle de ses moyens économiques, capable de se donner une économie qui suffit à ses besoins et qui se développe dans tous les secteurs et dans toutes les régions, voient la nécessité de s'opposer aux politiques à courte vue du gouvernement Charest. La classe ouvrière et ses alliés doivent utiliser ces consultations pour faire primer leur ordre du jour sur celui des monopoles et de leurs représentants politiques dans la discussion sur le contrôle et l'exploitation des richesses naturelles du Québec et la protection de l'environnement. Il est clair que la population rejette les prétentions des libéraux à être les « défenseurs de l'environnement » et les « bâtisseurs du Québec » quand ils font tout le contraire dans la réalité. Les libéraux doivent partir !

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Projet de pipeline Keystone en Alberta

Non à l'envoi de nos emplois et
de notre valeur ajoutée à l'étranger !

La destruction de la base manufacturière et la désintégration du tissu national au Canada en sont au point où les monopoles qui veulent exploiter des mines, établir des usines de traitement et bâtir des pipelines ne sont même pas requis de faire des études d'impact sur l'emploi, et c'est sans parler des conséquences pour l'ensemble de l'économie socialisée du Canada et notre avenir.

En avril 2010, la Commission nationale de l'énergie a approuvé la partie canadienne du projet d'expansion du pipeline Keystone qui va de Hardistry, en Alberta, au Texas. L'agence de protection de l'environnement aux États-Unis a quant à elle reporté de trois mois sa décision parce qu'elle dit vouloir examiner l'impact environnemental de l'exploitation des sables bitumineux. Les experts du secteur en Alberta prévoit qu'elle rendra sa décision après les élections de novembre aux États-Unis.

L'expansion du pipeline Keystone accroîtrait la capacité d'expédition de 900 000 barils de bitume brut par jour en direction des États-Unis, où il est raffiné ou utilisé comme matière première pour l'industrie des produits pétrochimiques. Avec la ligne Alberta Clipper ouverte récemment, ce projet créera une capacité d'expédition supérieure à toute nouvelle production provenant des sables bitumineux pour les dix prochaines années. Cela a pour effet d'accélérer la tendance à la destruction nationale, la tendance à faire des Canadiens des « porteurs de sables bitumineux et pompeurs de pétrole » et du Canada un simple exportateur de ressources naturelles pendant que son secteur manufacturier est laissé à l'abandon.


Calgary le 11 mai 2007: Manifestation contre l'exportation du bitume des sables
bitumineux en direction des États-Unis via le pipeline Keystone.

La décision de la Commission nationale de l'énergie va à l'encontre de son mandat, qui est de protéger l'intérêt national. Tout comme l'exportation de billots de bois brut, l'exportation du bitume brut a un impact très négatif sur l'économie. Au lieu de servir les producteurs réels, l'exportation du bitume brut sert les besoins de l'impérialisme américain et son économie de guerre. Cela se fait autant aux dépens de l'environnement naturel que de l'environnement social. Une étude sur la rivière Athabasca concluait récemment qu'on trouve 13 importants polluants en quantités plus grandes près des projets de sables bitumineux que dans les sites plus éloignés. Les niveaux dépassaient les limites établies par le Canada et par l'Alberta pour la protection de la vie aquatique pour sept métaux lourds.

Pour ce qui est des promesses d'emplois, les grands projets comme ceux des sables bitumineux requièrent une main-d'oeuvre importante au début, à l'étape de la construction, mais une fois la construction terminée, de vastes quantités de bitume peuvent être extraites avec une main-d'oeuvre relativement petite. Par exemple, les trois mines de Shell Oil en Alberta produiront 750 000 barils de bitume par jour. Les mines sont creusées par étape et chaque étape ajoute environ 100 000 barils par jour à sa capacité de production. Celle sur la rivière Jackpine, qui vient d'être achevée, a pris près de cinq ans à construire et il y avait à un moment 6 500 employés et contractants sur le site. Par contraste, la main-d'oeuvre permanente directe pour les trois mines produisant les 750 000 barils par jour sera tout au plus de 1 000 travailleurs pour une période de 30 ans.

L'exportation du bitume brut sans tenir compte du potentiel qui existe pour développer une industrie de produits chimiques ici, au service de l'économie canadienne, signifie que 95 % des emplois associés à ce secteur sont exportés avec la construction du pipeline.

En 2007, les sables bitumineux ont produit 1,2 million de barils de bitume par jour mais avec ces projets on prévoit que la production atteindra 3 milliards de barils. Les projets Keystone et Alberta Clipper à eux seuls vont transporter aux États-Unis jusqu'à 1,9 million de barils par jour. C'est plus que la production nouvelle totale de 2007 à 2010.

Tout cela montre que la direction actuelle de l'économie n'est pas soutenable et fait directement tort à l'économie canadienne.

Le gouvernement albertain a décidé qu'à l'avenir, les producteurs de bitume seront requis de verser des redevances en nature. Selon les prévisions d'Énergie Alberta, avec ce programme c'est 13,3 % de la production annuelle de bitume qui sera échangé à titre de redevances.

La domination étrangère et le contrôle monopoliste de l'économie socialisée entraînent la désintégration du tissu national et la perte du pouvoir, de la richesse, du contrôle et du droit de décider. Ce ne sont pas seulement les emplois qui partent dans le pipeline mais aussi une bonne partie de la valeur ajoutée créée par le travail des travailleurs de ce secteur qui viennent en Alberta de tous les coins du pays. Ces monopoles disent agir uniquement dans l'« intérêt de l'économie » et c'est pourquoi ils peuvent fouler aux pieds les droits des autochtones, des travailleurs et de l'ensemble des Canadiens. Et après avoir envoyé toute cette valeur ajoutée par le pipeline, les gouvernements déclarent qu'il n'y a pas assez d'argent pour soutenir les programmes sociaux, qu'il faut réduire les services, couper dans la santé, l'éducation et l'aide sociale.

Une économie souveraine qui suffit à ses besoins est à la fois possible et nécessaire. Dans cette économie, ceux qui travaillent exercent leurs droits et leur contrôle de l'économie. La science et les considérations centrées sur l'être humain peuvent donner une direction prosociale pour l'économie. L'obstacle, ce sont le contrôle monopoliste et la soumission à la machine de guerre étasunienne. Le besoin pressant aujourd'hui, celui qui est la clé à la solution des problèmes, est que le peuple soit investi du pouvoir de décider.

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Plan d'action gouvernemental du Québec pour la solidarité sociale

Oui à une société de droits!
Non à une société de privilèges!

Le 22 septembre, plus de 300 personnes dont beaucoup de femmes venues de tous les coins du Québec ont répondu à l'appel du Collectif pour un Québec sans pauvreté et tenu un rassemblement à 13 h devant l'Assemblée nationale.

Les bannières, pancartes, conversations et discours traduisaient la colère de la population face à l'agenda antisocial du gouvernement Charest et son aspiration à un programme pro-social qui garantira les droits de tous et toutes. Pour les plus vulnérables, il s'agit d'une question de vie ou de mort. La pancarte sur laquelle on pouvait lire : « Oui à une société de droits ! Non à une société de privilèges ! » traduisait bien cette aspiration.

Pour les manifestants, le Plan d'action gouvernemental sur la solidarité et l'inclusion sociale 2010-2015 ne vaut même pas le papier sur lequel il est imprimé. C'est pour cette raison que de leurs mains et avec une déchiqueteuse, ils ont réduit en miettes ce pseudo plan d'action, puis l'ont renvoyé dans l'emballage qui lui sied le mieux : des sacs à ordures. Le gouvernement s'est trompé royalement s'il croyait faire avaler plus facilement un plan d'action indigeste en le sortant en juin, et en catimini par surcroît a souligné le Collectif pour un Québec sans pauvreté.

« Ce plan est un affront à touTES ceux et celles qui, lors des consultations gouvernementales, ont pris la peine de faire valoir leur vision et leurs idées en ce qui a trait à la lutte à la pauvreté. Ce plan reproduit les inégalités sociales et économiques au lieu de les réduire. Ce plan se perd dans les méandres des demi-mesures alors que c'est sur des mesures nationales fortes qu'il faut tabler. Les acteurEs de la lutte à la pauvreté ne le digèrent pas », d'ajouter le Collectif.


Au congrès du FRAPRU à Sherbrooke le 6 juin dernier.

Pour exprimer haut et fort leur indignation et leur colère, quelques manifestants ont en matinée bafoué sciemment le décorum de l'Assemblée nationale pour y lire tour à tour un manifeste, et ce pendant que la sécurité procédait à leur expulsion. Ils ont accusé le premier ministre Charest d'appauvrir les plus pauvres. Ils s'en sont également pris à l'ex-ministre de l'Emploi et de la Solidarité sociale, Sam Hamad, l'accusant d'avoir trahi le mouvement citoyen québécois en faisant fi des consensus apparus lors de ses consultations l'automne dernier. Finalement, ils ont mis au défi la nouvelle ministre responsable de la lutte à la pauvreté, Julie Boulet, de rédiger un nouveau plan de lutte.

Inutile de dire que cette audacieuse intervention a mis dans une crise terrible l'Assemblée nationale qui ne prévoit nulle part une telle intervention. On a donc fait évacuer les galeries. On a amené les manifestants au sous-sol et on leur a dit qu'il risquait une contravention de 15 000 $. Puis le président de l'Assemblée nationale s'est retiré pour réfléchir sur les mesures à prendre. Il est revenu quelques minutes plus tard pour dire que les manifestants étaient déclarés personna non grata à l'Assemblée nationale pour le reste de leur vie. Finalement, la ministre Boulet est venu voir les manifestants pour leur déclarer sur un ton pathétique : « Je vais vous écouter avec mon coeur », une déclaration qui les a laissés songeurs.

Mais les manifestants ne se contenteront pas de phrases creuses, ils exigent des mesures concrètes. Comme l'a souligné Serge Petitclerc du Collectif pour un Québec sans pauvreté : « Si nos gouvernements sont capables de trouver des milliards pour les banques, ils peuvent en trouver pour éliminer la pauvreté ».

« On n'arrête pas de nous dire qu'il faut créer de la richesse, ça fait des années que cette richesse est créé, qu'attende-t-il pour agir? » a souligné pour sa part Marie-Êve Rancourt du Collectif opposée à la tarification et la privatisation des services. « Ce gouvernement est supposé gouverner pour son peuple et son peuple lui dit que ces droits doivent être respectés ». « Le pouvoir doit être aux mains du peuple », a-t-elle conclu.

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Manifestation le 30 septembre: Un F35 vaut... 3500 logements sociaux

Ottawa a les moyens de consacrer 2 milliards $ par année à de nouveaux logements sociaux

À partir du 1er avril 2011, les sommes que le gouvernement canadien accorde aux provinces pour la construction de logements sociaux chuteront de 375 millions $ à 125 millions $ par année. Pour un, le Québec ne recevra plus que 28,9 millions $. Les budgets qu'Ottawa lui accorde pour la rénovation des logements sociaux existants connaîtront une baisse tout aussi dramatique.

Au même moment, le gouvernement conservateur de Stephen Harper annonce qu'il accordera 9 milliards $ à la compagnie américaine Lockheed Martin pour l'achat de 65 avions chasseurs F-35. Si on ajoute les sommes nécessaires pour l'entretien de ces avions pendant 20 ans, c'est un total de 16 milliards de dollars que le gouvernement fédéral consacrera aux fameux F-35, ce qui représente pas moins de 246 millions $ par appareil.

Un seul avion F-35 représente l'équivalent des subventions gouvernementales pour 3 500 logements sociaux dans le cadre du programme québécois AccèsLogis. C'est scandaleux et ça en dit long sur les priorités du gouvernement Harper. D'un côté, il enrichit l'industrie militaire. De l'autre, il coupe les vivres aux sans-abri et mal-logéEs.

Le gouvernement conservateur pourrait aussi récupérer des sommes importantes, en mettant fin à des déductions fiscales qui profitent surtout aux plus riches. Par exemple, seulement 50 % des gains de capital réalisés à la vente d'immeubles ou d'actions sont soumis à l'impôt, alors que 100 % des revenus d'emploi le sont. Or, le gouvernement fédéral lui-même évalue que ce privilège fiscal l'a privé de 5,9 milliards $ au cours de la seule année 2007.

Ce sont des habitations pas des avions dont nous avons besoin.

Allons-le dire aux conservateurs !

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États-Unis

Un taux de chômage très préoccupant

Le haux taux de chômage qui persiste aux États-Unis est cause de pessimisme et de grandes préoccupations parmi les chômeurs et les travailleurs qui ont un emploi en ce moment. Les commentaires publiés dans les médias étasuniens et canadiens tracent un portrait très sombre des perspectives d'emplois pour les chômeurs. Ils suggèrent que les changements structurels dans le marché du travail capitaliste sont le signe d'une reprise économique dramatiquement sans emploi. Rien que pour stabiliser le marché du travail étasunien fait de 139,25 millions de travailleurs qui ont un emploi et de 14,86 millions qui sont sans emploi, il faut que le Produit intérieur brut (PIB) augmente de 2 % par année. Le PIB est une mesure approximative de la valeur totale des biens et des services qui est produite par les travailleurs dans une période donnée, habituellement un an. Il faut que le PIB progresse de 1 % si l'on veut compenser les progrès annuels dans la productivité qui réduisent l'emploi. Cette augmentation de 1 % stabiliserait le marché des travailleurs ayant un emploi à son niveau actuel. Une autre augmentation de 1 % du PIB est nécessaire pour compenser les changements démographiques annuels qui amènent de nouveaux participants au marché du travail par la natalité ou l'immigration. Cette expansion de 1 % stabiliserait à 14,86 millions le marché du travail des travailleurs sans emploi et permettrait au marché des travailleurs ayant un emploi d'absorber l'augmentation nette en nouveaux membres.

Les économistes étasuniens considèrent qu'une telle augmentation de 2 % du PIB ne serait pas récessionniste ou signe de crise mais elle ne ramènerait pas pour autant les plus de 6 millions d'emplois qui ont été perdus depuis le début de la crise économique en 2008, sans parler des millions d'emplois additionnels qui font officiellement partie du marché du travail fait des sans emploi.

Le PIB des États-Unis a connu une croissance de 1,6 % au second trimestre 2010. Cela n'est pas considéré comme étant récessionniste mais ç'est insuffisant pour arrêter l'expansion du nombre absolu de chômeurs qui forment le marché du travail des sans emplois, sans parler de tous ceux qui ont été mis à pied pendant la crise. Ce sont de mauvaises nouvelles tant pour les chômeurs que pour ceux qui ont un emploi en ce moment. Cette reprise partielle sans emploi constitue un échec structurel du capitalisme à satisfaire les besoins du peuple.

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Rapport publié en août sur
le marché du travail capitaliste

L'enquête d'août du gouvernement des États-Unis établit à 9,6 % le pourcentage de chômeurs sur le marché du travail capitaliste. Il s'agit du douzième mois consécutif que les chômeurs représentent plus de 9,5 % du marché du travail capitaliste. Le nombre de chômeurs sur le marché du travail en août était de 14 860 000 et le nombre de personnes employées de 139 250 000. (Voir le tableau A-1)

Parmi les grands groupes de travailleurs désignés par le bureau du travail, le taux de chômage chez les hommes adultes était de 9,8 %, les femmes adultes (8,0 %), les adolescents (26,3 %), les blancs (8,7 %), les noirs (16,3 %), et les hispaniques (12,0 %). Le taux de chômage pour les Étasuniens d'origine asiatique sur le marché du travail était de 7,2 %. (Tableaux A-1, A-2 et A-3)

(Prière de noter que Le Marxiste-léniniste ne cautionne pas les catégories raciales archaïques « blancs », « noirs », « hispaniques », ou « asiatiques ». Les travailleurs sont membres de leur classe prolétarienne, des résidents des États-Unis et membres de nationalités spécifiques, telles que mexicaine, de descendance autochtone, chinoise, etc., d'Afrique ou plus précisément de descendance nigérienne, etc., d'Europe ou spécifiquement de descendance irlandaise ou anglaise, ou une combinaison de deux ou plusieurs nationalités.)

Le nombre de chômeurs à long terme sur le marché du travail (les chômeurs depuis 27 semaines et plus) a diminué de 323 000 au cours du mois, pour se situer à 6,2 millions. En août, 42,0 % des chômeurs sur le marché du travail ont été sans emploi pendant 27 semaines ou plus. (Voir le tableau A-12)

Le Bureau of Labor rapporte :

« [En août] le nombre de personnes employées à temps partiel pour des raisons économiques (parfois dénommées travailleurs à temps partiel involontaires) a augmenté de 331 000 au cours du mois, pour se situer à 8,9 millions. Ces personnes ont travaillé à temps partiel parce que leurs heures avaient été réduites ou parce qu'elles étaient incapables de trouver un emploi à plein temps. (Voir le tableau A-8)

« Près de 2,4 millions de personnes qui étaient légèrement associées à la population active en août, ce qui est peu de changement par rapport à l'année précédente. Ces personnes ne sont pas parmi la population active, veulent et sont disponibles pour travailler et ont cherché un emploi dans le cours des 12 mois précédents. Elles ne sont pas considérées comme des chômeurs parce qu'elles n'ont pas cherché du travail durant les quatre semaines précédant l'enquête. (Voir le tableau A-16)

« Parmi les marginalement associés, il y avait 1,1 million de travailleurs découragés en août, soit une augmentation de 352 000 par rapport à un an plus tôt. Les travailleurs découragés sont des personnes qui ne cherchent pas actuellement du travail parce qu'elles croient qu'il n'y a pas d'emplois disponibles. Les 1,3 million de personnes restantes légèrement associées à la population active n'ont pas cherché du travail durant les quatre semaines précédant l'enquête pour des raisons telles que la fréquentation scolaire ou les responsabilités familiales. »

« L'emploi dans le secteur non public a augmenté de 67 000 le mois dernier, ce qui est beaucoup moins que ce qui est nécessaire pour compenser les gains de productivité et les ajouts mensuels à la force de travail. Quelque 139 300 000 Étasuniens avaient un emploi en août, comparativement à 145,7 millions en août 2007, sur une base désaisonnalisée. »

En mai dernier, 46 % de tous les résidents des États-Unis officiellement au chômage et sans emploi sur le marché du travail l'ont été pendant plus de six mois, ce qui est un record. C'est le plus haut niveau depuis que le gouvernement a commencé à comptabiliser en 1948, et c'est environ le double du pourcentage de chômeurs à long terme observé pendant la crise économique difficile du début des années 1980.

Pour la décennie se terminant en 2007, environ 4 millions d'emplois ont été perdus dans le secteur manufacturier aux États-Unis, dont la part de l'emploi total durant cette période a chuté de plus de 17 % à 12 %.

La Californie

Près de 2,3 millions de Californiens demeurent au chômage et 980 000 d'entre eux étaient à la recherche d'emploi depuis plus d'une demi-année. Le groupe de chômeurs de longue durée est sept fois plus important que les 143 600 recensés en juillet 2007, selon un rapport récemment publié par le California Budget Project (CBP).

Le ministère du Développement de la main-d'oeuvre du district de San Bernardino indique que 70 % des chômeurs de longue durée dans le plus grand district de la Californie ont été sans emploi durant plus d'un an. Le CBP dit qu'en juin 2010, pour chaque emploi disponible cinq chômeurs essayaient de vendre leur force de travail. « Cela signifie que pour quatre des cinq personnes au chômage, il n'y a littéralement pas d'emplois », indique le rapport. Moins de 10 % des personnes au chômage depuis plus de huit mois ont trouvé du travail à la fin de 2009,

Le rapport du CBP indique que le grand nombre de mises à pied permanentes « reflète un déclin structurel dans la construction et les activités financières en raison de l'effondrement du marché immobilier ».

Le chômage à plus long terme augmente la possibilité que les travailleurs tombent dans ce que le Bureau of Labor appelle « l'adhésion marginale à la population active », ou en dehors tout à fait du marché du travail.

Les statistiques de juillet du Bureau of Labor montrent que pour l'ensemble des États-Unis, plus de 86 % des travailleurs qui ont été licenciés ont perdu leur emploi parce que leurs postes ont été éliminés de façon permanente.

(Sources : U.S. Bureau of Labor Statistics ; "U.S. jobless rate hints at permanent shift," Globe and Mail ; "Elevated unemployment appears as the 'new' normal," STLtoday ; "Structural adjustment poses challenges to U.S.," Gulf Times ; "Long-haul unemployment – a reality for nearly half of job seekers," Inland Valley Daily Bulletin)

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