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9e Congrès du Syndicat des
communications, de l'énergie et du papier
Les travailleurs s'opposent à la destruction
nationale et aux acquisitions étrangères
Le Syndicat canadien des communications, de
l'énergie et du papier (SCEP) tient son 9e Congrès
à Toronto du 19 au 23 septembre. À l'ouverture
il y avait 1 252 délégués,
délégués suppléants et invités. Le
SCEP représente des travailleurs des pâtes et papiers, du
téléphone, du pétrole,
des produits chimiques et du secteur minier, ainsi que des imprimeurs,
journalistes, animateurs de radio et de télévision et
graphistes, des travailleurs des technologies de l'information et
d'autres secteurs. En date de juin dernier, le syndicat comptait
117 000 membres, une baisse de 16 000 par rapport
à 2008 en raison des pertes massives d'emplois, surtout
dans le secteur forestier.
Le thème du congrès est :
« Défions les règles. Priorité aux
travailleurs et travailleuses » et les participants ont
été
conviés à une discussion sur les politiques de trahison
du gouvernement Harper et leur impact pour les travailleurs.

Le
président du SCEP
Dave Coles
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Dans son discours d'ouverture, le président du
SCEP Dave Coles a dit que les deux dernières années ont
été parmi les plus turbulentes pour le syndicat, entre
autres à cause de la pire crise économique depuis les
années trente. Le pays et l'économie sont en crise, mais
pas le SCEP, a-t-il déclaré. Le syndicat a défendu
ses positions et s'organise pour faire échec aux politiques de
droite de Harper et s'attaquer aux échecs systémiques du
système économique et politique. Il a dit que la
tâche du SCEP est de contribuer à bloquer les plans de
destruction nationale de Harper. Il a cité comme exemple la
destruction délibérée du secteur
forestier, la remise des industries des
télécommunications et de la
radio-télédiffusion à des monopoles
étrangers, l'expédition aux États-Unis de bitume
brut de l'Alberta et la répression par l'État des
manifestations contre le G20.
Une résolution a été
déposée dans ce sens qui engagerait le SCEP à
travailler à la défaite de tout député qui
vote pour d'autres propriétés étrangères de
l'industrie des télécommunications. On s'attend par
ailleurs à ce que les délégués proposent un
plan pour le contrôle des ressources énergétiques
du Canada. Ils
ont reçu un document de politique générale qui met
en contexte plusieurs résolutions sur la crise
économique, dont celles concernant la hausse du salaire minimum,
un engagement envers le modèle de négociation et la
sécurité des pensions. « Les
délégués traceront un plan d'action pour les
prochains mois et
les prochaines années pour s'attaquer à un système
financier et politique hostile aux travailleurs », a dit
Dave Coles avant le début du congrès.
Dans le cadre de l'événement, il y aura un
rassemblement et une marche jeudi le 21 septembre dans les rues du
centre-ville de Toronto, suivis d'une session spéciale pour
organiser la lutte pour la défense des pensions.
On trouve l'ordre du jour du Congrès, les projets
de résolution et une webémission en direct du Centre des
congrès de Toronto au site scependirect.ca.

Les inquiétudes du SCEP
face aux politiques de Harper
Le SCEP a toujours donné une voix aux
préoccupations des
Canadiens face aux politiques annexionnistes du gouvernement Harper.
« Notre gouvernement ouvrira encore plus grandes les portes
du Canada au capital de risque et à l'investissement
étranger dans des secteurs clés, comme l'industrie des
télécommunications
et des satellites », lisait-on dans le Discours du
trône de ce gouvernement le 3 mars dernier. Dans un
communiqué en réaction à cette déclaration,
le SCEP faisait remarquer : « L'intention
déclarée des conservateurs [...] d'affaiblir les
règles sur la propriété étrangère
dans les télécommunications
est une autre atteinte à la souveraineté du Canada et une
menace à la vie privée et à la
sécurité dont jouissent présentement les Canadiens
sous la protection de la Loi sur les
télécommunications. » Le SCEP a
également noté que les télécommunications
sont
maintenant intégrées à la
radiotélédiffusion,
de sorte que la distinction entre le téléphone, Internet,
la musique et la télédiffusion est en train de s'effacer.
Cela permet à la propriété étrangère
dans une industrie de préparer des acquisitions dans d'autres
industries.
De même, le SCEP a exprimé ses
inquiétudes
face à la vente de la Saskatchewan Potash Corporation à
BHP Billiton. De dire Dave Coles : « Je crois que pour
les gens qui vivent en Saskatchewan, pour tous les Canadiens, il faut
se demander qui contrôle les ressources naturelles du pays. Il
s'agit d'un
élément très profitable et très important
du moteur économique du Canada et de la Saskatchewan et c'est
troublant de croire que son siège social pourra se retrouver
ailleurs qu'ici. » (National Post,
25 août 2010)
Le président du SCEP a également
dénoncé l'échec du gouvernement Harper à
protéger l'industrie forestière. La destruction du
secteur forestier et des communautés forestières va se
répandre à d'autres secteurs si le gouvernement
conservateur est réélu, a-t-il dit.

Québec: L'éducation est un
droit
Les étudiants du cégep du
Vieux-Montréal réclament le rétablissement du
service de santé
Le 16 septembre à midi, plus de 300
étudiants du cégep du Vieux-Montréal ont
répondu à l'appel de leur association étudiante
à manifester pour réclamer le rétablissement des
services de santé au sein de l'établissement. Rappelons
que la direction du Centre de santé et des services sociaux
Jeanne-Mance
a récemment décidé de mettre fin aux services de
l'unique infirmière qui dispensait des soins et services sociaux
de base à la population du cégep. « Il s'agit
d'une immense perte pour les étudiants et étudiantes du
Cégep du Vieux-Montréal. Et le pire, c'est que cette
situation tend à se généraliser dans l'ensemble
des institutions scolaires ! », a souligné
Félix Généreux, porte-parole de l'Association
générale étudiante du cégep du
Vieux-Montréal (AGECVM).
Dans un premier temps, les étudiants se sont
rendus au CLSC situé sur la rue Sanguinet et Sainte-Catherine
où se trouve la direction du CSSS Jeanne-Mance. Pour l'AGECVM,
il est évident que cette coupure est directement liée au
dernier budget provincial. C'est pour cette raison qu'ils ont
terminé la manifestation
devant le bureau du premier ministre situé à deux pas de
l'Université McGill. Inutile de dire qu'ils ont reçu le
plein appui de leurs camarades universitaires qui eux doivent composer
avec une hausse de 4 % de leur frais de scolarité.
« Avec le budget Bachand, le gouvernement
porte le coup final. Déjà mal en point après des
années de sous-financement, voilà que la qualité
de ces services sera charcutée par les nouvelles coupures et
compressions et leur accessibilité minée par des hausses
de tarifs », a dénoncé Jaëlle Gignac,
autre
porte-parole de l'AGECVM.
L'Association a tenu à rappeler que l'adoption de
la loi 100, en juin dernier, qui met en oeuvre certaines dispositions
nécessaires à l'application concrète du budget
provincial 2010-2011 et fait en sorte que les coupures drastiques
annoncées dans les services publics nécessiteront
certainement des mises à
pied massives, n'est pas étrangère à la situation
actuelle au cégep du Vieux-Montréal.
Les manifestants ont mentionné qu'ils ne sont pas
les seuls à contester ce budget rétrograde. Ils avaient
à l'esprit la manifestation qui a réuni plus de 20 000
personnes contre les coupures et hausses de tarifs dans les services
publics au lendemain du budget, le 1er avril dernier. « Il
ne s'agit que de notre
premier avertissement cet automne. Si rien ne change, le gouvernement
devra s'attendre à une riposte beaucoup plus forte de la part de
la jeunesse ! », dit Laurent Cornelissen,
également porte-parole de l'AGECVM.


Montréal le 1er avril 2010 suite au
dépôt du budget Charest.

Hausse des frais de scolarité dans les
universités
Selon une étude de Statistiques Canada
publiée le 16 septembre, les frais de scolarité
moyens déboursés par les étudiants de premier
cycle au Canada s'élèvent à 5 138 $,
soit une hausse annuelle de 4 %. Les étudiants des cycles
supérieurs font face une hausse de l'ordre de 6,6 %,
déboursant en moyenne 5 182 $. Quant aux
étudiants internationaux, ils ont dû subir une
augmentation de 10,3 % au Québec, la deuxième hausse
en importance.
« Les universités et les
collèges sont sous-financés depuis plus de dix ans, et ce
manque à gagner est relégué aux étudiants
sur leur facture de frais de scolarité », a
déclaré Zach Dayler, directeur national de l'Alliance
canadienne des associations étudiantes. « Qui plus
est, la récession fait en
sorte que les étudiants et leurs familles ont moins de
ressources à consacrer à l'éducation
postsecondaire. »
Les compressions budgétaires effectuées
par le gouvernement fédéral au début des
années 1990 ont réduit de façon substantielle les
transferts aux provinces en matière d'éducation
postsecondaire, entraînant à ce chapitre un déficit
de financement de près de 4 milliards $ au Canada. Ce
déficit fait en
sorte que les frais de scolarité augmentent continuellement
depuis 15 ans, d'ajouter l'Alliance.
Pour la FECQ et la FEUQ, il est possible de geler les
frais de scolarité, voire de les baisser, et ce malgré
les affirmations du gouvernement Charest. En effet, alors que les
étudiants québécois ont subi une quatrième
hausse consécutive de leurs frais de scolarité, le
Nouveau-Brunswick et Terre-Neuve-et-Labrador
ont gelé les leurs pour une deuxième année. La
Nouvelle-Écosse a même baissé les siens de
4,5 %, une troisième baisse consécutive, souligne le
communiqué conjoint de la FECQ et de la FEUQ. « La
volonté de la Nouvelle-Écosse de baisser ses frais de
scolarité démontre sans aucun doute qu'il y a
des problèmes d'accessibilité financière et
d'endettement liés à des frais de scolarité
très élevés. Elle prend les mesures
nécessaires pour corriger ces problèmes », a
précisé Léo Bureau-Blouin, président de la
FECQ.
« Le Canada s'apprête à mettre
toute une génération au bord de la faillite »,
souligne pour sa part David Molenhuis, président de la
Fédération canadienne des étudiantes et
étudiants(FCEE). « Le sous-financement de la part du
gouvernement fait que les étudiantes et étudiants et
leurs familles
sont obligés d'assumer la facture pour les universités du
Canada. »
« Le maintien d'une forte économie
dépend d'une main-d'oeuvre très instruite »,
de conclure le président de la FCEE. « L'absence
d'une vision nationale pour l'enseignement postsecondaire oblige le
Canada à composer avec un ensemble disparate de politiques
diverses. Ce n'est pas la façon
de délivrer l'éducation postsecondaire. »

Ontario: La loi du Grand Nord
La Nation Nishnawbe Aski s'engage de défaire la
Loi
Manifestation de la
Nation Nishnawbe Aski et ses supporters à Queen's Park le 15
septembre 2010.
Les 15 et 16 septembre, la Nation Nishnawbe
Aski (NNA) a organisé une manifestation devant la
législature de l'Ontario, à Toronto, pour exiger le
retrait immédiat de la Loi 191 (Loi du Grand Nord),
qui
en était à sa troisième lecture. La Loi 191,
introduite sans aucune discussion
préalable avec la NNA le 2 juin 2009, est une saisie de
type colonial de quelque 225 000 kilomètres carrés
(environ un cinquième de la province) de forêt
boréale dans le territoire de la Nation Nishnawbe Aski (NNA)
sous le prétexte de protéger les terres « tout
en permettant d'avoir des terres
pour le développement économique viable ».

Le grand chef Stan Beardy
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Lors de la première journée de l'action,
le grand chef Stan Beardy de la NNA a souhaité la bienvenue
à tous devant Queen's Park, particulièrement à
ceux qui avaient parcouru de longues distances, à grands frais,
notamment des membres des Premières Nations de Kasabonika Lake,
Poplar Hill, Muskrat Dam
dans le territoire de la NNA, ainsi que des Ontariens de Thunder Bay,
Timmins, Smooth Rock Falls et d'autres endroits. Le grand chef Beardy a
réaffirmé les droits ancestraux et de traités de
cette nation autochtone qui vit de ses terres traditionnelles depuis
des milliers d'années et dont le mode de vie a pour origine
la terre. Le gouvernement McGuinty n'a « pas
l'autorité de prendre de façon unilatérale des
décisions qui empiètent sur nos droits »,
a-t-il souligné. Il a dénoncé le
« processus de consultation » pendant lequel les
audiences publiques ont été tenues dans seulement cinq
des 49 Premières
Nations dans le territoire de la NNA, sans beaucoup d'annonces et sans
une traduction utile en cri, en ojibway et en oji-cri, de façon
à ce que les gens puissent comprendre ce qui se passait devant
eux. Il a souligné que les Premières Nations ne
s'opposent pas au développement viable dans leur territoire,
mais que
cela ne doit pas se faire aux dépens de leurs droits ancestraux
et de traités, comme la voie ferrée du gouvernement
ontarien par le biais de la Loi 191.
Parmi les autres orateurs, on comptait le chef Gordon
Beardy de la Première Nation de Muskrat Dam, le chef Adam
Fiddler de Sandy Lake et le chef Patrick Owen de la Première
Nation Poplar Hill, qui ont tous exigé le retrait de la Loi 191.
Cette demande a été reprise par Harold Wilson de la
Chambre de commerce
de Thunder Bay et du nord-ouest de l'Ontario, qui a souligné que
la Loi 191 ne respecte pas les droits aborigènes de la NNA
et que le développement viable du nord de l'Ontario ne peut
être mené d'une façon aussi unilatérale et
non démocratique. Des groupes de différentes
églises ont aussi lancé l'appel au
retrait de la Loi 191, sur la base qu'elle viole les clause des
Traités 9 et 5, qui ont été signés il
y a plus de cent ans avec la NNA.
Quand les retraités de Nortel sont arrivés
sur le terrain devant l'assemblée législative pour leur
manifestation, vers midi, le grand chef Beardy s'est adressé
à eux : « Tout le monde veut vivre dans la
dignité et offrir un avenir à leurs enfants. En tant que
retraités, vous êtes ici pour lutter pour une retraite
dans la dignité. Nous sommes ici pour combattre pour la
dignité de notre peuple et un avenir pour nos enfants.
Appuyons-nous les uns les autres. »
Pendant la deuxième journée d'action, les
chefs de la NNA et leurs supporters ont décidé de
s'asseoir dans la législature de l'Ontario et d'écouter
la période de questions alors qu'on discutait de la Loi 191. Le
député du NPD Gilles Bisson (Timmins-Baie James),
à la demande du grand chef Beardy, a demandé au premier
ministre Dalton McGuinty s'il tiendrait sa promesse de ne pas aller de
l'avant avec la Loi 191 jusqu'à ce que les Premières
Nations aient consenti à cette loi. McGuinty a
évité la question en répondant que son
gouvernement avait
déjà tenu de « longues
consultations » avec les communautés de la NNA.
À la fin de session de la législature, il
n'y a pas eu de vote sur la Loi 191, et la question a été
remise à un autre moment. Le Grand Chef Beardy a
déclaré qu'il était « grandement
déçu pour mon peuple de connaître une telle
expérience de la part d'un gouvernement qui nous ignore
totalement en tant que
peuple vivant en Ontario. Fondamentalement, il s'agit de savoir qui
prend la décision finale en ce qui concerne les ressources
naturelles dans la patrie des Premières Nations. Nos
traités sont clairs là-dessus. » Il a dit que
les décisions finales viendraient des peuples qui vivent sur ces
terres.

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