Le Marxiste-Léniniste

Numéro 145 - 21 septembre 2010

9e Congrès du Syndicat des communications, de l'énergie et du papier

Les travailleurs s'opposent à la destruction
nationale et aux acquisitions étrangères


Le 19 septembre 2010: Première journée du Congrès du SCEP à Toronto. (SCEP)

9e Congrès du Syndicat des communications, de l'énergie et du papier
Les travailleurs s'opposent à la destruction nationale et aux acquisitions étrangères
Les inquiétudes du SCEP face aux politiques de Harper

Québec: L'éducation est un droit
Les étudiants du cégep du Vieux-Montréal réclament le rétablissement du service de santé
Hausse des frais de scolarité dans les universités

Ontario: La loi du Grand Nord
La Nation Nishnawbe Aski s'engage de défaire la Loi

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9e Congrès du Syndicat des communications, de l'énergie et du papier

Les travailleurs s'opposent à la destruction
nationale et aux acquisitions étrangères

Le Syndicat canadien des communications, de l'énergie et du papier (SCEP) tient son 9e Congrès à Toronto du 19 au 23 septembre. À l'ouverture il y avait 1 252 délégués, délégués suppléants et invités. Le SCEP représente des travailleurs des pâtes et papiers, du téléphone, du pétrole, des produits chimiques et du secteur minier, ainsi que des imprimeurs, journalistes, animateurs de radio et de télévision et graphistes, des travailleurs des technologies de l'information et d'autres secteurs. En date de juin dernier, le syndicat comptait 117 000 membres, une baisse de 16 000 par rapport à 2008 en raison des pertes massives d'emplois, surtout dans le secteur forestier.

Le thème du congrès est : « Défions les règles. Priorité aux travailleurs et travailleuses » et les participants ont été conviés à une discussion sur les politiques de trahison du gouvernement Harper et leur impact pour les travailleurs.


Le président du SCEP
Dave Coles

Dans son discours d'ouverture, le président du SCEP Dave Coles a dit que les deux dernières années ont été parmi les plus turbulentes pour le syndicat, entre autres à cause de la pire crise économique depuis les années trente. Le pays et l'économie sont en crise, mais pas le SCEP, a-t-il déclaré. Le syndicat a défendu ses positions et s'organise pour faire échec aux politiques de droite de Harper et s'attaquer aux échecs systémiques du système économique et politique. Il a dit que la tâche du SCEP est de contribuer à bloquer les plans de destruction nationale de Harper. Il a cité comme exemple la destruction délibérée du secteur forestier, la remise des industries des télécommunications et de la radio-télédiffusion à des monopoles étrangers, l'expédition aux États-Unis de bitume brut de l'Alberta et la répression par l'État des manifestations contre le G20.

Une résolution a été déposée dans ce sens qui engagerait le SCEP à travailler à la défaite de tout député qui vote pour d'autres propriétés étrangères de l'industrie des télécommunications. On s'attend par ailleurs à ce que les délégués proposent un plan pour le contrôle des ressources énergétiques du Canada. Ils ont reçu un document de politique générale qui met en contexte plusieurs résolutions sur la crise économique, dont celles concernant la hausse du salaire minimum, un engagement envers le modèle de négociation et la sécurité des pensions. « Les délégués traceront un plan d'action pour les prochains mois et les prochaines années pour s'attaquer à un système financier et politique hostile aux travailleurs », a dit Dave Coles avant le début du congrès.

Dans le cadre de l'événement, il y aura un rassemblement et une marche jeudi le 21 septembre dans les rues du centre-ville de Toronto, suivis d'une session spéciale pour organiser la lutte pour la défense des pensions.

On trouve l'ordre du jour du Congrès, les projets de résolution et une webémission en direct du Centre des congrès de Toronto au site scependirect.ca.

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Les inquiétudes du SCEP
face aux politiques de Harper

Le SCEP a toujours donné une voix aux préoccupations des Canadiens face aux politiques annexionnistes du gouvernement Harper. « Notre gouvernement ouvrira encore plus grandes les portes du Canada au capital de risque et à l'investissement étranger dans des secteurs clés, comme l'industrie des télécommunications et des satellites », lisait-on dans le Discours du trône de ce gouvernement le 3 mars dernier. Dans un communiqué en réaction à cette déclaration, le SCEP faisait remarquer : « L'intention déclarée des conservateurs [...] d'affaiblir les règles sur la propriété étrangère dans les télécommunications est une autre atteinte à la souveraineté du Canada et une menace à la vie privée et à la sécurité dont jouissent présentement les Canadiens sous la protection de la Loi sur les télécommunications. » Le SCEP a également noté que les télécommunications sont maintenant intégrées à la radiotélédiffusion, de sorte que la distinction entre le téléphone, Internet, la musique et la télédiffusion est en train de s'effacer. Cela permet à la propriété étrangère dans une industrie de préparer des acquisitions dans d'autres industries.

De même, le SCEP a exprimé ses inquiétudes face à la vente de la Saskatchewan Potash Corporation à BHP Billiton. De dire Dave Coles : « Je crois que pour les gens qui vivent en Saskatchewan, pour tous les Canadiens, il faut se demander qui contrôle les ressources naturelles du pays. Il s'agit d'un élément très profitable et très important du moteur économique du Canada et de la Saskatchewan et c'est troublant de croire que son siège social pourra se retrouver ailleurs qu'ici. » (National Post, 25 août 2010)

Le président du SCEP a également dénoncé l'échec du gouvernement Harper à protéger l'industrie forestière. La destruction du secteur forestier et des communautés forestières va se répandre à d'autres secteurs si le gouvernement conservateur est réélu, a-t-il dit.

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Québec: L'éducation est un droit

Les étudiants du cégep du Vieux-Montréal réclament le rétablissement du service de santé

Le 16 septembre à midi, plus de 300 étudiants du cégep du Vieux-Montréal ont répondu à l'appel de leur association étudiante à manifester pour réclamer le rétablissement des services de santé au sein de l'établissement. Rappelons que la direction du Centre de santé et des services sociaux Jeanne-Mance a récemment décidé de mettre fin aux services de l'unique infirmière qui dispensait des soins et services sociaux de base à la population du cégep. « Il s'agit d'une immense perte pour les étudiants et étudiantes du Cégep du Vieux-Montréal. Et le pire, c'est que cette situation tend à se généraliser dans l'ensemble des institutions scolaires ! », a souligné Félix Généreux, porte-parole de l'Association générale étudiante du cégep du Vieux-Montréal (AGECVM).

Dans un premier temps, les étudiants se sont rendus au CLSC situé sur la rue Sanguinet et Sainte-Catherine où se trouve la direction du CSSS Jeanne-Mance. Pour l'AGECVM, il est évident que cette coupure est directement liée au dernier budget provincial. C'est pour cette raison qu'ils ont terminé la manifestation devant le bureau du premier ministre situé à deux pas de l'Université McGill. Inutile de dire qu'ils ont reçu le plein appui de leurs camarades universitaires qui eux doivent composer avec une hausse de 4 % de leur frais de scolarité.

« Avec le budget Bachand, le gouvernement porte le coup final. Déjà mal en point après des années de sous-financement, voilà que la qualité de ces services sera charcutée par les nouvelles coupures et compressions et leur accessibilité minée par des hausses de tarifs », a dénoncé Jaëlle Gignac, autre porte-parole de l'AGECVM.

L'Association a tenu à rappeler que l'adoption de la loi 100, en juin dernier, qui met en oeuvre certaines dispositions nécessaires à l'application concrète du budget provincial 2010-2011 et fait en sorte que les coupures drastiques annoncées dans les services publics nécessiteront certainement des mises à pied massives, n'est pas étrangère à la situation actuelle au cégep du Vieux-Montréal.

Les manifestants ont mentionné qu'ils ne sont pas les seuls à contester ce budget rétrograde. Ils avaient à l'esprit la manifestation qui a réuni plus de 20 000 personnes contre les coupures et hausses de tarifs dans les services publics au lendemain du budget, le 1er avril dernier. « Il ne s'agit que de notre premier avertissement cet automne. Si rien ne change, le gouvernement devra s'attendre à une riposte beaucoup plus forte de la part de la jeunesse ! », dit Laurent Cornelissen, également porte-parole de l'AGECVM.



Montréal le 1er avril 2010 suite au dépôt du budget Charest.

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Hausse des frais de scolarité dans les universités

Selon une étude de Statistiques Canada publiée le 16 septembre, les frais de scolarité moyens déboursés par les étudiants de premier cycle au Canada s'élèvent à 5 138 $, soit une hausse annuelle de 4 %. Les étudiants des cycles supérieurs font face une hausse de l'ordre de 6,6 %, déboursant en moyenne 5 182 $. Quant aux étudiants internationaux, ils ont dû subir une augmentation de 10,3 % au Québec, la deuxième hausse en importance.

« Les universités et les collèges sont sous-financés depuis plus de dix ans, et ce manque à gagner est relégué aux étudiants sur leur facture de frais de scolarité », a déclaré Zach Dayler, directeur national de l'Alliance canadienne des associations étudiantes. « Qui plus est, la récession fait en sorte que les étudiants et leurs familles ont moins de ressources à consacrer à l'éducation postsecondaire. »

Les compressions budgétaires effectuées par le gouvernement fédéral au début des années 1990 ont réduit de façon substantielle les transferts aux provinces en matière d'éducation postsecondaire, entraînant à ce chapitre un déficit de financement de près de 4 milliards $ au Canada. Ce déficit fait en sorte que les frais de scolarité augmentent continuellement depuis 15 ans, d'ajouter l'Alliance.

Pour la FECQ et la FEUQ, il est possible de geler les frais de scolarité, voire de les baisser, et ce malgré les affirmations du gouvernement Charest. En effet, alors que les étudiants québécois ont subi une quatrième hausse consécutive de leurs frais de scolarité, le Nouveau-Brunswick et Terre-Neuve-et-Labrador ont gelé les leurs pour une deuxième année. La Nouvelle-Écosse a même baissé les siens de 4,5 %, une troisième baisse consécutive, souligne le communiqué conjoint de la FECQ et de la FEUQ. « La volonté de la Nouvelle-Écosse de baisser ses frais de scolarité démontre sans aucun doute qu'il y a des problèmes d'accessibilité financière et d'endettement liés à des frais de scolarité très élevés. Elle prend les mesures nécessaires pour corriger ces problèmes », a précisé Léo Bureau-Blouin, président de la FECQ.

« Le Canada s'apprête à mettre toute une génération au bord de la faillite », souligne pour sa part David Molenhuis, président de la Fédération canadienne des étudiantes et étudiants(FCEE). « Le sous-financement de la part du gouvernement fait que les étudiantes et étudiants et leurs familles sont obligés d'assumer la facture pour les universités du Canada. »

« Le maintien d'une forte économie dépend d'une main-d'oeuvre très instruite », de conclure le président de la FCEE. « L'absence d'une vision nationale pour l'enseignement postsecondaire oblige le Canada à composer avec un ensemble disparate de politiques diverses. Ce n'est pas la façon de délivrer l'éducation postsecondaire. »

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Ontario: La loi du Grand Nord

La Nation Nishnawbe Aski s'engage de défaire la Loi

Manifestation de la Nation Nishnawbe Aski et ses supporters à Queen's Park le 15 septembre 2010.

Les 15 et 16 septembre, la Nation Nishnawbe Aski (NNA) a organisé une manifestation devant la législature de l'Ontario, à Toronto, pour exiger le retrait immédiat de la Loi 191 (Loi du Grand Nord), qui en était à sa troisième lecture. La Loi 191, introduite sans aucune discussion préalable avec la NNA le 2 juin 2009, est une saisie de type colonial de quelque 225 000 kilomètres carrés (environ un cinquième de la province) de forêt boréale dans le territoire de la Nation Nishnawbe Aski (NNA) sous le prétexte de protéger les terres « tout en permettant d'avoir des terres pour le développement économique viable ».


Le grand chef Stan Beardy

Lors de la première journée de l'action, le grand chef Stan Beardy de la NNA a souhaité la bienvenue à tous devant Queen's Park, particulièrement à ceux qui avaient parcouru de longues distances, à grands frais, notamment des membres des Premières Nations de Kasabonika Lake, Poplar Hill, Muskrat Dam dans le territoire de la NNA, ainsi que des Ontariens de Thunder Bay, Timmins, Smooth Rock Falls et d'autres endroits. Le grand chef Beardy a réaffirmé les droits ancestraux et de traités de cette nation autochtone qui vit de ses terres traditionnelles depuis des milliers d'années et dont le mode de vie a pour origine la terre. Le gouvernement McGuinty n'a « pas l'autorité de prendre de façon unilatérale des décisions qui empiètent sur nos droits », a-t-il souligné. Il a dénoncé le « processus de consultation » pendant lequel les audiences publiques ont été tenues dans seulement cinq des 49 Premières Nations dans le territoire de la NNA, sans beaucoup d'annonces et sans une traduction utile en cri, en ojibway et en oji-cri, de façon à ce que les gens puissent comprendre ce qui se passait devant eux. Il a souligné que les Premières Nations ne s'opposent pas au développement viable dans leur territoire, mais que cela ne doit pas se faire aux dépens de leurs droits ancestraux et de traités, comme la voie ferrée du gouvernement ontarien par le biais de la Loi 191.

Parmi les autres orateurs, on comptait le chef Gordon Beardy de la Première Nation de Muskrat Dam, le chef Adam Fiddler de Sandy Lake et le chef Patrick Owen de la Première Nation Poplar Hill, qui ont tous exigé le retrait de la Loi 191. Cette demande a été reprise par Harold Wilson de la Chambre de commerce de Thunder Bay et du nord-ouest de l'Ontario, qui a souligné que la Loi 191 ne respecte pas les droits aborigènes de la NNA et que le développement viable du nord de l'Ontario ne peut être mené d'une façon aussi unilatérale et non démocratique. Des groupes de différentes églises ont aussi lancé l'appel au retrait de la Loi 191, sur la base qu'elle viole les clause des Traités 9 et 5, qui ont été signés il y a plus de cent ans avec la NNA.

Quand les retraités de Nortel sont arrivés sur le terrain devant l'assemblée législative pour leur manifestation, vers midi, le grand chef Beardy s'est adressé à eux : « Tout le monde veut vivre dans la dignité et offrir un avenir à leurs enfants. En tant que retraités, vous êtes ici pour lutter pour une retraite dans la dignité. Nous sommes ici pour combattre pour la dignité de notre peuple et un avenir pour nos enfants. Appuyons-nous les uns les autres. »

Pendant la deuxième journée d'action, les chefs de la NNA et leurs supporters ont décidé de s'asseoir dans la législature de l'Ontario et d'écouter la période de questions alors qu'on discutait de la Loi 191. Le député du NPD Gilles Bisson (Timmins-Baie James), à la demande du grand chef Beardy, a demandé au premier ministre Dalton McGuinty s'il tiendrait sa promesse de ne pas aller de l'avant avec la Loi 191 jusqu'à ce que les Premières Nations aient consenti à cette loi. McGuinty a évité la question en répondant que son gouvernement avait déjà tenu de « longues consultations » avec les communautés de la NNA.

À la fin de session de la législature, il n'y a pas eu de vote sur la Loi 191, et la question a été remise à un autre moment. Le Grand Chef Beardy a déclaré qu'il était « grandement déçu pour mon peuple de connaître une telle expérience de la part d'un gouvernement qui nous ignore totalement en tant que peuple vivant en Ontario. Fondamentalement, il s'agit de savoir qui prend la décision finale en ce qui concerne les ressources naturelles dans la patrie des Premières Nations. Nos traités sont clairs là-dessus. » Il a dit que les décisions finales viendraient des peuples qui vivent sur ces terres.

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