Le Marxiste-Léniniste

Numéro 144 - 18 septembre 2010

Au parlement canadien

À qui la démocratie ? À nous !

Au parlement canadien
À qui la démocratie ? À nous !

Brutalité policière pendant et après le G20
Courage et détermination face à la criminalisation de la dissidence - Les Jeunes du PMLC pour le Renouveau démocratique
Soutenons tous ceux qui ont été arrêtés pour s'être opposés au G8/G20 ! Donnez au Fonds de défense juridique !
Les arrêtés et les accusés du G20

Honduras
La pétition pour exiger une Assemblée constituante recueille plus d'un million de signatures

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Au parlement canadien

À qui la démocratie ? À nous !

La troisième session du 40e parlement reprend ses travaux le 20 septembre.

Le parlement canadien reprend ses travaux à 11 h le 20 septembre après la pause estivale qui a commencé le 17 juin, juste avant les sommets du G8/G20. Des milliers de Canadiens sont descendus dans la rue à Toronto durant la semaine des sommets pour dénoncer le caractère antidémocratique de ces rencontres internationales où se décident les affaires économiques et politiques du monde. « Ils sont quelques-uns, nous sommes la multitude ! », « Voilà à quoi ressemble la démocratie ! Voilà à quoi ressemble un État policier ! », ont-ils scandé, faisant écho aux préoccupations de tous ceux qui sont marginalisés par le processus décisionnel et le parlement.

Les attaques policières contre les manifestants et les plus de 1 105 arrestations montrent à quel point la dissidence est criminalisée au Canada. La répression policière n'est pas une simple affaire de violence démesurée des corps policiers, il s'agit d'un recours prémédité à la violence fasciste contre le peuple pour éliminer l'opposition aux politiques réactionnaires de ces sommets impérialistes. L'État canadien verse ouvertement dans la criminalité en bafouant toutes les normes de comportement civilisé et de justice en faveur du droit de monopole et du diktat impérialiste. Ce sont ces intérêts qui sont derrière les attaques contre les femmes, les jeunes et les travailleurs au G8/G20 et ce sont ces forces qui sont derrière la désintégration institutionnelle au parlement.

Les Canadiens ont une expérience directe de la brutalité du pouvoir économique concentré entre les mains d'une poignée d'influents monopoles et oligarques financiers qui s'en servent pour fouler les droits économiques. Ils connaissent aussi la brutalité du pouvoir politique de plus en plus concentré entre les mains d'une poignée qui utilise à son avantage la Prérogative royale et favorise l'affaiblissement des institutions établies pour réaliser des objectifs antisociaux et antinationaux et nier les droits politiques. Le pouvoir a été retiré de la Chambre des communes et est concentré toujours plus ouvertement et plus entre les mains d'intérêts autres que ceux du peuple. Les Canadiens sont confrontés à un pouvoir d'État qui manque de légitimité et qui est de plus en plus ouvertement un instrument de l'anarchie et de la violence pour le compte des riches et des impérialistes américains.

La violence utilisée contre les manifestants et la population en général durant le sommet est partie intégrante de la fascisation de l'État. Le peuple est confronté à une autorité fondée sur la violence et l'agression, mais qui prétend aussi être l'arbitre de ce qui est une protestation « légitime » et « pacifique ». Durant les jours qui ont précédé le sommet, pas une seule voix à la Chambre des communes n'a contesté la légitimité de ces institutions impérialistes basées sur la violence. Le parlement a discuté de la proposition du gouvernement concernant le programme de santé pour les femmes et les enfants et de sa position sur l'avortement, et c'est tout. Les députés ont accepté ces rencontres exclusives et non représentatives des États les plus puissants et les plus agressifs comme s'il s'agissait de l'Assemblée générale de l'ONU. Les manifestations contre un événement comme celui-là « allaient de soi » et les parlementaires n'avaient qu'à débattre entre eux du coût des opérations de sécurité. Mais pas un mot sur les raisons pour lesquelles il y a tant d'opposition à cette rencontre des institutions antisociales et impérialistes en sol canadien. Il y a eu une motion demandant au gouvernement Harper de détailler les dépenses pour la sécurité, mais personne n'a demandé pourquoi le Canada devait accueillir le G8/G20 chez lui. Depuis la répression de juin, les tentatives de convoquer le Comité parlementaire sur la sécurité publique pour enquêter sur ce qui s'est produit ont échoué.

Le parlement reprend ses travaux le 20 septembre et les Canadiens veulent savoir ce qui s'est passé au G20. Ils sont très préoccupés par la criminalisation de la dissidence et par la tendance à la répression d'État au nom de la sécurité. Les gens refusent de pardonner les tactiques de gestapo utilisées contre les manifestants et les passants. Ils refusent d'accepter que le droit de protester contre les institutions impérialistes soit criminalisé. Le gouvernement Harper ne s'en sortira pas en insultant ceux qui expriment leur opposition, ou en s'ingérant dans le fonctionnement des comités responsables d'enquêter sur ces événements ou en disant que c'est l'affaire des corps policiers.

Le Parti communiste du Canada (marxiste-léniniste) appelle les travailleurs, les femmes, les jeunes et toutes les personnes à l'esprit démocratique à intensifier les efforts pour le renouveau démocratique et bâtir et une opposition réelle aux plans réactionnaires du G8/G20. C'est ainsi qu'ils peuvent bloquer la rétrogression et contribuer à un projet d'édification nationale pour résoudre la crise politique et constitutionnelle en faveur du peuple et de ses intérêts.

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Brutalité policière pendant et après le G20

Courage et détermination face
à la criminalisation de la dissidence

Les Jeunes pour le Renouveau démocratique du Parti marxiste-léniniste du Canada saluent tous ceux participent au mouvement contre le G8-G20, qui se tiennent debout face aux attaques concertées de l'État canadien. Le but de la violence d'État et de l'intimidation est d'empêcher les gens de participer en répandant la peur et en faisant des menaces, et surtout de liquider les forces combattantes de la société. En arrêtant plusieurs des principaux activistes du mouvement, en les calomniant eux et leurs organisations dans les médias monopolisés et en menaçant le corps politique avec cet exemple, le gouvernement Harper vise à balayer ses opposants politiques par la force et la brutalité. L'énorme pression sur le mouvement pour céder à cette force et pour permettre qu'il soit éliminé est concrète. Avant et jusqu'au Sommet du G20, le mouvement populaire pour dénoncer le G8/G20 illégitime a travaillé sans relâche pour mettre sur pied son infrastructure, établir l'organisation et former des activistes et mobiliser les gens de tous les secteurs pour qu'ils prennent une position juste. En raison des attaques de l'État contre le peuple en général et contre les organisateurs en particulier, le mouvement fait face à des difficultés concrètes dans son travail et a été forcé de se réorganiser, de réorienter son infrastructure et de recruter et former plus d'activistes dans le feu de l'action.

Par exemple, plusieurs des principaux organisateurs font face à des accusations, sont encore en prison ou libérés sous caution, avec des conditions restrictives qui ne leur permettent pas de continuer leur travail politique. Qui donc fera le travail ? Ces organisateurs constituaient aussi les liens du mouvement avec ses supporters et ses ressources, liens qui ont dû être rétablis avec beaucoup de difficultés. Ce sont là quelques exemples de comment les arrestations, les accusations, les conditions de libération sous caution et la calomnie sont utilisées pour éliminer le mouvement. Face à cette pression et au pouvoir apparemment tout puissant de l'État, avec Stephen Harper à sa tête, non seulement le mouvement a-t-il continué ses efforts, il a fait tout le nécessaire pour créer les conditions pour être à la hauteur de la tâche face aux attaques. Dans l'adversité il s'est consolidé de manière à épauler tous ceux qui sont détenus ou font face à des accusations.

Le 30 août, lors d'une mise au point, le Toronto Community Mobilization Network (TCMN), un des principaux organisateurs d'action pour dénoncer les sommets, a traité de cette question. Dans son communiqué « Arrestations, intimidation, la résistance continue », il souligne que « de nombreuses personnes qui ont passé la dernière année à bâtir l'infrastructure pour la Convergence ont été arrêtées, battues et intimidées. Plusieurs des organisateurs centraux sont en résidence surveillée, mais beaucoup d'autres à Toronto se sont avancés pour joindre la résistance. » Le communiqué explique qu'un nouvel espace d'organisation a dû être mis sur pied et que le TCMN se concentre sur l'appui à ceux qui font face à des accusations.

C'est là la réalité qu'a créée la politique du gouvernement Harper de nier le droit de conscience des citoyens, la liberté d'association et le droit à la dissidence. Le mouvement est déjà parvenu à cette conclusion et se rend de plus en plus compte que la meilleure garantie de notre sécurité est de poursuivre et d'intensifier le travail d'organisation. Sur cette base, les gens dénoncent en masse cette attaque de l'État et établissent les mécanismes nécessaires pour soutenir ceux qui font face à des accusations, exigeant qu'on laisse tomber les accusations et qu'il y ait une enquête publique sur ce qui s'est passé. Ils doivent trouver la façon de déjouer la tactique consistant à porter des accusations de conspiration contre les organisateurs, une nouvelle méthode utilisée par l'État pour criminaliser la dissidence. Les accusations de conspiration ne requièrent pas de preuve qu'une activité illégale a eu lieu dans les faits. Le fait de s'associer avec d'autres personnes devient en soi une preuve d'intention partagée ou d'encouragement à l'activité présumée illégale. Les Jeunes pour le Renouveau démocratique sont convaincus que nous pourrons trouver notre orientation sur le front légal et établir nos tactiques pour faire échouer ces accusations. Ces accusations sont essentiellement politiques. Pour bloquer l'offensive de l'État sur ce front, il faut un programme politique en appui à ces personnes qui sont des prisonniers politiques.

Les Jeunes pour le Renouveau démocratique saluent le courage et la détermination de tous ceux qui, dans des circonstances difficiles, saisissent l'occasion de montrer de quoi le peuple est fait. La qualité humaine la plus précieuse aujourd'hui est celle défendue par ceux et celles qui refusent de concilier et qui créent les conditions pour affirmer les principes, quoi qu'il arrive.

Pour contacter les Jeunes pour le Renouveau démocratique : jeunes@mlpc.ca

Non à la criminalisation de la dissidence !
Libérez les prisonniers politiques !
Non à l'impunité !

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Soutenons tous ceux qui ont été arrêtés
pour s'être opposés au G8/G20 !
Donnez au Fonds de défense juridique !

Le Marxiste-Léniniste lance l'appel à tous à contribuer et à ramasser des fonds pour couvrir les frais juridiques des personnes arrêtées lors du sommet du G8/G20 et qui font face à des accusations en guise d'appui politique. Les dons peuvent être envoyés au Fonds de défense juridique du G20 qui a été créé par le Réseau de mobilisation communautaire de Toronto. L'argent recueilli jusqu'à présent n'est qu'une fraction de la somme nécessaire. Nous invitons tout le monde à donner pour pouvoir couvrir les dépenses juridiques de tous ceux qui ont besoin d'aide. Les façons de donner sont les suivantes :

1) Transfert bancaire à OPIRG York :

Numéro de transit : 00646 / Institution : 842 / Numéro de compte : 3542240

Utilisez votre compte bancaire en ligne ou contactez votre banque directement pour un transfert de fonds avec la note que c'est pour le « G20 Legal Defence »

2) Faire chèque payable au « Toronto Community Mobilization network» ou «OPIRG York». Les chèques peuvent être postés à:

Toronto Community Mobilization Network
360A Bloor Street W
PO Box 68557
Toronto, ON M5S 1X0

3) Payer en utilisant PayPal sur le site g20.torontomobilize.org et écrivez « Défense juridique du G20 » dans la section « Directives spéciales pour le marchand ».

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Les arrêtés et les accusés du G20

Entre le 21 et le 27 juin, l'assaut policier contre le opposants au G8/G20 a fait que :

- Au moins 1 100 personnes ont été détenues pendant de longues périodes, soit sur la rue, soit dans le studio converti pour l'occasion en centre de détention.

- Des milliers d'autres ont été détenues et interrogées et il n'est pas possible d'établir le nombre exact en ce moment.

- Au moins 306 personnes font l'objet d'accusations.

- 304 personnes ont comparu en cour le 23 août. Les accusations ont été retirées contre 104 d'entre elles. Beaucoup se sont fait conseiller d'accepter une « entente » en plaidant coupable sinon ils risquent de subir d'autres mesures de répression. La majorité ont refusé et dit qu'ils défendront leur droit de s'organiser face à la répression.

- Au moins 232 personnes continuent de faire face à des poursuites et à la criminalisation et retourneront en cour dans les mois et les années qui viennent.

- De ces 232 personnes, au moins 110 font face à des accusations de conspiration et d'« encouragement à commettre » différents délits. De ces 110, deux sont présentement en prison et la poursuite tente d'en incarcérer deux autres.

- Environ 18 personnes font face à de graves accusations de conspiration et ont été libérées avec des conditions extrêmement strictes. Plusieurs sont en détention à domicile et se voient interdits l'utilisation d'un ordinateur portable ou d'un téléphone cellulaire, l'accès à Internet, l'association avec des amis et la participation à des manifestations publiques.

Il y a encore des arrestations qui se font. La plus récente s'est produite à Hamilton le 26 août. Une membre de la Coalition de Hamilton contre le G20 a été arrêtée et a reçu trois chefs d'accusation pour conspiration pour commettre une infraction punissable par la loi .

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Honduras

La pétition pour exiger une Assemblée constituante recueille plus d'un million de signatures

Le Front national de la résistance populaire (FNRP) du Honduras a dépassé l'objectif de recueillir 1,25 million de signatures sur la pétition exigeant la tenue d'une Assemblée constituante et le retour du rétablissement de Manuel Zelaya dans ses fonctions de président, rapporte Prensa Latina.

La campagne qui a circulé dans les villes et villages des 18 départements du pays a commencé le 20 avril et s'est terminée le 15 septembre, à l'occasion du 189e anniversaire de l'indépendance conquise contre le pouvoir espagnol.

En date du 14 septembre, il y avait 1 269 142 signatures selon Rasel Tome et Elogio Chavez, membres du comité du FNRP chargé de recueillir les signatures. « Aujourd'hui nous demandons à la communauté internationale d'entendre la voix du peuple souverain qui réclame justice et le changement. Le peuple a parlé », a dit Rasel Tome.


«Pour la vraie indépendance, pour l'assemblée
constituante, 1 269 142 déclarations de souveraineté
et ça continue.»

Le but de l'Assemblée constituante est de changer la constitution en vigueur depuis 1982 et de rebâtir le pays suite au coup d'État du 2009 qui a renversé le président Manuel Zelaya. Zelaya a pu retourner au pays trois mois plus tard mais il a dû se réfugier à l'ambassade brésilienne à Tegucigalpa jusqu'à son exil en République dominicaine. Le FNRP demande que le gouvernement de Porfirio Lobo garantisse le retour de l'ancien président au Honduras. « Mon exil est un crime de l'administration actuelle et mon retour doit se faire tel que demandé par l'OÉA, avec des garanties et la liberté d'assumer mes fonctions », a dit l'ancien président dans une lettre adressée à Radio Globo.

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