Accueil |
Archives | English
Québec
La politique énergétique du gouvernement
Charest
est dénoncée au Congrès mondial de l'énergie
Plus de 500 personnes ont envahi La place Riopelle
à Montréal dimanche le 12 septembre pour dénoncer
l'incohérence de la politique énergétique du
gouvernement Charest, une politique qui se fait au mépris du
droit de décider des Québécois. La manifestation
se tenait au même moment où s'ouvrait à quelques
pas de là, sous haute sécurité, le
22e Congrès mondial de l'énergie.
Le congrès réunissait derrière des
portes closes des détenteurs d'intérêts dans les
sables bitumineux jusqu'aux champs pétrolifères de
l'Arabie saoudite, des centrales nucléaires aux gaz de schiste,
en passant par toutes les institutions financières et de
détenteurs de pouvoir gouvernementaux. « Il s'agit
d'un rassemblement des mêmes forces
politiques et financières qui alimentent le chaos climatique et
nous poussent vers des points de basculement catastrophiques
environnementaux, qui perpétuent guerres, pauvreté et
inégalités sociales dans le processus », ont
souligné les organisateurs de la manifestation.
Les bannières, pancartes, discours et
conversations ont porté sur la nécessité de mettre
fin à la mainmise des monopoles sur la politique
énergétique du gouvernement Charest, qui se fait au
mépris du droit public et de l'environnement naturel. Comme l'a
souligné Daniel Breton, président de l'organisme
Maître chez nous : « Les
compagnies pétrolières et gazières ont
réussi à acheter la conscience du gouvernement en
exerçant un monopole sur le commerce et en bâillonnant les
promesses politiques. »
« On est chez nous ici. C'est notre terre
elle nous appartient. Le sous-sol c'est la même chose. Ce n'est
pas au Parti libéral qu'il appartient de vendre ce qui n'est pas
à lui », a ajouté Marie-Ève Mathieu,
présidente du Comité local Saint-Judes de Mobilisation
gaz de schiste.
Des activistes du PMLQ étaient présents.
Plusieurs manifestants ont exprimé leur préoccupation
face à ce gouvernement qui fait fi de la volonté
populaire et ont ajouté qu'ils appréciaient Le
Marxiste-Léniniste parce qu'il donne confiance au
mouvement.
Les représentants de Greenpeace de leur
côté ont rappelé qu'à la veille de
Copenhague, le
premier ministre Charest se présentait comme un
« leader » dans la lutte aux changements
climatiques. Huit mois plus tard, il déroule le tapis rouge aux
entreprises pour l'exploration et l'exploitation du pétrole et
de gaz de schiste au Québec,
des énergies polluantes qui accélèrent les
changements climatiques et contaminent l'environnement.
Dans son allocution à l'ouverture du
Congrès, le premier ministre a invité les monopoles
à venir piller les ressources du Québec. Pour duper les
crédules, il a dit que pour faire face à la croissance de
la demande énergétique, il faut des solutions qui soient
à la fois bonnes pour l'économie, respectueuses de
l'environnement et socialement
responsables. Les récentes tragédies environnementales
comme la marée noire de BP dans le golfe du Mexique montrent que
ce qui guide les monopoles, c'est la recherche du profit maximum peu
importe les conséquences.
« À qui profite le
crime ? », a demandé Virginie Lambert-Ferry de
Greenpeace. « Le gouvernement fait miroiter la poule aux
oeufs d'or alors qu'au final, ce sont des compagnies
pétrolières étrangères qui vont remporter
le gros lot. »
L'affaire est loin d'être terminée et les
récentes actions sur l'exploration et l'exploitation
minières au Québec montrent que les
Québécois veulent le pouvoir de décider des choses
qui affectent leur vie et leur avenir. Les actions vont se poursuivre.

Les «séances d'information» de
l'APGQ
sont de la désinformation
- Serge Lachapelle -

|
Mardi soir le 14 septembre, l'Association
pétrolière et gazière du Québec(APGQ) a
tenu à Bécancour la première de trois
« séances publiques d'information » sur
l'exploitation du gaz de schiste qui se tiendront aux cours des
prochaines semaines dans différentes régions du
Québec. De l'aveu même de son président,
André Caillé,
les rencontres visent à rallier les citoyens à sa cause,
à défaut de pouvoir rallier les environnementalistes.
« Il y a des irréductibles qui ne nous appuieront
jamais parce qu'ils croient que d'autres filières doivent
être développées. » « Nous
nous adressons à ceux qui ne nous appuient pas
présentement, mais que, si nous les
convainquons et que nous prenons les moyens pour faire face à
tous les risques et que l'environnement est convenablement
protégé, ceux-là vont nous appuyer. »
Cette première rencontre qui s'est tenue deux
jours après la manifestation devant le Congrès
international de l'énergie a attiré plus de 250 personnes
venues d'aussi loin que de la Beauce et elle n'a pas
« rallié les citoyens », loin de
là. Pendant trois heures, les écologistes, agriculteurs
et citoyens ont mis sur la défensive
l'Association avec des commentaires et questions qui illustraient une
parfaite connaissance du dossier et une préoccupation pour
l'environnement naturel.
Poussé dans ces derniers retranchements, M.
Caillé a dit : « Ce n'est pas dans
l'intérêt de l'industrie qu'il n'y ait pas de normes, ce
n'est pas dans l'industrie qu'il n'y ait pas de
surveillance... On ne laissera pas un
héritage tout croche, on va faire ça de façon
responsable. » Une déclaration qui n'a pas
manqué
d'indigner les participants, qui avaient à l'esprit les
récents désastres écologiques.
« Vous êtes payés pour dire
ça, et vous ne pouvez pas dire autrement », s'est
écrié Serge Fortier, consultant en paysage
écologique de Sainte-Marie-de-Brandford.
Devant une salle hostile, le président de l'APGQ
est passé à l'argument massue à propos des
« retombées économiques ». Il a
parlé de 10 à 30 milliards de dollars d'investissements
par les compagnies productrices, 5000 à 15 000 emplois par
année, et de 1 à 3 milliards de dollars de redevances
versées au gouvernement.
Mal lui en pris, le professeur d'économie
à l'Université du Québec à
Trois-Rivières, Pierre-André Julien, a émis des
réserves sur ces prétendus retombées.
« Les chiffres, on ne les a pas
inventés, on les a fait faire par la firme Secor. Ils ne disent
pas n'importe quoi, ce sont des professionnels » de
rétorquer André Caillé.
Et Pierre-André Julien de
répondre :« Je ne sais pas comment on fait des
rapports à Secor. Ça dépend qui nous
paie. »
« Arrêtons tout, c'est parti tout
croche », a dit sous les applaudissement des participants
André
Bélisle, président de l'Association
québécoise contre la pollution atmosphérique.
Cette « séance
d'information » démontre bien que la population
refuse de voir son droit de conscience nié par quelques
arguments intéressés. La présentation de l'APGQ
n'a convaincu personne et elle illustre de nouveau la profonde
aspiration populaire à prendre part dans toutes les
décisions qui concernent l'avenir de la
société.

Ontario
La «loi du Grand Nord» doit être
abrogée!
Défendons les droits ancestraux
et de traité des Nishnawbe Aski!
Dans le cadre de leur campagne pour exiger que le
gouvernement retire son projet de loi 191, la Loi relative
à l'aménagement et à la protection du Grand Nord, maintenant
en
troisième
lecture
au
parlement ontarien, Stan Beardy, le
Grand Chef de la Nation Nishnawbe Aski (NAN), les 49 chefs du
conseil de la NAN de même que les conseils tribaux de la NAN et
leurs alliés organisent une protestation de deux jours à
Queens' Park les 15 et 16 septembre 2010. Le
Marxiste-Léniniste lance l'appel à tous d'appuyer
cette action à la défense des droits ancestraux et de
traité de la Nation Nishnawbe
Aski.
Selon le document d'information publié par le
gouvernement McGuinty, le projet de loi 191 vise à
« prévoir une planification de l'aménagement
communautaire du Grand Nord à laquelle participent directement
les Premières Nations et qui soutient les objectifs
environnementaux, sociaux et économiques
de l'aménagement du territoire au profit des peuples de
l'Ontario ». D'un trait de plume, le gouvernement McGuinty,
qui n'a jamais agi en appui aux Premières Nations de l'Ontario,
s'empare dans le plus pur style colonial d'un territoire d'environ 225
000 kilomètres carré de forêt boréale en
terre autochtone.
Ce territoire forme près des deux tiers de la masse terrestre de
l'Ontario et il est la demeure de 49 Premières Nations qui
comprennent en tout environ 50 000 personnes.
Soutenir les « objectifs environnementaux,
sociaux et économiques » veut simplement dire aider
les plus grands monopoles miniers et de développement des
ressources à violer et piller les territoires traditionnels de
la NAN en niant ses droits ancestraux et de traité. Le projet de
loi prévoit que le ministre
ontarien des Ressources naturelles va
« consulter » les Premières Nations mais
lui donne droit de veto sur toute préoccupation des
Premières Nations. C'est complètement inacceptable.
Cela ne doit pas passer ! Il faut que le projet de
loi 191 soit retiré ! Tous en appui aux journées
d'action politique des 15 et 16 septembre de la NAN à Queens'
Park ! Soutenons les droits ancestraux et de traité de la
Nation Nishnawbe Aski !
(NAN)

Communiqués de presse de la Nation Nishnawbe Aski
La NAN lance sa campagne contre le projet
de loi 191
- Le 31 août 2010 -
THUNDER BAY, Ontario : Le Grand Chef de la Nation
Nishnawbe Aski (NAN) Stan Beardy, le conseil exécutif de la NAN
et les chefs et les conseils tribaux de la NAN lancent officiellement
aujourd'hui leur campagne contre le projet de loi 191 du gouvernement
de l'Ontario, la Loi relative
à l'aménagement et à la protection du Grand Nord.
« Assez parlé, c'est maintenant le
temps
d'agir », a dit le Grand Chef de la NAN Stan Beardy.
« C'est aux Premières Nations à décider
quand et comment notre territoire sera développé. Le
projet de loi 191 enlève ce droit à nos
communautés éloignées du Grand Nord. Le
gouvernement McGuinty
n'a d'autre choix que de jeter ce projet de loi aux poubelles et nous
allons nous assurer que notre message se fera entendre haut et
fort. »
Les chefs de la NAN réunis en assemblée
ont
dénoncé à l'unanimité ce projet de loi le
13 août 2010, suite à une assemblée d'urgence de
deux jours des chefs de l'organisation à Thunder Bay en Ontario.
À partir d'aujourd'hui, et cela jusqu'à la
troisième lecture du projet de loi 191 par le parlement ontarien
à la mi-septembre, les Premières Nations NAN vont
participer à diverses actions en opposition au projet de loi
191, lesquelles comprennent mais ne se limitent pas à : des
lettres et des éditoriaux ;
un rassemblement à Queens' Park ; la distribution de
matériel comme des pamphlets et des posters ; la
participation à des programmes de radio ; des lettres
ouvertes au gouvernement, à l'industrie et aux groupes
environnementaux ; des rencontres avec des membres du parlement
ontarien
et des pétitions contre le projet de loi 191.
« Il est très important, a dit Beardy,
que la NAN
fasse sentir sa présence et fasse connaître sa position.
Nous unissons nos voix et combattons pour ce qui nous revient de
droit. »
La Nation Nishnawbe Aski est une organisation politique
territoriale
qui représente 49 communautés de Premières Nations
couvertes par le Traité numéro 9 de la Baie James et des
portions de l'Ontario qui correspondent au Traité numéro
5, un territoire qui en tout couvre les deux tiers de la province de
l'Ontario.
Pour plus d'information, veuillez contacter Amy Harris,
responsable aux
relations avec les médias de la Nation Nishnawbe Aski au (807)
625-4906 ou à son numéro de cellulaire (807) 252-2806 ou
lui envoyer un courriel à aharris@nan.on.ca.
Un
appel
à
appuyer
la
lutte de la Nation Nishnawbe Aski contre le
projet de loi 191, la Loi relative à l'aménagement
et à la protection du Grand Nord
- 2 septembre, 2010 -
Chers amis,
Les 49 chefs de l'assemblée de la Nation
Nishnawbe Aski ont
voté à l'unanimité pour s'opposer au projet de loi
191, la Loi relative à l'aménagement et à la
protection du Grand Nord. Le 13 août 2010, la direction de
la NAN a décidé de mener une campagne publique contre ce
projet de loi qui utilisera
tous les moyens nécessaires. Dans le cadre de notre
stratégie, nous avons lancé une campagne d'opposition
officielle et nous demandons l'appui public d'organisations comme la
vôtre. Nous devons laisser savoir à la province de
l'Ontario que des lois qui ont un impact sérieux sur les vies de
dizaines de milliers de
gens ne peuvent pas être imposées unilatéralement
sans que soient consultés ceux qui en seront le plus
affectés.
Malgré les nombreuses rencontres et nos
propositions
répétées de changements au projet de loi
(dès 2009), l'Ontario a persisté à ignorer les
nombreuses objections et préoccupations que les Premières
Nations du Grand Nord ont présentées, notamment à
l'effet que :
- le projet de loi 191 enfreint les traités et la
juridiction autochtones. Il ne constitue pas un vrai partenariat entre
les autochtones et l'Ontario. Il déclare zone
protégée un territoire immense et aux connexions internes
complexes sur les terres de la Nation Nishnawbe Aski, sans aucune
compensation.
- l'Ontario a l'obligation d'honorer et de respecter le
Traité numéro 9 et le Traité numéro 5 ainsi
que la juridiction fondamentale des Premières Nations. Toute
décision de développement et de protection sur le
territoire de la NAN requiert le consentement libre, préalable
et informé des Premières Nations NAN.
Nous allons continuer à travailler à des
initiatives locales de planification d'aménagement du territoire
qui reposent sur notre juridiction.
Si le projet de loi 191 est adopté, la NAN ne le
reconnaîtra pas. La NAN va s'opposer au projet de loi 191 par
tous les moyens nécessaires.
Nous appelons toutes les parties concernées,
notamment les
organisations environnementales, l'église et l'industrie,
à retirer leur appui au projet de loi 191 ou à donner une
nouvelle vigueur à leur opposition. Le projet de loi 191 ne
respecte pas la promesse du premier ministre de l'Ontario s'engageant
à établir une
nouvelle relation avec les Premières Nations et à fournir
plus d'emplois et plus d'avantages économiques aux habitants du
Nord de l'Ontario. Nous vous demandons de contacter les
représentants gouvernementaux nommés ci-dessous et de
leur exprimer votre appui à l'opposition de la Nation Nishnawbe
Aski au projet
de loi 191, la Loi relative à l'aménagement et
à la protection du Grand Nord.
Dalton McGuinty, premier ministre
Parlement ontarien
Queens' Park
Toronto Ontario
M7A 1A1
Fax : (416) 325-3745
Courriel : dmcguinty.mpp.co@liberal.ola.org
Linda Jeffrey
Ministre des Ressources naturelles
6e étage, Whitney Block 99
Rue Wellesley ouest
Toronto Ontario
M7A 1W3
Courriel : ljeffrey.mpp.co@liberal.ola.org
Il n'y a pas un moment à perdre ! Le projet
de loi sera
débattu en troisième lecture le jeudi 16 septembre 2010.
Nous serons là et nous espérons vous y voir tous [...]

Colombie-Britannique
Les Premières Nations craignent des agressions
si elles sont forcées de défendre leurs terres
- Le gouvernement national Tsilhqot'in, 7
septembre 2010 C
Les Premières Nations seront forcées de
défendre les droits, les terres et les eaux Tsilhqot'in en
Colombie-Britannique si le gouvernement fédéral manque
à son devoir de stopper la proposition pour la mine Prosperity.
On a entendu le ministre des Mines, Randy Hawes, dire
qu'« aucune société ne tolérera des
menaces de violence ».
Le chef Percy Guichon de la nation Tsi Deldel a
dit : « Ce qui est inacceptable pour la
société canadienne aujourd'hui, c'est la destruction d'un
mode de vie traditionnel et culturel, au nom des profits. »
« Nous subissons un traitement semblable
à ceux des groupes autochtones dans les pays
sous-développés de la part du gouvernement et de Taseko
Mines Ltd. », a dit le chef Ivor D. Myers des Yunesit'in.
Récemment, on a tenté par tous les moyens
de déformer un commentaire émis lors des audiences sur La
loi
canadienne
sur
l'évaluation
environnementale, où
une aînée de la communauté Xeni Gwet'in a
exprimé sa frustration en disant qu'elle viendrait en fauteuil
roulant, avec un fusil si nécessaire,
pour empêcher l'ouverture de la mine. Les dirigeants des
Tsilhqot'in ont écouté les membres de leur
communauté venus dire, larme à l'oeil, qu'ils sont contre
cette mine et qu'ils défendront leur lac sacré.
« Si quelqu'un a raison de craindre une
agression, ce sont nos gens », a dit la chef Marilyn
Baptiste du gouvernement Xeni Gwet'in des Premières Nations.
« Ce sont le gouvernement de la Colombie-Britannique et
Taseko Mines Ltd. Qui menacent notre mode de vie, notre santé,
notre environnement
et notre culture. Nous ne faisons que nous défendre. »
La chef Baptiste a souligné que toutes les
Premières Nations espèrent encore que le gouvernement
fédéral fera ce que la loi, ses responsabilités et
ses devoirs lui dictent : reconnaître les conclusions des
audiences et rejeter le projet de mine.
« Nous avons la chance d'avoir l'appui des
dirigeants des Premières Nations en Colombie-Britannique et
à l'échelle nationale, de prendre position pour stopper
l'ouverture de la mine », a-t-elle dit.
Dans un monde idéal, la compagnie s'abstiendrait
d'essayer d'aller de l'avant avec ses travaux de destruction,
jusqu'à ce que les deux causes du gouvernement national
Tsilhqot'in devant la Cour suprême soient jugées.
Cependant, répondant aux questions d'analystes en
investissements lors d'une conférence téléphonique
le 6 juillet, la compagnie a déclaré que lorsqu'elle aura
obtenu tous ses permis gouvernementaux, toutes les questions concernant
les droits et titres des Premières Nations seront
« le problème du gouvernement ».
« Étant donné tout ce que la
province et la compagnie ont mis en oeuvre pour faire la promotion de
cette mine et pour minimiser les objections de nos Premières
Nations, de la communauté environnementale et du panel ses
audiences, nous redoutons ce qu'ils feront pour entrer sur notre terre
si le gouvernement
fédéral devait leur donner le feu vert », a
dit la chef Baptiste.
Pour
visionner
une
vidéo
de notre lac, cliquer
ici.
Contact médias : Percy Guichon, chef Tsi
Deldel : (250) 481-1163 ou (250) 267-2507

Saskatchewan
Prise de contrôle de la Potash Corporation
Le droit de décider de toutes
les
questions relatives à l'économie
socialisée est
essentiel à l'affirmation du droit d'être.
Les Canadiens sont
excédés par les prises de contrôle de composantes
importantes de leur économie socialisée qui se
succèdent. Le monopole minier anglo-américain BHP
Billiton vient d'annoncer son plan de s'emparer de la Potash
Corporation of Saskatchewan (PCS).
La PCS est le vestige privatisé de l'ancienne
société de la couronne qui a augmenté la
production de la potasse dans les années 1970 et 1980. La PCS a
été privatisée en 1989 par une Introduction en
bourse (IPO) et à partir de ce moment les actions et le
contrôle se sont déplacés vers les
États-Unis. La prise de
contrôle par BHP renforcerait la domination et le contrôle
étrangers de l'industrie de la potasse. Tous peuvent voir que la
privatisation néolibérale mène
inévitablement à la concentration accrue de la richesse
et du pouvoir dans les mains d'un nombre toujours plus petit de
propriétaires du capital et de leurs énormes
monopoles internationaux. On assiste à l'aliénation de la
richesse, du contrôle et du pouvoir populaires et du droit du
peuple de décider de toutes les questions qui l'affectent.
Les mineurs de la PCS qui travaillent à des
centaines de mètres sous terre produisent environ 22 % de
la potasse mondiale, 2 % du nitrogène et 6 % du
phosphate qui sont utilisés comme fertilisants dans
l'agriculture moderne et pour produire du savon, du verre, de la
céramique, des colorants
chimiques, des médicaments, du caoutchouc synthétique,
des agents de déglaçage, des adoucisseurs d'eau et des
explosifs. La PCS contrôle 40 % de la potasse produite en
Saskatchewan. On trouve de la potasse ou des bassins salés de
potassium profondément sous la terre en Saskatchewan et dans
certains coins
du Manitoba. C'est une ressource utile qui provient d'une île
ancienne qui s'est graduellement évaporée. Cette
ressource précieuse appartient à la population de la
Saskatchewan et du Canada, mais les monopoles internationaux du
système impérialiste mondial d'États dominé
par les États-Unis s'en sont emparés. En
Saskatchewan, une partie de la potasse se trouve sous des territoires
des nations autochtones couverts par des traités et ces nations
n'ont jusqu'à maintenant aucunement
bénéficié de cette ressource, même pas au
niveau des emplois.
L'achat de la PCS par BHP Billiton ne ferait
qu'aliéner encore plus la population de son droit à la
propriété de cette ressource et de jouir de ses
avantages, alors qu'elle en a besoin pour bâtir une
économie provinciale qui soit très diversifiée et
subvienne à ses besoins. La plus grande partie de la valeur
ajoutée
réalisée et potentielle qui provient de la production de
potasse sort de la province et cela doit cesser. L'économie de
la Saskatchewan n'a qu'un faible secteur manufacturier et repose
essentiellement sur l'exportation de matières premières
comme le blé, le pétrole, le gaz naturel, la potasse,
l'uranium, l'or, le diamant
et certaines autres. Une économie qui vit de l'exportation de
matières premières, lesquelles à l'exception du
blé sont contrôlées par des monopoles
étrangers, n'est ni viable ni durable. Les gens sont à la
merci de forces qu'ils ne contrôlent pas, tout comme ils l'ont
été lors de la crise et de la sécheresse terribles
des
années 1930.
Les matières premières qui quittent la
province drainent avec elles une grande partie de la valeur
réalisée, toute leur valeur ajoutée potentielle et
le contrôle des gens sur leur vie. Cette économie
dominée de l'étranger est une violation du droit
inhérent des habitants de la Saskatchewan, autant les colons qui
ont
peiné pour se bâtir une vie moderne face à un
climat et d'autres conditions naturelles et sociales des plus
difficiles, que les nations autochtones qui combattent pour leurs
droits ancestraux et en particulier de leur droit d'être.
L'achat de la PCS par un autre monopole consoliderait
l'opération actuelle de 40 milliards $ à
l'intérieur d'un monopole international de 200 milliards $.
L'argent qui changerait de mains irait à des actionnaires peu
importe qui et
où qu'ils soient ; chose certaine, la majorité
d'entre eux ne vivent pas en
Saskatchewan. Selon les médias, plus de 50 % des
détenteurs d'actions de la PCS ont aussi des actions dans BHP.
Le PDG de BHP Billiton se prépare à faire le tour des
États-Unis pour rencontrer ceux qui ont beaucoup d'argent
investi dans les deux entreprises et leur dire qu'avec l'annexion de la
PCS ils
vont devenir encore plus riches.
BHP Billiton verra sa dette augmenter suite à sa
prise de contrôle et il ne sera pas trop intéressé
à investir dans de nouvelles mines de potasse en Saskatchewan.
Le monopole a dit vouloir retirer la PCS de Canpotex, l'office conjoint
de commercialisation de la potasse de la Saskatchewan, et incorporer la
production
de la potasse de la PCS dans sa propre production afin de dominer le
marché mondial et d'en contrôler les prix à son
avantage. C'est bien possible que BHP inonde le marché de
potasse et en abaisse les prix pendant un certain temps afin de rendre
la vie dure aux petits producteurs et les forcer à vendre leurs
opérations
à BHP, ce qui est une tactique courante des monopoles ; il
pourrait aussi réduire sa production et en augmenter les prix
pour faire un coup d'argent rapide, comme il l'a fait avec les prix du
minerai de fer en collusion avec Rio Tinto et Vale, ce qui a grandement
perturbé l'économie mondiale et contribué à
la crise économique actuelle.
La vente de la PCS à un monopole international
encore plus gros aliène encore plus le peuple de son droit
légitime de posséder et de contrôler ses
ressources, son économie et son existence. C'est un geste
régressif auquel on doit s'opposer. L'objectif du peuple est de
rapatrier l'extraction des ressources et de bâtir
des entreprises publiques qui contrôlent la production et la
distribution des richesses de la Terre Mère que la classe
ouvrière transforme en produits d'utilité sociale. En
faisant cela, on pourra réinvestir la valeur ajoutée
provenant des ressources dans la province de Saskatchewan, dans ses
communautés, ses programmes
sociaux et son économie. Il faut restreindre la
propriété et le contrôle des monopoles
internationaux sur les ressources de la Saskatchewan et d'en retirer
les bénéfices de la province.
La vie moderne a créé la tendance
démocratique où les gens ont le contrôle de leurs
vies, possèdent les moyens de production socialisés et
défendent en pratique leur droit de décider de toutes les
questions relatives à leur économie socialisée. Le
contrôle et la propriété populaires de l'extraction
et de la distribution
des ressources comme la potasse sont essentiels au développement
d'une existence moderne cultivée qui peut soutenir les
programmes sociaux publics comme l'éducation, la santé et
la culture et réinvestir la valeur ajoutée dans
l'économie. Le contrôle de l'extraction et de la
distribution des ressources par les monopoles
internationaux va à l'encontre de l'intérêt
général de la société. Le droit de
décider en pratique de toutes les questions qui affectent nos
vies est essentiel à la défense et à l'affirmation
du droit d'être. Les gens de la Saskatchewan doivent avoir
fermement en mains la production et la distribution de la potasse.

Lisez Le
Marxiste-Léniniste
Site web: www.pccml.ca
Courriel: redaction@cpcml.ca