Le Marxiste-Léniniste

Numéro 142 - 16 septembre 2010

Québec

La politique énergétique du gouvernement Charest
est dénoncée au Congrès mondial de l'énergie

Québec
La politique énergétique du gouvernement Charest est dénoncée au Congrès mondial de l'énergie
Les «séances d'information» de l'APGQ sont de la désinformation - Serge Lachapelle

Ontario
La «loi du Grand Nord» doit être abrogée! Défendons les droits ancestraux et de traité des Nishnawbe Aski!

Colombie-Britannique
Les Premières Nations craignent des agressions si elles sont forcées de défendre leurs terres - Le gouvernement national Tsilhqot'in

Saskatchewan
Prise de contrôle de la Potash Corporation

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Québec

La politique énergétique du gouvernement Charest
est dénoncée au Congrès mondial de l'énergie

Plus de 500 personnes ont envahi La place Riopelle à Montréal dimanche le 12 septembre pour dénoncer l'incohérence de la politique énergétique du gouvernement Charest, une politique qui se fait au mépris du droit de décider des Québécois. La manifestation se tenait au même moment où s'ouvrait à quelques pas de là, sous haute sécurité, le 22e Congrès mondial de l'énergie.

Le congrès réunissait derrière des portes closes des détenteurs d'intérêts dans les sables bitumineux jusqu'aux champs pétrolifères de l'Arabie saoudite, des centrales nucléaires aux gaz de schiste, en passant par toutes les institutions financières et de détenteurs de pouvoir gouvernementaux. « Il s'agit d'un rassemblement des mêmes forces politiques et financières qui alimentent le chaos climatique et nous poussent vers des points de basculement catastrophiques environnementaux, qui perpétuent guerres, pauvreté et inégalités sociales dans le processus », ont souligné les organisateurs de la manifestation.

Les bannières, pancartes, discours et conversations ont porté sur la nécessité de mettre fin à la mainmise des monopoles sur la politique énergétique du gouvernement Charest, qui se fait au mépris du droit public et de l'environnement naturel. Comme l'a souligné Daniel Breton, président de l'organisme Maître chez nous : « Les compagnies pétrolières et gazières ont réussi à acheter la conscience du gouvernement en exerçant un monopole sur le commerce et en bâillonnant les promesses politiques. »

« On est chez nous ici. C'est notre terre elle nous appartient. Le sous-sol c'est la même chose. Ce n'est pas au Parti libéral qu'il appartient de vendre ce qui n'est pas à lui », a ajouté Marie-Ève Mathieu, présidente du Comité local Saint-Judes de Mobilisation gaz de schiste.

Des activistes du PMLQ étaient présents. Plusieurs manifestants ont exprimé leur préoccupation face à ce gouvernement qui fait fi de la volonté populaire et ont ajouté qu'ils appréciaient Le Marxiste-Léniniste parce qu'il donne confiance au mouvement.

Les représentants de Greenpeace de leur côté ont rappelé qu'à la veille de Copenhague, le premier ministre Charest se présentait comme un « leader » dans la lutte aux changements climatiques. Huit mois plus tard, il déroule le tapis rouge aux entreprises pour l'exploration et l'exploitation du pétrole et de gaz de schiste au Québec, des énergies polluantes qui accélèrent les changements climatiques et contaminent l'environnement.

Dans son allocution à l'ouverture du Congrès, le premier ministre a invité les monopoles à venir piller les ressources du Québec. Pour duper les crédules, il a dit que pour faire face à la croissance de la demande énergétique, il faut des solutions qui soient à la fois bonnes pour l'économie, respectueuses de l'environnement et socialement responsables. Les récentes tragédies environnementales comme la marée noire de BP dans le golfe du Mexique montrent que ce qui guide les monopoles, c'est la recherche du profit maximum peu importe les conséquences.

« À qui profite le crime ? », a demandé Virginie Lambert-Ferry de Greenpeace. « Le gouvernement fait miroiter la poule aux oeufs d'or alors qu'au final, ce sont des compagnies pétrolières étrangères qui vont remporter le gros lot. »

L'affaire est loin d'être terminée et les récentes actions sur l'exploration et l'exploitation minières au Québec montrent que les Québécois veulent le pouvoir de décider des choses qui affectent leur vie et leur avenir. Les actions vont se poursuivre.

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Les «séances d'information» de l'APGQ
sont de la désinformation


Mardi soir le 14 septembre, l'Association pétrolière et gazière du Québec(APGQ) a tenu à Bécancour la première de trois « séances publiques d'information » sur l'exploitation du gaz de schiste qui se tiendront aux cours des prochaines semaines dans différentes régions du Québec. De l'aveu même de son président, André Caillé, les rencontres visent à rallier les citoyens à sa cause, à défaut de pouvoir rallier les environnementalistes. « Il y a des irréductibles qui ne nous appuieront jamais parce qu'ils croient que d'autres filières doivent être développées. » « Nous nous adressons à ceux qui ne nous appuient pas présentement, mais que, si nous les convainquons et que nous prenons les moyens pour faire face à tous les risques et que l'environnement est convenablement protégé, ceux-là vont nous appuyer. »

Cette première rencontre qui s'est tenue deux jours après la manifestation devant le Congrès international de l'énergie a attiré plus de 250 personnes venues d'aussi loin que de la Beauce et elle n'a pas « rallié les citoyens », loin de là. Pendant trois heures, les écologistes, agriculteurs et citoyens ont mis sur la défensive l'Association avec des commentaires et questions qui illustraient une parfaite connaissance du dossier et une préoccupation pour l'environnement naturel.

Poussé dans ces derniers retranchements, M. Caillé a dit : « Ce n'est pas dans l'intérêt de l'industrie qu'il n'y ait pas de normes, ce n'est pas dans l'industrie qu'il n'y ait pas de surveillance... On ne laissera pas un héritage tout croche, on va faire ça de façon responsable. » Une déclaration qui n'a pas manqué d'indigner les participants, qui avaient à l'esprit les récents désastres écologiques.

« Vous êtes payés pour dire ça, et vous ne pouvez pas dire autrement », s'est écrié Serge Fortier, consultant en paysage écologique de Sainte-Marie-de-Brandford.

Devant une salle hostile, le président de l'APGQ est passé à l'argument massue à propos des « retombées économiques ». Il a parlé de 10 à 30 milliards de dollars d'investissements par les compagnies productrices, 5000 à 15 000 emplois par année, et de 1 à 3 milliards de dollars de redevances versées au gouvernement.

Mal lui en pris, le professeur d'économie à l'Université du Québec à Trois-Rivières, Pierre-André Julien, a émis des réserves sur ces prétendus retombées.

« Les chiffres, on ne les a pas inventés, on les a fait faire par la firme Secor. Ils ne disent pas n'importe quoi, ce sont des professionnels » de rétorquer André Caillé.

Et Pierre-André Julien de répondre :« Je ne sais pas comment on fait des rapports à Secor. Ça dépend qui nous paie. »

« Arrêtons tout, c'est parti tout croche », a dit sous les applaudissement des participants André Bélisle, président de l'Association québécoise contre la pollution atmosphérique.

Cette « séance d'information » démontre bien que la population refuse de voir son droit de conscience nié par quelques arguments intéressés. La présentation de l'APGQ n'a convaincu personne et elle illustre de nouveau la profonde aspiration populaire à prendre part dans toutes les décisions qui concernent l'avenir de la société.

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Ontario

La «loi du Grand Nord» doit être abrogée!
Défendons les droits ancestraux
et de traité des Nishnawbe Aski!

Dans le cadre de leur campagne pour exiger que le gouvernement retire son projet de loi 191, la Loi relative à l'aménagement et à la protection du Grand Nord, maintenant en troisième lecture au parlement ontarien, Stan Beardy, le Grand Chef de la Nation Nishnawbe Aski (NAN), les 49 chefs du conseil de la NAN de même que les conseils tribaux de la NAN et leurs alliés organisent une protestation de deux jours à Queens' Park les 15 et 16 septembre 2010. Le Marxiste-Léniniste lance l'appel à tous d'appuyer cette action à la défense des droits ancestraux et de traité de la Nation Nishnawbe Aski.

Selon le document d'information publié par le gouvernement McGuinty, le projet de loi 191 vise à « prévoir une planification de l'aménagement communautaire du Grand Nord à laquelle participent directement les Premières Nations et qui soutient les objectifs environnementaux, sociaux et économiques de l'aménagement du territoire au profit des peuples de l'Ontario ». D'un trait de plume, le gouvernement McGuinty, qui n'a jamais agi en appui aux Premières Nations de l'Ontario, s'empare dans le plus pur style colonial d'un territoire d'environ 225 000 kilomètres carré de forêt boréale en terre autochtone. Ce territoire forme près des deux tiers de la masse terrestre de l'Ontario et il est la demeure de 49 Premières Nations qui comprennent en tout environ 50 000 personnes.

Soutenir les « objectifs environnementaux, sociaux et économiques » veut simplement dire aider les plus grands monopoles miniers et de développement des ressources à violer et piller les territoires traditionnels de la NAN en niant ses droits ancestraux et de traité. Le projet de loi prévoit que le ministre ontarien des Ressources naturelles va « consulter » les Premières Nations mais lui donne droit de veto sur toute préoccupation des Premières Nations. C'est complètement inacceptable.

Cela ne doit pas passer ! Il faut que le projet de loi 191 soit retiré ! Tous en appui aux journées d'action politique des 15 et 16 septembre de la NAN à Queens' Park ! Soutenons les droits ancestraux et de traité de la Nation Nishnawbe Aski !


(NAN)

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Communiqués de presse de la Nation Nishnawbe Aski

THUNDER BAY, Ontario : Le Grand Chef de la Nation Nishnawbe Aski (NAN) Stan Beardy, le conseil exécutif de la NAN et les chefs et les conseils tribaux de la NAN lancent officiellement aujourd'hui leur campagne contre le projet de loi 191 du gouvernement de l'Ontario, la Loi relative à l'aménagement et à la protection du Grand Nord.

« Assez parlé, c'est maintenant le temps d'agir », a dit le Grand Chef de la NAN Stan Beardy. « C'est aux Premières Nations à décider quand et comment notre territoire sera développé. Le projet de loi 191 enlève ce droit à nos communautés éloignées du Grand Nord. Le gouvernement McGuinty n'a d'autre choix que de jeter ce projet de loi aux poubelles et nous allons nous assurer que notre message se fera entendre haut et fort. »

Les chefs de la NAN réunis en assemblée ont dénoncé à l'unanimité ce projet de loi le 13 août 2010, suite à une assemblée d'urgence de deux jours des chefs de l'organisation à Thunder Bay en Ontario.

À partir d'aujourd'hui, et cela jusqu'à la troisième lecture du projet de loi 191 par le parlement ontarien à la mi-septembre, les Premières Nations NAN vont participer à diverses actions en opposition au projet de loi 191, lesquelles comprennent mais ne se limitent pas à : des lettres et des éditoriaux ; un rassemblement à Queens' Park ; la distribution de matériel comme des pamphlets et des posters ; la participation à des programmes de radio ; des lettres ouvertes au gouvernement, à l'industrie et aux groupes environnementaux ; des rencontres avec des membres du parlement ontarien et des pétitions contre le projet de loi 191.

« Il est très important, a dit Beardy, que la NAN fasse sentir sa présence et fasse connaître sa position. Nous unissons nos voix et combattons pour ce qui nous revient de droit. »

La Nation Nishnawbe Aski est une organisation politique territoriale qui représente 49 communautés de Premières Nations couvertes par le Traité numéro 9 de la Baie James et des portions de l'Ontario qui correspondent au Traité numéro 5, un territoire qui en tout couvre les deux tiers de la province de l'Ontario.

Pour plus d'information, veuillez contacter Amy Harris, responsable aux relations avec les médias de la Nation Nishnawbe Aski au (807) 625-4906 ou à son numéro de cellulaire (807) 252-2806 ou lui envoyer un courriel à aharris@nan.on.ca.

Un appel à appuyer la lutte de la Nation Nishnawbe Aski contre le projet de loi 191, la Loi relative à l'aménagement et à la protection du Grand Nord
- 2 septembre, 2010 -

Chers amis,

Les 49 chefs de l'assemblée de la Nation Nishnawbe Aski ont voté à l'unanimité pour s'opposer au projet de loi 191, la Loi relative à l'aménagement et à la protection du Grand Nord. Le 13 août 2010, la direction de la NAN a décidé de mener une campagne publique contre ce projet de loi qui utilisera tous les moyens nécessaires. Dans le cadre de notre stratégie, nous avons lancé une campagne d'opposition officielle et nous demandons l'appui public d'organisations comme la vôtre. Nous devons laisser savoir à la province de l'Ontario que des lois qui ont un impact sérieux sur les vies de dizaines de milliers de gens ne peuvent pas être imposées unilatéralement sans que soient consultés ceux qui en seront le plus affectés.

Malgré les nombreuses rencontres et nos propositions répétées de changements au projet de loi (dès 2009), l'Ontario a persisté à ignorer les nombreuses objections et préoccupations que les Premières Nations du Grand Nord ont présentées, notamment à l'effet que :

- le projet de loi 191 enfreint les traités et la juridiction autochtones. Il ne constitue pas un vrai partenariat entre les autochtones et l'Ontario. Il déclare zone protégée un territoire immense et aux connexions internes complexes sur les terres de la Nation Nishnawbe Aski, sans aucune compensation.

- l'Ontario a l'obligation d'honorer et de respecter le Traité numéro 9 et le Traité numéro 5 ainsi que la juridiction fondamentale des Premières Nations. Toute décision de développement et de protection sur le territoire de la NAN requiert le consentement libre, préalable et informé des Premières Nations NAN.

Nous allons continuer à travailler à des initiatives locales de planification d'aménagement du territoire qui reposent sur notre juridiction.

Si le projet de loi 191 est adopté, la NAN ne le reconnaîtra pas. La NAN va s'opposer au projet de loi 191 par tous les moyens nécessaires.

Nous appelons toutes les parties concernées, notamment les organisations environnementales, l'église et l'industrie, à retirer leur appui au projet de loi 191 ou à donner une nouvelle vigueur à leur opposition. Le projet de loi 191 ne respecte pas la promesse du premier ministre de l'Ontario s'engageant à établir une nouvelle relation avec les Premières Nations et à fournir plus d'emplois et plus d'avantages économiques aux habitants du Nord de l'Ontario. Nous vous demandons de contacter les représentants gouvernementaux nommés ci-dessous et de leur exprimer votre appui à l'opposition de la Nation Nishnawbe Aski au projet de loi 191, la Loi relative à l'aménagement et à la protection du Grand Nord.

Dalton McGuinty, premier ministre
Parlement ontarien
Queens' Park
Toronto Ontario
M7A 1A1
Fax : (416) 325-3745
Courriel : dmcguinty.mpp.co@liberal.ola.org

Linda Jeffrey
Ministre des Ressources naturelles
6e étage, Whitney Block 99
Rue Wellesley ouest
Toronto Ontario
M7A 1W3
Courriel : ljeffrey.mpp.co@liberal.ola.org

Il n'y a pas un moment à perdre ! Le projet de loi sera débattu en troisième lecture le jeudi 16 septembre 2010. Nous serons là et nous espérons vous y voir tous [...]

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Colombie-Britannique

Les Premières Nations craignent des agressions si elles sont forcées de défendre leurs terres

Les Premières Nations seront forcées de défendre les droits, les terres et les eaux Tsilhqot'in en Colombie-Britannique si le gouvernement fédéral manque à son devoir de stopper la proposition pour la mine Prosperity. On a entendu le ministre des Mines, Randy Hawes, dire qu'« aucune société ne tolérera des menaces de violence ».

Le chef Percy Guichon de la nation Tsi Deldel a dit : « Ce qui est inacceptable pour la société canadienne aujourd'hui, c'est la destruction d'un mode de vie traditionnel et culturel, au nom des profits. »

« Nous subissons un traitement semblable à ceux des groupes autochtones dans les pays sous-développés de la part du gouvernement et de Taseko Mines Ltd. », a dit le chef Ivor D. Myers des Yunesit'in.

Récemment, on a tenté par tous les moyens de déformer un commentaire émis lors des audiences sur La loi canadienne sur l'évaluation environnementale, où une aînée de la communauté Xeni Gwet'in a exprimé sa frustration en disant qu'elle viendrait en fauteuil roulant, avec un fusil si nécessaire, pour empêcher l'ouverture de la mine. Les dirigeants des Tsilhqot'in ont écouté les membres de leur communauté venus dire, larme à l'oeil, qu'ils sont contre cette mine et qu'ils défendront leur lac sacré.

« Si quelqu'un a raison de craindre une agression, ce sont nos gens », a dit la chef Marilyn Baptiste du gouvernement Xeni Gwet'in des Premières Nations. « Ce sont le gouvernement de la Colombie-Britannique et Taseko Mines Ltd. Qui menacent notre mode de vie, notre santé, notre environnement et notre culture. Nous ne faisons que nous défendre. »

La chef Baptiste a souligné que toutes les Premières Nations espèrent encore que le gouvernement fédéral fera ce que la loi, ses responsabilités et ses devoirs lui dictent : reconnaître les conclusions des audiences et rejeter le projet de mine.

« Nous avons la chance d'avoir l'appui des dirigeants des Premières Nations en Colombie-Britannique et à l'échelle nationale, de prendre position pour stopper l'ouverture de la mine », a-t-elle dit.

Dans un monde idéal, la compagnie s'abstiendrait d'essayer d'aller de l'avant avec ses travaux de destruction, jusqu'à ce que les deux causes du gouvernement national Tsilhqot'in devant la Cour suprême soient jugées. Cependant, répondant aux questions d'analystes en investissements lors d'une conférence téléphonique le 6 juillet, la compagnie a déclaré que lorsqu'elle aura obtenu tous ses permis gouvernementaux, toutes les questions concernant les droits et titres des Premières Nations seront « le problème du gouvernement ».

« Étant donné tout ce que la province et la compagnie ont mis en oeuvre pour faire la promotion de cette mine et pour minimiser les objections de nos Premières Nations, de la communauté environnementale et du panel ses audiences, nous redoutons ce qu'ils feront pour entrer sur notre terre si le gouvernement fédéral devait leur donner le feu vert », a dit la chef Baptiste.

Pour visionner une vidéo de notre lac, cliquer ici.

Contact médias : Percy Guichon, chef Tsi Deldel : (250) 481-1163 ou (250) 267-2507

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Saskatchewan

Prise de contrôle de la Potash Corporation

Le droit de décider de toutes les questions relatives à l'économie
socialisée est essentiel à l'affirmation du droit d'être.

Les Canadiens sont excédés par les prises de contrôle de composantes importantes de leur économie socialisée qui se succèdent. Le monopole minier anglo-américain BHP Billiton vient d'annoncer son plan de s'emparer de la Potash Corporation of Saskatchewan (PCS).

La PCS est le vestige privatisé de l'ancienne société de la couronne qui a augmenté la production de la potasse dans les années 1970 et 1980. La PCS a été privatisée en 1989 par une Introduction en bourse (IPO) et à partir de ce moment les actions et le contrôle se sont déplacés vers les États-Unis. La prise de contrôle par BHP renforcerait la domination et le contrôle étrangers de l'industrie de la potasse. Tous peuvent voir que la privatisation néolibérale mène inévitablement à la concentration accrue de la richesse et du pouvoir dans les mains d'un nombre toujours plus petit de propriétaires du capital et de leurs énormes monopoles internationaux. On assiste à l'aliénation de la richesse, du contrôle et du pouvoir populaires et du droit du peuple de décider de toutes les questions qui l'affectent.

Les mineurs de la PCS qui travaillent à des centaines de mètres sous terre produisent environ 22 % de la potasse mondiale, 2 % du nitrogène et 6 % du phosphate qui sont utilisés comme fertilisants dans l'agriculture moderne et pour produire du savon, du verre, de la céramique, des colorants chimiques, des médicaments, du caoutchouc synthétique, des agents de déglaçage, des adoucisseurs d'eau et des explosifs. La PCS contrôle 40 % de la potasse produite en Saskatchewan. On trouve de la potasse ou des bassins salés de potassium profondément sous la terre en Saskatchewan et dans certains coins du Manitoba. C'est une ressource utile qui provient d'une île ancienne qui s'est graduellement évaporée. Cette ressource précieuse appartient à la population de la Saskatchewan et du Canada, mais les monopoles internationaux du système impérialiste mondial d'États dominé par les États-Unis s'en sont emparés. En Saskatchewan, une partie de la potasse se trouve sous des territoires des nations autochtones couverts par des traités et ces nations n'ont jusqu'à maintenant aucunement bénéficié de cette ressource, même pas au niveau des emplois.

L'achat de la PCS par BHP Billiton ne ferait qu'aliéner encore plus la population de son droit à la propriété de cette ressource et de jouir de ses avantages, alors qu'elle en a besoin pour bâtir une économie provinciale qui soit très diversifiée et subvienne à ses besoins. La plus grande partie de la valeur ajoutée réalisée et potentielle qui provient de la production de potasse sort de la province et cela doit cesser. L'économie de la Saskatchewan n'a qu'un faible secteur manufacturier et repose essentiellement sur l'exportation de matières premières comme le blé, le pétrole, le gaz naturel, la potasse, l'uranium, l'or, le diamant et certaines autres. Une économie qui vit de l'exportation de matières premières, lesquelles à l'exception du blé sont contrôlées par des monopoles étrangers, n'est ni viable ni durable. Les gens sont à la merci de forces qu'ils ne contrôlent pas, tout comme ils l'ont été lors de la crise et de la sécheresse terribles des années 1930.

Les matières premières qui quittent la province drainent avec elles une grande partie de la valeur réalisée, toute leur valeur ajoutée potentielle et le contrôle des gens sur leur vie. Cette économie dominée de l'étranger est une violation du droit inhérent des habitants de la Saskatchewan, autant les colons qui ont peiné pour se bâtir une vie moderne face à un climat et d'autres conditions naturelles et sociales des plus difficiles, que les nations autochtones qui combattent pour leurs droits ancestraux et en particulier de leur droit d'être.

L'achat de la PCS par un autre monopole consoliderait l'opération actuelle de 40 milliards $ à l'intérieur d'un monopole international de 200 milliards $. L'argent qui changerait de mains irait à des actionnaires peu importe qui et où qu'ils soient ; chose certaine, la majorité d'entre eux ne vivent pas en Saskatchewan. Selon les médias, plus de 50 % des détenteurs d'actions de la PCS ont aussi des actions dans BHP. Le PDG de BHP Billiton se prépare à faire le tour des États-Unis pour rencontrer ceux qui ont beaucoup d'argent investi dans les deux entreprises et leur dire qu'avec l'annexion de la PCS ils vont devenir encore plus riches.

BHP Billiton verra sa dette augmenter suite à sa prise de contrôle et il ne sera pas trop intéressé à investir dans de nouvelles mines de potasse en Saskatchewan. Le monopole a dit vouloir retirer la PCS de Canpotex, l'office conjoint de commercialisation de la potasse de la Saskatchewan, et incorporer la production de la potasse de la PCS dans sa propre production afin de dominer le marché mondial et d'en contrôler les prix à son avantage. C'est bien possible que BHP inonde le marché de potasse et en abaisse les prix pendant un certain temps afin de rendre la vie dure aux petits producteurs et les forcer à vendre leurs opérations à BHP, ce qui est une tactique courante des monopoles ; il pourrait aussi réduire sa production et en augmenter les prix pour faire un coup d'argent rapide, comme il l'a fait avec les prix du minerai de fer en collusion avec Rio Tinto et Vale, ce qui a grandement perturbé l'économie mondiale et contribué à la crise économique actuelle.

La vente de la PCS à un monopole international encore plus gros aliène encore plus le peuple de son droit légitime de posséder et de contrôler ses ressources, son économie et son existence. C'est un geste régressif auquel on doit s'opposer. L'objectif du peuple est de rapatrier l'extraction des ressources et de bâtir des entreprises publiques qui contrôlent la production et la distribution des richesses de la Terre Mère que la classe ouvrière transforme en produits d'utilité sociale. En faisant cela, on pourra réinvestir la valeur ajoutée provenant des ressources dans la province de Saskatchewan, dans ses communautés, ses programmes sociaux et son économie. Il faut restreindre la propriété et le contrôle des monopoles internationaux sur les ressources de la Saskatchewan et d'en retirer les bénéfices de la province.

La vie moderne a créé la tendance démocratique où les gens ont le contrôle de leurs vies, possèdent les moyens de production socialisés et défendent en pratique leur droit de décider de toutes les questions relatives à leur économie socialisée. Le contrôle et la propriété populaires de l'extraction et de la distribution des ressources comme la potasse sont essentiels au développement d'une existence moderne cultivée qui peut soutenir les programmes sociaux publics comme l'éducation, la santé et la culture et réinvestir la valeur ajoutée dans l'économie. Le contrôle de l'extraction et de la distribution des ressources par les monopoles internationaux va à l'encontre de l'intérêt général de la société. Le droit de décider en pratique de toutes les questions qui affectent nos vies est essentiel à la défense et à l'affirmation du droit d'être. Les gens de la Saskatchewan doivent avoir fermement en mains la production et la distribution de la potasse.

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