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Numéro 141 - 15
septembre 2010
Ne touchez pas à nos pensions et
nos avantages sociaux! Les salaires et
les pensions doivent être indexés!
• Ne touchez
pas à nos pensions et nos avantages sociaux! Les salaires et les
pensions doivent être indexés!
• L'indexation des salaires et des pensions est
importante - K. C. Adams
Travailleurs migrants
• Les travailleurs migrants manifestent devant
l'ambassade du Canada au Guatemala - Les travailleurs unis de
l'alimentation et du
commerce
Le rôle du Canada
• L'expertise du Canada en
«contre-insurrection expéditionnaire»
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Ne touchez pas à nos pensions et
nos avantages sociaux! Les salaires et
les pensions doivent être indexés!
La section 1005 du
syndicat des Métallos, aux ateliers de US Steel à
Hamilton, appelle ses membres, ses retraités et la
communauté à se rendre à l'Hôtel de ville le
15 septembre à 19 heures. L'objectif est d'appuyer la motion du
conseiller Sam Merulla qui demande que US Steel rétablisse
l'indexation des pensions de ses employés. Le
monopole américain est socialement, moralement et
légalement obligé de maintenir les arrangements en
vigueur dans les fonds de pensions de Stelco.
La motion du conseiller Merulla se lit ainsi :
Attendu que les familles des pensionnés sont affectées
par la décision de US Steel au sujet de l'indexation ;
attendu que cet impact est ressenti à l'échelle de toute
la ville ; attendu que le conseil de ville de Hamilton veut
demander à US Steel de respecter ses engagements
envers la population et la ville de Hamilton ; il est
résolu que le Conseil municipal de Hamilton fasse part de ses
préoccupations à US Steel et demande que l'entreprise
revienne sur sa décision de ne pas indexer les pensions des 8
300 familles de pensionnés.
La décision unilatérale de US Steel
d'arrêter d'indexer les pensions à Hamilton Works est
contraire à la lettre et à l'esprit de la loi du travail
de l'Ontario. Le syndicat des métallos et US Steel sont
présentement en négociations pour le renouvellement de la
convention collective qui s'est terminée le 31 juillet 2010.
L'indexation des pensions fait
partie de la convention collective et doit demeurer en vigueur, selon
la législation ontarienne du travail, jusqu'à ce qu'une
nouvelle convention collective soit approuvée par les deux
parties ou que les négociations soient officiellement rompues.
La section 86 de la Loi sur les relations de
travail de l'Ontario dit :
« 86. Les conditions de travail ne peuvent
pas être modifiées (1) Si l'avis prévu à
l'article 16 ou 59 a été donné et qu'aucune
convention collective n'est en vigueur, l'employeur ne peut pas
modifier les taux de salaire ou les autres conditions d'emploi, ni les
droits, privilèges ou devoirs de l'employeur, du syndicat ou des
employés, sauf
avec le consentement du syndicat, et le syndicat ne peut pas modifier
les conditions d'emploi, ni les droits, privilèges ou devoirs de
l'employeur, du syndicat ou des employés, sauf avec le
consentement de l'employeur, tant que la première des
éventualités suivantes n'est pas survenue :
« a) le ministre a désigné un
conciliateur ou un médiateur en vertu de la présente loi
et, selon le cas
« (i) sept jours se sont
écoulés après la remise aux parties par le
ministre du rapport d'une commission de conciliation ou d'un
médiateur,
« (ii) 14 jours se sont écoulés
après la remise aux parties par le ministre de l'avis selon
lequel il ne juge pas opportun de constituer une commission de
conciliation ;
« b) le droit du syndicat de
représenter les
employés est révoqué. »
Aucune de ces conditions n'a été remplie
jusqu'à présent, sans parler de l'obligation morale de
négocier et à tout le moins de respecter l'esprit de la
loi au lieu de chercher une échappatoire qui serve de
prétexte à imposer un diktat unilatéral.
US Steel a inclus l'annulation de l'indexation des
pensions dans la longue liste des concessions qu'il demande. Cela veut
dire que l'indexation des pensions fait partie de la négociation
du monopole avec le syndicat. Plutôt que de négocier, US
Steel a imposé unilatéralement cette concession
spécifique en refusant le 1er août d'appliquer la
formule d'indexation des pensions en vigueur à Hamilton Works.
Ça n'est pas de la négociation, c'est un diktat
unilatéral ! Aucun niveau de gouvernement y compris
l'Hôtel de ville et les parlements canadien et ontarien ne doit
tolérer un geste aussi arrogant. C'est le devoir et la
responsabilité sociale des gouvernements à tous niveaux
de
défendre les Canadiens contre ces actions totalement
arbitraires, illégales et dictatoriales des puissants monopoles
internationaux.
US Steel est notoire pour ses violations des lois
canadiennes et il devrait être considéré comme une
entreprise étrangère qui ne respecte pas les
règles et qui bafoue constamment les droits des Canadiens, leur
mode de vie et leurs lois. US Steel a même admis avoir
brisé les engagements qu'il a pris avec le gouvernement
fédéral en vertu de la Loi sur Investissement Canada.
US Steel dit que ses intérêts d'affaires
étroits sont plus importants que l'intérêt
général de la société canadienne et de son
économie et passent avant les besoins et les attentes des
métallos actifs et à la retraite qui produisent et ont
produit par leur travail une quantité énorme de richesse
pour la communauté.
Les Canadiens ne doivent pas admettre une attitude
anti-canadienne aussi arrogante et doivent exiger des
gouvernements de tous les niveaux qu'ils prennent des mesures
sévères contre ce monopole américain. US Steel,
par
ses actions, se pense au-dessus des lois et des pratiques canadiennes
en
matière de relations de travail. Les parlements canadien et
ontarien doivent prendre des mesures immédiates pour
le forcer à respecter ses engagements en vertu de la Loi
sur Investissement Canada et ses responsabilités sociales
générales en tant qu'invité étranger. Le
gouvernement doit exiger que US Steel renonce à son diktat
unilatéral au sujet de l'indexation des pensions et lui ordonner
de cesser d'attaquer les aînés et les métallos du
Canada. Si
US Steel persiste, qu'il soit forcé de payer des amendes
substantielles et possiblement privé de sa
propriété de Stelco en la confiant à une autre
entreprise privée ou à une entreprise publique qui
s'engage à faire fonctionner et à augmenter la
capacité des usines pour apporter un avantage net au Canada
selon les normes et les arrangements en
place.
Les activités destructrices de US Steel heurtent
l'économie et les conditions sociales de la région.
Parmi les activités anti-canadiennes de cette
entreprise on compte la réduction de la production d'acier
à ses deux usines de Hamilton, leur fermeture pendant une longue
période de temps, la livraison d'acier aux clients de l'ancien
Stelco à partir de ses usines américaines, le lockout
à Lake Erie Works et les concessions subséquentes qui ont
été
arrachées à la section 8782 des métallos,
l'arrêt unilatéral de l'indexation des pensions pendant
ses négociations à Hamilton Works et la longue liste de
demandes de concessions qu'il a présentée aux membres de
la section 1005 et à ses 8300 pensionnés.

L'indexation des salaires
et des pensions est importante
- K. C. Adams -
Il ne faut pas prendre à la légère
la bataille pour l'indexation, même s'il est vrai que les prix
à la consommation n'augmentent pas rapidement en ce moment. Les
propriétaires du capital souhaitent toujours augmenter les prix
puisqu'ils augmentent la valeur monétaire de ce qui est
déjà produit. L'augmentation des prix à la
consommation oblige
aussi les travailleurs, dépourvus de l'indexation, de jouer le
jeu du rattrapage des salaires et des pensions, une lutte difficile en
tout temps.
Les propriétaires de capital ne veulent pas des
prix stables et encore moins des prix qui chutent puisque cela aurait
comme conséquence qu'une plus grande part du produit social
global se trouverait entre les mains des travailleurs actifs et
à la retraite, à moins d'une réduction des
salaires et des pensions.
L'inflation a comme conséquence qu'une plus
grande part du produit social global se retrouve dans les coffres des
propriétaires de capital plutôt qu'entre les mains des
travailleurs, à moins que les travailleurs actifs et à la
retraite ne se battent et ne gagnent des salaires et des pensions plus
élevés ou n'obtiennent qu'ils soient rigoureusement
indexés à l'Indice des prix à la consommation.
Même lorsque les prix à la consommation
augmentent lentement, les salaires et les pensions se
détériorent de façon étonnamment rapide
s'ils ne sont pas indexés. (Voir le tableau de Statistique
Canada) La menace devient réelle lorsque surgit une hausse
soudaine ou une thérapie de choc des prix, comme le disent les
économistes bourgeois. Ceci peut se produire à tout
moment. Par exemple, la stabilité du dollar américain est
remise en question en ce moment parce que plus de dollars ont
été mis en circulation qu'il n'existe de biens et de
services au pays. Cette surabondance de dollars américains est
une bulle qui pourrait éclater à tout moment si les
conditions
internationales et nationales s'y prêtent. Le dollar canadien est
lié de près au dollar américain. Toute chute
soudaine dans la valeur du dollar américain, affectant donc sa
capacité d'acheter un montant donné de biens et de
services, affecterait à la baisse le dollar canadien, causant
aussi l'inflation des prix.
L'autre facteur à l'horizon est le prix
relativement bas de
produits fabriqués importés de la Chine et d'autres pays
en développement. Ces prix du marché sont
présentement bien en deçà de la valeur marchande.
Cette situation ne durera pas indéfiniment. Les travailleurs de
ces pays mènent la lutte de classe pour élever leur
niveau de vie. La pratique
courante de monopoles tels que Wal-Mart et autres qui consiste à
vendre des biens importés en deçà de leur prix
relatif aux pays développés changera sans doute, rendant
ces biens plus dispendieux au Canada.
Pour voir l'érosion des salaires et des pensions
lorsque ceux-ci ne sont pas protégés par l'indexation,
même au cours de ces années d'augmentation des prix
relativement moindre, regardez le tableau des prix de Statistique
Canada en prenant l'année 2002 comme point de départ. Il
est entendu qu'un panier de biens et services coûtait 100 $
en 2002 et qu'à la fin du mois de juillet de l'année en
cours, le même panier de biens et services coûte
116,80 $. Les résultats diffèrent selon les
régions, avec un taux plus bas en Iqaluit, bien que les
résultats n'y sont estimés que depuis la fin de 2002,
alors que les autres représentent des moyennes annuelles,
l'Alberta étant à l'autre
extrémité avec 123,30 $.
Statistique Canada : Indice des prix
à la consommation
par province, et pour Whitehorse, Yellowknife et Iqaluit
| |
Importance relative1 |
Juin 2009 |
Mai 2010 |
Juin 2010 |
Mai à juin 2010 |
Juin 2009 à juin
2010 |
| |
|
Données non
désaisonnalisées |
| |
(2002=100) |
variation en % |
| Canada |
100,002 |
115,1 |
116,3 |
116,2 |
-0,1 |
1,0 |
| Terre-Neuve-et-Labrador |
1,27 |
115,8 |
117,2 |
117,2 |
0,0 |
1,2 |
| Île-du-Prince-Édouard |
0,35 |
118,5 |
119,2 |
119,2 |
0,0 |
0,6 |
| Nouvelle-Écosse |
2,56 |
116,5 |
117,8 |
117,3 |
-0,4 |
0,7 |
| Nouveau-Brunswick |
1,97 |
114,5 |
115,7 |
115,7 |
0,0 |
1,0 |
| Québec |
21,05 |
114,3 |
114,9 |
114,8 |
-0,1 |
0,4 |
| Ontario |
41,22 |
114,2 |
116,2 |
116,0 |
-0,2 |
1,6 |
| Manitoba |
3,06 |
115,1 |
115,0 |
114,9 |
-0,1 |
-0,2 |
| Saskatchewan |
2,64 |
118,2 |
118,6 |
118,6 |
0,0 |
0,3 |
| Alberta |
11,43 |
122,0 |
122,7 |
122,7 |
0,0 |
0,6 |
| Colombie-Britannique |
14,29 |
112,8 |
113,6 |
113,4 |
-0,2 |
0,5 |
| Whitehorse |
0,06 |
114,9 |
114,3 |
115,1 |
0,7 |
0,2 |
| Yellowknife |
0,08 |
116,9 |
117,8 |
118,4 |
0,5 |
1,3 |
| Iqaluit
(déc. 2002=100) |
0,02 |
113,8 |
112,2 |
112,9 |
0,6 |
-0,8 |
1.
Panier
de 2005, selon les prix d'avril 2007, Canada, en vigueur
à partir de
mai 2007. Les pondérations détaillées sont
offertes sous la section
Documentation de
l'enquête 2301 (www.statcan.gc.ca/imdb-bmdi/index-fra.htm).
2.Le total des chiffres peut ne pas
correspondre à 100 % en raison de l'arrondissement.

Travailleurs migrants
Les travailleurs migrants manifestent devant
l'ambassade du Canada au Guatemala
- Les travailleurs unis de l'alimentation
et du commerce,
1er septembre 2010 -
Des centaines de
travailleurs migrants du Guatemala, accompagnés de leurs
alliés communautaires, ont défilé dans les rues de
la capitale, mercredi, pour s'arrêter devant l'entrée de
l'ambassade du Canada à Guatemala contre les abus que subissent
les migrants dans le cadre du Programme des travailleurs
étrangers
temporaires (PTÉT). Les travailleurs participant à la
manifestation étaient des migrants qu'on avait renvoyés
pour avoir voulu exercer leurs droits en tant que personnes et comme
employés pendant qu'ils travaillaient au Canada et qui, donc,
avaient dû rentrer dans leur pays.
Les TUAC Canada, l'Alliance des travailleurs agricoles
(ATA), Global Workers Justice (organisation ayant son origine aux
États-Unis) et un certain nombre d'autres organisations,
guatémaltèques ou internationales, manifestaient
également. En outre, à leur tour, elles ont
demandé que l'on revoie de fond en comble
le Programme des travailleurs étrangers temporaires en raison
des lacunes qu'il comporte, les migrants ne bénéficiant
d'aucune protection juridique ni de l'accès à la justice,
et ce même lorsqu'ils se font rudoyer.
Les manifestants et les manifestantes ont demandé
au gouvernement fédéral du Canada de faire cesser
l'exploitation des travailleurs migrants du Guatemala à laquelle
se livrent l'Organisation internationale pour les migrations (OIM) et
des associations d'employeurs canadiens sans scrupules dans le domaine
agricole.
La marche de protestation avait lieu à l'initiative de l'AGUND
(l'association des Guatémaltèques unis dans la lutte pour
leurs droits), qui a déclaré que le gouvernement canadien
devait obtenir la réintégration de tous les migrants du
Guatemala qu'on a mis à la porte parce qu'ils s'étaient
plaints de la violation des
droits qu'ils subissent à la fois comme personnes et en tant que
travailleurs.
Chaque année, lors de la saison des cultures,
environ 4 000 migrants du Guatemala travaillent en milieu agricole au
Canada. Ce mercredi, quelques-uns de ceux qui en avaient fait
l'expérience ont pointé du doigt le PTÉT, qu'ils
qualifient de système raté permettant à des
employeurs du Canada de renvoyer des
travailleurs qui tombent malades, se blessent au travail ou, tout
simplement, refusent de se plier à des conditions de travail et
de vie intolérables, ce qui entraîne leur expulsion du
pays. Ils ont aussi accusé Ottawa de fermer les yeux sur
d'autres atteintes auxquelles on s'adonne en profitant du PTÉT,
comme la confiscation
des documents personnels des travailleurs et des travailleuses, le
refus de subvenir à leurs besoins d'ordre médical pendant
leur séjour en territoire canadien et la menace de les renvoyer
et de les mettre sur une liste noire s'ils font valoir leur droit
d'adhérer à un syndicat au Canada.
« Le gouvernement canadien aurait beau
affirmer que ce n'est que le fait de quelques mauvais employeurs, mais
il aurait tort », déclare le président
national des TUAC Canada, Wayne Hanley. « Pas
étonnant
que les travailleurs soient en colère contre notre gouvernement
fédéral, qui est complice
de la violation des droits fondamentaux des travailleurs dans la mesure
où il laisse l'industrie agricole et l'OIM traiter les migrants
comme de la marchandise facilement remplaçable. »
Les TUAC Canada constituent le plus grand syndicat
présent dans l'entreprise privée et, depuis des
décennies, celui-ci est à la tête de la campagne
visant à obtenir justice pour les travailleurs et travailleuses
agricoles, qu'ils viennent du pays ou de l'étranger.
« Depuis sept ans, il faut le dire, l'OIM
agit de connivence avec l'industrie agricole du Canada et notre
gouvernement fédéral pour que l'on embauche de la
main-d'oeuvre bon marché et qu'on l'exporte au
Canada », poursuit le président Hanley.
« Ce gouvernement cautionne les contrats qu'on
impose aux travailleurs et aux travailleuses dans le cadre du
PTÉT alors que ceux-ci les privent des droits dont ils devraient
jouir en tant qu'employés et comme personnes en vertu des lois
provinciales, de la législation canadienne et du droit
international. »
À la suite de la manifestation à
Guatemala, la plus grande qui se soit jamais tenue devant l'ambassade
du Canada dans cette ville, des agents consulaires ont rencontré
des représentants des TUAC Canada, de l'ATA, de Global Workers
Justice et de l'AGUND afin de discuter de la précarité de
la situation dans
laquelle se trouvent les migrants guatémaltèques qui
travaillent dans le cadre du Programme des travailleurs
étrangers temporaires.
Plus tôt cet été, les TUAC Canada
avaient lancé une campagne internationale (www.tuac.ca) pour
attirer l'attention sur les atteintes aux droits des travailleurs
migrants au Canada. Également, en juillet, le syndicat
s'était joint aux migrants du Mexique qui défilaient
précisément pour protester contre le même programme
gouvernemental devant l'ambassade du Canada à Mexico.

Le rôle du Canada
L'expertise du Canada en
«contre-insurrection expéditionnaire»
Jon Elmer, un journaliste canadien résidant
à Bethléem et écrivant pour Le Monde
Diplomatique, note dans un article paru en anglais dans
l'édition de septembre sous le titre : « Canada,
A Peaceable Kingdom No More » (Le Canada n'est plus ce
royaume de la paix ) que
le mythe du Canada en tant que pays de maintien la paix a
été délaissé par les puissances de ce monde
dès qu'il s'est joint, en 2001, à la guerre en
Afghanistan. Plus spécifiquement, Elmer soutient que le Canada a
transformé sa capacité militaire pour donner la
priorité à la contre-insurrection expéditionnaire.
Il
écrit :
« La transformation est un terme militaire
à la mode pour réorienter les forces vers des
insurrections complexes que sont maintenant les occupations de l'Irak
et de l'Afghanistan qui, selon les planificateurs, domineront le XXIe
siècle. Le secrétaire américain à la
Défense, Robert Gates, a dit que de telles
guerres requièrent l'utilisation de "la gamme complète
des instruments de la puissance d'une nation" – défense,
diplomatie et aide au développement. Gates a dit le 15 octobre
2008 à Washington, devant le U.S. Institute for Peace, que
l'Afghanistan était un "laboratoire" de changements.
« James Mattis, général de
l'armée américaine et commandant suprême
allié de l'OTAN responsable de la transformation, a dit
l'année dernière à des militaires de
carrière que les "Forces canadiennes sont encore une fois un
modèle de combattants au premier rang. [Votre expertise de corps
expéditionnaire]
est une force que toutes les nations contribuant des troupes en
Afghanistan admirent et respectent".
« Mattis est un des co-auteurs du FM 3-24, le
manuel de contre-insurrection de l'armée américaine. Le
général Stanley McChrystal, commandant américain
et commandant de l'OTAN en Afghanistan, a dit l'année
dernière que la transformation du Canada "surpasse"
l'intégration américaine des capacités
civile et militaire : "Nous tirons profit de l'exemple des
opérations canadiennes à ce jour pour aider le reste des
forces à faire un pas en avant."
« L'armée canadienne est active
partout dans le monde, depuis ses forces spéciales
entraînant les forces jamaïcaines afin de pourchasser les
trafiquants de drogue à ses forces luttant à Kandahar, au
coeur de la contre-insurrection en Afghanistan. Le Canada a au moins 18
forces expéditionnaires déployées.
"Le soleil ne se couche jamais sur les Forces canadiennes", a dit le
général Walter Natynczyk, le chef d'état-major des
Forces armées canadiennes, invoquant la prétention
impériale classique. »
Elmer note : « Tandis que la mythologie
du Canada en tant que force de maintien de la paix a servi une fonction
politique intérieure utile, l'armée a toujours
été enthousiaste de souligner que le Canada a une longue
histoire d'aventures expéditionnaires. Durant le XXe
siècle, les troupes canadiennes
ont participé, en 1900 durant la guerre des Boers, à la
"stratégie de la terre brûlée" et de camps de
concentration sous la direction des forces britanniques et, en 1999,
à la mission de bombardements aériens contre la Serbie.
« Les Forces canadiennes ont participé
aux missions
de combats aériens lors de la guerre du Golfs et sa marine a
fait respecter le régime de sanctions contre l'Irak durant une
décennie. Les soldats canadiens étaient en Somalie en
1993 et présents en Yougoslavie durant les années 90 pour
superviser la désintégration.
En 2004, des commandos canadiens étaient en première
ligne lors du renversement du président d'Haïti,
Jean-Bertrand Aristide.
« Depuis septembre 2001, le Canada a
appuyé, de près, les intérêts
américains dans la guerre mondiale contre le terrorisme. En
visite à la Maison Blanche en 2006, le Premier ministre Stephen
Harper a qualifié l'alliance de "plus forte relation entre deux
pays, pas seulement sur la planète mais dans l'histoire
de l'humanité". L'ancien ambassadeur américain au Canada,
David Wilkins, notait en mai 2007 « qu'il n'y a pas deux
armées plus unies que celles des États-Unis et du Canada.
Nos forces travaillent et s'entraînent ensemble partout dans le
monde. »
« Depuis 2001, le centre des
opérations canadiennes a été entre la Corne de
l'Afrique et le Pakistan, que le Commandement central (Centcom) du
Pentagone dénomme, informellement, l'"arc de
l'instabilité". Des navires de guerre canadiens patrouillent la
côte de la Somalie, mettant en place la stratégie
que le haut commandant naval de l'OTAN décrit comme consistant
à "ériger une clôture" autour du golfe d'Aden pour
protéger contre la piraterie les routes maritimes assurant le
transport essentiel du pétrole. La marine opère avec des
groupes de combat aéronavals américains au large des
côtes d'Iran, gardant le
détroit d'Ormuz et servant de plate-forme de lancement pour les
bombardements en Irak. »
Le rôle du Canada au service de
l'impérialisme anglo-américain inclut des
activités méprisables au Moyen-Orient. Elmer
écrit :
« Lors du bombardement du Liban par
Israël en 2006, le Canada a joué un rôle diplomatique
important au sommet du G8 en bloquant les résolutions de
cessez-le-feu, disant que l'attaque d'Israël était
"mesurée". En Cisjordanie et à Gaza, le Canada a
joué un rôle essentiel dans la mise en place de forces
de sécurité palestiniennes sous l'égide du
général américain Keith Dayton. Plus de la
moitié de son personnel opérationnel est
constituée d'officiers canadiens que le général a
appelés ses "guerriers itinérants" et ses "yeux et
oreilles" en Cisjordanie. Les forces de sécurité
palestiniennes ont été chargées de
démanteler
l'infrastructure civile du Hamas, en attaquant les organismes de
bienfaisance et les mosquées et en forçant à la
clandestinité le gouvernement élu. Il y a eu 1 000
arrestations, y compris des enseignants, des travailleurs de la
santé et des journalistes et des violations
généralisées des droits humains, y compris la
torture
qui a entraîné la mort de plusieurs détenus.
« En Irak, les généraux
canadiens ont assumé des rôles de commandant adjoint pour
les opérations par les forces américaines. Les
échanges ne sont pas simplement un geste de bonne
volonté, mais un tremplin crucial pour assumer un rôle de
haut commandement au Canada. Le commandant en chef actuel
des forces armées canadiennes, le général Walter
Natynczyk, a d'abord été directeur adjoint de la
stratégie, des politiques et de la planification, puis
commandant général adjoint pendant l'opération Iraqi
Freedom.
« Lorsque, en 2003, les États-Unis et
le Royaume-Uni ont déclenché la guerre sans une
résolution finale de l'ONU, le Canada a refusé de se
joindre officiellement à la coalition. Mais, comme l'ambassadeur
américain Paul Cellucci a noté en 2003, durant la
première semaine de la guerre, "les
navires
de la marine, des aéronefs et du personnel canadiens dans le
golfe Persique, qui luttent contre le terrorisme, permettront de mieux
appuyer indirectement cette guerre en Irak que la plupart des 46 pays
qui soutiennent pleinement nos efforts là-bas." Peter Devlin,
chef de l'armée canadienne - un autre général qui
a été
commandant adjoint en Irak - a fait remarquer que les pays comme le
Canada ont été une partie importante de la
stratégie de relations publiques, apportant "une plus grande
légitimité à l'effort ici, en Irak".
« Le rôle du Canada dans la guerre en
Afghanistan demeure le plus important jusqu'à présent.
Depuis 2002, le Canada a restructuré ses forces armées -
de la formation et l'acquisition d'armes à la doctrine et aux
déploiements opérationnels. Les Forces canadiennes ont
adopté "dans son ensemble" le modèle
"du gouvernement" de contre-insurrection appliqué à la
guerre politique, en publiant en 2008 son premier manuel de terrain.
Une base de formation clé à Wainwright, en Alberta, a
été transformée en une ville d'"État
défaillant", où les soldats utilisent les nouvelles
technologies afin de simuler le combat en milieu
urbain, maison par maison.
Les militaires au Canada ont sensiblement
amélioré leur équipement afin de répondre
à ce changement. Des drones Heron loués d'Israël, de
lourds hélicoptères d'attaque et de transport, et des
jets stratégiques à long courrier C17 ont
été ajoutés afin que le Canada puisse se
déployer n'importe où et à tout moment,
une capacité que possède seulement quatre pays.
« Ancien chef de l'armée canadienne,
le lieutenant-général Andrew Leslie notait en 2007 :
"Il ne faut pas se leurrer, les ressources ne sont pas seulement pour
l'Afghanistan. Dans un avenir proche, nous allons aller quelque part
semblable à l'Afghanistan, pour faire le même genre de
choses." Il occupe
maintenant le poste de chef de la transformation au Canada et est l'un
des principaux candidats au poste de chef d'état-major de la
Défense (CEMD).
« L'actuel CEMD, le général
Natynczyk, a fait remarquer que l'Afghanistan "a défini les
Forces canadiennes durant cette décennie et, avec
l'expérience de nos jeunes anciens combattants, le fera pour les
décennies à venir. Des anciens combattants aguerris lors
de ces opérations voient la "nouvelle réalité"
des opérations complexes et multinationales dans des parties du
monde dangereuses, qui évolue rapidement... Quand les Forces
canadiennes se retireront d'Afghanistan en 2011, je ne doute pas que
nos services seront requis ailleurs dans des régions en proie
à des troubles que le gouvernement choisira."
Peu de temps après son élection en 2006,
Stephen Harper a dit aux décideurs américains : "Ne
vous méprenez pas, le Canada entend être un
acteur." »
(Cliquer
ici
pour l'article original au complet paru en anglais.)

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