Le Marxiste-Léniniste

Numéro 141 - 15 septembre 2010

Ne touchez pas à nos pensions et
nos avantages sociaux! Les salaires et
les pensions doivent être indexés!

Ne touchez pas à nos pensions et nos avantages sociaux! Les salaires et les pensions doivent être indexés!
L'indexation des salaires et des pensions est importante - K. C. Adams

Travailleurs migrants
Les travailleurs migrants manifestent devant l'ambassade du Canada au Guatemala - Les travailleurs unis de l'alimentation et du commerce

Le rôle du Canada
L'expertise du Canada en «contre-insurrection expéditionnaire»

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Ne touchez pas à nos pensions et
nos avantages sociaux! Les salaires et
les pensions doivent être indexés!

La section 1005 du syndicat des Métallos, aux ateliers de US Steel à Hamilton, appelle ses membres, ses retraités et la communauté à se rendre à l'Hôtel de ville le 15 septembre à 19 heures. L'objectif est d'appuyer la motion du conseiller Sam Merulla qui demande que US Steel rétablisse l'indexation des pensions de ses employés. Le monopole américain est socialement, moralement et légalement obligé de maintenir les arrangements en vigueur dans les fonds de pensions de Stelco.

La motion du conseiller Merulla se lit ainsi : Attendu que les familles des pensionnés sont affectées par la décision de US Steel au sujet de l'indexation ; attendu que cet impact est ressenti à l'échelle de toute la ville ; attendu que le conseil de ville de Hamilton veut demander à US Steel de respecter ses engagements envers la population et la ville de Hamilton ; il est résolu que le Conseil municipal de Hamilton fasse part de ses préoccupations à US Steel et demande que l'entreprise revienne sur sa décision de ne pas indexer les pensions des 8 300 familles de pensionnés.

La décision unilatérale de US Steel d'arrêter d'indexer les pensions à Hamilton Works est contraire à la lettre et à l'esprit de la loi du travail de l'Ontario. Le syndicat des métallos et US Steel sont présentement en négociations pour le renouvellement de la convention collective qui s'est terminée le 31 juillet 2010. L'indexation des pensions fait partie de la convention collective et doit demeurer en vigueur, selon la législation ontarienne du travail, jusqu'à ce qu'une nouvelle convention collective soit approuvée par les deux parties ou que les négociations soient officiellement rompues.

La section 86 de la Loi sur les relations de travail de l'Ontario dit :

« 86. Les conditions de travail ne peuvent pas être modifiées (1) Si l'avis prévu à l'article 16 ou 59 a été donné et qu'aucune convention collective n'est en vigueur, l'employeur ne peut pas modifier les taux de salaire ou les autres conditions d'emploi, ni les droits, privilèges ou devoirs de l'employeur, du syndicat ou des employés, sauf avec le consentement du syndicat, et le syndicat ne peut pas modifier les conditions d'emploi, ni les droits, privilèges ou devoirs de l'employeur, du syndicat ou des employés, sauf avec le consentement de l'employeur, tant que la première des éventualités suivantes n'est pas survenue :

« a) le ministre a désigné un conciliateur ou un médiateur en vertu de la présente loi et, selon le cas

« (i) sept jours se sont écoulés après la remise aux parties par le ministre du rapport d'une commission de conciliation ou d'un médiateur,

« (ii) 14 jours se sont écoulés après la remise aux parties par le ministre de l'avis selon lequel il ne juge pas opportun de constituer une commission de conciliation ;

« b) le droit du syndicat de représenter les employés est révoqué. »

Aucune de ces conditions n'a été remplie jusqu'à présent, sans parler de l'obligation morale de négocier et à tout le moins de respecter l'esprit de la loi au lieu de chercher une échappatoire qui serve de prétexte à imposer un diktat unilatéral.

US Steel a inclus l'annulation de l'indexation des pensions dans la longue liste des concessions qu'il demande. Cela veut dire que l'indexation des pensions fait partie de la négociation du monopole avec le syndicat. Plutôt que de négocier, US Steel a imposé unilatéralement cette concession spécifique en refusant le 1er août d'appliquer la formule d'indexation des pensions en vigueur à Hamilton Works. Ça n'est pas de la négociation, c'est un diktat unilatéral ! Aucun niveau de gouvernement y compris l'Hôtel de ville et les parlements canadien et ontarien ne doit tolérer un geste aussi arrogant. C'est le devoir et la responsabilité sociale des gouvernements à tous niveaux de défendre les Canadiens contre ces actions totalement arbitraires, illégales et dictatoriales des puissants monopoles internationaux.

US Steel est notoire pour ses violations des lois canadiennes et il devrait être considéré comme une entreprise étrangère qui ne respecte pas les règles et qui bafoue constamment les droits des Canadiens, leur mode de vie et leurs lois. US Steel a même admis avoir brisé les engagements qu'il a pris avec le gouvernement fédéral en vertu de la Loi sur Investissement Canada.

US Steel dit que ses intérêts d'affaires étroits sont plus importants que l'intérêt général de la société canadienne et de son économie et passent avant les besoins et les attentes des métallos actifs et à la retraite qui produisent et ont produit par leur travail une quantité énorme de richesse pour la communauté.

Les Canadiens ne doivent pas admettre une attitude anti-canadienne aussi arrogante et doivent exiger des gouvernements de tous les niveaux qu'ils prennent des mesures sévères contre ce monopole américain. US Steel, par ses actions, se pense au-dessus des lois et des pratiques canadiennes en matière de relations de travail. Les parlements canadien et ontarien doivent prendre des mesures immédiates pour le forcer à respecter ses engagements en vertu de la Loi sur Investissement Canada et ses responsabilités sociales générales en tant qu'invité étranger. Le gouvernement doit exiger que US Steel renonce à son diktat unilatéral au sujet de l'indexation des pensions et lui ordonner de cesser d'attaquer les aînés et les métallos du Canada. Si US Steel persiste, qu'il soit forcé de payer des amendes substantielles et possiblement privé de sa propriété de Stelco en la confiant à une autre entreprise privée ou à une entreprise publique qui s'engage à faire fonctionner et à augmenter la capacité des usines pour apporter un avantage net au Canada selon les normes et les arrangements en place.

Les activités destructrices de US Steel heurtent l'économie et les conditions sociales de la région.

Parmi les activités anti-canadiennes de cette entreprise on compte la réduction de la production d'acier à ses deux usines de Hamilton, leur fermeture pendant une longue période de temps, la livraison d'acier aux clients de l'ancien Stelco à partir de ses usines américaines, le lockout à Lake Erie Works et les concessions subséquentes qui ont été arrachées à la section 8782 des métallos, l'arrêt unilatéral de l'indexation des pensions pendant ses négociations à Hamilton Works et la longue liste de demandes de concessions qu'il a présentée aux membres de la section 1005 et à ses 8300 pensionnés.

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L'indexation des salaires
et des pensions est importante

Il ne faut pas prendre à la légère la bataille pour l'indexation, même s'il est vrai que les prix à la consommation n'augmentent pas rapidement en ce moment. Les propriétaires du capital souhaitent toujours augmenter les prix puisqu'ils augmentent la valeur monétaire de ce qui est déjà produit. L'augmentation des prix à la consommation oblige aussi les travailleurs, dépourvus de l'indexation, de jouer le jeu du rattrapage des salaires et des pensions, une lutte difficile en tout temps.

Les propriétaires de capital ne veulent pas des prix stables et encore moins des prix qui chutent puisque cela aurait comme conséquence qu'une plus grande part du produit social global se trouverait entre les mains des travailleurs actifs et à la retraite, à moins d'une réduction des salaires et des pensions.

L'inflation a comme conséquence qu'une plus grande part du produit social global se retrouve dans les coffres des propriétaires de capital plutôt qu'entre les mains des travailleurs, à moins que les travailleurs actifs et à la retraite ne se battent et ne gagnent des salaires et des pensions plus élevés ou n'obtiennent qu'ils soient rigoureusement indexés à l'Indice des prix à la consommation.

Même lorsque les prix à la consommation augmentent lentement, les salaires et les pensions se détériorent de façon étonnamment rapide s'ils ne sont pas indexés. (Voir le tableau de Statistique Canada) La menace devient réelle lorsque surgit une hausse soudaine ou une thérapie de choc des prix, comme le disent les économistes bourgeois. Ceci peut se produire à tout moment. Par exemple, la stabilité du dollar américain est remise en question en ce moment parce que plus de dollars ont été mis en circulation qu'il n'existe de biens et de services au pays. Cette surabondance de dollars américains est une bulle qui pourrait éclater à tout moment si les conditions internationales et nationales s'y prêtent. Le dollar canadien est lié de près au dollar américain. Toute chute soudaine dans la valeur du dollar américain, affectant donc sa capacité d'acheter un montant donné de biens et de services, affecterait à la baisse le dollar canadien, causant aussi l'inflation des prix.

L'autre facteur à l'horizon est le prix relativement bas de produits fabriqués importés de la Chine et d'autres pays en développement. Ces prix du marché sont présentement bien en deçà de la valeur marchande. Cette situation ne durera pas indéfiniment. Les travailleurs de ces pays mènent la lutte de classe pour élever leur niveau de vie. La pratique courante de monopoles tels que Wal-Mart et autres qui consiste à vendre des biens importés en deçà de leur prix relatif aux pays développés changera sans doute, rendant ces biens plus dispendieux au Canada.

Pour voir l'érosion des salaires et des pensions lorsque ceux-ci ne sont pas protégés par l'indexation, même au cours de ces années d'augmentation des prix relativement moindre, regardez le tableau des prix de Statistique Canada en prenant l'année 2002 comme point de départ. Il est entendu qu'un panier de biens et services coûtait 100 $ en 2002 et qu'à la fin du mois de juillet de l'année en cours, le même panier de biens et services coûte 116,80 $. Les résultats diffèrent selon les régions, avec un taux plus bas en Iqaluit, bien que les résultats n'y sont estimés que depuis la fin de 2002, alors que les autres représentent des moyennes annuelles, l'Alberta étant à l'autre extrémité avec 123,30 $.

Statistique Canada : Indice des prix à la consommation
par province, et pour Whitehorse, Yellowknife et Iqaluit

  Importance relative1 Juin 2009 Mai 2010 Juin 2010 Mai à juin 2010 Juin 2009 à juin 2010
    Données non désaisonnalisées
  (2002=100) variation en %
Canada 100,002 115,1 116,3 116,2 -0,1 1,0
Terre-Neuve-et-Labrador 1,27 115,8 117,2 117,2 0,0 1,2
Île-du-Prince-Édouard 0,35 118,5 119,2 119,2 0,0 0,6
Nouvelle-Écosse 2,56 116,5 117,8 117,3 -0,4 0,7
Nouveau-Brunswick 1,97 114,5 115,7 115,7 0,0 1,0
Québec 21,05 114,3 114,9 114,8 -0,1 0,4
Ontario 41,22 114,2 116,2 116,0 -0,2 1,6
Manitoba 3,06 115,1 115,0 114,9 -0,1 -0,2
Saskatchewan 2,64 118,2 118,6 118,6 0,0 0,3
Alberta 11,43 122,0 122,7 122,7 0,0 0,6
Colombie-Britannique 14,29 112,8 113,6 113,4 -0,2 0,5
Whitehorse 0,06 114,9 114,3 115,1 0,7 0,2
Yellowknife 0,08 116,9 117,8 118,4 0,5 1,3
Iqaluit (déc. 2002=100) 0,02 113,8 112,2 112,9 0,6 -0,8
1. Panier de 2005, selon les prix d'avril 2007, Canada, en vigueur à partir de mai 2007. Les pondérations détaillées sont offertes sous la section Documentation de l'enquête 2301 (www.statcan.gc.ca/imdb-bmdi/index-fra.htm).
2.Le total des chiffres peut ne pas correspondre à 100 % en raison de l'arrondissement.

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Travailleurs migrants

Les travailleurs migrants manifestent devant l'ambassade du Canada au Guatemala

Des centaines de travailleurs migrants du Guatemala, accompagnés de leurs alliés communautaires, ont défilé dans les rues de la capitale, mercredi, pour s'arrêter devant l'entrée de l'ambassade du Canada à Guatemala contre les abus que subissent les migrants dans le cadre du Programme des travailleurs étrangers temporaires (PTÉT). Les travailleurs participant à la manifestation étaient des migrants qu'on avait renvoyés pour avoir voulu exercer leurs droits en tant que personnes et comme employés pendant qu'ils travaillaient au Canada et qui, donc, avaient dû rentrer dans leur pays.

Les TUAC Canada, l'Alliance des travailleurs agricoles (ATA), Global Workers Justice (organisation ayant son origine aux États-Unis) et un certain nombre d'autres organisations, guatémaltèques ou internationales, manifestaient également. En outre, à leur tour, elles ont demandé que l'on revoie de fond en comble le Programme des travailleurs étrangers temporaires en raison des lacunes qu'il comporte, les migrants ne bénéficiant d'aucune protection juridique ni de l'accès à la justice, et ce même lorsqu'ils se font rudoyer.

Les manifestants et les manifestantes ont demandé au gouvernement fédéral du Canada de faire cesser l'exploitation des travailleurs migrants du Guatemala à laquelle se livrent l'Organisation internationale pour les migrations (OIM) et des associations d'employeurs canadiens sans scrupules dans le domaine agricole. La marche de protestation avait lieu à l'initiative de l'AGUND (l'association des Guatémaltèques unis dans la lutte pour leurs droits), qui a déclaré que le gouvernement canadien devait obtenir la réintégration de tous les migrants du Guatemala qu'on a mis à la porte parce qu'ils s'étaient plaints de la violation des droits qu'ils subissent à la fois comme personnes et en tant que travailleurs.

Chaque année, lors de la saison des cultures, environ 4 000 migrants du Guatemala travaillent en milieu agricole au Canada. Ce mercredi, quelques-uns de ceux qui en avaient fait l'expérience ont pointé du doigt le PTÉT, qu'ils qualifient de système raté permettant à des employeurs du Canada de renvoyer des travailleurs qui tombent malades, se blessent au travail ou, tout simplement, refusent de se plier à des conditions de travail et de vie intolérables, ce qui entraîne leur expulsion du pays. Ils ont aussi accusé Ottawa de fermer les yeux sur d'autres atteintes auxquelles on s'adonne en profitant du PTÉT, comme la confiscation des documents personnels des travailleurs et des travailleuses, le refus de subvenir à leurs besoins d'ordre médical pendant leur séjour en territoire canadien et la menace de les renvoyer et de les mettre sur une liste noire s'ils font valoir leur droit d'adhérer à un syndicat au Canada.

« Le gouvernement canadien aurait beau affirmer que ce n'est que le fait de quelques mauvais employeurs, mais il aurait tort », déclare le président national des TUAC Canada, Wayne Hanley. « Pas étonnant que les travailleurs soient en colère contre notre gouvernement fédéral, qui est complice de la violation des droits fondamentaux des travailleurs dans la mesure où il laisse l'industrie agricole et l'OIM traiter les migrants comme de la marchandise facilement remplaçable. »

Les TUAC Canada constituent le plus grand syndicat présent dans l'entreprise privée et, depuis des décennies, celui-ci est à la tête de la campagne visant à obtenir justice pour les travailleurs et travailleuses agricoles, qu'ils viennent du pays ou de l'étranger.

« Depuis sept ans, il faut le dire, l'OIM agit de connivence avec l'industrie agricole du Canada et notre gouvernement fédéral pour que l'on embauche de la main-d'oeuvre bon marché et qu'on l'exporte au Canada », poursuit le président Hanley. « Ce gouvernement cautionne les contrats qu'on impose aux travailleurs et aux travailleuses dans le cadre du PTÉT alors que ceux-ci les privent des droits dont ils devraient jouir en tant qu'employés et comme personnes en vertu des lois provinciales, de la législation canadienne et du droit international. »

À la suite de la manifestation à Guatemala, la plus grande qui se soit jamais tenue devant l'ambassade du Canada dans cette ville, des agents consulaires ont rencontré des représentants des TUAC Canada, de l'ATA, de Global Workers Justice et de l'AGUND afin de discuter de la précarité de la situation dans laquelle se trouvent les migrants guatémaltèques qui travaillent dans le cadre du Programme des travailleurs étrangers temporaires.

Plus tôt cet été, les TUAC Canada avaient lancé une campagne internationale (www.tuac.ca) pour attirer l'attention sur les atteintes aux droits des travailleurs migrants au Canada. Également, en juillet, le syndicat s'était joint aux migrants du Mexique qui défilaient précisément pour protester contre le même programme gouvernemental devant l'ambassade du Canada à Mexico.

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Le rôle du Canada

L'expertise du Canada en
«contre-insurrection expéditionnaire»

Jon Elmer, un journaliste canadien résidant à Bethléem et écrivant pour Le Monde Diplomatique, note dans un article paru en anglais dans l'édition de septembre sous le titre : « Canada, A Peaceable Kingdom No More » (Le Canada n'est plus ce royaume de la paix ) que le mythe du Canada en tant que pays de maintien la paix a été délaissé par les puissances de ce monde dès qu'il s'est joint, en 2001, à la guerre en Afghanistan. Plus spécifiquement, Elmer soutient que le Canada a transformé sa capacité militaire pour donner la priorité à la contre-insurrection expéditionnaire. Il écrit :

« La transformation est un terme militaire à la mode pour réorienter les forces vers des insurrections complexes que sont maintenant les occupations de l'Irak et de l'Afghanistan qui, selon les planificateurs, domineront le XXIe siècle. Le secrétaire américain à la Défense, Robert Gates, a dit que de telles guerres requièrent l'utilisation de "la gamme complète des instruments de la puissance d'une nation" – défense, diplomatie et aide au développement. Gates a dit le 15 octobre 2008 à Washington, devant le U.S. Institute for Peace, que l'Afghanistan était un "laboratoire" de changements.

« James Mattis, général de l'armée américaine et commandant suprême allié de l'OTAN responsable de la transformation, a dit l'année dernière à des militaires de carrière que les "Forces canadiennes sont encore une fois un modèle de combattants au premier rang. [Votre expertise de corps expéditionnaire] est une force que toutes les nations contribuant des troupes en Afghanistan admirent et respectent".

« Mattis est un des co-auteurs du FM 3-24, le manuel de contre-insurrection de l'armée américaine. Le général Stanley McChrystal, commandant américain et commandant de l'OTAN en Afghanistan, a dit l'année dernière que la transformation du Canada "surpasse" l'intégration américaine des capacités civile et militaire : "Nous tirons profit de l'exemple des opérations canadiennes à ce jour pour aider le reste des forces à faire un pas en avant."

« L'armée canadienne est active partout dans le monde, depuis ses forces spéciales entraînant les forces jamaïcaines afin de pourchasser les trafiquants de drogue à ses forces luttant à Kandahar, au coeur de la contre-insurrection en Afghanistan. Le Canada a au moins 18 forces expéditionnaires déployées. "Le soleil ne se couche jamais sur les Forces canadiennes", a dit le général Walter Natynczyk, le chef d'état-major des Forces armées canadiennes, invoquant la prétention impériale classique. »

Elmer note : « Tandis que la mythologie du Canada en tant que force de maintien de la paix a servi une fonction politique intérieure utile, l'armée a toujours été enthousiaste de souligner que le Canada a une longue histoire d'aventures expéditionnaires. Durant le XXe siècle, les troupes canadiennes ont participé, en 1900 durant la guerre des Boers, à la "stratégie de la terre brûlée" et de camps de concentration sous la direction des forces britanniques et, en 1999, à la mission de bombardements aériens contre la Serbie.

« Les Forces canadiennes ont participé aux missions de combats aériens lors de la guerre du Golfs et sa marine a fait respecter le régime de sanctions contre l'Irak durant une décennie. Les soldats canadiens étaient en Somalie en 1993 et présents en Yougoslavie durant les années 90 pour superviser la désintégration. En 2004, des commandos canadiens étaient en première ligne lors du renversement du président d'Haïti, Jean-Bertrand Aristide.

« Depuis septembre 2001, le Canada a appuyé, de près, les intérêts américains dans la guerre mondiale contre le terrorisme. En visite à la Maison Blanche en 2006, le Premier ministre Stephen Harper a qualifié l'alliance de "plus forte relation entre deux pays, pas seulement sur la planète mais dans l'histoire de l'humanité". L'ancien ambassadeur américain au Canada, David Wilkins, notait en mai 2007 « qu'il n'y a pas deux armées plus unies que celles des États-Unis et du Canada. Nos forces travaillent et s'entraînent ensemble partout dans le monde. »

« Depuis 2001, le centre des opérations canadiennes a été entre la Corne de l'Afrique et le Pakistan, que le Commandement central (Centcom) du Pentagone dénomme, informellement, l'"arc de l'instabilité". Des navires de guerre canadiens patrouillent la côte de la Somalie, mettant en place la stratégie que le haut commandant naval de l'OTAN décrit comme consistant à "ériger une clôture" autour du golfe d'Aden pour protéger contre la piraterie les routes maritimes assurant le transport essentiel du pétrole. La marine opère avec des groupes de combat aéronavals américains au large des côtes d'Iran, gardant le détroit d'Ormuz et servant de plate-forme de lancement pour les bombardements en Irak. »

Le rôle du Canada au service de l'impérialisme anglo-américain inclut des activités méprisables au Moyen-Orient. Elmer écrit :

« Lors du bombardement du Liban par Israël en 2006, le Canada a joué un rôle diplomatique important au sommet du G8 en bloquant les résolutions de cessez-le-feu, disant que l'attaque d'Israël était "mesurée". En Cisjordanie et à Gaza, le Canada a joué un rôle essentiel dans la mise en place de forces de sécurité palestiniennes sous l'égide du général américain Keith Dayton. Plus de la moitié de son personnel opérationnel est constituée d'officiers canadiens que le général a appelés ses "guerriers itinérants" et ses "yeux et oreilles" en Cisjordanie. Les forces de sécurité palestiniennes ont été chargées de démanteler l'infrastructure civile du Hamas, en attaquant les organismes de bienfaisance et les mosquées et en forçant à la clandestinité le gouvernement élu. Il y a eu 1 000 arrestations, y compris des enseignants, des travailleurs de la santé et des journalistes et des violations généralisées des droits humains, y compris la torture qui a entraîné la mort de plusieurs détenus.

« En Irak, les généraux canadiens ont assumé des rôles de commandant adjoint pour les opérations par les forces américaines. Les échanges ne sont pas simplement un geste de bonne volonté, mais un tremplin crucial pour assumer un rôle de haut commandement au Canada. Le commandant en chef actuel des forces armées canadiennes, le général Walter Natynczyk, a d'abord été directeur adjoint de la stratégie, des politiques et de la planification, puis commandant général adjoint pendant l'opération Iraqi Freedom.

« Lorsque, en 2003, les États-Unis et le Royaume-Uni ont déclenché la guerre sans une résolution finale de l'ONU, le Canada a refusé de se joindre officiellement à la coalition. Mais, comme l'ambassadeur américain Paul Cellucci a noté en 2003, durant la première semaine de la guerre,  "les navires de la marine, des aéronefs et du personnel canadiens dans le golfe Persique, qui luttent contre le terrorisme, permettront de mieux appuyer indirectement cette guerre en Irak que la plupart des 46 pays qui soutiennent pleinement nos efforts là-bas." Peter Devlin, chef de l'armée canadienne - un autre général qui a été commandant adjoint en Irak - a fait remarquer que les pays comme le Canada ont été une partie importante de la stratégie de relations publiques, apportant "une plus grande légitimité à l'effort ici, en Irak".

« Le rôle du Canada dans la guerre en Afghanistan demeure le plus important jusqu'à présent. Depuis 2002, le Canada a restructuré ses forces armées - de la formation et l'acquisition d'armes à la doctrine et aux déploiements opérationnels. Les Forces canadiennes ont adopté "dans son ensemble" le modèle "du gouvernement" de contre-insurrection appliqué à la guerre politique, en publiant en 2008 son premier manuel de terrain. Une base de formation clé à Wainwright, en Alberta, a été transformée en une ville d'"État défaillant", où les soldats utilisent les nouvelles technologies afin de simuler le combat en milieu urbain, maison par maison.

Les militaires au Canada ont sensiblement amélioré leur équipement afin de répondre à ce changement. Des drones Heron loués d'Israël, de lourds hélicoptères d'attaque et de transport, et des jets stratégiques à long courrier C17 ont été ajoutés afin que le Canada puisse se déployer n'importe où et à tout moment, une capacité que possède seulement quatre pays.

« Ancien chef de l'armée canadienne, le lieutenant-général Andrew Leslie notait en 2007 : "Il ne faut pas se leurrer, les ressources ne sont pas seulement pour l'Afghanistan. Dans un avenir proche, nous allons aller quelque part semblable à l'Afghanistan, pour faire le même genre de choses." Il occupe maintenant le poste de chef de la transformation au Canada et est l'un des principaux candidats au poste de chef d'état-major de la Défense (CEMD).

« L'actuel CEMD, le général Natynczyk, a fait remarquer que l'Afghanistan "a défini les Forces canadiennes durant cette décennie et, avec l'expérience de nos jeunes anciens combattants, le fera pour les décennies à venir. Des anciens combattants aguerris lors de ces opérations voient la "nouvelle réalité" des opérations complexes et multinationales dans des parties du monde dangereuses, qui évolue rapidement... Quand les Forces canadiennes se retireront d'Afghanistan en 2011, je ne doute pas que nos services seront requis ailleurs dans des régions en proie à des troubles que le gouvernement choisira."

Peu de temps après son élection en 2006, Stephen Harper a dit aux décideurs américains : "Ne vous méprenez pas, le Canada entend être un acteur." »

(Cliquer ici pour l'article original au complet paru en anglais.)

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