Le 6 septembre, les travailleurs à
travers le pays ont organisé des marches, des rassemblements et
d'autres activités à l'occasion de la Fête du
travail. Les actions de
cette année ont pris place au moment où les travailleurs
intensifient
leur opposition à l'assaut généralisé des
monopoles internationaux et
de leurs gouvernements contre les
conditions de travail, les avantages sociaux, les pensions et les
syndicats. Ils s'opposent à ce qu'on utilise la crise
économique comme
prétexte pour justifier la destruction
accélérée de la base
manufacturière et des services publics. C'est cette
activité de
destruction nationale qui est directement responsable de l'abaissement
du niveau de vie des
travailleurs et de l'aggravation des problèmes de
l'économie canadienne.
À Hamilton, le ton a été
donné par les métallos et leur bannière
« Base manufacturière, oui ! Destruction
nationale, non ! » et les
autres syndicats qui protestaient contre les pertes d'emplois
manufacturiers et les demandes de concessions. À Windsor,
où les
travailleurs et la communauté vivent les conséquences de
la
fermeture récente de la dernière usine de GM, le mot
d'ordre était que
les travailleurs de tous les secteurs doivent intensifier leur combat
contre la destruction de la base manufacturière.
L'opposition aux demandes de concessions
antiouvrières, en
particulier sur la question des pensions, était bien
présente,
notamment à Calgary et à Peterborough où les
travailleurs de Canada
Malting Company et de l'usine d'empaquetage Genpak ont
dénoncé
l'ultimatum qui leur est donné : ou bien remplacer le fonds
de pension
à
prestations déterminées par un fonds de pensions à
contributions
déterminées, qui est très inférieur, ou
bien instituer un fonds de
pension à deux vitesses où les nouveaux embauchés
sont mis sur un fonds
de pension à contributions déterminées. Les
travailleurs de Calgary et
d'Edmonton ont souligné l'abaissement du niveau de vie dans la
soi-disant
prospère Alberta en servant des repas à des milliers de
travailleurs
sans emploi ou avec des emplois à bas salaires.
L'opposition des travailleurs au
démantèlement et à la privatisation
des services publics était très présente dans les
actions de la Fête du
travail. De Black Creek, sur l'Île de Vancouver, à
Halifax, les
travailleurs des postes ont dénoncé la
déréglementation et la
privatisation du service postal par Postes Canada et le gouvernement
Harper. Les
membres de l'Alliance de la fonction publique du Canada (AFPC) ont
dénoncé les coupures annoncées par le gouvernement
Harper dans son
budget de mars 2010. Les employés du secteur public ont
déclaré partout
que leur lutte contre les concessions et pour améliorer leurs
conditions de travail est ce qui défend les services publics et
le
bien-être
public. À cet égard, les employés de bureau, les
commis et les
techniciens de l'École de médecine du Nord de l'Ontario
ont marché à
Thunder Bay et Sudbury pour mobiliser de l'appui à leur
grève pour des
conditions de travail qui correspondent aux services qu'ils dispensent.
À Toronto, les travailleurs du secteur public,
notamment ceux
d'Hydro-Toronto, de la Régie des alcools de l'Ontario (LCBO) et
de la
Commission du transport de Toronto (TTC) ont dénonce la menace
du
gouvernement McGuinty de privatiser les services qu'ils dispensent de
même que sa campagne pour le gel des salaires dans le secteur
public. Les travailleurs sont aussi très conscients que ces
politiques
antisociales ont été reprises par plusieurs des candidats
à la mairie
en vue des élections municipales d'octobre. Les travailleurs de
la
Commission du transport portaient des chandails sur lesquels
était
écrit : « Financez la TTC ! Ne la vendez
pas ! » et
d'autres du secteur public portaient des bannières et des
pancartes
avec des slogans à la défense des services publics.
Dans plusieurs de ces actions, les activistes du Centre
ouvrier du
PCC(M-L) ont distribué la déclaration émise par le
Centre ouvrier pour
l'occasion et ont vendu le numéro de septembre du Workers'
Forum, que les travailleurs ont bien accueillis.
Les travailleurs du Québec ne
célèbrent pas la Fête du travail qui a
été créée par les États-Unis et le
Canada après la guerre pour
s'opposer au Premier Mai, qui est la Journée internationale de
solidarité de la classe ouvrière, comme
moyen de
combattre le communisme. Même si le Premier Mai n'est pas encore
reconnu
officiellement dans le reste du Canada, de nombreux travailleurs et
leurs organisations à travers le pays organisent des actions
pour
marquer l'occasion chaque année.