Le Marxiste-Léniniste

Numéro 137 - 8 septembre 2010

La Fête du travail 2010 au Canada

Les travailleurs exigent l'arrêt des pertes
d'emplois manufacturiers et du démantèlement
des services publics


Hamilton, à la Fête du travail 2010

Le 6 septembre, les travailleurs à travers le pays ont organisé des marches, des rassemblements et d'autres activités à l'occasion de la Fête du travail. Les actions de cette année ont pris place au moment où les travailleurs intensifient leur opposition à l'assaut généralisé des monopoles internationaux et de leurs gouvernements contre les conditions de travail, les avantages sociaux, les pensions et les syndicats. Ils s'opposent à ce qu'on utilise la crise économique comme prétexte pour justifier la destruction accélérée de la base manufacturière et des services publics. C'est cette activité de destruction nationale qui est directement responsable de l'abaissement du niveau de vie des travailleurs et de l'aggravation des problèmes de l'économie canadienne.

À Hamilton, le ton a été donné par les métallos et leur bannière « Base manufacturière, oui ! Destruction nationale, non ! » et les autres syndicats qui protestaient contre les pertes d'emplois manufacturiers et les demandes de concessions. À Windsor, où les travailleurs et la communauté vivent les conséquences de la fermeture récente de la dernière usine de GM, le mot d'ordre était que les travailleurs de tous les secteurs doivent intensifier leur combat contre la destruction de la base manufacturière.

L'opposition aux demandes de concessions antiouvrières, en particulier sur la question des pensions, était bien présente, notamment à Calgary et à Peterborough où les travailleurs de Canada Malting Company et de l'usine d'empaquetage Genpak ont dénoncé l'ultimatum qui leur est donné : ou bien remplacer le fonds de pension à prestations déterminées par un fonds de pensions à contributions déterminées, qui est très inférieur, ou bien instituer un fonds de pension à deux vitesses où les nouveaux embauchés sont mis sur un fonds de pension à contributions déterminées. Les travailleurs de Calgary et d'Edmonton ont souligné l'abaissement du niveau de vie dans la soi-disant prospère Alberta en servant des repas à des milliers de travailleurs sans emploi ou avec des emplois à bas salaires.

L'opposition des travailleurs au démantèlement et à la privatisation des services publics était très présente dans les actions de la Fête du travail. De Black Creek, sur l'Île de Vancouver, à Halifax, les travailleurs des postes ont dénoncé la déréglementation et la privatisation du service postal par Postes Canada et le gouvernement Harper. Les membres de l'Alliance de la fonction publique du Canada (AFPC) ont dénoncé les coupures annoncées par le gouvernement Harper dans son budget de mars 2010. Les employés du secteur public ont déclaré partout que leur lutte contre les concessions et pour améliorer leurs conditions de travail est ce qui défend les services publics et le bien-être public. À cet égard, les employés de bureau, les commis et les techniciens de l'École de médecine du Nord de l'Ontario ont marché à Thunder Bay et Sudbury pour mobiliser de l'appui à leur grève pour des conditions de travail qui correspondent aux services qu'ils dispensent.

À Toronto, les travailleurs du secteur public, notamment ceux d'Hydro-Toronto, de la Régie des alcools de l'Ontario (LCBO) et de la Commission du transport de Toronto (TTC) ont dénonce la menace du gouvernement McGuinty de privatiser les services qu'ils dispensent de même que sa campagne pour le gel des salaires dans le secteur public. Les travailleurs sont aussi très conscients que ces politiques antisociales ont été reprises par plusieurs des candidats à la mairie en vue des élections municipales d'octobre. Les travailleurs de la Commission du transport portaient des chandails sur lesquels était écrit : « Financez la TTC ! Ne la vendez pas ! » et d'autres du secteur public portaient des bannières et des pancartes avec des slogans à la défense des services publics.

Dans plusieurs de ces actions, les activistes du Centre ouvrier du PCC(M-L) ont distribué la déclaration émise par le Centre ouvrier pour l'occasion et ont vendu le numéro de septembre du Workers' Forum, que les travailleurs ont bien accueillis.

Les travailleurs du Québec ne célèbrent pas la Fête du travail qui a été créée par les États-Unis et le Canada après la guerre pour s'opposer au Premier Mai, qui est la Journée internationale de solidarité de la classe ouvrière, comme moyen de combattre le communisme. Même si le Premier Mai n'est pas encore reconnu officiellement dans le reste du Canada, de nombreux travailleurs et leurs organisations à travers le pays organisent des actions pour marquer l'occasion chaque année.


Hamilton




Ottawa






Toronto















Sudbury



Windsor





(Photos: CAW Local 444)


Calgary



Campbell River-Courtenay

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