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Montréal
Les débardeurs défendent les droits de
tous—
Un pour tous et Tous pour un!
Le Marxiste-Léniniste appelle tous les
travailleurs à appuyer les débardeurs du Port de
Montréal dans la lutte qu'ils mènent sous leur mot
d'ordre « Un pour tous ! Tous pour
un ! » Ils font face aux attaques vicieuses de
l'Association des employeurs maritimes
(AEM) et aux menaces du gouvernement fédéral de
déclarer leur lutte illégale en utilisant la
récession comme prétexte. Sous le prétexte de la
récession et que les négociations ne vont nulle part,
l'AEM, qui représente les propriétaires de navires et
d'autres entreprises qui utilisent les terminaux, a
organisé un véritable coup contre les débardeurs
à la fin du mois de juin. Elle a décidé
unilatéralement d'éliminer l'arrangement de
sécurité du revenu pour 169 des 910 débardeurs,
soit ceux qui ont le moins d'ancienneté. Cet arrangement permet
aux débardeurs d'avoir une garantie de salaire
équivalent à 40, 36 ou 32 heures de travail en
échange d'être sur appel 365 jours par année et 24
heures sur 24 et d'avoir à confirmer chaque jour s'ils
travaillent le lendemain. Les travailleurs ont protesté contre
ce coup en refusant de faire du travail supplémentaire. L'AEM a
répliqué en les mettant
en lockout pendant que le gouvernement menaçait de passer une
loi spéciale de retour au travail qui aurait pu signifier
l'imposition d'une convention collective.
Les travailleurs ont immédiatement dressé
leurs lignes de piquetage où ils portaient fièrement des
chandails avec le slogan « Tous
ensemble ! ». Ils ont mobilisé et reçu
l'appui des autres syndicats de débardeurs non seulement au
Canada, mais dans le monde. Daniel Tremblay,
le président du syndicat a dit au LML que la
décision des débardeurs de Halifax, de Vancouver et de
New York de refuser de décharger des navires qui étaient
détournés du Port de Montréal a grandement
aidé à forcer l'association à lever son lockout.
« Leur solidarité a été formidable,
a-t-il dit. Nous avons des contacts avec des syndicats de
débardeurs partout dans le monde et ils ont immédiatement
répondu à notre demande d'appui. » C'est tout
au mérite
des débardeurs d'avoir affirmé leur unité et
défendu les intérêts de tous en prenant la
défense des travailleurs les
plus jeunes et en forçant l'entreprise à lever son
lockout.
Le Marxiste-Léniniste salue les
débardeurs qui refusent que les plus jeunes se fassent attaquer.
C'est devenu une pratique très courante de la part des riches et
de leurs gouvernements d'essayer d'imposer des conditions de travail
à deux vitesses et même à plus que deux vitesses.
C'est
un des aspects des attaques contre eux que les travailleurs essaient de
toute leur force de bloquer. La situation dans laquelle se
retrouvent les débardeurs fait également partie d'une
tendance qui se développe où les riches et leurs
gouvernements changent unilatéralement les conditions de travail
et criminalisent les luttes des travailleurs en invoquant des
circonstances exceptionnelles.
Cela ne doit pas passer !

Les débardeurs forcent l'association
patronale
à lever son lockout
Le 19 juillet, l'Association des employeurs maritimes
(AEM) qui représente les propriétaires de navires et
d'autres entreprises qui utilisent les terminaux, a mis en lockout les
910 débardeurs du Port de Montréal qui sont membres de la
section 375 du Syndicat canadien de la fonction publique
(SCFP). Elle a imposé son lockout sous le prétexte que
les moyens de pression des débardeurs déstabilisaient
l'activité économique dans le port !
En réalité c'est l'AEM qui a
organisé un coup contre les débardeurs à la fin de
juin lorsqu'elle a unilatéralement mis fin à
l'arrangement de sécurité de revenu pour 169 des 910
débardeurs, soit ceux qui ont le moins d'ancienneté. Il
s'agit d'un arrangement qui a été établi au
début des années
1970. À cette époque, les entreprises qui utilisaient le
port se plaignaient d'avoir de la difficulté à garder
leurs travailleurs du fait que c'est un travail très
épuisant et que les heures sont très
irrégulières ( les débardeurs travaillent
lorsqu'il y a des navires à décharger). Les entreprises
se plaignaient
aussi qu'il y avait des grèves alors un arrangement a
été conclu entre le syndicat et l'association
nouvellement formée qui prévoit un arrangement de
sécurité de revenu. En échange d'être sur
appel 365 jours par année et 24 heures par jour et d'avoir
à confirmer chaque jour qu'ils travaillent le
lendemain, les travailleurs se sont vus accorder une clause de
sécurité de revenu qui leur accorde un salaire
équivalent à 40, 36 ou 32 heures de travail selon les
circonstances, qu'ils travaillent ou non. L'AEM invoque maintenant la
récession comme prétexte pour demander des concessions
aux travailleurs
en ce qui concerne cet arrangement. L'AEM bien sûr ne se sent pas
obligée d'expliquer comment il se fait que cet arrangement ait
survécu aux nombreuses récessions que le Québec a
connues depuis 40 ans. C'est évident que la récession est
un prétexte pour attaquer les travailleurs et leur organisation
et tenter de diviser leurs rangs de façon tout à fait
opportuniste.
La convention collective des débardeurs est
échue depuis le 31 décembre 2008. En plus de la question
de l'arrangement de la sécurité de revenu, il y a
d'autres questions en litige dont la sécurité d'emploi et
les salaires. Deux ententes de principe ont été conclues
au fil des négociations, mais les
travailleurs les ont rejetées parce qu'elles ne satisfaisaient
pas à leurs demandes.
À la fin juin, sous le prétexte de la
récession et que les travailleurs avaient rejeté par deux
fois les ententes de principe, l'association a éliminé
unilatéralement l'arrangement de sécurité de
revenu pour ces 169 travailleurs. Elle a aussi annoncé qu'il
pourrait y avoir des mises à pied pendant l'été.
Les débardeurs ont considéré cette
annonce comme une provocation et une tentative scandaleuse de les
diviser entre travailleurs plus jeunes et travailleurs plus
âgés. Ils ont immédiatement averti l'association
qu'en réponse à cette attaque, ils cessaient de faire du
temps supplémentaire. Leur action
avait un aspect économique car les travailleurs, en refusant le
temps supplémentaire, cherchaient à donner plus d'heures
de travail à ceux qui venaient d'être
éliminés de l'arrangement de sécurité de
revenu.
L'AEM a fait toute une campagne dans les médias
pour accuser les débardeurs de perturber l'activité
économique dans le port et de mettre en péril la reprise
économique. Le 19 juillet, elle a annoncé qu'en
réponse à l'action des travailleurs, elle
décrétait un lockout et arrêtait le
déchargement
de bateaux dans le port. Le gouvernement fédéral pendant
ce temps répandait le bruit qu'il surveillait la situation de
près et pourrait bien adopter une loi spéciale de retour
au travail ce qui aurait pu signifier l'imposition d'une convention
collective.
Après que les travailleurs aient dressé
les barricades et des lignes de piquetage et que leurs confrères
de Halifax, Vancouver et New-York aient refusé de
décharger les bateaux détournés du Port de
Montréal; l'AEM a dû, le 22 juillet, conclure une entente
avec le
syndicat en vertu de laquelle le lockout était levé. Les
travailleurs recommençaient donc à faire du temps
supplémentaire et l'arrangement de sécurité de
revenu était rétabli pour les 169 travailleurs. Les
débardeurs ont ratifié l'entente le lendemain
en assemblée générale et les médias ont
rapporté les propos de jeunes travailleurs exprimant leur
fierté que les travailleurs plus anciens les aient
défendus.
Les négociations ont repris lundi le 26 juillet.

Dénonçons les sanctions contre l'Iran!
Non à l'utilisation de la force pour résoudre les
conflits entre les peuples et les nations!
Le Marxiste-Léniniste s'oppose vigoureusement
à l'escalade guerrière contre l'Iran et à l'ajout
de sanctions par l'Union européenne (UE) et le Canada le 26
juillet. Les actions de l'UE et du Canada font suite à celles
des États-Unis qui ont aussi décrété des
sanctions supplémentaires contre
l'Iran le 24 juin.
Les remarques du ministre des Affaires
étrangères Lawrence Cannon lors de son annonce des
sanctions en vertu de la Loi sur les mesures économiques
spéciales sont presque la copie conforme des remarques que la
secrétaire à la Défense des États-Unis
Hillary Clinton a prononcées le 21 juillet
pour menacer la République démocratique populaire de
Corée (RDPC). C'est un fait bien connu que ce genre de sanctions
visent expressément à fomenter un soi-disant changement
de régime en incitant le peuple à blâmer son
gouvernement pour la détérioration des conditions
qu'elles engendrent.
Ces actions font partie des activités sans
principe des fauteurs de guerre américains, européens et
canadiens pour isoler l'Iran, endommager la souveraineté et le
bien-être du peuple iranien et répandre de la
désinformation. Les fauteurs de guerre pensent que leurs
mensonges et leur hystérie
au sujet d'un programme « d'armes nucléaires
secrètes » vont désorienter les peuples et
ainsi supprimer leur résistance aux préparatifs de
guerre. Cela ne doit pas passer ! Les peuples du monde n'acceptent
pas qu'au nom de l'opposition aux armes nucléaires, les
États-Unis possèdent
le plus grand arsenal nucléaire au monde et menacent
d'anéantissement nucléaire tout pays qui ne se soumet pas
à leur diktat injuste.
En plus des sanctions, les dirigeants américains
continuent de menacer l'Iran d'une guerre ouverte. L'ancien directeur
de la CIA Michael Hayden a dit à CNN le 25 juillet que la
possibilité d'une attaque des États-Unis contre l'Iran
s'accroît. Les commentaires de Hayden arrivent au moment
où un groupe de législateurs républicains est en
train d'essayer de faire passer une résolution qui appuie
explicitement le « droit » d'Israël
d'utiliser la force militaire contre l'Iran. Les agences de nouvelles
ont rapporté que quarante-sept républicains à la
Chambre des représentants
ont déjà signé ce projet de loi.
Le 27 juillet, un porte-parole du ministère des
Affaires étrangères de Russie a critiqué
l'application de sanctions par l'UE et les États-Unis contre
l'Iran sans l'autorité de l'ONU. L'agence de nouvelles Interfax
a rapporté que le porte-parole du ministère, Andrei
Nesterenko, a dit que « Nous
rejetons catégoriquement toute tentative d'appliquer des lois
intérieures de l'Union européenne et des
États-Unis à des tiers pays ou d'appliquer des sanctions
contre des entreprises ou des individus appartenant à des
États qui respectent consciencieusement les résolutions
du Conseil de sécurité de
l'ONU ».
Nesterenko a réitéré la position de
Moscou à l'effet qu'il est
« inadmissible » « d'utiliser des
sanctions unilatérales ou collectives contre l'Iran »
qui vont au-delà de ce qu'a décidé le Conseil de
sécurité de l'ONU.
« Non seulement cela
nuit-il à nos
efforts conjoints pour en arriver à un règlement
politique et diplomatique de la situation qui entoure le programme
nucléaire iranien, mais cela dénote un manque de respect
pour les résolutions minutieusement contrôlées et
coordonnées du Conseil de
sécurité de l'ONU », a dit le porte-parole
avant d'ajouter que les gestes de l'UE et des États-Unis vont
contre les principes du travail en équipe.
Le Marxiste-Léniniste appelle les Canadiens
à s'opposer aux sanctions et aux préparatifs de guerre
contre l'Iran et réitère son plein appui à tous
les peuples et toutes les nations qui luttent pour leur voie
indépendante de développement économique,
politique et social.
Le Canada adopte des sanctions contre l'Iran
« Par
conséquent, conformément à la Loi sur les mesures
économiques
spéciales, le Canada impose des sanctions supplémentaires
contre l'Iran.
« Ces nouvelles mesures sévères
interdisent toute interaction avec
des personnes désignées, qui sont mêlées
à des activités de
prolifération nucléaire, chimique, biologique et de
missiles. Elles
interdisent l'exportation de produits posant un risque de
prolifération, de matériel servant au raffinage du
pétrole
et du gaz, ainsi que de toutes les armes restantes et de la technologie
liée aux produits mentionnés.
« De plus, elles interdisent les nouveaux
investissements dans les
secteurs pétrolier et gazier iraniens. Ces mesures proscrivent
également la présence d'institutions financières
iraniennes au Canada
et vice versa, et interdisent toutes relations de correspondance
bancaire avec des institutions financières iraniennes,
ainsi que l'achat de la dette du gouvernement iranien. Ces sanctions
entrent en vigueur dès maintenant.
« Ces sanctions ont pour but de ralentir le
progrès des programmes
nucléaire, chimique, biologique et de missiles des
autorités
iraniennes. Elles ont également pour objet de persuader les
autorités
iraniennes de reprendre les négociations avec les cinq membres
permanents du Conseil de sécurité de l'ONU
et l'Allemagne pour que l'Iran honore ses obligations internationales
en matière nucléaire.
« Le Canada estime que ces sanctions
supplémentaires, qui prennent
appui sur la résolution 1929 du Conseil de
sécurité de l'ONU adoptée en
juin, envoient un message clair à l'Iran : la
communauté internationale
est unie dans ses visées et dans ses engagements. Aucun
État ne peut
menacer la paix
et la sécurité internationales sans en subir les
conséquences. »

Les sanctions de l'Europe contre l'Iran se
pourraient retourner contre elle
- Kaveh L. Afrasiabi*, Asia Times
Online, le 28 juillet 2010 -
L'Union européenne (UE) a
adopté une nouvelle ronde de sanctions contre l'Iran qui, si
elles sont mises en oeuvre, auront de sérieuses
répercussions sur l'UE non seulement en tant que partenaire
commercial le plus important de la République islamique, mais
aussi sur le plan de sa sécurité
énergétique.
Les nouvelles sanctions européennes s'en
prennent au secteur de transport de fret, par mer ou par air, imposent
des interdictions de visa aux fonctionnaires, bloquent les fonds
liés au Corps des Gardiens de la révolution islamique et
imposent des sanctions financières et liées à
l'assurance crédit. Elles
interdisent de nouveaux investissements de l'UE dans les secteurs
nucléaire et gazier iraniens ainsi que toute assistance
technique énergétique – au moment où ce continent
reçoit de l'Iran environ 29 % de ses exportations en
pétrole brut et est de plus en plus dépendant de ses
exportations gazières.
Les sanctions de l'UE appuient les limites
prévues dans la résolution 1929 du Conseil de
sécurité de l'ONU imposées le 10 juin, qui ont
été suivies de sanctions imposées par les
États-Unis. La résolution a préparé la voie
pour une quatrième ronde de sanctions internationales sur la
base que l'Iran fabriquerait
des armes nucléaires. Téhéran nie les accusations
et dit que son programme nucléaire n'existe qu'à des fins
pacifiques.
À la lumière des sérieux
besoins de l'Iran en capital étranger pour son secteur
énergétique, les résultats paralysants qu'auront
ces sanctions occidentales sur ses secteurs pétrolier et gazier
auront sans aucun doute des conséquences directes sur la
présente insécurité énergétique de
l'Europe, reflétée par
l'attitude prudente des 27 membres de l'UE conscients de leur
dépendance exagérée envers la Russie et cherchant
de façon effrénée à diversifier ses sources
d'importations gazières.
Il est plus que possible que la présomption
implicite dans les nouvelles sanctions de l'UE est l'assurance
réconfortante que les sanctions énergétiques ne
paralyseront pas la capacité de l'Iran d'exporter, permettant
ainsi à l'Europe de continuer d'en bénéficier. Le
noeud du dilemme européen, cependant,
est que les sanctions contre l'Iran se traduiront inévitablement
par des pertes économiques, financières et
énergétiques pour l'UE.
En imposant des sanctions au secteur
énergétique de l'Iran, tout en espérant en
même temps aucun ralentissement dans la livraison de
pétrole et de gaz, les politiciens européens se bercent
d'illusions en pensant pouvoir se placer à la tête du
régime des sanctions contre l'Iran sans que cela leur en
coûte
chèrement.
Déjà, l'Iran a signalé qu'il
pourrait transférer ses transactions énergétiques
de l'euro à d'autres devises, en particulier le dirham des
Émirats arabes unis. La simple menace d'un tel changement ne
fait que rendre l'euro encore plus faible à un moment critique
où les devises et les finances de l'eurozone
sont aux prises avec une multitude de problèmes de santé.
De plus, les nouvelles sanctions de l'UE, en plus de
réduire sa soi-disant diplomatie à deux voies avec l'Iran
presqu'entièrement en une diplomatie coercitive, cible une
source fiable d'énergie qui jusque là avait bien servi
l'Europe, contrairement aux sanctions provenant des États-Unis,
lesquels n'importent
pas directement de pétrole ou de gaz de l'Iran. Par exemple, le
géant énergétique suisse, EGL, qui vient de signer
un contrat de 13 milliards $ US pour une durée de 25 ans
avec l'Iran, sera vraisemblablement affecté par les nouvelles
sanctions occidentales imposées au secteur
énergétique de l'Iran.
Non sans ironie, la décision de l'UE arrive
quelques jours à peine après que la Turquie eut
signé un accord d'oléoduc de 1,3 milliard $ US avec
l'Iran permettant des exportations gazières de 2,1 milliards de
pieds cubes par jour (pc/j) en trois ans. C'est donc sans surprise
qu'Ankara a sur le coup
dénoncé les sanctions de l'UE et a déclaré
ouvertement qu'elle ne les respecterait pas.
En plus de l'oléoduc de 410 milles (660 km)
proposé, l'oléoduc de 745 milles (1200 km), Iran-Turquie,
complété en 2001, a une capacité de 1,4 milliard
pc/j de gaz naturel, bien que différentes difficultés
techniques et des interruptions périodiques l'ont
empêché de fonctionner à sa pleine capacité.
« L'UE a bêtement et
aveuglément suivi l'exemple des États-Unis qui n'a aucun
lien économique avec l'Iran », un professeur en
science politique de l'Université de Téhéran
a-t-il expliqué à l'auteur. « Il s'ensuivra
des répercussions géo-politiques négatives pour
l'Union européenne
qui dit à l'Iran, nous aimerions obtenir votre pétrole et
votre gaz, mais nous ferons tout en notre possible pour que votre
secteur énergétique soit paralysé. Quelle
ironie. »
En réaction, l'Iran multiplierait
vraisemblablement ses liens énergétiques avec des pays
d'Asie, dont l'Inde, qui avait augmenté ses importations de
pétrole de l'Iran de 9 % de plus que l'an dernier, a
ajouté le professeur. Il n'y a pas, non plus, d'indication que
la Chine et le Japon, qui, ensemble,
représentent à peu près un tiers des exportations
du pétrole de l'Iran, sont prêts à mettre leur
sécurité énergétique à risque pour
l'imbroglio nucléaire, comme l'a fait l'Europe.
Sans aucun doute, les sanctions européennes
et étatsuniennes auront un impact significatif sur le trajet de
l'Iran en tant que producteur de gaz dans les années à
venir. Selon des hauts fonctionnaires iraniens de l'énergie,
l'Iran a besoin d'investissements de 8 milliards $ dans le secteur
gazier, puisque
presque deux-tiers de ses réserves gazières restent non
développées, particulièrement dans la gigantesque
South Pars. Son champ de pétrole contient approximativement la
moitié du gaz de l'Iran, l'autre moitié étant
à Quatar, qui a exploité davantage et de loin sa
réserve, ce qui inquiète les Iraniens, qui pensent
que Quatar pourraient tirer avantage des sanctions occidentales.
Autre question importante, comment les nouvelles
sanctions de l'UE affecteront-t-elles le projet d'un ambitieux
« oléoduc perse » qui doit lier le gaz de
la South Pars de l'Iran à l'Europe via la Turquie.[1] L'Europe
a-t-elle vraiment réfléchi sur ces questions ou, comme
l'a exprimé le regretté
spécialiste en relations Allemagne-Iran, Johannes Reissner,
l'Europe souffre-t-elle de « réductionnisme
nucléaire » ?
Une lueur d'espoir
Au coeur de la course folle des gouvernements
occidentaux vers des sanctions plus sévères contre
l'Iran, il existe une lueur d'espoir dans le domaine d'échange
de combustible nucléaire pour le petit réacteur
médical de l'Iran.
Suite à des échanges intenses avec
l'Agence internationale de l'énergie atomique (AIEA), on
rapporte qu'il y a de moins en moins de points de litige entre les deux
parties sur cette question. Au mois de septembre, une entente mise de
l'avant par l'AIEA pour un échange de combustible pourrait
être conclue.
L'Iran a maintenant fait parvenir une nouvelle
missive à l'AIEA et au groupe de Vienne, composé des
États-Unis, la Russie, la France et l'AIEA, concernant les
aspects techniques de l'échange de combustible, les invitant
à ne pas « perdre de temps ».
Des nouvelles issues de Téhéran
semblent indiquer une nouvelle flexibilité de la part de l'Iran,
entre autres sur la délicate question de la production par
l'Iran d'uranium enrichi à 20 %, ce que l'Iran pourrait
abandonner pour un engagement ferme de la part du groupe de Vienne de
livraison opportune
de combustible nucléaire à l'intention du réacteur
de Téhéran.
En plus, il se pourrait bien que l'Iran, qui a
proposé une nouvelle ronde de pourparlers nucléaires
multilatéraux pour septembre, soit disposé à
considérer une entente selon laquelle il suspendrait ses
activités d'enrichissement et accepterait un gel temporaire sans
empêcher ses centrifugeurs de fonctionner.
Tout ça en échange de mettre un terme aux sanctions.
Cette suspension temporaire est en effet le maximum
que l'Occident peut espérer de l'Iran à cette
étape, puisque l'option « centrifugeur
zéro » est périmée – et pour l'Iran,
non réaliste sur le plan politique.
Ainsi, une solution d'ensemble comprenant un
échange de combustible nucléaire et l'option de
suspension, y inclus de nouvelles « garanties
objectives » touchant au programme nucléaire
pacifique de l'Iran, pourrait en ce moment être le meilleur
scénario, et le plus plausible, permettant de
mettre fin à une crise qui, depuis quelques mois, s'aggrave et
qui pourrait, en effet, se détériorer.
Note
1. Pour plus d'information à ce sujet,
cliquer ici.(site
en
anglais)
*Kaveh L. Afrasiabi, PhD, docteur en
philosophie,
est l'auteur de « Après Khomeini : nouvelles
directions dans la politique étrangère de
l'Iran » (Westview Press). Son plus récent livre,
« Le pouls de
l'Iran : sa politique étrangère
après le 11 septembre » (BookSurge Publishing, le 23
octobre 2008) est maintenant disponible.

Critique de film
Le crime sur l'Orient-Express ou promouvoir
le revanchisme afin de désinformer
C'est
plus
qu'un
bandit qui a été
assassiné sur l'Orient-Express; ce sont les principes
modernes de justice et la règle de droit qui ont
été sacrifiés.
Lors du Sommet du G20 à Toronto, les
Canadiens ont dénoncé la violence fasciste et gratuite de
la police mais ils devraient aussi réfléchir à la
culture véhiculée à la télévision.
La culture dans l'art, la littérature et les médias
exerce un effet énorme quant à la manière dont les
Canadiens perçoivent le
monde et à l'idéologie sur laquelle ils s'appuient pour
guider leur pensée. L'adaptation pour la
télévision faite en 2010 du roman d'Agatha Christie
« Le
crime de l'Orient-Express » cherche à concilier et
à
atténuer l'opposition au fascisme et à la guerre
impérialiste.
Le roman original paru en 1934 et le film produit en
1974 avec Albert Finney sont des versions assez médiocres de la
conciliation avec le fascisme et du retour aux pratiques
médiévales de l'impérialisme fondées sur le
privilège et l'impunité avec laquelle on détruit
par la force l'objectif de la règle de droit
de rechercher une justice égale pour tous. La version 2010, avec
l'acteur britannique bien connu David Suchet, est beaucoup plus sombre
et va plus loin en substituant la justice basée sur la
règle de droit par la vengeance. Cette version dépeint la
torture et l'exécution sans procès comme étant
justifiées vu
l'horreur du crime et la nature ignoble du meurtrier accusé.
Dans la scène finale, Poirot apparaît sur le point de
s'effondrer. Verbalement, il se dit en faveur de la règle de
droit mais il se contredit immédiatement après par ses
gestes. Son visage s'assombrit alors qu'il renonce à ses
principes et permet à douze
revanchards d'échapper à la justice pour la torture et le
meurtre horribles qu'ils ont commis. Poirot tourne rapidement le dos
à la vilaine scène sans doute pressé de retrouver
le confort et l'immunité de sa position petite bourgeoise de
plus grand détective belge.
Au lieu de caractériser le meurtre sur
l'Orient-Express de geste criminel, le film le présente
plutôt comme un geste compréhensible, comme une justice
pour venger la mort brutale d'une petite fille. Ce meurtre revanche
devient une métaphore pour les crimes revanches des
États-Unis en représailles à des
événements comme ceux du 11 septembre 2001 ou pour la
violence policière de type Gestapo en représailles aux
actions de certains manifestants et agents provocateurs au Sommet du
G20 à Toronto.
Les similitudes du crime de l'Orient-Express avec la
violence de l'État et le revanchisme sont à peine
dissimulées. Les crimes et les meurtres s'accompagnent de
tortures et d'emprisonnements sans procès. Évidemment,
les États-Unis sont allés plus loin parce qu'il s'agit
d'un État avec le pouvoir illimité
de faire disparaître des gens, de mener des guerres
dévastatrices et d'ignorer avec mépris les normes
internationales et la règle de droit. À cela peuvent
s'ajouter les actions illégales de l'État menées
par la police de Toronto pour écraser le droit de conscience et
de dissidence du peuple durant le Sommet du
G20.
Les libéraux qui ont concilié avec le
fascisme durant les années 1930 ont joué un rôle
particulièrement perfide en Allemagne, dans le reste de l'Europe
et aux États-Unis ouvrant la voie aux crimes gratuits commis par
le régime nazi au mépris total des normes et des lois
existant à l'époque concernant
la guerre destructrice, la torture et la violation des droits de tous.
Similairement à Poirot, joué par Suchet, et à bien
d'autres comme lui aux États-Unis, au Canada et en Europe
aujourd'hui, les principes exprimés en parole disparaissent
dès qu'ils sont en face de la propagande et des pressions
incessantes
de guerre et de vengeance. Les principes, la règle de droit et
les normes internationales sont perçues comme des obstacles
à l'action répressive de l'État contre les
« musulmans fanatiques », les terroristes et les
« tactiques du black block ». Il y a de plus en
plus de pression pour tendre
au pragmatisme et accepter les exigences de l'heure devant un ennemi
qui n'a aucun principe, est de nature médiévale, en
particulier misogyne, s'apparentant à plusieurs égards au
bandit américain sans scrupule d'Agatha Christie.
Ce film contemporain ne peut résister
à la tentation de se livrer à l'hystérie
antimusulmane. Le film commence par une scène de brutale
violence de foule à Istanbul contre une femme accusée
d'adultère. Une badaude, qui se retrouvera plus tard parmi les
meurtriers à bord de l'Orient-Express, exprime
à Poirot son indignation devant la macabre scène,
affirmant son statut de bonne personne en opposition aux barbares
d'Asie occidentale. Comme c'est pratique de présenter la
nécessité de définitions modernes de justice d'une
manière à justifier la l'effondrement des principes et
à affaiblir l'opposition à la
participation de l'État canadien à la guerre menée
par les États-Unis contre l'Afghanistan. Les lamentations des
douze bourreaux à bord de l'Orient-Express pour justifier leur
participation à ce meurtre commis de sang-froid ressemblent
à celles des politiciens et des militaires canadiens pour
expliquer la nécessité
de tuer les « ordures » de Talibans ou bien de
déclencher la guerre envers des pays désobéissants
comme l'Iran ou la République populaire de Corée.
Fait remarquable également, c'est la
politique revancharde typique de la politique d'une seule nation que
suit la bande de l'Orient-Express. Toutes les classes sociales et
plusieurs nationalités sont unies dans cette sale affaire. Il
s'agit d'une seule nation unie pour défendre l'honneur des
États-Unis et des
petites filles, unie dans la politique pragmatique enracinée
dans la vengeance et dans la gratification qui vient avec le
succès que génère le pouvoir. Les revanchards
déclarent que les principes et la règle de droit existent
pour les faibles et les indifférents parce qu'un procès
n'est pas arrivé à rendre justice.
Au lieu de lutter pour le renouveau démocratique et les
définitions modernes de justice pour tous et pour se
débarrasser de tout vestige du moyen-âge, les revanchards
penchent vers un retour à la justice médiévale
où le puissant agit en toute impunité et ne perd pas son
temps à s'attendrir sur les droits de
l'accusé.

La bande des douze sont tous des bonnes personnes
qui sont désolés et qui sont émus par la
souffrance des victimes sans défense des criminels et ils
feraient sans doute la même chose pour les victimes des
terroristes et des bandits vêtus de noir et exigeraient une
action organisée par l'État pour éliminer
d'une main ferme les criminels inculpés. La politique d'une
nation accuse les gens de principe qui défendent les droits de
tous de rester à rien faire alors que les terroristes attaquent
notre mode de vie et que les bandits en noir et les voyous fracassent
des vitrines et incendient des voitures de police dans le
centre-ville de Toronto. La politique d'une nation refuse d'accepter la
faiblesse et les limites d'une règle de droit et la
fragilité apparente d'une société qui donne de la
dignité et défend les droits de tous et leur conscience,
les droits et conscience qui semblent de plus en plus entrer en conflit
avec le droit des
monopoles et les intérêts naturels et
héréditaires de l'aristocratie. La politique d'une nation
se déclare en opposition à la violence de la populace et
à l'affranchissement du peuple et elle fait ce qu'il faut pour
les réprimer. Quand les principes et la règle de droit
entrent en conflit avec le statu quo des privilèges
de classe, de l'oppression, de l'exploitation et de la guerre de
pillage, la politique d'une nation déclenche alors la violence
organisée par l'État pour protéger les riches,
leurs monopoles et leurs organisations illégitimes comme le G20.
Avant de concilier avec les gestes horribles des
bourreaux de l'Orient-Express, Poirot se fait un devoir de leur faire
un exposé sur la nécessité de la règle de
droit et sur le danger pour l'humanité de sombrer dans la
barbarie du fascisme. Mais, quand vient le temps de prendre position en
pratique sur
ces principes, Suchet (Poirot) regarde fixement la bande de meurtriers,
ravale ses principes de règle de droit et de normes modernes,
répudie ses propres paroles, rend à la police la veste
d'un criminel fictif et s'en va sous un nuage sombre, sans doute pour
sombrer dans la folie et l'indifférence, comme Hardial
Bains disait à propos de ces conciliateurs avec le fascisme qui
refusent de lever le petit doigt ou de prendre une position de principe
devant la montée du fascisme et le retour aux pratiques
médiévales.
Non à la conciliation avec le fascisme ! Non
à
la criminalisation de la
dissidence ! Les droits et principes modernes sont
inviolables ; ils ne sont pas sujets à des circonstances
exceptionnelles !

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Marxiste-Léniniste
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