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Insoutenable et sans avenir
Résistons aux pressions pour des concessions!
Les
concessions
ne
sont
pas
une solution.
Exiger des travailleurs qu'ils réduisent leurs
revendications concernant les salaires, les avantages sociaux et les
fonds de pension ne résoudra aucun des problèmes de
l'économie dans son ensemble, ni ceux des monopoles comme US
Steel ou Essar Steel Algoma. La demande de concessions au nom de la
compétitivité
des entreprises est une fraude et elle aura comme effet
général l'aggravation de la crise de l'économie
canadienne. Cela vaut également pour les gouvernements qui
veulent forcer les travailleurs du secteur public à accepter un
gel des salaires et des concessions au niveau des avantages sociaux et
des fonds de pension
sous le faux prétexte de « la réduction
de la dette et du retour à l'équilibre
budgétaire ».
Les dirigeants de US Steel et de Essar disent que les
concessions sont nécessaires pour garder les usines
concurrentielles. C'est une absurdité totale qui
révèle tout simplement leurs préjugés de
classe. Pour appuyer leurs préjugés, ils
répètent à l'infini que les
travailleurs sont un coût de production,
et que les concessions réduisent les coûts de production,
ce qui leur permet de faire plus de profits d'entreprise et
peut-être même d'offrir des prix plus bas pour leur acier.
Ils devraient faire preuve d'honnêteté et avouer que les
concessions
n'ont rien à voir avec les coûts ou les prix, que ce
qu'ils veulent c'est tout simplement
transférer la valeur ajoutée des travailleurs canadiens
aux possesseurs du capital qui, pour la plupart, vivent à
l'étranger. Les monopoles veulent payer plus de dividendes
à leurs actionnaires, servir leur méga-dette et donner de
plus gros bonus à leurs hauts dirigeants.

Les concessions transfèrent les
réclamations de la classe ouvrière à la production
aux propriétaires du capital. Cela est vrai pour les monopoles
individuellement comme pour l'économie prise dans son ensemble.
Le produit social global de la production d'un pays est la somme de la
production de toutes les entreprises.
Les réclamations au produit social sont divisées en deux
grandes catégories sociales : la classe ouvrière et
les propriétaires du capital. Une modification de la
quantité de la réclamation de chacune des principales
forces sociales (les travailleurs et les propriétaires du
capital) ne change pas la valeur du produit
social produit par une entreprise particulière, par exemple une
aciérie ou dans le pays dans son ensemble ; cela ne change
que la proportion de la valeur ajoutée qui va à chacun.
L'accroissement de la quantité de produit social qui est
soutiré aux travailleurs et versé dans les coffres des
riches affaiblit d'autant
l'économie socialisée.
La valeur est déterminée par le temps de
travail moyen nécessaire pour produire quelque chose, comme une
tonne d'acier. La manière dont la valeur ajoutée
contenue dans l'acier produit par les travailleurs est
séparée entre les travailleurs, les propriétaires
du capital et le gouvernement, n'a rien à voir directement
avec la valeur du produit social et son prix de marché.
La fiction selon laquelle les concessions sont la
solution aux maux de l'industrie de l'acier ou d'une entreprise
particulière est un non-sens et un mensonge qui a pour but
d'abaisser le niveau
de vie des travailleurs actifs et retraités. Les concessions ne
réduisent pas les
coûts des entreprises ; elles sont simplement un transfert
de richesses des travailleurs aux propriétaires du capital. Son
résultat est non pas la réduction des coûts, mais
l'affaiblissement de l'économie, en particulier dans les
collectivités directement touchées puisque la classe
ouvrière a moins de revenus pour
acheter des biens des entreprises locales.
C'est la même chose pour les travailleurs du
secteur public. Plus grandes sont les concessions arrachées aux
travailleurs du secteur public et plus grand est l'affaiblissement de
l'économie. Comment pourrait-il en être autrement alors
que la classe ouvrière constitue la majorité
écrasante de la population?
La classe ouvrière, y compris les sections
intermédiaires et les propriétaires de petites
entreprises, doivent s'unir pour s'opposer résolument aux
concessions dans les secteurs privé et public. Les concessions
ne résolvent aucun problème économique comme la
dette et les déficits publics ; les concessions ne
font qu'aggraver la situation.

Corruption et décadence au sein
de l'élite dirigeante au Canada
- Lettre à la rédaction -
J'ai suivi d'assez près la saga de Magna
International dans la presse bourgeoise. J'ai trouvé l'article
paru dans Le
Marxiste-Léniniste très utile. Il
met les choses
en perspective lorsqu'il dit : « Frank et
Belinda Stronach représentent une aristocratie à la fois
naturelle et héréditaire qui cherche
à réintroduire tous les droits et privilèges du
pouvoir médiéval. L'oligarchie financière rejette
toutes les définitions modernes et en particulier les droits du
peuple et son pouvoir décisionnel sur toutes les affaires
économiques et politiques, notamment son droit d'utiliser la
propriété sociale comme Magna International
Inc. au Canada et de distribuer le produit social. »
L'expérience des travailleurs de Stelco est
semblable. La vieille Stelco a eu recours à la protection de la
Loi sur la faillite (CCAA) le 29 janvier 2004. Un des objectifs de
cette manoeuvre était d'essayer de forcer la main aux
travailleurs et aux retraités pour qu'ils fassent des
concessions aux propriétaires de la
vieille Stelco. Après 27 mois de faillite frauduleuse, une
nouvelle Stelco est née, contrôlée par trois
vautours capitalistes (Tricap, Appaloosa et Sunrise) et Rodney Mott, un
spéculateur des États-Unis avec une spécialisation
dans l'industrie de l'acier. Ces vautours ont pris le contrôle
des
nouveaux titres de la nouvelle
Stelco pour moins de 150 million $. Ils ont aussi obtenu un
prêt de 150 million $ à des taux
d'intérêt de 1 % de la part du gouvernement
provincial, évitant par le fait même tout risque par
rapport à leur propre argent. Dix-huit mois plus tard, ces
vautours ont vendu leurs titres à US Steel pour
1,1 milliard $ comptant, réalisant ainsi en 18 mois un
retour de 700 % sur leur investissement.
Ces vautours ont arraché une valeur de plus d'un
milliard $ de Stelco et sont disparus de la circulation pour
préparer leur prochain coup (Tricap fait partie d'un
empire de 100 milliards $, Brookfield Asset Management.) Les
travailleurs à US Steel Canada Hamilton Works travaillent
présentement
dans une usine en mal d'un laminoir à chaud et de nouveaux
investissements de modernisation, ce qui aurait
été tout à fait possible avec le 1
milliard $. Cependant, les travailleurs ne contrôlent pas
l'économie et sont donc réduits à subir les
conséquences des agissements et des exigences des vautours
qui sont seulement intéressés à réussir
leurs coups. Tandis que ces coups sont
dévastateurs pour les peuples à l'échelle
internationale, on dit aux travailleurs que leurs demandes pour des
pensions, des avantages sociaux tels en santé, etc., sont
farfelues.
Il est clair que l'heure est à ce que les
travailleurs organisent une opposition efficace à tout ce qui
constitue une forme de destruction nationale.
Un métallo à
US Steel Hamilton Works

Mises à pieds massives chez Olymel
Vendredi le 16 juillet, le monopole Olymel a
procédé à l'application de sa toute
dernière restructuration anti-ouvrière dans son usine
d'Iberville, dans la région de Saint-Jean-sur-Richelieu, sur la
rive Sud de Montréal. Au mois d'avril dernier, Olymel a
annoncé la mise à pied permanente et définitive de
183 travailleurs le 16 juillet à son usine d'Iberville. Cette
usine de transformation de volaille et de porc compte près de
300 travailleurs. Avec ces mises à pieds, il ne reste que 100
travailleurs
dans la production. Le monopole essaie de justifier cette
décision en disant oeuvrer dans un secteur compétitif et
pouvoir « sauver » deux millions de dollars par
année avec cette nouvelle restructuration. La production
effectuée à Iberville sera transférée
à son usine de Brampton en Ontario et aux usines
de Berthierville et Sainte-Rosalie au Québec. Le Marxiste-Léniniste s'est
récemment entretenu avec plusieurs travailleurs de cette usine
et voici le compte-rendu de la conversation.
LML :
C'est
une
journée
difficile
aujourd'hui
;
c'est la
dernière journée de travail pour 183 d'entre vous.
Quelles sont vos impressions ?
Premier
travailleur : Quelquefois j'ai l'impression que c'est ceux
qui restent avec cette compagnie qui sont à plaindre.(Rire
général) Sérieusement, ce n'est pas facile,
on se
sent humilié et impuissant. En plus on ne comprend pas.
L'année dernière à la même date, la
compagnie embauchait beaucoup de monde,
ils avaient rénové notre cafétéria, investi
dans de nouvelles machines et fait des travaux de rénovation.
Aujourd'hui, l'usine est pratiquement fermée.
Deuxième
travailleur : On ne comprend pas pourquoi ils font cette
réorganisation parce qu'on nous a déjà
arraché des concessions en 2005 lors de notre dernière
négociation collective. Olymel nous menaçait de fermer
les portes si nous donnions un mandat de grève à notre
exécutif. Beaucoup ont eu peur
à ce moment-là et ont voté pour accepter ce que la
compagnie nous offrait. Tout cela absolument pour rien. Ils ont mis
l'usine sur respirateur artificiel et nous sommes en sursis.
LML :
Pourquoi
dites
vous
cela ?
Deuxième
travailleur : Olymel dit vouloir sauver deux millions de
dollars avec ces mises à pieds. Comment peut-on sauver deux
millions en faisant disparaître 183 emplois productifs ?
L'usine va produire moins, il y a donc moins de revenu qui va
être créé et l'usine va générer moins
d'argent. En
plus, si on produit moins de revenus, les dépenses et les
coûts reliés à la production sont les mêmes.
Nous devons payer les taxes de la ville, au gouvernement, nous devons
payer l'énergie, la bâtisse, les infrastructures,
l'entretien des machines etc... Comment va-t-on faire ça si on
diminue notre production ?
Ce n'est pas logique.
Troisième
travailleur : Ce qui n'est pas logique non plus, c'est que
le gouvernement ne fait rien et nous laisse moisir sans rien faire,
sans lever le petit doigt.
LML :
J'ai
vu
tout
à
l'heure
la
députée du Parti
québécois accompagnée d'un journaliste de
Radio-Canada. Quelle est sa position ?
Travailleur
4 : Elle veut que le gouvernement de Jean Charest
intervienne pour trouver une solution à ces mises à
pieds. Elle a dit au journaliste qu'une société
d'État, la Société générale de
financement, a investi dans Olymel dans le but de créer des
emplois en régions. Elle se dit indignée maintenant que
cet argent va servir à créer des emplois en Ontario. Elle
dit vouloir initier un comité de relance et elle insiste pour
dire à tout le monde qu'elle veut créer un comité
de relance.
Premier
travailleur : Elle est ici juste pour se faire du capital
politique, personne n'y croit. C'est elle-même qui a
appelé les journalistes pour qu'ils viennent aujourd'hui. Tout
le monde croit que la seule chose qu'elle veut aujourd'hui, c'est notre
vote aux prochaines élections. Moi je suis le seul
représentant
syndical ici en ce moment ; elle voulait que je l'accompagne dans
ses poignées de mains aux travailleurs devant les journalistes.
J'ai refusé. Ces gens peuvent nous faire dire des choses que
l'on n'a pas dit ou encore qu'on ne pense pas. Lors de la lutte des
travailleurs d'Olymel à Vallée-Jonction en 2007,
Radio-Canada
a pris partie contre les travailleurs, se plaçant du
côté de Lucien
Bouchard et du gouvernement et de la compagnie, et maintenant ils
viennent ici comme s'ils avaient pitié de nous. C'est
écoeurant et en même temps très humiliant. Moi je
ne fais pas de politique, en tout cas, si un jour j'en fais, ce ne sera
pas avec ces gens là,
je n'ai pas confiance. Mon instinct me dit qu'il faut se tenir loin
d'eux.
Troisième
travailleur : Tu as raison, mais le problème c'est
que nous sommes totalement impuissants, on a l'impression que l'on ne
peut rien faire. Leurs histoires de comité de relance sonnent
comme des mots creux qui ne servent qu'à créer des
illusions. On n'a qu'à regarder le cas de l'usine Komastu
à Candiac où le député du PQ avait
créé un comité de relance sans succès ou
encore mieux le cas de la raffinerie Shell. C'est évident
maintenant que Shell a dupé tout le monde. Le problème
c'est que les compagnies comme Olymel et Shell peuvent faire ce
qu'elles veulent et qu'elles ont la loi de leur coté. Nous
on n'a rien.
LML :
Ça
prend
donc
des
lois
qui défendent les travailleurs et
des
politiciens qui sont prêts à les défendre eux aussi.
Cinquième
travailleur : Les politiciens que l'on a ne sont pas
intéressés à passer ce genre de lois, de peur de
perdre leur position. Ce qu'il faudrait, c'est que ce soit nous qui
fassions les lois (rires parmi les
travailleurs)
LML :
Tu
veux
dire
des
travailleurs
qui
se font élire au parlement et
qui font les lois ?
Cinquième
travailleur : Euh... Bien, pourquoi pas !
LML :
Je
trouve
que
c'est
une
excellente
idée !

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