Le budget fédéral 2010-2011
Le gouvernement Harper s'oppose mordicus
aux efforts
des travailleurs et du peuple
pour trouver une solution à la
crise
Le 12 juillet dernier, le Sénat a
adopté le budget Harper (avec la Loi C-9) sans amendements et
par un vote de 48 à 44 et cela même si le Parti
libéral continue de dire qu'il s'oppose au budget. Le Parti
libéral était en mesure au Sénat de défaire
le budget ou de l'amender parce qu'il y détient toujours
la majorité des sièges. Plusieurs sénateurs
libéraux ont choisi de ne pas être présents lors du
vote, ce qui a donné aux conservateurs la majorité. Les
libéraux à la Chambre des Communes continuent de dire
qu'ils sont contre le budget même s'ils ont voté en sa
faveur le printemps dernier afin d'éviter une élection.
L'article qui suit discute de certaines des questions que
soulève le budget Harper.
Le gouvernement Harper a déposé
son budget le 4 mars et celui-ci a reçu la sanction royale le 12
juillet. Le budget est l'oeuvre d'une classe et d'un gouvernement qui
sont déterminés à bloquer les luttes des
travailleurs et du peuple canadien pour défendre les droits de
tous en restreignant le droit de monopole
et en bâtissant une économie prosociale qui subvient
à ses besoins et évite les crises. Selon le gouvernement
Harper, l'économie canadienne n'existe et n'a d'avenir qu'en
étant partie prenante de la concurrence effrénée
que se mènent les riches et leurs monopoles pour être
concurrentiels sur les marchés mondiaux
bien que cela crée des crises et le chaos dans l'économie
et les vies des travailleurs et du peuple du Canada et du monde entier.
Lors du sommet du G20, Harper a d'ailleurs dit que le Canada n'a pas
d'économie puisque celle-ci n'est qu'un fragment de
l'économie mondialisée, ce qui veut dire en
réalité qu'elle est
captive du système impérialiste mondial d'États
dirigé par les États-Unis.
Le budget Harper expose à la fois une obsession
morbide à vouloir laisser l'économie aux caprices des
marchés mondiaux et une aversion de tout ce qui pourrait
être fait pour déployer les ressources de la nation au
service des besoins du peuple canadien et entretenir des relations
commerciales basées sur l'avantage
réciproque. Selon le gouvernement Harper, il est impossible et
ce serait suicidaire d'utiliser les ressources humaines et naturelles
et les moyens de production socialisés pour garantir le
bien-être des Canadiens et la santé de la Terre
Mère et pour déployer le facteur humain d'une
manière socialement consciente afin
d'éviter le chômage destructeur et de placer le pouvoir
décisionnel dans les mains du peuple. Le budget Harper montre
aux travailleurs canadiens et à leurs alliés qu'ils
doivent intensifier leurs efforts indépendants pour bâtir
une opposition ouvrière effective, qui est la seule façon
de changer les choses en faveur du
peuple.
On peut caractériser
les mesures non militaires du budget de la façon suivante :
1) Le gouvernement refuse complètement de venir
en aide aux travailleurs et à tous ceux qui sont touchés
par la crise économique mondiale.
2) Le budget place toutes les ressources de la nation
à la disposition des monopoles pour les aider à garantir
leurs profits et à être concurrentiels et à vaincre
sur les marchés mondiaux au détriment du peuple et de la
Terre Mère.
3) Le budget prépare un assaut d'une
intensité sans précédent contre les programmes
sociaux et les services publics au nom du retour à
l'équilibre budgétaire.
4) Le budget prépare une réorganisation
antisociale du système de revenus à la retraite.
Refus total de venir en aide aux travailleurs et
à tous ceux qui sont touchés par la crise

On se souviendra
du gouvernement Harper comme d'un gouvernement qui refuse de
façon obstinée et dogmatique d'apporter quelque aide que
ce soit aux travailleurs et à tous ceux qui sont pris dans les
filets
de la crise économique
sans y être pour rien. Les Canadiens ont perdu leurs entreprises
et leurs emplois par centaines de milliers et plusieurs font face
à l'insécurité économique et même
à la perspective de tomber dans la pauvreté abjecte et la
mort civile.
Le gouvernement Harper prétend que son budget
accorde 4 milliards $ en aide aux travailleurs en chômage et
pour la sauvegarde et la protection des emplois. Sur ces 4
milliards $, 1,6 $ est censé aller aux prestations des
chômeurs et cela comprend une extension d'un an du programme de
partage
de travail. Ces mesures étaient comprises dans le budget de 2009
et elles sont renouvelées pour l'année 2010-2011. Elles
comprennent cinq semaines additionnelles de prestations
d'assurance-emploi (AE) pour les travailleurs qui sont admissibles au
programme et la possibilité pour les travailleurs qu'on appelle
les
« travailleurs de longue date » de recevoir des
prestations additionnelles pour une durée de 5 à 20
semaines. « Les travailleurs de longue date »
sont ceux qui ont payé leurs primes à l'AE pendant un
grand nombre d'années mais n'ont jamais touché de
prestations ou en ont touchées très rarement.
Ce budget prolonge les deux mesures du budget 2009 pour une autre
année. (On comparera ces 4 $ milliards aux chômeurs
qui essentiellement demeurent dans l'économie puisque les
travailleurs s'en servent pour acheter des biens de première
nécessité, aux 9 milliards $ pour l'achat de 65
avions de chasse
fabriqués aux États-Unis, auxquels s'ajoutent 9
milliards $ pour leur entretien, qui constituent de l'argent
retiré de l'économie.)
Ce que le gouvernement ne dit pas, c'est que près
de 60 % des travailleurs en chômage au Canada ne sont
admissibles à aucune prestation. C'est en particulier le cas des
travailleurs à temps plein, temporaires, à contrat et
saisonniers. De plus, il y a maintenant des dizaines sinon des
centaines de milliers
de travailleurs dans des catégories d'emplois non standard qui
ont perdu leur emploi en 2008-2009 et ont épuisé leurs
prestations d'assurance-emploi et vont maintenant grossir les rangs de
l'aide sociale. Le gouvernement ne reconnaît même pas
qu'ils existent ou qu'ils sont victimes de la discrimination flagrante
de
ce système qui impose des critères
d'éligibilité arbitraires, notamment sur la question du
nombre d'heures qui doivent être travaillées avant de
devenir admissible à l'AE. Une telle discrimination dans un
contexte de récession mondiale cause des tragédies dans
la vie des travailleurs mais le gouvernement fait semblant
de ne rien voir et de ce fait même blâme les travailleurs
pour leur sort. Plutôt que d'adopter une loi d'urgence qui
garantit que personne ne souffre d'être sans emploi le
gouvernement Harper s'affaire à inventer des scénarios
à l'eau de rose en vertu desquels le Canada aurait vécu
une récession modérée comparativement
aux autres pays du G8/G20 et connaîtrait déjà la
reprise économique. Des millions de travailleurs sont
abandonnés à leur sort pendant la pire période de
leur vie. Cela fait des dizaines d'années que les travailleurs
demandent que les critères arbitraires de l'AE soient abolis, en
particulier les critères sur les heures travaillées,
afin que tous les travailleurs en chômage soient admissibles
à l'assurance-emploi. Malgré cela, les gouvernements
fédéraux, y compris le gouvernement Harper, ont toujours
opposé une fin de non-recevoir à ces demandes, en disant
être contre les « subsides » et ne pas
vouloir financer les travailleurs pendant
qu'ils sont en « vacances », parce que satisfaire
à ces demandes restreindrait le diktat du marché du
travail qui garde les travailleurs soumis et privés des droits
qui sont les leurs en cette époque moderne.
Le gouvernement a également annoncé que
les primes à l'AE vont recommencer à augmenter en 2010
après un gel temporaire. Les travailleurs devront payer plus
cher pour un système auquel 60 % d'entre eux ne sont
même pas admissibles.
Selon la conception du monde qui anime le gouvernement
fédéral, les travailleurs ne sont pas reconnus comme
étant les producteurs de la richesse sociale et les
dispensateurs des services. Dans la vision du monde centrée sur
le capital du gouvernement, les travailleurs ne sont pas les
producteurs du produit social
mais des consommateurs et un coût de production. Cette vision du
monde voit les réclamations légitimes des travailleurs
à la valeur ajoutée qu'ils créent par leur travail
comme un coût pour les riches et leurs monopoles. Le gouvernement
persiste à travestir la réalité en disant que
l'agrégat de valeur ajoutée que produit
chaque année la classe ouvrière en transformant les
ressources de la Terre Mère est créé par les
monopoles et non par les véritables producteurs. Selon cette
vision totalement périmée, tout montant d'argent qui est
remis aux travailleurs par le biais des programmes sociaux pour
soutenir leur niveau de vie est une perte
tandis que tout argent retiré de l'économie par le biais
des réclamations des riches et de leurs monopoles et des
programmes pour piller le trésor d'État pour payer les
riches contribue à l'économie et ajoute à la
richesse et aux emplois.
Le programme de « création
d'emplois » par le partage du travail, qui évite
supposément les mises à pieds, requiert que les
travailleurs acceptent de réduire leurs heures de travail en
échange d'une compensation temporaire d'une partie du salaire
perdu sous forme de prestations d'assurance-emploi.
Ce programme n'effleure même pas le problème que des
secteurs entiers de l'économie comme le secteur forestier et
manufacturier sont en train d'être décimés et qu'il
n'y a rien à partager.
La société fait face à un
problème majeur quand des travailleurs perdent leur moyen
de
subsistance
et sont poussés vers des conditions de plus en
plus précaires. Nier le rôle crucial de ceux qui
produisent les richesses et dispensent les services et leurs
réclamations au produit
social collectif du pays met en péril
l'économie toute entière. L'existence du chômage
général et sectoriel nous montre qu'il faut mettre en
place des mesures d'urgence pour défendre les travailleurs et
leur rôle vital dans l'économie. Une économie qui
n'est pas capable de fonctionner sans détruire la richesse et
nier le rôle crucial des producteurs a besoin
d'un renouveau économique en profondeur. Avec ce budget, le
gouvernement refuse de même discuter du besoin de renouveau
économique. Il se rabat plutôt sur les
préjugés centrés sur le capital et une vision non
scientifique des choses en déclarant notamment que
l'effondrement du secteur bancaire et du crédit qui
marche au profit pourrait bien signifier la fin du Canada, tandis que
le Canada pourrait se porter très bien merci si la production
industrielle s'effondrait.
Mettre toutes les ressources de la nation à la
disposition des monopoles
Le budget fédéral ne voit pas d'autre
porte de sortie à la crise que de mettre toutes le ressources de
la nation à la disposition des monopoles afin de garantir leurs
profits et de les rendre concurrentiels sur les marchés mondiaux.
Le budget
affirme que le Canada doit devenir un leader dans l'ouverture des
marchés au sein des pays du G8 et du G20. Selon le gouvernement
Harper, le Canada se doit d'être un joueur majeur dans
l'ouverture des marchés parce que « le Canada
dépend du commerce ». Avec cette affirmation, il
décourage toute discussion publique sur le genre de commerce que
le Canada devrait avoir et sur le rôle que le commerce
international devrait jouer dans une économie qui subvient
à ses propres besoins. Les Canadiens ont le droit de tenir des
discussions effectives sur le genre d'économie qu'ils veulent et
ils ont
le droit d'avoir le pouvoir décisionnel réel sur la
direction de l'économie. La récente crise
économique a ouvert les yeux de plusieurs sur la
nécessité du renouveau économique pour bâtir
une économie prosociale qui subvient à ses besoins et est
moins dépendante des exportations, une économie qui peut
surmonter
les influences destructrices
provenant
de
l'étranger, comme l'effondrement dramatique
de
la
demande américaine pour du produit social canadien, une
économie qui s'attaque sérieusement et scientifiquement
au problème du cycle d'affaires et du marché du travail
qui sont aujourd'hui périmés.
Le
budget
s'oppose à la
vision qui veut que le commerce soit basé sur
l'avantage réciproque et
ne serve pas à bloquer les luttes que mène le peuple pour
établir sa souveraineté dans toutes ses
affaires, dont les affaires économiques. La mesure la plus
promue à cet
égard dans le budget
est
l'élimination
des tarifs
sur l'importation de machinerie et d'équipement. Le gouvernement
Harper se vante d'avoir réduit progressivement les tarifs au fil
des années et il dit qu'ils seront éliminés
complètement en 2010-2011. Cette mesure selon lui est cruciale
pour la
prospérité à long terme du Canada et elle
améliore la position concurrentielle des entreprises
canadiennes. Pour les
travailleurs
canadiens
et leur économie, l'élimination
des tarifs sur la machinerie et l'équipement signifie que le
gouvernement dit adieu à une économie
qui produit ses propres moyens de production, qui est pourtant un
élément essentiel de la construction d'une
économie souveraine multisectorielle. Le gouvernement
soulève cette question de la soi-disant « position
concurrentielle des entreprises canadiennes » pour
cacher
cette
grande faiblesse de l'économie
canadienne qui souffre de l'absence d'un secteur diversifié de
fabrication de machines dans toutes les régions. À cause
de cette absence, une grande partie de l'équipement d'industrie
lourde qui est nécessaire à la production moderne,
équipement dont la construction produit le plus haut taux de
valeur ajoutée, doit
être acheté à l'étranger, ce qui draine
notre richesse collective et nous prive de travail et d'expertise dans
ce secteur crucial et dans la sécurité des
approvisionnements.
Une autre mesure prévue par le budget en lien
avec l'ouverture des marchés est « une
stratégie dynamique en matière de libre-échange
bilatéral qui prévoit actuellement des efforts en vue de
conclure un accord économique et commercial global avec l'Union
européenne, des discussions exploratoires avec
l'Inde et la mise en oeuvre des accords conclus récemment avec
la Colombie, le Panama et la Jordanie ». Avec les accords de
libre-échange, les gouvernements tournent le dos à leurs
responsabilités sociales. Ils remettent le pouvoir en
matière de commerce entre les mains des monopoles mondiaux qui
manipulent
le commerce à leur avantage étroit et au détriment
à la fois du Canada et d'autres pays pris au piège des
accords de libre-échange contrôlés par les
monopoles.
Aussi, l'élimination de la règlementation
limitant l'appropriation étrangère des filiales
canadiennes de monopoles étrangers est une décision que
plusieurs perçoivent comme une porte ouverte à la
braderie massive à des intérêts étrangers
des compagnies canadiennes du secteur des
télécommunications et d'autres
secteurs.
À travers toutes ces mesures, une perspective est
mise de l'avant selon laquelle l'avenir du Canada est inextricablement
lié à la domination étrangère de tous les
secteurs de l'économie canadienne. Et ce, au moment où
les exemples de U.S. Steel, Vale Inco, Xstrata et autres
démontrent que le droit de monopole
des propriétaires étrangers de piller nos ressources et
d'agir comme bon leur semble – y-inclus d'abandonner les gens lorsque
les monopoles décident de prendre la poudre d'escampette – doit
être restreint.
Le budget prévoit des subventions de dizaines de
milliards de dollars provenant du trésor public pour aider les
monopoles à préserver leurs profits dans le contexte de
la crise économique mondiale, à les rendre concurrentiels
et en faire des gagnants sur les marchés mondiaux. Aucune
discussion publique n'a été
tenue sur la question. Plusieurs ne manqueront pas de trouver ridicule
de payer un monopole pour qu'il soit compétitif alors que ses
concurrents peuvent très bien être actifs au Canada. Quand
la puissance et le succès d'un monopole éliminent un
compétiteur, comment cela contribue t-il à faire
progresser l'économie
canadienne et à la rendre moins susceptible aux
contrecoups ? De plus, lorsque les monopoles se renforcent , cela
accroît leur capacité, leur habileté et leur
disposition de déménager leurs opérations à
l'échelle mondiale ou de contrôler la production mondiale
en limitant les opérations de leur filiale canadienne,
sans parler de leur plus grande capacité de manipuler les prix
et de faire baisser les salaires, les avantages sociaux et les fonds de
pension au détriment de l'économie. Encourager les
monopoles à être compétitifs et à gagner et,
pour ce, les payer à partir des fonds publics, peut faire de
certains monopoles mondiaux
des gagnants, mais les Canadiens, leurs communautés et leur
économie sont à coup sûr les perdants.
Le gouvernement est bien connu pour son
à-plat-ventrisme béat devant les monopoles des secteurs
de l'énergie et des mines qui sont particulièrement
notoires et pointés du doigt pour leur destruction de
l'environnement naturel et social au Canada et à
l'étranger et pour le sale rôle qu'ils jouent à
alimenter la machine
de guerre des impérialistes américains et de leurs
alliés militaires. Le Canada fournit absolument tout aux empires
privés des secteurs de l'énergie et des mines ,
l'infrastructure, les ressources naturelles, une réserve de
travailleurs par le biais d'un marché du travail
complètement désuet, un nombre incalculable de
subventions, de stimulants et de baisses d'impôts aux
corporations. Ces éléments permettent aux monopoles de
récolter une richesse énorme du Canada à la fois
en tant que spoliateurs arrogants de la Terre Mère, sous le
prétexte frauduleux qu'ils encourent des risques pour le
développement, et en se camouflant de
plus en plus sous le boisseau de l'utilisation de
« l'énergie verte » et des
« technologies vertes ».
Parmi ces mesures se trouve la décision de
réduire davantage le taux général de l'impôt
fédéral sur le revenu des corporations, qui avait
été réduit à 18 % le premier janvier
2010, à 16.5 % le premier janvier 2011 et à
15 % le premier janvier 2012. Le gouvernement canadien se vante
qu'en
2012, le Canada aura le taux d'impôt sur le revenu statutaire aux
corporations le plus bas de tous les pays du G7. Cela prive le
trésor public de fonds qui devraient être alloués
aux programmes sociaux et aux services publics et devraient permettre
de mettre sur pied des entreprises publiques dans chaque secteur de
l'économie en tant que moteur d'une économie qui sert le
peuple.
Dans ce budget, le pillage du trésor public pour
financer des empires privés est fait sous le prétexte
frauduleux de relancer l'économie pour la sortir de la
récession et pour bâtir l'économie de l'avenir. On
ne souffle mot d'une stimulation populaire de l'économie qui
garantirait que les fonds publics vont uniquement
au renforcement des entreprises publiques et non dans les coffres des
riches pour renforcer leurs empires privés et leurs arnaques
pour payer les riches qui sont autant de mesures de corruption, de
privilège et de rétrogression. Aussi, aucune discussion
n'a lieu sur l'origine de l'argent servant à la stimulation
économique
ni sur le fait que les emprunts gouvernementaux sont un endroit
sûr pour le capital pendant une crise lorsqu'il n'y a plus
d'endroits pour investir. Par exemple, le budget ajoute un autre 10
milliard $ en subventions aux monopoles présumément
pour reconstruire l'infrastructure canadienne et aider les industries
en détresse, mais ces programmes servent à garantir les
profits des monopoles de la construction et les fournisseurs ainsi que
l'oligarchie financière dans le contexte de la crise
économique mondiale en garantissant des secteurs sans risques
pour l'investissement de leur capital.
Cette section particulière du budget
intitulée « relancer l'économie »
doit conclure à la fin du mois de mars 2011. Même avant la
conclusion du programme de relance, le gouvernement Harper entreprend
une campagne de propagande d' « austérité
visant à réduire la dette et à réduire les
déficits
afin d'en arriver à un budget
équilibré ». Ces dettes et ces déficits
ont été encourus principalement en dépensant sur
des stratégies pour payer les riches, en construisant une
infrastructure pour les monopoles et en détournant la
responsabilité pour les réclamations du peuple pour un
système de santé moderne,
une éducation et une retraite dans la dignité, des
entreprises vers le trésor public. L'austérité
signifie la réduction de la dette sur le dos du peuple en
limitant le financement des programmes sociaux et des services publics,
tout en augmentant la taxation individuelle telle que la TVH et les
frais gouvernementaux de
toutes sortes.
Dans ce budget, la raison invoquée pour justifier
le pillage du trésor public n'est plus ce qu'on appelait « des
mesures de stimulation » mais plutôt ce que Harper
appelle maintenant une mobilisation de toutes les ressources afin de
garantir que « ce pays va sortir de la récession dans
la position
la plus forte de tous les pays développés ».
La croissance dont parle le budget est la croissance du capital
privé et des empires privés sur les marchés
mondiaux et non la croissance planifiée de la production au sein
de nouvelles relations qui garantissent que toute croissance serve les
besoins du peuple et l'intérêt
général de la société.
Sous le thème général du
partenariat avec le secteur privé, le budget reconduit des
mesures adoptées précédemment qui utilisent
l'argent public pour payer les riches. Il y a entre autres une
série de mesures pour augmenter le financement de la recherche
pour les monopoles dans les institutions de recherche et
d'éducation. Ces programmes comprennent par exemple le
développement de la mission Constellation RADARSAT pour
coordonner les opérations des Forces armées canadiennes
dans leur rôle agressif en tant que mercenaires annexés
à l'impérialisme américain et accorder des
contrats lucratifs à l'industrie aérospatiale,
de même que d'autres projets tels le Programme d'innovation dans
les collèges et la communauté. Le budget déclare
que toute activité de recherche et d'éducation au pays
n'a de sens que si elle sert à des « applications
pratiques », ce qui veut dire mettre les ressources
intellectuelles et educationnelles,
humaines et matérielles, de la nation, ainsi que l'argent
public, à la disposition des monopoles.
Toujours selon le thème de piller le
trésor public afin de payer les riches, le budget met l'accent
sur ce qu'il appelle un examen et une accélération du
processus d'examen des règlementations pour des projets mis de
l'avant par les monopoles. Ici l'emphase est mise surtout sur des
projets dans les secteurs de l'énergie
et des mines, qui sont précisément les secteurs où
les travailleurs et les communautés du Canada et à
l'étranger livrent les luttes les plus amères pour
restreindre le droit de monopole. L'exemple des agissements
destructeurs et irresponsables de BP dans le golfe du Mexique est
à jamais imprégné dans notre conscience
mais le gouvernement canadien voit les choses d'un autre oeil et
propose un processus d'examen expéditif afin de permettre
à ces monopoles de faire selon leurs quatre volontés,
sans les restrictions sociales et naturelles exigées par le
peuple.
Le budget déclare : « Le Canada se
démarque en tant que superpuissance énergétique :
il se classe au troisième rang des producteurs de gaz et au
septième rang des producteurs de pétrole, en plus
d'être le plus grand fournisseur d'uranium au monde. Reconnu
mondialement comme un fournisseur d'énergie sûr et fiable,
le Canada jouit de possibilités inégalées
d'exportation de ses produits énergétiques dans le
marché intégré de l'énergie
d'Amérique du Nord et dans le monde entier. Ses réserves
considérables de pétrole, de gaz naturel et d'autres
sources énergétiques augmentent de plus en plus l'attrait
du Canada pour les investisseurs mondiaux. Ces nouveaux investissements
d'envergure nous permettront d'exploiter cet énorme potentiel
qui contribuera à l'accélération de la croissance
économique, à la création d'un nombre important
d'emplois de grande valeur et à la dynamisation des
collectivités, surtout dans les régions rurales et
éloignées.
«Le gouvernement peut contribuer pour beaucoup à la
promotion des investissements dans de grands projets
énergétiques en s'assurant que ses processus
d'approbation réglementaire sont rapides et prévisibles
et ne retardent pas indûment les décisions
d'investissement. Dans le présent budget, le gouvernement prend
des mesures pour accélérer les examens
réglementaires des grands projets énergétiques
tout en continuant de protéger l'environnement et en veillant
à ce que les Autochtones et d'autres parties
intéressées soient bien consultés. Ces changements
se traduiront par une hausse des investissements et des avantages
économiques pour les Canadiens.»
Les travailleurs noteront
que les ressources énergétiques du Canada sont, aux yeux
de ce gouvernement, des secteurs annexés de l'empire
américain (« un marché
énergétique nord-américain
intégré ») et non de précieux actifs
que nous devons traiter avec grande prudence par rapport aux
environnements
naturel et humain et une composante de l'édification nationale
et du renforcement d'une économie diversifiée et
auto-suffisante, où le secteur manufacturier joue un rôle
essentiel dans toutes les régions y compris les régions
riches en ressources. Les travailleurs noteront aussi que le fait que
ces ressources se trouvent
principalement sur des terres autochtones est soulevé comme une
question marginale et non de façon à soutenir les droits
héréditaires des peuples autochtones et des relations de
nation à nation entre le Canada et les nations autochtones.
Cette politique de marginalisation des peuples autochtones est
fondée sur la négation
de leurs droits héréditaires, sur l'accommodement
élitiste au moyen de la corruption et d'autres méthodes,
de la violence accrue incorporée dans les conditions sociales et
exercée contre ceux qui refusent de baisser les bras, et sur la
criminalisation de la résistance. C'est notre devoir à
tous de nous y opposer.
L'inquiétude du budget pour l'environnement est
frauduleuse. On peut le constater en partie au fait que le gouvernement
cherche à accélérer l'examen des
règlementations de projets énergétiques majeurs
comme si la lenteur était le problème et par une mesure
prévue dans le budget selon laquelle les examens
environnementaux de projets énergétiques ne
relèveront plus de l'Agence canadienne d'évaluation
environnementale . Cette tâche primordiale sera
déléguée à l'Office national de
l'énergie et à la Commission canadienne de
sûreté nucléaire.
À nouveau, dans le but d'éliminer toute
obstruction à l'impunité des monopoles pour leur
permettre de faire comme bon leur semble, le budget annonce la mise sur
pied d'une nouvelle Commission pour la réduction de la
bureaucratie comprenant des représentants parlementaires et du
secteur privé qui vont évaluer
la gèglementation fédérale et réduire ce
qu'on appelle le fardeau des règles auquel les entreprises
doivent se soumettre.
Préparatifs pour un assaut sans
précédent contre les programmes sociaux et les services
publics selon le raisonnement fallacieux du retour à
l'équilibre budgétaire.
Revenir à des budgets équilibrés
est un autre thème majeur du budget. Le premier ministre Harper
a carrément exprimé l'objectif de
son gouvernement dans sa réponse au discours du Trône du 3
mars : « Les Canadiens et les Canadiennes comprennent
globalement qu'il faut, après la récession, revenir
à des budgets équilibrés pour que le secteur
privé ait des crédits à sa disposition et pour
créer une croissance et des emplois durables
à long terme. » Ce n'est que du radotage
néolibéral. Comment des budgets équilibrés
libèrent-ils des fonds pour le secteur privé ? Un
budget équilibré est à la fois une relation
objective et subjective entre les revenus et les dépenses. Le
gouvernement exerce un grand contrôle sur les deux aspects. Un
budget équilibré pourrait tout aussi bien exiger que les
monopoles déboursent davantage de revenus d'impôt pour le
gouvernement afin d'augmenter le montant de fonds publics disponibles
pour les programmes sociaux, les services publics, l'infrastucture et
les investissements productifs dans l'entreprise publique.
Le budget prévoit une série de mesures
sous le titre de « Contenir les coûts administratifs
de l'appareil gouvernemental ». Les deux principaux points
en sont :
- en 2010-2011, les budgets des départements ne
seront pas augmentés pour financer l'augmentation salariale
annuelle de 1,5 % des employés du secteur public
fédéral. Les départements devront financer cette
augmentation à même leurs budgets de fonctionnement.
- en 2011-2012, et 2012-2013, les budgets de
fonctionnement des départements seront gelés aux niveaux
de 2010-2011.
Le budget déclare que le gouvernement s'attend
à ce que les autres organisations fédérales,
telles que les sociétés de la couronne, gèleront
aussi leurs coûts de fonctionnement. Le gouvernement doit
rencontrer les syndicats représentant les employés du
service public fédéral pour évaluer les mesures
à prendre pour
examiner leurs réclamations en salaires, en avantages sociaux et
en fonds de pension. D'un ton menaçant, le gouvernement
déclare qu'il désire une « meilleure
gestion » de ces demandes et qu'il veut s'assurer que
l'organisation du travail est « efficace ». Une
campagne de propagande organisée
par l'État contre les pensions à prestations
déterminées est déjà en cours.
De pair avec ces mesures il y a l'annonce d'un
soi-disant « examen stratégique des opérations
de l'État ». Sous ce vocable, tous les
départements doivent évaluer tous leurs programmes et
identifier 5 % de leurs priorités les moins importantes
ainsi que leurs priorités « les moins
performantes ». Cette évaluation sera menée
sous l'autorité du président du Conseil du trésor.
En partie, la mesure vise à trouver des moyens d'
« améliorer la livraison des services »,
tout en ne perdant pas de vue les deux principales mesures ci-haut
mentionnées.
Le subventions et contributions provenant du
gouvernement doivent aussi être examinées afin d'assurer
que le financement contribue à l'avancement des priorités
du gouvernement. Une partie de cet examen de la soi-disant
« gestion des actifs du gouvernement » est
commencée et se poursuivra, avec
trois options possibles : statu quo, amendements ou
désinvestissements. Des organisations de femmes ont
déjà fait état d'énormes coupures
fédérales au niveau de leurs subventions et de leurs
contributions.
Ensuite le budget propose d'éliminer 245 postes
pourvus par le gouverneur en conseil. Il s'agit de postes de
gestionnaires d'agences de l'État et de sociétés
de la couronne ( comme la Commission
canadienne du blé, la Commission canadienne des grains, Postes
Canada.)


Ces mesures prises ensemble laissent présager un
assaut sans précédent contre les programmes sociaux et
les services publics, et la privatisation et la vente à rabais
d'actifs publics comme Énergie atomique du Canada limitée
(EACL), qui n'est déjà plus que l'ombre
d'elle-même. Le gouvernement fédéral ne partage
pas l'opinion que les programmes sociaux et les services publics sont
une composante indispensable d'une société moderne avec
des entreprises publiques actives dans chaque secteur et agissant comme
le moteur d'une économie qui sert les besoins du peuple et qui
le protège, ainsi que l'économie, des chutes du cycle
d'affaires, lesquelles deviennent de plus en plus sérieuses et
prolongées. Le gouvernement Harper perçoit les programmes
sociaux et les services publics comme un coût pour la
société, qui doit être réduit ou
éliminé afin que davantage de richesse sociale collective
puisse être mise à la disposition des monopoles et
entre les mains des riches. Cette conception implique l'abandon des
programmes sociaux et des services publics à la merci des
profiteurs privés. Les néolibéraux
perçoivent chaque pore de l'économie et de la vie sociale
comme une « opportunité » de gain
privé aux dépens du bien public. Partout au pays,
les services publics comme l'éducation publique et la
santé subissent une grande pression à cause d'un manque
de financement et d'appui gouvernemental. Les profiteurs privés
exigent que de plus en plus de domaines au sein des services publics
soient rendus accessibles pour le pillage des propriétaires du
capital.
Les attaques contre les agences de l'État par
l'élimination du personnel et les limites imposées au
financement et aux dépenses à l'intérieur de
paramètres étouffants sont conformes aux priorités
gouvernementales. Elles révèlent qu'au nom de l'examen
des dépenses administratives, une structure étatique est
en
train d'être établie sous l'égide de laquelle on
procédera au démantèlement et à la
privatisation des services publics en tant que mesures
« strictement administratives » sans que le
peuple ou les élus n'y aient leur mot à dire et en
criminalisant l'opposition du peuple. La répression de membres
dirigeants
de la Commission canadienne du blé ces dernières
années nous montre clairement ce qu'on entend par l'objectif de
rendre ces organisations plus « efficaces »
conformément aux priorités du gouvernement, en invoquant
par exemple le besoin de permettre à ces organisations de
« choisir »
d'être contrôlées par les monopoles privés.
L'Alliance de la fonction publique du Canada (AFPC) et
le Syndicat des travailleurs et travailleuses des postes (STTP) ont
déjà fait valoir que l'élimination accrue
d'emplois et la privatisation accrue des agences
fédérales en ce moment se font au nom d'améliorer
« l'efficacité » et d'offrir un
« choix ». Le gouvernement a son modèle
pour des coupures similaires dans les services et institutions
provinciales telles que les attaques sur les commissions scolaires
provinciales locales et leurs commissaires élus.

Le budget annonce aussi un remaniement en règle
du système du revenu à la retraite sans dire un
traître mot des fonds de pension des travailleurs qui leur ont
été volés par les monopoles avec la
bénédiction de l'État et doivent leur être
rendus. Le budget de Harper ne dit mot sur ses responsabilités
sociales qui
consistent à défendre le bien-être du peuple et
dans ce contexte à garantir les fonds de pensions que les
travailleurs ont en ce moment et garantir des fonds de pension de
niveau canadien à tous de sorte qu'aucun aîné ne
vive dans l'insécurité à l'heure de sa retraite.
Le budget explique clairement que le remaniement
du régime des pensions a comme but de réformer le
système du revenu à la retraite de telle sorte que tous
les fonds de pension deviennent un fonds d'épargne et une source
de capital-argent pour les riches.Comme pour tout ce qui touche
à l'économie et à la vie sociale, les
propriétaires du capital veulent les pensions
et les régimes de retraite en tant que source de profit
privé. Ni eux, ni le gouvernement, ne conçoivent les
pensions en tant que programme social qui revient à tous les
Canadiens en tant que droit moderne et qui doit être
financé à partir des revenus annuels de l'économie
socialisée. Les travailleurs actifs produisent
toute la richesse de la société et une portion de ce
produit social doit être alloué aux Canadiens plus
âgés pour leur retraite selon un pourcentage de leurs
revenus moyens précédents conformément à un
standard canadien minimal garanti pour tous.
Le budget fédéral est une claque en plein
visage à la classe ouvrière et à ses alliés
qui confrontent la crise avec beaucoup de courage en défendant
les droits de tous et en luttant pour sortir de la crise en renouvelant
l'économie. Une fois de plus, le budget démontre aux
travailleurs qu'ils ne doivent pas s'attendre
à un remède des dieux de la peste et que c'est à
eux à bâtir une société humaine et
avancée qui travaille au bien-être de tous.

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