Le Marxiste-Léniniste

Numéro 127 - 19 juillet 2010

Sommets du G20

Des manifestations exigent «Une enquête publique immédiatement! Non à la violation des droits!»

Montréal, le 17 juillet 2010

Sommets du G20
Des manifestations exigent «Une enquête publique immédiatement! Non à la violation des droits!»
Appel à une campagne de financement - Le Réseau de mobilisation de la communauté de Toronto

20e anniversaire de la «crise d'Oka»
Les Premières Nations et leurs alliés exigent le respect du rapport de nation à nation

Accord de libre-échange Canada-Colombie
Non au commerce néolibéral et à l'impunité

22 juin: Journée internationale d'action contre les mines à ciel ouvert
Déclaration du Réseau de coordination anti-minier ABYA-YALA

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Sommets du G20

Des manifestations exigent «Une enquête publique immédiatement! Non à la violation des droits!»

Voici des rapports et photos de la Journée d'action du 17 juillet à la défense des libertés civiles et pour exiger une enquête publique sur les agissements des forces policières lors du Sommet du G20 à Toronto. Il y a aussi eu des manifestations à St. John's, Kingston, Bancroft, Peterborough, St. Catherines, London, Winnipeg, Calgary, Nelson et Vancouver.

Montréal et Québec

Le 17 juillet, des centaines de manifestants ont manifesté à nouveau à Montréal et à Québec pour réitérer leur demande d'une enquête publique sur la répression lors du G20 à Toronto.

À Montréal, plus de 300 manifestants se sont donné rendez-vous au Carré Philipps et ont marché dans les rues du centre-ville pour faire valoir leurs revendications. Le tout s'est terminé devant le Centre opérationnel de la police sur la rue Guy. Comme l'a souligné avant le départ de la manifestation une représentante du Collectif opposé à la brutalité policière (COBP), ce qui s'est passé à Toronto est tout à fait inacceptable, mais il ne s'agit pas d'un accident isolé. « À Montréal, le SPVM [Service de police de la Ville de Montréal] qui est allé prêter main forte à la police de Toronto s'est livré entre autres à des arrestations de masse lors des deux dernières journée contre la brutalité policière et pratique quotidiennement le profilage racial et social contre les plus vulnérables.» « Quelle société malade que celle qui accorde plus d'importance à quelques vitrines fracassées plutôt qu'à des millions de vies brisées par la mondialisation», a souligné un jeune activiste.


À Québec, plus d'une centaine de personnes se sont rencontrées sur le parvis de l'Église Saint-Jean-Baptiste. Sur la grande bannière de tête on pouvait lire: «Ils ne pourront jamais enfermer nos idées, elles font tomber les murs.» Les manifestants ont réclamé trois choses: la tenue d'une enquête publique et indépendante pour faire toute la lumière sur le travail policier et les conditions de détention lors du G-20; la libération immédiate des manifestants toujours détenus; la destruction des fichiers et des informations amassés sur les manifestants et l'abandon de toutes les charges retenues contre eux.

Ottawa

Entre 200 et 300 personnes ont participé au rassemblement et à la manifestation à Ottawa. Les manifestants se sont rassemblés au monument des Droits de la personne, où un grand nombre de personnes, surtout des jeunes, ont témoigné de leur expérience aux manifestations de Toronto. Tous les orateurs ont dénoncé les agissements de la police et ont exigé que les responsables soient tenus redevables. Les manifestants ont ensuite marché dans une ambiance animée jusqu'à la colline parlementaire.





Toronto

À Toronto, plus de 400 personnes, dont un grand nombre de jeunes ayant participé aux journées d'action contre les sommets des G8/G20, ont participé au rassemblement organisé par les Canadiens prônant la participation politique (CAPP) à Queen's Park.

Des représentants du CAPP ont dit leur organisation exige une enquête fédérale sur la violence policière utilisée contre les manifestants. La violence policière, ont-ils dit, est en violation directe des droits civiques, nommément la liberté d'assemblée et la liberté d'expression. Ils ont fait valoir que ces droits sont protégés par la Charte canadienne des droits et des libertés et que par conséquent leur violation était anticonstitutionnelle. Ils ont demandé une enquête qui exposerait les agissements de la police et qui déterminerait qui a donné l'ordre de violer les droits civiques. « Jamais plus ! », ont crié les manifestants à plusieurs reprises.


Une porte-parole pour le Réseau de mobilisation de la communauté de Toronto, un des principaux organisateurs des manifestations contre les sommets des G8/G20, a encouragé toutes personnes ayant des preuves de la brutalité policière contre les manifestants de venir de l'avant avec leurs photos et vidéos pour qu'elles puissent être présentées publiquement. Elle a aussi demandé que toutes les fausses accusations qui pèsent contre des manifestants soient abandonnées et que les personnes toujours incarcérées sans cautionnement soit libérées.

Le rassemblement a amassé des fonds pour la défense légale des personnes arrêtées. Entre les discours, des artistes locaux ont interprété des chansons ayant comme thème la défense des droits civiques.

Tout en écoutant les discours et la musique, le gens discutaient entre eux de comment mettre un terme à la suppression de la contestation politique, laquelle suppression est devenue la signature du gouvernement canadien.

Hamilton

Un rassemblement a été organisé dans le centre-ville de Hamilton avec musique, orateurs et témoignages sur ce qui s'était passé. Alex Johnstone, un des organisateurs, a ouvert le rassemblement en souhaitant la bienvenue à tous et en expliquant que des gens partout au pays se rassemblaient aujourd'hui pour exiger une enquête publique sur les agissements de la police au sommet du G20. D'autres orateurs ont pris la parole, dont le député néo-démocrate pour la circonscription de Hamilton East-Stoney Creek, ainsi que David Christopherson, député néo-démocrate pour Hamilton Centre, qui ont tous les deux dénoncé la répression policière.

Rolf Gerstenberger, président du local 1005 du syndicat des Métallos, a expliqué qu'un autobus rempli de travailleurs du local 1005 s'était rendu à Toronto pour s'opposer aux politiques du G20. Il a félicité les jeunes qui ont défendu leur droit de conscience malgré l'intimidation policière et a lancé l'appel à tous les travailleurs à se placer résolument du côté des jeunes et à exiger des comptes des forces policières et des gouvernements à tous les niveaux. Devant la répression grandissante, a-t-il dit, il faut continuer d'organiser et de riposter.

Marc Laferrière, de l'organisation Un Canada sans pauvreté, a dénoncé les dépenses de 2 milliard $ pour l'organisation d'un sommet alors que tant de Canadiens vivent dans la pauvreté. Il a aussi dénoncé l'annonce récente de dépenses militaires de plus de 11 milliard $ sur des navires de guerre et des avions de combat. Il a dit que ces dépenses en disent long sur les priorités du gouvernement canadien et qu'elles ne doivent pas être tolérées.

Lisa Nussey, de la part de la Coalition de Hamilton contre le G20, a expliqué que la coalition est formée de citoyens de Hamilton qui sont inquiets des politiques du G20. Elle a demandé une discussion publique pour fixer le mandat ainsi que les conditions de cette enquête.

Jamila Ghaddar, secrétaire de la jeunesse du Parti marxiste-léniniste du Canada et une autre organisatrice de la coalition, a soulevé la question de la sécurité en demandant : « la sécurité pour qui ? ». Elle a noté que les 1,2 milliard $ et les 25 000 policiers et membres du personnel de sécurité ne nous donnaient pas plus de sécurité dans les rues. Le but de ces ressources était de permettre que les riches puissent s'asseoir derrière une clôture et boire du café tout en regardant la Coupe du monde pendant que la police commettait des crimes contre les gens dans la rue, a-t-elle ajouté. Elle a dénoncé cette notion de sécurité qui sert de prétexte pour violer les droits humains et a affirmé que la vraie sécurité ne peut exister que lorsque les droits de tous sont garantis.

Un enseignant de la Fédération des enseignants et enseignantes des écoles secondaires de l'Ontario a aussi expliqué qu'en tant qu'enseignants en droit et responsabilité civique, il ne sera pas aisé pour lui et de ses collègues de retourner à l'école à l'automne et de parler de démocratie au Canada. Ce sera difficile, a-t-il dit, parce que ce n'est pas possible de parler de liberté d'expression au Canada lorsque les élèves auront vu les manifestations de Toronto et que certains y auront même participé.

Le rassemblement s'est terminé sur une note culturelle avec un poème au sujet du G20 par le poète attitré du local 1005, Bill Mahoney, suscitant l'enthousiasme général. La musique et les témoignages de la fin ont stimulé l'ardeur chez les participants et exprimé la ferme conviction de poursuivre le travail.

Courtenay

Un rassemblement a eu lieu devant la cour municipale de Courtenay, en Colombie-Britannique. Les participants, qui ont dénoncé le gouvernement Harper et affirmé le droit de s'exprimer contre les politiques du G20, ont écouté des interventions de représentants du Conseil des Canadiens, du Comox Valley Peace Group et du PCC(M-L). Les orateurs ont expliqué ce qui s'est passé à Toronto : l'attaque en règle contre le droit des citoyens de s'opposer aux politiques antisociales du G20, l'élargissement des pouvoirs policiers et le rôle des médias dans la déformation des faits après les manifestations.

La fille d'un postier de Courtenay, qui était à Toronto lors de manifestations du 27 juin, a été soumise à des fouilles illégales et accusée de port d'une arme dangereuse, soit un parapluie pliable. Il a raconté comment sa fille a été arrêtée et décrit les conditions de détention. Une de ses amies a été arrêtée, relâchée puis arrêtée à nouveau parce qu'elle connaissait un des organisateurs qui venait de Montréal. Il a dit que sa famille a toujours combattu pour le principe que nous avons non seulement le droit mais le devoir de prendre position contre les injustices et que c'est pour cette raison que sa fille était allée à Toronto. Il a condamné la violence et l'intimidation des autorités et en particulier le profilage des jeunes venant du Québec.

Les interventions ont été suivies d'un échange animé sur la liberté de parole, le droit de conscience et le droit de s'organiser pour combattre pour la société que nous voulons, pas la société imposée par les pays du G20. La demande d'une enquête publique a reçu un appui unanime et les participants à la manifestation ont dressé des plans pour mobiliser la communauté.

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Appel à une campagne de financement

Le Réseau de mobilisation de la communauté de Toronto lance l'appel à nos amis, à nos camarades et à tout le monde à oragniser des activités de financement pour soutenir la défense juridique des 17 organisateurs communautaires qui font face à des accusations sérieuses à la suite des manifestations contre le G20 des centaines de personnes qui font face à des accusations moindres.

Nous devons appuyer toutes les personnes arrêtées lors du sommet du G20, continuer de mobiliser et bâtir une plus grande solidarité parmi nos communautés.

Les frais juridiques pour les 17 devraient atteindre les centaines de milliers de dollars. C'est beaucoup d'argent que nous devons recueillir, mais chaque petit peu compte. Tout événement est un contibution, que ce soit une petite fête dans un domicile ou un grand concert. S'assurer que tous nos camarades ont accès à une bonne défense en cours coûte de l'argent. Voilà pourquoi nous avons besoin de votre appui.

Les activités de financement peuvent comprendre : projections de film ; concerts ; fêtes dans des domiciles ; débats ; tirages au sort ; ventes de garage ; tout ce qui vous vient à l'esprit – soyez créatifs !

Dès que votre événement est planifié, envoyez les détails à events.g20solidarity@gmail.com et nous pouvons le faire connaître sur notre site Web. Visitez www.g20.torontomobilize.org et jetez un coup d'oeil à nos activités de financement et autres ressources que vous pouvez utiliser dans l'organisation de votre événement.

Les fonds récoltés seront donnés directement au Fonds de défense du G20. De là, les fonds seront distribués à ceux qui en ont le plus besoin, en priorisant ceux encore détenus sous des accusations sérieuses.

Les dons personnels sont aussi appréciés.

Veuillez transférer les fonds à :

OPIRG York
numéro de transit 00646
numéro d'institution 842
numéro de compte 3542240

Utilisez votre compte de banque en ligne ou contactez directement votre banque pour transférer des fonds. Veuillez écrire « défense juridique G20 » dans le mémo.

Envoyez un chèque à :

Toronto Community Mobilization Network
360A Bloor Street W
PO Box 68557
Toronto, ON
M5S 1X0

Pour donner via PayPal, visitez g20.torontomobilize.org

Merci pour votre aide. Ensemble nous créerons un monde juste qui place les êtres humains et l'environnement avant les profits des grandes sociétés et de l'élite politique.

En solidarité,

Le Réseau de mobilisation de la communauté de Toronto

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20e anniversaire de la «crise d'Oka»

Les Premières Nations et leurs alliés exigent
le respect du rapport de nation à nation

Le 11 juillet, près de 200 personnes ont répondu à l'appel du Regroupement de solidarité avec les autochtones et participé à diverses activités reliées au 20e anniversaire de la « crise d'Oka ». Les activités qui ont eu lieu à Oka et à Kanesatake avaient pour but de réitérer la détermination de la nation mohawk à obtenir la pleine reconnaissance de ses droits ancestraux et ce dès maintenant.

La première activité a été une marche à travers la ville d'Oka pour se rendre sur le site historique de la Pinède, symbole de la résistance mohawk. Ouvrant la marche, les Mohawks portaient leur bannière sur laquelle on lisait : « Notre terre, notre culture, notre avenir ! » Derrière eux la jeune génération avec ses pancartes : « Oka est un territoire mohawk ! », « 20 ans plus tard et rien n'a changé ! » « En fief simple = génocide ! », « Pas de mines sur la terre des Mohawks ! »

Puis les résidents d'Oka et Kanesatake et leurs nombreux alliés étaient fiers de participer à cette marche saluée tout au long de son parcours. Au centre de la ville d'Oka, quelques activistes sont intervenus. Ce qui est ressorti clairement, c'est l'absence de honte des gouvernements fédéral et québécois qui refusent de reconnaître la déclaration de l'ONU sur les droits des peuples autochtones. On a réitéré la détermination à obtenir justice sur cette question ainsi que sur la pleine reconnaissance des droits des Premières Nations. Un jeune autochtone qui était sur les barricades en 1990 a dit, aux acclamations de la foule : « Nous sommes fiers de ce que nous avons fait et cela n'a pas été inutile. Nous sommes toujours prêts à nous battre pour défendre notre terre. » Tous ont fait ressortir que le respect des droits autochtones doit se faire maintenant et non dans vingt ans.

L'arrivée à la Pinède, le lieu de la résistance héroïque des Mohawks et de leurs supporters à l'attaque de la police et de l'armée canadienne, a été saluée par les cris et les chants. Avant que le délicieux dîner offert par la communauté ne soit servi, les conversations ont occupé toute la place. Elles traduisaient le désir d'en connaître davantage des Premières Nations. Le récent numéro du Marxiste-Léniniste qui reproduit la Déclaration de 1992 des Mères de clan et du Conseil des chefs au sujet de la « Crise Mohawk », a été très apprécié des participants.





(LML quotidien, Media Co-op)

Les participants ont été invités à écouter l'intervention émouvante du grand chef Sohenrise Paul Nicholas. Il a dit : « Les événements de l'été 1990 ont été traumatisants pour la société québécoise. Nous pouvons facilement le constater à la lumière des reportages et des commentaires qui se font ces jours-ci. Mais peu de personnes connaissent l'ampleur du traumatisme vécu par la nation mohawk. Pour le Québec et ses médias, l'été 1990 est un événement historique : c'était la "crise d'Oka" ou "l'été indien". Pour nous, Mohawks, il s'agit du quotidien. En fait, les enjeux décisifs aux fondements de la crise de 1990 sont toujours bien présents et demeurent un obstacle persistant à notre développement. »

Il a ajouté : « Nous ne voulons pas d'une deuxième crise d'Oka, nous voulons que cette question soit réglée comme il se doit, c'est-à-dire par la négociation d'une entente formelle. J'ose croire que les autorités gouvernementales ont appris de la crise de 1990 et que, vingt ans plus tard, nous puissions régler nos différends une fois pour toute, pour que de tels événements ne se reproduisent plus. »

« Fiers de nos racines et confiants dans l'avenir, nous lançons aujourd'hui un message clair à nos voisins Québécois : c'est dans une relation respectueuse de nation à nation, sur la base des traités de « paix et d'amitiés » qui ont jadis été conclus entre nos ancêtres respectifs, que nous voulons nous développer et devenir des partenaires du développement du Québec. »

Finalement, on a procédé au lancement de deux livres : À l'orée du bois, une anthologie du peuple mohawk, traduite par Francine Lemay, la soeur du caporal Marcel Lemay qui est mort durant la crise, et This is an honour song : twenty years since the blockade produit par les Cris ashinabe du Manitoba. Le lancement a donné lieu à de nombreux échanges qui ont permis aux participants d'en connaître davantage sur la lutte des Premières Nations.

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Accord de libre-échange Canada-Colombie

Non au commerce néolibéral et à l'impunité

Le 30 juin, le projet de loi C-2, Loi de mise en oeuvre de l'Accord de libre-échange entre le Canada et la République de Colombie, de l'Accord sur l'environnement entre le Canada et la République de Colombie, et de l'Accord de coopération dans le domaine du travail entre le Canada et la République de Colombie, a été adopté par le Sénat et a reçu la sanction royale. Depuis que les plans pour un tel accord ont été exposés voilà quelques années, beaucoup de personnes au Canada ont exprimé leurs inquiétudes devant l'appui du Canada à un gouvernement connu pour son implication dans des violations de droits humains, incluant l'appui aux organisations paramilitaires, partie de la suppression des forces progressistes dans ce pays. Les demandes du Conseil des Canadiens et du Conseil canadien pour la coopération internationale à l'effet que le Sénat entende les témoins rayés de l'horaire des audiences du Comité du commerce international ont été refusées par le Sénat. Le Conseil des Canadiens souligne qu'« ils ont été d'accord pour entendre le libéral Scott Brison, même s'il n'apparaissait pas dans l'horaire des audiences [...], et ils ont adopté le projet de loi C-2 en moins d'une heure durant une rencontre du comité sénatorial des affaires étrangères le mois dernier ». Le projet de loi, rejeté deux fois, a été récemment soumis de nouveau avec l'aide des libéraux, et le libéral Brison a proposé un amendement « demandant aux deux pays de publier un rapport annuel sur les droits humains » pour venir en aide au gouvernement Harper.

Le Marxiste-Léniniste dénonce l'adoption du projet de loi C-2 autorisant l'Accord de libre-échange Canada-Colombie sous le faux prétexte qu'un tel accord favorisera le respect des droits humains. Ces types d'accord de libre-échange ont pour but de consolider la préséance du droit de monopole sur le droit public, ce qui ne peut mener qu'à davantage d'impunité et de violence. De plus, il est bien connu que les gouvernements colombiens ont utilisé le prétexte de la lutte contre le trafic de la drogue pour permettre aux États-Unis de militariser le pays, tout d'abord avec le Plan Colombie et maintenant avec les sept bases militaires qui ont été mises sous leur contrôle. Un tel accord de libre-échange va renforcer les régimes pro-américains qui sont une menace non seulement pour les Colombiens, mais pour la souveraineté de toute l'Amérique latine.

Non à l'accord de libre-échange : rompons les relations commerciales avec la Colombie !

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22 juin: Journée internationale d'action contre les mines à ciel ouvert

Déclaration du Réseau de coordination anti-minier ABYA-YALA


Manifestation à Montréal

Jeudi le 22 juillet à 11 h30
Carré Phillips (Métro McGill/Square Victoria)

Organisé par : Frento Amplio Visitor de Montréal
et le Comité pour les droits humains en Amérique latine

Manifestons en face des institutions qui appuient l'industrie minière
canadienne et ses violations des droits humains, des droits des autochtones
et des droits de la Terre Mère. La marche se rendra aux consulats du Pérou,
du Chili, de la Colombie, du Mexique, du Salvador, de l'Équateur, du Venezuela,
de l'Argentine et du Guatemala et se terminera en face
des bureaux de Montréal de la Bourse de Toronto.

Rencontre publique et visionnement de film
19 h à 21 h
Au Bar populaire, 6584, boul. Saint-Laurent

Il y aura une discussion avec Clifton Arihwakehte de la communauté Mohawk de Kanehsatake, qui parlera de la résistance de la communauté au projet minier Niocan. On y fera aussi la projection d'extraits du documentaire « Transmitiendo la resistencia » (en espagnol, sous-titré en anglais), racontant l'actuelle lutte du peuple d'Andagalá en Argentine contre l'implantation d'une mine à ciel ouvert de la compagnie minière canadienne Yamana Gold. Cette projection sera suivie d'une discussion avec le réalisateur.

Le réseau de coordination anti-minier ABYA-YALA lance l'appel aux personnes, groupes et mouvements d'appuyer la journée internationale d'action contre les mines à ciel ouvert le 22 juillet 2010. Plusieurs villes du continent organiseront des actions incluant des rassemblements, des manifestations, des campagnes de lettres, etc., en face du siège social des sociétés minières et des ambassades canadiennes pour protester contre la plus brutale des formes d'exploitation minérale.

Les mines à ciel ouvert ont des impacts irréversibles sur l'environnement, incluant la déforestation, la perte de biodiversité, l'érosion du sol, la formation de cavités et la contamination à long terme du sol, de l'air, de l'eau souterraine et de l'eau de surface par les produits chimiques utilisés dans le processus d'extraction minière. La contamination résultant des fuites de produits chimiques a aussi des effets négatifs mortels sur la santé des populations locales.

ABYA-YALA [« Terre en pleine maturité » dans la langue des peuples Kuna du Panama et de Colombie], notre continent, est riche en minéraux et en combustibles fossiles. Depuis plus de cinq cents ans, les puissances coloniales et leur États-nations subséquents se sont basées sur l'exploitation à l'échelle industrielle de ces ressources non renouvelables pour satisfaire leur course au développement industriel et technologique. Aujourd'hui, l'exploitation des ressources est menée par des sociétés multinationales manoeuvrant sous un système économique international qui leur permet l'accès aux régions de notre continent traditionnellement habitées par les peuples autochtones et des petits fermiers qui, pendant des siècles, ont maintenu une co-existence harmonieuse avec leur environnement naturel. Ces communautés sont souvent déplacées, leurs terres sont marchandées, leurs droits humains violés, leur environnement contaminé, et leur capacité de s'y opposer est brutalement réprimée.

Les gouvernements nationaux cautionnent souvent les intérêts des investisseurs étrangers au mépris des droits de leurs propres citoyens, alors que les forces de sécurité violent les droits humains et utilisent la violence contre ceux qui défendent leurs terres, leur moyen de subsistance et l'environnement contre l'exploitation des compagnies étrangères. Les pays riches se font souvent complices de cette exploitation en ignorants les violations des droits humains alors qu'ils encouragent et financent les opérations d'extraction des corporations.

La société canadienne et le gouvernement canadien sont directement responsables des conséquences inhumaines des extractions sur la planète. Le Canada est le siège de plus de 60 % des sociétés minières enregistrées légalement dans le monde. Ces corporations constituent plus de 3 200 projets d'exploitation dans plus de 100 pays. Le Canada est le plus grand investisseur dans l'industrie de l'exploitation des ressources dans ABYA-YALA, avec 37 % de l'investissement total.

La journée mondiale d'action contre les mines à ciel ouvert est une journée pour rappeler aux sociétés minières internationales et à leurs gouvernements complices que la société civile ne tolérera plus la destruction de notre planète. Nous travaillerons en solidarité avec les communautés touchées ; nous résisterons, organiserons et combattrons l'impunité.

Le réseau de coordination anti-minier ABYA-YALA est un groupe d'organisations locales basées au Canada, travaillant ensemble à coordonner et à être solidaires avec les luttes contre les mines sur le continent.

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