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Étaient présents à la Table ronde, outre l'animateur de cette émission de télévision, l'historien Rolando Rodriguez ; Osvaldo Martinez, directeur du Centre de recherches sur l'économie mondiale, et le Dr Carlos Gutiérrez, directeur du Centre national de recherches scientifiques (CNIC). Ayant passé en revue des données sur l'énorme arsenal militaire dont disposent les principales puissances mondiales, avec à leur tête les États-Unis, Fidel a assuré que « le nombre d'ogives stratégiques est démentiel ». Les données de l'Institut de recherches pour la paix de Stockholm (SIPRI), a dit Fidel, ne laissent aucun doute sur le danger qui pèse sur l'humanité. En 2009, les dépenses militaires des États-Unis se sont montées à 1 531 milliards de dollars, soit une augmentation de 49 % par rapport à l'an 2000. Il n'est pas difficile d'imaginer ce qui arrivera si une partie seulement de cet arsenal est utilisée et, a ajouté le leader de la Révolution, « il y a au Congrès des États-Unis des positions encore plus agressives que celle du président ». Les dépenses militaires des États-Unis n'ont jamais cessé d'augmenter. Le budget de la Défense de ce pays est passé de 316 milliards en 2001 à 565 milliards en 2010 ; il a été multiplié par 2,6. « Les États-Unis dépensent à eux seuls plus que tous les autres pays du monde ensemble », a informé Fidel. « Ils disposent de 2 002 ogives stratégiques, et de 500 non stratégiques. Ils en ont déployé 2 702. La Russie a 2 787 ogives stratégiques, et 2 047 non stratégiques. À eux deux, ils en ont près de 7 000 stratégiques. Ce chiffre est démentiel. » Je suis d'accord : il y a bel et bien risque de guerreÀ un commentaire de Randy Alonso sur l'éventualité d'une guerre au Moyen-Orient, Fidel a assuré : « Je suis d'accord : il y a bel et bien un risque imminent de guerre. » Il ajoute: « J'ai commencé à écrire sur cette question après l'accusation proférée contre la Corée du Nord, à laquelle a été imputée la destruction du bateau sud-coréen, un bâtiment très sophistiqué, un des plus modernes de l'industrie étasunienne, fabriqué avec des métaux spéciaux, des articles qu'ils ne vendent pas à la Corée du Nord. » Il a ironisé sur le fait que la Corée du Nord est accusée d'avoir utilisé une vieille torpille des années 50 : « Imagine un peu... une vieille torpille contre un navire sophistiqué ! » Fidel a relevé l'explication logique donnée par un analyste étasunien : « La Corée du Sud exécutait une manoeuvre avec son allié, les États-Unis. Ce qu'il y a de très dur dans les faits, ce qui est très difficile à admettre par les États-Unis, c'est que ce sont eux qui ont coulé le navire sophistiqué de la Corée du Sud, une opération qui a coûté la vie à 46 hommes... Pour faire exploser un navire de cette envergure, il faudrait une mine, et c'est eux qui l'ont posée. » Fidel s'est dit convaincu que si la crise coréenne avait alors échappé à tout contrôle, la situation aurait été dramatique. Il a rappelé les mots utilisés par les Coréens : « Il y aura une mer de feu, de flammes ». Il a reconnu qu'il avait pensé dans un premier temps que « le problème allait naître par là, parce que la Résolution (du Conseil de sécurité sur l'Iran) n'était pas encore passée. » Une fois la Résolution approuvée, « il devient évident que le conflit éclatera d'abord en Iran, et ensuite en Corée. Ceux qui doivent suivre de très près ce qui se passe en Iran sont les Coréens du Nord ». La crise la plus sérieuse d'ObamaFidel a commenté les récentes déclarations du politologue étasunien Noam Chomsky, pour qui la position des États-Unis face à l'Iran « constitue la plus sérieuse crise de politique extérieure affrontée par l'administration Obama ». « L'Iran est aujourd'hui la principale pomme de la discorde », a assuré Fidel, « parce que ce pays ne se laisser pas inspecter ». Il y a 31 ans, quand une guerre chimique a été lancée contre la révolution de l'Ayatollah Khomeiny qui avait renversé, sans armes, le shah d'Iran, ils n'avaient pas d'armée, mais ils avaient leurs Gardiens de la Révolution. » Fidel a ajouté : « Ahmanidejad n'est pas un improvisateur –on peut être ou non d'accord avec lui– mais ce n'est pas un improvisateur. Partir de l'idée que l'Iran va venir en courant demander pardon aux États-Unis est une absurdité. » Les Iraniens, a-t-il expliqué, « se préparent depuis 30 ans ; ils ont acquis un développement industriel, ils ont des avions, des radars, des armes antiaériennes... Les Russes se sont engagés à leur fournir le (missile) S-300, mais ils procèdent lentement et ne le leur ont pas encore remis. Ils ont acheté tous les avions qu'ils ont pu acheter. Ils ont des armes russes. Des centaines de rampes de lancement de fusées. L'Armée a aussi ses forces aériennes, marines et terrestres. La Marine a aussi ses armes de combat sur terre, en mer et dans l'espace aérien. Des soldats ? Les Gardiens de la révolution sont plus d'un million. Ils entraînent toutes les personnes dont l'âge est compris entre 12 et 60 ans. Les musulmans chiites sont au nombre de 20 millions. Qui donc va sympathiser avec cet ennemi qui veut tout détruire et, en plus, le proclame haut et fort ? ». Fidel assure que les puissances nucléaires possèdent à elles toutes quelque 20 000 armes nucléaires, ce qui rend risible le prétexte brandi contre l'Iran. « Le problème créé est risible, de même que toutes les résolutions (du Conseil de sécurité de l'ONU). S'il existe un risque que l'Iran fabrique deux engins nucléaires, ce sera dans deux ou trois ans. Où est la logique de tout cela ? Tout le grand problème tient à cela. » De l'avis du commandant en chef, la véritable cause réside dans « le contrôle, l'influence qu'exerce l'État d'Israël sur les États-Unis. Un pays qui, en l'espace de quelques années, est devenu une puissance nucléaire ». Fidel a affirmé que Cuba a une solide expérience en matière nucléaire : « Nous avons été exposés au risque d'une attaque nucléaire. Sous le gouvernement de Reagan, il y a eu un essai nucléaire en mer. Sur un bateau. Nous avons découvert le pot aux roses, parce que nous avions des troupes en partance pour la Namibie. » Par l'intermédiaire d'Israël, « les États-Unis ont fourni à l'Afrique du Sud quelque 14 engins nucléaires, plus puissants que ceux qui ont détruit Hiroshima et Nagasaki. Cela n'a rien de nouveau. Nous avions en Angola quelque 60 000 hommes qui avançaient. Et nous venions de vivre le risque d'une expérience nucléaire ». Il a rappelé l'époque où les Soviétiques avaient installé leurs projectiles nucléaires à Cuba, « ce qui n'avait rien pour nous plaire, parce que quand nous avons fait cette Révolution, nous n'étions liés à l'URSS par aucune alliance ». Cette alliance « nous a été très utile, parce que quand (les États-Unis) nous ont retiré leur pétrole, (l'URSS) nous a approvisionnés. C'est en connaissance de cause que nous en parlons, parce que nous en avons fait l'expérience. Nous l'avons vécue en 1962 et en 70 et quelque, au cours d'une mission internationaliste. Et nous avons pris toutes les mesures : avancer et mettre les troupes sous terre. On ne pouvait pas s'en remettre au hasard. Tout a été vérifié. Même Mandela ne sait pas ce qu'ils ont fait de ces armes nucléaires. Je lui ai posé la question. "On n'en sait rien", m'a-t-il répondu. Ils les ont emportées. Ils n'ont jamais joué franc jeu. » « Peut-on jouer avec cela ? », a-t-il ajouté. « Si tu parles de l'hypothèse, tu ne vas convaincre personne. Il n'y a pas lieu de dramatiser, parce que les faits en soi sont dramatiques. » Le commandant en chef a annoncé de nouvelles analyses sur ces événements dangereux pour l'humanité dans ses Réflexions publiées par Cubadebate dans la nuit du dimanche 11 juillet.
L'origine des guerresJ'ai affirmé le 4 juillet que les États-Unis ne céderaient pas, et l'Iran non plus : « ...l'une, par arrogance de puissants ; l'autre, par la résistance au joug et par la capacité de combattre, comme cela est arrivé si souvent dans l'histoire de l'homme. » Dans presque toutes les guerres, une des parties souhaite l'éviter, et parfois les deux. En l'occurrence, celle-ci éclatera, même si l'une de parties ne le désire pas, comme cela arriva lors des guerres mondiales de 14-18 et de 39-45, séparées par vingt-cinq ans à peine. La boucherie fut effroyable. Ces guerres n'auraient pas éclaté sans des erreurs de calculs préalables des deux parties qui défendaient des intérêts impérialistes et croyaient pouvoir atteindre leurs objectifs sans de si terribles coûts. Dans le cas présent, l'une des parties défend des intérêts nationaux absolument justes ; l'autre poursuit des visées illégitimes et des intérêts bassement matériels. Quand on analyse toutes les guerres qui se sont déroulées dans les annales de l'Histoire, on constate que l'une des parties a toujours visé ces objectifs-ci. L'illusion qu'il soit possible de les atteindre en l'occurrence sans la plus terrible de toutes les guerres est absolument vaine. Dans l'un des meilleurs articles publiés sur le site web Global Research, le 11 avril 2010, Rick Rozoff apporte de nombreux critères incontestables sur les visées des USA. Toute personne qui se veut bien informée doit les connaître. Selon cet auteur, les USA pensent qu' « une guerre peut être gagnée sans même avoir été lancée. Il est possible de remporter la victoire si l'adversaire sait qu'il est vulnérable à une attaque instantanée et non détectable, écrasante et dévastatrice, sans qu'il puisse se défendre ou exercer des représailles ». C'est « un pays qui aspire à rester le seul État dans l'histoire à exercer une domination militaire complète sur terre, dans les airs, sur les mers et dans l'espace. » « Qui maintient et étend des bases militaires et des troupes, des groupes de bataille formés de porte-avions et de bombardiers stratégiques sur presque toutes les latitudes et longitudes. Qui possède pour ce faire un budget de guerre record depuis la fin de la Seconde Guerre mondiale : 708 milliards de dollars pour le prochain exercice fiscal. » « ...le premier pays à avoir mis au point et utilisé des armes atomiques. » « ...les USA conservent 1 550 ogives nucléaires déjà déployées et 2 200 (ou 3 500 selon certains calculs) de plus entreposées, et une triade de vecteurs de lancement terrestres, aériens et sous-marins ». « Leur arsenal non nucléaire utilisé pour neutraliser et détruire les défenses aériennes et stratégiques, potentiellement toutes les forces militaires importantes d'autres nations, sera constitué de missiles balistiques intercontinentaux, de missiles balistiques adaptés pour être lancés à partir de sous-marins, de missiles de croisière et de bombardiers hypersoniques, et de bombardiers stratégiques "super-furtifs" non détectables par les radars et donc capables de déjouer les défenses terrestres et aériennes. » Rozoff énumère les nombreuses conférences de presse, réunions et déclarations de ces derniers mois en provenance des chefs de l'état-major interarmées et de hauts fonctionnaires de l'administration étasunienne. Il explique les engagements des USA avec l'OTAN et leur coopération renforcée avec leurs alliés du Proche-Orient, autrement dit, en premier lieu, Israël. Il écrit : « Les USA intensifient aussi leurs programmes de guerre spatiale et cybernétique afin d'être en mesure de paralyser les systèmes de surveillance et de commandement militaires, de contrôle, de communications, d'informatique et de renseignement d'autres nations, les laissant absolument sans défense sauf au niveau tactique le plus élémentaire. » Il rappelle que la Russie et les USA ont signé à Prague, le 8 avril dernier, le nouveau Traité START qui « ne contient aucune contrainte sur la capacité actuelle ou planifiée des USA en matière d'attaque classique globale rapide. » Il rapporte de nombreuses nouvelles à ce sujet et donne un exemple éloquent sur les visées des USA : « Le département de la Défense explore actuellement toute la gamme de technologies et de systèmes concernant la capacité d'attaque classique globale rapide qui pourrait offrir au président des choix plus crédibles et techniquement viables pour faire face à de nouvelles menaces en évolution. » Je suis d'avis qu'aucun président, voire le chef militaire le plus expert, n'aurait pas un instant pour savoir quoi faire si les ordinateurs ne l'avaient déjà programmé. Rozoff, imperturbable, rappelle l'analyse faite par Elaine Grossman sur Global Security Network dans un article intitulé « Les essais concernant le missile d'attaque globale pourraient coûter 500 millions de dollars » : « L'administration Obama a demandé 239,9 millions de dollars à des fins de recherche-développement par les services militaires d'une attaque globale instantanée pour l'exercice fiscal 2011.... Si le financement se maintient au niveau prévu dans les années à venir, le Pentagone aura dépensé quelque 2 milliards de dollars pour cette capacité d'attaque globale rapide d'ici la fin de l'exercice fiscal 2015, selon les documents budgétaires soumis au Capitole ce dernier mois. » « Un scénario tout aussi horrifiant au sujet des effets d'une attaque classique globale rapide, cette fois en version maritime, est apparu voilà trois ans dans la revue Popular Mechanics : « Un sous-marin atomique classe Ohio émerge dans le Pacifique, attendant l'ordre de tir du président. Quand celui-ci arrive, le sous-marin tire un missile balistique Trident-II de 65 tonnes qui atteint en deux minutes plus de 22 000 km/heure. Il s'élève au-dessus des océans et dans l'espace extra-atmosphérique pendant des milliers de kilomètres. « Au sommet de sa parabole, suspendus dans l'espace, les quatre ogives du Trident se séparent et commencent à redescendre vers la planète. « Les ogives, qui voyagent à près de 21 000 km/h, sont remplies de tringles de tungstène, un métal deux fois plus résistant que l'acier. « Les ogives détonnent juste au-dessus de l'objectif, répandant sur la zone des milliers de tringles, dont chacune est douze fois plus destructrice qu'une balle calibre 50. Tout ce qui se trouve dans un rayon de 280 mètres carrés autour de cette tempête métallique tourbillonnante est anéanti. » Rozoff explique ensuite la colonne écrite le 7 avril, sous le titre : « La surprise nucléaire d'Obama », par l'ancien chef de l'état-major interarmées russe, le général Leonid Ivashov, qui, après avoir fait référence au discours prononcé par le président étasunien à Prague, un an avant – « l'existence de milliers d'armes nucléaires est l'héritage le plus dangereux de la Guerre froide » – et à sa signature de START II dans cette même ville, le 8 avril dernier, affirme : « L'histoire des USA durant le siècle dernier n'offre aucun exemple que les élites étasuniennes aient fait le moindre sacrifice pour l'humanité ou pour les peuples d'autres pays. Serait-il dès lors réaliste d'attendre que l'arrivée à la Maison-Blanche d'un président afro-étasunien change la philosophie politique de ce pays traditionnellement axée sur la domination mondiale ? Ceux qui croient à quelque chose de pareil devraient alors se demander pourquoi les USA – le pays dont le budget militaire dépasse déjà celui de tous les autres pays du monde réunis – continuent de dépenser des sommes d'argent énormes pour se préparer à la guerre. » Le général russe affirme : « Le concept d'Attaque globale rapide implique une frappe concentrée par des milliers d'armes classiques de précision durant deux à quatre heures qui détruirait complètement les infrastructures vitales du pays cible et le forcerait donc à capituler. » « Le concept d'Attaque globale rapide vise à maintenir le monopole des USA dans le domaine militaire et à creuser l'écart entre eux et le reste du monde. De pair avec le déploiement de missiles de défense censés blinder les USA face à des frappes de représailles russes et chinoises, l'initiative d'Attaque globale rapide est en train de faire de Washington le dictateur mondial de l'ère moderne. » « Par essence, la nouvelle doctrine nucléaire est un élément de la nouvelle stratégie de sécurité étasunienne qu'on pourrait mieux décrire comme stratégie de l'impunité totale. Les USA dopent leur budget militaire, lâchent les rênes de l'OTAN comme gendarme mondial et planifient des manoeuvres réelles en Iran pour tester dans la pratique cette initiative d'Attaque globale rapide. Entretemps, Washington parle d'un monde absolument exempt d'armes nucléaires. » Au fond, Obama prétend leurrer le monde en parlant d'une humanité exempte d'armes nucléaires, lesquelles seraient remplacées par d'autres extrêmement destructrices, mais mieux adaptées à la volonté de terroriser les dirigeants des États et de garantir cette nouvelle stratégie d'impunité totale. Les Yankee croient que la reddition de l'Iran est proche. Dans ce sens, on s'attend à ce que l'Union européenne fasse connaître son propre train de sanctions le 26 juillet. Les 5+1 se sont réunis la dernière fois le 2 juillet, après que le président iranien Mahmud Ahmadineyad a affirmé que « son pays reprendrait les négociations fin août avec la participation du Brésil et de la Turquie ». Un haut fonctionnaire de l'UE « a averti que ni le Brésil ni la Turquie ne sera invité à ces conversations, du moins pas à ce niveau ». « Le ministre des Affaires étrangères iranien, Manouchehr Mottaki, s'est déclaré partisan de défier les sanctions internationales et de continuer d'enrichir l'uranium. » Depuis le mardi 5 juillet où l'Union européenne a réitéré qu'elle prendrait de nouvelles mesures, l'Iran a répondu qu'il ne négociera pas avant septembre. Les possibilités de vaincre cet obstacle insurmontable diminuent de jour en jour. Ce qui va se passer est si évident qu'on peut le prévoir d'une façon quasi exacte. Je dois de mon côté faire mon autocritique : j'ai commis l'erreur d'affirmer dans mes Réflexion du 27 juin que le conflit éclaterait le jeudi, le vendredi ou, au plus tard, le samedi. On savait alors que des bâtiments de guerre israéliens naviguaient vers l'Iran aux côtes des forces navales yankees, et que l'ordre d'arraisonner les cargos iraniens avait déjà été donné. Je n'ai pas fait attention, toutefois, à une étape préalable : que l'Iran refuse concrètement l'inspection de ses cargos. Analysant le langage tortueux de la résolution du Conseil de sécurité imposant des sanctions à ce pays, je n'ai pas fait attention à ce détail sans lequel le mandat de perquisition ne pouvait être pleinement valable. C'était tout ce qu'il manquait. Le délai de soixante jours fixé par le Conseil de sécurité le 9 juin pour recevoir des informations sur la mise en oeuvre de sa résolution prendra fin le 8 août. Mais il s'est passé en fait quelque chose de plus lamentable. J'ai travaillé à partir du dernier document élaboré sur ce thème épineux par notre ministère des Relations extérieures, lequel ne contenait pas deux paragraphes cruciaux, les derniers de cette Résolution, que voici : « 36. Demande au Directeur général de l'AIEA de présenter dans les 90 jours au Conseil des gouverneurs de l'AIEA et parallèlement, pour examen, au Conseil de sécurité un rapport concernant la suspension complète et durable par l'Iran de toutes les activités mentionnées dans la résolution 1737 (2006) et l'application par ce pays de toutes les mesures prescrites par le Conseil des gouverneurs et des décisions énoncées dans les résolutions 1737 (2006), 1747 (2007) et 1803 (2008) et dans la présente résolution ; « 37. Affirme qu'il examinera les mesures prises par l'Iran au vu du rapport demandé au paragraphe 36 ci-dessus, qui doit être présenté dans un délai de 90 jours, et : a) qu'il suspendra l'application des mesures susmentionnées si l'Iran suspend, et aussi longtemps qu'il suspendra, toutes les activités liées à l'enrichissement et au retraitement, y compris la recherche-développement, sous vérification de l'AIEA, pour ouvrir la voie à des négociations de bonne foi permettant de parvenir rapidement à un résultat mutuellement acceptable ; b) qu'il mettra fin aux mesures visées aux paragraphes 3, 4, 5, 6, 7 et 12 de la résolution 1737 (2006), aux paragraphes 2, 4, 5, 6 et 7 de la résolution 1747 (2007), aux paragraphes 3, 5, 7, 8, 9, 10 et 11 de la résolution 1803 (2008) et aux paragraphes 7, 8, 9, 10, 11, 12, 13, 14, 15, 16, 17, 18, 19, 21, 22, 23 et 24 ci-dessus dès qu'il aura constaté, après réception du rapport visé au paragraphe précédent, que l'Iran respecte pleinement les obligations que lui imposent ses résolutions pertinentes et se conforme aux exigences du Conseil des gouverneurs de l'AIEA, et que celui-ci l'aura confirmé ; c) que, au cas où il ressortirait du rapport demandé au paragraphe 36 ci-dessus que l'Iran n'a pas appliqué les dispositions des résolutions 1737 (2006), 1747 (2007) et 1803 (2008) et de la présente résolution, il adoptera, en vertu de l'Article 41 du Chapitre VII de la Charte des Nations Unies, toutes autres mesures qui pourraient être requises pour persuader l'Iran de se conformer à ces résolutions et aux exigences de l'AIEA, et souligne que de nouvelles décisions devront être prises si de telles mesures additionnelles s'avéraient nécessaires... » Un compagnon du ministère, sans doute épuisé par le travail de nombreuses heures consistant à faire des copies de tous les documents, s'est endormi. Si j'ai pu découvrir cet oubli, c'est parce que je désirais avoir toute l'information possible et échanger des vues sur ces questions délicates. À mon avis, les États-Unis et leurs alliés de l'OTAN ont dit leur dernier mot. Deux puissants États dotés d'autorité et de prestige n'ont pas exercé leur droit de veto pour bloquer cette résolution perfide de l'ONU. C'était pourtant là la seule possibilité de gagner du temps à la recherche d'une formule pour sauver la paix, un objectif qui leur aurait procuré plus d'autorité pour continuer de se battre en sa faveur. Aujourd'hui, tout pend d'un mince fil. J'ai cherché avant tout à mettre en garde l'opinion publique internationale sur le cours des événements. J'y suis arrivé en partie en observant ce qu'il se passait, en ma qualité de dirigeant politique qui a affronté de longues années l'Empire, ses blocus et ses crimes inqualifiables. Mais je ne le fais pas par esprit de vengeance. Je n'hésite pas à courir le risque de compromettre ma modeste autorité morale. Je continuerai d'écrire plusieurs autres Réflexions sur ce point en juillet et en août pour aller plus loin, sauf incident qui déclenche les armes meurtrières braquées les unes sur les autres. J'ai beaucoup apprécié les derniers matchs de la Coupe du monde de football et les matchs de volley-ball de la Ligue mondiale où notre courageuse équipe s'est qualifiée à la tête de son groupe. Fidel Castro Ruz
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