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Les métallos défendent leurs droits
à US Steel de Hamilton et à Essar Steel Algoma
Les travailleurs regroupés dans le syndicat des
Métallos, local 1005 à Hamilton et locaux 2251 et 2724
à Sault-Sainte-Marie, résistent aux monopoles mondiaux
qui exigent des concessions dans les conditions de travail, les
avantages sociaux et le fonds de pension. Les métallos nous
disent qu'ils sont unis et déterminés à
résister aux demandes
de concessions de US Steel et d'Essar malgré la pression
antiouvrière exercée par les monopoles mondiaux, les
gouvernements et les médias de masse.
Le Marxiste-Léniniste transmet ses
salutations militantes à tous les métallos
concernés ainsi qu'à leurs représentants et
réitère son appui inconditionnel à leur juste
lutte pour résister aux concessions. Nous sommes convaincus que
leur lutte est juste et nécessaire. Leur résistance aux
concessions sur le front économique assiste tous les
travailleurs canadiens ainsi que l'économie collective. Dans les
conditions actuelles de tyrannie monopoliste, la résistance
consciente et organisée est la seule voie viable pour les
travailleurs. Tant que ces syndicats se basent sur la force unie de
leurs membres et discutent ouvertement des tactiques et des
méthodes de lutte avec
tous ceux qui sont concernés, ils
ressortiront plus forts de cette bataille pour défendre les
droits de tous.
Les monopoles de l'acier sont des destructeurs et des
voleurs. Ils s'opposent à la tendance historique qui veut que
les vrais producteurs soient ceux qui décident du niveau de
réclamation qu'ils méritent sur un produit social qu'ils
génèrent dans le cadre d'une économie
socialisée. Une économie moderne dans un pays qui abonde
en ressources
comme le Canada est parfaitement en mesure de garantir un revenu de
standard canadien et une sécurité à la retraite
pour tous. Le fait que les monopoles imposent une marche arrière
avec leurs demandes de concessions les expose en tant qu'ennemis des
travailleurs et de leur économie collective. Toute bataille
contre les concessions, quand elle est
menée avec des tactiques consciemment développées
au sein des unités syndicales, contribue à renforcer la
détermination de l'ensemble des travailleurs canadiens et de
leurs alliés à défendre les droits de tous et
arrêter cette marche arrière.
Dans un communiqué de presse décrivant
l'objectif qu'il s'est fixé pour la convention collective, le
monopole Essar Steel déclare sur un ton arrogant :
« Nous cherchons des moyens d'optimaliser la production et
de garantir la compétitivité de notre performance au sein
d'une industrie de l'acier de plus en plus consolidée et
mondiale. En termes de notre avantage compétitif, aucun autre
concurrent ne se voit privé du recours à une
économie de services partagés pour réduire ses
coûts. Ce que nous voulons, c'est l'égalité des
chances. »
Ce ne sont que des clichés dans un langage de
concessions et de droit de monopole.
L'« égalité des chances » qu'ils
recherchent, ce sont les salaires, les avantages sociaux, les fonds de
pension et les conditions de travail les plus bas auxquels ont droit
leurs « concurrents ». En d'autres mots, leur
« concurrence » consiste à faire baisser
les salaires, les avantages sociaux, les fonds de pension et les
conditions de travail de la classe ouvrière. C'est là
l'essentiel de la concurrence monopoliste et c'est pourquoi on doit y
résister avec unité et détermination.
La perspective de la classe ouvrière est aux
antipodes de celle-ci : élever les salaires, les avantages
sociaux, les fonds de pension et les conditions de travail de tous
à un niveau qui correspond au travail accompli ;
établir dans les faits que les vrais producteurs ont
préséance dans la réclamation sur le produit
social qu'eux-mêmes produisent ; garantir que
l'économie se reproduise et que
les communautés et les gouvernements à tous les niveaux
aient des ressources nécessaires pour soutenir les programmes
sociaux, les services publics et l'infrastructure ; servir les
intérêts généraux de la
société. En résistant à la pression vers le
bas exercée sur leur niveau de vie, les travailleurs font une
énorme contribution à la défense de
l'économie collective canadienne, surtout dans les
communautés où
ils vivent et travaillent.
Les travailleurs doivent rejeter avec le plus grand
mépris les raisons intéressées invoquées
par les monopoles pour faire accepter les concessions. Ces raisons
invoquées ont davantage à voir avec les failles du
capitalisme monopoliste qu'avec la science économique. Pour
« optimaliser la productivité », il faut
réinvestir dans les
moyens de production, apporter des améliorations et agrandir les
usines d'acier selon des standards modernes afin de répondre aux
demandes du Canada. La productivité n'a rien à voir avec
le niveau de réclamation des métallos sur l'acier qu'ils
produisent. Le niveau de salaires, des avantages sociaux et des fonds
de pension est une lutte directe
contre les propriétaires de capital pour le revenu
généré par la production et les ventes. Qu'une des
parties dans la lutte de classe réclame plus de revenu que
l'autre ne dépend pas directement de la productivité. Ce
grand mensonge des monopoles découle de leur conception du monde
centrée sur le capital selon laquelle le travail est un
coût et que
la productivité serait ainsi liée à un
prétendu coût de main-d'oeuvre par unité de
production. La mesure scientifique du produit social est la
quantité de temps de travail socialement requis pour sa
production. La mesure du produit social n'est pas son prétendu
coût, que les monopoles manipulent avec facilité
à des fins intéressées.
Toutes les raisons données par les monopoles pour
justifier leurs demandes de concessions sont fausses et doivent
être rejetées avec mépris. En
réalité, les concessions sont incompatibles avec le bien
public, le bien-être des communautés qui sont directement
concernées et les intérêts généraux
de la société.
Mais le fait de savoir que les monopoles n'ont pas
raison et que les concessions ne sont pas bonnes et arrêter les
concessions et inverser cette période de rétrogression,
sont deux choses différentes. Savoir que les concessions ne sont
pas la solution et résister en pratique aux concessions, sont
deux choses connexes mais distinctes. Les travailleurs
peuvent savoir qu'ils ont raison, avoir la justice de leur
côté, et malgré tout perdre la bataille en ce
moment. Ce qu'il faut, c'est se servir de chaque bataille pour devenir
plus forts et pour mobiliser la masse des travailleurs pour qu'ils se
joignent à la lutte contre le droit de monopole pour que nous
puissions changer la situation ! La
discussion élargie sur les tactiques nécessaires pour
vaincre l'offensive des monopoles pour des concessions est un important
pas en avant. Quels aspects devons-nous développer dans les
rangs des travailleurs pour qu'une lutte économique menée
avec détermination en finisse une fois pour toutes avec cette
période de concessions et de destruction
de la nation ? Quelle est la relation entre la lutte
économique et la nécessité que les travailleurs
deviennent des politiciens ouvriers dans la défense des droits
de tous et pour ouvrir la voie au progrès au Canada ? Les
travailleurs doivent atteindre un niveau d'unité et de
détermination tel que les monopoles de la trempe d'Essar Steel
et
US Steel ne parviennent qu'à susciter le mépris et le
ridicule et soient dénoncés pour avoir
suggéré que les travailleurs doivent se rabaisser au plus
bas niveau possible pour plaire à l'oligarchie financière
internationale.
Le Marxiste-Léniniste appelle les
résidents de Hamilton et de Sault-Sainte-Marie et de partout au
Canada, en particulier les jeunes travailleurs, à se rallier aux
métallos dans leur bataille pour défendre leurs droits
contre ces monopoles de l'acier maraudeurs. Joignez-vous aux locaux du
syndicat des Métallos engagés dans cette juste
lutte.

La faiblesse des monopoles mondiaux versus
la force du mouvement ouvrier
- K.C. Adams -
Les humains apprennent de leur expérience
directe. Ils peuvent ensuite faire le bilan de leur expérience
directe et la transformer en une théorie vivante, en guide
à l'action, afin que l'expérience subséquente soit
toujours plus profonde et ouvre une voie vers l'avant. La connaissance
et la société ont progressé en une spirale
ascendante depuis le
début de l'espèce humaine. La récente
expérience directe des travailleurs canadiens avec les monopoles
mondiaux tels que Vale, US Steel, Xtrata, AbitibiBowater et Shell
à Montréal doit être constamment
évaluée et développée en théorie
afin qu'une voie vers l'avant puisse être ouverte.
C'est très à la mode de dire que les
monopoles mondiaux sont devenus tout-puissants ; même
certaines organisations de la classe ouvrière se lamentent de
l'apparente puissance des monopoles. L'expérience directe et la
théorie nous enseignent quelque chose de plus complexe. Elles
indiquent que des faiblesses fondamentales existent dans
le camp des monopoles, faiblesses que les travailleurs n'ont que
commencé à saisir. Contrairement à
l'hypothèse qui veut que les monopoles mondiaux soient
tout-puissants et qu'ils peuvent écraser les travailleurs et
même des nations entières, ceux-ci font partie d'un
processus dialectique de changement, de développement et de
mouvement et leur
faiblesse objective sera dévoilée au grand jour
lorsqu'ils seront confrontés à une opposition
ouvrière consciente.
La puissance apparente des monopoles
révèle une faiblesse réelle du mouvement ouvrier.
Une expression de faiblesse de la part des monopoles indiquerait une
force grandissante de la part du mouvement de la classe
ouvrière. Ceci signifie que les travailleurs devraient moins
s'en faire avec la force apparente des monopoles et se pencher
davantage sur comment ils peuvent surmonter les faiblesses du mouvement
ouvrier.
Les prédateurs abusent des faibles. Leurs proies
sont les plus vulnérables, les jeunes, les infirmes et les
personnes âgées. Les monopoles prédateurs se
nourrissent de la faiblesse de la classe ouvrière. Lorsque la
classe ouvrière est organisée pour défendre les
droits de tous et est idéologiquement forte et partisane, alors
ce sont les riches et leurs
monopoles qui laissent voir leur faiblesse fondamentale.
La force existe en relation avec la faiblesse. Ceux qui
parlent de la puissance des monopoles se réfèrent
indirectement à la faiblesse de la classe ouvrière
canadienne. La question n'est pas la puissance des monopoles mais
comment cette puissance apparente se nourrit de la faiblesse du
mouvement de la classe ouvrière. La puissance des
monopoles et la faiblesse du mouvement de la classe ouvrière
forment un tout unique. Cette relation est en changement,
développement et mouvement constants. À mesure que la
classe ouvrière se renforce en tant que classe en soi, pour soi
et par soi, l'aspect opposé de la relation (les
propriétaires de capital) s'affaiblit proportionnellement.
Les monopoles et l'État peuvent sembler plus
forts et plus féroces en ce moment et ce fut certainement le cas
pendant la grève d'une année à Vale Inco et
pendant la crise dans le secteur forestier. L'apparence de
férocité est un signe qui en dit long sur l'état
de désespoir qui pousse ces monopoles à empêcher la
classe ouvrière de bâtir sa force.
Plutôt que de se replier face à cette
frénésie des riches, la classe ouvrière doit
courageusement organiser et se préparer elle-même ainsi
que ses alliés à la résistance. Une
résistance organisée et consciente rend le mouvement de
la classe ouvrière plus fort et affaiblit les monopoles mondiaux.
Lorsque les travailleurs défient le droit des
monopoles par une résistance résolue, comme l'ont fait
les travailleurs de Vale cette année, ils forcent les monopoles
à s'exposer en tant que classe qui a fait son temps et bloque la
voie au progrès. Les monopoles ne veulent pas que la classe
ouvrière moderne gagne confiance dans sa compétence
à
gérer l'économie et la société
allégées du poids des propriétaires de capital.
Avec la force de la classe ouvrière, inhérente à
sa résistance consciente, vient la constatation que les
monopoles ne sont pas nécessaires, qu'ils sont un obstacle
à l'harmonie sociale et à la prospérité,
qu'ils sont des vestiges du privilège médiéval,
d'impunité face à la loi et
la source de crises économiques périodiques.
L'expérience directe amène les Canadiens
pensants à comprendre que Vale, US Steel et tout le reste des
monopoles mondiaux n'apportent aucun bénéfice au Canada,
qu'il soit net ou brut. Les monopoles veulent piller toujours davantage
la valeur ajoutée produite au Canada et l'extirper de
l'économie.
La valeur ajoutée produite par les Canadiens,
dont celle créée par les travailleurs d'Inco et de
Stelco, est partagée par trois principaux réclamants dans
les conditions actuelles du Canada :
1) la classe ouvrière canadienne qui est la
classe des producteurs véritables et des dispensateurs de
services ;
2) les gouvernements à divers niveaux ;
3) les propriétaires de capital d'entreprise, les
propriétaires de dette et les propriétaires de terrains.
Il est clair pour tous que Vale, US Steel et autres
monopoles mondiaux veulent réduire la portion de valeur
ajoutée réclamée par la classe ouvrière
canadienne et les gouvernements. Les riches et leurs monopoles mondiaux
veulent une plus grande part du produit social pour eux.
La nouvelle convention collective à Vale
réduira la réclamation des travailleurs sur la valeur
ajoutée produite par eux. Ceci réduira le montant
d'impôts et autres taxes individuelles payées par les
travailleurs de Vale Inco. Entre-temps, l'impôt sur le revenu des
corporations est constamment réduit. Le résultat net est
que moins de produit social
(valeur ajoutée) est réclamé par les travailleurs
canadiens et les gouvernements et davantage de produit social est
réclamé par le monopole mondial Vale, produit social qui
quittera presqu'entièrement les communautés
minières et métallurgiques, le pays et l'économie
socialisée.
En ce qui concerne la classe ouvrière, le
raisonnement des monopoles sur la nécessité d'être
concurrentiels et sur les soi-disant coûts de main-d'oeuvre sont
une farce et un
énorme mensonge pour cacher la vérité qui est que
les monopoles veulent une plus grande part de la valeur ajoutée
pour eux. Plusieurs travailleurs comprennent que s'ils devaient
éliminer toutes les réclamations des propriétaires
du capital d'entreprise, de dette et de terrains sur la valeur
ajoutée
produite par les travailleurs, alors les entreprises canadiennes
seraient les plus concurrentielles au monde. Les propriétaires
de capital reconnaissent cette réalité lorsqu'ils
déclarent que les entreprises appartenant au gouvernement leur
font une compétition « déloyale »
parce que leur valeur ajoutée est beaucoup moins sujette aux
réclamations des propriétaires du capital et en
particulier des propriétaires du capital d'entreprise, ce qui
rend ces entreprises publiques plus concurrentielles. Une plus grande
partie de la valeur ajoutée des entreprises appartenant au
gouvernement reste dans l'économie socialisée. Ceci
stimule l'économie et agit en tant que facteur pour contrer les
crises économiques.
La réalité pure et simple est que toute
réduction des réclamations de la classe ouvrière
canadienne et des gouvernements à la valeur ajoutée –
comme c'est le cas chez Vale avec la nouvelle convention collective et
avec ce que tentent de faire US Steel à Lake Erie Works et
d'autres monopoles – affaiblit grandement l'économie canadienne
ainsi que le tissu social du pays. Toute réduction des
réclamations des propriétaires de capital d'entreprise,
de dette et de terrains à la valeur ajoutée renforce
l'économie canadienne ainsi que le tissu social du pays. Cette
lutte portant sur les réclamations à la valeur
ajoutée a une grande influence sur la force ou la faiblesse des
monopoles versus la
force ou la faiblesse du mouvement de la classe ouvrière.
Lorsqu'un aspect devient plus fort d'une façon ou d'une autre,
l'autre aspect devient plus faible. Mais comme dans toute relation,
l'aspect ascendant (en ce cas, la classe ouvrière) n'a pas
besoin de l'aspect en déclin ou périmé (les riches
et leurs monopoles) pour exister et pour se renouveler.
En se renforçant, le mouvement de la classe ouvrière
éliminera éventuellement l'aspect en déclin et
donnera lieu à de nouveaux arrangements.
La classe ouvrière canadienne, dans ses
récentes batailles contre les monopoles mondiaux, a
démontré son potentiel illimité. Elle fait juste
recommencer sa bataille de plein pied pour s'affirmer dans les
nouvelles conditions de l'offensive antisociale à la fois sur le
front économique dans ses combats syndicaux rangés contre
les monopoles, et sur
le front politique, en organisant le renouveau démocratique pour
que la politique de la classe ouvrière puisse neutraliser la
politique du droit des monopoles et s'engager dans une lutte
déterminée pour décider de la direction de
l'économie et prendre contrôle de la machine d'État.
Les propos au sujet de la puissance écrasante des
monopoles visent à maintenir les travailleurs en esclavage et
à les empêcher de participer consciemment à
bâtir le mouvement des travailleurs, pour les travailleurs et par
les travailleurs. Des agresseurs de la trempe des monopoles mondiaux
aimeraient que leur proie en soit réduite à fantasmer
sur la force invincible du prédateur et à rester
figé par la peur, ne faisant rien ou peu pour organiser la
résistance.
La classe ouvrière a la justice pour elle. Le
mouvement de la classe ouvrière va dans le sens du mouvement
naturel de l'histoire. Pour s'épanouir et pour prospérer,
la classe ouvrière n'a pas besoin des riches et de leurs
monopoles mondiaux. Les monopoles suppriment l'édification
nationale puisqu'ils soutirent le produit social de l'économie
et
le gaspillent dans des guerres et dans une vie luxueuse partout dans le
monde. Ceci doit être renversé. Les riches et leurs
monopoles veulent une classe ouvrière tranquille, accommodante
et faible afin de poursuivre leur régime d'exploitation et
d'oppression. La classe ouvrière n'a besoin de rien de la part
des riches et de leurs monopoles si ce n'est
de voir la fin de leur système impérialiste
d'États. Les travailleurs doivent se lever debout et organiser
leur classe pour défendre les droits de tous et faire avancer le
Canada vers de nouveaux arrangements. En reconnaissant la faiblesse du
mouvement de la classe ouvrière et en changeant la situation par
une participation consciente, la force
potentielle de la classe ouvrière surgit et devient une force
véritable, alors que la puissance apparente des riches et de
leurs monopoles commence à faiblir.
Joignez-vous au mouvement pour bâtir une
Opposition ouvrière !
Contacter le Centre ouvrier du PCC(M-L) à
centreouvrier@cpcml.ca.

Secteur public au Québec
Appuyons la juste lutte des infirmières!
Le 2 juillet, la Fédération
interprofessionnelle de la santé du Québec (FIQ), qui
représente 58 000 infirmières, infirmières
auxiliaires, inhalothérapeutes et perfusionistes, a
annoncé qu'elle avait rompu les négociations avec le
gouvernement Charest. Selon la FIQ, le gouvernement Charest insiste
pour que la FIQ accepte les mêmes conditions
comprises dans les ententes de principe sectorielles conclues avec les
autres syndicats en soins de santé et en travail social du Front
commun, malgré le fait que la FIQ ait clairement affirmé
que ces conditions ne sont pas acceptables pour ses membres. Selon la
FIQ, un des points de litige est le fait que les ententes de principe
remettent entre les
mains de comités employés-administration des questions
importantes comme la privatisation du système de santé,
au lieu de prendre des mesures concrètes qui restreignent la
privation tout azimut qui, en ce qui concerne les infirmières,
s'effectue notamment par l'utilisation des agences privées de
personnel.
La FIQ dénonce le diktat du gouvernement Charest
qu'elle qualifie de décret déguisé. Elle exige que
le gouvernement satisfasse à sa revendication de
réorganiser les horaires de travail. La FIQ propose que chaque
employé à temps plein travaille quatre jours par semaine,
et dans certains cas trois jours par semaine. Il s'agirait d'augmenter
les
heures au-delà du modèle d'horaire de huit heures, avec
différents modèles dépendant des conditions. Par
exemple, une employée pourrait travailler quatre jours par
semaine, pour un total de 33 heures, et être payée pour 36
heures. La FIQ propose d'utiliser un certain nombre de journées
de maladie et de congés fériés pour combler une
partie des
salaires pour payer les heures en plus et elle demande que le
gouvernement fournisse l'argent pour payer le reste de ces heures. La
FIQ favorise une structure de postes à temps plein pour tous les
employés. Cependant, elle propose un mécanisme de
transition qui mènerait graduellement à des postes
à temps plein pour tous. Cette réorganisation
serait basée sur la transformation en postes à temps
plein du plus grand nombre possible de postes à temps partiel.
Selon la FIQ, cette transformation réduirait de beaucoup le
nombres d'heures supplémentaires obligatoires imposées
actuellement aux infirmières, qui est intenable. L'imposition de
deux ou trois quarts de travail de 16 heures, par
semaine, est devenu chose fréquente pour les infirmières.
Cela réduirait aussi le recours aux agences privées. Le
fait de fournir une stabilité aux conditions de travail des
infirmières contribuerait à la rétention des
infirmières dans le secteur public, et pourrait en attirer de
nouvelles.
Le Marxiste-Léniniste appuie pleinement
la juste lutte des infirmières, qui est la lutte de tous contre
le démantèlement des services publics, et lance l'appel
à tous les travailleurs à exiger que le gouvernement
Charest accède à ces justes demandes.

«On maintient délibérément
les infirmières
dans la précarité»
- Entrevue avec Régine Laurent,
présidente de la Fédération interprofessionnelle
de la santé du Québec -
LML : La FIQ a annoncé le 2
juillet qu'elle se retirait de la table sectorielle de
négociations. Pour quelles raisons avez-vous quitté la
table ?
Régine Laurent : La
dernière fois que nous nous sommes rencontrés, le
gouvernement nous a dit que nous n'avions pas le choix, que nous
devions accepter ce que les autres syndicats du Front commun ont
accepté à leurs tables sectorielles, que ce soit sur le
réaménagement du temps
de travail, les agences privées de placement, les primes pour
celles qui travaillent aux soins intensifs et critiques, etc. Ces
questions-là sont parmi nos priorités mais selon le
gouvernement il n'y a rien ou presque plus rien à
négocier. Ils nous ont dit qu'il faut accepter cela comme point
de départ puis après on pourra
parler d'autre chose. Nous avons dit au gouvernement que nous
n'acceptons pas son décret déguisé qui nie notre
droit de négocier nos conditions de travail.
La dernière offre du gouvernement est totalement
inacceptable. Sur la question du réaménagement du temps
de travail, il n'y a rien pour les travailleuses de jour. Nous avons
beaucoup de membres qui travaillent de jour et sont âgés
de 50 ans et plus. Elles aussi ont besoin de
réaménagement de leur temps de
travail et l'une des raisons c'est qu'elles vont prendre leur retraite
bientôt et nous voulons les garder aussi longtemps que possible
pour qu'elles aident à entraîner les nouvelles
infirmières qui vont prendre leur place. Nous sommes
allées très loin dans nos propositions pour obtenir
quelque chose pour ces infirmières
de jour. Nous avons dit au gouvernement que puisqu'il ne veut pas
réaménager leur temps de travail dans tout le
réseau, alors choisissons certaines institutions où il y
a une masse critique d'infirmières de jour qui ont plus de 50
ans et commençons par là. Mais le gouvernement refuse.
Il y a pire encore. Le gouvernement nous dit qu'il est
prêt à accepter notre proposition de
réaménagement du temps de travail si les
infirmières financent le projet avec leurs vacances. Au lieu de
prendre un mois de vacances, elles devraient prendre seulement deux
semaines et sacrifier dix jours pour financer le
réaménagement.
Ce qu'il faut comprendre c'est que le gouvernement ne
veut pas investir un sou dans le système de santé. Si les
travailleuses veulent quelque chose, elles doivent le payer
elles-mêmes. Sur cette question encore une fois nous sommes
allées très loin pour obtenir le
réaménagement du temps de travail. Nous avons
proposé d'utiliser certains de nos congés
fériés et de nos journées de maladie pour financer
notre proposition. Nos propositions créent 200 millions $
que le gouvernement peut utiliser pour financer le
réaménagement. Nous demandons au gouvernement de fournir
l'autre 100 millions $ qui est nécessaire.
Ce n'est pas grand chose surtout si l'on considère que le
gouvernement va sauver beaucoup d'argent en réduisant le temps
supplémentaire et en n'ayant pas recours aux agences
privées de placement. Le 100 millions $ va être
récupéré très rapidement. Il n'est pas
question pour nous d'utiliser nos vacances pour
financer le réaménagement du temps de travail. Nos
infirmières sont épuisées et elles ont besoin de
tout le temps de vacances qu'elles peuvent avoir. On nous demande de
tout financer tandis que c'est le gouvernement qui va empocher l'argent
épargné. De plus, et c'est là l'aspect le plus
important, le réaménagement
amènerait un peu de stabilité dans le système et
dans les vies de nos infirmières. Mais ça n'est pas ce
que veut le gouvernement. Il ne nous dit pas ce qu'il veut mais
ça n'est pas difficile de comprendre qu'il veut ouvrir les
portes encore plus grandes ouvertes à la privatisation des
services publics. C'est ce que lui
dicte son idéologie même si cela a un impact
négatif sur les gens et coûte beaucoup plus cher au
système que ce qui est public.
Puis il y a la question des primes. Le gouvernement a
accepté d'étendre les primes qui sont touchées
présentement par celles qui travaillent aux soins intensifs
à celles qui travaillent aux soins critiques. C'est
nécessaire de faire cela parce que les soins deviennent de plus
en plus complexes. Donc les primes existantes
sont augmentées et les primes sont également
étendues aux soins critiques mais le gouvernement nous dit
maintenant que pour obtenir les primes entières les
infirmières ne doivent jamais manquer de jours de travail. Si
elles le font, les primes sont réduites proportionnellement.
Selon nous c'est une gifle à la face
de nos infirmières. C'est ça la récompense que
nous obtenons pour tous les sacrifices que nous faisons pour maintenir
le système de santé en vie à bout de bras. C'est
aussi très humiliant pour les femmes et la grande
majorité de nos membres sont des femmes. Si elles doivent
s'absenter une journée pour amener
un parent âgé à l'hôpital ou veiller sur un
enfant malade, elles perdent une partie de leurs primes. C'est
totalement inacceptable. Nous avons toujours revendiqué des
primes pour celles qui travaillent aux soins intensifs et critiques
mais de façon conditionnelle à notre présence au
travail.
Nous avons donc quitté la table de
négociations et nous n'y retournerons pas tant que nous ne
serons pas dans un processus réel de négociation sur la
base de nos revendications. Nous sommes déterminées
à obtenir une convention collective qui contribue à
résoudre les problèmes sérieux auxquels nous
faisons
face. Nous jouissons de l'appui de la population du Québec et
à ce sujet notre pétition par laquelle les gens appuient
nos revendications va très bien.
LML : Selon la FIQ, la
précarité de l'emploi est au centre des attaques du
gouvernement Charest dans la santé. Comment voyez-vous
cela ?
RL : Le gouvernement Charest
maintient délibérément les infirmières dans
la précarité. Il y a environ 40 % des
infirmières qui sont à temps partiel et 60 % sont
des infirmières auxiliaires. Même si ces
infirmières ont du travail en ce moment dans le contexte de
pénurie,
elles n'ont toujours pas d'emploi stable et on ne leur garantit que
deux jours de travail par semaine. C'est ce qui permet aux employeurs
de faire comme bon leur semble. Nos gens sont pénalisés.
Essayez d'obtenir une hypothèque quand votre emploi ne vous
garantit que deux jours de travail par semaine. Nous visons
une situation de précarité structurelle même si en
ce moment nos infirmières travaillent plus que deux jours
semaine. Si l'employeur décide d'avoir recours aux agences
privées de placement, nos infirmières perdront des
journées de travail. Le problème c'est qu'elles n'ont pas
d'emploi stable. Nous ne cessons de
dire au gouvernement qu'il a besoin de ces infirmières. Si le
gouvernement ne veut pas garantir une position à temps plein
à toutes les infirmières, au moins il devrait leur
garantir sept jours de travail par deux semaines plutôt que
quatre comme c'est le cas maintenant. Le système de santé
a besoin des infirmières.
Le gouvernement ne veut pas réduire cette
précarité. Il veut la maintenir au nom de la soi-disant
flexibilité, ce qui veut dire avoir recours de plus en plus aux
agences privées de placement et maintenir le système dans
une situation de chaos.

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