Le Marxiste-Léniniste

Numéro 125 - 16 juillet 2010

Les métallos défendent leurs droits à US Steel de Hamilton et à Essar Steel Algoma

Les métallos défendent leurs droits à US Steel de Hamilton et à Essar Steel Algoma
La faiblesse des monopoles mondiaux versus la force du mouvement ouvrier - K.C. Adams

Secteur public au Québec
Appuyons la juste lutte des infirmières!
«On maintient délibérément les infirmières dans la précarité» - Entrevue avec Régine Laurent, présidente de la FIQ

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Les métallos défendent leurs droits à US Steel de Hamilton et à Essar Steel Algoma

Les travailleurs regroupés dans le syndicat des Métallos, local 1005 à Hamilton et locaux 2251 et 2724 à Sault-Sainte-Marie, résistent aux monopoles mondiaux qui exigent des concessions dans les conditions de travail, les avantages sociaux et le fonds de pension. Les métallos nous disent qu'ils sont unis et déterminés à résister aux demandes de concessions de US Steel et d'Essar malgré la pression antiouvrière exercée par les monopoles mondiaux, les gouvernements et les médias de masse.

Le Marxiste-Léniniste transmet ses salutations militantes à tous les métallos concernés ainsi qu'à leurs représentants et réitère son appui inconditionnel à leur juste lutte pour résister aux concessions. Nous sommes convaincus que leur lutte est juste et nécessaire. Leur résistance aux concessions sur le front économique assiste tous les travailleurs canadiens ainsi que l'économie collective. Dans les conditions actuelles de tyrannie monopoliste, la résistance consciente et organisée est la seule voie viable pour les travailleurs. Tant que ces syndicats se basent sur la force unie de leurs membres et discutent ouvertement des tactiques et des méthodes de lutte avec tous ceux qui sont concernés, ils ressortiront plus forts de cette bataille pour défendre les droits de tous.

Les monopoles de l'acier sont des destructeurs et des voleurs. Ils s'opposent à la tendance historique qui veut que les vrais producteurs soient ceux qui décident du niveau de réclamation qu'ils méritent sur un produit social qu'ils génèrent dans le cadre d'une économie socialisée. Une économie moderne dans un pays qui abonde en ressources comme le Canada est parfaitement en mesure de garantir un revenu de standard canadien et une sécurité à la retraite pour tous. Le fait que les monopoles imposent une marche arrière avec leurs demandes de concessions les expose en tant qu'ennemis des travailleurs et de leur économie collective. Toute bataille contre les concessions, quand elle est menée avec des tactiques consciemment développées au sein des unités syndicales, contribue à renforcer la détermination de l'ensemble des travailleurs canadiens et de leurs alliés à défendre les droits de tous et arrêter cette marche arrière.

Dans un communiqué de presse décrivant l'objectif qu'il s'est fixé pour la convention collective, le monopole Essar Steel déclare sur un ton arrogant : « Nous cherchons des moyens d'optimaliser la production et de garantir la compétitivité de notre performance au sein d'une industrie de l'acier de plus en plus consolidée et mondiale. En termes de notre avantage compétitif, aucun autre concurrent ne se voit privé du recours à une économie de services partagés pour réduire ses coûts. Ce que nous voulons, c'est l'égalité des chances. »

Ce ne sont que des clichés dans un langage de concessions et de droit de monopole. L'« égalité des chances » qu'ils recherchent, ce sont les salaires, les avantages sociaux, les fonds de pension et les conditions de travail les plus bas auxquels ont droit leurs « concurrents ». En d'autres mots, leur « concurrence » consiste à faire baisser les salaires, les avantages sociaux, les fonds de pension et les conditions de travail de la classe ouvrière. C'est là l'essentiel de la concurrence monopoliste et c'est pourquoi on doit y résister avec unité et détermination.

La perspective de la classe ouvrière est aux antipodes de celle-ci : élever les salaires, les avantages sociaux, les fonds de pension et les conditions de travail de tous à un niveau qui correspond au travail accompli ; établir dans les faits que les vrais producteurs ont préséance dans la réclamation sur le produit social qu'eux-mêmes produisent ; garantir que l'économie se reproduise et que les communautés et les gouvernements à tous les niveaux aient des ressources nécessaires pour soutenir les programmes sociaux, les services publics et l'infrastructure ; servir les intérêts généraux de la société. En résistant à la pression vers le bas exercée sur leur niveau de vie, les travailleurs font une énorme contribution à la défense de l'économie collective canadienne, surtout dans les communautés où ils vivent et travaillent.

Les travailleurs doivent rejeter avec le plus grand mépris les raisons intéressées invoquées par les monopoles pour faire accepter les concessions. Ces raisons invoquées ont davantage à voir avec les failles du capitalisme monopoliste qu'avec la science économique. Pour « optimaliser la productivité », il faut réinvestir dans les moyens de production, apporter des améliorations et agrandir les usines d'acier selon des standards modernes afin de répondre aux demandes du Canada. La productivité n'a rien à voir avec le niveau de réclamation des métallos sur l'acier qu'ils produisent. Le niveau de salaires, des avantages sociaux et des fonds de pension est une lutte directe contre les propriétaires de capital pour le revenu généré par la production et les ventes. Qu'une des parties dans la lutte de classe réclame plus de revenu que l'autre ne dépend pas directement de la productivité. Ce grand mensonge des monopoles découle de leur conception du monde centrée sur le capital selon laquelle le travail est un coût et que la productivité serait ainsi liée à un prétendu coût de main-d'oeuvre par unité de production. La mesure scientifique du produit social est la quantité de temps de travail socialement requis pour sa production. La mesure du produit social n'est pas son prétendu coût, que les monopoles manipulent avec facilité à des fins intéressées.

Toutes les raisons données par les monopoles pour justifier leurs demandes de concessions sont fausses et doivent être rejetées avec mépris. En réalité, les concessions sont incompatibles avec le bien public, le bien-être des communautés qui sont directement concernées et les intérêts généraux de la société.

Mais le fait de savoir que les monopoles n'ont pas raison et que les concessions ne sont pas bonnes et arrêter les concessions et inverser cette période de rétrogression, sont deux choses différentes. Savoir que les concessions ne sont pas la solution et résister en pratique aux concessions, sont deux choses connexes mais distinctes. Les travailleurs peuvent savoir qu'ils ont raison, avoir la justice de leur côté, et malgré tout perdre la bataille en ce moment. Ce qu'il faut, c'est se servir de chaque bataille pour devenir plus forts et pour mobiliser la masse des travailleurs pour qu'ils se joignent à la lutte contre le droit de monopole pour que nous puissions changer la situation ! La discussion élargie sur les tactiques nécessaires pour vaincre l'offensive des monopoles pour des concessions est un important pas en avant. Quels aspects devons-nous développer dans les rangs des travailleurs pour qu'une lutte économique menée avec détermination en finisse une fois pour toutes avec cette période de concessions et de destruction de la nation ? Quelle est la relation entre la lutte économique et la nécessité que les travailleurs deviennent des politiciens ouvriers dans la défense des droits de tous et pour ouvrir la voie au progrès au Canada ? Les travailleurs doivent atteindre un niveau d'unité et de détermination tel que les monopoles de la trempe d'Essar Steel et US Steel ne parviennent qu'à susciter le mépris et le ridicule et soient dénoncés pour avoir suggéré que les travailleurs doivent se rabaisser au plus bas niveau possible pour plaire à l'oligarchie financière internationale.

Le Marxiste-Léniniste appelle les résidents de Hamilton et de Sault-Sainte-Marie et de partout au Canada, en particulier les jeunes travailleurs, à se rallier aux métallos dans leur bataille pour défendre leurs droits contre ces monopoles de l'acier maraudeurs. Joignez-vous aux locaux du syndicat des Métallos engagés dans cette juste lutte.

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La faiblesse des monopoles mondiaux versus
la force du mouvement ouvrier

Les humains apprennent de leur expérience directe. Ils peuvent ensuite faire le bilan de leur expérience directe et la transformer en une théorie vivante, en guide à l'action, afin que l'expérience subséquente soit toujours plus profonde et ouvre une voie vers l'avant. La connaissance et la société ont progressé en une spirale ascendante depuis le début de l'espèce humaine. La récente expérience directe des travailleurs canadiens avec les monopoles mondiaux tels que Vale, US Steel, Xtrata, AbitibiBowater et Shell à Montréal doit être constamment évaluée et développée en théorie afin qu'une voie vers l'avant puisse être ouverte.

C'est très à la mode de dire que les monopoles mondiaux sont devenus tout-puissants ; même certaines organisations de la classe ouvrière se lamentent de l'apparente puissance des monopoles. L'expérience directe et la théorie nous enseignent quelque chose de plus complexe. Elles indiquent que des faiblesses fondamentales existent dans le camp des monopoles, faiblesses que les travailleurs n'ont que commencé à saisir. Contrairement à l'hypothèse qui veut que les monopoles mondiaux soient tout-puissants et qu'ils peuvent écraser les travailleurs et même des nations entières, ceux-ci font partie d'un processus dialectique de changement, de développement et de mouvement et leur faiblesse objective sera dévoilée au grand jour lorsqu'ils seront confrontés à une opposition ouvrière consciente.

La puissance apparente des monopoles révèle une faiblesse réelle du mouvement ouvrier. Une expression de faiblesse de la part des monopoles indiquerait une force grandissante de la part du mouvement de la classe ouvrière. Ceci signifie que les travailleurs devraient moins s'en faire avec la force apparente des monopoles et se pencher davantage sur comment ils peuvent surmonter les faiblesses du mouvement ouvrier.

Les prédateurs abusent des faibles. Leurs proies sont les plus vulnérables, les jeunes, les infirmes et les personnes âgées. Les monopoles prédateurs se nourrissent de la faiblesse de la classe ouvrière. Lorsque la classe ouvrière est organisée pour défendre les droits de tous et est idéologiquement forte et partisane, alors ce sont les riches et leurs monopoles qui laissent voir leur faiblesse fondamentale.

La force existe en relation avec la faiblesse. Ceux qui parlent de la puissance des monopoles se réfèrent indirectement à la faiblesse de la classe ouvrière canadienne. La question n'est pas la puissance des monopoles mais comment cette puissance apparente se nourrit de la faiblesse du mouvement de la classe ouvrière. La puissance des monopoles et la faiblesse du mouvement de la classe ouvrière forment un tout unique. Cette relation est en changement, développement et mouvement constants. À mesure que la classe ouvrière se renforce en tant que classe en soi, pour soi et par soi, l'aspect opposé de la relation (les propriétaires de capital) s'affaiblit proportionnellement.

Les monopoles et l'État peuvent sembler plus forts et plus féroces en ce moment et ce fut certainement le cas pendant la grève d'une année à Vale Inco et pendant la crise dans le secteur forestier. L'apparence de férocité est un signe qui en dit long sur l'état de désespoir qui pousse ces monopoles à empêcher la classe ouvrière de bâtir sa force. Plutôt que de se replier face à cette frénésie des riches, la classe ouvrière doit courageusement organiser et se préparer elle-même ainsi que ses alliés à la résistance. Une résistance organisée et consciente rend le mouvement de la classe ouvrière plus fort et affaiblit les monopoles mondiaux.

Lorsque les travailleurs défient le droit des monopoles par une résistance résolue, comme l'ont fait les travailleurs de Vale cette année, ils forcent les monopoles à s'exposer en tant que classe qui a fait son temps et bloque la voie au progrès. Les monopoles ne veulent pas que la classe ouvrière moderne gagne confiance dans sa compétence à gérer l'économie et la société allégées du poids des propriétaires de capital. Avec la force de la classe ouvrière, inhérente à sa résistance consciente, vient la constatation que les monopoles ne sont pas nécessaires, qu'ils sont un obstacle à l'harmonie sociale et à la prospérité, qu'ils sont des vestiges du privilège médiéval, d'impunité face à la loi et la source de crises économiques périodiques.

L'expérience directe amène les Canadiens pensants à comprendre que Vale, US Steel et tout le reste des monopoles mondiaux n'apportent aucun bénéfice au Canada, qu'il soit net ou brut. Les monopoles veulent piller toujours davantage la valeur ajoutée produite au Canada et l'extirper de l'économie.

La valeur ajoutée produite par les Canadiens, dont celle créée par les travailleurs d'Inco et de Stelco, est partagée par trois principaux réclamants dans les conditions actuelles du Canada :

1) la classe ouvrière canadienne qui est la classe des producteurs véritables et des dispensateurs de services ;

2) les gouvernements à divers niveaux ;

3) les propriétaires de capital d'entreprise, les propriétaires de dette et les propriétaires de terrains.

Il est clair pour tous que Vale, US Steel et autres monopoles mondiaux veulent réduire la portion de valeur ajoutée réclamée par la classe ouvrière canadienne et les gouvernements. Les riches et leurs monopoles mondiaux veulent une plus grande part du produit social pour eux.

La nouvelle convention collective à Vale réduira la réclamation des travailleurs sur la valeur ajoutée produite par eux. Ceci réduira le montant d'impôts et autres taxes individuelles payées par les travailleurs de Vale Inco. Entre-temps, l'impôt sur le revenu des corporations est constamment réduit. Le résultat net est que moins de produit social (valeur ajoutée) est réclamé par les travailleurs canadiens et les gouvernements et davantage de produit social est réclamé par le monopole mondial Vale, produit social qui quittera presqu'entièrement les communautés minières et métallurgiques, le pays et l'économie socialisée.

En ce qui concerne la classe ouvrière, le raisonnement des monopoles sur la nécessité d'être concurrentiels et sur les soi-disant coûts de main-d'oeuvre sont une farce et un énorme mensonge pour cacher la vérité qui est que les monopoles veulent une plus grande part de la valeur ajoutée pour eux. Plusieurs travailleurs comprennent que s'ils devaient éliminer toutes les réclamations des propriétaires du capital d'entreprise, de dette et de terrains sur la valeur ajoutée produite par les travailleurs, alors les entreprises canadiennes seraient les plus concurrentielles au monde. Les propriétaires de capital reconnaissent cette réalité lorsqu'ils déclarent que les entreprises appartenant au gouvernement leur font une compétition « déloyale » parce que leur valeur ajoutée est beaucoup moins sujette aux réclamations des propriétaires du capital et en particulier des propriétaires du capital d'entreprise, ce qui rend ces entreprises publiques plus concurrentielles. Une plus grande partie de la valeur ajoutée des entreprises appartenant au gouvernement reste dans l'économie socialisée. Ceci stimule l'économie et agit en tant que facteur pour contrer les crises économiques.

La réalité pure et simple est que toute réduction des réclamations de la classe ouvrière canadienne et des gouvernements à la valeur ajoutée – comme c'est le cas chez Vale avec la nouvelle convention collective et avec ce que tentent de faire US Steel à Lake Erie Works et d'autres monopoles – affaiblit grandement l'économie canadienne ainsi que le tissu social du pays. Toute réduction des réclamations des propriétaires de capital d'entreprise, de dette et de terrains à la valeur ajoutée renforce l'économie canadienne ainsi que le tissu social du pays. Cette lutte portant sur les réclamations à la valeur ajoutée a une grande influence sur la force ou la faiblesse des monopoles versus la force ou la faiblesse du mouvement de la classe ouvrière. Lorsqu'un aspect devient plus fort d'une façon ou d'une autre, l'autre aspect devient plus faible. Mais comme dans toute relation, l'aspect ascendant (en ce cas, la classe ouvrière) n'a pas besoin de l'aspect en déclin ou périmé (les riches et leurs monopoles) pour exister et pour se renouveler. En se renforçant, le mouvement de la classe ouvrière éliminera éventuellement l'aspect en déclin et donnera lieu à de nouveaux arrangements.

La classe ouvrière canadienne, dans ses récentes batailles contre les monopoles mondiaux, a démontré son potentiel illimité. Elle fait juste recommencer sa bataille de plein pied pour s'affirmer dans les nouvelles conditions de l'offensive antisociale à la fois sur le front économique dans ses combats syndicaux rangés contre les monopoles, et sur le front politique, en organisant le renouveau démocratique pour que la politique de la classe ouvrière puisse neutraliser la politique du droit des monopoles et s'engager dans une lutte déterminée pour décider de la direction de l'économie et prendre contrôle de la machine d'État.

Les propos au sujet de la puissance écrasante des monopoles visent à maintenir les travailleurs en esclavage et à les empêcher de participer consciemment à bâtir le mouvement des travailleurs, pour les travailleurs et par les travailleurs. Des agresseurs de la trempe des monopoles mondiaux aimeraient que leur proie en soit réduite à fantasmer sur la force invincible du prédateur et à rester figé par la peur, ne faisant rien ou peu pour organiser la résistance.

La classe ouvrière a la justice pour elle. Le mouvement de la classe ouvrière va dans le sens du mouvement naturel de l'histoire. Pour s'épanouir et pour prospérer, la classe ouvrière n'a pas besoin des riches et de leurs monopoles mondiaux. Les monopoles suppriment l'édification nationale puisqu'ils soutirent le produit social de l'économie et le gaspillent dans des guerres et dans une vie luxueuse partout dans le monde. Ceci doit être renversé. Les riches et leurs monopoles veulent une classe ouvrière tranquille, accommodante et faible afin de poursuivre leur régime d'exploitation et d'oppression. La classe ouvrière n'a besoin de rien de la part des riches et de leurs monopoles si ce n'est de voir la fin de leur système impérialiste d'États. Les travailleurs doivent se lever debout et organiser leur classe pour défendre les droits de tous et faire avancer le Canada vers de nouveaux arrangements. En reconnaissant la faiblesse du mouvement de la classe ouvrière et en changeant la situation par une participation consciente, la force potentielle de la classe ouvrière surgit et devient une force véritable, alors que la puissance apparente des riches et de leurs monopoles commence à faiblir.

Joignez-vous au mouvement pour bâtir une Opposition ouvrière !

Contacter le Centre ouvrier du PCC(M-L) à centreouvrier@cpcml.ca.

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Secteur public au Québec

Appuyons la juste lutte des infirmières!

Le 2 juillet, la Fédération interprofessionnelle de la santé du Québec (FIQ), qui représente 58 000 infirmières, infirmières auxiliaires, inhalothérapeutes et perfusionistes, a annoncé qu'elle avait rompu les négociations avec le gouvernement Charest. Selon la FIQ, le gouvernement Charest insiste pour que la FIQ accepte les mêmes conditions comprises dans les ententes de principe sectorielles conclues avec les autres syndicats en soins de santé et en travail social du Front commun, malgré le fait que la FIQ ait clairement affirmé que ces conditions ne sont pas acceptables pour ses membres. Selon la FIQ, un des points de litige est le fait que les ententes de principe remettent entre les mains de comités employés-administration des questions importantes comme la privatisation du système de santé, au lieu de prendre des mesures concrètes qui restreignent la privation tout azimut qui, en ce qui concerne les infirmières, s'effectue notamment par l'utilisation des agences privées de personnel.

La FIQ dénonce le diktat du gouvernement Charest qu'elle qualifie de décret déguisé. Elle exige que le gouvernement satisfasse à sa revendication de réorganiser les horaires de travail. La FIQ propose que chaque employé à temps plein travaille quatre jours par semaine, et dans certains cas trois jours par semaine. Il s'agirait d'augmenter les heures au-delà du modèle d'horaire de huit heures, avec différents modèles dépendant des conditions. Par exemple, une employée pourrait travailler quatre jours par semaine, pour un total de 33 heures, et être payée pour 36 heures. La FIQ propose d'utiliser un certain nombre de journées de maladie et de congés fériés pour combler une partie des salaires pour payer les heures en plus et elle demande que le gouvernement fournisse l'argent pour payer le reste de ces heures. La FIQ favorise une structure de postes à temps plein pour tous les employés. Cependant, elle propose un mécanisme de transition qui mènerait graduellement à des postes à temps plein pour tous. Cette réorganisation serait basée sur la transformation en postes à temps plein du plus grand nombre possible de postes à temps partiel. Selon la FIQ, cette transformation réduirait de beaucoup le nombres d'heures supplémentaires obligatoires imposées actuellement aux infirmières, qui est intenable. L'imposition de deux ou trois quarts de travail de 16 heures, par semaine, est devenu chose fréquente pour les infirmières. Cela réduirait aussi le recours aux agences privées. Le fait de fournir une stabilité aux conditions de travail des infirmières contribuerait à la rétention des infirmières dans le secteur public, et pourrait en attirer de nouvelles.

Le Marxiste-Léniniste appuie pleinement la juste lutte des infirmières, qui est la lutte de tous contre le démantèlement des services publics, et lance l'appel à tous les travailleurs à exiger que le gouvernement Charest accède à ces justes demandes.

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«On maintient délibérément les infirmières
dans la précarité»

LML : La FIQ a annoncé le 2 juillet qu'elle se retirait de la table sectorielle de négociations. Pour quelles raisons avez-vous quitté la table ?

Régine Laurent : La dernière fois que nous nous sommes rencontrés, le gouvernement nous a dit que nous n'avions pas le choix, que nous devions accepter ce que les autres syndicats du Front commun ont accepté à leurs tables sectorielles, que ce soit sur le réaménagement du temps de travail, les agences privées de placement, les primes pour celles qui travaillent aux soins intensifs et critiques, etc. Ces questions-là sont parmi nos priorités mais selon le gouvernement il n'y a rien ou presque plus rien à négocier. Ils nous ont dit qu'il faut accepter cela comme point de départ puis après on pourra parler d'autre chose. Nous avons dit au gouvernement que nous n'acceptons pas son décret déguisé qui nie notre droit de négocier nos conditions de travail.

La dernière offre du gouvernement est totalement inacceptable. Sur la question du réaménagement du temps de travail, il n'y a rien pour les travailleuses de jour. Nous avons beaucoup de membres qui travaillent de jour et sont âgés de 50 ans et plus. Elles aussi ont besoin de réaménagement de leur temps de travail et l'une des raisons c'est qu'elles vont prendre leur retraite bientôt et nous voulons les garder aussi longtemps que possible pour qu'elles aident à entraîner les nouvelles infirmières qui vont prendre leur place. Nous sommes allées très loin dans nos propositions pour obtenir quelque chose pour ces infirmières de jour. Nous avons dit au gouvernement que puisqu'il ne veut pas réaménager leur temps de travail dans tout le réseau, alors choisissons certaines institutions où il y a une masse critique d'infirmières de jour qui ont plus de 50 ans et commençons par là. Mais le gouvernement refuse.

Il y a pire encore. Le gouvernement nous dit qu'il est prêt à accepter notre proposition de réaménagement du temps de travail si les infirmières financent le projet avec leurs vacances. Au lieu de prendre un mois de vacances, elles devraient prendre seulement deux semaines et sacrifier dix jours pour financer le réaménagement.

Ce qu'il faut comprendre c'est que le gouvernement ne veut pas investir un sou dans le système de santé. Si les travailleuses veulent quelque chose, elles doivent le payer elles-mêmes. Sur cette question encore une fois nous sommes allées très loin pour obtenir le réaménagement du temps de travail. Nous avons proposé d'utiliser certains de nos congés fériés et de nos journées de maladie pour financer notre proposition. Nos propositions créent 200 millions $ que le gouvernement peut utiliser pour financer le réaménagement. Nous demandons au gouvernement de fournir l'autre 100 millions $ qui est nécessaire. Ce n'est pas grand chose surtout si l'on considère que le gouvernement va sauver beaucoup d'argent en réduisant le temps supplémentaire et en n'ayant pas recours aux agences privées de placement. Le 100 millions $ va être récupéré très rapidement. Il n'est pas question pour nous d'utiliser nos vacances pour financer le réaménagement du temps de travail. Nos infirmières sont épuisées et elles ont besoin de tout le temps de vacances qu'elles peuvent avoir. On nous demande de tout financer tandis que c'est le gouvernement qui va empocher l'argent épargné. De plus, et c'est là l'aspect le plus important, le réaménagement amènerait un peu de stabilité dans le système et dans les vies de nos infirmières. Mais ça n'est pas ce que veut le gouvernement. Il ne nous dit pas ce qu'il veut mais ça n'est pas difficile de comprendre qu'il veut ouvrir les portes encore plus grandes ouvertes à la privatisation des services publics. C'est ce que lui dicte son idéologie même si cela a un impact négatif sur les gens et coûte beaucoup plus cher au système que ce qui est public.

Puis il y a la question des primes. Le gouvernement a accepté d'étendre les primes qui sont touchées présentement par celles qui travaillent aux soins intensifs à celles qui travaillent aux soins critiques. C'est nécessaire de faire cela parce que les soins deviennent de plus en plus complexes. Donc les primes existantes sont augmentées et les primes sont également étendues aux soins critiques mais le gouvernement nous dit maintenant que pour obtenir les primes entières les infirmières ne doivent jamais manquer de jours de travail. Si elles le font, les primes sont réduites proportionnellement. Selon nous c'est une gifle à la face de nos infirmières. C'est ça la récompense que nous obtenons pour tous les sacrifices que nous faisons pour maintenir le système de santé en vie à bout de bras. C'est aussi très humiliant pour les femmes et la grande majorité de nos membres sont des femmes. Si elles doivent s'absenter une journée pour amener un parent âgé à l'hôpital ou veiller sur un enfant malade, elles perdent une partie de leurs primes. C'est totalement inacceptable. Nous avons toujours revendiqué des primes pour celles qui travaillent aux soins intensifs et critiques mais de façon conditionnelle à notre présence au travail.

Nous avons donc quitté la table de négociations et nous n'y retournerons pas tant que nous ne serons pas dans un processus réel de négociation sur la base de nos revendications. Nous sommes déterminées à obtenir une convention collective qui contribue à résoudre les problèmes sérieux auxquels nous faisons face. Nous jouissons de l'appui de la population du Québec et à ce sujet notre pétition par laquelle les gens appuient nos revendications va très bien.

LML : Selon la FIQ, la précarité de l'emploi est au centre des attaques du gouvernement Charest dans la santé. Comment voyez-vous cela ?

RL : Le gouvernement Charest maintient délibérément les infirmières dans la précarité. Il y a environ 40 % des infirmières qui sont à temps partiel et 60 % sont des infirmières auxiliaires. Même si ces infirmières ont du travail en ce moment dans le contexte de pénurie, elles n'ont toujours pas d'emploi stable et on ne leur garantit que deux jours de travail par semaine. C'est ce qui permet aux employeurs de faire comme bon leur semble. Nos gens sont pénalisés. Essayez d'obtenir une hypothèque quand votre emploi ne vous garantit que deux jours de travail par semaine. Nous visons une situation de précarité structurelle même si en ce moment nos infirmières travaillent plus que deux jours semaine. Si l'employeur décide d'avoir recours aux agences privées de placement, nos infirmières perdront des journées de travail. Le problème c'est qu'elles n'ont pas d'emploi stable. Nous ne cessons de dire au gouvernement qu'il a besoin de ces infirmières. Si le gouvernement ne veut pas garantir une position à temps plein à toutes les infirmières, au moins il devrait leur garantir sept jours de travail par deux semaines plutôt que quatre comme c'est le cas maintenant. Le système de santé a besoin des infirmières. Le gouvernement ne veut pas réduire cette précarité. Il veut la maintenir au nom de la soi-disant flexibilité, ce qui veut dire avoir recours de plus en plus aux agences privées de placement et maintenir le système dans une situation de chaos.

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