Le Marxiste-Léniniste

Numéro 124 - 15 juillet 2010

Manifestations du G20

Non à la criminalisation de la dissidence!


Toronto, le 10 juillet  2010

Manifestations du G20
Raisonnement douteux du gouvernement Harper pour nier sa responsabilité dans la répression de l'État
Manifestations à Toronto et Halifax
Les audiences pour la caution des manifestants du G20 se poursuivent
Lancement d'une enquête populaire sur la violence policière - Le réseau de mobilisation communautaire de Toronto
Lettre ouverte de juristes canadiens au ministre de la Sécurité publique

Préparatifs de guerre en Amérique centrale
46 navires de guerre et 7 000 marines étasuniens en route vers le Costa Rica? - Scott Oliver, WeLoveCostaRica.com
La Garde côtière expédie des navires et du personnel au Costa Rica afin de menacer le Nicaragua - Wayne Madsen Report (WMR)
Le Honduras va construire une nouvelle base militaire

Accueil | Archives | English

Manifestations du G20

Raisonnement douteux du gouvernement Harper pour nier sa responsabilité dans la répression de l'État

Les médias rapportent que le Comité permanent pour la sécurité publique et nationale a tenu une réunion d'urgence le 12 juillet pour débattre d'une motion déposée par un député de l'opposition demandant une enquête dès cet été sur la sécurité lors du G20. Selon les reportages, les députés du gouvernement Harper y sont allés d'obstructionnisme pour empêcher que le Comité ne vote sur la motion et à la fin, le président du Comité, qui est du même parti que Harper, a refusé de procéder au vote. Une autre réunion du Comité permanent se tiendra selon toute probabilité la semaine prochaine.

Pour les voix qui s'élèvent pour exiger une enquête sur ce qui s'est passé au nom de la sécurité au G20, il est important de voir comment le gouvernement Harper tente d'esquiver toute responsabilité pour la répression d'État exercée avant, pendant et après les événements. Bob Dechert, le député conservateur de Mississauga-Erindale, a déclaré, selon les médias, qu'il craint que les anarchistes et autres manifestants se servent des séances aux communes pour se gagner de la sympathie. « Ils cherchent l'attention des médias pour dire qu'ils ont été maltraités par la police et peut-être essayer de passer le message qu'ils n'ont pas réussi à passer pendant les manifestations, parce qu'ils étaient trop occupés à essayer de perturber ces sommets au moyen de tactiques ridicules, pour ne pas dire extrêmement criminelles. »

Le député conservateur de la circonscription d'Oxford, Dave Mackenzie, ancien chef de police de Woodstock, a dit, toujours selon les reportages, que le Comité doit « rejeter les tentatives d'imposer l'ordre du jour des foules déchaînées... qui ont mis le feu à des autos-patrouilles et ont eu recours au vandalisme pendant le G20 à Toronto ». Il a dit que la tenue d'une enquête par le Comité pendant l'été serait prématurée puisque, entre autres, la Commission des services de police de Toronto mène déjà son enquête et qu'on devrait lui donner le temps de la conclure.

D'autres membres conservateurs du Comité auraient dit que la demande d'une enquête du Comité des communes n'est qu'un coup d'éclat de bas-étage de la part de ceux qui veulent marquer des points politiques à la Chambre des communes contre le gouvernement Harper. « De vouloir réunir à nouveau d'urgence ce comité n'est rien d'autre qu'un coup d'éclat politique de bas-étage », a dit le député conservateur pour la circonscription de Peterborough, Dean Del Mastro.

Voilà avec quels raisonnements douteux on tente de détourner l'attention des inquiétudes des Canadiens face à la criminalisation de la dissidence et à la répression généralisée de l'État contre eux au nom de la sécurité. Les gens refusent d'oublier, et encore moins de pardonner, les tactiques de Gestapo utilisées contre les manifestants et les passants, et ils refusent d'accepter la criminalisation du droit de protester contre des institutions impérialistes violentes que sont le G8/G20. Le gouvernement ne s'en sauvera pas en dénigrant les citoyens et en se cachant derrière les forces policières. Le peuple veut savoir ce qui s'est passé au G20 et ne veut pas être détourné de son objectif, qui est d'obtenir des réponses à ses questions et ainsi mettre un terme à la suppression du droit à la protestation politique par l'État.

Haut de page


Manifestations à Toronto et Halifax

Partout au pays, les Canadiens continuent de dénoncer la violence policière lors des sommets G8/20 et d'exiger la tenue d'une enquête publique indépendante sur ce qui s'est passé. Le 10 juillet, les citoyens concernés ont tenu des rassemblements dans plusieurs villes du pays dont Halifax, Montréal, Kingston, Toronto et Windsor. Nous reproduisons ci-dessous les rapports et les photos de Toronto et de Halifax.

Toronto

Le 10 juillet, des milliers de personnes se sont rassemblées à Queen's Park à Toronto et ont marché sur la rue Spadina jusqu'au Metro Convention Centre, reprenant possession du chemin menant au site du G20, route que des milliers de policiers anti-émeute avaient bloquée il y a deux semaines. Les manifestants étaient en grande majorité des jeunes et la plupart d'entre eux avaient participé aux journées d'action contre le sommet du G8/20 et avaient courageusement confronté la répression d'État. Au fur et à mesure que la marche avançait, d'autres personnes s'y joignaient et les organisateurs estiment que 5 000 personnes ont participé à la journée d'action. L'action a été approuvée par des syndicats, des organisations pour la paix et les droits civiques, des organisations étudiantes et plusieurs autres, exigeant la tenue d'une enquête publique indépendante sur les agissements de l'État et des forces de la sécurité durant le G20. Les orateurs ont dénoncé les tactiques policières empruntées à la Gestapo pendant le G20, ont exprimé leur mépris envers le profilage racial de la police, que ce soit sur la base d'être Québécois, jeune ou issu d'une minorité nationale, ou encore d'être gai/lesbienne ou transgenre. Ils ont déclaré qu'ils « n'oublieront » pas ce qui s'est passé pour « mieux profiter de l'été », comme le proposent plusieurs élus municipaux. Ils ont dénoncé la résolution adoptée à l'unanimité au Conseil municipal de Toronto la semaine dernière en appui au travail des forces policières lors du G20.

Parmi les orateurs, il y avait des jeunes femmes du Réseau de mobilisation communautaire de Toronto (RMCT) et du Comité de défense du mouvement (CDM) et l'une d'elle était porte-parole des familles des organisateurs qui sont toujours incarcérés ou qui ont été libérés sous assignation à domicile. Elles ont fait valoir que la violence policière vécue pendant le G20 fait partie de l'expérience quotidienne des peuples autochtones, des sans-abri, des pauvres et des communautés des minorités nationales. L'oratrice du RMCT a affirmé que nous assistons à la criminalisation de la dissidence – les personnes emprisonnées sont des prisonniers politiques et doivent être relâchées immédiatement. Elle a expliqué que pendant le G20, la police a illégalement relevé les empreintes digitales et photographié des milliers de personnes sur la base de leur prise de position politique.






La porte-parole du RMCT a exprimé la colère ressentie par tout le monde contre une telle brutalité et répression et a affirmé que la lutte va se poursuivre. Elle a dit que bien qu'il soit nécessaire d'exiger une enquête, nous savons que de telles enquêtes ont eu lieu au lendemain de tous les G8/G20 et que rien n'a changé. Des les responsables doivent être congédiés pour ce qui est arrivé – non seulement parmi les corps policiers mais aussi des décideurs, y compris les gens responsables aux échelons supérieurs. Les nouvelles armes de la police valant plusieurs millions de dollars doivent être confisquées afin qu'elles ne puissent plus être utilisées contre nous, a-t-elle dit. Les dirigeants du G8/G20 parlent de dix ans d'austérité, ce qui veut dire que l'opposition à ces politiques violentes et la répression du peuple vont se poursuivre, a-t-elle dit. Selon elle, on tente de prendre au piège les principaux organisateurs dans des procédures légales qui s'éterniseront devant les tribunaux. Elle a affirmé : « Nous ne serons libres que lorsque tout le monde sera libre ! »

La jeune femme représentant des organisateurs toujours détenus a dit que l'une des cinq personnes libérées sous peu lui avait demandé : « À quoi servent des droits s'ils peuvent nous être retirés ? » Elle a réitéré que c'est le peuple qui a manifesté son pouvoir dans les rues de Toronto pendant le G20 et que nous devons continuer d'organiser et de manifester, tout en luttant pour la justice pour tous.

Halifax

Environ 130 personnes ont participé à un rassemblement au Square Parade situé au centre-ville de Halifax, suivi d'une marche au siège de la police régionale de Halifax. Parmi les intervenants il y avait des participants locaux dans les événements de Toronto, No One Is Illegal, un représentant du Conseil des Canadiens et l'activiste Isaac Saney qui a parlé au nom du PCC(M-L). Les articles du Marxiste-Léniniste ont été largement diffusés durant le rassemblement et la marche.


Haut de page


Les audiences pour la caution
des manifestants du G20 se poursuivent

Les audiences pour la caution des derniers détenus qui ont été injustement arrêtés pour leur participation aux manifestations de masse contre le sommet du G20 le week-end du 26 et 27 juin se sont poursuivies à la cour municipale de Toronto, près de trois semaines après les événements.

Le mardi 6 juillet, le procureur a présenté sa preuve contre les quinze prisonniers qui ont été conjointement inculpés. Les charges retenues contre eux sont complot pour commettre un méfait, dommages à la propriété de plus de 5000 $, complot pour assaut contre des policiers et complot pour obstruction à la police. Depuis ce jour, les prisonniers ont été amenés individuellement devant les tribunaux pour la présentation de la preuve par la défense de chaque accusé pour la caution et pour les modalités de remise en liberté.

Les conditions imposées ont été très sévères pour les six dont les audiences pour la caution ont été complétées le 13 juillet. Pour être libéré, chacun a été obligé de fournir et signer un cautionnement dont les garanties représentent des montants exceptionnellement élevés, pas moins de 85 000 $ au total, dans le cas de l'activiste montréalais Jaggi Singh. Il y des conditions semblables à l'assignation à résidence, qui interdisent à l'accusé de quitter non accompagné sa résidence sauf pour aller au travail, pour les rendez-vous médicaux, pour se rendre à la cour ou pour aller au bureau de son avocat.

Des audiences séparées reprendront le 15 juillet pour chacun des neuf détenus dont la cause en défense a été sans cesse reportée.

Haut de page


Lancement d'une enquête populaire
sur la violence policière

Des groupes communautaires demandent au public de leur faire parvenir des photos, des vidéos et des témoignages oculaires de la violence policière contre la population lors des sommets du G20 à Toronto. Ces preuves nous permettront de faire en sorte que ceux qui brutalisent et blessent des manifestants et ceux qui ont organisé et conspiré pour mettre en oeuvre la violence policière et la répression de milliers de personnes en subiront les conséquences.

Pour plus de détails, visiter http ://g20.torontomobilize.org/PeoplesInvestigation

« Les policiers, a dit Farrah Miranda du Réseau de mobilisation communautaire de Toronto, ont blessé un grand nombre de personnes dans la ville pendant que le G20 préparait ses plans pour détruire les programmes sociaux. Nous demandons l'aide du public pour exposer ces incidents et pour nous assurer que ces abus de pouvoir seront punis. Ces policiers voyous n'ont pas agis seuls, a-t-elle ajouté. Ils faisaient partie d'une conspiration organisée par les chefs de police et les politiciens qui ont mené à des blessures, à la détention d'organisateurs et aux arrestations en masse les plus vastes de l'histoire récente au Canada. Ces comportements ne doivent pas être louangés mais soumis à une enquête. »

Le Réseau de mobilisation communautaire de Toronto lance une enquête populaire indépendante sur les abus très nombreux et graves du pouvoir policier qui se sont produits pendant la réunion du G20 à Toronto de même que sur la collusion des élus dans la préparation et l'exécution de ces plans. Cette enquête populaire comprendra une représentation des groupes communautaires, des gens qui ont été détenus et blessés, des organisations non gouvernementales, des secteurs académiques, des professionnels médicaux et légaux et des communautés qui affrontent la répression policière à chaque jour.

L'enquête donnera lieu à un rapport qui demandera des punitions comme des congédiements et des accusations au criminel contre ceux qui sont responsables des abus et notamment :

1. de l'intimidation arbitraire, des fouilles, arrestations en masse et des conditions de détention horribles au centre de détention ;
2. des blessures nombreuses et souvent graves infligées aux manifestants, y compris lorsqu'ils étaient menottés ;
3. des fouilles à nu répétées et illégales, des menaces de viol et d'agression ;
4. de la discrimination contre les personnes sourdes, les femmes, les gais, lesbiennes et trans-sexuels, les Québécois, les organisateurs et d'autres personnes ;
5. de l'adoption de lois secrètes qui limitent les droits civils suivi de la mésinformation du public au sujet de ces lois.

Le Réseau de mobilisation communautaire de Toronto publie 6 photos d'abus policiers et demande au public d'aider à identifier les policiers impliqués (cliquer ici). Nous demandons aussi aux personnes de conscience au sein de la police et du gouvernement de révéler qui sont les décideurs dans cette affaire. Vous pouvez envoyer vos photos ou d'autre information pertinente à notre enquête à http ://g20.torontomobilize.org/PeoplesInvestigation, en envoyant un courriel à g20PoliceViolence@gmail.com et en affichant les photos, les compte-rendus et les vidéos à #G20PoliceViolence. Nous ne pouvons pas garantir la confidentialité de ces soumissions.

Les organisations du mouvement réclament toujours :

1. la libération immédiate de tous les protestataires contre le G20 ;
2. l'abandon de toutes les accusations ;
3. le congédiement et la poursuite en justice de tous ceux qui sont responsables d'avoir ordonné la violence policière et les abus ;
4. l'abolition du G20.

« Toutes les blessures graves que nous avons vues et traitées ont été causées par la violence policière », a dit le docteur Abeer Majeed des Médecins de la rue à Toronto. « Nous n'avons vu aucun cas d'agents de police ou de passants qui auraient été blessés par des manifestants. Les abus policiers dont nous avons été témoins ont causé des blessures et des traumatismes sérieux et ont grandement ébranlé la confiance du public. Il faut rétablir l'imputabilité et il faut que ceux qui ont commis des actions aussi insensées, violentes et dangereuses en subissent les conséquences. » « Si ces abus de pouvoir ne sont pas punis, a dit Jean McDonald, une étudiante à l'Université York qui a été blessée à la main par la police, la répression comme celle-là va se répéter lorsque nos communautés vont s'opposer aux coupures et aux difficultés imposées par les politiques d'austérité du G20. Cela fait longtemps que la violence policière frappe les communautés racialisées. Toutes nos communautés sont unies et les politiciens et la police sont hors de contrôle. Nous devons faire en sorte que ceux qui conspirent pour blesser les gens de quelque communauté que ce soit ne puissent pas s'en tirer à bon compte ni maintenant ni jamais. »

Haut de page


Lettre ouverte de juristes canadiens
au ministre de la Sécurité publique

Monsieur le ministre de la Sécurité publique Vic Toews,

Nous vous écrivons pour exprimer notre désarroi en réaction aux comptes-rendus qui ont été faits de la conduite du Groupe intégré de la sécurité du G8 et du G20 (ci-après le « GIS ») pendant le sommet du G20 qui a récemment eu lieu à Toronto. Nous vous enjoignons de même à poser des gestes concrets afin d'assurer que les libertés civiles au Canada ne soient pas minées lors de manifestations politiques.

À titre de professeurs de droit et d'avocats, mais surtout en tant que citoyens, nous sommes extrêmement préoccupés par les rapports qui nous parviennent de violations massives des libertés civiles qui auraient été commises par des membres du GIS et nous vous exhortons à lancer une enquête indépendante sur les fouilles, saisies et arrestations effectuées dans le cadre des manifestations au sommet du G20, ainsi que sur les conditions de détention des personnes arrêtées.

Triste tendance

Malheureusement, les arrestations de masse qui ont eu lieu lors du G20 semblent s'inscrire dans une tendance vers la criminalisation de la dissidence au Canada. Les forces policières canadiennes ont de plus en plus recours aux arrestations de masse durant les manifestations politiques, ne relâchant les manifestants qu'ensuite, après la tenue de l'événement faisant l'objet de la contestation, et dans plusieurs cas, sans le moindre chef d'accusation.

Bien que la police ait la responsabilité d'arrêter les individus qui sont directement impliqués dans la destruction de biens (que ce soit dans le cadre d'une manifestation ou non), cela ne justifie aucunement les arrestations de masse. Cette tactique est non seulement une violation claire des libertés d'opinion, d'expression, d'association et de réunion, mais constitue également une forme de détention arbitraire qui viole le droit à la présomption d'innocence.

En 2005, ayant noté le recours de la police canadienne à de telles arrestations massives et le caractère arbitraire de celles-ci au sens du Pacte international relatif aux droits civils et politiques, le Comité des droits de l'homme de l'ONU a exhorté le Canada à s'assurer que le droit des personnes de participer pacifiquement à des manifestations sociales soit respecté et à s'assurer que seuls ceux et celles qui commettent des actes criminels soient arrêtés.

Plus de 900 arrestations ont été faites durant le sommet du G20 ; il semble qu'une majorité écrasante ait été relâchée sans chefs d'accusation. Ces faits tendent à démontrer que le Canada a fait fi de l'exhortation du Comité de l'ONU.

Motif raisonnable

En plus des arrestations de masse, des rapports d'observateurs indépendants, comme ceux de l'Association canadienne des libertés civiles, indiquent que des membres du GIS ont systématiquement fouillé et détenu des citoyens sans motif raisonnable. Si la preuve vidéo et les témoignages directs rapportés dans les médias traditionnels ou alternatifs sont représentatifs des tactiques du GIS, ces violations se chiffrent certainement dans les milliers.

Dans au moins certains des cas, des membres du GIS ont prétendu avoir expressément reçu, par le biais d'un règlement adopté en vertu de la Loi sur la protection des ouvrages publics de l'Ontario, le pouvoir de placer en détention et de fouiller des citoyens sans motif raisonnable. Comme vous le savez, le chef de police de Toronto, M. Bill Blair, a par la suite admis que les membres du GIS s'étaient trompés quant aux pouvoirs qui leur avaient été conférés par ce règlement.

Droits facultatifs ?

De plus, les comptes-rendus des conditions dans le centre de détention improvisé de l'avenue Eastern sont extrêmement troublants. Des témoignages crédibles qui attestent du surpeuplement du centre, de l'approvisionnement insuffisant en nourriture et en eau fraîche, de menaces de mauvais traitements de la part de membres du GIS, dont des menaces de viol envers des détenues féminines, nous portent à croire que le droit à la sécurité de la personne des détenus a été violé.

Les détenus se sont aussi apparemment vu refuser le droit à un avocat ainsi que le droit d'être informés de la raison de leur détention. Les droits prévus à la Charte canadienne des droits et libertés ne sont pas facultatifs. Dans une société libre et démocratique, il est impératif que les libertés civiles soient respectées par la police, même lorsque cela leur complique la tâche.

Monsieur le Ministre, nous ne pouvons concilier les témoignages oculaires et les rapports provenant des médias sur les manifestations du G20 avec votre déclaration du 28 juin 2010, où vous affirmiez que le GIS a agi avec « professionnalisme » et où vous remerciez les membres du GIS pour leur « travail exceptionnel ». Nous vous demandons donc d'ouvrir une enquête complète et indépendante sur les actes posés par le GIS durant le G20.

(Cliquer ici pour la liste complète des signataires)

Haut de page


Préparatifs de guerre en Amérique centrale

46 navires de guerre et 7 000 marines
étasuniens en route vers le Costa Rica?

Le 2 juillet 2010, le Congrès de Costa Rica a autorisé l'accès de 46 navires de guerre étasuniens capables de transporter 200 hélicoptères et avions de guerre, plus 7 000 marines « qui pourront circuler en uniforme par tout le pays sans restriction aucune », avec, en plus, des navires qui coulent des sous-marins, sur la côte de Costa Rica dans le but d'y mener « des opérations antidrogue et des missions humanitaires » du 1er juillet 2010 au 31 décembre 2010.

Avec une telle puissance d'armes capable de détruire un pays au complet, on peut bien imaginer que ce sera une « guerre contre la drogue » dans le sens le plus strict. S'il s'agissait d'une véritable « guerre contre la drogue », on serait en droit de s'attendre à des résultats foudroyants, n'est-ce pas ?

Les politiciens qui représentent les partis politiques, l'Accion Ciudadana (PAC), l'Unidad Social Cristiana (PUSC) et le Frente Amplio (FA), s'opposent à cette autorisation. Ils disent que la puissance destructrice des navires, des hélicoptères et de 7 000 marines est une force « démesurée pour la lutte contre le trafic de narcotiques ».

Dimanche, la présidente de Costa Rica, Laura Chinchilla, a dit que le gouvernement n'a pas l'intention de militariser la lutte contre la drogue et le ministre de la Sécurité publique, José Maria Tijerino, a répété que cette énorme et puissante force militaire serait sous le commandement des gardes côtières des États-Unis et non de la marine étasunienne.

Je ne crois pas que les Costaricains, les narco-trafiquants et nous, expatriés, verrons la différence...

Quelques pensées qui me trottent dans la tête ?

1. À ma connaissance, à l'heure actuelle, le Costa Rica ne souffre d'aucune crise « humanitaire ».

2. L'article ne précise pas la nature des « missions humanitaires ».

3. L'article ne mentionne pas le lieu de ces « missions humanitaires ».

4. Quand on sait quels massacres vraiment horribles sont liés aux crimes de la drogue, comme au Mexique, ne serait-il pas plus utile de mener ce genre d'« opérations antinarcotiques » à artillerie lourde au nord du Mexique ?

5. Sans doute serait-il plus approprié de mener des « missions humanitaires » dans le golfe du Mexique où progresse actuellement la catastrophe environnementale sans doute la plus grave au monde.

6. Le 10 juillet 2010, on a annoncé que : « Le Honduras construira une nouvelle base militaire dans les Antilles, en plus d'une autre base militaire qui a été construite à partir de fonds provenant des États-Unis dans la même région sous prétexte de combattre le trafic de narcotiques. » Le mois d'avril dernier, Washington a investi 2 million $ dans une base tout près de la frontière adjacente au Nicaragua et la base militaire est « sous la supervision du Commandement du Sud des États-Unis ».

7. Puisque le Commandement du Sud des États-Unis (SOUTHCOM) est basé à Miami, en Floride, est-ce possible que ces importants navires de guerre et les 7 000 marines fuient quelque chose d'infiniment plus dangereux dans le golfe du Mexique ?

8. L'« aire de responsabilité » de SOUTHCOM englobe 31 pays et 19 territoires. La région représente environ un sixième du territoire mondial assigné à des commandements régionaux unifiés. La nature de la responsabilité en question n'est pas expliquée.

9. L'article ne précise pas si ces navires patrouilleraient la côte du Pacifique ou celle de l'Atlantique mais d'une façon ou d'une autre, est-ce possible qu'ils se dirigent vers le Venezuela ? Par démonstration de force ou dans un but plus sérieux ?

10. Savons-nous si un de ces navires transporte des armes nucléaires ?

Un autre représentant politique, Francisco Chacon, a défendu l'arrivée des forces étasuniennes en disant « qu'elles contribueraient à des efforts humanitaires, qu'elles construiraient des écoles et qu'elles combattraient les trafiquants de drogues ».

Si ces 7 000 marines étasuniens, ces 200 hélicoptères, ces avions de guerre et ces navires qui coulent des sous-marins viennent au Costa Rica pour contribuer à « l'effort humanitaire, à la construction d'écoles et à la guerre contre les trafiquants de drogue », peut-être pourrait-on leur demander de réparer la nouvelle autoroute vers Caldéra ? Avec une main-d'oeuvre aussi imposante, il suffirait d'une semaine pour accomplir le travail.

Haut de page


La Garde côtière expédie des navires et du personnel au Costa Rica afin de menacer le Nicaragua

Ayant mené à bien son coup d'État au Honduras contre le président Manuel Zelaya, l'administration impérialiste de Barack Obama est maintenant déterminée à évincer le président du Nicaragua, Daniel Ortega, en concentrant une présence massive de forces de la Garde côtière et de la marine étasuniennes dans le Costa Rica voisin, qui fut, en 1980, la base d'opérations pour les agissements de la CIA – soutenues par l'administration Reagan – en appui aux contras nicaraguayens.

Les porte-parole du gouvernement du Costa Rica, dont la présidente Laura Chinchilla, le vice-président Luis Lieberman Ginsburg, le ministre de la Sécurité, José Maria Tijerino, le commissaire à la lutte contre le trafic de drogues, Mauricio Boraschi, et le Congrès costaricain ont approuvé l'opération « Joint Patrol », c'est-à-dire 7 000 marines étasuniens, 46 navires, principalement de la Garde côtière, 200 hélicoptères et 10 avions de combat, convergeant tous vers le Costa Rica, qui n'a pas d'armée, du 1er juillet au 31 décembre.

Ces navires des Gardes côtières qui seraient utiles pour aider au nettoyage des fuites de pétrole dans le golfe du Mexique serviront plutôt à une opération qui cible vraisemblablement le gouvernement sandiniste du Nicaragua, lequel a suscité la colère d'Israël et de son allié sioniste à San José, au Costa Rica, le vice-président Lieberman, pour avoir coupé toute relation avec le régime de Tel Aviv suite à l'assaut d'Israël contre la flottille d'aide à Gaza.

La raison officielle donnée pour l'opération « Joint Patrol » est la lutte contre le trafic de drogues, mais peu de gens dans l'opposition et au Nicaragua croient que c'est là l'unique raison. On compare déjà cette opération au Plan Colombia, lequel ciblait les gouvernements du président vénézuélien, Hugo Chavez, et du président équatorien, Rafaël Correa, à partir du territoire colombien. L'opposition du Costa Rica a dénoncé le gouvernement Chinchilla pour sa militarisation du Costa Rica.

Il y a aussi des raisons de croire, selon les sources de WMR, que le vice-président costaricain, Lieberman, un sioniste notoire, s'est arrangé pour que des forces spéciales israéliennes entrent au Costa Rica pour participer aux opérations dirigées contre le gouvernement du Nicaragua.

Haut de page


Le Honduras va construire une nouvelle base militaire

Le Honduras va construire une nouvelle base militaire dans les Caraïbes, en plus de celle construite dans la même région grâce au financement des États-Unis sous prétexte de lutter contre le trafic de la drogue.

Le ministre des Affaires étrangères, Mario Canahuati a dit que la nouvelle base militaire sera à Guanaja, dans le département des Islas de la Bahia, mais il n'a pas donné d'autres détails.

En avril dernier, Washington et Tegucigalpa ont ouvert une base dans le département de Gracias a Dios, près de la frontière avec le Nicaragua, dans laquelle le gouvernement étasunien a investi 2 millions $.

La base militaire est coordonnée par les forces marines honduriennes mais sous la supervision du US Southern Command.

Les États-Unis ont également dans ce pays une base aérienne située à Palmerola, dans le département de Comayagua, où le président Manuel Zelaya a d'abord été amené après le coup d'État.

Les organisations populaires et les défenseurs des droits humains ont mis en garde contre un retour à la militarisation du pays après le coup d'État.

(Prensa Latina)

Haut de page


Lisez Le Marxiste-Léniniste
Site web:  www.pccml.ca   Courriel: redaction@cpcml.ca