Le Marxiste-Léniniste

Numéro 123 - 14 juillet 2010

Corruption et décadence au sein
de l'élite dominante du Canada

Corruption et décadence au sein de l'élite dominante du Canada - K.C. Adams
La brutalité des compagnies minières canadiennes au Guatemala!

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Corruption et décadence au sein
de l'élite dominante du Canada

La tentative de Frank et Belinda Stronach d'extorquer plus d'un milliard de dollars à Magna International Inc., une société inscrite en bourse, nous montre la profondeur de la déchéance des propriétaires du capital, de leurs alliés politiques et des institutions d'État.

Les ramifications de cette tentative d'extorsion exposent un système économique et politique en déchéance, corrompu, qui a fait son temps et qui laisse la place à de nouveaux arrangements. Les super riches, leurs monopoles, leurs représentants politiques et les institutions de l'État comme le droit commercial et la Commission des valeurs mobilières de l'Ontario (CVMO) sont liés aux institutions financières qui détiennent l'argent des pensions des travailleurs et d'autres fonds du même type. Ils représentent une partie d'un État capitaliste monopoliste au sein d'un système impérialiste d'États de l'oligarchie financière internationale. Les connections internationales deviennent évidentes si l'on considère qui sont les membres du Conseil d'administration de Magna et des opérations mondiales de Magna International. Les Stronach n'éprouvent aucune gêne à faire obstacle, comme ils le font, à l'édification d'une économie canadienne diversifiée qui subvient à ses besoins et qui utilise la valeur ajoutée produite au Canada pour se renforcer et servir l'intérêt général de la société. Ils se voient comme faisant partie de l'oligarchie financière internationale qui retire de l'argent de l'économie canadienne et l'utilise pour le luxe personnel, pour les paris sur les courses de chevaux ou les spéculations pour faire des coups de fortune partout dans le monde.

Frank et Belinda Stronach représentent une aristocratie à la fois naturelle et héréditaire qui cherche à réintroduire tous les droits et privilèges du pouvoir médiéval. L'oligarchie financière rejette toutes les définitions modernes et en particulier les droits du peuple et son pouvoir décisionnel sur toutes les affaires économiques et politiques, notamment son droit d'utiliser la propriété sociale comme Magna International Inc. au Canada et de distribuer le produit social.

Le fait que la famille Stronach ait la première réclamation sur le produit social créé par les travailleurs canadiens nous fait voir la cause des crises économiques et politiques du pays. L'accaparement de la richesse par les super riches fait baisser les salaires, les avantages sociaux et les pensions des travailleurs et crée un manque de fonds pour les programmes sociaux, les services publics, l'infrastructure et le renouveau économique et surtout pour la base manufacturière. Le retrait de valeur de l'économie socialisée par l'oligarchie financière est un facteur fondamental des crises économiques périodiques.

L'extorsion d'une partie de la propriété sociale par les Stronach concourt à la destruction nationale par les monopoles. Il y a longtemps que le mythe de l'entrepreneur brillant a perdu son emprise. Le propriétaire moderne du capital monopoliste ne réinvestit pas la propriété, il en retire de l'argent pour faire des coups de fortune, ce qui mine l'économie et cause crise après crise. Les parasites super riches bloquent le renouveau économique, politique et social et le progrès de la société.

Ceux qui sont intervenus directement pour appuyer cette tentative d'extorsion, ou pour s'y opposer pour des motifs intéressés, sont l'ex-premier ministre de l'Ontario Mike Harris, le Régime de pensions du Canada (RPC), le Régime de retraite des enseignantes et des enseignants de l'Ontario, la Caisse de dépôt et de placement du Québec et d'autres fonds de pension de même que plusieurs autres membres et institutions de l'État capitaliste monopoliste. Cette tentative obscène de faire un coup de fortune d'un milliard de dollars au détriment de l'économie canadienne et l'opposition libérale conciliatrice, qui se propose de limiter le montant de l'extorsion, montre combien il est nécessaire que la classe ouvrière s'organise politiquement en tant que classe en soi, par soi et pour soi, résolument opposée à la destruction et au diktat du capital monopoliste. La classe ouvrière doit bâtir des institutions économiques et politiques qui répondent aux définitions modernes de la démocratie, du pouvoir décisionnel du peuple et de l'intégrité et de la conscience sociale dans les affaires économiques et politiques.

Il est inacceptable que l'économie socialisée du Canada et les institutions politiques et autres de la machine d'État soient considérées comme étant le bien personnel de l'aristocratie privilégiée agissant en toute impunité. Nous sommes, bien au contraire, à l'ère où c'est le peuple qui doit s'investir du pouvoir économique et politique. C'est le peuple qui doit devenir le décideur dans toutes les affaires politiques, économiques et sociales d'un Canada populaire.

La politique et l'économie de notre monde moderne de la grande production socialisée doivent correspondre aux droits des véritables producteurs du produit social et des dispensateurs des services. Les producteurs et leurs alliés doivent s'organiser et combattre pour se doter du pouvoir afin d'être en mesure de contrôler et de décider de la direction des affaires économiques et politiques du Canada et de mettre fin à cette corruption qui ruine et détruit les affaires sociales, économiques et politiques de la nation. Il faut bannir l'utilisation des institutions publiques comme les grandes entreprises économiques pour l'enrichissement personnel et il faut bannir, dénoncer et punir sévèrement le privilège aristocratique en tant que corruption publique de la pire sorte.

La première réclamation au produit social de l'économie socialisée doit appartenir aux producteurs et la seconde aux gouvernements à tous niveaux pour servir l'intérêt général de la société. Les réclamations de l'aristocratie naturelle et héréditaire, dont font notamment partie Frank Stronach et son héritière Belinda, font blocage à la solution des problèmes sociaux, économiques et politiques du pays. Cette progéniture du capitalisme monopoliste se nourrit du mensonge et du mythe du capitalisme des temps passés. Frank Stronach n'a rien produit ni inventé de nouveau. Il a servi les intérêts des monopoles internationaux de l'automobile qui veulent que la production des pièces d'autos se fasse dans un environnement non syndiqué, censément distinct des monopoles de l'automobile, alors qu'en fait c'est seulement la dénomination sociale qui change. Il a servi d'allié docile aux monopoles de l'automobile et leurs subventions de l'État pour concentrer le capital dans les mains d'une poignée et miner le mouvement de la classe ouvrière, surtout des membres des Travailleurs canadiens de l'automobile, pour empêcher que les travailleurs d'usines n'aient leur propre conception du monde et leur propre forme organisationnelle qu'ils contrôlent de façon indépendante des monopoles et de leur machine d'État.

Les premières années, Magna International a symbolisé le début de l'attaque concertée contre le contrat social de l'après-Deuxième Guerre mondiale entre le capital et le travail. Sans la connivence active des monopoles de l'auto et de l'État dans la préparation des conditions pour la destruction unilatérale du contrat social et notamment des salaires à un standard canadien, des avantages sociaux et des pensions, Magna n'aurait même jamais pris son envol. Elle n'aurait jamais reçu de contrats de production de pièces. L'ascension de Magna a été le miroir de ce qui s'est produit aux États-Unis et au Japon, où les manufacturiers « indépendants » de pièces automobiles ont joué un rôle de premier plan dans l'écrasement du mouvement syndical des travailleurs de l'automobile et la réorganisation périodique de la production automobile grâce à la loi sur les faillites d'entreprises et aux subventions d'État.

Magna International est une création du capitalisme mondial néolibéral et de la machine d'État. Ça n'est pas un hasard si le directeur de Magna, qui préside à la tentative d'extorsion d'un milliard de Stronach, est nul autre que l'ex-premier ministre de l'Ontario Mike Harris, celui-là même qui a poursuivi l'offensive antisociale du premier ministre néo-démocrate Bob Rae et a fait de la « révolution du bon sens » une attaque généralisée contre la classe ouvrière et les plus vulnérables de la société, la politique officielle de la province la plus peuplée et la plus industrialisée du Canada.

Les travailleurs doivent dénoncer la tentative d'extorsion de Stronach avec tout le mépris qu'elle mérite et en saisir l'occasion pour insuffler un nouvel élan à l'effort pour s'organiser en une puissante Opposition ouvrière. Seuls la classe ouvrière organisée en soi, par soi et pour soi et ses alliés rassemblés en un front uni sont en mesure de mettre fin au privilège aristocratique des propriétaires du capital. Nous avons besoin de l'Opposition ouvrière pour combattre pour le renouveau démocratique et pour bâtir l'alternative prosociale.

La famille Stronach tente sa chance à la roue de fortune

Frank et Belinda Stronach possèdent ce qu'on appelle le Trust Stronach et les actions Magna de classe B. Bien que la propriété de Magna International repose sur son stock d'actions de classe A, le contrôle de l'entreprise est exercé par le Trust Stronach et les actions votantes de classe B. Le Trust Stronach exerce un contrôle absolu sur Magna et sur la valeur ajoutée produite chaque année par les travailleurs de Magna, par le biais de la propriété des 726 829 actions de classe B qui représentent chacune 300 votes. Les actions de classe A n'ont qu'un vote par action, ce qui donne aux actions de classe B un contrôle et un pouvoir absolus. Les classes A et B ont à peu près la même valeur sur le marché. La valeur actuelle d'une action de classe A sur le marché est de 71 $. Dans sa tentative d'extorsion, Stronach estime la valeur de chacune de ses actions de classe B à 1187 $.

Stronach veut échanger ses 726 829 actions de classe B pour environ 12,5 actions de classe A pour chacune de ses actions de classe B, ce qui représente 9 millions d'actions de classe A avec chacune un vote. Il demande en plus 300 millions $ en argent comptant, une garantie de 120 millions $ en frais de consultant et le contrôle d'un Trust conjoint CyberVoiture Magna/Stronach. Les médias ont commenté ce projet CyberVoiture dans les termes suivants : « Magna investira 220 millions $ alors qu'un groupe Stronach y mettra 80 millions $. Stronach va néanmoins contrôler indirectement le projet en ayant 3 des 5 directeurs sur le conseil d'administration. On peut parler d'un mini-Magna dans lequel Stronach possède très peu d'actions mais a un contrôle majoritaire », a fait remarquer un spécialiste de l'investissement financier.

Les actions de classe B de Magna représentent moins de 1 % du total du portefeuille d'actions de classe A et B. La famille Stronach prétend qu'elle va abandonner son contrôle absolu de l'entreprise en échangeant ses actions de classe B pour des actions de classe A, en plus du montant en argent comptant et d'autres mesures qui se chiffrent à plus d'un milliard de dollars. L'extorsion constitue à la fois une réclamation au nouveau revenu de Magna et un transfert de valeur existante présentement dans les mains d'autres groupes comme le Régime de pensions du Canada.

La création de 9 millions de nouvelles actions de classe A pour Stronach dilue de beaucoup la valeur des 112 millions d'actions restantes de classe A de Magna. La valeur combinée des nouvelles actions et du 300 millions $ en argent comptant représente environ 10 % de la valeur de l'entreprise sur le marché.

Selon les Stronach, leur dictature complète sur l'entreprise les autorise à détourner des millions de dollars de valeur ajoutée dans leurs poches chaque année, non pas en tant que dividendes qu'ils reçoivent déjà sur le portefeuille d'actions, mais en tant que « frais de consultants ». Les contrats annuels de Stronach en tant que « consultant » pour Magna représentent plus de 3 % de la réclamation de l'entreprise au revenu. Les Stronach vont recevoir ces millions de dollars en frais de consultants et en d'autres frais en plus des paiements en dividendes sur leurs actions de classe A et B, de leurs salaires comme dirigeants exécutifs et des récompenses diverses, comme des options sur les actions et les paiements de dépenses. Il y a trois ans, par exemple, Magna a vendu des parts de Magna à l'oligarque financier Oleg Deripaska. Les médias de masse ont rapporté que l'entente a causé un émoi parce qu'elle a été accompagnée de dividendes supplémentaires, de frais et de paiements pour les Stronach et pour d'autres membres de la direction.

Les Stronach prétendent que puisqu'ils vont abandonner une composante de leur privilège de classe et de leur droit de monopole, il est normal qu'ils soient grassement récompensés.

La structure à deux paliers du capital social est quelque chose de courant dans les « entreprises familiales » qui ont vendu il y a longtemps des actions de l'entreprise. Quand elles cherchent à éliminer cette structure à deux paliers, les familles essaient d'arracher de l'argent aux actionnaires ordinaires mais personne n'arrive à la cheville de Stronach en cette matière.

Les Stronach demandent 120 millions $ en frais de consultants pendant les quatre prochaines années. Stronach a l'habitude d'extorquer des « frais de consultants » au revenu de Magna en plus de ses paiements de dividendes et de son salaire de dirigeant exécutif. Selon l'analyse de la firme-conseil en matière de sollicitation de procurations Glass Lewis, depuis 2002, Magna a versé à Stronach 213,7 millions $ en frais de consultants. Ces paiements de « consultants » à Frank Stronach lui sont versés depuis des décennies et on estime leur montant à 20 millions $ par année en moyenne.

Le trust familial contrôle Magna depuis 32 ans grâce aux actions de classe B qui représentent deux-tiers des votes mais moins de 1 % du portefeuille d'actions de l'entreprise. Si l'extorsion réussit, le Trust Stronach sera encore le plus gros actionnaire, avec 7,4 % du total des actions. Frank et Belinda Stronach possèdent déjà des millions d'actions de classe A.

Le total incluant les frais de consultants se monte à environ 1 milliard $ pour le Trust Stronach, en échange des actions de classe B et de leur privilège en votes, mais il y a plus encore. Les Stronach veulent en plus que Magna forme un nouveau projet conjoint CyberVoiture entre le Trust Stronach et Magna que les Stronach posséderaient à 27 % mais dont ils contrôleraient trois des cinq membres du conseil d'administration, selon un stratagème qui rappelle la structure à deux paliers en vigueur à Magna Inc.

La tentative d'extorsion sera mise au vote des actionnaires le 23 juillet. Rappelons que plusieurs détenteurs d'actions de classe A de Magna croient en ce moment que si le marché est conclu, cela fera monter le prix de ces actions. On considère généralement parmi l'oligarchie financière que la structure à deux paliers nuit à la valeur des actions ordinaires sur le marché parce que les propriétaires d'actions privilégiées peuvent manipuler l'entreprise et ses revenus par des marchés, des frais et des contrats de consultants.

Les directeurs de Magna avec en tête l'ancien premier ministre de l'Ontario Mike Harris ont donné leur appui à l'offre d'extorsion qui dévalue grandement le portefeuille d'actions de classe A et continue d'épuiser les revenus de l'entreprise avec la fraude des frais de consultants. Ils disent que les actions de classe A vont devenir plus attrayantes pour les investisseurs institutionnels parce qu'ils auront alors des droits de vote.

Le RPC dit que cela est peut-être vrai mais que le prix à payer pour enlever le privilège de la famille Stronach est trop élevé. Au début de juillet, la Commission des valeurs mobilières de l'Ontario a refusé la requête présentée par le Régime de retraite des enseignantes et enseignants de l'Ontario et d'autres gros investisseurs institutionnels de Magna International Inc. visant à obtenir un statut d'intervenant à une audience sur l'offre d'extorsion de Stronach. Lors de l'audience, la Commission a donné son approbation à la tenue d'un vote des actionnaires le 23 juillet. (Nous traiterons dans un article subséquent de ce scandale et de cette pratique corrompue consistant à investir les fonds de pension des travailleurs dans ces entreprises contrôlées par l'oligarchie financière internationale.) Les audiences ont par contre permis de constater que Frank et Belinda Stronach s'opposent farouchement à toute modification de leur offre d'extorsion. Leur argument est que l'élimination de la structure à deux paliers du capital social va attirer les acheteurs des actions de classe A et ainsi accroître leur valeur, ce qui vaut bien une riche récompense.

Des investisseurs institutionnels comme le Fonds du Régime de pensions du Canada et le Régime de retraite des enseignantes et enseignants de l'Ontario ont contesté la proposition des Stronach et qualifié leur extorsion d'« abusive », de « scandaleuse » et de contraire à l'intérêt public. Même si les actionnaires, qui comprennent les Stronach et plusieurs membres de leur cercle, approuvent l'offre d'extorsion, les investisseurs institutionnels disent qu'ils vont contester l'entente en cour.

Le rôle de l'ancien premier ministre de l'Ontario Mike Harris

Selon les reportages, l'ancien premier ministre de l'Ontario Mike Harris, le plus haut placé parmi les administrateurs indépendants, c'est-à-dire les administrateurs qui n'occupent pas de véritables fonctions administratives, aurait assumé la responsabilité de négocier une meilleure entente pour les actionnaires, une entente qui correspondrait davantage à celles réclamées par d'autres familles riches dans des circonstances pareilles. Ces ententes comportent généralement des primes qui varient entre 0 % et 66 %, ce qui est très loin du 1 800 % de la proposition Stronach. La banque CIBC aurait préparé des notes de discours pour M. Harris qui comprendraient une contre-offre équivalent à environ 400 millions $ de moins que les plus de 1 milliard $ exigés par Stronach. Mais les observateurs parlent d'un conflit d'intérêt. En effet, Magna est la principale source de revenu de Mike Harris, qui a été nommé à son poste d'administration par Frank Stronach en 2001. En 2009, il a reçu un montant de base de 556 100 $ plus un régime d'achat d'actions différé pour un total de 2,7 millions $. C'est ce qu'il a touché pour avoir participé à 23 réunions du Conseil d'administration en 2009, sans occuper la moindre fonction administrative.

Le comité que préside Mike Harris ne fait pas de recommandation sur la répartition du droit de vote parmi les actionnaires mais reste clairement en faveur de la proposition Stronach. Selon une circulaire du comité, « le comité spécial a des raisons de croire que les détenteurs des actions à droit de vote subalterne de classe A pourraient considérer, collectivement, que la proposition vaut le coup et donc l'approuver. Tous les membres du comité spécial, en leur capacité de détenteur d'actions à droit de vote subalterne, sont en faveur de la résolution proposée. »

Trois administrateurs du comité, dont Harris, détiennent environ 58 000 actions de Magna. Les actions de classe A se transigent présentement à 71 $. La proposition Stronach établit la valeur des actions de classe B de Stronach à environ 1 200 $ chacune, alors que normalement la valeur des actions de classe B est à peine plus élevée que celle des actions de classe A. Le transfert de nouvelles actions de classe A à Stronach qu'elle prévoit a pour effet de diluer la valeur des actions existantes, la réduisant de 11,4 %, une réduction de valeur beaucoup plus importante que dans les autres cas d'élimination de structure à deux paliers qui sont censés servir de référence.

Lors de sa rencontre avec Frank Stronach, l'ancien premier ministre n'aurait même pas mentionné la proposition de la CIBC (qui réduit de moitié le bénéfice de Stronach dans la transaction).

Dans la circulaire sur la rencontre avec Stronach, on apprend que « M. Harris a cru qu'une proposition de réduire de façon significative la dilution des actions pourrait être contre-productive étant donnée l'apparente intransigeance de M. Stronach face aux changements des conditions proposées par la CIBC ».

Lorsqu'on lui a demandé d'expliquer pourquoi il n'a pas présenté la proposition de la CIBC à M. Stronach, Harris s'est contenté de dire que « la circulaire décrit les raisons pour lesquelles j'ai agi comme je l'ai fait lors de ma rencontre avec M. Stronach ».

On lit dans la circulaire : « M. Stronach et Mme Stronach ont déclaré catégoriquement qu'ils n'étaient pas disposés à réduire la dilution par toute mesure mais ont promis, au nom du Trust Stronach, de réfléchir à la proposition du comité spécial. »

Après mûre « réflexion », les Stronach ont répondu à M. Harris qu'ils n'accepteraient aucune dilution de leur tentative d'extorsion et que si les actionnaires rejettent la proposition, ils seraient heureux de continuer de détenir la part dominante des actions de classe B avec tous les privilèges qui en découlent.

La réaction des régimes de pensions

Le Financial Post du 3 juin fait part des réactions de certains régimes de pensions à l'extorsion de Stronach : « À la fois l'Office d'investissement du régime de pension du Canada (OIRPC) et le Régime de retraite des enseignantes et des enseignants de l'Ontario (RREEO) se disent outrés de l'arrangement relatif aux échanges de compensation et espèrent établir des limites corporatives qui enverraient un signal aux autres compagnies qui tenteraient de faire la même chose.

« Bien que les régimes de pensions se soient toujours opposés aux structures à deux paliers du capital social, qu'ils considèrent nocives pour les marchés financiers, "nous croyons que la prime qu'accorde cette transaction est tout à fait déraisonnable", a dit David Denison, président et administrateur général de OIRPC, lors d'une déclaration à la presse.

« Ce sentiment est partagé par le RREEO, qui a aussi exprimé sa désapprobation publiquement.

« "Nous sommes scandalisés et outrés", a dit Wayne Kozun, premier vice-président des ressources publiques pour le RREEO. M. Kozun a dit que l'entente était sans précédent de par son ampleur et de par le refus de la part du conseil d'administration de faire des recommandations à ses actionnaires. "Nous sommes inquiets qu'un précédent sera créé au Canada", a-t-il ajouté. M. Kozun espère qu'en publiant leur position et la logique qui la soutient, d'autres investisseurs seront influencés à voter contre l'entente.

« "Cela se transforme un peu en épreuve de force", a dit Richard Leblanc, professeur agrégé de gouvernance d'entreprise et d'éthique à l'Université York de Toronto, "Dans le passé, il y a eu une grande latitude concernant les frais de consultation accordés à Stronach, mais une prime si importante en fait sourciller plus d'un. Les [régimes de pensions] envoient un message sans ambiguïté au marché à l'effet que c'est inacceptable."

« Selon les termes de la proposition, la famille Stronach recevrait plus de 12 actions avec droit de vote pour chaque action à vote multiple à leur actif. En plus des neuf millions d'actions nouvelles qu'ils recevront, d'une valeur actuelle de plus de 650 million $, la famille recevra en surcroît un paiement en argent de 300 million $US. Proportionnellement au nombre d'actions à vote multiple appartenant à M. Stronach, les retraits autorisés de rémunération des cadres supérieurs représenteront environ 1 200 $ l'action, a noté un analyste.

« Les investisseurs, en grande partie, se sont bouchés le nez et ont accepté les termes de la transaction. "Les actionnaires attendent depuis longtemps une transaction de la sorte qui est aussi acceptable pour M. Stronach, alors certains diront que c'est une transaction sans récurrence", a dit un analyste qui préfère garder l'anonymat.

« Depuis des années, le Régime de pensions du Canada se bat pour éliminer la structure à deux paliers de capital social. Une poignée de compagnies, comprenant notamment MDC Partners, Home Capital Group, Sherritt International et Sceptre Investment Counsel, ont converti leur structure à deux paliers en structure à actions simples. Mais dans sept des huit transactions précédentes, aucune prime n'a été allouée aux actionnaires contrôlants pour avoir converti leur structure à deux catégories. Les actionnaires contrôlants de Sherritt International avaient reçu une prime de 66 %, ce qui est mince en comparaison à la prime de 1 798 % que le conseil d'administration est prêt à débourser pour les actions de la classe B de Magna, selon les calculs du RREEO.

« Selon un rapport de 2009 publié par le Osgoode Hall Law School de Toronto, entre 20 % et 25 % des compagnies cotées sur la Bourse de Toronto ont des structures à deux catégories d'actions.

À titre d'information
L'Office d'investissement du RPC s'oppose à la transaction
proposée par Magna International

- Communiqué du 3 juin 2010 -

[Note : L'Office d'investissement du RPC, le deuxième plus important gestionnaire de fonds de pension au Canada, avec un actif de 127,6 milliards $, détient 1,09 million, soit presque 1 %, des actions de classe A de Magna. Il est parmi les 15 plus importants actionnaires de la compagnie. - ndlr]

Prime déraisonnable pour la réorganisation du capital social

Toronto, Ontario (3 juin 2010) – L'Office d'investissement du RPC (l'Office) a annoncé aujourd'hui qu'il s'opposera à l'entente conclue le 6 juin 2010 concernant le projet de transaction entre Magna International Inc. (Magna) et Stronach Trust.

L'approbation du projet de transaction entraînerait l'élimination de la structure à deux paliers du capital social de Magna. Toutefois, la somme globale d'environ 863 millions de dollars américains qui serait versée en contrepartie à Stronach Trust entraînerait la dilution inéquitable de la valeur des actions à droit de vote subalterne.

« L'Office s'oppose à l'organisation des actions en deux catégories assorties de droits de vote distincts, explique David Denison, président et chef de la direction de l'Office, et appuie généralement les transactions comportant la conversion de telles structures de capital social en une seule catégorie d'actions donnant droit au même droit de vote. Dans ce cas, toutefois, la prime versée dans le cadre de cette transaction nous semble totalement déraisonnable. Selon nous, l'entente envisagée est inéquitable pour les détenteurs d'actions à droit de vote subalterne. »

« L'Office est particulièrement préoccupé par le fait que le comité spécial du conseil d'administration de Magna n'ait formulé aucune recommandation en ce qui concerne la proposition, notamment en ce qui a trait au caractère équitable de l'entente pour Magna, ses actionnaires et d'autres intervenants, et que la Banque CIBC, dont les services ont été retenus par le comité spécial, n'ait pas exprimé d'opinion sur l'équité de la transaction. Nous conseillons vivement au comité d'élaborer une proposition qui éliminerait de façon équitable l'organisation des actions en deux catégories. »

Au sujet de l'Office d'investissement du RPC

L'Office d'investissement du RPC est un organisme de gestion de placements professionnel qui place, pour le compte de 17 millions de cotisants et de bénéficiaires canadiens, les fonds dont le Régime de pensions du Canada (RPC) n'a pas besoin pour verser les prestations de retraite courantes. Afin de diversifier le portefeuille du RPC, l'Office investit dans des actions de sociétés cotées en Bourse, des actions de sociétés fermées, des biens immobiliers, des obligations indexées sur l'inflation, des infrastructures et des titres à revenu fixe. L'Office, dont la gouvernance et la gestion sont distinctes de celles du RPC, n'a pas de lien de dépendance avec les gouvernements. Il a son siège social à Toronto et compte des bureaux à Londres et à Hong Kong. Au 31 mars 2010, la caisse du RPC s'élevait à 127,6 milliards de dollars. Pour obtenir de plus amples renseignements sur l'Office, consultez le www.oirpc.ca.

Les administrateurs actuels de Magna

Frank Stronach, président du conseil d'administration, président du Comité des candidatures
M. Stronach, âgé de 75 ans, est le fondateur de Magna et occupe le poste de président du conseil d'administration. M. Stronach est associé chez Stronach & Co., par le biais de laquelle il fournit certains conseils et services de développement en affaires à Magna.

Michael D. Harris, premier directeur
M. Harris, âgé de 65 ans, est consultant et conseiller principal d'affaires chez Goodmans LLP, un cabinet d'avocats. En plus de siéger au conseil de Magna depuis le 7 janvier 2003, M. Harris siège au conseil d'administration de Canaccord Capital Inc. ; Chartwell Seniors Housing REIT ; Environmental Management Solutions Inc. et First Service Corporation, ainsi qu'au conseil d'administration de Grant Forest Products Inc. et la Fondation Tim Horton pour les enfants. M. Harris est agrégé supérieur de l'Institut Fraser et a été premier ministre de la province de l'Ontario, Canada de 1995 à 2002.

Lady Barbara Judge
Lady Judge, âgée de 61 ans, est actuellement présidente du conseil d'administration de l'Agence de l'énergie atomique du Royaume-Uni, poste qu'elle occupe depuis juillet 2004 et dont elle est membre depuis septembre 2002. En outre, Lady Judge est actuellement la vice-présidente de Financial Reporting Council (l'organisme de réglementation de la comptabilité et de la gouvernance d'entreprise au Royaume-Uni) et présidente de l'École des études orientales et africaines à l'Université de Londres. Lady Judge est également vice-présidente de Friends Provident plc et une administratrice de Quintain Estates and Development plc et de PA Consulting, ne faisant pas partie du groupe de direction. Avant ces nominations, elle a fondé et a été présidente du Private Equity Investor plc, une société d'investissement détenant des fonds cotés à la Bourse de Londres, et a été présidente exécutif de PLC Whitworths. Elle fut la première femme directrice principale du conseil d'administration de Samuel Montagu & Co. et de News International, ainsi qu'à la tête des opérations bancaires internationales privées chez Bankers Trust. Elle a été de 1980 à 1983 commissaire à la United States Securities and Exchange Commission.

Louis E. Lataif
M. Lataif, âgé de 71 ans, a occupé le poste de doyen de l'école de gestion de l'Université de Boston depuis 1991, date avant laquelle il a occupé différents postes chez Ford Motor Company pendant 27 ans, dont le président de Ford of Europe (1988-1991). En plus de servir ou ayant servi à l'office public d'Abiomed Inc. (depuis 2005), de Groupe 1 Automotive Inc. (depuis 2002), Magna Entertainment Corp (2002-2007) et Intier Automotive inc (2001-2005 ), M. Lataif siège au conseil d'administration de la Banque Interaudi et de la Fondation Iacocca.

Donald Resnick
M. Resnick, âgé de 80 ans, occupe principalement le poste d'administrateur de sociétés et depuis le 25 février 1982 a siégé au conseil d'administration de Magna. M. Resnick a auparavant été directeur de la Consolidated Mercantile Inc. et Genterra Inc. et un associé de Deloitte & Touche.

Belinda Stronach
Mme Stronach, âgée de 42 ans, a été nommée en avril 2007 et est actuellement la vice-présidente de Magna. En février 2001, Mme Stronach a été nommée chef de la direction de Magna et en janvier 2002, elle est également devenue présidente de Magna. Mme Stronach a annoncé sa démission en tant que présidente et chef de la direction de Magna le 20 janvier 2004 en vue de se faire élire au Parlement du Canada pour représenter la circonscription de Newmarket-Aurora, en Ontario. Mme Stronach a été élue à la Chambre des communes lors de l'élection générale de 2004, puis réélue à l'élection générale de 2006. En 2005, elle rejoint le Cabinet et a assumé la responsabilité de trois portefeuilles distincts et importants en tant que ministre des Ressources humaines et Développement des compétences, ministre responsable du renouveau démocratique et ministre responsable de Service Canada. Un membre fondateur du Conseil du partenariat pour le secteur canadien de l'automobile, Mme Stronach a également siégé au Groupe de travail sur la productivité, la compétitivité et le progrès économique en Ontario et est administratrice de la Fondation Yves Landry, établie pour promouvoir l'éducation technologique et la formation professionnelle au sein de l'industrie manufacturière. Avant 2001, elle a occupé divers autres postes de direction chez Magna et a siégé au conseil de 1988 à 2004.

Franz Vranitzky
M. Vranitzky, âgé de 70 ans, est administrateur de sociétés. En plus de siéger au conseil de Magna depuis le 11 juin 1997, M. Vranitzky sert de directeur de Touristik Union International et Magic Life International où il occupe le poste de président. M. Vranitzky est un ancien chancelier fédéral de la république d'Autriche (1986 à 1997) et ministre des Finances (1984 à 1986), ainsi qu'un ancien président du conseil d'administration d'Österreichische Länderbank AG et vice-président du conseil d'administration de la banque Creditanstalt-Bankverein.

Donald J. Walker
M. Walker, âgé de 51 ans, sert de co-chef de la direction de Magna et a été président, chef de la direction et administrateur de Intier Automotive Inc., l'une des anciennes filiales de Magna ayant bénéficié d'un apport de financement public. M. Walker a siégé au conseil de Magna depuis le 7 novembre 2005 et a déjà siégé au conseil de Magna entre 1994 et 2002, ainsi que les conseil d'administration de Decoma International Inc. et Tesma International Inc. M. Walker est un membre fondateur de la Fondation Yves Landry et est le co-président du Conseil du partenariat pour le secteur canadien de l'automobile.

Siegfried Wolf
M. Wolf, âgé de 50 ans, sert en tant que co-président-directeur général de Magna. En plus de siéger au conseil de Magna depuis le 8 mars 1999, M. Wolf est membre du conseil de surveillance de Verbundgesellschaft (la société d'énergie hydroélectrique d'Autriche) (Vienne : VER) ; Österreich Industrieholding AG ( l'agence de privatisation et société de portefeuille de la république d'Autriche) ; Siemens AG Österreich (Siemens Autriche ) et HG I Beteiligungs AG. Il a également déjà siégé au conseil de Decoma International Inc., Intier Automotive Inc. et Tesma International Inc.

Lawrence D. Worrall
M. Worrall, âgé de 64 ans, est administrateur de sociétés. En plus de siéger au conseil de Magna depuis le 7 novembre 2005, M. Worrall est un administrateur de l'Autorité aéroportuaire du Grand Toronto ; du Centre pour l'amélioration de la productivité et directeur-trésorier de la Fondation de l'hôpital général d'Oshawa. M. Worrall est un ancien vice-président responsable des achats, planification stratégique et de l'exploitation ainsi que directeur de General Motors du Canada limitée et ancien directeur et président du comité de vérification de Intier Automotive Inc.

Parmi les administrateurs de Magna à la retraite, il y a les anciens premiers ministres de l'Ontario Bill Davis et David Peterson et l'ancien ministre fédéral de l'Industrie Ed Lumley.

(site web de Magna Inc., site du RPC, la Presse canadienne, The Globe and Mail, Toronto Star, The Financial Post)

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La brutalité des compagnies minières
canadiennes au Guatemala!

Rights Action rapporte que le 7 juillet, l'activiste s'opposant aux activités minières, Teodora Antonia Hernandez Cinto, a été blessée d'une balle à la tête et repose dans un état critique. Elle a été active dans la lutte contre la compagnie minière canadienne, Goldcorp Inc. et sa mine d'or de lessivage à la cyanure, sur les terres maya du Guatemala de l'ouest. Rights Action déclare que ces attaques sont présumément partie intégrante des agressions et des violations des droits de la personne sur les personnes qui s'opposent à la destruction par la mine de l'environnement social et humain. Les opérations minières se poursuivent, contrevenant à une ordonnance de la Commission inter-américaine des droits de la personne de cesser les travaux.

Le 5 juillet, « une délégation de Rights Action dirigée par le codirecteur Grahame Russel (membre de la congrégation du Mayflower de Minneapolis/St. Paul) a complété une visite de deux jours au sein des communautés de San Miguel Ixtahuacan (département de San Marcos) affectées par la mine. Nous avons rencontré des membres de l'Association pour le développement intégral de San Miguel Ixtahuacan (ADISMI), nous avons visité des maisons et avons parlé avec des villageois locaux dont les communautés et les vies ont été sérieusement atteintes par les opérations minières. Lors de l'une de nos réunions, nous avons rencontré Juan Mendez et Gregoria Crisanta Perez, cités dans l'urgent appel à l'action publié ci-bas.[...] »


Teodora Antonia Hernandez Cinto
(Friends of the Earth Int'l)

« Goldcorp agit et semble vouloir continuer d'agir pour tout faire pour ne pas arrêter l'exploitation minière. Alors que le prix de l'or est près de 1 100 $ l'once, il fait près de 8 fois plus de profits avec cette mine que prévu selon ses enquêtes initiales de faisabilité économique. »

Le 10 juillet, Rights Action a noté qu'« assurément, le gouvernement et la compagnie minière nieront que c'est une tentative d'assassinat contre une femme Mam-Maya et un membre de la communauté qui avait constamment parlé avec dignité pour critiquer les dommages causés et les violations perpétrés par la mine Goldcorp.

« Pour quiconque est honnêtement au fait des questions politiques et des droits de la personne au Guatemala, par le passé et encore aujourd'hui, il y a peu sinon aucun doute que cette tentative de meurtre est liée à Dona Maria et à son opposition pacifique et éloquente à la mine.

« Au moment d'écrire ces mots, la vie de Dona Maria ne tient qu'à un fil. »

Urgent appel à l'action de la part de l'ADISMI, le 7 juillet 2010


(Mimundo.org)

Dona Maria (Teodora Antonia Hernandez Cinto) fait partie du Mouvement de résistance de San Miguel Ioxtahuaxan, à la défense des droits de la personne et des droits autochtones, contre la violation des droits de la personne commise par la compagnie minière Montana Exploradora, une filiale de l'entreprise minière géante canadienne, Goldcorp Inc.

Dona Maria a été victime de nombreuses menaces liées à sa participation au Mouvement de résistance. En juin 2009, elle fut engagée à la défense de l'eau dans le quartier de Sacjuj, lorsque Goldcorp/Montans (toujours en expansion) cherchait à prendre le contrôle de certaines terres à Sacmuj ainsi que de leur eau de source naturelle qui alimente les familles locales.

Le 7 juillet, à 23h30, alors que des membres de la communauté étaient réunis à la maison de Dona Maria, en solidarité avec sa famille, ils ont entendu des coups de feu à proximité.

D'autres incidents récents

Le 2 juillet, Juan Mendez marchait le long du chemin principal menant à la montagne. À 4 h 45, un camion de Goldcorp/Montana roulait vers la mine avec des mineurs à bord. Le camion appartenait à la compagnie Transportes Pérez. Ce camion (sur lequel on pouvait lire « Especial ») est propriété de Fernando Pérez du Caserio San José Nueva Esperanza. Lorsque le camion s'est approché de Juan Mendez, le véhicule a traversé le chemin, se dirigeant directement sur Juan Mendez, qui s'est vu obligé de s'esquiver. Juan est très connu dans cette région pour son opposition aux dommages causés et aux violations perpétrées par la mine.

Le 5 juillet, deux filles de Gregoria Crisanta Pérez marchaient sur ce même chemin, à 18 h 30, dans le village d'Agel. La même chose s'est produite. Une auto – verte – arrivant en direction opposée, a traversé le chemin, les visant et les forçant à se mettre hors de danger. Elles croient que l'auto appartient à Goldcorp/Montana.

Étant donné la tentative de meurtre contre la personne de Teodora Antonia Hernandez Cinto et autres actes d'agression contre des gens qui s'opposent aux dommages causés et aux violations perpétrées par les mines, l'ADISMI exige du gouvernement du Guatemala :

Qu'il garantisse la vie et la sécurité des gens qui demandent d'être respectés dans leurs droits liés aux dommages et aux violations miniers ;

Qu'il adhère aux mesures préventives ordonnées par la Commission inter-américaine des droits de la personne et qu'il suspende les opérations minières ;

ADISMI tient Goldcorp/Montana responsable de ces actes d'agression physique et des menaces, étant donné que la majorité des menaces et des attaques viennent des travailleurs des mines.

De la part des communautés nationales et internationales, nous demandons un plus grand accompagnement à la défense des droits de la personne et des enquêtes plus approfondies concernant ces incidents ainsi que tout autre abus ;

ADISMI, Parroquia San Miguel, FEBIMI et ADIM

(Tous membres de FREDEMI, le Front de défense Miguelense)

Demandes faites au gouvernement canadien, aux politiciens et aux investisseurs

Rights Action demande que :

Compte-tenu que les dommages à l'environnement et à la santé ainsi que les violations aux droits des autochtones causées directement ou indirectement par la mine Goldcorp sont multiples, endémiques et sans fin.

Minimalement, nous demandons respectueusement que la Canada donne son appui public à la suspension de la mine de Guatemala, tel qu'ordonnée par la Commission inter-américaine des droits de la personne.

La prochaine étape serait une enquête publique, canadienne/internationale, sur les dommages causés et les violations perpétrées par l'activité minière de Goldcorp au Guatemala.

Sur la base d'une enquête complète et transparente, nous demandons pleine compensation et réparation pour les communautés affectées par les mines d'or.

Au Canada, nous demandons l'adoption de réformes législatives complètes au criminel et au civil, afin de rendre les compagnies canadiennes et les investisseurs légalement redevables pour les dommages à l'environnement et à la santé et pour les violations des droits de la personne causées par leurs opérations dans d'autres pays.

Pour plus d'information :
Grahame Russell au Guatemala : 011-502-4955-3634, info@rightsaction.org, www.rightsaction.org

(Rights Action)

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