Archives | English
Corruption et décadence au sein
de l'élite dominante du Canada
- K.C. Adams -
La tentative de Frank et Belinda Stronach d'extorquer
plus d'un milliard de dollars à Magna International Inc., une
société inscrite en bourse, nous montre la profondeur de
la déchéance des propriétaires du capital, de
leurs alliés politiques et des institutions d'État.
Les ramifications de cette tentative d'extorsion
exposent un système économique et politique en
déchéance, corrompu, qui a fait son temps et qui laisse
la place à de nouveaux arrangements. Les super riches, leurs
monopoles, leurs représentants politiques et les institutions de
l'État comme le droit commercial et la Commission des valeurs
mobilières de l'Ontario (CVMO) sont liés aux
institutions financières qui détiennent l'argent des
pensions des travailleurs et d'autres fonds du même type. Ils
représentent une partie d'un État capitaliste monopoliste
au sein d'un système impérialiste d'États de
l'oligarchie financière internationale. Les connections
internationales deviennent
évidentes si l'on considère qui sont les membres du
Conseil d'administration de Magna et des opérations mondiales de
Magna International. Les Stronach n'éprouvent aucune gêne
à faire obstacle, comme ils le font, à
l'édification d'une économie canadienne
diversifiée qui subvient à ses besoins et qui utilise la
valeur ajoutée produite au Canada
pour se renforcer et servir l'intérêt
général de la société. Ils se voient comme
faisant partie de l'oligarchie financière internationale qui
retire de l'argent de l'économie canadienne et l'utilise pour le
luxe personnel, pour les paris sur les courses de chevaux ou les
spéculations pour faire des coups de fortune partout dans le
monde.
Frank et Belinda Stronach représentent une
aristocratie à la fois naturelle et héréditaire
qui cherche à réintroduire tous les droits et
privilèges du pouvoir médiéval. L'oligarchie
financière rejette toutes les définitions modernes et en
particulier les droits du peuple et son pouvoir décisionnel sur
toutes les affaires économiques et politiques,
notamment son droit d'utiliser la propriété sociale comme
Magna International Inc. au Canada et de distribuer le produit social.
Le fait que la famille Stronach ait la première
réclamation sur le produit social créé par les
travailleurs canadiens nous fait voir la cause des crises
économiques et politiques du pays. L'accaparement de la richesse
par les super riches fait baisser les salaires, les avantages sociaux
et les pensions des travailleurs et crée un manque de fonds pour
les programmes sociaux, les services publics, l'infrastructure et le
renouveau économique et surtout pour la base
manufacturière. Le retrait de valeur de l'économie
socialisée par l'oligarchie financière est un facteur
fondamental des crises économiques périodiques.
L'extorsion d'une partie de la propriété
sociale par les Stronach concourt à la destruction nationale par
les monopoles. Il y a longtemps que le mythe de l'entrepreneur brillant
a perdu son emprise. Le propriétaire moderne du capital
monopoliste ne réinvestit pas la propriété, il en
retire de l'argent pour faire des coups de fortune, ce qui mine
l'économie et cause crise après crise. Les parasites
super riches bloquent le renouveau économique, politique et
social et le progrès de la société.
Ceux qui sont intervenus directement pour appuyer cette
tentative d'extorsion, ou pour s'y opposer pour des motifs
intéressés, sont l'ex-premier ministre de l'Ontario Mike
Harris, le Régime de pensions du Canada (RPC), le Régime
de retraite des enseignantes et des enseignants de l'Ontario, la Caisse
de dépôt et de placement du Québec et
d'autres fonds de pension de même que plusieurs autres membres
et institutions de l'État capitaliste monopoliste. Cette
tentative obscène de faire un coup de fortune d'un milliard de
dollars au détriment de l'économie canadienne et
l'opposition libérale conciliatrice, qui se propose de limiter
le montant de l'extorsion, montre combien il est
nécessaire que la classe ouvrière s'organise
politiquement en tant que classe en soi, par soi et pour soi,
résolument opposée à la destruction et au diktat
du capital monopoliste. La classe ouvrière doit bâtir des
institutions économiques et politiques qui répondent aux
définitions modernes de la démocratie, du pouvoir
décisionnel du peuple et de
l'intégrité et de la conscience sociale dans les affaires
économiques et politiques.
Il est inacceptable que l'économie
socialisée du Canada et les institutions politiques et autres de
la machine d'État soient considérées comme
étant le bien personnel de l'aristocratie
privilégiée agissant en toute impunité. Nous
sommes, bien au contraire, à l'ère où c'est le
peuple qui doit s'investir du pouvoir économique et politique.
C'est le
peuple qui doit devenir le décideur dans toutes les affaires
politiques, économiques et sociales d'un Canada populaire.
La politique et l'économie de notre monde moderne
de la grande production socialisée doivent correspondre aux
droits des véritables producteurs du produit social et des
dispensateurs des services. Les producteurs et leurs alliés
doivent s'organiser et combattre pour se doter du pouvoir afin
d'être en mesure de contrôler et de décider de la
direction des affaires économiques et politiques du Canada et de
mettre fin à cette corruption qui ruine et détruit les
affaires sociales, économiques et politiques de la nation. Il
faut bannir l'utilisation des institutions publiques comme les grandes
entreprises économiques pour l'enrichissement personnel et il
faut bannir, dénoncer et punir sévèrement
le privilège aristocratique en tant que corruption publique de
la pire sorte.
La première réclamation au produit social
de l'économie socialisée doit appartenir aux producteurs
et la seconde aux gouvernements à tous niveaux pour servir
l'intérêt général de la
société. Les réclamations de l'aristocratie
naturelle et héréditaire, dont font notamment partie
Frank Stronach et son héritière Belinda, font blocage
à la solution des
problèmes sociaux, économiques et politiques du pays.
Cette progéniture du capitalisme monopoliste se nourrit du
mensonge et du mythe du capitalisme des temps passés. Frank
Stronach n'a rien produit ni inventé de nouveau. Il a servi les
intérêts des monopoles internationaux de l'automobile qui
veulent que la production des pièces d'autos se
fasse dans un environnement non syndiqué, censément
distinct des monopoles de l'automobile, alors qu'en fait c'est
seulement la dénomination sociale qui change. Il a servi
d'allié docile aux monopoles de l'automobile et leurs
subventions de l'État pour concentrer le capital dans les mains
d'une poignée et miner le mouvement de la classe
ouvrière, surtout des membres des Travailleurs canadiens de
l'automobile, pour empêcher que les travailleurs d'usines n'aient
leur propre conception du monde et leur propre forme organisationnelle
qu'ils contrôlent de façon indépendante des
monopoles et de leur machine d'État.
Les premières années, Magna International
a symbolisé le début de l'attaque concertée contre
le contrat social de l'après-Deuxième Guerre mondiale
entre le capital et le travail. Sans la connivence active des monopoles
de l'auto et de l'État dans la préparation des conditions
pour la destruction unilatérale du contrat social et notamment
des
salaires à un standard canadien, des avantages sociaux et des
pensions, Magna n'aurait même jamais pris son envol. Elle
n'aurait jamais reçu de contrats de production de pièces.
L'ascension de Magna a été le miroir de ce qui s'est
produit aux États-Unis et au Japon, où les manufacturiers
« indépendants » de pièces
automobiles ont
joué un rôle de premier plan dans l'écrasement du
mouvement syndical des travailleurs de l'automobile et la
réorganisation périodique de la production automobile
grâce à la loi sur les faillites d'entreprises et aux
subventions d'État.
Magna International est une création du
capitalisme mondial néolibéral et de la machine
d'État. Ça n'est pas un hasard si le directeur de Magna,
qui préside à la tentative d'extorsion d'un milliard de
Stronach, est nul autre que l'ex-premier ministre de l'Ontario Mike
Harris, celui-là même qui a poursuivi l'offensive
antisociale du premier
ministre néo-démocrate Bob Rae et a fait de la
« révolution du bon sens » une attaque
généralisée contre la classe ouvrière et
les plus vulnérables de la société, la politique
officielle de la province la plus peuplée et la plus
industrialisée du Canada.
Les travailleurs doivent dénoncer la tentative
d'extorsion de Stronach avec tout le mépris qu'elle
mérite et en saisir l'occasion pour insuffler un nouvel
élan à l'effort pour s'organiser en une puissante
Opposition ouvrière. Seuls la classe ouvrière
organisée en soi, par soi et pour soi et ses alliés
rassemblés en un front uni sont en mesure de
mettre fin au privilège aristocratique des propriétaires
du capital. Nous avons besoin de l'Opposition ouvrière pour
combattre pour le renouveau démocratique et pour bâtir
l'alternative prosociale.
La famille Stronach tente sa chance à la roue de
fortune
Frank et Belinda Stronach possèdent ce qu'on
appelle le Trust Stronach et les actions Magna de classe B. Bien que la
propriété de Magna International repose sur son stock
d'actions de classe A, le contrôle de l'entreprise est
exercé par le Trust Stronach et les actions
votantes de classe B. Le Trust Stronach exerce un contrôle absolu
sur Magna et sur la valeur ajoutée produite chaque année
par les travailleurs de Magna, par le biais de la
propriété des 726 829 actions de classe B qui
représentent chacune 300 votes. Les actions de classe A n'ont
qu'un vote par action, ce qui donne aux actions de classe B un
contrôle et un pouvoir absolus. Les classes A et B ont à
peu près la même valeur sur le marché. La valeur
actuelle d'une action de classe A sur le marché est de
71 $. Dans sa tentative d'extorsion, Stronach estime la valeur de
chacune de ses actions de classe B à 1187 $.
Stronach veut échanger ses 726 829 actions de
classe B pour environ 12,5 actions de classe A pour chacune de ses
actions de classe B, ce qui représente 9 millions d'actions de
classe A avec chacune un vote. Il demande en plus 300 millions $
en argent comptant, une garantie de 120 millions $ en frais de
consultant et le contrôle
d'un Trust conjoint CyberVoiture Magna/Stronach. Les médias ont
commenté ce projet CyberVoiture dans les termes suivants :
« Magna investira 220 millions $ alors qu'un groupe
Stronach y mettra 80 millions $. Stronach va néanmoins
contrôler indirectement le projet en ayant 3 des 5 directeurs sur
le conseil
d'administration. On peut parler d'un mini-Magna dans lequel Stronach
possède très peu d'actions mais a un contrôle
majoritaire », a fait remarquer un spécialiste de
l'investissement financier.
Les actions de classe B de Magna représentent
moins de 1 % du total du portefeuille d'actions de classe A et B.
La famille Stronach prétend qu'elle va abandonner son
contrôle absolu de l'entreprise en échangeant ses actions
de classe B pour des actions de classe A, en plus du montant en argent
comptant et d'autres mesures qui se
chiffrent à plus d'un milliard de dollars. L'extorsion constitue
à la fois une réclamation au nouveau revenu de Magna et
un transfert de valeur existante présentement dans les mains
d'autres groupes comme le Régime de pensions du Canada.
La création de 9 millions de nouvelles actions de
classe A pour Stronach dilue de beaucoup la valeur des 112 millions
d'actions restantes de classe A de Magna. La valeur combinée des
nouvelles actions et du 300 millions $ en argent comptant
représente environ 10 % de la valeur de l'entreprise sur le
marché.
Selon les Stronach, leur dictature complète sur
l'entreprise les autorise à détourner des millions de
dollars de valeur ajoutée dans leurs poches chaque année,
non pas en tant que dividendes qu'ils reçoivent
déjà sur le portefeuille d'actions, mais en tant que
« frais de consultants ». Les contrats annuels de
Stronach en tant que
« consultant » pour Magna représentent
plus de 3 % de la réclamation de l'entreprise au revenu.
Les Stronach vont recevoir ces millions de dollars en frais de
consultants et en d'autres frais en plus des paiements en dividendes
sur leurs actions de classe A et B, de leurs salaires comme dirigeants
exécutifs et des récompenses
diverses, comme des options sur les actions et les paiements de
dépenses. Il y a trois ans, par exemple, Magna a vendu des parts
de Magna à l'oligarque financier Oleg Deripaska. Les
médias de masse ont rapporté que l'entente a causé
un émoi parce qu'elle a été accompagnée de
dividendes supplémentaires, de frais et de paiements pour les
Stronach et pour d'autres membres de la direction.
Les Stronach prétendent que puisqu'ils vont
abandonner une composante de leur privilège de classe et de leur
droit de monopole, il est normal qu'ils soient grassement
récompensés.
La structure à deux paliers du capital social est
quelque chose de courant dans les « entreprises
familiales » qui ont vendu il y a longtemps des actions de
l'entreprise. Quand elles cherchent à éliminer cette
structure à deux paliers, les familles essaient d'arracher de
l'argent aux actionnaires ordinaires mais personne n'arrive à la
cheville de Stronach en cette matière.
Les Stronach demandent 120 millions $ en frais de
consultants pendant les quatre prochaines années. Stronach a
l'habitude d'extorquer des « frais de
consultants » au revenu de Magna en plus de ses paiements de
dividendes et de son salaire de dirigeant exécutif. Selon
l'analyse de la firme-conseil en matière de sollicitation
de procurations Glass Lewis, depuis 2002, Magna a versé à
Stronach 213,7 millions $ en frais de consultants. Ces paiements
de « consultants » à Frank Stronach lui
sont versés depuis des décennies et on estime leur
montant à 20 millions $ par année en moyenne.
Le trust familial contrôle Magna depuis 32 ans
grâce aux actions de classe B qui représentent deux-tiers
des votes mais moins de 1 % du portefeuille d'actions de
l'entreprise. Si l'extorsion réussit, le Trust Stronach sera
encore le plus gros actionnaire, avec 7,4 % du total des actions.
Frank et Belinda Stronach possèdent déjà des
millions d'actions de classe A.
Le total incluant les frais de consultants se monte
à environ 1 milliard $ pour le Trust Stronach, en
échange des actions de classe B et de leur privilège en
votes, mais il y a plus encore. Les Stronach veulent en plus que Magna
forme un nouveau projet conjoint CyberVoiture entre le Trust Stronach
et Magna que les Stronach posséderaient
à 27 % mais dont ils contrôleraient trois des cinq
membres du conseil d'administration, selon un stratagème qui
rappelle la structure à deux paliers en vigueur à Magna
Inc.
La tentative d'extorsion sera mise au vote des
actionnaires le 23 juillet. Rappelons que plusieurs détenteurs
d'actions de classe A de Magna croient en ce moment que si le
marché est conclu, cela fera monter le prix de ces actions. On
considère généralement parmi l'oligarchie
financière que la structure à deux paliers nuit à
la valeur des actions
ordinaires sur le marché parce que les propriétaires
d'actions privilégiées peuvent manipuler l'entreprise et
ses revenus par des marchés, des frais et des contrats de
consultants.
Les directeurs de Magna avec en tête l'ancien
premier ministre de l'Ontario Mike Harris ont donné leur appui
à l'offre d'extorsion qui dévalue grandement le
portefeuille d'actions de classe A et continue d'épuiser les
revenus de l'entreprise avec la fraude des frais de consultants. Ils
disent que les actions de classe A vont devenir plus
attrayantes pour les investisseurs institutionnels parce qu'ils auront
alors des droits de vote.
Le RPC dit que cela est peut-être vrai mais que le
prix à payer pour enlever le privilège de la famille
Stronach est trop élevé. Au début de juillet, la
Commission des valeurs mobilières de l'Ontario a refusé
la requête présentée par le Régime de
retraite des enseignantes et enseignants de l'Ontario et d'autres gros
investisseurs institutionnels de
Magna International Inc. visant à obtenir un statut
d'intervenant à une audience sur l'offre d'extorsion de
Stronach. Lors de l'audience, la Commission a donné son
approbation à la tenue d'un vote des actionnaires le 23 juillet.
(Nous traiterons dans un article subséquent de ce scandale et de
cette pratique corrompue consistant à investir les fonds de
pension des travailleurs dans ces entreprises contrôlées
par l'oligarchie financière internationale.) Les audiences ont
par contre permis de constater que Frank et Belinda Stronach s'opposent
farouchement à toute modification de leur offre d'extorsion.
Leur argument est que l'élimination de la structure à
deux paliers du capital social va attirer les
acheteurs des actions de classe A et ainsi accroître leur valeur,
ce qui vaut bien une riche récompense.
Des investisseurs institutionnels comme le Fonds du
Régime de pensions du Canada et le Régime de retraite des
enseignantes et enseignants de l'Ontario ont contesté la
proposition des Stronach et qualifié leur extorsion
d'« abusive », de
« scandaleuse » et de contraire à
l'intérêt public. Même si les actionnaires, qui
comprennent les Stronach et plusieurs membres de leur cercle,
approuvent l'offre d'extorsion, les investisseurs institutionnels
disent qu'ils vont contester l'entente en cour.
Le rôle de l'ancien premier ministre de l'Ontario
Mike Harris
Selon les reportages, l'ancien premier ministre de
l'Ontario Mike Harris, le plus haut placé parmi les
administrateurs indépendants, c'est-à-dire les
administrateurs qui n'occupent pas de véritables fonctions
administratives, aurait assumé la responsabilité de
négocier une
meilleure entente pour les actionnaires, une entente qui correspondrait
davantage à celles réclamées par d'autres familles
riches dans des circonstances pareilles. Ces ententes comportent
généralement des primes qui varient entre 0 % et
66 %, ce qui est très loin du 1 800 % de la
proposition Stronach. La banque CIBC aurait
préparé des notes de discours pour M. Harris qui
comprendraient une contre-offre équivalent à environ 400
millions $ de moins que les plus de 1 milliard $
exigés par Stronach. Mais les observateurs parlent d'un conflit
d'intérêt. En effet, Magna est la principale source de
revenu de Mike Harris, qui a été nommé à
son poste
d'administration par Frank Stronach en 2001. En 2009, il a reçu
un montant de base de 556 100 $ plus un régime d'achat d'actions
différé pour un total de 2,7 millions $. C'est ce
qu'il a touché pour avoir participé à 23
réunions du Conseil d'administration en 2009, sans occuper la
moindre fonction administrative.
Le comité que préside Mike Harris ne fait
pas de recommandation sur la répartition du droit de vote parmi
les actionnaires mais reste clairement en faveur de la proposition
Stronach. Selon une circulaire du comité, « le
comité spécial a des raisons de croire que les
détenteurs des actions à droit de vote subalterne de
classe A pourraient
considérer, collectivement, que la proposition vaut le coup et
donc l'approuver. Tous les membres du comité spécial, en
leur capacité de détenteur d'actions à droit de
vote subalterne, sont en faveur de la résolution
proposée. »
Trois administrateurs du comité, dont Harris,
détiennent environ 58 000 actions de Magna. Les actions de
classe A se transigent présentement à 71 $. La
proposition Stronach établit la valeur des actions de classe B
de Stronach à environ 1 200 $ chacune, alors que
normalement la valeur des actions de classe B est à peine plus
élevée que celle des actions de classe A. Le transfert de
nouvelles actions de classe A à Stronach qu'elle prévoit
a pour effet de diluer la valeur des actions existantes, la
réduisant de 11,4 %, une réduction de valeur
beaucoup plus importante que dans les autres cas d'élimination
de structure à deux paliers qui sont censés servir de
référence.
Lors de sa rencontre avec Frank Stronach, l'ancien
premier ministre n'aurait même pas mentionné la
proposition de la CIBC (qui réduit de moitié le
bénéfice de Stronach dans la transaction).
Dans la circulaire sur la rencontre avec Stronach, on
apprend que « M. Harris a cru qu'une proposition de
réduire de façon significative la dilution des actions
pourrait être contre-productive étant donnée
l'apparente intransigeance de M. Stronach face aux changements des
conditions proposées par la CIBC ».
Lorsqu'on lui a demandé d'expliquer pourquoi il
n'a pas présenté la proposition de la CIBC à M.
Stronach, Harris s'est contenté de dire que « la
circulaire décrit les raisons pour lesquelles j'ai agi comme je
l'ai fait lors de ma rencontre avec M. Stronach ».
On lit dans la circulaire : « M.
Stronach et Mme Stronach ont déclaré
catégoriquement qu'ils n'étaient pas disposés
à réduire la dilution par toute mesure mais ont promis,
au nom du Trust Stronach, de réfléchir à la
proposition du comité spécial. »
Après mûre
« réflexion », les Stronach ont
répondu à M. Harris qu'ils n'accepteraient aucune
dilution de leur tentative d'extorsion et que si les actionnaires
rejettent la proposition, ils seraient heureux de continuer de
détenir la part dominante des actions de classe B avec tous les
privilèges qui en découlent.
La réaction des régimes de pensions
Le Financial Post du 3 juin fait part des
réactions de certains régimes de pensions à
l'extorsion de Stronach : « À la fois l'Office
d'investissement du régime de pension du Canada (OIRPC) et le
Régime de retraite des enseignantes et des enseignants de
l'Ontario
(RREEO) se disent outrés de l'arrangement relatif aux
échanges de compensation et espèrent établir des
limites corporatives qui enverraient un signal aux autres compagnies
qui tenteraient de faire la même chose.
« Bien que les régimes de pensions se
soient toujours opposés aux structures à deux paliers du
capital social, qu'ils considèrent nocives pour les
marchés financiers, "nous croyons que la prime qu'accorde cette
transaction est tout à fait déraisonnable", a dit David
Denison, président et administrateur général de
OIRPC, lors d'une
déclaration à la presse.
« Ce sentiment est partagé par le
RREEO, qui a aussi exprimé sa désapprobation publiquement.
« "Nous sommes scandalisés et
outrés", a dit Wayne Kozun, premier vice-président des
ressources publiques pour le RREEO. M. Kozun a dit que l'entente
était sans précédent de par son ampleur et de par
le refus de la part du conseil d'administration de faire des
recommandations à ses actionnaires. "Nous sommes inquiets qu'un
précédent sera créé au Canada", a-t-il
ajouté. M. Kozun espère qu'en publiant leur position et
la logique qui la soutient, d'autres investisseurs seront
influencés à voter contre l'entente.
« "Cela se transforme un peu en
épreuve de force", a dit Richard Leblanc, professeur
agrégé de gouvernance d'entreprise et d'éthique
à l'Université York de Toronto, "Dans le passé, il
y a eu une grande latitude concernant les frais de consultation
accordés à Stronach, mais une prime si importante en fait
sourciller plus d'un. Les [régimes
de pensions] envoient un message sans ambiguïté au
marché à l'effet que c'est inacceptable."
« Selon les termes de la proposition, la
famille Stronach recevrait plus de 12 actions avec droit de vote pour
chaque action à vote multiple à leur actif. En plus des
neuf millions d'actions nouvelles qu'ils recevront, d'une valeur
actuelle de plus de 650 million $, la famille recevra en
surcroît un paiement en argent de 300
million $US. Proportionnellement au nombre d'actions à vote
multiple appartenant à M. Stronach, les retraits
autorisés de rémunération des cadres
supérieurs représenteront environ 1 200 $ l'action,
a noté un analyste.
« Les investisseurs, en grande partie, se
sont bouchés le nez et ont accepté les termes de la
transaction. "Les actionnaires attendent depuis longtemps une
transaction de la sorte qui est aussi acceptable pour M. Stronach,
alors certains diront que c'est une transaction sans
récurrence", a dit un analyste qui préfère
garder l'anonymat.
« Depuis des années, le Régime
de pensions du Canada se bat pour éliminer la structure à
deux paliers de capital social. Une poignée de compagnies,
comprenant notamment MDC Partners, Home Capital Group, Sherritt
International et Sceptre Investment Counsel, ont converti leur
structure à deux paliers en structure à actions simples.
Mais dans sept des huit transactions précédentes, aucune
prime n'a été allouée aux actionnaires
contrôlants pour avoir converti leur structure à deux
catégories. Les actionnaires contrôlants de Sherritt
International avaient reçu une prime de 66 %, ce qui est
mince en comparaison à la prime de 1 798 % que le conseil
d'administration est
prêt à débourser pour les actions de la classe B de
Magna, selon les calculs du RREEO.
« Selon un rapport de 2009 publié par
le Osgoode Hall Law School de Toronto, entre 20 % et 25 % des
compagnies cotées sur la Bourse de Toronto ont des structures
à deux catégories d'actions.
Frank Stronach, président du conseil
d'administration, président du Comité des candidatures
M. Stronach, âgé de 75 ans, est le fondateur de Magna et
occupe le poste de président du conseil d'administration. M.
Stronach est associé chez Stronach & Co., par le biais de
laquelle il fournit certains conseils et services de
développement en affaires à Magna.
Michael D. Harris, premier directeur
M. Harris, âgé de 65 ans, est consultant et conseiller
principal d'affaires chez Goodmans LLP, un cabinet d'avocats. En plus
de siéger au conseil de Magna depuis le 7 janvier 2003, M.
Harris siège au conseil d'administration de Canaccord Capital
Inc. ; Chartwell Seniors Housing REIT ; Environmental
Management Solutions Inc.
et First Service Corporation, ainsi qu'au conseil d'administration de
Grant Forest Products Inc. et la Fondation Tim Horton pour les enfants.
M. Harris est agrégé supérieur de l'Institut
Fraser et a été premier ministre de la province de
l'Ontario, Canada de 1995 à 2002.
Lady Barbara Judge
Lady Judge, âgée de 61 ans, est actuellement
présidente du conseil d'administration de l'Agence de
l'énergie atomique du Royaume-Uni, poste qu'elle occupe depuis
juillet 2004 et dont elle est membre depuis septembre 2002. En outre,
Lady Judge est actuellement la vice-présidente de Financial
Reporting Council (l'organisme de
réglementation de la comptabilité et de la gouvernance
d'entreprise au Royaume-Uni) et présidente de l'École des
études orientales et africaines à l'Université de
Londres. Lady Judge est également vice-présidente de
Friends Provident plc et une administratrice de Quintain Estates and
Development plc et de PA Consulting, ne faisant pas partie du
groupe de direction. Avant ces nominations, elle a fondé et a
été présidente du Private Equity Investor plc, une
société d'investissement détenant des fonds
cotés à la Bourse de Londres, et a été
présidente exécutif de PLC Whitworths. Elle fut la
première femme directrice principale du conseil d'administration
de Samuel Montagu & Co. et de News International, ainsi qu'à
la
tête des opérations bancaires internationales
privées chez Bankers Trust. Elle a été de 1980
à 1983 commissaire à la United States Securities and
Exchange Commission.
Louis E. Lataif
M. Lataif, âgé de 71 ans, a occupé le poste de
doyen de l'école de gestion de l'Université de Boston
depuis 1991, date avant laquelle il a occupé différents
postes chez Ford Motor Company pendant 27 ans, dont le président
de Ford of Europe (1988-1991). En plus de servir ou ayant servi
à l'office public d'Abiomed Inc. (depuis 2005), de
Groupe 1 Automotive Inc. (depuis 2002), Magna Entertainment Corp
(2002-2007) et Intier Automotive inc (2001-2005 ), M. Lataif
siège au conseil d'administration de la Banque Interaudi et de
la Fondation Iacocca.
Donald Resnick
M. Resnick, âgé de 80 ans, occupe principalement le poste
d'administrateur de sociétés et depuis le 25
février 1982 a siégé au conseil d'administration
de Magna. M. Resnick a auparavant été directeur de la
Consolidated Mercantile Inc. et Genterra Inc. et un associé de
Deloitte & Touche.
Belinda Stronach
Mme Stronach, âgée de 42 ans, a été
nommée en avril 2007 et est actuellement la
vice-présidente de Magna. En février 2001, Mme Stronach a
été nommée chef de la direction de Magna et en
janvier 2002, elle est également devenue présidente de
Magna. Mme Stronach a annoncé sa démission en tant que
présidente et chef de la direction de
Magna le 20 janvier 2004 en vue de se faire élire au Parlement
du Canada pour représenter la circonscription de
Newmarket-Aurora, en Ontario. Mme Stronach a été
élue à la Chambre des communes lors de l'élection
générale de 2004, puis réélue à
l'élection générale de 2006. En 2005, elle rejoint
le Cabinet et a assumé la responsabilité de trois
portefeuilles distincts et importants en tant que ministre des
Ressources humaines et Développement des compétences,
ministre responsable du renouveau démocratique et ministre
responsable de Service Canada. Un membre fondateur du Conseil du
partenariat pour le secteur canadien de l'automobile, Mme Stronach a
également siégé au Groupe de
travail sur la productivité, la compétitivité et
le progrès économique en Ontario et est administratrice
de la Fondation Yves Landry, établie pour promouvoir
l'éducation technologique et la formation professionnelle au
sein de l'industrie manufacturière. Avant 2001, elle a
occupé divers autres postes de direction chez Magna et a
siégé au conseil de
1988 à 2004.
Franz Vranitzky
M. Vranitzky, âgé de 70 ans, est administrateur de
sociétés. En plus de siéger au conseil de Magna
depuis le 11 juin 1997, M. Vranitzky sert de directeur de Touristik
Union International et Magic Life International où il occupe le
poste de président. M. Vranitzky est un ancien chancelier
fédéral de la république d'Autriche (1986 à
1997) et
ministre des Finances (1984 à 1986), ainsi qu'un ancien
président du conseil d'administration d'Österreichische
Länderbank AG et vice-président du conseil d'administration
de la banque Creditanstalt-Bankverein.
Donald J. Walker
M. Walker, âgé de 51 ans, sert de co-chef de la direction
de Magna et a été président, chef de la direction
et administrateur de Intier Automotive Inc., l'une des anciennes
filiales de Magna ayant bénéficié d'un apport de
financement public. M. Walker a siégé au conseil de Magna
depuis le 7 novembre 2005 et a déjà siégé
au conseil de Magna
entre 1994 et 2002, ainsi que les conseil d'administration de Decoma
International Inc. et Tesma International Inc. M. Walker est un membre
fondateur de la Fondation Yves Landry et est le co-président du
Conseil du partenariat pour le secteur canadien de l'automobile.
Siegfried Wolf
M. Wolf, âgé de 50 ans, sert en tant que
co-président-directeur général de Magna. En plus
de siéger au conseil de Magna depuis le 8 mars 1999, M. Wolf est
membre du conseil de surveillance de Verbundgesellschaft (la
société d'énergie hydroélectrique
d'Autriche) (Vienne : VER) ; Österreich Industrieholding
AG ( l'agence de privatisation et société de portefeuille
de la
république d'Autriche) ; Siemens AG Österreich
(Siemens Autriche ) et HG I Beteiligungs AG. Il a également
déjà siégé au conseil de Decoma
International Inc., Intier Automotive Inc. et Tesma International Inc.
Lawrence D. Worrall
M. Worrall, âgé de 64 ans, est administrateur de
sociétés. En plus de siéger au conseil de Magna
depuis le 7 novembre 2005, M. Worrall est un administrateur de
l'Autorité aéroportuaire du Grand Toronto ; du
Centre pour l'amélioration de la productivité et
directeur-trésorier de la Fondation de l'hôpital
général d'Oshawa. M. Worrall est
un ancien vice-président responsable des achats, planification
stratégique et de l'exploitation ainsi que directeur de General
Motors du Canada limitée et ancien directeur et président
du comité de vérification de Intier Automotive Inc.
Parmi les administrateurs de Magna à la
retraite, il y a les anciens premiers ministres de l'Ontario Bill Davis
et David Peterson et l'ancien ministre fédéral de
l'Industrie Ed Lumley.

La brutalité des compagnies minières
canadiennes au Guatemala!
Dona Maria (Teodora Antonia Hernandez Cinto) fait
partie du Mouvement de résistance de San Miguel Ioxtahuaxan,
à la défense des droits de la personne et des droits
autochtones, contre la violation des droits de la personne commise par
la compagnie minière
Montana Exploradora, une filiale de l'entreprise minière
géante canadienne, Goldcorp Inc.
Dona Maria a été victime de nombreuses
menaces liées à sa participation au Mouvement de
résistance. En juin 2009, elle fut engagée à la
défense de l'eau dans le quartier de Sacjuj, lorsque
Goldcorp/Montans (toujours en expansion) cherchait à prendre le
contrôle de certaines terres à Sacmuj ainsi que de leur
eau de source naturelle qui
alimente les familles locales.
Le 7 juillet, à 23h30, alors que des membres
de la communauté étaient réunis à la maison
de Dona Maria, en solidarité avec sa famille, ils ont entendu
des coups de feu à proximité.
D'autres incidents récents
Le 2 juillet, Juan Mendez marchait le long du chemin
principal menant à la montagne. À 4 h 45, un camion de
Goldcorp/Montana roulait vers la mine avec des mineurs à bord.
Le camion appartenait à la compagnie Transportes Pérez.
Ce camion (sur lequel on pouvait lire
« Especial ») est propriété de
Fernando Pérez du Caserio
San José Nueva Esperanza. Lorsque le camion s'est
approché de Juan Mendez, le véhicule a traversé le
chemin, se dirigeant directement sur Juan Mendez, qui s'est vu
obligé de s'esquiver. Juan est très connu dans cette
région pour son opposition aux dommages causés et aux
violations perpétrées par la mine.
Le 5 juillet, deux filles de Gregoria Crisanta
Pérez marchaient sur ce même chemin, à 18 h 30,
dans
le village d'Agel. La même chose s'est produite. Une auto – verte
– arrivant en direction opposée, a traversé le chemin,
les visant et les forçant à se mettre hors de danger.
Elles croient que l'auto appartient à Goldcorp/Montana.
Étant donné la tentative de meurtre
contre la personne de Teodora Antonia Hernandez Cinto et autres actes
d'agression contre des gens qui s'opposent aux dommages causés
et aux violations perpétrées par les mines, l'ADISMI
exige du gouvernement du Guatemala :
Qu'il garantisse la vie et la sécurité
des gens qui demandent d'être respectés dans leurs droits
liés aux dommages et aux violations miniers ;
Qu'il adhère aux mesures préventives
ordonnées par la Commission inter-américaine des droits
de la personne et qu'il suspende les opérations
minières ;
ADISMI tient Goldcorp/Montana responsable de ces
actes d'agression physique et des menaces, étant donné
que la majorité des menaces et des attaques viennent des
travailleurs des mines.
De la part des communautés nationales et
internationales, nous demandons un plus grand accompagnement à
la défense des droits de la personne et des enquêtes plus
approfondies concernant ces incidents ainsi que tout autre abus ;
ADISMI, Parroquia San Miguel, FEBIMI et ADIM
(Tous membres de FREDEMI, le Front de défense
Miguelense)
Demandes faites au gouvernement canadien, aux
politiciens et aux investisseurs
Rights Action demande que :
Compte-tenu que les dommages à
l'environnement et à la santé ainsi que les violations
aux droits des autochtones causées directement ou indirectement
par la mine Goldcorp sont multiples, endémiques et sans fin.
Minimalement, nous demandons respectueusement que la
Canada donne son appui public à la suspension de la mine de
Guatemala, tel qu'ordonnée par la Commission
inter-américaine des droits de la personne.
La prochaine étape serait une enquête
publique, canadienne/internationale, sur les dommages causés et
les violations perpétrées par l'activité
minière de Goldcorp au Guatemala.
Sur la base d'une enquête complète et
transparente, nous demandons pleine compensation et réparation
pour les communautés affectées par les mines d'or.
Au Canada, nous demandons l'adoption de
réformes législatives complètes au criminel et au
civil, afin de rendre les compagnies canadiennes et les
investisseurs légalement redevables pour les dommages à
l'environnement et à la santé et pour les violations des
droits de la personne causées par leurs opérations dans
d'autres
pays.
Pour plus d'information :
Grahame Russell au Guatemala :
011-502-4955-3634, info@rightsaction.org, www.rightsaction.org
(Rights Action)

Lisez Le
Marxiste-Léniniste
Site web: www.pccml.ca
Courriel: redaction@cpcml.ca